Hellfest 2023 – J3 : Iron Maiden + Powerwolf + Arch Enemy + Carpenter Brut et autres @Clisson
Hierophant (11:40-12:10 // Temple )
J’arrive à temps pour voir les Italiens de Hierophant , histoire de bien me réveiller en ce samedi matin. Là encore, nous sommes le metal extrême old school. Tout est réuni pour une bonne petite messe noire d’entrée de jeu (croix renversées, clous et maquillage cadavérique). Quant à la musique, elle officie dans le black death de la grande époque avec parfois quelques touches sludge. Et c’est d’une grande brutalité avec un son crasseux qui leur va bien. Fabio, leur frontman est comme possédé avec sa voix rocailleuse venue des entrailles de la Terre. Les titres joués sont bien évocateurs de l’ambiance qui règne : “Seeds of Vengeance”, “In Chaos, In Death. La Temple a été atomisée d’entrée.
The Dali Thundering Concept (12:15-12:45// Altar )
Kalandra (12:50-13:30 // Temple )
La Temple ne renferme pas que des groupes brutaux death et dlack. Il y a aussi le folk. Et il y a parfois des trésors à découvrir, loin des clichés du genre un peu trop envahissant à l’heure actuelle. Kalandra est un groupe norvégien découvert dans nos contrées il n’y pas si longtemps en première partie de Wardruna puis de Leprous. Ils avaient fait forte impression alors avec leur savant mélange de rock, de trip-hop et d’ambiant. En tout cas, ils sont très attendus avec un public très nombreux. La tente semble d’ailleurs trop petite pour accueillir tout le monde. Et quand le groupe apparaît et que la charmante chanteuse Katrine entre sur scène. On se rend compte qu’elle est un peu tétanisée et émue. On se demande si elle ne va pas tomber en larmes. Mais elle se reprend vite et c’est parti pour un très beau voyage au pays des rêves. La voix envoutante sur “Borders”, le premier titre, prend aux tripes d’entrée de jeu. Et le niveau ne baissera pas par la suite sur “Slow Motion” et “Naive”, plus rock. On pense à beaucoup d’autres formations (The Gathering, Dead Can Dance…) mais les norvégiens ont su forger leur propre identité. Et pour mettre le public à genoux, quoi de mieux qu’une bonne cover de Wardruna, “Helvegen” en plus, très réussi. Le son est nickel, la setlist parfaite et c’est sous un triomphe que le groupe quitte la scène. Assurément, un des concerts de cette édition. Comme quoi, le public de Clisson est très ouvert d’esprit et c’est tant mieux.
Fever 333 (12:50-13:30 // MainStage 2 )
Ten56. (13:35-14:15 // Altar )
Spiritworld (13:35-14:15 // Warzone )
Asking Alexandria (14:20-15:05 // MainStage 2 )
Beast in Black (16:00-16:45 // MainStage 2 )
Saor (16:00-16:45 // Temple )
En tant qu ‘admirateur de bon black pagan, je vous avoue que j’ai été déçu de la prestation de Saor en salle à Toulouse. Trop de samples, un son trop brouillon avait en partie gâché le set des ecossais. Mais je me suis dit qu’ils avaient bien droit à une deuxième chance. Et tout d’abord, très bonne surprise avec la présence de deux musiciennes supplémentaires: une violoniste et une choriste multi-instrumentiste. Voilà une très bonne idée qui va remplacer en grande partie les bandes et c’est tant mieux. Et deuxième chose, cette fois-ci le son est optimal. La musique de Saor prend une toute autre dimension. Il suffit d’entendre l’entrainant “Origins” qui ouvre le set pour se dire que la partie est cette fois-ci gagnée. Nous sommes revenus aux temps de la Calédonie Celtique. Le long “Tears Of Nation”, avec ses passages plus folk, enfonce le clou, suivi par l’excellent “Carved in Stone” qui retournera la Temple. Le groupe terminera par le plus planant “Aura” (oui, 4 titres seulement mais d’une durée de plus de 10 minutes chacun). Saor a bien su rectifier le tir de ses erreurs passées en live. Les voici dans la cour des grands du genre.
Puscifer (16:50-17:40 // MainStage 1 )
Arch Enemy (17:45-18:35 // MainStage 2)
Je délaisse pour un temps les tentes pour me faire une bonne soirée Mainstages. Il faut dire que le plateau est sacrément relevé en ce samedi après-midi. On commence fort avec Arch Enemy qu’on en présente plus. La bande à Michael Amott est, comme à son habitude, très en jambes pour en découdre devant un public acquis à leur cause. Il faut dire qu’Alissa est d’un grand charisme et que son niveau de chant est quand même assez exceptionnel, n’en déplaise aux nostalgiques de ses deux excellents prédécesseurs Angela et Johan Liiva. De plus, le groupe a décidé de se renouveler un peu avec pas moins de 5 extraits du nouvel album “Deceiver, Deceiver” sur les neufs joués aujourd’hui et ça passe tout seul en live (comme le très bon “House of Mirrors”, une belle tuerie). Bien entendu, des classiques seront également de la partie comme “My Apocalypse”, “War Eternal” et l’indispensable “Nemesis” pour finir. Arch Enemy reste une valeur sûre en live qu’on déguste sans déplaisir.
Myrath (17:45-18:35 // Temple )
The Obsessed (17:45-18:35 // Valley )
Porcupine Tree (18:40-19:50 // MainStage 1 )
Grand représentant du rock/metal progressif cette année, on se dit que la venue de Porcupine Tree est immanquable. D’autant plus que cette reformation (le groupe était en sommeil depuis plus de 10 ans) est provisoire puisque le maître à penser Steven Wilson a entrepris une carrière solo avec le succès que l’on sait faisant évoluer sa musique du prog vers la pop en passant par l’électro. Il aime prendre des risques et, alors qu’on se disait qu’il choisirait les titres les plus rock/metal et accessibles du répertoire de son groupe, il va complètement brouiller les pistes et proposer une setlist sacrément osée en festival. En effet, seul le titre d’ouverture “Blackest Eyes” tiré de l’excellent “In Absentia” avec ses grosses guitares saturées entre bien dans le moule de la musique metal. Le reste est beaucoup plus calme et planant à l’instar des extraits du dernier album “Of the New Day” et “Chimera’s Wreck”. Mais la pièce maîtresse du concert sera l’interprétation en entier d'”Anesthetize”, longue plage de plus de 17 minutes tiré de leur meilleur opus à mon goût “Fear of a Blank Planet”. Un pur chef d’œuvre qui permet de voir le travail du batteur Gavin Harrison, un des meilleur batteur du monde prog. Le son est nickel mais avec un perfectionnisme maniaque comme Steven Wilson, il était difficile d’en être autrement. En bref, un concert qui aura sans doute divisé. Le “grand public” a été sans doute très décontenancé par le set proposé mais les fans purs et durs seront aux anges. Et puis, c’est sans doute la dernière fois qu’on verra Porcupine Tree durant un long moment, peut-être définitivement, Steven Wilson reprenant sa carrière solo.
Earthless (19:35-20:35 // Valley )
Powerwolf (19:55-20:55 // Mainstage 2 )
Changement de décor (ah oui, là, c’est vraiment le terme qui convient) pour l’entrée des allemands de Powerwolf . Et on peut dire qu’ils ont vu les choses en grand: ruines d’une église, imagerie 3d et toute la pyrotechnie qui va avec. Musicalement, on va dire que Powerwolf va faire du Powerwolf tout simplement. C’est a dire qu’ils sont toujours dans leur délire de power metal religieux mais avec des prêtres loups garous. Souvent ça se répète et on se dit qu’on a vite fait le tour du truc . Oui, mais voilà, sur scène, ça envoie, il faut bien le dire. Des titres entrainants comme “Amen and Attack”ou “Dancing With the Dead” mettent un feu incroyable dans la fosse. Attila Dorn, s’exprimant dans un français presque impeccable, n’a aucun mal à se mettre le public clissonnais dans la poche, bien épaulé comme à son habitude par son collègue aux claviers flack. Et les tubes déclenchent des ovations de plus en plus fortes (“Armata Strigoi” repris par des milliers de fans, ça fait quelque chose quand même!). En conclusion, Powerwolf n’a sans doute rien inventé dans le style et beaucoup vont sans doute trouver la performance trop cliché mais les allemands ont sans doute produit la plus grosse ambiance devant les Mainstages en ce samedi. Et ça, c’est imparable!
Lorna Shore (20:40-21:40 // Altar )
Stray From The Path (20:40-21:40 // Warzone )
Iron Maiden (21:00-23:00 // MainStage 1 )
Ah! la la! voici un show qui a fait couler beaucoup d’encre. Iron Maiden est sans doute un des groupes les plus fédérateurs de la planète metal. Pour cette tournée, le groupe a décidé de se concentrer sur leur dernier opus “Senjutsu” et sur un grand classique “Somewhere in Time” pour les deux tiers du set. Du coup, beaucoup de classiques du groupe vont passer à la trappe. Quand ça s’est su, beaucoup se sont déchaînés sur les réseaux sociaux en disant qu’en 2018, c’était top et que ce coup-ci, ça va être un pétard mouillé. Bon, c’est vrai que le show best of proposé il y a 5 ans restera dans les anales mais Iron Maiden n’ayant plus rien à prouver aujourd’hui, n’est-il pas normal également que le groupe veuille sortir des sentiers battus et propose une setlist un peu plus originale? Et puis “Somewhere in Time” est sans doute un des albums les plus aboutis des britanniques. Rien que les deux premiers titres joués “Caught Somewhere in Time” et “Stranger in a Strange Land” sont de pures merveilles en live comme sur album. Pour moi, c’est toujours du grand Maiden. Bruce Dickinson est toujours en super forme comme ses acolytes, même si Nico Mc Brain aux futs et Adrian Smith commencent à ressentir le poids des années (ce dernier souffrait visiblement de l’épaule) mais ne chipotons pas trop, le niveau de jeu est élevé. Les titres du dernier album passent plutôt bien l’épreuve de la scène (mention spéciale à “Death of the Celts”, très épique). Mais le morceau de choix de cette setlist reste “Alexander The Great”, jamais interprété en live et peut-être une des meilleures compos du groupe. Quelle claque! Allez, pour le grand public, quelques incontournables comme “The Trooper” et “Fear of the Dark” toujours aussi magiques. Et c’est avec un bon “Wasted Years” que se termine le concert. Iron Maiden, c’est la grande classe, tout simplement.
Monster Magnet (21:45-22:45 // Valley )
Voivod (22:50-23:50 // Altar )
Within Temptation (23:05-00:30 // MainStage 2 )
Clutch (23:55-00:55 // Valley)
Carpenter Brut (00:35 – 02:00 // MainStage 1 )
Municipal Waste (01:00-02:00 // Warzone )
Devant la foule considérable en ce samedi soir (oui, bon, sans doute le moment de trop plein de cette édition alors que le reste du weekend, on circulait bien plutôt partout) et l’impossibilité de voir le set de The HU sous la Temple (peut-être le gros couac de cette édition, il aurait été plus judicieux de les programmer sur la Mainstage clairement). Direction la Warzone, plus tranquille. En fait, pas pour longtemps car c’est l’heure de la tête d’affiche de cette scène, les thrasheurs de Municipal Waste. Cette fois-ci, ils sont au rang qu’ils méritent sur un excellent créneau. Et ils ne vont pas manquer ce rendez-vous. Devant un parterre en feu malgré l’heure tardive, pas moins de 22 titres seront interprétés ce soir. Et oui, nous sommes dans le genre crossover qui frise le hardcore et les chansons n’excèdent pas deux minutes en moyenne. Il ne faut pas croire que c’est du n’importe quoi, bien au contraire. Il n’y a qu’à voir les riffs incroyables et les solos de Ryan Waste pour comprendre à qui on a affaire. Le frontman Tony Foresta électrise la foule qui est en fusion (on ne compte même plus les circles pits). Pas de temps mort, la journée se termine en apothéose. Bravo à Municipal Waste, un des grands vainqueurs du weekend.
Photographes : Fanny Dudognon et David Vacher
Auteur : Etienne Conan
Demi Festival 2023 – J1 : L’Uzine + La Caution + Di-Meh + Skia et autres.. @ Théâtre de la Mer (Sète)
Bonobo
Let’s go !! Travail toulousain oblige, on a dû abandonner l’idée de faire la première soirée d’hier qui lançait gratuitement au CRAC (Centre Régional d’Art Contemporain) cette nouvelle édition du Demi Festival. L’occasion pour le festival d’investir la ville de Sète avec cette année des conférences, des ateliers autour du Hip-Hop mais aussi une exposition photo à laquelle nous sommes ravis de participer.
Mais revenons en à ce jeudi soir où, navrés de n’avoir pas pu arriver à temps pour DJ Dépose, nous prenons donc place devant Bonobo. Habitués du Demi Fest, nous trouvons toujours ultra-intéressant et stimulant que la prog de chaque soir laisse une grande place aux rappeurs et rappeuses du coin ; et Bonobo s’inscrit parfaitement dans ce créneau. Lui que nous avions déjà vu au sein de Sixième Densité vient cette année proposer son projet solo, un peu plus introspectif et personnel forcément. Le public arrive tranquillement tandis que la setlist va (vite) nous pousser vers la suite.
Nasme
On ne s’y trompera pas : Nasme n’a beau avoir aucun album à son actif ; il a pourtant rodé toutes les salles et tous les feats possible. Ancré dans le Rap FR de manière historique, le parisien a partagé des projets avec un paquet de rappeurs passés au Demi Fest, de Flynt à Haroun de la Scred. Forcément qu’on était impatient de le découvrir, connaissant assez peu son projet malgré tout. Et on va bien bien kiffer celuiq ui venait fièrement représenter la BiffMakerProd : les textes sont propres, le gars est à l’aise sur scène et on sent très rapidement qu’il a assez d’expérience pour ne plus rien avoir à prouver ce soir. Ca passe bien, le projet est parfaitement calibré pour passer crème dans le line-up du Demi Fest et ca nous permet d’entrer véritrablement dans cette nouvelle édition.
PetitCopek
Lui est aussi un local de l’étape, mais que nous connaissons bien mieux que les deux précédents puisqu’il était déjà présent en 2021 (où il partageait d’ailleurs déjà l’affiche avec l’Uzine qu’on retrouvera plus tard). Pas de surprise donc de notre côté : on avait déjà bien aimé à l’époque et on a de nouveau kiffé cette année. Il a d’ailleurs pris ses marques, puisqu’il animera dans les prochains jours des open mics au Crac dans le cadre du festival. Pour l’heure il est sur scène avec évidemment des nouveautés sorties depuis la dernière fois, à commencer par son EP “Récréation” sorti cette année. Si vous n’avez pas suivi, allez checker : il s’amuse bien sur les réseaux avec tout un projet créatif et notamment visuel et canin : on vous laissez aller écouter !
Relo
Lui aussi a fait un sacré chemin dans le rap, et sera probablement l’un des meilleurs représentants de ce qu’est le rap indé aujourd’hui. Pur produit de la cité phocéenne, celui qui a grandi dans l’environnement de R.E.D.K et de toute cette génération marseillaise vient en force aujourd’hui pour défendre non seulement une bien belle carrière mais surtout son dernier album, “Dieu Merci”, sorti cette année. Allez écouter ca si ce n’est déjà fait, d’autant qu’il a sorti le gros jeu avec des feats ultra forts comme AKH, Keny Arkana, Melan, Souffrance (qu’on retrouvera plus tard), son ami d’enfance Allen Akino ou alors une brochette incroyable sur “Le Fils de Quelqu’un” : AKH, Furax Barbarossa (un des beaux noms de la soirée de demain), Lino et DJ Djel. Rien que ça ! Dans le projet et sur scène on retrouve bien les inspirations avec un texte cisaillé comme il faut, et des instrus bien variables qui balance bien la setlist. Bref, ca fleur bon la planète Mars et là encore le concert passe ultra rapidement.
Skia
On quitte bien rapidement le rap indé pour rencontrer Skia, signée chez Because et Moonchild. Seule et unique représentante ce soir du rap féminin (on a toujours ce regret-là, même si on ne saurait en vouloir au Demi Fest tant le manque de représentation féminine est symptomatique du rap dans sa globalité ; et que celle-ci est néanmoins toujours assurée chaque soir ici). Artiste Révélation pour Amazon en 2022 (oui, on a VRAIMENT quitté le rap indé) ; Skia fait largement parler d’elle depuis et notamment cette année avec la sortie de son 9 titres “Comme si j’avais” qui a eu un bel écho à sa sortie. Premier album (si on ne compte pas son précédent EP Sensible sortie en 2022), c’est donc avec une fervente envie de défendre son projet qu’elle viendra mettre le feu au Théâtre de la Mer. On passera ici rapidement sur les présentations, au vu de la quantité de couverture médiatique qu’elle a ; mais on peut par contre vous recommander d’aller la voir en live parce que ca a un véritable intérêt : déjà la meuf est ultra carré, mais en plus l’aura du concert renforce clairement les lyrics ultra sensible du projet ; et ca marche vraiment bien. On regrettera par contre clairement son attitude scénique, qui pour le coup passerait surement mieux sur les gros festivals que dans l’ambiance du Demi ; lorsque par exemple elle commencera à se filmer elle-même avec son tél sur la moitié d’un morceau.. Le lien public-artiste étant une des forces majeures des festivals, ca fait de suite assez tâche dans le paysege : dommage. Cela fonctionnera surement mieux sur d’autres scènes.
Di-Meh
Bon, on va pas pas se mentir : on commence à arriver dans la partie de la soirée où, normalement, nous n’avons plus besoin de vous présenter les artistes. Typiquement, si vous ne connaissez pas Di-Meh, c’est que vous avez raté une bonne partie de l’histoire du rap Suisse (alors que y’a quand même de beaux noms dedans, genre toute la SuperWak Clique avec Makala, Slimka ou Varnish la piscine). On ne va donc pas vous refaire l’Histoire du rap helvétique, mais plutôt vous parler du feu qu’a mis Di-Meh ce soir. Il faut avouer que, l’alcool montant aussi vite que la nuit ce soir, le public commence à être bien chaud dans le Théâtre. Du coup, forcément, c’est le feu quand Di-Meh balance des sons comme Veuve Cliquot, ca ne peux que marcher. D’autant que pour l’avoir plusieurs fois, on le trouve particulièrement en forme sur scène ; possiblement l’effet du Demi-Festival qui a quand même un effet décontractant sur les artistes. Et le reste des show va en témoigner.
L’Uzine
La secte avec un Z, avec un truc excellent – Ca fait plaisir de les revoir ! Cenza, Souffrance et la bande sont des habitués du lieu pour être déjà venus pas mal de fois ; et faut avouer qu’on avait vraiment bien kiffé l’an dernier. En même temps , dur de s’ennuyer quand y’a autant de mecs sur scène et qu’ils sont tous ultra-motivés ! Puis ca fait des années qu’ils tournent ensemble, donc pour les passes-passes, les déplacements scéniques etc. le show est clairement rodé. La setlist aussi d’ailleurs, avec des morceaux qu’on connait bien à l’instar de “Excellent” mais aussi de nouveaux bangers comme “Or”, sorti de leur dernier album “La 26ème Lettre” (on vous laisse calculer) lâché en 2023. Les types sont à balles, au delà d’être ultra sympathiques comme Cenza qu’on a pu croiser avant le show. Bref, des bons rappeurs comme on aime qui vont retourner le théâtre et amener tranquillement cette première soirée vers sa fin. Mais il reste un groupe…
La Caution
Là, on va parler aux puristes. Car autant La Caution a marqué toute une génération, autant leur dernier véritable album est sorti en 2005 (si on oublie les réeditions et best-of sortis entre temps) et leur carrière est depuis un peu haché et pas très exubérante. Pourtant, les noms de NikkFurie (aussi membre de Kourtrajmé notamment), de Hi-Tekk ou de DJ Fab doivent forcément vous parler si le début des années 2000 ne vous font pas peur. À l’époque, on est à l’ère de Assassin, Fuzati et Scred Co et ca rap encore dans des caves et des petites salles. Et le concert de ce soir va clairement nous replonger dans cette ambiance ; nouvelle manière de rendre hommage au monde du Hip-Hop ici. Ca fait du bien de se souvenir que le rap n’a pas toujours rempli des stades, n’a pas toujours intéressé les majors ; et au risque de passer pour des vieux on ai content de ressentir cette authenticité qui était la marque de fabrique du rap à cette époque. D’autant que les 2 rappent encore ultra proprement ; même si leur show paraitra inévitablement plus calme après la tempête l’Uzine.
Photos : David Vache
Ecaussysteme – J3 : Dropkick Murphys + Dub Inc + L’Entourloop et autres @ Gignac (Lot)
Kalika
Dernier soir de cette édition 2023 (déjà) et on entame avec une artiste en pleine percée cette année. Présente sur un sacré paquet de festivals, Kalika a déboulé sans prévenir sur la scène pop avec une véritable proposition et un personnage atypique. Un mélange d’insolence, de sensibilité et de jeunesse qu’il nous tardait de voir sur scène. ; et nous restons.. sceptiques. Le projet est cadré, la scéno est là, y’a un travail de présence scénique ; mais on a cette impression que tout cela est encore assez jeune. Des transitions hasardeuses et des moves trop peu naturels font qu’on a du mal à entrer dedans, tout en lui accordant un gros potentiel à venir. Une chouette découverte qu’on aimerait revoir dans quelques temps.
Pomme
On poursuit tranquillement cette dernière soirée (qui va néanmoins monter crescendo) avec le concert aussi doux qu’envoûtant de Pomme. On l’avait déjà vu au Bikini il y a quelques mois de cela, avec un rendu vraiment satisfaisant dû notammrent au côté chaleureux de la salle. On se demandait donc comment cela aller ressortir en festival, même si la scénographie champêtre de sa dernière tournée s’accorde parfaitement au festival lotois. Et, bien qu’on ne l’aurait pas vu plus tard (vu l’énergie des groupes qui arrivent), on a quand même bien apprécié ce petit moment paisible et qui jouera parfaitement son rôle d’amorce ce Dimanche.
Cali
On l’avait malheureusement manqué à Pause Guitare : voilà donc notre séance de rattrapage avec Cali qui avait eu de très bons échos après son concert dans le festival albigeois. On attendait donc avec impatience de pouvoir nous-mêmes confirmer l’opinion publique. Et c’est en effet un Cali ultra-impliqué qu’on retrouve sur scène, et plein d’une énergie qui fait du bien. Attitude positive et implication viennent répondre à la question “C’est quand le bonheur ?” tandis que Cali enchaîne les happenings : montée des photographes sur scène, puis descente dans le public pour un slam audacieux. Le show en est donc ultra varié, et on doit bien avoué qu’on ne s’attendait pas du tout à ça du Perpignanais. Nous qui pensions qu’il finirait la première partie un peu calme de cette soirée, on dirait qu’il est plutôt de sa volonté d’entamer la suite qui s’annonce beaucoup plus énergique ! Parfait, deal confirmed.
Dub Inc
On va pas se mentir : on attendait quand même ce concert là. Déjà car on sent qu’il est là bien à sa place dans la programmation de cette dernière soirée pour faire une délicate transition entre la douceur de la première partie et le côté festif qui arrive avec notamment l’Entourloop ou les Dropkick Murphys (qu’on attend aussi, évidemment). Avec une actualité plus que jamais dense (dont la sortie de leur dernier album, “Futur”, l’an dernier) ; les stéphanois vont vraiment être la confirmation de la soirée avec un show vraiment complet. Mélange de tous les styles, alternance de dynamique et d’énergie, charisme physique et vocal d’Aurélien et Hakim : tout y était. Et le public ne s’y trompera pas car c’est tout le site qui est en feu malgré qu’une partie d’entre eux soient probablement plutôt venu pour voir Dropkick Murphys. Bref, c’est trop court mais ca fait un bien fou avant de poursuivre sur ce qui est, pour nous, la meilleure soirée du festival d’un point de vue programmation.
L’Entourloop
On ne se quitte plus avec l’Entourloop, quelques semaines à peine après les avoir croisés aux Arts Sceniques de Lisle-sur-Tarn. Aucune suprise donc : on retrouve la bonne ambiance générale et le groove de leur setlist, bien qu’on est habitué à les voir en clôture de soirée plutôt qu’en amont du headliner. Mais ca passe parfaitement bien, et leur musique marche (sans trop de surprise) parfaitement aussi pour chauffer le public, et notamment celui – très réceptif – de Gignac ce soir. Ce n’est pas si évident de convaincre ce soir avec un public très très présent pour Dropkick, mais cela marche malgré tout et c’est tant mieux !
Dropkick Murphys
On finit en grandes pompes avec la tête d’affiche du festival ; et pour ne jamais les avoir vus jusqu’alors, j’étais impatiente de les voir. Après une ou deux bières pour être dans l’ambiance, c’est parti pour le show. Niveau scénique c’est un peu faiblard pour être honnête, mais la prestance monstrueuse de Ken Casey (normalement bassiste, mais chanteur remplaçant sur un bout de la tournée en l’absence d’Al Barr pour des raisons familiales) comble largement la scène de l’Ecaussysteme. Puis le style musical aide : l’énergie du punk et la rythmique celtique font un mélange absolument parfait pour donner les dernières onces d’énergie qu’il resterait aux festivalier.es qui se sont fait les 3 soirs. Aucune déception en vue, on attendra la fin du concert pour entamer notre trajet retour, ravis d’avoir entendu les incontournables I’m Shipping Up To Boston ou encore Rose Tattoo !
Rédaction – Mélanie
Photos : David Vacher
Ecaussysteme – J2 : Louise Attaque + Jain + Ko Ko Mo + BillX et autres @Gignac (Lot)
Jain
On commence tranquillement la soirée avec Jain, que nous avons déjà vue il y a quelques semaines à Pause Guitare (Albi). Il faut dire que la toulousaine (Cocorico) est en pleine tournée après la sortie de The Fool, opus de 11 titres sorti cette année et qui marque son retour sur la scène nationale. Il est donc difficile de la rater pour peu qu’on sillonne les festivals estivaux en France. On retrouve une scénographie atypique, très solaire avec notamment la présence de petites planètes décoratives qui collent plutôt bien au projet. Et comme à Albi, on trouve le concert en demi-teinte avec d’anciens morceaux repris en coeur par tout le monde (Makeba notamment, ou Come sur lequel elle fera intervenir le public) et les nouveaux qui trouvent moins de résonance. Néanmoins ca nous met en joie pour la suite de ce deuxième soir.
Celtic Social Club
Il faut bien avouer que nous sommes assez triste de rater Kokomo pour la deuxième fois, après leur annulation à Guitare en Scène. Et en même temps on est triste pour eux au vu des raisons de l’annulation en question. Mais pas de soucis, on va essayer d’oublier cela avec le show du Celtic Social Club qui les remplace donc au pied levé. Leur set est bien rodé, mais malgré une teinte un peu rock on se lasse un peu de la redondance musicale sur la durée – ce qui n’est pas très objectif, étant donné qu’on se retrouve souvent sur un avis similaire en présence de musique irlandaise. Le public va aussi faire preuve de départs gradués ; le but étant surement de bien se placer pour le concert d’après. On a quand même passé un bon moment, avec l’occasion de se poser un peu avec une bière fraîche.
Louise Attaque
On est ravi de retrouver Gaëtan Roussel et sa bande après leur double passage à Toulouse, respectivement au Bikini et au Zénith Toulouse Métropole où ils avaient proposé l’un des shows de l’année avec une scène centrale exceptionnelle. Pas d’installation technique particulière ce soir à Gignac, mais un instant qui s’annonçait et qui se confirmera comme un grand karaoké. Un public aguerri, des classiques à la pelle, ca ne manquera pas : c’est tout l’Ecaussystème qui va reprendre en coeur Léa, Ton invitation, J’temmène au vent ou encore Amours sur lequel ils vont commencer. Le début de la setlist est vraiment une succession de classiques tandis qu’ils feront des morceaux plus discrets notamment issus de leur dernier album Planète Terre sorti l’an passé. Ca marche à fond, le public est à balle est, comme prévu, le concert va passer à une vitesse folle.
Biga* Ranx
On a l’impression que le site s’est un peu vidé après le passage de Louise Attaque, mais y’a quand même foule devant la scène secondaire pour accueillir le tourangeau. Après une légère déception à Dour l’an passé, on était plutôt pressé de le revoir ce soir pour se refaire un avis, qui plus est dans un contexte complètement différent au sein d’un festival beaucoup plus familial. Cela nous a en effet un peu rassurés malgré quelques problèmes techniques, mais on regrette toujours le Biga Ranx du début, celui un peu plus roots qui voguait entre documentaire en Jamaïque et adoption par Joseph Cotton. Néanmoins, il fait parfaitement le taf ce soir avec une transition toute trouvée entre le roots du festival et l’electro de fin de soirée.
Malheureusement, on a pas mal de route et de travail et on décide donc de faire l’impasse sur BillX, restant donc une journée sympathique qui aura comblé l’impatience de vivre celle de demain.
Rédaction : Mélanie
Photos : David Vacher
Ecaussysteme – J1 : Vitalic + Caballero & Jeanjass + Matmatah et autres @ Gignac (Lot)
John Butler
Comme chaque année, on arrive tardivement sur site, trajet oblige. Mais c’est toujours un plaisir de retrouver John Butler et son talent sur la scène de l’Ecaussystème ce soir, d’autant qu’il permet de rentrer dans cette première soirée tranquillement avant de passer sur une programmation plus festive. Le californien n’a plus rien a prouvé depuis des années – notamment grâce à une discographie monstrueuse, mais on reste toujours scotché.es devant ses aptitudes quasi-sans limite une fois une 6 cordes (ou une 12 cordes, ou un ukulele, ou un banjo) dans les mains. La scéno est un poil restreinte vu la taille de la scène, mais il a un côté hypnotisant qui hape quand même parfaitement le regard.
Massilia Sound System
On vous avait prévenu.es : la suite s’annonçait plus festive. Et ca n’a pas manqué ! Il faut dire que le simple fait de voir le nom de Massilia sur une affiche suffit à sentir le Ricard et le oaï que cela sous-entend. L’un des groupes les plus emblématiques de la cité phocéenne est venu une nouvelle fois nous régaler avec une setlist aux petits oignons, malgré l’absence d’un des membres. Alors oui, on avait assez peu révisé les derniers titres de leur album “Sale Caractère” sorti en 2021 ; mais le plaisir est tout de même là quand il s’agit de reprendre en coeur des sons comme Au Marché du Soleil ou Dimanche aux Goudes. Inutile aussi de chercher une scénographie de fou : le but n’est pas d’en prendre plein les yeux mais de communier ensemble dans une joie de vivre qui, elle, sera toujours présente tant que Massilia sera sur scène.
Matmatah
Allez hop : petite diagonale pour traverser toute la France et rejoindre une autre communauté qu’on aime fort par chez nous : les bretons de Matmatah prennent la relève, là encore avec une bonne dose de bonne humeur. Ce n’est pas le même accent certes, et le cidre a remplacé le pastaga ; mais ce savant mélange de rock, de fête et de lutte est toujours aussi présent. Pour eux aussi on doit bien avouer qu’on avait des lacunes quand il s’agissait de chanter les titres de “Miscellanées bissextiles“, dernier opus sorti cette année ; mais là encore le public était présent sur les incontournables comme Emma, L’Apologie ou, bien sûr, Lambé An Dro qui des années plus tard continue à retentir comme un véritable hymne à la solidarité.
Caballero & Jeanjass
La soirée est définitivement placée sous le signe de l’identité géographique puisqu’eux deux sont aussi très fiers de répéter d’où ils viennent. Nous prévenant quelques années auparavant que “Bruxelles arrive” (sur le titre de Roméo Elvis, que nous retrouverons demain sur cette même scène) ; les deux rappeurs inséparables Caballero & JeanJass apporteront ce soir la touche rap de la soirée. Ceux aux milliards de projets viennent eux aussi présenter leur nouvel album, suite de leur série inconique High et Fines Herbes La Mixtape avec le Volume 2 Saison 4. Mais là encore c’est sur leurs classiques que le public va donner de la voie, comme sur “Californie” ou “Sur mon nom“. Vu le show, une chose est sûre : B.X.L est désormais incontournable dans le paysage rap francophone et ils n’y sont pas pour rien.
Vitalic
Clairement la soirée a pris une autre tournure avec l’arrivée de Vitalic. Le producteur dijonnais n’a plus rien à prouver, et va venir poser des décennies entières de productions et de révolution musicale ; tandis que le site est encore bien rempli. Ca part donc sur un dj set bien fourni, avec en prime un light show vraiment intéressant ! Bien suivi par Vandal, ca clot cette première soirée en beauté, tandis que le site se videra progressivement. Pas de camping pour nous cette année, mais on imagine bien que le son a dû continuer là bas pour le bonheur des uns et le malheur des autres.
Rédaction : Mélanie
Photos : David Vacher