Category: Québec

De Going Solo à Zebra: John Butler recolle les époques @ Théâtre Beanfield (montréal)

Ce dimanche à Montréal, John Butler nous rappelait ce que veut dire tenir une salle sans artifice mais pas sans muscles. D’abord seul, guitare en bandoulière, comme pour poser le décor: un songwriter capable de remplir l’espace avec une voix, un jeu percussif et une présence calme. Puis, graduellement, ses trois musiciens le rejoignent sur scène. Élargissant le spectre sans jamais diluer l’essentiel: le groove organique et cette tension entre l’intime et le collectif.

La setlist navigue entre nouveautés (Going Solo, Gets No Better, Trippin On You) et classiques du John Butler Trio (Better Than, Betterman, Revolution), cousant les époques plutôt que les opposant. Un concert agencé par vagues, mêlant des confessions maîtrisées sur So Sorry et Outta My Head avec des poussées plus militantes et spirituelles sur Wade in the Water et Leave the Rest to Earth. Au cœur du set, Ocean, un morceau qui tient du rite où la virtuosité sert d’abord l’émotion, a suspendu le temps. La machine est ensuite reparti au galop avec des titres plus solaires et festifs (Used to Get High, Treat Yo Mama, Funky Tonight).

En rappel, Peaches & Cream et Zebra ont conclu la soirée sur une évidence: John Butler est un artisan du live, chaleureux, précis, toujours ancré dans le vrai.

Photographe et journaliste: Paul Blondé

Ariane Roy et Minou : Une Soirée en Douceur et en Intensité Club Dix30

Le 11 avril, on se rendait au Club du Dix30 afin d’assister au spectacle Dogue d’Ariane Roy. Sa première partie était assurée par l’artiste émergent Minou, un projet musical de Dominic Plante que vous avez peut-être vu en prestation aux Francouvertes 2025 ou que vous pouvez avoir entendu sur son balado intitulé Sans Filtre Podcast.

Dès 20h, Minou nous présente son doux Indie-Rock-Pop, dont la vibe est planante. Les compositions mettent en évidence le groove des riffs de guitare, relevé parfois par des synthés assez prononcés, au détriment de la voix de l’artiste qui s’efface quelque peu au sein de la musique. N’empêche que Minou fait dodeliner de la tête les personnes présentes dans la salle et les réchauffent doucement avec les pièces Émilie, L’ordre naturel des choses et Je suis entré, tirées de son EP Tout va bien (2024). Avant de conclure avec la fringante Demi-tour, il nous propose une pièce exclusive, Différent, à la grande surprise de tous·tes, puisque la chanson n’est pas encore parue ! Ce premier acte a assurément piqué la curiosité de plusieurs spectateur·trice·s et fût bien apprécié par ceux et celles-ci.

C’est sur la chanson Dogue qu’Ariane Roy, précédée par son groupe formé de 4 membres – dont Dominic Plante à la guitare -, entre en scène, totalement assumée et en confiance. Elle joue ensuite Âmes sœurs, pièce durant laquelle elle virevolte sur elle-même, terminant le morceau avec une interlude jazzée. Elle attrape ensuite sa guitare pour jouer Quand je serai grande, suivie par deux autres pièces qui bouge tout autant Si je rampe et Kundah. Durant cette dernière, Ariane mêle quelques arabesques à sa prestation, mais ce qui nous épate le plus globalement est la puissance brute de sa voix. Rares sont les artistes qui performent sans avoir une piste sonore qui joue en fond et à notre grand bonheur, Ariane Roy fait partie de ces artistes d’exception qui jouent 100% de leur mélodie en direct !

Ariane souligne la présence de Minou à la guitare avec humour, juste avant Coule : « Là, vous devez vous demander si vous rêvez, parce que le guitariste ressemble beaucoup à Minou… Mais oui, c’est bien lui, et j’en suis fan ! ». C’est ainsi que Minou prête sa voix à la chanson, nous rappelant la version qu’Ariane a faite avec Thierry Larose sur l’album Dogue de Luxe (2026). Les voix sont très justes et la chanson devient très puissante alors que le groupe joue avec l’intensité sonore qui crée un crescendo, en la faisant pratiquement passer d’un murmure à une perfo explosive.  

Alors qu’elle entame Une cigarette sur le balcon, Ariane nous raconte que sa mère est une fumeuse occasionnelle, qu’elle se cache sur le balcon pour fumer quand ça ne va pas et que plus jeune, la chambre d’Ariane était en haut du balcon. L’odeur de cette fumée portrait l’artiste à espionner sa mère et lui indiquait que quelque chose n’allait pas. Cette chanson douce et calme, représentant sa relation avec sa mère, est bien mise en valeur grâce à un unique éclairage à la main, projeté derrière le bar de la salle directement sur la chanteuse. On sent à ce moment qu’Ariane est vulnérable et délicate et ça nous fait connecter davantage avec elle.

Afin de ramener le dynamisme dans sa performance, la chanteuse enchaîne avec Agneau, Mordre et Tous mes hommages. Ariane commence cette chanson en coulisses et entame les premières paroles alors qu’elle se trouve (à notre grande surprise) dans la foule, oscillant entre les chaises et plantant son regard intense dans celui des spectateur·trices. Elle progresse ainsi à travers le public le temps d’un couplet et d’un refrain, avant de reprendre d’assaut la scène et de clore la piste avec des vocalises très impressionnantes.

Au début de la piste I.W.Y.B., Ariane nous invite à nous lever et à danser, sans se préoccuper du regard des autres. Afin d’appuyer ses paroles, lors du bridge de I.W.Y.B., elle revêt une tête de caniche blanche et se met à danser de toutes sortes de façons frisant le ridicule (dont la Macarena), mais ces gestes la rendent captivante et épatante puisqu’elle les assume tous ! Ça crée un engouement et on se délecte de ce moment à danser sans scrupules aux côtés de l’artiste. Ariane reprend ensuite sa guitare pour jouer Ce n’est pas de la chance ainsi que Tu voulais parler. Durant Ce n’est pas de la chance, elle joue de son instrument côte-à-côte avec Minou, témoignant de leur complicité apparente au grand plaisir de tous·tes.

D’une manière qu’on qualifie de poétique, puisque Ariane a entamé son spectacle avec la première piste de Dogue, elle termine son spectacle avec la dernière piste de son opus, soit Berceuse. En guise de rappel, Ariane frappe fort avec deux de ses plus vieilles et plus populaires chansons, de grandes favorites du public : Ta main et Fille à porter. Le public tape des mains et chante toutes les paroles. Au final, on est ravis de cette performance chaleureuse, sans faute, authentique et totalement assumée. On vous conseille d’attraper Ariane en spectacle avant la fin de sa tournée Dogue !

Journaliste : Laurence Daoust

Crédit photo: Photo de presse Léa Taillefer

Hirax : une leçon de thrash livrée à un public de fidèles @ Piranha Bar (Montréal)

La formation Hirax était déjà de retour dans la métropole après leur prestation de l’année dernière. En plus de ces derniers, les amateurs pouvaient voir les groupes Warsenal, Desolus et Savage Master au Piranha Bar.
Arrivant du concert de Black Label Society qui jouait au MTelus, j’ai manqué les trois premiers groupes, mais j’arrive au moment où Hirax commence leur prestation avec Hellion Rising. Il n’y a pas beaucoup d’amateurs, car la majorité d’entre eux sont restés ou je me trouvais il y a à peine 15 minutes. Les amateurs qui sont présents donnent tout ce qu’ils ont dès que la musique se fait entendre. On voit que le bassiste Jose Gonzalez est remplacé par le guitariste Allan Chan et que le seul guitariste est Geremi Perez. Ce dernier donne une clinique de guitare tout au long de la soirée et nous pouvons voir qu’il apprécie pleinement la réaction des amateurs. Katon W. de Pena est le seul membre fondateur et il est tellement intense sur scène qu’il fait peur par moments. Je serais curieux de le voir lors qu’il n’est pas au sommet de sa forme et j’imagine qu’il est probablement encore plus dans la zone que de nombreux chanteurs qui sont au sommet de leur art.
Le groupe fête les quarante ans de l’album Hate, Fear And Power et ils vont jouer quatre titres de cet album, soit Criminal Punishment, Hate, Fear And Power, Lightning Thunder et The Plague. Ces derniers sont bien répartis dans la soirée entre les pièces de leurs cinq autres albums. Le groupe enchaine rapidement les chansons alors que Katon interagit constamment avec les amateurs. Les amateurs sont très démonstratifs et se poussent constamment les uns contre les autres tout au long de la soirée.
Leur prestation se termine en force avec Broken Neck, Destruction And Terror et Criminal Punishment. Malgré la petite foule, le groupe était heureux de voir les amateurs aussi démonstratifs et ils avaient déjà hâte de revenir dans la métropole dans des circonstances plus favorables.
 

 
Journaliste: Albert Lamoureux

Zakk Sabbath vole la vedette avant Black Label Society @ MTelus (Montréal)

Armé d’un nouvel album intitulé Engines Of Demolition, Black Label Society était de passage au MTelus en compagnie des formations Dark Chapel et Zakk Sabbath.
Contrairement à mes attentes, il y a beaucoup de gens dans la salle lorsque Dark Chapel arrive sur scène avec Dario Lorina à la guitare et au chant. Les amateurs le reconnaissent immédiatement, car il est aussi un membre de Black Label Society. Le style musical du groupe est axé sur la guitare et fait immédiatement penser à celui de BLS, mais avec plus de mordant et d’intensité. Après la puissance des titres Afterglow, Hollow Smiles et Sign Of Life, Dario s’installe au piano pour la pièce Hit Of Your Love alors que les amateurs illuminent le MTelus avec leur cellulaire.
Le groupe à bien choisit les pièces pour donner un aperçu de leur album Spirit In The Glass lors de cette courte prestation et il ne faudrait pas être étonné de les revoir prochainement avec leur propre tournée.
Zakk Sabbath arrive maintenant sur scène pour la première fois dans la métropole et pour plusieurs, c’est la raison de leur déplacement au MTelus. Suivant l’introduction de Supertzar, le groupe enchaine avec Children Of The Grave et la foule composée majoritairement de jeunes devient tout simplement hystérique. Le parterre est très compact et les frissons se font sentir tout au long de leur prestation. N.I.B. donne l’occasion aux amateurs de chanter à pleins poumons avec Zakk et il était très heureux de la réaction de ces derniers. C’est aussi durant cette dernière que les ballons de plage aux couleurs associées à Black Sabbath (blanc et mauve) ont été lancés dans la foule.
Les sirènes se font entendre pour annoncer War Pigs et les amateurs sont tous debout et vont encore une fois chanter à pleins poumons les paroles mythiques de cette pièce alors que Zakk s’aventure dans la foule pour un long solo de guitare à la fin du titre.
À voir l’euphorie des amateurs, et les Ozzy, Ozzy, Ozzy qui ont été criés par la foule à la fin de leur prestation, Zakk Sabbath aurait pu facilement jouer plus longtemps et être la tête d’affiche de la soirée.
J’ai malheureusement manqué la prestation de Black Label Society, car j’avais un autre engagement, mais à ma grande surprise j’ai vu une bonne quantité d’amateurs quitter le MTelus en même temps que moi après la prestation de Zakk Sabbath.
 
 
Journaliste: Albert Lamoureux
 
Photographe: Alexandre Guay

July Talk au Capitole : une intensité qui te rentre dedans @ Québec

En arrivant au Théâtre Capitole, avant même de penser à la scène, quelque chose m’arrête. En déposant mon manteau au vestiaire, j’aperçois une affiche accrochée au mur où l’on peut lire :

L’amour vit ici.

Je prends une seconde pour lire le texte, le temps pour me dire que, ce soir, il va se passer quelque chose.

Je traverse ensuite la salle, qui commence tranquillement à se remplir, puis je prends place et la soirée peut commencer.

Julianna Riolino entre en scène devant un public qui, clairement, ne la connaît pas. Je vois des gens autour de moi sortir leur téléphone, taper son nom, chercher des infos sur les réseaux sociaux.

Au début, c’est timide. Puis ça prend et rapidement, on embarque.

Mais au-delà de ça, c’est son énergie qui fait la différence. Elle s’impose et son set est solide et sans détour.

Entre deux chansons, elle nous fait répéter son nom elle dit Julianna on répond Riolino ! Et on se prête au jeu plusieurs fois. Clairement l’artiste ne veut pas qu’on l’oublie.

On aurait bien écouté une petite chanson en plus, mais son temps était écoulé et il était temps de laissé place à July Talk.

À la fin, je me dis quand même une chose simple : on va la revoir, c’est certain.

Quand July Talk arrive, il n’y a plus de phase d’adaptation.

La salle est déjà avec eux : pas un public curieux, mais un public fidèle, qui chante dès les premières notes, réagit à chaque instant et connaît chaque morceau, sans aucune distance.

Le groupe n’a pas de nouvel album à défendre et va droit au cœur de ce qui le définit. Et honnêtement, ça fonctionne parfaitement.

Peter Dreimanis est impossible à ignorer. Il est partout, tout le temps, dans une énergie qui frôle le débordement sans jamais y tomber. Sa voix rauque me rentre dedans à chaque phrase. Il passe d’un calme presque maîtrisé à quelque chose de beaucoup plus animal en un instant.

Face à lui, Leah Fay apporte un équilibre essentiel. Sa voix claire vient se poser avec justesse, tout en finesse, sans jamais perdre en solidité. Une délicatesse assumée, mais bien ancrée.

Et puis il y a ce qui se passe entre eux.

Je les vois se chercher, se rapprocher, tourner l’un autour de l’autre. Leurs mouvements se répondent naturellement. Mais surtout, il y a ce regard.

Celui de Peter envers Leah.

Un regard chargé, incroyable, rempli d’admiration et de fascination. Il ne donne pas l’impression de jouer, avec un regard comme celui-là, il ne triche pas.

Leah, avec son ventre arrondi, ajoute quelque chose de plus. Une présence belle présence forte et assumée.

À certains moments, je me surprends à oublier la musique. Je regarde simplement ce lien qui se construire devant moi.

Autour de moi, tout le monde est dedans. Le public chante sans retenue. Il n’y a presque pas de creux.

J’avais découvert July Talk au FEQ en 2019, déjà bien ancrés dans mes coups de cœur. Ce passage au Capitole ne fait que confirmer qu’ils y ont toujours leur place.

Et en repensant à cette affiche en début de soirée, je me suis dit que, pour une fois, ce n’était pas qu’une phrase bien placée. C’était exactement ça.

Oui, l’amour vit ici.

Setlist

  • Picturing Love

  • Beck + Call

  • Now I Know

  • Johnny + Mary

  • Strange Habit

  • Push + Pull

  • Lola + Joseph

  • So Sorry

  • Jesus Said So

  • Touch

  • Loves Not Dead

  • Headsick

  • Certain Father

  • Life of the Party

  • My Neck

  • Paper Girl

  • Summer Dress

  • Guns + Garden

Auteure et photographe : Sandra Léo Esteves

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