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Escape the Fate, Scorching Tomb, Sudden Waves : dans les coulisses du grand retour du Warped Tour

Le Vans Warped Tour était enfin de retour à Montréal après douze longues années d’absence. Le Warped Tour a misé pour son grand retour sur une programmation majoritairement punk, avec une forte présence de hardcore et de post-hardcore, en ne délaissant pas pour autant le metal et le metalcore. On a eu la chance de s’entretenir avec trois groupes qui baignent dans la scène hardcore, post-hardcore et metal.

Escape The Fate

Notre première entrevue s’est déroulée avec la formation Escape The Fate, originaire de Las Vegas, formée en 2004. Musicalement, le groupe se situe principalement à la croisée du post-hardcore, du metalcore et du screamo — même si son son a beaucoup évolué au fil des années. Le groupe avait fait une très solide performance sur la scène principale en début de journée. On vous invite à consulter notre article sur le premier jour du Vans Warped Tour pour en apprendre davantage sur leur performance.

Qu’est-ce que le nom de votre groupe vous évoque aujourd’hui ?

Craig Mabbitt, le chanteur : Aucun des membres du groupe n’était impliqué dans le choix de ce groupe, alors on dirait aujourd’hui qu’on mise sur ce que le band nous a appris durant notre carrière de musiciens. Je dirais que le sens peut s’interpréter comme « the fear of failing ».

Après deux décennies de carrière, en quoi la réalité d’Escape the Fate est-elle différente de ce que vous aviez imaginé lorsque vous avez commencé ?

Robert Ortiz, le batteur : Au début, tu imagines une vie de jet-set, avec des jets privés et une existence excitante. Mais tu réalises que c’est un travail acharné. Il y a des hauts et des bas, de grands moments de succès, mais aussi des échecs et la peur de devoir éventuellement te trouver un autre emploi. Puis, il y a des journées comme aujourd’hui, au Warped Tour, où tu joues devant autant de gens et tu te dis : « Wow, je n’arrive pas à croire que j’ai la chance de faire ça. » Ça a changé de « Je veux faire ça » à « J’ai la chance de faire ça! ».

Craig : Mon père m’a donné un conseil que je suis à la lettre : « Tu ne veux pas que tout te soit donné sur un plateau d’argent, parce que tu ne l’apprécieras pas à sa juste valeur. » Il y a définitivement eu des moments avec le groupe où je n’étais pas reconnaissant de ce que nous avions. Je ne pense pas que j’étais prêt pour le type de succès dont Robert parlait. Mais aujourd’hui, je vois ça comme une leçon apprise. C’est une façon pour moi de grandir, de devenir l’artiste que je suis aujourd’hui, d’être reconnaissant et d’être prêt pour tout ce que la vie me réserve.

Qu’est-ce qui a changé dans votre façon de performer ou de composer ?

Erik Jensen, bassiste et guitare rythmique : Avant, un spectacle représentait seulement 45 minutes ou une heure de notre journée. L’écriture d’une chanson occupait quelques moments ici et là. Maintenant, chaque seconde de la journée est consacrée à performer, à préparer un spectacle ou à travailler sur notre prochaine chanson. Avant, ce n’était qu’une partie de notre monde. Maintenant, ça englobe pratiquement toute notre journée.

Robert : Pour ajouter à ce qu’Erik dit, nous avons connu beaucoup de succès très tôt dans notre carrière. À l’époque, je ne savais même pas vraiment comment devenir un bon batteur. Je rentrais chez moi pour voir mes amis et relaxer. Mais aujourd’hui, on doit constamment être au sommet de notre art. Certaines de nos nouvelles chansons sont vraiment difficiles à jouer, alors il faut pratiquer. Il y a énormément de dévouement qui entre dans tout ça : travailler son instrument, préparer un spectacle, s’échauffer, etc. C’est beaucoup plus professionnel aujourd’hui que ça ne l’était auparavant.

Si vous pouviez le faire sans briser le cœur de votre public, quelle chanson aimeriez-vous ne plus jamais jouer et par quelle chanson la remplaceriez-vous ?

Matti Hoffman, guitariste principal : Toutes les chansons sont vraiment agréables à jouer. Il n’y en a pas une que je ne veux plus jouer.

Robert : Honnêtement, en spectacle, tu joues surtout ce qui va enthousiasmer la foule.

Craig : Nous sommes en quelque sorte des vampires d’énergie : nous nous nourrissons de l’énergie du public et on joue ce qu’il désire entendre. Alors, on ne brisera le cœur de personne !

Au début de votre carrière, qu’est-ce que vous pensiez qui allait arriver et qui, avec le recul, s’est révélé complètement différent ?

Craig : J’ai eu énormément d’espoirs et de rêves qui se sont réalisés. Avant même d’avoir mon premier groupe, je rêvais déjà qu’un jour, je pourrais monter sur une scène et faire ce que je fais aujourd’hui. Mais à mesure que tu accomplis tes objectifs, tes ambitions deviennent plus grandes. C’est un peu une arme à double tranchant. Tu ne veux jamais arrêter de travailler fort ni de grandir, mais parfois, quand les moments forts redescendent, tu te retrouves dans des moments plus difficiles. Il arrive  même de devenir déprimé parce que les choses ne se déroulent pas comme tu l’avais imaginé. Mais c’est correct. La vie est faite ainsi, il faut continuer d’avancer. Et pour ce qui est des accomplissements, lorsque le Vans Warped Tour a été annoncé l’année dernière, je voulais absolument participer à cette tournée. Cette année, nous jouons à Long Beach, Montréal et au Mexique. C’est vraiment génial !

Pendant votre performance aujourd’hui, vous avez mentionné que votre passage au Warped Tour de Montréal avait été votre meilleur spectacle. Alors, qu’est-ce qui a changé entre le Vans Warped Tour de l’époque et celui d’aujourd’hui ?

Craig : Rien, à part que la foule était beaucoup plus grande que la dernière fois. Mais Montréal est toujours déchaînée et prête à faire la fête. Le public est toujours incroyable ici et nous avons passé un excellent moment !

Vous avez lancé les singles Deja Vu et Idle Potential en 2026. Qu’est-ce qui mijote pour Escape the Fate dans un avenir rapproché ?

Craig : Nous sommes tous un peu paranoïaques à propos de ce qui s’en vient ! Une chanson sortira dans environ une semaine et l’album arrivera très peu de temps après. Il y aura également des vidéoclips complets. Tu sais, en tant que groupe et artistes, nous créons de l’art et nous voulons créer quelque chose que les fans pourront garder et apprécier, quelque chose de plus qu’un simple extrait de 30 secondes. Nous espérons tourner quelques vidéos avant notre tournée avec le groupe Skillet, pour la prochaine chanson et celle qui suivra !

Quels autres groupes nous conseillez-vous d’aller voir ce weekend au Vans Warped Tour ?

Craig : Robert adore Thrice. Il dit qu’il se sent plus intelligent lorsqu’il les écoute, parce qu’il y a énormément de bonnes paroles dans leur discographie. Les autres groupes à voir seraient MXPX, Ice Nine Kills et A Day to Remember : Impossible de manquer ces derniers, ils sont tellement bons !

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Scorching Tomb

Au second jour du Vans Warped Tour, on a voulu mettre de l’avant la scène québécoise et on a eu la chance de s’entretenir avec Scorching Tomb, qui nous a accordé un moment sous le soleil brûlant de midi, avant leur performance. La formation a été créée en 2018 et c’est un groupe de death metal et de hardcore, provenant de Montréal.

Le nom de votre groupe évoque quelque chose d’assez sombre et violent. Quelle est l’histoire derrière ce choix ?

Vincent Patrick Lajeunesse (VP), le chanteur : On voulait que ce soit méchant. On joue du death metal. On avait une liste de 25 noms et Scorching Tomb vient de l’inspiration de Dante’s Inferno, dans lequel les gens se font envoyer brûler pour l’éternité, et c’est ce qui a inspiré le nom de notre groupe. Ça a failli être Grave Crawler ou Bones Setter, qui fait référence au Bonhomme Sept Heures, mais on a trouvé un groupe qui porte ce nom et ils font du dad rock, ce qui nous a refroidis à l’idée.

Selon vous, qu’est-ce qui vous distingue des autres groupes de votre scène ?

Miguel Lepage, le bassiste : Le groupe s’inspire de bands de death metal à la base, mais on essaie d’avoir notre touche à nous. Le son Scorching Tomb provient des membres en tant que tels.

Philippe Leblanc, le guitariste : Au départ, je voulais un groupe qui sonne comme Gatecreeper : death metal, mid-tempo, avec une touche de mosh riff hardcore. Il y a tellement de groupes inspirants, de Dying Fetus à Obituary, à Gorguts.

Miguel surenchérit avec « le Roi Heenok », avec un air plaisantin.

Votre bio Spotify est simple : « Montreal Death Metal ». Si vous aviez à résumer votre projet musical en trois autres mots, quels seraient-ils ?

VP : Fuck shit up!

Est-ce que vous préférez jouer devant une petite salle ou devant une grosse foule ?

Miguel : Présentement, on aime jouer devant de petites foules, mais on aspire à jouer devant de grosses foules et on le fait de plus en plus souvent. On n’a pas de préférence par contre, on va donner tout ce qu’on a en spectacle. La réaction du public est toujours positive.

Émile Savard, le batteur : Tu peux avoir un gros public qui s’en fout et un petit qui adore, alors c’est assez dur à dire. Ça dépend de l’énergie de la foule, mais on n’a sincèrement jamais eu de mauvaise réception. On est souvent le band pour qui ça brasse le plus.

Vincent ajoute que : « Des fois, tu joues devant 80 personnes, comme à notre dernier show à Sherbrooke, mais ça feel comme un 300-400 personnes tellement les gens embarquent. »

De quelle manière, autre que via une collab, déterminez-vous quelle chanson sera un single ?

Émile : On prend la meilleure. On prend celle qui est la plus méchante.

VP : On choisit des chansons que ça faisait longtemps qu’on jouait live. Autrement, notre choix porte sur des chansons avec des invités vocaux. Skullcrush, on l’a jouée pendant deux ans en spectacle et c’est celle qui levait le plus à cause des mosh parts. On s’est fiés à l’engouement du public pour la sortir en single avant l’album.

Quelles sont vos ambitions à moyen et long terme pour le projet ?

Philippe : Faire des gigs intéressantes, qui nous amèneront du plaisir et qui ne nous mettront pas dans le trouble financièrement. Le but serait de faire une ou deux tournées par an, mais on a des obligations d’adultes à concilier. On désire faire les meilleurs shows au Québec et au Canada, et c’est ce qui s’en vient pour nous.

Y a-t-il une chanson que vous avez particulièrement hâte de jouer aujourd’hui ?

Émile : Feel the Blade, parce que cette chanson est un réel marathon. Avant de la commencer, on se regarde avec des petits regards désespérés et on se regarde quand elle est enfin terminée, avec beaucoup de soulagement ! C’est la plus sportive sur tous les instruments, il n’y a aucun break.

Philippe abonde dans le même sens et souligne que « Feel the Blade, dès qu’elle débute, j’ai juste hâte qu’elle finisse ! Mais sinon, j’ai vraiment hâte de jouer Skullcrush, notre premier single pour cet album. On a toujours une bonne réponse à cette chanson.

À quoi peut-on s’attendre de votre performance ? Avez-vous un scoop à nous donner ?

VP : On a des invités vocaux, dont Alex de Primal Horde pour Feel the Blade, Greg de Desecrate qui va faire Skullcrush, et ce sont tous des amis, alors c’est très le fun.

Quels autres groupes nous recommandez-vous d’attraper aujourd’hui au Vans ?

VP : Desecrate, Despised Icon, Bruiserweight, tous les gens qui seront sur la scène Paget sur laquelle on joue, dont Béton Armé, Sudden Waves et Cross Check.

Quand vous composez une nouvelle chanson, qu’est-ce qui vient en premier au niveau de la composition : un riff, un beat ou des paroles ?

Philippe : Souvent, j’ai une idée de riff, avec un semblant de tempo de batterie. Je le communique à Émile, qui le joue, et on compose ainsi au fur et à mesure.

Émile : On ne jam pas, on décolle toujours à partir d’un riff.

Phil : Feel the Blade, on l’a composée rush en deux heures, car on désirait une huitième chanson sur notre album.

Miguel : On se l’est infligée.

Phil : J’ai sorti un riff, puis un deuxième et un troisième. Au début, je n’étais pas certain de l’aimer, car on l’a vraiment rushée, mais tout le monde nous dit à quel point il l’aime et que c’est une des meilleures.

Si vous pouviez faire disparaître ou modifier une convention de la scène métal québécoise, ce serait quoi ?

Émile : Le gatekeeping, parce que la musique, c’est fait pour être apprécié, tous genres confondus. Je ne pense pas que tu as besoin de faire partie d’une gang ou de te faire mettre dans une boîte avec une étiquette, en disant que « tu n’es pas assez métal pour X genre de musique ». Je viens d’un background de black metal, et c’est un peu élitiste comme sphère.

VP : Le hardcore aussi, c’est très élitiste. C’est une affaire de crew, de gang. Même si aujourd’hui ça a un peu changé et que ça accepte un peu plus les autres genres, le métal, c’est toujours un peu plus braqué.

Émile : On souhaiterait enlever le gatekeeping de tous les genres. Moi, j’écoute du Marjo, du Gerry Boulet pis les BB, pis une bonne toune, c’est une bonne toune, point.

Quelle est votre chanson préférée de votre répertoire, et pourquoi ?

Phil : Sanctum of Bones. Je l’aime beaucoup, c’est un hymne au death metal. Ça brasse tout le long, il y a un bon build-up, un bon riff et une bonne partie pour mosher.

Miguel : Sentence to Rot, parce que c’est un headbanger du début à la fin. Les riffs sont simples, mais ça rentre dedans. Les transitions sont aux bonnes places. En live, elle fait monter l’énergie d’un cran.

Émile : Sanctum of Bones, c’est de la garoche du début à la fin. Le refrain est incroyable. C’est grâce à cette chanson qu’on a trouvé notre son et qu’on s’est alignés pour l’album et qui a fait émerger l’esthétique qu’on recherchait.

VP : Sanctum of Bones, mais j’aime aussi jouer Skullcrush. Elle est le fun et elle me donne un break, et la réaction est toujours bonne. Dès qu’elle part à la basse, dans le public, ça bardasse.

Avez-vous de la nouvelle musique qui s’en vient ?

Émile : On a commencé à composer. On ne sait pas si ce sera un EP ou un album, on va go with the flow.

VP : On ne veut rien forcer, on veut que ça soit authentique et naturel à notre son. On ne se met pas trop de pression. On aimerait viser un album, mais on va évaluer combien de chansons on détiendra une fois rendu à la fin de l’année. Il va toutefois y avoir d’importantes collaborations vocales.

Miguel : Roi Heenok !

VP : Mais on promet des featurings béton, avec des musiciens cool, et on veut amener nos chansons à un autre niveau.

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Sudden Waves

On a finalement eu la chance de s’entretenir avec Vince B. Doiron, guitariste pour le groupe Sudden Waves, qui nous a parlé de son expérience au Vans Warped Tour ainsi que de ce qui s’envient pour la formation, suite à leur importante annonce durant leur spectacle.

Quelle est l’histoire derrière le nom du groupe ?

Vince : C’est un nom dynamique, qui se dit aussi bien en français qu’en anglais. Il sonne énergique et fit avec la musique qu’on fait.

Selon vous, qu’est-ce qui vous distingue des autres groupes de votre scène ?

Vince : On amène party quand on fait de la musique sur scène. On aime quand le monde se rentre dedans, mais avec du plaisir. L’ambiance qu’on amène et la richesse de nos backgrounds de métal, de pop-punk et de punk-rock amènent une forte impressiondans notre hardcore mélodique.

Si vous aviez à résumer votre projet musical en trois autres mots, lesquels seraient-ils, autres que « Montréal melodic punk hardcore band » ?

Vince : Énergétique, good vibes et bûchage !

Quand vous composez une nouvelle chanson, qu’est-ce qui vient en premier au niveau de la composition : un riff, un beat ou des paroles ?

Vince : En général, souvent, ça part d’un riff. Je compose naturellement dans mon studio, puis on s’assoit ensemble et on passe la chanson au tordeur : on change la structure de la chanson et on ajoute des paroles.

Est-ce qu’il y a une chanson pour laquelle il y a eu un plus gros engouement et qui vous a pris par surprise ?

Vince : Until We Make It (world tour), il y a eu un bon vibe. Sinon, la réception de notre dernier single, Moonshot, je l’entends dans des vidéos sur les réseaux sociaux, dans des stories à gauche et à droite.

Est-ce que vous préférez jouer devant une petite salle ou devant une grosse foule ?

Vince : Quand tu joues devant une grosse foule, par exemple au Vans, plus t’as du monde réceptif, plus tu te donnes et plus le show aura un bon vibe. On préfère cent fois un show de 50 personnes qui sont motivées, qu’un show à 1000 personnes où personne « n’est dedans ».

Qu’est-ce que vous avez le plus apprécié de votre expérience au Vans cette année ?

Vince : Il y a sincèrement plus de monde que ce que j’avais imaginé. J’ai entendu dire qu’on avait créé du trafic et que les gens avaient de la misère à se déplacer, c’est flatteur. On avait bien préparé notre publicité. On avait une pancarte déambulante qui présentait à quelle heure on allait jouer et on avait aussi des bandanas oranges pour la foule. J’ai même amené sur scène un cône ramassé sur le bord de la route, une idée de dernière minute, et c’est con, mais le cône a fait jaser à l’os ! Et évidemment, le fait que Rej Laplanche qui nous présente a été un moment clé de notre performance.

Quelle est la chose la plus chaotique qui vous soit arrivée dans le cadre d’une prestation ?

Vince : On a déjà fait un show sur le toit d’un autobus. Mais on a manqué de courant pendant un bout de temps et nos amplis prennent du temps à s’allumer. En plus, le bus chambranlait un peu, surtout qu’on est des gars dynamiques, c’était dangereux, mais excitant !

Avec quels autres groupes avez-vous eu les meilleures interactions, au Vans ou lors de vos autres spectacles ?

Vince : On a beaucoup d’amis dans des groupes locaux. Au niveau international, on a été en tournée en Europe avec un band qui s’appelle Dog Eat Dog. On a solidifié des liens avec eux à force de les côtoyer dans l’autobus de tournée.

De quelle manière, autre que via une collaboration, déterminez-vous quelle chanson sera un single ?

Vince : D’abord, je ne pense pas que d’espacer les singles soit une stratégie qu’on va exploiter en 2027. L’espacement des chansons a tué notre momentum. L’an prochain, on veut sortir un album ou un EP. On va se baser sur la réception du public pour déterminer ce qui sera un single. Des fois, nos chansons préférées à nous, les membres du band, ne sont pas celles que le public préfère, alors on se base sur la réception des fans et l’engouement pour publiciser une chanson.

Qu’est-ce que vous voulez que les gens ressentent lorsqu’ils assistent à votre show ?

Vince : Qu’ils se sentent bien et bienvenus, qu’ils se laissent aller à 100 % !

On a eu droit à l’annonce du départ de Miguel samedi dernier. Comment ça affecte le band ?

Vince : On a des shows prévus jusqu’à la fin de l’année, ça nous occasionne une certaine logistique d’organisation, c’est certain. Mon grand frère peut parfois me remplacer à la guitare ou, parfois, il joue de la basse. Dans le cas où on n’aurait pas de musicien disponible pour la basse, on va pré-enregistrer la basse dans mon studio et la faire jouer dans les séquences. C’est sûr que c’est plate parce que Miguel, c’est un bon ami et j’aimais jouer avec lui. C’est plus ça qui nous fait mal que de s’organiser avec la logistique du remplacement.

Quelles sont vos ambitions à moyen et long terme pour le projet ?

Vince : On est en mode composition. On va essayer d’ajouter de nouvelles influences dans notre son, amener un petit quelque chose de nouveau pour continuer de se démarquer parmi le lot des bands de hardcore mélodique. Aussi, on contemple une tournée aux États-Unis.

Est-ce que vous avez un rituel avant de monter sur scène ?

Vince : Pas vraiment, mais dans le band, on est une gang de colleux. On se donne des props aussi, pis on se dit qu’on va avoir du plaisir et que ça va bien aller. De temps à autre, on se cale un shooter de Fireball, mais ce n’est pas routinier !

Vous avez dit aux fans d’aller dans les bars et d’ encourager la scène locale. Quel serait votre souhait pour la musique québécoise et la scène montréalaise punk ?

Vince : Je ne veux dénigrer personne, mais on a souvent tendance à dépenser des sommes impossibles pour des groupes internationaux, mais aussitôt qu’il est question de dépenser 20 $ pour un band local, les gens choke et ne se pointent pas. Il faut supporter nos groupes locaux avant qu’ils explosent. Un bon exemple est celui de Simple Plan, qui était connu partout ailleurs, mais pas au Québec. Angine de Poitrine aussi est un bon exemple : présentement, on les souligne parce qu’ils sont devenus viraux, mais ça fait une décennie que le groupe joue de la musique et ça aura pris tout ce temps pour qu’on en parle.

Donc, mettre un peu plus d’énergie pour les groupes locaux, pour qu’ils puissent eux aussi se développer à l’international par la suite. C’est la responsabilité des consommateurs de musique d’agir et de découvrir notre musique. On les invite à se pointer à nos shows et à ne pas avoir peur de dépenser un 20-25 $ pour voir des groupes locaux plutôt qu’un 200 $ pour un Centre Bell. Ça fait toute la différence et on va vous donner un bon show !

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C’est ce qui conclut le retour en force du Vans Warped Tour 2026. On remercie les organisateurs de cette merveilleuse édition, et un énorme merci aux trois groupes qui nous ont accordé leur précieux temps, on vous aime. Vive le rock et vive la musique québécoise !

Journaliste: Laurence Daoust

Photographe: Alex Guay

Simple Plan, Yellowcard et 30H!3 : la nostalgie à son meilleur au Warped Tour @ Parc Jean Drapeau

nothing,nowhere

La formation punk nothing,nowhere. débute notre second jour au Vans Warped Tour de Montréal. Le groupe propose un son emo à tendance hardcore, avec de belles harmonies et on est rapidement charmé. nothing,nowhere. fait scander la foule « tabarnak », nous encourage à taper des mains et un pit se maintient tout au long de la prestation, bien qu’il soit à peine 12h45. Le groupe provenant du Vermont nous fait penser à un mélange de The Used, State Champs et par moment, A Day To Remember. Le chanteur a un ton de voix très clair et assez aigu, mais les riffs de guitare s’orientent plus vers le punk et le hardcore. Le tout est assez agréable, surtout parce qu’on a un faible pour les groupes qui usent de clean vocal, sur une musique pesante.

Un peu comme Our Last Night le fait, le groupe se prête à des covers réinventées dans son style. Il nous offre All Star de Smash Mouth, ainsi que Wish You Were de Incubus, et rapidement, on est conquis ! L’énergie est impeccable et les musiciens donnent absolument tout ce qu’ils ont sur scène. À un moment, ils nous mentionnent « Open this pit up, you guys have health insurance here, prove it! » et on applaudit leur sens de la répartie. Leur perfo est un gros party, rempli de crowd surfing et de personnes ravies de débuter leur journée avec une si chouette prestation. Pour les fans de emo, de pop-punk et de softcore, on vous recommande une écoute !

Jutes

Si plusieurs attendaient la prestation de Simple Plan ou Jimmy Eat World, notre spectacle le plus attendu était celui de l’ontarien Jutes… et on avait prévu le coup en se plaçant à la barricade centrale ! On se retrouve entouré majoritairement de femmes – sans surprise -, étant donné la beauté du chanteur et sa sensibilité artistique. Ça a quelque peu compliqué le crowd surfing puisque des fangirls de 120 livres toutes mouillées, ça a quelques difficultés à soutenir les hommes musclés de 220 livres, qui nous arrivent derrière la tête, pieds en premiers.

L’artiste enchante avec plusieurs chansons de son nouvel album Chin Up, Beautiful, paru le 5 août dernier. Il entame à notre grand bonheur avec l’énergique One of Us, pour laquelle la foule balance ses mains dans les airs. Les cris du chanteur sont absolument impeccables, ils sont encore plus émotifs et droit au cœur qu’en simple audio. Jutes nous livre une performance vulnérable, tout en étant totalement en contrôle de son impressionnante voix, particulièrement lors de Blink Twice, Mannequin et Disassociate.

« It feels like home, I’m from Ottawa but this feels just like home. I’ve put out a new album, I think we need a picture » nous dit-il, pour ensuite sortir son téléphone et se filmer alors qu’il entame Smile, You’re on camera. Jutes comble également ses fans de longue date avec It Takes Two, SMUT et Sleepyhead, avec laquelle il termine son set. On a savouré chaque seconde de son spectacle. On a déjà hâte qu’il reviennent à Montréal pour une performance plus longue !

30H!3

Le groupe débarque sur la scène affublé de costumes d’éboueurs très voyants et livre l’énergique PUNKBITCH et ça explose déjà dans la foule. Chaque piste du groupe est accompagnée de son univers visuel à l’esthétique du début des années 2000, dans lequel les deux chanteurs sont personnifiés. Allant de l’univers de South Park, au logo de Nickelodeon, en passant par le fameux fond d’écran de Windows 93, le tout est super nostalgique et bien réapproprié. 30H!3 présente ses musiciens avant la populaire STARSTRUKK et on remarque qu’une femme les accompagne à la batterie, à notre plus grande suprise !

Les deux chanteurs sont énergétiques : ils se lancent par terre, ils sautent sur place et habitent toute la vaste scène. Ils nous livrent les classiques Touchin on My, IMNOTYOURBOYFRIENDBABY, Double Vision, My First Kiss et leur méga succès DONTTRUSTME. Lors de cette piste, ainsi que durant RICHMAN, la foule place ses mains en symbole à l’effigie de l’album WANT (2008) et ça nous replonge tout droit dans les premiers Vans Warped Tour où on les a vu performé. Mis à part les quelques poils blancs dans leurs barbes, on dirait que rien n’a changé : on est immergé dans l’énergie des années 2000, comme si on avait encore 17 ans !

30H!3 nous offre également de plus récentes compositions telles que MY FRIENDS et LONELY MACHINES, durant lesquelles ont reprend un peu notre souffle, car il fait TRÈS chaud et la foule est dense. En somme, 30H!3 nous a offert un beau moment de danse et de nostalgie. On a beaucoup sauté sur place et dansé, au point d’avoir hâte à un moment de repos à l’ombre suite à leur super spectacle.

Scorching Tomb

On avait très hâte à la perfo de nos amis de Scorching Tomb, avec qui on avait effectué une entrevue en début de journée. Ceux-ci se produisent sur la plus petite scène du festival, qui est réservée aux artistes émergents, mais avec les nombreux fans de musique métal qui les supportent, ils ont attiré assez de gens pour poser une circulation difficile aux festivaliers autour de leur scène !

Dès les premiers riffs de guitare, un pit est déjà formé et ça bardasse en masse. Pour ajouter aux festivités, Scorching Tomb nous propose deux belles surprises en invitant d’abord Alex Cloutier de Primal Horde pour jouer Feel the Blade, et la foule en redemande. Un peu plus loin dans le set, c’est au tour de Greg Kepka du groupe Desecrate de performer aux côtés de Scorching Tomb et les fans sont ravis, ça crinque l’énergie d’un cran !

Les gars de Scorching Tomb nous livrent des pistes principalement issues de leur album Ossuary, paru en 2025. Pendant que le chanteur Vincent Patrick Lajeunesse fait tourner son micro en l’air, un vaste circle pit se déchaîne parmi les spectateurs. Vincent encourage même la foule à effectuer un wall of death et ça participe comme jamais. Après tout, c’est vrai qu’on a des cartes d’assurance maladie, alors on s’en permet un peu !

Le contraste entre l’amour qui leur est envoyé et la lourdeur de leur death metal est saisissante. Leur prestation a été bien plus qu’un simple show dans un festival, c’était une réunion entre amis, un moment de célébration de la musique métal québécoise et on a un immense élan de fierté à voir nos chums être soutenus par des centaines de festivaliers, lors d’une journée si épique.

Sudden Waves

Au tour de Sudden Waves de prendre d’assaut la scène après Scorching Tomb. Le groupe est généreusement introduit par nul autre que Rej Laplante, ancien VJ de MusiquePlus, animateur radio et fier représentant de la scène punk canadienne. Sudden Waves est associé à la couleur orange et plusieurs festivaliers (dont nous-même) brandissent des bandanas oranges, afin d’encourager le groupe. Gabriel Desbiens, chanteur de la formation, brandit pour sa part un cône orange à bout de bras et le donne aux fans, qui l’installent à l’avant de la scène afin de l’intégrer au circle pit.

Si la circulation autour du stage était déjà pénible, elle devient à peu près impossible dès que Sudden Waves entame son set ! Gabriel nous lance « C’est bon d’être ici, il y a tellement de gens qu’on reconnait, plein de visages familiers. On a commencé à faire de la musique dans un sous-sol en 2018 et là, on est au Vans Warped Tour, what the fuck ! » et la foule rugit. Entre THIS ONE LIFE, Meet Me Halfway et Contender, le groupe fait des sourires à ses fans, lui donne des fist bumps et même des accolades à ceux qui osent monter sur scène pour ensuite se lancer dans le pit.

Petite surprise pour les fans de pop-punk : ils sont ravis d’avoir droit à un excellent cover de Decode du groupe Paramore. Les gens ont réellement du plaisir et le band se nourrit de cette énergie pour leur redonner au quintuple. Les gars sont super dynamiques, ils sautent en synchronisation et occupent tout l’espace. Fait cocasse, à un moment, Gabriel saute tellement qu’il perd momentanément l’équilibre et s’enfarge dans le micro du batteur !

En plus des bandanas oranges, Sudden Waves a sa propre bannière et des fans crinqués montent sur les haut-parleurs pour l’étendre. Le groupe avait également prévu des ballons gonflables qu’il lance dans la foule histoire de dynamiser le set.

En fin de spectacle, Gabriel nous dit « Allez dans les shows de bars, encouragez la scène locale. De plus, notre ami Miguel va lâcher le band et continuer avec Scorching Tomb, il est dans deux groupes qui roulent bien trop, ce sera aujourd’hui son dernier show avec nous. Il a fait 4 ans avec nous, faites du bruit pour Miguel. ». La foule se met à scander le nom du bassiste à répétition et on sent que c’est un moment très émotif pour ses comparses musiciens. La formation nous livre l’excellente Moonshot et Late bloom, puis nous laisse sur un « Ça fait chaud au cœur la maison, merci ! ». On est absolument ravi de ne pas avoir loupé ce spectacle si rassembleur et impressionnant !

Jimmy Eat World

Le groupe de rock alternatif Jimmy Eat World embarque sur la scène principale en début de soirée. Il ouvre avec la superbe Bleed American et ça met le ton pour leur prestation, puisqu’il joue l’entièreté de l’album éponyme ! En effet, cette année marque les 25 ans de la parution de l’opus et le groupe est actuellement en tournée mondiale pour souligner l’anniversaire de ce disque qui a lourdement impacté sa carrière. On s’étonne d’entendre comme troisième piste la très populaire The Middle, qui normalement, serait jouée en fin de set pour propulser la prestation à son summum. Qu’à cela ne tienne, on leur lève notre chapeau d’avoir joué l’album dans son entièreté et dans l’ordre désigné.

On sent toutefois qu’en milieu de performance, la tension se relâche et ça bouge un peu moins dans la foule, puisque Bleed American propose des pistes au tempo plus lent, notamment Your House, Hear You Me et Cautioners. On était particulièrement ravi d’entendre If You Don’t, Don’t pour laquelle on a un énorme faible. Hormis six gros bulbes lumineux géants dispersés de chaque côté des musiciens, la mise en scène est très sobre et s’appuie essentiellement sur un jeu d’éclairage, ainsi que quelques animations de trophées sur l’écran géant, à l’effigie de la pochette de Bleed American.

Entre les chansons nostalgiques, le dynamisme des musiciens et le magnifique couché de soleil qui teinte les nuages d’or et de rose, on vit un vrai moment emo. Après avoir clos l’album avec My Sundown, Jimmy Eat World nous réserve Pain en guise de rappel, histoire de finir sur une note plus dynamique. La formation a fait un sans faute : aucune fausse note, aucun problème technique et c’était une prestation savoureuse, plus particulièrement pour les fans de longue date !

Yellowcard

Vient ensuite la performance d’un autre groupe dont la discographie est synonyme de nostalgie, Yellowcard. Contrairement à Jimmy Eat World, Yellowcard a choisi d’alterner entre de plus récentes chansons tirées de l’album Better Days (2025) et ses plus grands succès. Et on vous l’avoue, le party était pas mal plus présent lors de leur performance ! La formation est introduite au son de la chanson thème de Ghost Busters et l’iconique fantôme du film, ainsi qu’un ghost buster, se poursuivent sur la scène, en lançant occasionnellement des chandails dans la foule. Bien que le lien entre le groupe et cette mise en scène nous semble obscur, c’était une bonne introduction qui nous a gardé sur le qui-vive.

Alors que la chanson thème de Top Gun joue, la formation entre en scène et ouvre avec Better Days, puis enchaîne avec le succès Way Away – durant lequel tout le parterre crie les paroles – avant de jouer For You, and Your Denial. Yellowcard impressionne toujours par l’intégration de violon dans ses pistes et leur violoniste, Sean Mackin, habite la scène encore plus qu’un guitariste ne le pourrait : il est hyper dynamique et se promène absolument partout. Même si on se fait offrir des pistes plus récentes, un circle pit est créé et ça swing beaucoup, surtout pour Love Letters Lost et Bedroom Posters. Le groupe nous fait plaisir avec des classiques tels que Lights and Sounds, Breathing et Only One, chanson durant laquelle tout le monde allume sa lumière de téléphone et savoure chaque moment de la poignante ballade.

Il convient de souligner deux petits bémols à cette prestation. D’abord, le groupe ne propose que son nom en guise d’animation et on avoue qu’étant un artiste qui joue juste avant la tête d’affiche, on avait des attentes plus élevées niveau décor. Ensuite, le groupe interagit peu avec la foule. On s’imagine que c’est dû en raison du peu de temps qui lui est accordé pour sa performance et qu’il préfère laisser la musique parler d’elle-même.

Toutefois, avant jouer sa dernière chanson, le band nous avoue que « There was a time when we thought we couldn’t do this anymore and in Chicago, when we played the Riot Fest, we hadn’t played any music together for six years, but something told us to put this behind, as friends and bandmates. Since that night, we’ve done the biggest tours of our career, recorded Better Days with our friend Travis Barker and had two number one hits on the radio. Thank you guys so much! This show is wild and unreal, and we are going to come back next year, promise! ». Yellowcard termine avec son méga succès Ocean Avenue qui comble la foule de bonheur, et nous donne l’espoir d’un spectacle plus long en sol montréalais en 2027 !

Simple Plan

En se faufilant dans la foule, on se demande vraiment comment Simple Plan pourra surpasser la prestation de clôture de la veille, livrée par A Day To Remember. Après tout, il lui revient la lourde tâche de clôturer le festival, alors les attentes sont à leur maximum. La formation originaire de Montréal a attiré une foule monstre et il est trois fois plus difficile de se faufiler (ou de simplement se tenir debout) qu’au spectacle de A Day To Remember. On range rapidement notre téléphone ainsi que notre montre dans notre sac, car ça brasse beaucoup trop pour le peu d’espace qu’on a au parterre !

Simple Plan débute avec I’d Do Anything et ça transforme le festival en véritable chorale. On est témoin de plein de jeunes hommes qui chantent en regardant leur amis, les yeux plein d’étoiles et le sourire aux lèvres. On avoue que c’est une douce et puissante nostalgie qui règne dans la foule pour cet ultime spectacle du Vans Warped Tour.

Si au niveau des animations c’était monotone durant Yellowcard, avec Simple Plan, c’est complètement l’inverse : on a droit aux plus belles animations de tout le festival ! Et durant les chansons, c’est tout autant dynamique : de Nothing Changes à Jump, en passant par Shut Up!, ça bodysurf sans interruption. On a droit à de la fumée et à du feu sur la scène, sans oublier la formation d’un immense pit au parterre. Celui-ci prend d’ailleurs de l’ampleur quand le chanteur Pierre Bouvier annonce « On a tu des fans de Reset ici ce soir ?! » et que la formation enchaîne avec Go Away, issue du projet Reset – le groupe punk dont faisaient partie Pierre et Chuck Comeau, avant qu’ils ne se consacrent uniquement à Simple Plan.

Durant Jet Lag, le groupe invite LØLØ à prêter sa voix à la chanson. On aurait préféré voir débarquer Marie-Mai et entendre la version francophone du hit, mais LØLØ fait une superbe prestation et de belles harmonies. Pierre nous demande ensuite « C’est quoi un vieux fan de Simple Plan ? Quelqu’un qui nous suit depuis 5 ans, 10 ans, 15 ans ou 20 ans ? » et les festivaliers font beaucoup de bruit pour exprimer sa longévité en tant que fan. « On va vous donner du old Simple Plan ! » et le groupe enchaîne avec Addicted.  Étonnamment, ce n’est pas tout le monde qui chante autour de nous, donc on met les bouchées doubles pour assumer leur part d’ignorance en criant les paroles le plus fort possible !

Le groupe nous demande ensuite qui les a déjà vu en prestation et souhaite « Welcome to the family! » aux nouveaux, avant de nous jouer la fameuse Welcome To My Life, chanson qui a marqué notre génération (et le Top 5 MusiquePlus anglo) au fer rouge. Pierre renchérit « Ça fait trop longtemps qu’on n’était pas venu au Vans Warped Tour. ». « How about we put some party music? » et la formation nous livre des covers de All Star de Smash Mouth, de Sk8er Boi d’Avril Lavigne ainsi que de Mr. Brightside du groupe The Killers. On a l’impression d’être au meilleur Emo Night de tous les temps et la foule se transforme à nouveau en une puissante chorale.

On a droit à plusieurs autres surprises : des énormes ballons de plage durant Summer Paradise, plus d’une centaine de personnes déguisées en Scooby-Doo qui prennent d’assaut la scène durant What’s New Scooby-Doo et aussi à un gâteau en forme de burger qui est amené à Jeff Stinco, le guitariste de la formation, qui célèbre ses 48 ans sur la scène ce soir ! Pierre poursuit en soulignant que Simple Plan est devenu viral grâce à sa chanson I’m Just a Kid et souligne que « Every night is the worst night ever, mais pas ce soir ! », avant de poursuivre avec la mythique chanson. Durant le bridge, Chuck prend un micro et revêt fièrement un jersey de la Victoire en soulignant que « Montréal, c’est la ville des championnes ! ». Il donne plein de high five aux gens à la barricade, confie son instrument à Pierre qui assume désormais le rôle de batteur pour le reste de la piste, alors que Jaret Reddick, le chanteur de Bowling For Soup, prend le relais au chant. Quand I’m Just a Kid reprend, Chuck se lance dans la foule pour faire du bodysurf et c’est l’ultime party au parterre.

Et justement, grâce aux nombreux bodysurfers, on gagne de l’espace dans la foule et ça nous permet de vivre à fond la dernière pièce, Perfect, alors que des feux d’artifices illuminent le ciel et qu’on serre nos amis dans nos bras en chantant la douce ballade. C’est définitif, Simple Plan sait comment animer une foule, livrer une prestation incroyable et unifier le public. Cette performance de Simple Plan a comblé notre cœur d’emo, redevenu adolescent le temps d’une soirée, et nous a offert la finale dont on avait de besoin !

Journaliste: Laurence Daoust

Photographe: Alexandre Guay

20 ans plus tard, le Vans Warped Tour ravive la flamme punk à Montréal @ Parc Jean Drapeau

Le grand retour du Vans Warped Tour à Montréal

The Red Jumpsuit Apparatus

The Red Jumpsuit Apparatus est le second groupe à prendre d’assaut la scène principale en ce vendredi 21 août, après The Paradox. Le groupe débute avec Brace Yourself, une piste plutôt récente qui semble inconnue des festivaliers, puisque ça ne bouge pas beaucoup. On doit mentionner que le groupe a débuté quelques minutes à l’avance de son temps, ce qui pourrait expliquer le retard de certains fans.

Après un « Bonjour, ca va?! » bien senti, The Red Jumpsuit Apparatus poursuit avec deux titres issus de leur album Don’t You Fake It (2006) : In Fate’s Hands et False Pretense. On remarque un problème de calibration du micro de K Enagonio : on entendait à peine ses cris entre les boost de la basse et des instruments. Un peu déçu, on a bougé vers la seconde scène principale pour avoir des places de choix pour Escape The Fate. On a apprécié de loin leur dernières chansons, Guardian Angel et la fameuse Face Down, pour laquelle même devant l’autre scène, ça chantait très fort. C’était tout de même une belle finale.

Escape The Fate

Assister à un spectacle d’Escape The Fate c’est quelque chose d’électrisant. Impossible de ne pas bouger, surtout quand le groupe provoque un mosh pit dès la première chanson, One for the Money. Les fans crient les paroles, ça se bouscule en masse et le groupe se nourrit abondamment de cette énergie chaotique !

Escape The Fate nous a ramené tout droit en 2010 avec les singles de leur album This War Is Ours, notamment The Flood et Ashley, mais ont également réaffirmé leur identité avec un tout nouveau single intitulé Idle Potential. La foule est heureuse, on voit des signes de cornes faits avec les mains, ça chante et ça participe aux nombreux pits, ainsi qu’à un violent wall of death. Malgré tout, le groupe prend soin de sa foule et le chanteur de la formation, Craig Mabbitt, ne se gêne pas pour demander à ses fans « Is everybody good? ». C’est bon de savoir que le groupe se soucie du sort des festivaliers. Son attitude a d’ailleurs contribué positivement à notre appréciation du spectacle.

Craig habite bien la scène et ses notes sont franchement impeccables. Sa puissante voix est tout aussi claire et perçante qu’à ses débuts dans la formation. Il effectue aussi de belles interactions avec la foule. À un moment, il nous avoue que son Vans Warped Tour préféré s’est déroulé à Montréal et ajoute un « no cap », signifiant que ce n’est ni flatterie, ni du bluff. On sent que le band a vraiment du plaisir à performer dans notre ville et la foule lui rend bien son énergie. Les animations recherchées et très élaborées pour chaque piste nous émerveillent, tout autant que la finale avec la brutale This War Is Ours (The Guillotine II). Escape The Fate a livré une perfo super énergique et nostalgique à souhait, on a adoré !

All Time Low

C’est après avoir attrapé quelques chansons de Boston Manor qu’on se revient à la scène principale pour assister à une des rares prestations pop-punk de cette programmation 2026, celle d’All Time Low… Et dire que le groupe a fait une prestation colorée serait un euphémisme ! Tandis que Damn If I Do Ya (Damned If I Don’t) se démarque par une esthétique inspirée des jeux vidéo, Falling For Strangers offre une kiss cam en forme de cœur, faisant des gros plans sur le public, alors que The Weather présente des animations aux couleurs éclatantes, rappelant l’esthétique de l’album Everyone’s Talking! (2025). De plus, All Time Low est l’un des rares artistes du Vans à présenter un décor tangible. Celui-ci est composé de cubes à l’effigie des albums et des hits d’All Time Low et tous ces indices visuels contribuent à un effet nostalgique, nous rappelant les nombreuses ères musicales de qualité que le groupe nous a offertes.

Même durant les chansons plus récentes telles que SUCKERPUNCH et Little Bit, l’énergie est au rendez-vous dans la foule. Le groupe alterne avec brio les succès de neufs de leurs dix albums, tout en faisant constamment participer la foule. Il nous offre l’infectieuse PMA en invitant LØLØ à les rejoindre sur scène et celle-ci revêt une camisole « All Time LØLØ », qu’on trouve adorable.

Le chanteur de la formation, Alex Gaskarth, a effectué un super travail de hype man, de sorte à ce que le public se sente chéri. Entre les « Thank you for taking good care of each other », les « Is everyone good down here? » et son discours à propos de l’essence du Vans Warped Tour qui prend racine dans la camaraderie entre les bands et la foule et le commun respect pour les autres, impossible de ne pas se sentir en communion.

Gaskarth n’hésite pas à demander « some human participation », encourageant le crowd surfing et la danse, ce qui provoque une marée humaine sautillante, et ce, jusqu’à la rampe de skate. Le moment le plus émouvant survient durant Lost in Stereo, qui est dédiée au guitariste de la formation Jack Barakat, malheureusement absent sur scène, alors que la foule chante à pleins poumons la dynamique chanson datant de 2009. Le guitariste récupère présentement d’une blessure au bras et le groupe a tenu à souligner « We’re missing him. ». Toutefois, Jack a été aperçu brièvement, entre la barricade et la scène, au plus grand bonheur des fans !

Avant de conclure, Alex a livré un message simple mais puissant : « That’s all that matters in this world: keep each other safe. », puis nous livre la mythique Dear Maria, Count Me In, histoire de finir le spectacle avec un gros party. La perfo aura combiné un décor saisissant, une énergie contagieuse et une douce nostalgie, avec un All Time Low visiblement ravi de retrouver la foule montréalaise.

Taking Baking Sunday

La perfo de Taking Back Sunday a été marquée par une forte dose de nostalgie, alors que le groupe célèbre les 20 ans de Louder Now (2006). Leur prestation s’ouvre avec la trame sonore du Roi Lion, puis la formation lance son set avec What’s It Feel Like to Be a Ghost?. Contrairement à All Time Low qui les précédait avec une production visuelle imposante, Taking Back Sunday a conservé une mise en scène très sobre : aucune animation derrière le groupe, seulement son nom affiché en continu.

La performance n’a toutefois pas été exempte de problèmes techniques. Sur Liar (It Takes one To Know One), le micro d’Adam Lazzara, le chanteur du groupe, a semblé mal fonctionner. Certaines notes ont été peu poussées ou carrément couvertes par la musique. De plus, les cris en fin de piste n’ont pas été exécutés, mais on comprend qu’après 24 ans de carrière, Adam n’a potentiellement pas les mêmes capacités vocales. En contrepartie, celui-ci a multiplié les manipulations de son micro, le lançant dans les airs et l’enroulant autour de son cou, avant de se rendre à quelques reprises aux pédales d’effets pour y modifier sa voix.

Les difficultés vocales se sont également fait sentir durant Set Phasers to Stun. On précise que le second chanteur et guitariste John Nolan a livré d’excellentes harmonies, mais Adam peinait à atteindre certaines octaves. Malgré tout, le groupe a conservé son énergie et multiplié ses interactions avec le public. « It is an absolute pleasure to be here with you today. » a lancé Adam, après avoir souligné l’excellent set de leurs collègues MXPX.

Pour la finale, l’énergie a monté d’un cran avec le succès MakeDamnSure, qui a fait se lever de nombreux spectateurs, les faisant chanter (ou plutôt crier) et taper des mains. Adam a remercié Montréal avec enthousiasme « It’s such a beautiful night! Oh My God, you guys get to do it again tomorrow, woohoo! ». Il nous donnait un peu une vibe de guru spirituel, très connecté avec l’univers et content d’être là, comme si c’était sa première perfo à vie sur un main stage. Il a remercié le public d’avoir délibérément choisi d’être là, alors qu’il aurait pu se trouver n’importe où. Une conclusion chaleureuse et manifestement appréciée par une foule venue revivre les jours de gloire de Louder Now et Tell All Your Friends (2002).

Sublime

Connaissant peu le groupe, on ne pensait pas les inclure dans notre critique, mais pour avoir vu le trio performé sur la scène adjacente, en patientant pour A Day to Remember, on ne peut passer sous silence sa performance ! On remarque d’abord un immense dalmatien gonflable sur la scène – à l’effigie de Lou Dog, le chien appartenant au chanteur original de la formation, Bradley Nowell. On se rappelle d’ailleurs avoir vu plusieurs festivaliers durant le pit d’Escape The Fate disposer de l’animal gonflable, en format miniature.

Jakob Nowell a fait une formidable prestation, ultra dynamique en habitant totalement la scène et en descendant parfois dans la foule pour chanter les plus gros succès de Sublime avec les festivaliers. Sur scène, on voit fréquemment des planchistes faire des manœuvres sur leur skate. Niveau musique, le son est très bon et très clair. Une performance ultra agréable et sans faille, dans la légèreté du punk-ska et de la nostalgie de leur discographie.

A Day To Remember

Fidèle à lui-même, le groupe fait son entrée sur l’épique Also Sprach Zarathustra de Richard Strauss. Dès que les lumières s’allument, on constate une cinquantaine de personnes sur la scène, des heureux élus du concours promu par le Vans quelques semaines avant l’événement. Dès que les instruments entament The Downfall of Us All, ça chante très fort dans le public. A Day To Remember utilise des canons de fumée, dès les premières notes pour rendre la prestation plus explosive.

Surviennent ensuite les excellentes I’m Made of Wax, Larry, What Are You Made Of? et 2nd Sucks, et le ton est mis pour la soirée : on s’en fait mettre plein la vue avec des flammes, de la fumée et des animations bien ficelées. C’est avec Right Back at it Again que l’énergie monte d’un cran, alors que d’énormes ballons bleus sont lancés dans la foule et que les premiers feux d’artifices sont déclenchés sur stage. Le groupe enchaîne avec Paranoia, Bad Blood et Miracle, pour lesquelles le chanteur Jeremy McKinnon a à peine fini de demander un circle pit, que celui-ci est déjà créé !

On a eu un moment particulièrement émotif lors de All My Friends et Have Faith in Me, alors qu’on était entouré de nos amis les plus proches et que chanter ces hymnes avec nos meilleurs amis nous a provoqué une petite larme à l’œil. McKinnon nous avoue qu’à sa première tournée de Vans Warped Tour, ils avaient joué la prochaine chanson. « This is for all of you, this song is about perseverance » et poursuit avec A Shot in the Dark, tout en ajoutant « Open this pit up! ».

Après les solides Mr. Highway’s Thinking About the End et Resentment, McKinnon invite les fans à faire du crowd surfing en marchant verticalement dans les mains des festivaliers, tout en jouant Walk de Pantera. Un moment franchement épique ! Le groupe revient en force avec All I Want et, à notre grand bonheur, The Plot to Bomb the Panhandle. On se fait offrir un moment de douceur avec la sublime If It Means a Lot to You durant laquelle McKinnon joue de la guitare acoustique, pendant que des milliers de petites lumières se balancent parmi la foule.

La finale est accompagnée par de nombreux rouleaux de papier de toilettes qui non seulement sont lancés dans la foule, mais sont aussi animés à l’écran géant, sur le morceau All Signs Point to Lauderdale. Le tout est explosif : tous ont les mains en l’air alors que des feux d’artifices sont déclenchés au-dessus de la scène. Franchement, on aurait aucun commentaire constructif à fournir, car c’était une fin plus-que-parfaite ! A Day To Remember nous a donné la meilleure prestation de toute la journée et une fin absolument mémorable, dont on se souviendra longtemps !

Journaliste: Laurence Daoust

Photographe: Alexandre Guay

 

Kansas et Deep Purple : le rock classique refuse de prendre sa retraite @ Place Bell (Laval, Québec)

Il y a quelque chose de rassurant à voir la Place Bell se remplir pour trois monuments du rock classique. Ce soir, ce ne sont pas des jeunes loups qui montent sur scène, mais des vétérans qui ont écrit une partie de l’histoire du genre. Et malgré les décennies au compteur, l’énergie est bien là.

Malheureusement j’ai raté Jefferson Starship, le show a commencé pour moi avec Kansas.

Kansas ouvre le bal avec plus de nerf qu’on ne l’attendait

On s’attendait à un groupe assagi, posé, économe de ses mouvements vu l’âge de ses membres. Erreur. Kansas monte sur scène avec une belle énergie et ne se contente pas de rester planté derrière les micros. Le groupe déroule ses classiques et le plaisir est réel dans la salle — difficile de résister quand ces mélodies-là reviennent.

On regrettera néanmoins une production visuelle réduite au strict minimum. De belles lumières, certes, mais pas grand-chose de plus, et aucun décor derrière le groupe pour habiter la scène. Pour une formation de cette notoriété, on aurait pu s’attendre à un peu plus d’ambition scénique.

Autre marque de fabrique de l’époque : les solos. Chaque membre y va tour à tour, avec des résultats plus ou moins convaincants. Je l’admets, je ne suis pas un grand connaisseur du répertoire du groupe, et ne connaissant que peu les chansons, il m’était souvent difficile de savoir où finissait la composition et où commençait l’improvisation. Cela dit, c’était une pratique très répandue dans les groupes de cette génération, et les fans y trouvent assurément leur compte. Alors pourquoi pas. À noter aussi qu’une bonne partie de la formation actuelle n’est plus le line-up d’origine.

Setlist Kansas : Point of Know Return · Paradox · Play the Game Tonight · Fight Fire With Fire · Jets Overhead · The Wall · Song for America · Dust in the Wind · Hold On · Down the Road · Portrait (He Knew) · Miracles Out of Nowhere · Carry On Wayward Son

Deep Purple : des légendes qui ont pris de l’âge, mais qui n’ont rien perdu de leur métier

Le noir se fait, une vidéo d’objets volants étranges envahit l’écran géant avant que lle groupe lance lles premières notes de « Highway Star ». La salle est réveillée d’un coup.

Grand plaisir de retrouver une partie des membres originaux encore présents. On sent bien sûr que le temps a passé. Le chanteur semblait un peu en difficulté en début de show, quittant souvent la scène, parfois même en plein milieu des chansons. Mais passé ce constat, le groupe reste énergique et, surtout, le niveau de musicalité et de chant demeure remarquable. N’ayant jamais eu la chance de les voir plus jeunes, c’était ma première fois, je ne peux malheureusement pas comparer.

Là encore, la production n’avait rien de démesuré pour des légendes de ce calibre. On se dit que cela force peut-être à se concentrer davantage sur la musique que sur le spectacle. Personnellement, j’aurais préféré avoir les deux. Le groupe glisse d’ailleurs quatre titres de son album 2026, SPLAT, dont « Arrogant Boy » et « Diablo » — une belle preuve que, 24 albums plus tard, ils ont encore des choses à dire.

Et puis il y a ce moment : « Smoke on the Water ». Une des toutes premières chansons que j’ai apprises à la guitare — comme tant d’autres guitaristes. L’entendre jouée par ceux-là mêmes qui l’ont créée, ça n’a pas de prix.

Setlist Deep Purple : Highway Star · Arrogant Boy · Diablo · Perfect Strangers · Space Truckin’ · Smoke on the Water · Guinnesis (rappel) · Hush (rappel)

Trois groupes, une scène, des décennies de musique et des milliers de voix. En sortant de la Place Bell, une évidence : le rock classique est bien vivant, et il sait encore cogner.

Journaliste et photographe: Thomas Courtois

Métal, chaleur et Killswitch Engage en point d’orgue @ Rock la Cauze 2026

Je ne connaissais pas le festival Rock La Cauze avant mon passage au Festival au Lac à Granby. Mais lorsque j’ai vu la programmation du vendredi, je me suis dit que je ne pouvais pas rater ça !

La programmation du vendredi était entièrement tournée vers les sonorités lourdes : metalcore, groove metal, punk hardcore québécois et rock-rap explosif, avec en tête d’affiche une véritable légende du genre. Six groupes, une chaleur qui frôlait les 40 degrés avec très peu d’ombre au Parc Terre-des-Jeunes de Victoriaville, mais il en faudrait plus pour ralentir la foule d’amateurs de musique métal et punk.

J’ai malheureusement raté le groupe d’ouverture Malevolence et je suis donc directement rentré dans le bain avec du lourd : Machine Head.

Machine Head : énergie, visuels et cubes géants

C’est plutôt rare de voir Machine Head jouer aussi tôt dans la journée, mais ces derniers ont été rajoutés à la programmation un peu après tout le monde.

Machine Head est rentré sur scène avec la stature qui leur correspond : celle d’un groupe de scène rodé depuis plus de trente ans. Robb Flynn a rapidement réclamé le plus gros moshpit de l’univers, et la foule a répondu sans hésiter malgré la chaleur. Plusieurs moshpits et de nombreux crowd surfers ont animé la foule tout au long du show.

Je ne serai pas très objectif étant un énorme fan du groupe, mais je dois dire qu’ils ont été excellents sur scène : une super énergie, des chansons parmi leurs classiques plus que maîtrisés, bref du Machine Head comme on l’aime.

Pour conclure le set en beauté, le groupe a sorti des cubes gonflables géants à leur effigie, ce qui a provoqué son lot de réactions dans la foule.

Basterds, la fierté locale

Pour ceux qui se demandaient encore si un groupe québécois pouvait tenir sa place dans une telle affiche, Basterds a répondu à l’appel. La formation hardcore de Drummondville a enchaîné avec une brutalité et une énergie à toute épreuve.

Le public a répondu présent et s’en est donné à cœur joie. Le chanteur du groupe leur a d’ailleurs rendu la pareille en venant chanter une partie d’un morceau collé aux barrières de sécurité.

J’ai pu apprécier leur show alors qu’ils m’étaient totalement inconnus avant. Une belle surprise qui confirme que Basterds est un groupe qu’il va falloir suivre.

August Burns Red : bodysurfers à la chaîne

C’était ensuite au tour d’August Burns Red de monter sur scène. Plus la journée avançait et plus la foule devenait compacte.

Le groupe avait une forte présence sur scène, notamment le chanteur Jake Luhrs, qui occupait l’espace dans son entièreté, courant d’un bout à l’autre sans jamais sembler s’essouffler.

Le metalcore technique et précis du groupe s’accordait parfaitement à l’ambiance déjà électrique du site. Au plus fort du set, il devenait difficile de compter le nombre de bodysurfers qui traversaient la foule.

Une performance déchaînée, qui a mis la barre haute pour la suite de la journée.

Hollywood Undead : le chaos organisé

Si un moment du festival devait marquer les esprits longtemps après la soirée, c’est bien la prestation d’Hollywood Undead. Le groupe a ouvert en grand avec leur titre le plus célèbre : Undead. Ils ont également mis les grands moyens pour cette ouverture avec des flammes d’un bout à l’autre de la scène, de la fumée projetée vers le ciel… La foule était comblée et chantait et rappait avec les membres dès les premières secondes.

Ce qui rend Hollywood Undead unique, c’est cette unité : chacun des membres participe aux voix, ils échangent des instruments pendant ou entre les chansons, un guitariste devient chanteur, un chanteur devient bassiste… C’est rare de voir cela sur scène, mais loin d’être déplaisant.

Ma connaissance du groupe étant limitée, je n’ai pas autant apprécié le reste du show. Je pense qu’ouvrir sur Undead est une bonne idée pour chauffer les spectateurs à blanc, mais malheureusement, la suite m’a paru un peu fade à côté… Dommage.

Killswitch Engage ferme la soirée en monument

Plus besoin de présenter Killswitch Engage. Le groupe est maintenant présent sur la scène metalcore depuis de nombreuses années et les changements de lineup n’ont pas entamé la qualité de leur musique.

Jesse Leach est descendu de la scène pour rejoindre ses fans dans la foule à plusieurs reprises, ce qui a plus que ravi les fans.

Ma seule vraie déception, surtout en tant que photographe, est qu’un groupe qui tourne depuis aussi longtemps devrait avoir de meilleures lumières sur scène. Cela part dans tous les sens, et honnêtement on finit par ne plus vraiment rien y comprendre. Dommage pour un aussi bon groupe !

Malgré tout, le groupe a enchaîné ses classiques avec quelques nouvelles pièces pour une setlist complète qui n’a laissé personne sur sa faim.

Setlist Killswitch Engage : Fixation on the Darkness — This Is Absolution — The End of Heartache — Aftermath — A Bid Farewell — In Due Time — To the Sons of Man — Broken Glass — Unleashed — Hate by Design — Where It Dies — Forever Aligned — The Signal Fire — I Believe — Daylight Dies — Rose of Sharyn — This Fire — My Curse — My Last Serenade — Holy Diver

Le public était aux anges, un groupe parfait pour clôturer cette longue journée de metalcore.

Entre les moshpits sous 40 degrés, la découverte de Basterds, les cubes gonflables de Machine Head, le chaos organisé d’Hollywood Undead et la communion avec Killswitch Engage, le vendredi de Rock la Cauze 2026 restera une journée marquante. Le festival confirme une fois de plus sa capacité à construire des affiches solides du premier groupe au dernier. Bravo Rock La Cauze et à l’année prochaine !

Journaliste et photographe: Thomas Courtois

Good Charlotte vole la vedette à Avenged Sevenfold @ Centre Bell (Montréal)

Jayden Hammer

L’artiste mentionne dès son entrée qu’elle est habituellement avec un band complet, mais ce soir, elle est en solo. Elle nous offre un DJ set avec des classiques bien pensés pour faire bouger le public, ainsi que quelques compositions originales.

Niveau cover, elle nous offre d’abord Living Dead Girl, un classique de Rob Zombie, puis Can You Feel My Heart de la formation Bring Me The Horizon. Elle s’est même risquée avec sa version de Chop Suey! de System of a Down, ainsi que Welcome to the Black Parade de My Chemical Romance, chanson qui a malheureusement coupé au bout le plus intéressant et ça a un peu brisé la magie du moment pour nous. Elle nous a livré deux compositions originales, soit Supernova et Sunshine.

On a éprouvé beaucoup de sympathie pour elle, notamment en raison de quelques pépins sonores, puisque sa voix s’est fait enterrer par la musique à quelques reprises. Le peu de gens arrivé dans la salle au moment de sa performance n’aidait pas à faire élever l’ambiance. Bien que Jayden ait tenté de récupérer l’énergie de la foule, on sentait que l’attention des spectateurs n’était pas présente. L’artiste demeure talentueuse, mais le contexte de sa performance n’était pas idéal. Elle a fait du mieux possible selon les circonstances et pour ça, elle mérite tout notre respect.

STATICA

On a ensuite eu droit à STATICA, le projet expérimental des membres d’Avenged Sevenfold, qui a interprété les quatre pistes de leur EP… sans jamais apparaître sur scène. Pour chaque chanson on aperçoit une phrase et une image statique ce qui nous semble assez amateur, surtout quand les membres du groupe oeuvre dans la musique depuis des décennies.

Pour les spectateurs qui ne s’étaient pas renseignés à l’avance, le concept était assurément déroutant. Musicalement, STATICA s’éloigne beaucoup du Avenged Sevenfold habituel, même si l’on peut y retrouver certaines similitudes avec Life Is but a Dream…(2023). Les synthés, l’autotune et les sonorités électroniques y sont centrales. Malgré tout, certains éléments permettent de reconnaître (avec de l’imagination) de petites touches à la Avenged Sevenfold.

Parmi les quatre chansons jouées, LIGHTS propose une guitare qui rappelle immédiatement Avenged Sevenfold, tandis que la piste STATICA laisse entendre la voix de M. Shadows – chanteur de la formation – et le style de batterie du groupe. REJOICE pousse plus loin l’aspect électro, avec une guitare casi absente. Enfin, ASHES est probablement le morceau qui se rapproche le plus du son d’Avenged Sevenfold, tout en conservant son côté électronique — et c’est aussi celui qu’on a le plus apprécié.

Clairement, le projet divise : certains y voient une expérience intrigante, psychédélique, alors que d’autres restent complètement perplexes. Avenged Sevenfold nous a donné l’habitude d’expérimenter dans les dernières années, autant avec l’album Life Is but a Dream… que lors de leur dernier spectacle à Montréal, qui s’était terminé de façon abrupte alors que le groupe était parti de la scène après trois minutes de musique de fond… Mais là, on est passé à la vitesse supérieure niveau expérimentation ! Même en écoutant l’EP, on trouve ça difficile à apprécier. STATICA n’est pas un band de première écoute et n’est probablement pas une adoption unanime de la part des spectateurs ce soir. C’est le genre de projet qui demande un effort à l’écoute, et qui exige d’être apprécié d’une façon différente.

Good Charlotte

Good Charlotte fait son entrée en scène sur la célèbre The Anthem, ce qui donne immédiatement le ton de la soirée : le groupe est là pour satisfaire ses fans de longue date. La formation originaire du Maryland fête ses 30 ans de carrière cette année et ça sent la nostalgie à plein dans le Centre Bell.

Coïncidence ou non, Good Charlotte nous offre l’un à la suite de l’autre trois titres qui comportent le mot « girl » : Girls & Boys, Riot Girl, ainsi que Keep Your Hands Off My Girl. Le band est très conséquent, même dans les plus petits détails de sa performance. Durant Riot Girl, chaque fois que « hot girl » est prononcé, on voit des flammes surgir de scène. Étonné de l’engouement de la foule pour leurs premières chansons, Joël Madden – chanteur de la formation – nous lance « I had no idea what to expect, since it’s been ten years that we’ve been here. But Montreal…What the fuck !!! » et le Centre Bell rugit.

Chaque chanson est accompagnée de magnifiques animations : pour Predictable, on se retrouve dans une église en feu et pour Wondering on est submergés de crânes verts, rappelant les couleurs de l’album The Young and The Hopeless (2002). Les frères Madden prennent la peine de remercier chaque section « First of all, hello to everyone, people in the top, people in the middle, and people on the floor! How are y’all doing? » On sent que l’énergie des fans présents à ce spectacle à guichet fermé les impressionnent. Joël Madden continue « It feels like a hometown show but this is way better than a hometown show. I love Canada and Montreal and we grew up with Canadian bands on tour such as our friends Simple Plan and Sum 41. » Il poursuit « We are on our favorite tour, it’s been incredibly special. Thank you guys so much for letting us take this stage after 10 years, we appreciate the opportunity. »

La formation poursuit avec Rejects qu’ils dédient à leur amis Avenged Sevenfold et on se fait présenter l’icône du Motel Du Cap, référant à leur plus récent album paru il y a un an jour pour jour, le 8 août 2025. On remarque que beaucoup de spectateurs ne chantent pas, ce qui nous confirme que les fans sont là pour l’aspect nostalgique de leur discographie. Ça tombe bien car la formation enchaîne avec The Chronicles of Life and Death et The Motivation Proclamation.

Joël Madden multiplie les discours ce soir, nous faisant penser à un coach de vie, et le prochain discours est le plus mémorable et émotif de la soirée. « If there’s people here tonight that feel like giving up, I want you to know that you’re not alone, everyone here is rooting for you. Right guy? » et tout le monde crie très fort en réponse. « And for that, you guys deserve 100% of our energy. » ajoute-il en présentant l’émotive chanson Hold On.

Un autre temps fort du spectacle survient alors qu’on entend les premières notes de The River : on a l’honneur de vivre la chanson avec tous ses artistes-interprètes sur scène ! M. Shadows sort de la pénombre et rejoint Good Charlotte lorsque son couplet. Les fans sont absolument ravis et ça chante très fort dans le Centre Bell !

La finale de Good Charlotte est explosive. On a droit à The Young and the Hopeless, suivie de Little Things avec des feux d’artifice, puis au méga succès I just wanna live – qu’on avait si hâte d’entendre – avant de faire bouger tous les spectateurs avec Lifestyles of the Rich & Famous. Aucun rappel et aucun temps mort entre les chansons.

Cette célébration de la discographie de Good Charlotte était festive mais également touchante. On a vieilli avec le groupe. Les frères Madden approchent la cinquantaine et on ne leur en veut pas de ne pas constamment sauter sur place, de ne pas se lancer dans la foule ou de faire les acrobaties que leurs corps de vingt ans leur permettaient jadis. Ceci nous importe peu, car durant cette ultime réunion nostalgique, les gens avaient réellement du plaisir. On sait que ce groupe a sauvé la vie de plusieurs personnes (il ne manque pas de témoignages sur les réseaux sociaux) et on sait que les paroles de Joël ont frappé droit au cœur ce soir. On avait vraiment l’impression qu’il s’adressait à chacun de nous et qu’on était loin d’un discours générique. On est déjà fébriles à l’idée que Good Charlotte revienne performer dans la métropole !

Avenged Sevenfold

Dès les premières secondes de Nightmare, le Centre Bell se transforme en immense chorale. Le public chante encore plus fort que lors de la perfo de Good Charlotte, c’est stupéfiant. La mise en scène est ambitieuse : les écrans sont littéralement partout, sur les côtés de la scène, au-dessus de celle-ci et derrière les musiciens. Les images ne servent pas uniquement de décor, elles accompagnent les chansons et participent à nous faire découvrir l’univers visuel de chaque piste.

Par exemple, durant Buried Alive, lorsque les harmonies de guitare entrent en jeu, les éclairages suivent instantanément : les crânes qui entouraient les écrans deviennent rouges et leurs yeux s’illuminent, ça donne une ambiance alarmante, méchante (et on adore). Pour Afterlife, des lasers dessinent des symboles sur l’écran géant pendant et durant Shepherd of Fire, tous les écrans montrent des flammes et le public accueille avec joie ces chansons, car un massif « olé, olé, olé, olé » suit dès que les pistes sont terminées.

Même si le groupe se risque avec des chansons plus récentes, qui divergent du traditionnel son du groupe (notamment avec Magic et Nobody), les fans alimentent le constant pit au parterre et il y a en masse de bodysurfing. En revanche, pratiquement personne ne chante ces nouvelles pistes.

M. Shadows à un moment, s’adresse à la foule : « Hey Montreal, you guys win a bunch of awards for sure tonight. First prize: loudest crowd. » et la foule rugit de plus belle. Il poursuit en soulignant que Montréal est leur plus gros marché de la tournée nord-américaine, tout en plaisantant sur l’ironie que ce marché leur a offert « the smallest venue of the tour ». On sait que le spectacle affichait complet depuis des mois et on parie que plusieurs fans n’ont pas pu mettre la main sur un billet, ce qui est dommage. M. Shadows nous décerne un deuxième prix : « prettiest audience ever », avant d’inviter les Montréalais à vérifier sur YouTube, qu’il ne dit pas ça à chaque arrêt de la tournée. Le public, évidemment, mange dans sa main !

Vient le méga succès Seize the Day, chanson que le groupe nous dédie. C’est précisément dans ce genre de moment que l’on comprend l’héritage d’Avenged Sevenfold : une chanson qui a plus de deux décennies est encore chantée comme si elle était le succès le plus en vogue du moment. Le groupe poursuit avec Hail to the King et Nobody, avant de nous offrir la dernière piste de City of Evil M.I.A., au grand bonheur de tous. Au début de cette piste, on se fait bercer par la guitare, pendant que M. Shadows descend dans la foule et prête son micro à une femme qui chante avec justesse le premier couplet.

Avenged Sevenfold fait monter l’énergie d’un cran en nous livrant Bat Country et même si M. Shadows ne pousse pas la note pour atteindre la pleine hauteur de son répertoire, on est satisfait d’entendre ce morceau. Vient ensuite une autre solide chanson, Unholy Confessions, durant laquelle le chanteur prête son micro à un jeune qui monte sur la scène et performe avec brio la moitié de la piste. Le jeune saute, effectue chaque cri, habite la scène encore mieux que M. Shadows et les membres du groupe revêtent leur plus beaux sourires devant cette vision de leur héritage, reprit par un jeune qui n’était pas né au moment de la parution de la chanson.

Après ces deux chansons ultra dynamiques, le groupe sort ensuite de scène. Il revient nous livrer une dernière piste, Cosmic, un morceau de plus de 7 minutes, qui ne rend malheureusement pas justice à l’effervescente nostalgie qui régnait dans la salle ce soir. On aurait préféré un mix de deux plus vieilles chansons, plutôt que celle-là, puisque son crescendo et son tempo sont très lents. Il faut avouer aussi qu’on est pas très fan de l’utilisation d’autotune et de déformation expérimentales de la voix pour un band de hard rock. C’est une finale qu’on qualifierait de « manquée ».

Le groupe a pourtant dépassé le « couvre-feu » de 23h d’environ dix minutes et a certainement écopé d’une pénalité monétaire… pour jouer Cosmic ? Franchement, on n’y comprend rien. On sort un peu confus, et un peu déçu. Le groupe ne nous a offert que douze chansons. Une seule piste tirée de l’album Waking The Fallen (2003), une seule de Avenged Sevenfold (2007) et un oubli (peut-être volontaire à cause d’une limite de voix ?) du méga succès Beast and the Harlot. L’expérience de la nostalgie de nos albums préférés a été passable, mais sans plus.

En revanche, la setlist de Good Charlotte était minutieuse et leur crescendo était parfait. On comprend le désir de Avenged Sevenfold de renouveler leur genre musical après plus ou moins 25 ans de carrière, mais la formation aurait dû laisser la place de tête d’affiche à leurs amis de Good Charlotte. Ça nous aurait laissé un meilleur goût en bouche et on nous aurait livré la finale qu’on méritait.

Journaliste : Laurence Daoust

Crédit photo : Photo de Presse (publication de promo Facebook par Avenged Sevenfold et Good Charlotte, aucun crédit donné)

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