Jelly Roll ferme le rideau d’une fantastique 58e édition @ FEQ (Québec)
Impossible d’imaginer meilleure conclusion pour cette 58e édition du Festival d’été de Québec. Dès la fin de l’après-midi, les festivaliers affluent en grand nombre vers les Plaines d’Abraham, bien décidés à profiter une dernière fois de cette parenthèse musicale. Il faut dire que, hormis le spectacle retardé par la pluie la veille, le soleil aura largement accompagné cette édition 2026.
Pour cette ultime soirée, c’est Jelly Roll qui hérite de la lourde tâche de refermer onze jours de festivités. Une mission qu’il accomplira devant une mer de festivaliers qui semble s’étendre jusqu’à l’horizon.
Dès Hands Up, l’ambiance est donnée. Accompagné de ses musiciens et de ses choristes, Jelly Roll arrive avec cette présence chaleureuse qui le distingue des autres têtes d’affiche. Le décor, inspiré des vitraux d’une église, rappelle rapidement que son univers oscille entre rédemption, spiritualité, country, rock et hip-hop.
Puis vient Hard Fought Hallelujah, où l’émotion s’installe naturellement avant que le spectacle ne reprenne toute son intensité. Les guitares grondent, la batterie martèle le rythme et les Plaines répondent immédiatement à chaque invitation du chanteur.
Ce qui frappe rapidement, c’est l’authenticité de Jason DeFord. Entre deux chansons, il prend le temps de parler au public, de raconter son parcours, mais surtout de transmettre un message d’espoir. Pour lui, la musique dépasse largement le simple divertissement : elle rassemble, console et offre parfois une seconde chance.
Visiblement touché par l’accueil des Québécois, il avoue même vivre l’un des plus grands concerts de sa carrière. Une déclaration accueillie par une immense ovation, preuve que le courant passe dans les deux sens.
Musicalement, Jelly Roll refuse de s’enfermer dans une seule case. Son spectacle navigue constamment entre la country, le rock, le hip-hop et la pop. Ce mélange prend tout son sens lors d’un impressionnant medley où s’enchaînent des classiques de Black Eyed Peas, TLC, Snoop Dogg, Rage Against the Machine, les Backstreet Boys ou encore John Denver. Une succession de chansons qui transforme rapidement les Plaines en gigantesque karaoké à ciel ouvert.
Mais c’est lorsque le rythme ralentit que l’on mesure toute la force de son interprétation. I Am Not Okay, portée par des milliers de téléphones illuminant la nuit québécoise, offre l’un des moments les plus touchants de cette soirée. Quelques instants plus tard, Need a Favor confirme encore une fois la puissance de cette voix capable de passer de la fragilité à une intensité presque déchirante.
Comme il l’avait déjà fait lors de son passage au Centre Vidéotron en 2025, Jelly Roll démontre qu’il entretient une relation particulière avec son public. Il descend même de la scène pour aller saluer les premiers rangs, signer quelques autographes et immortaliser ces instants avec les festivaliers.
Le point final est tout aussi marquant. Pour Save Me, l’artiste invite un jeune guitariste de Québec à le rejoindre sur scène. Sous les étincelles pyrotechniques et les derniers feux d’artifice du festival, le public assiste à un moment parfait : celle d’un artiste qui place l’humain au cœur de chacun de ses spectacles.
James Barker Band : une ouverture aux couleurs canadiennes
Avant cette grande finale, le James Barker Band avait parfaitement lancé les festivités. Le quatuor ontarien a proposé une country moderne aux refrains accrocheurs, relevée de guitares plus mordantes qui apportaient une agréable touche rock.
James Barker n’a pas hésité à quitter la scène pour aller chanter directement au milieu des festivaliers, rapprochant encore davantage le groupe de son public. Quelques passages plus énergiques, notamment un morceau aux influences rap-country interprété par le guitariste, ont fait lever les bras des spectateurs qui répondaient spontanément au rythme de la musique.
Daughtry fait monter la tension
Le passage de Daughtry change complètement l’atmosphère. Exit la country, place à un rock puissant porté par la voix impressionnante de Chris Daughtry.
Entre les morceaux plus musclés comme Artificial, The Dam ou Heavy Is the Crown, le groupe prend aussi le temps de laisser respirer son spectacle avec des titres plus mélodiques comme Home, September ou Waiting for Superman, mettant en valeur toute la palette vocale de son chanteur.
Le public réserve également un accueil enthousiaste à leur reprise de Separate Ways de Journey, tandis que It’s Not Over et Over You rappellent pourquoi Daughtry demeure, près de vingt ans après ses débuts, une référence du rock moderne américain.
Cette dernière soirée referme une 58e édition qui aura offert son lot de moments mémorables. De l’ouverture fracassante de Limp Bizkit jusqu’à la conclusion profondément humaine de Jelly Roll, le Festival d’été de Québec aura une fois de plus démontré sa capacité à réunir des univers musicaux complètement différents devant des centaines de milliers de festivaliers.
Pendant onze jours, les Plaines d’Abraham auront vibré au rythme du rock, de la pop, du métal, du rap, du country, du classique et des musiques du monde. Une diversité qui fait la force du FEQ depuis près de six décennies… et qui donne déjà rendez-vous aux festivaliers pour une 59e édition.
Auteure et photographe : Sandra Esteves