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Guns N’Roses + Volbeat + Seether + Greta Van Fleet… Jour 4 @ Download Festival (Paris)


Lundi 18 Juin 2018 – Après 3 jours très intenses, c’est une programmation plus light qui nous est offerte ce lundi pour patienter avant la dernière tête d’affiche, les Guns’n’Roses. Les menaces d’averses prévues se sont estompées et finalement, par chance, ce dernier jour nous réserve lui aussi un ciel bleu avec quelques nuages.


The G (15h00-15h40 // Wardbird Stage)


Baronnes (15h20-16h00 // Main Stage)


The Pink Slips (16h00-16h40 // Wardbird Stage)


Jonanthan David (16h40-17h20 // Main Stage)


Greta Van Fleet (17h20-18-20 // Wardbird Stage)


Volbeat (18h20-19h10 // Main Stage)

On commence assez tard aujourd’hui, avec Volbeat sur la Main Stage 1. Les danois ont la lourde tâche de jouer juste avant les Guns, tâche qu’ils accompliront avec succès. Interprétant principalement des titres de leur dernier album Seal the Deal and Let’s Boogie, le groupe va chauffer le public à blanc avec son heavy metal et la voix si particulière du chanteur Michael Poulsen. Quelques plus vieux titres sont également joués, notamment un des plus connus du groupe, Still Counting, offert en guise de conclusion d’un show très dynamique, et d’une très bonne introduction au final explosif de ce festival.


Seether (18h50-19h50 // Wardbird Stage)

En attendant les Guns, c’est le groupe Seether qui est chargé de clore la programmation alternative du festival sur la scène Warbird. Leur dernier album Poison the Parish étant sorti en 2017, c’est logiquement lui qui sera le plus représenté lors de ce concert, aux côtés du mythique Disclaimer qui leur a apporté la célébrité en 2002. Stoke The Fire ouvrira le bal, suivi de Gasoline. Les spectateurs ne sont pas très nombreux, les gens préférant certainement se trouver une bonne place sur la Main Stage 1, mais il est très motivé : on sent presque la chaleur sortir de sous la tente… Les chansons s’enchaînent rapidement pour arriver à un final en apothéose sur les titres Fake It et Remedy. Un bel échauffement avant le vrai marathon de la soirée : les 3h30 de concert de Guns’n’roses.


Guns’N’Roses (20h00-23h30 // Main Stage)

Après une vidéo d’introduction un peu trop longue (15/20 minutes), les Guns arrivent enfin sur la chanson It’s So Easy. En plus des nouveaux membres du groupe, Axl Rose, et sa traditionnelle chemise autour de la taille, est à nouveau accompagné depuis 2 ans des membres originels du groupe : Slash évidemment, et ses traditionnels chapeaux et lunettes noires, et Duff McKagan à la basse. Le concert démarre sur les chapeaux de roues avec Mr Brownstone, Chinese Democracy et la mythique Welcome To The Jungle, avant de distiller ingénieusement ici et là tous les méga-tubes du groupe : Sweet Child O’ Mine, Knockin’ On Heaven’s Door, You Could Be Mine, November Rain, Live and Let Die… Des balades comme les magnifiques This I Love ou Don’t Cry viendront calmer le jeu entre les autres titres, beaucoup plus énergiques. Des reprises seront également de la partie : Black Hole Sun, en hommage à Chris Cornell, mais également une superbe impro sur Wish You Were Here des Pink Floyd. La setlist est vraiment très bien équilibrée entre les différents styles, et malgré la longueur du concert, on ne s’ennuie pas une minute. Les chansons sont souvent ponctuées de solos improvisés de Slash, qui ne faillira pas une seconde à sa mission et assurera le show au moins autant que le leader.

De bout en bout on sera impressionné par le professionnalisme des musiciens, mais également de la mise en scène : effets visuels, vidéos, flammes, jets de confettis, et même un feu d’artifice sur le final – sur fond de Paradise City ! Une conclusion en apothéose pour ce show dantesque, et surtout pour cette édition 2018 du Download, qui ne pouvait décidément pas rêver mieux.

Il est maintenant l’heure de rentrer chez soi et de tirer le bilan de ce festival. Si la fréquentation a été décevante (notamment à cause des grèves SNCF, mais aussi certainement à cause de la concurrence féroce du Hellfest et de son public d’habitués), elle l’a été moins que l’on pouvait imaginer en arrivant le vendredi. Le festival a en effet bien fait le plein les samedi et dimanche, et il peut d’ailleurs remercier la météo qui a été assez clémente au final et aura évité toute pluie sur les 4 jours. De mon côté, après avoir eu des retours assez négatifs des années précédentes, je n’ai finalement pas été déçu : le Download, après 2 années à se chercher, commence à gérer au niveau de l’organisation. Tout est encore loin d’être parfait c’est sûr, il y a encore bien des choses à améliorer, mais dans l’ensemble je ne vois aucun gros point noir qui pourrait empêcher quelqu’un d’apprécier son week-end. La programmation était au top cette année, avec des groupes qui ont mis le feu et des concerts fantastiques : on retiendra bien évidemment les shows magistraux des Guns N’Roses et des Foo Fighters, mais également pour moi le fabuleux moment passé sous la Warbird avec Thrice, les bonnes blagues d’Ultra Vomit et NOFX, la dose de bonne humeur de Royal Republic, l’énergie de Frank Carter… Tous les ingrédients parfaits pour passer un bon festival !

Merci le Download, et peut-être à l’année prochaine, en espérant une affiche tout aussi bonne !

Auteur : Sylvain Ginestet

Photos : David Torres

Rio Loco 2018 – J2 @ La Prairie des Filtres (Toulouse)

Vendredi 15 Juin – Deuxième journée au Rio Loco qui s’annonce très prometteuse au vu des belles surprises de la veille. Nous avons déjà eu notre premier coup de cœur avec Meute, et l’on espère en avoir de nouveaux dès aujourd’hui. Mêmes conditions météorologiques très instable mais nouveaux groupes donc : on vous dit tout sur Thorium !


Arat Kilo avec Mamani Keita & Mike Ladd

 

Comme la veille (et le lendemain), le début des concerts est donné à 18h30 sur la scène secondaire. Au programme : Arat Kilo avec Mamani Keita & Mike Ladd. Arat Kilo est un groupement d’artistes de Paris proposant, autour d’une composition mêlant cuivres, guitare, basse et batterie, un éthio-jazz assez singulier. Mais ce qui nous a frappé à notre arrivée, c’est surtout la prestance des deux “invités” qui, en réalité, ont l’habitude de tourner avec le groupe français. En premier lieu, Mamani Keita a fait parler sa technique vocale pour apporter, il nous semble, beaucoup de relief sur des morceaux comme Dia Barani ou Angafali. Un véritable enthousiasme sur scène est venu  peaufiner sa prestation remarquable. Mais la chanteuse malienne était accompagnée, dans un choc des cultures, avec le crooner Mike Ladd. Une voix très légèrement éraillée, un effet de saturation et un spoken word/show à l’américaine ont apporté quelque chose d’unique (et, il faut le dire, d’inattendu) pour un spectacle finalement assez complet, de même que la complicité des deux chanteurs et les soli de cuivres. Comme hier, on est rentré dans cette deuxième journée par le meilleur des moyens possibles.


Bachar Mar-Khalifé

 

Deuxième groupe et déjà notre coup de cœur du jour qui répondra donc au nom de Bachar Mar-Khalifé. Coup de cœur musical déjà, avec ce quatuor parfaitement équilibré entre poésie (notamment du piano) et puissance qui nous a prit aux tripes. Mais coup de cœur artistique aussi pour le batteur, Dogan Poyraz ! Rares sont les artistes qui vivent leur musiques à ce point, mais lui possédait en plus une technique incroyable. Cela a du vous arriver de voir des musiciens captivants au point de pouvoir fixer leurs gestes durant plusieurs minutes : Dogan en fait partie. En contrepoint de la douceur du piano, il apportera une puissance remarquable, accompagnée parfois par la voix de Bachar. Le groupe franco-libanais n’a visiblement pas fait que des émules dans le public, mais ont tout de même reçu un bel hommage de ce-dernier. Au delà de l’écouter sur Internet, c’est un de ces groupes à voir en live car leur prestance et la qualité sonore ajoute un intérêt énorme à leur production ; et nous sommes bien contents de les avoir découvert ici.


Ebo Taylor

 

Quelle énergie et quelle prestance encore une fois. Un des piliers de l’afrobeat, le guitariste ghanéen Ebo Taylor, a fait parler son talent pour le premier concert de la grande scène ce soir. Entouré de ses 7 musiciens, il proposera ce soir un show au style complexe, mêlant groove, jazz et autre funk. Malgré ses 82 ans, l’énergie et le feeling sont toujours là, et feront danser tous les locos du public.


Delgrès

 

On retraverse une énième fois cette Prairie des Filtres (qui ce weekend nous paraît infinie) pour aller découvrir sur scène le blues bien ficelé de Delgrès. En hommage à Louis Delgrès (résistant contre le retour de l’esclavage sous Napoléon), on découvre des paroles engagées, mêlant conviction et soif de liberté dans un langage parfois français, parfois créole. Evidemment, la prestance et la hargne de Pascal Danaë (chanteur et guitariste du groupe) ajoutera une dimension supplémentaire à ces textes, de même que le soubassophone y apportera du relief. Le mélange culturel entre le créole et ce blues héritier de la Nouvelle-Orléans fait de Delgrès un groupe tout à la fois parfaitement adapté à l’âme de Rio Loco tout en lui donnant un côté singulier : une bonne découverte en somme.


Kokoko !

 

Groupe phare de cette deuxième soirée, Kokoko! est un alien musical. Sans se risquer sur un quelconque genre tant leur musique dépasse les frontières, la surprise principale reste que leurs instruments sont tous issus de système D et de recyclage ; entre boîtes en plastique et conserves. Le descriptif de Rio Loco nous en apprend plus : “L’idée ? Pouvoir continuer à jouer leur musique de club pendant les coupures de courant, fréquentes sur l’avenue Kato, leur fief au cœur du ghetto de la capitale congolaise.” Mais au delà de cette singularité, la musique en elle-même est assez originale. Indescriptible et alternative, elle n’a pas réussi à nous emballer; mais le groupe tout vêtu de combi jaune n’en reste pas moins fascinant, tant dans leur façon d’être que dans les instruments utilisés. Une curieuse découverte donc, qui sans nous avoir transcendé musicalement a aiguisé notre curiosité.


Altin Gün

 

Parallèlement et pour finir, on se rue vers la scène secondaire pour découvrir le groupe turco-hollandais Altin Gün. Un drôle de mélange qui fera de leur musique une singularité très intéressante. On retrouve quelques intonations de rock mais aussi de chansons traditionnelles turques, portées notamment par le saz (instrument s’assimilant à un luth et tirant ses origines de l’Anatolie et de ses régions voisines) d’Erdinc Yildiz Ecevit. Accompagné d’un piano aux sonorités orientales, leur live est musicalement très riche et on se laisse prendre quelques temps au voyage. Sur scène, sans grands mouvements, on y découvre tout de même un bel enthousiasme qui facilite le partage d’une culture malheureusement trop méconnue. Si jamais, leur tout nouvel album On (sorti le 30 Mars dernier) pourra vous faire découvrir plus en avant ce groupe qui mérite selon nous une écoute attentive.

 

Une deuxième journée fidèle à la première donc. Des coups de cœur, des curiosités et un temps capricieux mais finalement assez clément en ont fait une soirée typique de ce festival si particulier. Vivement demain qui s’annonce comme LA grosse soirée de cette édition 2018.

 

Photos et rédaction : David Vacher

Marilyn Manson + Avatar + The Offspring + Ultra Vomit + NOFX + … Jour 2 @ Download Festival (Paris)

Samedi 16 juin 2018 – Après une première journée plutôt calme, c’est un programme chargé qui nous attend en ce samedi, avec beaucoup de punk et de rigolade !


Bad Cop Bad Cop (12h00-12h40 // Firefly Stage)


Wild Mighty Freaks (14h00-14h40 // Main Stage 2)


Whiskey Myers (14h40-15h20 // Wardbird Stage)



Alcest (15h20-16h00 // Main Stage 2)


Turbonegro (16h00-16h50 // Main Stage)

Nous arrivons vers 16h pour voir Turbonegro, et nous constatons très vite une grosse différence d’affluence avec le vendredi : c’est le week-end et cette fois le public a répondu présent ! Contrairement au vendredi, nous avons cette fois un vrai sentiment de festival : cette oppression de la foule, la queue pour acheter des bières… quelle joie !

Turbonegro, donc. Première fois pour moi, et pas des moindres ! Quelle belle entrée en matière pour ce deuxième jour. Surnommés “Rock’n’roll machine” (plutôt à juste titre il faut l’avouer), les norvégiens assurent un show royal pendant 50 minutes. Personnellement, je les aurais plutôt surnommés les “Village People du rock’n’roll”, au vu de leurs tenues : marin, fermier… j’étais trop loin pour le voir mais apparemment ils étaient aussi maquillés avec du gloss, du mascara, etc… bref, les mecs ne se prennent clairement pas au sérieux et sont surtout là pour prendre (et nous faire prendre) du plaisir. Et ça marche ! On quitte le groupe le sourire aux lèvres pour aller voir la suite.


Betraying The Martyrs (16h50-17h40 // Main Stage 2)


Nothing More (17h00-17h40 // Spitfire Stage)

On se dirige alors vers la Spitfire Stage pour aller voir les texans de Nothing More. Plus petite scène du festival, il faut vraiment se rapprocher pour entendre quelque chose : sur le premier morceau, un poil loin, on n’entendait en effet que la batterie… De plus, il y a au même moment Betraying The Martyrs qui fait beaucoup, beaucoup de bruit sur la Main Stage 2. On avance donc un petit peu pour profiter du son (pas terrible en plus sur cette scène il faut l’avouer) pour mieux prendre une claque au milieu de leur set. Entre quelques chansons plutôt classiques de rock aux accents hardcore, le groupe sort un “instrument” tout à fait inattendu qui va bluffer tout l’auditoire. C’est assez difficile à décrire alors je vais faire de mon mieux : il s’agit d’une sorte de support sur lequel ils vont fixer une basse, qui lui permet de tourner dans plusieurs sens différents et sur laquelle ils vont jouer à plusieurs pendant que le batteur joue un rythme. Le bassiste, à gauche de l’instrument, et le guitariste, à droite vont alors faire différentes sortes de tapping dessus, ensuite rejoints par le chanteur qui va taper dessus avec des baguettes. Le rendu final est vraiment impressionnant, surtout dans la mesure du fait qu’on n’attendait rien de fou de ce groupe. Bravo les gars !


Hollywood Undead (17h40-18h40 // Mainstage)


Thrice (17h50-18h40 // Wardbird Stage)

Cette expérience passée, on se dirige alors rapidement vers la Warbird Stage afin de bien se placer pour le groupe Thrice. Les américains passent pour la première fois en France, c’est dire si les fans présents, moi le premier, les attendent avec impatience… Et ces 50 minutes de concert vont passer à la vitesse de la lumière. Pourtant le show se déroule sans temps mort, le groupe enchaînant les titres en ne parlant que trop peu à son public pourtant très chaud. Sans tomber dans le best of, le groupe nous jouera 4 titres de son dernier album, et surtout nous fera découvrir en live une toute nouvelle chanson sortie il y a à peine 2 semaines : The Grey. Le reste de la setlist sera composé de plus anciens titres comme The Artist In The Ambulance ou All The World Is Mad, que l’on accueillera avec délectation, même si le manque de certaines se fait sentir (Yellow Belly, The Weight… snif). Le groupe se retire après ces 50 minutes beaucoup trop courtes, et on se prend à rêver de les voir un jour sur une Main Stage avec un set d’1h30, 2h… un jour peut-être, qui sait…


NOFX (18h40-19h20 // Mainstage 2)

Après ce trop court passage de bonheur intense, on change d’ambiance et on retourne dans le lol avec ces petits fous de NOFX sur la Main Stage 2. Notre ami Fat Mike a revêtu sa plus belle robe, à rayures bleues sur bleues, pour l’occasion. Superbe. Le fond de scène est lui aussi toujours aussi magnifique : un pauvre logo NOFX fait à l’arrache qui pend en l’air. Ils en ont toujours autant rien à foutre, mais c’est pour ça qu’on les aime ! Et puis surtout malgré ça, et malgré le fait qu’ils sont toujours certainement un minimum défoncés sur scène, ils arrivent à assurer leurs chansons parfaitement, même les plus rapides et les plus difficiles à jouer. Comme toujours aussi, le show est régulièrement agrémenté de bonnes vannes entre les chansons : ils se moquent de leurs copains de The Offspring qui jouent juste après ou bien des gens de la sécurité qui leur tournent le dos dans le pit. Côté titres, tous les classiques sont de sortie, de Stickin’ In My Eye à Dinosaurs Will Die, en passant par Franco Un-American ou 72 Hookers. Evidemment, étant en France, ils choisissent d’interpréter également leur reprise de Champs-Elysées, faisant pour l’occasion monter sur scène un membre du public pour chanter avec lui (même si au final Fat Mike le laissera très peu faire). Après ce très bon concert des punks américains, direction la Warbird pour continuer dans la débilité avec les nouvelles stars du métal français : Ultra Vomit.



Mantar (18h40-19h30 // Spitfire Stage)


Avatar (19H30-20H30 // Mainstage)

On peut déjà se demander ce qui a pu passer par la tête des programmateurs de faire passer ce groupe sur une petite scène et non pas une Main Stage… la foule est immense et déborde de tous les côtés de la tente à plusieurs dizaines de mètres… On réussit donc à se caler environ 10/15 mètres derrière la fin de la tente, où on ne voit malheureusement pas très bien. Mais cela suffit à heureusement pour entendre le chanteur nous remercier d’être venu les voir plutôt qu’Avatar, sur la Main Stage 1. Ce ne sera que la première d’une foule de vannes qui feront systématiquement mouche auprès du public, dans lequel règne une ambiance très bon enfant. Comme à leur concert au Hellfest 2017, le groupe nous propose ses activités préférées : la chenille évidemment, sur la chanson… La Ch’nille (étonnant), ou encore leur “Wall of Chiasse” sur la chanson Pipi Vs. Caca. Le batteur Manard est mis à contribution pour la chanson Keken, passant au chant tandis que le guitariste passe à la batterie. Le bassiste est moqué pendant la présentation des membres. Bref, les blagues sont un peu recyclées de concert en concert, mais elles font toujours leur petit effet. Les chansons marchent elles aussi toujours : de leurs reprises de Tirelipimpom sur le Chihuahua ou Calojira, ou au méga-tube Kammthar terminant le show, l’interprétation est toujours parfaite et l’ambiance au top.


The Offspring (20h35-21h50 // Mainstage 2)

A la suite de NOFX, c’est donc The Offspring qui prend la relève sur la Main Stage 2 pour une 2ème dose de punk californien. Moins de blagues, un peu plus de sérieux mais l’esprit reste le même. Contrairement à leur habitude, les leaders du groupe Dexter Holland et Noodles sont plutôt bavards, remerciant le public ou le qualifiant de plus “sexy” de la tournée. La foule le leur rend bien, reprenant en choeur leurs plus grands hits : All I want, Come Out and Play puis Original Prankster, Want You Bad… Cela reste cependant un peu mou dans le public, le paroxysme étant atteint lors de la version piano de Gone Away. Très belle chanson au demeurant, elle fait tout de même un peu tâche au milieu de la setlist. Heureusement, les prochains titres vont littéralement réveiller la foule : Can’t Get My Head Around You, Pretty Fly (For a White Guy), et surtout The Kids Aren’t Allright, où Fat Mike de NOFX viendra faire une petite apparition pour faire les choeurs avec Noodles. Le rappel, avec You’re Gonna Go Far Kids, puis Self Esteem, viendra achever l’énergie du public. Il est maintenant l’heure d’aller se reposer et manger un peu avant la tête d’affiche de la soirée : Marilyn Manson.


Treponem Pal (20h50-21h50 // Spitfire Stage)


Marilyn Manson (21h50-23h25 // Mainstage)

Pour avoir vu Marilyn Manson plusieurs fois en concert, je sais que ça peut donner un résultat assez inégal. Certains concerts peuvent être géniaux, d’autres moins. Ce soir, on n’est clairement pas du bon côté de la balance… premier problème, les temps de transition entre les chansons. Je n’ai pas vu comment c’était pendant la première moitié du concert, mais la 2ème était horrible à ce niveau là. Deuxième problème, le manque d’énergie. Les chansons comme The Dope Show ou Sweat Dreams passent très bien car leur tempo n’est de base pas très rapide. Par contre quand le groupe joue The Fight Song, et que c’est terriblement mou, là c’est plus compliqué… Et si on rajoute les temps d’attente derrière, il devient vraiment difficile de rentrer dans ce concert. Heureusement, à côté de ça, il y a la présence scénique du chanteur. Marilyn Manson est un showman, et ça se voit toujours malgré le reste. Il n’est pas dans une forme exceptionnelle ce soir, mais il assure tout de même le show, aidé par les éléments de la scène, notamment cette grand boîte étrange affublée de son logo en forme d’éclair, de laquelle il sortira pour la chanson Antichrist Superstar. Il fera aussi monter de temps en temps des jeunes filles, dont il n’aura au final pas grand chose à faire et les laissera au mieux danser dans leur coin toutes seules, au pire dansera de manière assez gênante avec elles, comme avec cette fille déguisée en pom pom girl qu’il tapotera sur la tête pour la remercier… Las, je finirai par partir avant la fin, ratant du coup la chanson de clôture que j’aime pourtant beaucoup, Coma White. Tant pis, ce sera mieux une autre fois Marilyn.

Auteur : Sylvain Ginestet

Photos : David Torres

Ozzy Osbourne + Ghost + Opeth + Alestorm + Billy Talent + … Jour 1 @ Download Festival (Paris)

Vendredi 15 Juin 2018 – Et c’est parti pour la 3ème édition du Download Festival Paris, pour la 2ème fois organisé sur la base aérienne 217, à Bretigny-sur-Orge, et la toute première pour moi ! Pas de camping cette année de mon côté, je ne pourrai donc pas vous parler de celui-ci. J’arrive donc directement en voiture au parking VIP. Aucune file d’attente, aucun bouchon, ça fait plaisir mais ça augure aussi d’une affluence assez faible, ce qui sera confirmé une fois à l’intérieur de l’enceinte : le festival, pour cette première journée au moins,  n’a clairement pas fait le plein… Il y a quand même beaucoup de monde devant les scènes mais le reste des lieux est loin d’être blindé… résultat : on ne fait pas la queue au bar, ni aux toilettes… pour les festivaliers, c’est plutôt cool en fait !


Laura Cox Band (12h40-13h30 // Firefly Stage)


Wanka Tanka (15h15-15h55 // Main Stage 2)



Billy Talent (15h55-16h35 // Main Stage)

On commence donc cette journée par les canadiens de Billy Talent sur la Main Stage 1. Un concert qu’on aurait aimé voir un peu plus tard dans la journée mais qui reste très efficace pour entamer le marathon du week-end. L’énergie est bien là et les festivaliers commencent rapidement leurs premiers circle pits ! Le groupe et la scène sont aux couleurs de leur dernier album Afraid of Heights, tout en rouge et noir (on se croirait à un match du stade toulousain !), mais malgré cela ils joueront assez peu de titres de cet album et opteront pour une setlist plus “best of” de tous leurs albums. C’est la chanson Red Flag, tirée de l’album Billy Talent II et ayant grandement participé à la renommée du groupe, qui aura le plus grand succès auprès du public. Un très bon moment et une belle entrée en matière pour cette édition 2018, prestation malheureusement entachée par quelques erreurs du guitariste Ian D’Sa, pourtant très bon d’habitude.



Eluveitie (16h65-17h15 // Main Stage 2)

C’est au groupe Eluveitie de continuer les festivités sur la Main Stage 2. Comme pour Billy Talent, c’est la première fois que je les vois en live, mais ce sont cette fois de parfaits inconnus pour moi. Je découvre donc un groupe de métal celtique très porté sur le mouvement capillaire, au style plutôt original. Surtout au niveau de la voix : les chansons interprétées par la chanteuse Laura Fella sont tellement différentes de celles chantées par le leader Chrigel Glanzmann qu’on a l’impression de voir 2 groupes distincts… Pas grand fan de ce style de musique, je décide d’aller visiter un peu l’espace VIP. Celui-ci n’est vraiment pas exceptionnel, surtout après avoir connu celui du Hellfest l’an dernier… quelques efforts sont à faire de ce côté-là pour l’organisation !



Pogo Car Crash Control (16h35-17h15 // Spitfire Stage)


Powerwolf (17h15-18h05 // Main Stage)

Après une petite pause, on passe vite fait devant Powerwolf avant d’aller voir les pirates d’Alestorm. La scénographie est… spéciale, mélange de références religieuses et de loup-garous… les chansons sont également dans la même thématique : “We drink your blood”, par exemple, clôturera le show, pour le plus grand bonheur des fans présents dans la fosse. Le chanteur Attila Dorn, avant de partir, annoncera une tournée 2018 qui commencera au Bataclan à Paris (on peut d’ailleurs le féliciter pour son effort dans l’utilisation du français).



Alestorm (18h05-19h05 // Main Stage 2)

C’est maintenant l’heure des amateurs de slams : Alestorm envahit la Main Stage 2 et compte bien enflammer le Download avec ses chansons d’alcool et de pirates ! Le fond de scène aux couleurs arc-en-ciel, affublé de magnifiques canards-banane (oui oui), et surtout le gigantesque canard jaune gonflable au milieu de la scène donnent de suite le ton : pas question ici d’être sérieux, on est là pour rigoler et surtout pour boire. Ayant un certain passif avec ce groupe, je décide de me mettre assez loin pour éviter de passer le concert à faire passer des gens qui slamment au-dessus de moi. Cela me permettra cette fois de mieux voir leur prestation, et ainsi de constater à nouveau que malgré le manque de sérieux de leurs chansons, techniquement ils sont irréprochables. De leurs propres chansons comme Mexico ou Alestorm à leur reprise de Hangover, de Taio Cruz, les mecs assurent le show de bout en bout. A quelques chansons de la fin, ils envoient même leur immense canard voler au dessus de la foule, avant de terminer en rappel par Fucked With An Anchor et le classique mais toujours aussi efficace Drink. Encore une bien belle performance pour commencer ce festival, ça fait plaisir !



Sidilarsen (18h15-19h05 // Spitfire Stage)



Opeth (19h05-20h20 // Main Stage)

On enchaîne avec le groupe suédois Opeth, pour une nouvelle dose de métal prog sur la Main Stage 1, que je quitterai rapidement car je trouve ça… chiant. Les musiciens sont bons, c’est sûr, mais leur musique n’est vraiment pas faite pour moi. Pourtant je connaissais quelques chansons (plus récentes je pense) qui m’avaient bien plu, mais là je n’accroche pas. Je décide donc d’aller faire un tour ailleurs et d’aller découvrir la Warbird Stage. Petite scène couverte, on est là sur un tout autre niveau : des immenses Main Stage on passe à une tente couverte vraiment petite, et on a du mal à imaginer le bordel que ça va être le lendemain avec des groupes comme Tagada Jones ou Ultra Vomit… Bref, c’est maintenant le groupe Underoath qui se produit sur la Warbird, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils sont pas très contents ! On a là une sorte de post-hardcore aux accents légèrement emo, mais surtout vraiment énervé. Le chanteur Spencer Chamberlain s’égosille dans son micro, mais heureusement ajoute un peu de chant clair histoire d’adoucir le tout. L’ensemble est plutôt sympa, sans être fou non plus, tout comme le son de cette scène : on arrive à distinguer les instruments, tant qu’on ne sort pas trop de la tente. En parlant des instruments : mention spéciale au trio de guitares et basse couleur vert / jaune fluo, c’était magnifique les gars.



Ghost (20H25-21H40 // Main Stage 2)


Après une petite pause burger au coin VIP (très bon, merci), on arrive aux têtes d’affiche de la soirée, en commençant par Ghost sur la Main Stage 2.
Pour être totalement franc, ce groupe m’était relativement inconnu jusque là (le metal religieux, c’est pas vraiment mon truc), mais il faut avouer qu’en live, c’est quand même pas mal : la scénographie, bien que très axée religion avec ses sortes de vitraux en fond de scène, est très réussie, tout comme les effets visuels accompagnés d’un zeste de pyrotechnie. D’après mes informations, on découvre également une nouvelle tenue pour le chanteur qui officiait avant déguisé en pape sataniste. Il est désormais en costume queue-de-pie avec un maquillage quasi intégralement noir, je laisse aux fans le soin d’en juger… la musique est également plutôt cool en live, l’énergie est bien présente et les festivaliers se laissent prendre à ce dernier concert avant la tête d’affiche de la soirée.



Ozzy Osbourne (21H45-23H30 // Main Stage 1)

Et la tête d’affiche ce soir, c’est le mythique Ozzy Osbourne, accompagné de son célèbre guitariste Zakk Wylde. Celui-ci assurera à lui seul une bonne grosse partie du show, avec ses interminables, mais toujours aussi impressionnants, soli de guitare, qu’il s’amusera comme toujours à effectuer avec les dents ou avec la guitare derrière la tête. Comme souvent avec les “vieux” groupes, je m’ennuie assez rapidement, le show n’étant pas particulièrement énergique (mis à part la prestation de Wylde). Je pars donc faire un petit tour du côté de la Warbird pour voir Converge, dont beaucoup de mes amis sont particulièrement fans, en me disant que même si ça allait être violent, ça allait au moins être moins ennuyeux. Je découvre donc ce groupe, et pour ceux qui ne connaissent pas, on va le résumer comme ça : un batteur qui tape très fort et très très vite sur ses pauvres fûts, un bassiste et un guitariste qui jouent des riffs ultra saturés très vite également, le tout donnant une sorte de bouillie assez désagréable, et enfin un chanteur qui hurle (pour ne pas dire aboie) dans son micro. Au bout de 4 chansons, je m’avoue vaincu et retourne voir Ozzy avant que mes oreilles ne se mettent à saigner. J’arrive au moment du drum solo, et juste avant qu’il ne reprenne 2 de ses plus grands tubes : Shot In The Dark, et la mythique Crazy Train. L’énergie est un peu plus présente sur la fin, mais ça ne sauve pas un concert globalement ennuyeux de mon point de vue. Mais heureusement ça ne durera pas, vu le programme chargé de ces 3 prochains jours !

Auteur : Sylvain Ginestet

Photos : David Torres

Le Weekend des Curiosités 2018 (Jour 2) @ Le Bikini (Toulouse)

Samedi 02 Juin – Deuxième et dernier jour déjà de ce Weekend des Curiosités édition 2018, avec en ligne de mire les tant attendus Caballero & Jeanjass, mais aussi comme nous avons le voir de belles découvertes !

On commence gentiment, dès 19h avec Ramo. L’ancien guitariste du Yalta Club a proposé une pop dansante et rafraîchissante ; de quoi bien débuter ce deuxième jour malgré le peu de monde présent pour l’instant.

 

Petit coup de cœur pour ce groupe ! The Horner a envoyé une véritable boule d’énergie sur le festival avec leur rock 70’s crooner et leur enthousiasme scénique !

 

Là encore c’est un set assez frais que nous propose Crayon, DJ parisien rejoint depuis par deux autres membres instrumentaux. Malgré la jeunesse de la formation, on peut croire en la future réussite de ce groupe qui vient de sortir un EP en début d’année sous le nom de “Post Blue

 

On connaissait déjà les locaux de Do You want some ? ; et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ne perdent rien avec le temps. Ils ont envoyé un set de 45min durant lesquelles ont a pas vu le temps passé. Ils confirment la très bonne programmation de cette scène secondaire qui, en ce Samedi, nous paraît de plus en plus intéressante.

 

Encore et toujours de la fraîcheur sur la scène principale avec Haute. Menée par la belle voix d’Anna Majidson, ils ont proposé un pop/r’n’b aux influences très américaines à l’image de leur titre phare : Shut me Down.

 

Après les deux premières prestations très rock, on redescend un peu sur la scène secondaire avec le batteur de Tame Impala, Julien Barbagallo qui était là ce soir avec son groupe (qui porte son nom). Les batteurs-chanteurs sont toujours intéressants à voir et, une fois n’est pas coutume, on trouvera beaucoup de qualité dans ce concert d’un des dignes héritiers de la chanson française.

 

Sopico est en train de se faire une place de choix dans le rapgame français, et il nous tardait de le voir en live. Malgré quelques petites bafouilles, il est extrêmement généreux et se donne à fond pour le plus grand bonheur du public qui, pour le coup, était déchaîné !

 

Pale Grey est unique en son genre, et il serait difficile d’en définir le style précis. Puis à quoi bon ? Tout ce dont nous sommes surs, c’est que nous avons adoré leur projet qui vient clore une scène Curiosités qui aura bien porté son nom jusqu’au bout.

 

Têtes d’affiche du festival, Caballero & Jeanjass étaient fidèles à eux-mêmes : décontractés, complémentaires et surtout en feu. L’ambiance que l’on connaît sur ce genre d’artistes étaient bien au rendez-vous avec un beau turn up général.

 

La soire se finira avec Bleu Toucan et Idem Navi, gagnant du tremplin ; avant de s’en suivre avec la traditionnelle programmation électro. De notre côté nous rentrons assez crevé, ayant en tête une excellente scène secondaire cette année et un choix artistique qui rappelle l’âme de ce festival, bercé entre découvertes et nouveaux talents.

 

Photos et rédaction : David Vacher

Rio Loco 2018 – Jour 1 @ La Prairie des Filtres (Toulouse)

Jeudi 14 Juin – Y’a de la Rumba dans l’air ! Rio Loco 2018 a des airs de fête cette année avec un hommage aux musiques insulaires. Entre danses, rythmes endiablés et percus démoniaques ; la programmation nous a permis de découvrir un tas de styles tout en sachant garder son fil rouge le long des 4 jours. Le Rio fidèle à lui-même.

18h30 – On découvre un site en partie inondé à cause les fortes pluies des jours passés et les nuages nous accueillent : on est loin des conditions idéales pour un festival chaleureux comme celui-ci. Heureusement, les prestations des 6 groupes vont réchauffer le public toulousain. Et quoi de mieux pour commencer qu’un groupe de rumba véritable, authentique et présent sur la scène congolaise depuis plus de 70 ans : Bakolo Music International. Tout ce que nous pouvions attendre de ce Rio Loco en un groupe : la chaleur d’une tradition, la prestance scénique et une atmosphère de quiétude qui envahit assez rapidement le public. Au son des percus et des cuivres, on devine cette richesse culturelle qui fait aussi le charme des musiques insulaires.

Quelle aisance et quel naturel aux percussions ! The Pedrito Martinez Group vient présenter un autre genre de rumba, plus dynamique et basée presque exclusivement sur les percussions. Avec des sonorités un peu jazzy (notamment dues au claviériste de talent Isaac Delgado), le quatuor fait jouer des hanches les amateurs et apporte la preuve, indéniable, que le Grammy Award pour lequel ils ont été nommés en 2014 n’est pas un hasard. Décidément, ce début de festival tient toutes ses promesses.

Déjà 21h15 et premier concert sur la grande scène “du Pont-Neuf”. On laisse la rumba de côté (provisoirement bien sûr) pour rejoindre la Jamaïque et sa musique emblématique : le reggae. Et pas avec n’importe qui puisque, en l’occurrence, Johnny Osbourne est l’un des emblèmes de la musique de ce pays. L’ayant traversé assez largement, il en est maintenant l’un des représentants. On ne peut que se réjouir de le voir sur scène accompagné du bassiste Lloyd Parks (techniquement excellent ce soir !) et du We the people Band. Evidemment, le mélange ne peut être qu’enthousiasmant et les good vibes envahissent la grande scène.

Seul concert de la scène “Garonne”, Moh! Kouyaté a pour le moins un univers complexe. Bercé entre la musique “occidentale” et une riche culture guinéenne, sa musique a su profiter des deux parties pour créer un véritable univers autour de sa guitare. Entouré d’un trio Guitare/Basse/Batterie, ils offrent un set bercé d’une douceur qui marque une pause dans cette programmation très énergique.

Premier coup de cœur du festival, et pas des moindres ; nous avons trouvé le ce groupe absolument parfait. On parle ici d’une fanfare, composée donc principalement de cuivres, qui reprend un paquet de classiques du monde éléctro. Meute nous vient d’Hambourg, mais ils ont déjà écumé les festivals ouest-européens et nous comprenons facilement pourquoi. Au travers de sons comme “The Man with the red face” (reprise de Laurent Garnier) ou You&Me (reprise de Flume), ils transcendent littéralement la Prairie des Filtres. Musicalement excellent, scéniquement très rigoureux, instrumentalement instable entre xylophone, tambour et poignées de cuivres, le mélange est tout bonnement incontournable. Ça fait longtemps qu’un coup de cœur de cette ampleur ne nous était pas arrivé, et nous partageons celui-ci avec un public véritablement envoûté. Retenez bien le nom de Meute car vous risquez de les recroiser très vite (avec pas mal de dates en France sur leur périple estival).

Baloji vient finir ce premier jour sur la scène secondaire du Village. Né en République Démocratique du Congo, il a longtemps vécu en Belgique avec son père et commence à apprendre le français. Depuis, le “sorcier” a choisi la voie/voix du hip-hop pour s’exprimer et il le fait très bien. Loin de lui le rap belge actuel comme celui que nous avons rencontré par exemple au Weekend des Curiosités ; celui que propose “MC Balo” est plus frais, plus ancré aussi dans l’origine congolaise de l’artiste. Un bon moyen de clore cette première belle journée, avec une programmation qui, comme toujours au Rio Loco, propose de belles découvertes et une culture parfois sous-représentée.

 

 

Photos et rédaction : David Vacher

Le Weekend des Curiosités 2018 (Jour 1) @ Le Bikini (Toulouse)

Vendredi 01 Juin – Rendez-vous incontournable du début d’été toulousain, le Weekend des Curiosités emménageait de nouveau au Bikini durant 3 jours. L’occasion de découvrir des “curiosités” mais aussi de voir ou revoir des groupes en pleine ascension (inter)nationale. Thorium y était pour vous !

20h sonne et marque le début de trois jours de folie à Ramonville. Pourtant, c’est encore extrêmement calme pour accueillir Sailors at Sea mais l’on a l’habitude : l’affluence devrait arriver plus tard, d’autant que le Weekend affiche complet pour cette édition. En attendant, tandis que Mad Rey anime la terrasse depuis la scène Swimming Deer, on commence bien cette session avec leur rock psyché et la voix “à l’ancienne” de leur leader et chanteur Nicolas Woilet. La composition est assez classique (chant/guitare/basse/batterie), le son l’est beaucoup moins avec des accents tantôt psyché tantôt garage. Ça déménage plutôt pas mal et permet de rentrer comme on le souhaitait dans ces deux jours hétéroclites. Clin d’œil au passage à l’association Progrès Son, qui a contribué là encore au développement de la scène locale : un plus pour un festival comme celui-ci.

À peine le temps de savourer qu’on se dirige vers la deuxième scène du festival pour y découvrir une autre artiste locale. Ex-chanteuse du groupe Azad Lab (dont nous vous parlions il y a peu ici), elle a depuis débuté un nouveau projet sous son nom ; et l’on peut dire que c’est sacrément prometteur. Porté par la prestance incroyable d’Agathe au chant et à la lyre, ils ont su apporter à leur folk blues une patte singulière qui rend la prestation atypique et super riche. Pour sur que nous les reverrons à un cran au-dessus dans les prochains mois !

Lui aussi est bien connu dans la région : Slim Paul connaît un début de carrière solo fracassant après avoir fait vibrer le public des années durant au sein de Scarecrow. Après un dernier concert (avec en première partie une certaine Agathe Da Rama, ça vous parle ?) au Bikini il y a quelques mois, le voici lancé dans un nouveau projet (qui porte son nom) beaucoup plus Blues New Orleans. On avait été emballé par son premier clip et avions donc l’opportunité de le découvrir ici pour la première fois en live : on s’est régalé. Le groupe gère non seulement techniquement, mais a en plus su développer le “truc” en plus qui fait taper du pied et voyager sur ce genre de musique. La prestance scénique de leur leader vient en bonus pour assurer un show qu’on vous recommande franchement : il y aura certainement d’autres occasions de le voir dans la région.

C’est ce qu’on appelle une transition musicale ! Passé de Slim Paul à l’électro de Flabaire sur la scène Swimming Deer (il l’occupera toute la soirée) pour finir avec l’univers transpirant des The Psychotic Monks n’a pas été facile. Il faut dire que d’un folk blues, nous passons en quelques mètres à un rock ultravitaminé. Mais ce qui attire surtout, c’est l’attitude singulière des quatre membres du groupe sur scène : le spectacle est assuré. Quelle énergie, quel partage aussi ! Ils se donneront à fond du début à la fin, entraînant avec eux une bonne partie du public qui se laissera tenter par cet élan de lâcher-prise ; et ça fait un bien fou.

Angèle est un nom qui doit commencer à vous parler. Sœur d’un certain Roméo Elvis, la belge joue pourtant dans une autre catégorie puisqu’elle propose une chanson/pop assez rafraîchissante. Munie de sa dérision et de sa légèreté apparente, on l’attendait au tournant sur scène pour voir comment elle gérait son personnage “drôlatique”. Et il faut dire que c’est tout aussi rafraîchissant on stage, d’autant que le public a été d’un soutien énorme en reprenant en cœur la plupart des morceaux. Petit moins : on sent un peu trop (notamment au niveau de l’éclairage) qui est la leader du groupe ; et le reste des musiciens seront tout le concert plongé dans l’obscurité..
Si le début de soirée dévoilait un Bikini vide, les quelques heures passées ont suffit à faire le plein de festivaliers et la salle est enfin pleine. C’est de bonne augure pour la deuxième partie de la soirée axée Rap/Electro. Quant à Angèle, on la laisse avec regret pour retourner à la Scène Curiosités.

En prémices de l’after électro qui secouera le Bikini de 2h jusqu’à l’aube, Apollo Noir est le dernier artiste de la Scène Curiosités pour ce soir. Le DJ, sorti en 2017 grâce à son premier projet A/N, a proposé un set assez complexe avec des moments downtempo très ambiant mêlés à des rythmiques rappelant un peu l’IDM d’antan. Sur fond de mélancolie, il a quand même vu le public adhérer puisqu’assez nombreux et visiblement embarqué dans sa musique. Il vient clore une programmation finalement assez qualitative sur cette scène secondaire, avec pour le coup de vraies curiosités et de vraies bonnes découvertes venant rappeler l’esprit du Weekend des Curiosités.

Surement mourra-t-il un jour, pour l’instant il paraît immortel : Loud est au sommet. Le nouvel ambassadeur du Hip-Hop québécois n’a pas marché sur Paris ce jour-là, mais il a tout renversé à Toulouse ! Rythmiques US, franglais et culture nord-américaine font de sa prod. un monde à part, qui regroupe la plupart des rouages qui forment le rap actuelle. Ainsi, les punchlines et l’ambiance ont résonné dans la salle du Bikini pendant 1 heure environ ; laissant derrière lui une salle comble et en sueur, prête à accueillir comme il se doit PLK.

Avant dernier nom de ce soir avant l’after électro, PLK a su se faire une place dans le rap game français. On attendait sa performance ce soir, tout comme une bonne partie du public qui s’est amassé dans la grande salle du Bikini. 00h35 : début du show. Son DJ entre seul en scène et commence à faire tourner un morceau, puis un deuxième, puis un troisième etc… Au total, ce sont plus de 15 minutes de concert qui se dérouleront ainsi, sans la présence de PLK et avec une setlist du DJ un peu désordonnée bien qu’efficace vu l’ambiance. On s’étonne même d’entendre dans celle-ci du Caballero & Jeanjass, prévus au Weekend le lendemain. Enfin, le rappeur entre en scène et assurera le show durant environ 40 minutes.

La soirée se poursuivra à grand renfort d’électro, avec le groupe du moment Bagarre, puis Kiddy Smile pour finir avec Khalk b2b Léon Ruiz.
En somme un Vendredi éclectique, où l’on notera la bonne qualité de la scène des Curiosités qui a parfaitement joué son rôle avec des très bonnes découvertes ! On est ravi de retrouver un site toujours aussi agréable, de taille modérée pour notre plus grand plaisir. Ça s’annonce bien pour le lendemain !

Photos & Rédaction : David Vacher

Festi’tous, ou le foyer de la lutte festive @ Carbonne

Festi’tous ne vous dit peut-être rien, malgré le grand élan de communication et pourtant : cela s’annonce comme une date unique ! Ainsi, Carbonne (tout près de Toulouse) va s’enflammer le 08 Juin prochain avec un festival qui promet énergie, ambiance et solidarité. On vous présente le projet sur Thorium Mag.

Un projet engagé

 

Festi’tous, avant d’être un festival, c’est un “Groupement de Coopération Sociale et Médico-sociale développé par cinq Associations de la Région Occitanie qui vise à promouvoir le développement des compétences, l’accès à la culture, la reconnaissance et l’intégration des personnes qu’elles accompagnent”. Ainsi, tout un tas d’actions variées sont mises en place dans un enjeu de lien social, d’échanges et d’accès à la culture (notamment) comme par exemple des chantiers citoyens, des rencontres, des séjours multiculturels ou encore des animations culturelles partagées, dont le Festi’Tous Festival fait partie. Ainsi, au delà d’un simple événement, c’est tout un projet bien plus ambitieux qui se présente là, et qui justifie bien la programmation prévue.

 

Une programmation de choix

 

Les Motivés

Même dans les moments les plus durs, les hommes et les femmes trouvent encore la rage de chanter. Quelque soit l’issue de leur combat : qu’il soit victorieux ou écrasé par les forces conservatrices. Chanter, c’est surtout résister, c’est aussi rêver à une société plus juste et plus solidaire. La démarche des Motivés, tout comme celle d’Origines contrôlées, permet de remettre aux rythmes du jour un patrimoine musical empreint d’histoire sociale et de redonner des couleurs révolutionnaires aux manifestations qui, elles, ne sont pas prêtes de disparaître.

 

Massilia Sound System

Massilia célèbre autant d’années marquées par une volonté de confronter les points de vue, faire se rencontrer les gens, et faire se mélanger les styles. Massilia Sound System chante Marseille, la fête, l’amour, mais aussi ses colères et ses luttes. Chantant en français et en occitan, le groupe utilise ces deux atouts comme autant de multiples possibilités. La langue d’oc, presque millénaire, est pratiquée non comme un enfermement régionaliste, mais comme un véritable espace de liberté, un outil de création aux possibilités infinies, tout comme l’est la musique reggae, ainsi la boucle est bouclée.

 

Naâman

La musique voyage partout. Elle n’a pas de frontières et se transmet d’âmes en âmes. C’est dans cet état d’esprit que Naâman, la révélation reggae de ces dernières années, sort en automne 2017 son troisième album, Beyond. Dans ce nouvel opus, Naâman va plus loin dans ses aspirations musicales, que ce qu’il a pu proposer auparavant. Au-delà des vibrations Reggae et Hip-hop, il s’imprègne de la Soul, emprunte à la musique latine, pose sur des rythmes caribéens. Cet éclectisme lui permet de partager davantage sa philosophie de vie.

 

Plus d’infos

Rendez-vous sur leur site Internet  ainsi que sur leur Facebook
Billeterie
disponible ici
Le 08 Juin, à partir de 19h, à Carbonne (31)

 

 Auteur : David Vacher
Descriptions : Festi’Tous
Photos : Archives Thorium

Dernière ligne droite pour Rio Loco @ La Prairie des filtres (Toulouse)

Chaque année, Rio Loco est l’occasion de découvrir des musiques, des cultures et des philosophies en plein centre de Toulouse. L’édition 2018, qui se déroulera du 14 au 17 Juin prochain à la Prairie des Filtres, ne dérogera pas à cette tradition et sera tournée vers la rumba et les airs endiablés de Cuba et des Caraïbes. Un nouveau voyage en prévision donc, qui regroupera encore on l’espère des milliers de toulousains et de passionnés.

https://www.youtube.com/watch?v=b2gnp58BUZ4

 

Découvrez dès maintenant le programme des deux scènes principales (Scène Village et Scène Pont-Neuf) !

 

[learn_more caption=”Jeudi 14 Juin”]


©Photo – Tom Vantorre

Le grand Wendo Kolosoy, père de la rumba congolaise (notamment avec « Marie-Louise », ce titre légendaire qui a fait danser toute l’Afrique de l’Ouest pendant des décennies) et leader originel de Bakolo Music International, disparu en 2008, l’avait prédit : ses musiciens feraient une dernière tournée internationale à l’âge de… 80 ans !

Voilà donc que Nzoku Mo Ko Buele, dit « Bikunda », – nouveau doyen du groupe depuis la disparition de « Papa Wendo » – et son orchestre aujourd’hui composé de six musiciens, ont repris du service pour offrir un dernier baroud d’honneur après plus de… 70 ans de présence (!) sur la sono mondiale. Soyons clairs, Bakolo Music International (bakolo music signifie « pionniers de la musique », tout un symbole), c’est le plus ancien groupe de rumba congolaise issu des quartiers pauvres de Kinshasa. Aujourd’hui, les huit membres de Bakolo Music International sont les derniers garants d’un héritage, cette rumba authentique chantée en langue bantoue, qui se dilue inexorablement. Un concert témoignage aussi rare que précieux.



©Photo – Danielle Moir

Sur scène, il manie les percussions avec une puissance et une énergie incroyables, tout en donnant de la voix. À lui seul, le Cubain Pedrito Martinez révolutionnerait presque le latin jazz. Imaginez donc, entouré de trois musiciens exceptionnels (basse, piano, percussions) ! Les sonorités de The Pedrito Martinez Group, influencées par le blues, la rumba, le flamenco ou encore la timba, cette musique populaire très rythmée (« nouveau » en argot cubain), sont encensées dans le monde entier. Quand leurs titres chantés en lucumi, un dialecte du sud du Niger introduit à Cuba lors de la traite des esclaves, ne donnent pas une furieuse envie de danser ! Pedrito aime mélanger les genres et expérimenter de nouveaux sons. Tout en restant fidèle à ses racines. Né à La Havane, le percussionniste a appris à jouer dans la rue. Arrivé à New York en 2000, il a longtemps été sideman (un musicien offrant ses services à différentes formations) avant de monter son propre groupe. Depuis, son talent a pris son envol. En 2014, il a été nominé aux Grammy Awards dans la catégorie « Meilleur album de latin jazz ». Une consécration. Mais sûrement pas la dernière !



©Photo – Elise Becker 

En presque un demi-siècle de carrière, c’est comme si Johnny Osbourne avait eu plusieurs vies : témoin privilégié de l’évolution de la musique jamaïcaine, il a connu la naissance du reggae, du dancehall, puis du digital. Sa carrière est ponctuée de nombreux hits – tels que « Ready or not » repris par The Fugees en 1996 – qui resteront à jamais des références incontournables dans l’histoire du reggae. Très discret depuis la fin des années 90, le Jamaïcain fait son grand retour, amorcé en 2012 au Garance Reggae Festival. Depuis, il fait retentir son dancehall aux quatre coins du monde et se fend de collaborations plus que pertinentes, à l’image du titre « Independant Music » enregistré avec le collectif de hip-hop électro Chinese Man. Détenteur d’un catalogue de tubes inépuisable, Johnny Osbourne traverse les époques et reste en 2018, l’artiste de scène de premier plan qu’il était déjà en… 1968 ! L’artiste invite ici d’autres légendes vivantes : l’incroyable « magicien » bassiste Llyod Parks (rocksteady) et son We The People Band, l’âme de Kingston.



©Photo – Hugues Anhes

« La musique est l’arme du futur », tel est le leitmotiv du guitariste et chanteur guinéen Moh! Kouyaté, Parisien de coeur (depuis plus de dix ans) mais citoyen du monde avant tout, son âme africaine tournée vers l’avenir. Originaire de Conakry et issu d’une famille de djelis (« griots »), Moh! a reçu tout autant la passion de la musique que l’amour de la différence en héritage. Ainsi, son blues-rock mandingue, riche de sons traditionnels (il apprend le balafon avant de se tourner vers la guitare), va se nourrir des riffs puissants de ses guitar heroes de jeunesse (Carlos Santana, Jimi Hendrix…). Mais aussi porter le sceau d’un brassage culturel et d’une ouverture d’esprit, deux principes de vie qu’il acquiert à force de voyages, sa guitare en bandoulière. Sa rencontre, au début des années 2000, avec Corey Harris, va s’avérer déterminante. Un dialogue musical s’instaure naturellement avec le bluesman américain, fort d’un langage commun. C’est avec lui que Moh! Kouyaté part en tournée aux États-Unis puis en Europe, où il s’installe en 2007. Il devient alors sideman de Fatoumata Diawara, accompagne Ba Cissoko et écume les scènes jam parisiennes. Son univers bigarré, entre énergie positive, jazz solaire, swing élégant et textes engagés, se révèle. Un diamant brut !



©Photo – Steffi Rettinger

Nous sommes début 2016 et une fanfare composée d’une dizaine de grands gaillards, répondant au doux nom de MEUTE, va littéralement retourner les rues d’Hambourg. Au menu, une reprise saisissante du morceau culte « Rej » du duo Âme, fondateur du label Innervisions et chantre de la scène deep house techno allemande. Tambours, cymbales, xylophones, cors, trombones, trompettes, saxophones… vont dès lors battre le rythme et le pavé des plus grands festivals européens (Trans Musicales, Paléo, Dour, Les Ardentes…) ou de la crème des festivals outre-Atlantique avec, plus récemment dans leur tableau de chasse, l’incontournable SXSW (Austin, Texas). C’est que personne ne peut rester indifférent à cette fanfare atypique qui dynamite les codes en reprenant des titres-phares de la scène électro techno mondiale (« Miss You » de Trentemøller, « The Man With The Red Face » de Laurent Garnier…) avec une fraîcheur et un talent hors normes. Meute crée ainsi un genre nouveau qui associe musique de fanfare et techno hypnotique dans un esprit de fête décomplexé. À voir ses performances en live, ce « techno marching band » insolite enverrait presque DJ et consoles aux oubliettes… Dans la rue ou sur disque, MEUTE s’écoute tout autant… bras et pieds levés !



©Photo – Kristin Lee Moolma

 

 Mi-sorcier, mi-poète, mi-Belge, mi-Congolais, Baloji cultive autant les dualités que les contrastes. Lui qui écoute aussi bien Joy Division que la musique afro-américaine, vénère autant Marvin Gaye que Léo Ferré, s’est construit à la lumière des expériences et des épreuves de sa (jeune) vie, entre exil et désillusions. Pour autant, sa musique, faite de croisements et de mariages fertiles, est pleine d’espoir. Originaire de Lubumbashi (République démocratique du Congo), le jeune homme souhaite, à travers une performance scénique joyeuse, généreuse et colorée, montrer au public, toutes les riches influences qui nourrissent la rumba de son pays natal, comme pour mieux en saisir la quintessence. Car Baloji sait marier à la rumba congolaise de multiples genres (hip-hop cathartique, groove festif, funk américaine, deep house entraînante…) pour inviter l’oreille à saisir toute la puissance instrumentale du genre. Et inviter par la même occasion les corps à danser, fort d’un répertoire porté par une vraie urgence de vivre. De celles qui ne se satisfont d’aucun chemin tout tracé. Son dernier opus, 137 avenue Kanamia (Bella Union/Pias, 2018), un disque-fleuve charriant pensées introspectives, satire politique et mix créatif de styles, est un bel exemple de voie indomptable, que l’on ne peut cloisonner dans quelque géographie mondiale. Le festival Rio Loco est très heureux de pouvoir accueillir, sur la Prairie des Filtres, l’univers singulier de Baloji en ouverture de son édition dédiée aux rumbas du monde, avec la Garonne pour horizon.

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[learn_more caption=”Vendredi 15 Juin”]


©Photo – Pierrick Guidou

Véritable machine à groove, l’éthio-jazz d’Arat Kilo, c’est la douce rencontre de musiciens parisiens avec l’âge d’or des musiques éthiopiennes de l’Addis-Abeba du début des années 70 quand Mulatu Astatke, Alémyahu Esthete, Girma Bèyènè ou Hailu Mergia ont bravé la censure de Haïlé Sélassié en métissant les traditions amhariques à la soul, au jazz ou à la pop. Depuis plus de dix ans, le sextet parisien cherche constamment à se réinventer, album après album, collaboration après collaboration (Rokia Traoré, Socalled) pour faire se croiser les regards comme les sonorités. Pour Visions of Selam (Accords Croisés / PIAS, 2018), le nouvel opus sorti ce printemps, le groove irrésistible d’Arat Kilo bâti sur une orchestration ciselée comme sur des riffs électriques, des cuivres bouillonnants et des beats surpuissants, s’entoure de deux invités prestigieux à retrouver ici sur scène : le chant hypnotique et insoumis de la diva malienne Mamani Keita et le spoken word imparable du rappeur de Boston Mike Ladd. L’union (sacrée) de tout ce petit monde va offrir une performance scénique explosive, une création à la croisée des cultures d’Afrique de l’Est et d’Afrique de l’Ouest, entre tradition et modernité.

 


©Photo – Clément Legrand

Fils de l’icône de la chanson arabe Marcel Khalifé, Bachar Mar-Khalifé naît un beau jour de 1983 à Beyrouth. À l’âge de six ans, sa famille fuit la guerre et arrive en France. Musicien hors-pair, le jeune Bachar se forme au Conservatoire de Paris (tout comme son frère Rami Khalifé, futur pianiste du duo Aufgang) où il décroche le Prix du Conservatoire en piano. Pendant près de dix ans, le chanteur, compositeur et multi-instrumentiste découvre, joue, expérimente… puis boucle son 1er album Oil Slick (InFiné, 2010). Avant que deux autres ne suivent : Who’s gonna get the ball from behind… (InFiné, 2013), et Ya balad (InFiné, 2015.). Bachar travaille avec de prestigieux chefs d’orchestre (Lorin Maazel, James Gaffigan), l’Orchestre national de France, l’Ensemble intercontemporain de Pierre Boulez ou de grands noms de la scène actuelle (Bojan Z, Francesco Tristano, Carl Craig, Kery James, Murcof…) quand il ne compose pas des bandes originales de films. Son terrain de jeu ? Aussi large qu’aventureux ! Sa musique navigue entre les styles (jazz, world, hip-hop, électro, pop…) jusqu’à devenir inclassable. Son dernier opus, The Water Wheel – A tribute to Hamza El Din (Caroline Records, 2018), est ici porté sur scène par de divins musiciens. Entre intensité émotionnelle et transe collective.

 


©Photo – Tom Herbots

La musique est un voyage sans fin, parfois fait de retours dans le passé. Ainsi, si l’on reconnaît Fela Kuti comme le père de l’afrobeat, il aura fallu attendre 2012 pour remonter l’arbre généalogique du genre et en découvrir l’une des racines, en la personne d’Ebo Taylor, guitariste et arrangeur, né en 1936 au Ghana. Quasiment inconnu jusqu’alors hors d’Afrique, c’est pourtant lui qui a ouvert la voie à son filleul nigérian en électrifiant le highlife, mouvement issu de la réappropriation du jazz américain par des musiciens traditionnels du golfe du Bénin. Démesure de cuivres, polyrythmies endiablées, choeurs hypnotiques… Tous les ingrédients du cocktail explosif popularisé par Fela sont déjà présents chez Ebo. Servis peut-être de manière moins fiévreuse mais plus espiègle. Le résultat produit par ce brassage de funk, de soul et de tradition est le même. Une transe irrésistible qui aurait pu tomber dans l’oubli si des producteurs de hip-hop ne l’avaient pas samplé au tournant des années 2010. Ebo Taylor avait alors mis de côté la musique depuis près de 20 ans. Il en a aujourd’hui 82 et le groove est toujours aussi sensuel !

 


©Photo – Rémy Solomon

C’est un trio d’un genre nouveau. Il y a bien sûr la batterie à la fois métronomique et féline, mais aussi le soubassophone, sorte de gros tuba dont s’échappent des lignes de basses bien grasses et qui nous plonge directement dans l’ambiance chaude des fanfares de rue de la Nouvelle-Orléans. Surtout, il y a cette guitare Dobro, cet instrument à résonateur et au son blues si universel que nous pourrions être autant dans le désert auprès des musiciens touaregs que dans le Mississippi des pionniers du rock comme John Lee Hooker. Delgrès est, en réalité, quelque part entre la Guadeloupe et les États-Unis, sur les traces du chemin parcouru par les esclaves. C’est en sondant ses propres racines que Pascal Danaë a initié ce projet, nommé ainsi en hommage à Louis Delgrès, héros oublié de la lutte contre l’esclavage en Guadeloupe, mort en ayant combattu son rétablissement par Napoléon en 1802. Pour la première fois, l’artiste chante en créole et la magie du blues opère. Transformant les souffrances intimes en hymnes à la liberté. Sans jamais céder à la nostalgie, la musique rebelle de Delgrès fait vibrer aussi bien le corps que l’âme. Frissons garantis.


©Photo – Kokoko!

 

 Aussi fascinants qu’envoûtants, les musiciens de KOKOKO! peuvent faire danser les foules et improviser des heures durant. Chez eux, pas de guitare dernier cri ni de batterie rutilante, les instruments sont bricolés avec les moyens du bord, à partir de déchets de consommation (bouteilles plastiques, boîtes de conserve, roues de vélo, volant de voiture…) quand ce n’est pas une vieille machine à écrire qui sert de boîte à rythmes ! L’idée ? Pouvoir continuer à jouer leur musique de club pendant les coupures de courant, fréquentes sur l’avenue Kato, leur fief au coeur du ghetto de la capitale congolaise. Là, à Kinshasa, Mecque de la débrouille et du système D, le groupe associe ses instruments acoustiques à des boucles répétitives crachées par des appareils électroniques hors d’âge. C’est ici, à la faveur d’un tournage de Florent de la Tullaye et Renaud Barret (La Belle Kinoise), ces défricheurs de la scène underground kinoise à qui l’on doit le film culte Benda Bilili ! (2010) que naît KOKOKO!. Leur ami et producteur Débruit rejoint le projet, lui qui aime à créer de nouveaux territoires sonores aux confins de la world et de l’électro. KOKOKO! mixe ainsi le génie créatif de Bebson De La Rue (BBS), la poésie de François Delarozière (La Machine) et la fièvre sensuelle des clubs kinois. Attention, uppercut assuré.

 



©Photo – Analoog Klein

Après un concert à Istanbul à jouer aux côtés du chantre de la pop psychédélique néerlandaise Jacco Gardner qu’il accompagne sur scène, le bassiste Jasper Verhulst tombe littéralement amoureux du son turc des années 70. Avec deux autres musiciens qui jouent aussi aux côtés de Jacco Gardner, Ben Rider (guitare) et Nic Mauskovic (batterie), il décide alors de monter Altın Gün, une formation qui va célébrer l’âge d’or (« altın gün » en turc) de la scène rock anatolienne tout en lui insufflant une touche de blues folk nostalgique et de funk sensuelle. Pour finaliser son projet, il s’entoure de deux musiciens turcs, l’envoûtante Merve Dasdemir au chant et Erdinc Yildiz Ecevit, véritable gardien du saz, cet instrument traditionnel turc à cordes pincées qui se rapproche du luth oriental. Voilà que la boucle est définitivement bouclée avec l’arrivée du talentueux Gino Groeneveld aux percussions. Révélation des Trans Musicales de Rennes 2017, Altın Gün offre un répertoire qui mixe les standards du rock anatolien (Barış Manço, Erkin Koray…) et des adaptations de chansons turques traditionnelles avec un regard d’orfèvre au niveau des arrangements et une générosité sur scène franchement rafraîchissante.

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[learn_more caption=”Samedi 16 Juin”]

 


©Photo – The Mauskovic Dance Band

 
 Ici, l’afrobeat des années 70 et la cumbia colombienne rencontrent la no-wave new-yorkaise et la disco. Voilà l’horizon esthético-musical de The Mauskovic Dance Band ! Derrière ce nom, cinq Hollandais et un électrochoc sonore : des percussions, une basse indécemment groovy, des injonctions à la danse et un certain goût pour le psychédélisme. Fondé par Nicola Mauskovic (Altın Gün, Jacco Gardner) après plusieurs mois d’expérimentations en studio avec ses frères, ils aboutissent à cette formation prometteuse. Toutes les envies et les goûts de ces doux frappadingues se réunissent joyeusement, sans interférence aucune dans un tourbillon sonore sans limite où les rythmiques de l’Amérique Latine percutent les lignes claires d’une cold funk tout droit surgie des années 80, où l’Afrique de l’Ouest entre dans une transe orientale teintée de guitares zébrées et de basses qui pulsent. Vivifiant et terriblement euphorique, à l’image de leur premier EP sorti ce printemps sur le fameux Soundway Rec (The Heliocentrics, Flamingods, Batida, Meridian Brothers…), ce groove piquant qui ne ressemble à rien de connu, a deux objectifs : offrir un vrai lâcher prise et faire danser à perdre haleine !

 



©Photo – Aurore Vinot

D’abord, il y a Mazalda, six musiciens qui aiment, de manière joyeuse et décomplexée, faire tomber les barrières et décloisonner les genres. Brassant les traditions musicales populaires du monde entier avec un esprit d’ouverture impressionnant, Mazalda agite la scène lyonnaise depuis plusieurs années déjà, avec une électro puissante, à géométrie variable, souvent évocatrice, toujours inclassable. Et puis, il y a la voix de l’Algérien Sofiane Saidi. Âpre, écorchée, abrasive, captivante, profondément libre. Quand cette voix du « raï 2.0 » monte à bord du voilier Mazalda, la magie opère, le ciel s’éclaire. Le raï brut et sincère de Sofiane Saidi prend du volume au contact de l’électro métissée de Mazalda, qui s’aventure délicieusement entre groove psychédélique, pop rock évocateur, mbalax sénégalais ou transe gnaouie. Cuivres et synthétiseurs, batteries électroniques et percussions magrébines, rythmes surpuissants et sonorités traditionnelles s’embrassent ainsi chaleureusement pour faire sonner cet électro raï teinté d’ailleurs, calibré pour incendier les dancefloors comme pour chanter l’urgence et la fraternité. Attention, chaud devant !

 



©Photo – Eric Politzer

Les aficionados de salsa ont intérêt à avoir bien révisé leurs pas de danse. Les autres n’auront qu’à se laisser porter par le swing. Car ce sont bien les détenteurs des secrets de la musicalité des rythmes cubains qui débarquent, guidés par Juan de Marcos Gonzalez. Guitariste de génie et directeur musical, ce dernier n’est ni plus ni moins que l’instigateur d’une des plus belles épopées sonores de ces dernières décennies. Après avoir formé le projet The Afro Cuban All Stars un an plus tôt, ce « Quincy Jones cubain » réunit, en 1996, 25 musiciens le temps d’une semaine pour enregistrer trois albums, dont un certain Buena Vista Social Club. Si ses ambassadeurs les plus emblématiques – Omara Portuondo, Compay Segundo, Ibrahim Ferrer – ne sont plus de l’aventure, le groupe, en partie renouvelé, continue de réunir plusieurs générations de musiciens. Et de répandre à travers le monde une musique évocatrice alliant l’intimité cool du latin jazz aux arrangements chauds du mambo. Loin de la carte postale, The Afro Cuban All Stars nous ramènent aux sources sonores bouillonnantes de cette île des Caraïbes, au confluent de toutes les influences.

 



©Photo – Romain Staros Staropoli

Mélissa Laveaux est née à Montréal, de parents haïtiens qui ont émigré au Canada pour fuir le régime de « Papa Doc ». En 2016, la songwriter canadienne retourne sur la terre de ses ancêtres. Ce pays, où elle se sent étrangère, fait pourtant partie d’elle et de son histoire. Son folkblues solaire teinté d’un rock puissant porté par sa guitare électrique et sa voix si singulière, vont alors se nourrir de ce retour aux sources. De Haïti, Mélissa ne connaît pas grand-chose. Ce sont surtout les disques de Martha Jean-Claude, grande dame de la chanson haïtienne, symbole de la résistance aux dictatures successives qui ont tourmenté la première république noire de la planète, qui ont bercé son enfance. Sur l’île, Mélissa renoue avec un patrimoine folklorique extraordinaire, morceaux éparpillés d’une poésie populaire colportée par des orchestres de troubadours sur les fêtes de village, qui, riche en textes à double sens, renferme en soi, l’identité de tout un peuple. Issu d’un long travail de recherche sur la période où Haïti était sous occupation américaine (1915-1934), le dernier album de Mélissa, Radyo Siwèl (No Format !, 2018), entièrement chanté en créole, nous plonge ainsi à coeur ouvert dans ces chants populaires devenus armes de résistance. Sur scène, entre rythmes caribéens modernisés, esprit rock vaudou et mélodies folk épurées, c’est la révélation.

 



©Photo – Koria

Keny Arkana est une fille du vent comme une enfant du bitume. L’artiste commence à rapper à l’âge de 12 ans, après une enfance tumultueuse marquée par des fugues et un placement en foyer. Keny se fait alors connaître dans le milieu underground de la cité phocéenne (La Belle de Mai). Son rap contestataire se nourrit de la société et de ses mouvements, le cœur ouvert à double tour mais le poing toujours levé. À elle seule, ce petit bout de femme, militante altermondialiste de la première heure, aux prises avec les fractures sociales et les enjeux environnementaux, est un hymne à l’audace et à la fraternité. Après de nombreuses apparitions sur des mixtapes, Keny Arkana écrit Entre ciment et belle étoile (Because Music, 2006), un 1er album-confidence qui retrace ses combats personnels. Des plus grands festivals (Paléo, Dour, Vieilles Charrues…) aux concerts sauvages dans des squats, Keny Arkana transforme la rabia del pueblo (« la rage du peuple ») en colère positive et fédératrice. Sur scène, avec ses musiciens et un MC qui lui rend la pareille, elle offre un show hip-hop surpuissant autour de son EP L’Esquisse 3 qui transpire autant la sincérité qu’il n’épouse le monde, riche de sonorités puisées lors de ses pérégrinations au Brésil, Mexique ou Mali.

 



©Photo – Fernando Eduardo

 

Metá Metá est l’épicentre d’une nouvelle scène musicale foisonnante à São Paulo, la plus grande ville du Brésil. Formé en 2008, Metá Metá a, dès ses débuts, attiré l’attention des médias avec une approche novatrice et inattendue de la musique brésilienne. Au-delà des clichés convenus, Juçara Marçal (chant), Thiago França (sax) et Kiko Dinucci (guitare), musiciens aussi révoltés qu’insoumis, engagés qu’activistes, combinent jazz et post rock à des éléments afro-brésiliens (comme la religion du candomblé pratiquée chez les Yoruba), un facteur important de leur démarche artistique. En cinq ans, ce collectif a collaboré avec de grandes figures comme Tony Allen et Elza Soares. Si leur 1er album – Metá Metá (2011) – met en avant un son minimaliste, leur 2e opus (Metal Metal, 2012) opère un changement radical avec un son nettement plus massif, mêlant influences traditionnelles, africaines, latino, free jazz, punk et avant-garde. Repérée par la presse (inter) nationale, la formation part à l’assaut des plus grands festivals européens avant de tourner dans tout le Brésil. Leur 3e album, MM3 (2016), évolue encore dans une autre direction, nourri de fortes influences (Maroc, Éthiopie, Niger, Mali). Enregistré en 2 jours, on y retrouve l’atmosphère extatique, voire cathartique, des prestations scéniques du groupe, aujourd’hui au sommet de sa maturité.

 

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[learn_more caption=”Dimanche 17 Juin”]

 


©Photo – Les Mangelepa

Écouter l’Orchestre Les Mangelepa, c’est replonger tambour battant dans les années 70, une époque où la rumba congolaise dominait les ondes et les pistes de danse, presque partout en Afrique. Fondé il y a 41 ans par des musiciens congolais en exil au Kenya, l’Orchestre Les Mangelepa enchaîne les tubes comme les shows devant d’énormes foules (Ouganda, Zambie, Tanzanie…) jusqu’au sommet de sa popularité au milieu des années 80. Le groupe connaît ensuite plusieurs changements de formation. Aujourd’hui, avec 13 albums au compteur, la formation compte toujours parmi les groupes les plus populaires des clubs de Nairobi, entre guitares exubérantes, cuivres surpuissants, fins arrangements et harmonies vocales subtiles. En 2016, l’orchestre, reconnu comme l’un des plus grands groupes africains de tous les temps, part à l’assaut des scènes européennes, avec un nouvel opus Last Band Standing produit par Guy Morley (No-Nation) et distribué sur le label londonien Strut Records. Ce dernier rassemble une partie de leurs grands classiques, réenregistrés pour l’occasion, tout en retraçant la fantastique histoire du groupe.

 



©Photo – Simon Lambert

 

 

C’était comme couru d’avance. Avec un tel prénom, il semblait écrit que Fidel Fourneyron réaliserait un jour un projet autour de Cuba. D’autant que le jeune et brillant tromboniste de l’Orchestre National de Jazz a plusieurs fois visité La Havane, où il s’est épris de rumba, cette musique faite de chants et de percussions propices à l’improvisation. Avec la question « ¿Que Vola? » (« Quoi de neuf, les gars ? » dans la langue de Molière, c’est ainsi que les Cubains se disent bonjour), l’artiste apostrophe alors ses amis et compères musiciens : six fervents improvisateurs aventureux, fine-fleur de la scène jazz hexagonale actuelle et trois percussionnistes hors-norme, piliers du jeune orchestre cubain Osain del Monte, brillant rénovateur de la tradition havanaise. Sur scène, la rencontre est franchement explosive. Ensemble, ces musiciens de l’âme transportent les chants sacrés traditionnels yorubas et les rythmes charnels de la rumba cubaine vers de nouvelles contrées, diablement enivrantes, à travers un répertoire sculpté pour le live. Dans cette cérémonie insolite, la transe côtoie la mythologie divine, la Santería, l’Abakuá et le Palo, la recherche expérimentale.

 

 



©Photo – Silviapochfotografia

 

À première vue, il semble difficile de réunir des musiciens issus d’un orchestre symphonique avec des professionnels de rumba qui improvisent et suivent le rythme de leur coeur plus que celui des partitions. Oser cette fusion complexe dans le grand théâtre du Liceu à Barcelone, voilà la promesse qu’avait fait Joan Ximénez, alias Petitet, fils de Ramón « el Huesos » Ximénez, le légendaire palmero de Peret, à sa mère. Petitet a ainsi réalisé le premier concert de « rumba symphonique » à l’Opéra… Une première ! « Comme bon gitan qui je suis, je me suis embrouillé avec tout le monde », plaisante Petitet, qui, au début des années 90, a fondé le groupe Rumbeat avec la farouche intention de moderniser la rumba catalane. Ainsi, presque 30 ans plus tard, l’artiste continue toujours à innover. Ce projet participe aussi à plusieurs souhaits qui lui sont chers : faire connaître la rumba par-delà les frontières, briser les conventions, refuser les cloisonnements stylistiques, tout autant que rendre un vibrant hommage à ses aînés.

 



©Photo – Benoit Peverelli

 

Grande voix malienne, à la fois belle et ample, reine élégante de la musique africaine, chatoyante diva en son pays comme en Occident, Oumou Sangaré est surtout une artiste qui ne fait jamais aucune concession. Fille cadette d’une famille peul originaire du Wassoulou, une région boisée située au sud-est de Bamako, où la tradition s’inspire directement des chants de chasseurs, Oumou Sangaré se met à chanter dans la rue tout en vendant de l’eau pour gagner ici ou là quelques pièces. Un maigre butin qui lui permet d’aider sa mère, délaissée par son époux, dont les souffrances ont nourri plus tard son engagement pour la cause des femmes. Car avec plus de 25 ans de carrière et 8 albums au compteur, Oumou a toujours clairement affiché ses convictions, sa voix porte celle de ceux qui n’en ont pas. Très attachée à l’identité culturelle du pays, cette éternelle indignée croit aux valeurs traditionnelles tout en pointant celles qui brident les femmes, défendant l’autonomisation totale de la femme africaine. Pourfendeuse de la misère, Oumou souhaite faire du brassage culturel, le fier étendard d’une jeunesse africaine en mal de repères et de sa musique afro-électro ouverte sur le monde, dansante, vibrante, aussi éternelle que contemporaine.

 

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Un programme éclectique donc, qui occupera durant 4 jours le cadre fantastique de la Prairie des Filtres, le long de la Garonne. 4 jours durant lesquels vous pourrez aussi vous balader au village associatif ou découvrir des animations variées tout le long du festival. Enfin, sachez qu’un ensemble d’événements en lien avec Rio Loco viendront ponctuer le mois de Juin partout dans la ville : rendez-vous sur le site Internet du festival pour les découvrir !

 

Informations pratiques

 

Retrouvez toutes les infos sur leur Facebook, leur site, leur Twitter et même sur Instagram !
Vous trouverez aussi la billetterie ici !

Du 14 au 17 Juin
La Prairie des Filtres – Toulouse

 

 

Auteur : David Vacher
Description des groupes : Rio Loco

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