Le Festival au Lac n’a plus besoin de présentation dans les Cantons-de-l’Est. Pour sa 4e édition, l’événement présenté dans la ville de Granby s’installait encore une fois au parc Daniel-Johnson, en bordure du lac Boivin, du 4 au 6 juin. Après une soirée d’ouverture jeudi placée sous le signe du skate-punk avec Less Than Jake et The Bouncing Souls, le vendredi annonçait un petit virage au niveau du style de musique : place à l’emo, au post-hardcore et au rock alternatif, avec en tête d’affiche le retour très attendu de Chevelle au Québec.

Sous un soleil généreux et une chaleur estivale qui donnait presque l’impression d’être déjà en vacances, le site s’est rempli tranquillement tout au long de la journée. Entre les kiosques de bouffe, les stands de boissons et les démonstrations de planche à roulettes, l’ambiance restait à l’image du festival : décontractée, accessible et chaleureuse — le genre d’endroit où on croise autant de familles avec des enfants en coquilles antibruit que de vétérans du pit.

## Aarsen

J’ai malheureusement raté la majeure partie de leur prestation, merci les embouteillages de Montréal, et n’ai pu assister qu’à leur dernier morceau. Je m’abstiendrais donc de commentaires. Désolé !

## Emery

J’étais par contre en place pour Emery qui a offert une performance solide et particulièrement dense sur le plan musical : deux guitaristes, un chanteur, un bassiste qui double aussi aux voix, un batteur et un percussionniste-claviériste. Cette configuration généreuse donne un son vivant et bien rempli, mis en valeur notamment par une reprise remarquée de « In the Air Tonight » de Phil Collins — clin d’œil inattendu qui m’a surpris.

## Haste The Day

C’était ensuite au tour du groupe Haste The Day de monter sur scène. Un retour aux sources pour moi, car même si je les ai perdus de vue depuis, je les ai écoutés pour la première fois en 2008 avec leur single Madman. Leur metalcore efficace a fait grimper l’intensité d’un cran presque instantanément dans la fosse. Le contact avec la foule était excellent, et le moshpit s’est activé dès les premières mesures. Le groupe proposait un son bien dosé entre passages mélodiques et puissance agressive. J’étais content de les découvrir pour la première fois sur scène!

## Finch : un retour chargé d’émotion

Je ne connaissais pas Finch, mais j’étais visiblement un des rares dans ce cas. Ce groupe californien associé à l’explosion du post-hardcore du début des années 2000 grâce à l’album culte “What It Is to Burn”, a provoqué une réaction immédiate dès son arrivée sur scène.

J’ai été impressionné par Nate Barcalow, puissant vocalement,et très énergique sur scène.

Pas mal pour un groupe qui a plus de 25 ans !

## Anberlin

Changement d’ambiance avec Anberlin, groupe formé en Floride au tournant des années 2000, qui a construit sa réputation sur un mélange de rock alternatif, d’émotion et de refrains rassembleurs.

Je dois admettre que c’était un peu moins dans mes cordes, mais la prestation sur scène était très bonne ; cela manquait un peu de puissance. Mais c’est une question de goût.

 

## Chevelle

J’étais là principalement pour Haste The Day, mais de nombreux festivaliers étaient là pour Chevelle ! Que ce soit la foule importante devant la scène ou les nombreux T-shirts à l’effigie du groupe, c’était clairement le groupe le plus attendu de la journée.
Le trio de l’Illinois formé autour des frères Loeffler nous a offert une de ses rares visites au Québec, la première en dix ans.

Sur scène, le groupe occupait l’espace de façon très efficace : batterie à gauche, guitare et voix au centre, basse à droite, le tout avec un spectacle de lumières très travaillées (chose que j’apprécie particulièrement). Le chanteur a pris le temps de lancer un « Bonjour Québec » et un « merci beaucoup » en français, un petit geste simple mais très apprécié de la foule qui répondait bien présente.

En espérant que le groupe n’attende pas 10 ans pour revenir dans notre belle province !

Journaliste et Photographe: Thomas Courtois