Category: Québec

RedBridgeFest : une finale punk rock sous un soleil éclatant

Pennywise + Millencolin + The Suicide Machines (Pont-rouge, samedi 30 mai 2026)

Pour sa dernière journée, le Red Bridge Fest a finalement eu droit à la météo dont tous les festivaliers rêvaient depuis le début de l’événement. Sous un soleil radieux et un ciel presque sans nuages, le site s’est rapidement rempli de t-shirts noirs, de lunettes fumées et de sourires satisfaits. Une ambiance parfaite pour une journée placée sous le signe du punk rock.

Avant mon arrivée sur le site, les festivaliers avaient déjà eu droit à plusieurs prestations issues de la programmation ainsi qu’aux traditionnels combats de lutte, toujours très populaires auprès du public.

Lorsque je suis arrivée près de la scène, ce sont les Américains de The Suicide Machines qui occupaient la scène. Fidèles à leur réputation, ils ont livré une performance où le punk, le ska et le hardcore se sont entrechoqués avec efficacité. Les premiers mosh pits ont rapidement fait leur apparition devant la scène. J’ai même passé quelques minutes au milieu de la foule pour prendre des photos. Malgré l’énergie débordante et les épaules qui se frôlaient à toute vitesse, les festivaliers ont rapidement remarqué ma présence et ont fait attention à ne pas me bousculer. Comme quoi, derrière l’image parfois intimidante du punk rock, il existe souvent un code de conduite bien plus respectueux qu’on pourrait le croire. Ça brassait fort, mais personne ne m’a mise au tapis !

 

Puis est arrivé le moment pour les amateurs de skate punk : Millencolin.

Les Suédois ont immédiatement été accueillis comme de vieux amis. Dès le début, la foule s’est mise à bondir au rythme des guitares qui ont fait leur renommée à travers le monde. Le groupe a enchaîné les morceaux, accompagné d’une foule survoltée.

Malgré les années qui passent, l’énergie est toujours là. Les chansons s’enchaînent avec fluidité et le public répond présent à chaque refrain. Devant la scène, les surfers humains se multiplient tandis que les plus nostalgiques replongent dans les souvenirs de leurs premières compilations punk des années 1990 et 2000.

Le RedBridgeFest, c’est aussi tout un univers qui prend vie le temps d’un week-end. Comme chaque année, plusieurs festivaliers avaient sorti leurs plus belles tenues punks pour l’occasion. J’ai croisé des vestes de cuir couvertes d’écussons, des crêtes colorées défiant les lois de la gravité, des chaînes, des Dr. Martens qui avaient visiblement vu passer plus d’un festival et une quantité impressionnante de chandails de groupes. J’ai même aperçu une licorne qui semblait défier un monsieur Banane géant au milieu de la foule, une scène aussi improbable qu’amusante.

Entre deux spectacles, les visiteurs déambulaient parmi les nombreux kiosques installés sur le site. Les amateurs de souvenirs faisaient la file devant les stands de marchandise officielle, tandis que les odeurs provenant des foodtrucks rivalisaient avec celles du gazon fraîchement chauffé par le soleil. Plus loin, le coin tatouage attirait les plus téméraires, plusieurs profitant du festival pour repartir avec un souvenir permanent de leur fin de semaine.

 

Devant la scène, un autre spectacle se déroulait en parallèle. Comme à chaque édition, les crowd surfers ont multiplié les tentatives pour rejoindre les premières rangées, donnant lieu à l’inévitable jeu du chat et de la souris entre les festivaliers et les agents de sécurité. Avec professionnalisme, ces derniers récupéraient les surfeurs humains un à un au-dessus des barrières, sous les applaudissements et parfois les éclats de rire de la foule. Un ballet parfaitement rodé qui fait désormais partie intégrante de l’expérience RedBridgeFest. Au milieu milieu de cette agitation habituelle, une scène a particulièrement retenu mon attention. Un jeune festivalier en fauteuil roulant a été porté par la foule au-dessus des têtes, accueilli par les applaudissements et les encouragements de ceux qui l’entouraient. Pendant quelques instants, tout le monde semblait participer au même mouvement. Une image simple, mais qui résume parfaitement l’esprit du Red Bridge Fest : une communauté où chacun trouve sa place.

Pennywise prend alors possession de la scène. Difficile d’imaginer une meilleure façon de conclure un festival punk. Dès les premières notes, la foule explose littéralement. De nouveau, les cercles de mosh pits s’ouvrent instantanément et les festivaliers chantent chaque parole comme s’il s’agissait d’un hymne.

Porté par une carrière de plus de trois décennies, le groupe californien démontre une fois de plus pourquoi il demeure une référence incontournable du genre. Les musiciens sont en pleine maîtrise de leurs moyens et l’énergie qu’ils dégagent semble contagieuse.

Le soleil a laissé place aux éclairages de scène, mais l’ambiance est restée brûlante jusqu’à la toute dernière note. Devant la scène, les bras demeurent levés, les voix continuent de résonner et personne ne semble vouloir quitter les lieux malgré le froid mordant. La fraicheur de la rivière commence à se faire ressentir mais ça ne fait pas peur aux festivaliers qui continuent de fêter.

La véritable force du Red Bridge Fest est bien au-delà des groupes à l’affiche : c’est cette communauté qui revient année après année pour partager une même passion. Entre les mosh pits, les crowd surfers récupérés avec adresse par les équipes de sécurité, les vestes couvertes d’écussons, les foodtrucks, les kiosques de marchandise et les tatouages improvisés, le festival est devenu un véritable rendez-vous pour les amateurs de punk rock.

Auteure et photographe : Sandra Esteves

Une leçon de brutalité signée Cryptopsy @ Théâtre Fairmount (Montréal)

La tournée Decibel se termine dans le chaos et la sueur
Cryptopsy termine sa tournée du Decibel magazine à Montréal au Théâtre Fairmount en compagnie des formations Necrot, Spirit Adrift et Blood Monolith. C’est donc une excellente manière de passer son jeudi soir dans une salle comble à écouter du death métal.
Blood Monolith est le premier groupe à s’exécuter devant un bon nombre d’amateurs. Avec seulement un album à leur actif, le groupe joue l’entièreté de celui-ci et en conservant l’ordre des titres. Il n’y a donc aucune surprise pour les amateurs qui connaissent le groupe et leur album The Calling Of Fire. Comme ils n’ont que trente minutes d’antenne, le chanteur Shelby Lermo interagit peu avec la foule et enchaine rapidement les titres. Le groupe à peu d’espace sur scène, donc ils ne se déplacent pas trop, mais c’est le travail acharné de Nadia Tydings-Lynch à la batterie qui retient l’attention des amateurs. Les amateurs vont rapidement se pousser vigoureusement les uns contre les autres durant leur prestation endiablée. Blood Monolith a offert une excellente performance dans la métropole et plusieurs amateurs ont découvert un groupe death métal.
La formation Spirit Adrift arrive rapidement sur scène pour jouer leur doom métal. Nate Garrett mentionne immédiatement que leur style musical jure dans le décor, mais ils ont été appelés à remplacer à la dernière minute la formation Fulci qui n’a pas obtenu leurs visas pour la tournée. Comme ce soir est la dernière date de la tournée, ce spectacle est très particulier pour le groupe, car c’est leur dernier spectacle de la formation. Malgré cela, les amateurs embarquent rapidement dans leur musique et démontrent beaucoup d’enthousiasme. Le groupe a commencé leur prestation en force avec les pièces Sorcerer’s Fate et Ride Into The Light, au grand plaisir des amateurs. Ils ont aussi profité de l’occasion pour terminer leur concert en jouant trois titres de leur album Infinite Illumination paru il y a quelques mois à peine, soit Born In A Bad Way, Buried In The Shadow Of The Cross et Window Within. Dommage de voir ce groupe terminer leur carrière, mais nous allons tout de même voir les musiciens avec d’autres groupes dans le futur.
C’est devant une foule beaucoup plus dense que la formation Necrot entame leur prestation avec Empty Hands et Lifeless Birth alors que les amateurs se poussent vigoureusement au rythme de leur musique. C’est cependant avec la pièce Into The Labyrinth que l’on aperçoit les premiers crowd surfers.  Luca Indrio et Sonny Reinhardt sont très dynamiques sur scène et interagissent constamment avec les amateurs. Leur prestation est très intense et les amateurs profitent pleinement de leur courte prestation qui se termine avec le titre Sinister Will. À voir la réaction des amateurs, ils auraient bien aimé quelques compositions supplémentaires.
C’est maintenant au tour de Cryptopsy d’arriver sur scène sous la musique de For Whom The Bell Tolls et ils commencent leur prestation avec Slit Your Guts. Il n’en fallait pas plus pour que les amateurs deviennent hystériques. Pas besoin d’invitation pour se pousser violemment, mais, Matt McGachy connait bien l’intensité des amateurs montréalais et il ne se gêne pas pour dire qu’il s’attend à beaucoup plus d’intensité de leur part. Cette fois, le groupe à deux écrans D.E.L. en fond de scène et cela donne beaucoup de profondeur au visuel qui accompagne la musique. Le groupe fête les trente ans de l’album None So Vile et vont jouer six des huit titres de celui-ci. L’intensité et l’agressivité de leur musique sont bien entendu le centre d’attention des amateurs et particulièrement le travail de Flo Mounier à la batterie. Malgré toutes ces années à se défouler, il me surprend toujours de voir qu’il est capable de s’exécuter avec autant d’énergie. Les amateurs forment rapidement des circle pit et se poussent tout au long de leur prestation. Les succès se suivent rapidement au grand plaisir des amateurs qui hochent leurs têtes en signe d’approbation.  Matt et Olivier Pinard arpente la scène de long en large tout au long de la soirée et ils interagissent avec les amateurs constamment. Le groupe va quand même réussir à intégrer trois titres de leur dernier album An Insatiable Violence durant cette courte prestation, soit Until There’s Nothing Left, Dead Eyes Replete et Malicious Needs pour clore la soirée.
Les amateurs ont grandement apprécié cette soirée death métal et ils attendent déjà avec impatience la prochaine tournée du Decibel magazine.
 
 
Journaliste: Albert Lamoureux
 
Crédit photo: Fanny Dudognon (Archives Thorium Mag)

Une visite mouvementée de Luicidal devant salle comble au Turbo Haüs @ Montréal

Les amateurs se déplacent en grand nombre pour voir Luicidal une première fois dans la métropole au Turbo Haüs. Nous avons aussi la chance de voir les formations Blackout!, Self Control, Hood Rats et Reaction en première partie.
Après la prestation des premiers groupes, c’est au tour de Luicidal d’arriver sur scène dans une salle remplie à pleine capacité. Pour ceux qui ne le savent pas, Luicidal est le groupe formé par les autres membres qui étaient dans Suicidal Tendencies dans leur début. On parle de Louichi Mayorga (bassiste sur les 2 premiers albums), Mike Clarke (guitariste de 1987 à 2012), Rocky George (guitariste de 1984 à 1995) et RJ Herrera (batteur sur les albums 2 et 3). En gros, Luicidal c’est 4/5 de la belle période de Suicidal Tendencies avec Mando Ochoa à la voix.
Force d’admettre que cela était trop beau pour être vrai alors que le groupe arrive sur scène un peu avant minuit sans Rocky George, car il n’a pas été accepté au Canada. De plus, RJ Herrera n’est pas de la tournée, car il est malade et est remplacé par Vince Sollecito. De plus, ce n’est pas Mando Ochoa, mais Al Del Barrio (Confused) qui est à la voix. Ce qui s’annonçait être un groupe des anciens membres de Suicidal Tendencies devient rapidement un groupe hommage avec seulement deux membres d’origine.
Leur prestation s’entame avec la succession des pièces Subliminal et Won’t Fall In Love Today, nous pouvons voir immédiatement que Mike Clarke n’est pas heureux, car la guitare qu’il utilise ne reste pas accordée. Il change de guitare, mais le résultat est le même, les guitares sont celles d’un des guitaristes d’un des groupes qui joue en première partie et il ne se gênera pas pour lui dire sa manière de pensée. Il faudra que l’un des guitaristes du groupe Blackout! lui donne sa guitare pour que Mike retrouve le sourire. Le seul morceau original de la soirée sera Knife Fight, très semblable au matériel de ST, mais personne ne connaissait ce titre. Possessed To Skate et Trip At The Brain vont bien évidemment faire exploser la foule, et avec raison.
Al Del Barrio est très dynamique sur scène, mais il doit lire les paroles de plusieurs titres durant la soirée, ce qui minimise ses déplacements sur scène. Al est aussi un commentateur de baseball au réseau CBS et mentionne qu’il s’ennuie des Expos et qu’il a failli travailler pour eux à une certaine époque. Rétabli de ses émotions du début de prestation, Mike demande aux amateurs s’ils veulent réentendre les premières chansons de la soirée maintenant qu’il a une guitare accordée, la demande était beaucoup plus une affirmation qu’une question et le groupe s’est exécuté au grand plaisir des amateurs. S’en suit I Want More, I Shot The Devil et How Will I Laugh Tomorrow, les amateurs se sont encore rués les uns contre les autres comme si leur vie en dépendait. Leur prestation chaotique s’est finalement terminée avec les classiques Institutionalized et Pledge Your Allegiance.
Il n’y a pas grand-chose qui est allé comme prévu lors de ce spectacle de Luicidal, mais le groupe n’a pas hésité à faire son spectacle malgré cela. C’était gras, voire amateur par moment, mais d’un autre côté, c’était punk à souhait. Ce spectacle ne passera pas à l’histoire, mais ceux qui se sont déplacés pour l’occasion étaient en majorité heureux de l’avoir fait.

 
 
Journaliste: Albert Lamoureux

Martyr célèbre Warp Zone et fait vibrer le Petit Campus @ Montréal

Les amateurs se regroupent au Petit Campus afin de voir une rare prestation en tête d’affiche du groupe Martyr. Pour L’occasion, nous avons aussi la chance de voir les formations From Dying Suns et Vortex.
Il y a déjà beaucoup d’amateurs lorsque la formation From Dying Suns commence leur prestation avec la pièce Vereor Nox. Leur courte prestation de trente minutes est bien entendu centrée sur leur seul album qui a pour titre Calamity. Les membres n’ont pas beaucoup d’espace sur scène, mais l’intensité en bien entendue au rendez-vous et nous allons voir plusieurs amateurs hocher leurs têtes au rythme de leur musique. Le chanteur Mathieu Dhani travaille fort pour faire bouger les gens tout au long de leur prestation, mais seulement quelques amateurs vont répondre présents. Le groupe profite de l’occasion pour jouer une nouvelle pièce qui a pour titre Crystalized. Les amateurs étaient principalement en mode découverte, mais ils ont tout de même apprécié leur musique death métal progressif.
 

 

C’est maintenant au tour de la formation Vortex de s’exécuter et de partager leur death métal mélodique avec les amateurs montréalais. Le groupe joue six titres de leur dernier album qui s’intitule The Future Remains In Oblivion et trois titres de leur EP Alien Realms. Le groupe enchaine rapidement les titres afin d’en jouer le plus possible et le chanteur Alex Labrie garde les interactions au minimum. Les guitaristes Mathieu Duguay et Dany Lévesque sont très énergiques et changent de côté tout au long de leur prestation. Malheureusement, la sonorisation laisse à désirer, tout semble être à 10 et il est difficile de décerner la voix gutturale d’Alex des guitares et des blastbeats d’Olivier Harrisson. Cela n’empêche pas les amateurs de se pousser vigoureusement les uns contre les autres tout au long de leur courte prestation.
 

 

C’est finalement le temps de voir Martyr sur scène et ces derniers commencent leur prestation avec Warp Zone. Le groupe célèbre cet album en y pigeant sept des neuf titres de cet album. Le délire des amateurs se fait sentir rapidement alors que ces derniers se poussent vigoureusement les uns contre les autres au rythme de la musique. Daniel Mongrain est en très grande forme à la voix et ce dernier ne tient tout simplement pas en place lorsqu’il n’a pas besoin de chanter. Le groupe insère les pièces Lost In Sanity, Perpetual Healing (Infinite Pain) et Nameless, Faceless, Neverborn de l’album Feeding The Abscess. C’est cependant durant celle-ci que le bassiste François Mongrain manque la synchronisation de son bridge à la basse. Cela a bien fait rire les membres du groupe ainsi que les amateurs.  Le jeu de guitare est précis et nous pouvons voir la belle complicité entre Martin Carbonneau et Dan Mongrain.  L’excellente section rythmique, composée de François Mongrain et de Patrice Hamelin, est encore une fois très solide et gère admirablement bien les nombreux changements de rythme. Le groupe termine sa prestation avec l’excellente Hopeless Hopes et les amateurs vont tout donner, au grand plaisir des musiciens.  Daniel prend le temps de remercier tout le monde impliquer dans cette soirée et mentionne qu’il est important de soutenir la scène de musique locale.
 

 

Martyr a donné une excellente prestation et les amateurs ont apprécié chacune de leurs chansons. Les initiés ont même remarqué Pier-Luc Lampron dans la foule, ce dernier était le guitariste du groupe sur les deux premiers albums du groupe.
 
 
Journaliste: Albert Lamoureux

Kings Of Thrash, Meliah Rage, Atrophy : la sainte trinité du Piranha Bar @ Piranha Pit Fest III (Montréal)

Les amateurs avaient un choix déchirant à faire ce samedi, aller voir Dethklok et Amon Amarth ou aller à la seconde journée du Piranha Pit Fest III. Plusieurs amateurs de musique thrash se déplacent donc au Piranha Bar en fin d’après-midi.
Après les prestations énergiques des formations World On Alert, Stregoneria, Mutank et Deadwolff sur la scène de l’enfer, la formation torontoise Warmachine est la première à s’exécuter sur la scène du paradis et les amateurs se tiennent davantage au bar que près de la scène. Le chanteur et guitariste Joe Di Taranto fait de son mieux pour attirer les amateurs, mais on dirait que leur batteur Alexis Von Kraven leur fait peur alors qu’il porte un masque durant leur prestation. Les amateurs se rapprochent petit à petit alors que le groupe joue principalement des pièces énergiques de leur premier album The Beginning Of The End. Il était plaisant de finalement voir ce groupe dans la métropole et il faut maintenant espérer qu’ils reviendront jouer plus longtemps dans un avenir proche.

 

Les amateurs retournent au sous-sol pour voir la formation locale Entropy. C’est vraiment étrange de voir la formation sans le chanteur original Ger Schreinert, mais je dois dire que Mike Rochford (ex-Ashes Of Eden) fait un excellent travail à la voix. L’autre nouveau dans la formation est le talentueux bassiste David Gagné (Blackguard et Hollow) et ce dernier sécurise la section rythmique avec le batteur Blake Lemieux. Leur musique agressive est bien entendu centrée sur les mélodies de Dan Lauzon et nous pouvons voir qu’il a un plaisir fou à s’exécuter sur scène avec cette version 3.0 de la formation.

 

Les amateurs remontent au deuxième étage pour voir DBC. Nous retrouvons bien entendu Eddie Shahini à la guitare et Phil Dakin à la basse et à la voix, mais cette nouvelle mouture du groupe inclus aussi Armen Apekian (Ashes Of Eden) à la guitare et l’excellent Jimmy Antle à la batterie. Leur prestation débute avec l’enchainement des pièces Deadlock, Monument et Outburst et nous pouvons voir les amateurs savourer chaque instant de celles-ci. Le groupe continu de piger dans leur album éponyme avec Power And Corruption, c’était la première fois que j’entendais cette pièce en concert et à voir la réaction des amateurs, je n’étais certainement pas le seul à savourer ce moment. Jimmy met le pied au plancher pendant Trauma X et Negative Reinforcement et je remarque que les autres musiciens pédalent en maudit afin de suivre la cadence endiablée du batteur. Le titre Primordium est la première sélection dans leur album Universe et l’autre sera bien entendu l’incontournable The Genesis Explosion alors que les amateurs vont se pousser agressivement les uns contre les autres. La formation termine leur excellente prestation en force avec Final Act, le titre qu’ils joue en conclusion depuis des années. Le seul point négatif de leur prestation est que la voix de Phil n’était pas assez forte et se perdait dans leur musique. Je crois que les nouveaux membres vont donner un second souffle au groupe et il faudra espérer que cet enthousiasme va se transposer dans de nouvelles prestations.

 

Meliah Rage attire beaucoup d’amateurs et de curieux, car c’est leur première prestation au nord de la frontière. Armé de son long manteau et de ses lunettes de soleil, Paul Souza est le maitre d’orchestre de la soirée et sa puissante voix rejoint rapidement les amateurs. Le groupe pige bien entendu plusieurs titres dans leur dernier album Idol Hands, mais ce sont les vieux titres de leur premier album qui incite les amateurs à se pousser violemment. On parle bien entendu de Bates Motel, The Witching, Beginning Of The End et Enter The Darkness. Anthony Nichols est intraitable à la guitare et le nouveau guitariste Caith Threefires le complète à la perfection. La section rythmique composée du batteur Stuart Dowie et du bassiste Darren Lourie est très solide et ancre parfaitement les pièces tout au long de la soirée. Les amateurs de longue date avaient finalement la chance de voir Meliah Rage et ceux qui ne connaissaient pas le groupe étaient très heureux de leur découverte.

 

Pour plusieurs, le groupe Kings Of Thrash est le groupe qu’ils sont venus voir. Kings Of Thrash est un groupe centré principalement sur Jeff Young à la guitare et de David Ellefson à la basse et ils jouent des titres de Megadeth. La salle est remplie au maximum lorsqu’ils commencent leur prestation avec l’enchainement des titres Rattlehead, The Conjuring et Skull Beneath The Skin. Il n’en fallait pas plus pour enflammer les amateurs. Le chanteur et guitariste Chaz Leon capture pleinement l’essence de la voix du Dave Mustaine et l’on pourrait facilement interchanger les deux voix à certains moments. C’est avec la pièce Into The Lungs Of Hell que la magie débute, car le groupe joue l’album So Far, So Good… So What! au complet et dans l’ordre. Il n’y a donc aucune surprise pour les amateurs, mais l’exécution parfaite rappelle les belles années de Megadeth à plusieurs niveaux. Pour la majorité des amateurs, c’est la première fois qu’ils voient Jeff à la guitare et ce dernier en met plein la vue avec la maitrise de son instrument ainsi que son immense talent.
Les amateurs ont probablement entendu Megadeth joué In My Darkest Hour, Hook In Mouth, Set The World Afire et Anarchy In The U.K. à quelques reprises, il n’est donc pas surprenant de les voir se pousser tout au long des titres de cet album et nous allons aussi voir de nombreux crowd surfers. C’était cependant un pur délice d’entendre Mary Jane, 502 et Liar pour la toute première fois. Dawn Patrol et Tornado Of Souls ont été de belles surprises alors que Jeff a exécuté l’iconique solo de Marty Friedman à la perfection. La seule pièce originale du groupe était Lockdown et sa rapidité a donné l’occasion au batteur Fred Aching de démontrer tout son talent. Leur prestation s’est terminée en force avec Peace Sells et les amateurs ont chanté haut et fort les paroles de ce titre au grand plaisir des musiciens.

 

Pour la majorité des amateurs, la soirée se terminait avec cette prestation, mais Atrophy est le groupe qui va clore les festivités. Le groupe revient dans la métropole après une disette de neuf ans. Il était grand temps de revoir ce groupe thrash et l’attente en valait la peine. Même s’il ne reste que Brian Zimmerman comme membre original, les nouveaux musiciens sont excellents, particulièrement les guitaristes Nathan Montalvo et Mark Coglan. Le groupe centre leur prestation sur leur album Socialized Hate en y pigeant sept titres. Le groupe va aussi jouer Seeds Of Sorrow et Punishment For All, deux titres de leur plus récent album qui a pour titre Asylum. Les musiciens sont extrêmement dynamiques sur scènes et cela se transmet rapidement aux amateurs qui vont se pousser vigoureusement et faire du crowd surfing. Un amateur ira même se suspendre à une poutre du plafond à quelques reprises. Brian lui demandera de recommencer afin de capturer cela avec son cellulaire. La lourdeur de Preacher, Preacher et de Urban Decay met en évidence le travail de Josh Gibbs et de Kris Kerby à la section rythmique alors que les amateurs vont chanter le refrain à pleins poumons. Leur prestation se termine donc avec l’excellente Violent By Nature ainsi que l’incontournable Beer Bong.

 

Les amateurs se sont déplacés en grands nombres et ont démontré beaucoup d’enthousiasme durant cette troisième édition du Piranha Pit Fest. Nick Guérin et Dungeon Works ont réussi à faire venir des groupes que l’on ne panserait jamais voir dans la métropole encore une fois et nous avons déjà hâte de voir ce qu’il nous réserve pour l’année prochaine!
 
Journaliste: Albert Lamoureux

Le métal a encore sa place au Capitole Fit For a King + Event-Animate + Ten56

On réalise parfois à quel point on est chanceux quand les lumières s’éteignent. Dans une époque où plusieurs salles historiques misent davantage sur des programmations plus consensuelles, voir le Théâtre Capitole accueillir encore des groupes comme Fit for a King rappelle à quel point la scène métal a encore sa place à Québec. Et honnêtement? Les fans de métalcore peuvent être reconnaissants qu’on ait encore la possibilité d’accueillir ce genre de show ici.

Dès les premières minutes, l’énergie était palpable jusque dans les escaliers du Capitole. Une drôle de collision entre l’élégance du théâtre et les chandails noirs déjà collés par la chaleur avant même le début du concert.

Les Parisiens de TEN56 ont ouvert la soirée avec la subtilité d’un camion lancé à pleine vitesse. Et c’était exactement ce qu’il fallait.

Ils ont littéralement conquis le public dès les premières notes. Moshpits, crowdsurfing, réactions instantanées de la foule : le groupe a mis la table de façon impeccable. Propre, net et précis. L’ouverture idéale pour un show de métal.

Puis Invent Animate est arrivé.

Et honnêtement… pourquoi est-ce qu’on n’entend pas davantage parler d’eux?

La découverte de la soirée. On peut même parler de coup de cœur immédiat.

Le groupe possède cette capacité rare de mélanger violence et atmosphère sans jamais perdre l’émotion au passage. Leur musique semblait flotter quelque part entre la lourdeur écrasante du metalcore moderne et quelque chose de beaucoup plus aérien, presque hypnotique par moments.

Ils sont vraiment incroyables.

Et le plus impressionnant, c’est probablement la manière dont ils ont réussi à tenir en haleine une foule déjà en ébullition. Même dans les passages plus lyriques, personne ne décrochait. On sentait littéralement le Capitole tomber sous le charme du groupe chanson après chanson.

Quand Fit for a King a finalement pris possession de la scène, le public était déjà complètement chauffé à blanc, et plutôt que de chercher à dompter cette énergie, le groupe texan s’est contenté de la suivre, puis de la pousser encore plus loin.

Ce qu’ils ont livré s’approche dangereusement d’un concert parfait. Pas au sens clinique du terme.

Les refrains étaient repris par la foule, ces voix qui se mêlent jusqu’à couvrir parfois celle du chanteur. Et l’énergie sur scène, quant à elle, ne s’est jamais effondrée une seule seconde ! Aucun creux, juste cette tension qui montait jusqu’à saturer complètement la salle.

Les morceaux de Lonely God se sont intégrés au reste du répertoire avec une fluidité impressionnante, sans jamais casser le rythme du concert. Et dans une salle comme le Capitole, cette intensité prenait une dimension presque intime malgré la brutalité sonore.

Le plus beau dans tout ça, c’est peut-être justement ce contraste.

Impossible également de ne pas sentir l’impact de chansons devenues incontournables dans leur catalogue, ces morceaux qui transforment instantanément une salle entière en chœur improvisé.

Voir une salle historique de Québec vibrer sous les cris et les riffs d’un groupe comme Fit for a King ça confirme une chose : à quelques rues de là, des gens lèvent leur pinte de bière devant un match du Canadien; ici, on lève la voix pour acclamer un groupe de métal, et la ferveur n’a rien à envier à celle du Centre Bell. Et tant que des soirées comme celle-là continueront d’exister, on va continuer de s’y entasser avec plaisir.

Auteure et Photographe : Sandra Esteves

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