Category: Québec

Bring Me the Horizon : Québec plongée dans l’univers POST HUMAN

Bring Me the Horizon investissait le Centre Vidéotron avec sa tournée POST HUMAN: NeX GEn – The Third Ascension Program. Avec The Plot in You et Motionless in White pour ouvrir la soirée, l’affiche promettait déjà quelques secousses. La promesse a été tenue : une musique massive, un public particulièrement actif et une production qui ne faisait décidément pas les choses à moitié.

The Plot in You donne le ton avec une musique lourde, massive, portée par des guitares qui prennent toute la place et des cris parfaitement maîtrisés. La prestation frappe fort et trouve rapidement son répondant dans la foule.

Depuis la fosse photo, l’énergie du public se mesure aussi au travail de la sécurité. Près d’une dizaine d’agents sont présents devant la scène, et les amateurs de crowd surfing leur donnent de quoi s’occuper. Les spectateurs arrivent au-dessus des têtes, puis sont réceptionnés à la barrière. Entre deux photos, mieux vaut garder un œil sur ce qui approche. Ce soir, le spectacle se déroule aussi derrière nos épaules.

Une première partie efficace, qui installe immédiatement l’intensité de la soirée.

Motionless in White prend ensuite le relais avec une excellente prestation. Avec vingt ans de carrière, le groupe possède une assurance qui se ressent sur scène. À Québec, sa place sur l’affiche est celle d’un invité de Bring Me the Horizon, mais sa performance a toute l’envergure d’un groupe capable de porter sa propre soirée.

Chris Motionless et ses musiciens livrent un metalcore à l’identité sombre et théâtrale, où la puissance musicale accompagne naturellement l’esthétique du groupe. L’ensemble est convaincant et ne donne jamais l’impression d’une simple étape avant la tête d’affiche.

Dans le public, cette identité visuelle a d’ailleurs ses adeptes. De nombreux fans sont grimés ou maquillés, certains rappelant l’apparence du chanteur, d’autres arborant des maquillages de clown. Difficile de passer à côté : une partie de la foule avait, elle aussi, préparé son entrée en scène.

Bring Me the Horizon : une cathédrale pour terrain de jeu

Avant même l’arrivée de Bring Me the Horizon, les écrans plongent le public dans un univers de jeu vidéo, avec des images évoquant les jeux PlayStation. Une mise en condition qui annonce déjà une soirée pensée au-delà de la seule succession de chansons.

Puis le rideau est aspiré, dévoilant un décor immense. De grandes arches et des vitraux donnent à la scène des allures de cathédrale gothique. Des plateformes structurent l’espace, avec le batteur installé en hauteur sur la droite et, de l’autre côté, un musicien supplémentaire à la guitare. Le groupe occupe un véritable décor, dont les dimensions prennent tout leur sens dans une salle comme le Centre Vidéotron.

La production est spectaculaire. Les effets de fumée et la pyrotechnie ponctuent le concert, tandis que les éclairages transforment l’atmosphère autour des musiciens. L’univers numérique annoncé avant le spectacle rencontre cette architecture gothique pour composer un cadre aussi imposant.

Au milieu de tout cela, Oli Sykes demeure le point d’attention. Certains avaient exprimé des doutes sur ce qu’ils entendraient réellement de sa voix sur scène. À l’écoute ce soir-là, sa prestation est bien vivante. Les screams et les grunts comme les passages chantés participent pleinement à l’intensité du concert.

L’un des moments les plus sympathiques survient lorsque deux fans montent sur scène pour crier avec lui. Dans une production de cette ampleur, cette parenthèse ramène soudain le spectacle à une rencontre entre un chanteur et son public. Pour les deux invités, difficile d’imaginer un meilleur souvenir à rapporter de la soirée. Et dans la foule, quelques personnes ont certainement regretté de ne pas être à leur place.

Bring Me the Horizon livre ainsi un concert où la démesure visuelle accompagne une performance musicale à la hauteur. Après la lourdeur de The Plot in You et l’excellente prestation de Motionless in White, le groupe conclut une affiche particulièrement solide. Une soirée spectaculaire, vécue autant devant la scène que dans une fosse où personne ne semblait avoir prévu de rester tranquille.

Auteure et photographe : Sandra Esteves

Y mettre le feu : Sasha Velour et Travesty à Montréal

Sasha Velour est passée à Montréal hier soir avec Travesty, sa troisième tournée, et le spectacle confirme ce que ses deux précédents laissaient juste deviner : elle est en train de se bâtir une vraie œuvre théâtrale qui utilise le drag comme moyen, pas juste des revues de drag déguisées en théâtre. Ça dure quatre-vingts minutes sans entracte, et Travesty laisse tomber le côté autobiographique de son show de 2023, The Big Reveal Live Show, pour quelque chose de plus ambitieux : une traversée de l’histoire queer accrochée à des figures de résistance qui reviennent. Le fil conducteur, c’est une seule idée suivie à travers les siècles : une sorcière brûlée dans un champ, un clown qui bâtit un théâtre, les gens d’un bar gay clandestin qui se soulèvent contre la police. Velour les incarne chacun à son tour, et l’idée de départ: que la persécution, la révolte et le camp, c’est le même cycle qui se transmet, comme un costume qu’on se passe, donne au spectacle une colonne vertébrale que la plupart des shows de drag n’essaient même pas d’avoir.

Ce qui fait que ça marche, c’est la mise en scène, qui traite le lip-sync pas comme de l’imitation mais comme un vrai moyen de transformation. Velour a toujours compris que le spectacle et le sens n’ont pas à se nuire, et ici son équipe de création construit un monde assez dense pour porter tout ce poids historique sans jamais tomber dans le cours magistral. Les reveals qui l’ont rendue célèbre à Drag Race sont encore là, mais intégrés dans quelque chose de plus large : un costume ne tombe pas juste pour faire applaudir, il marque le passage d’une vie à une autre. Et de la voir changer de tenue en quelques secondes, la transformation devenant une partie du récit au lieu d’être une coupure, c’est là qu’on comprend le mieux à quel point elle maîtrise la mécanique de son propre spectacle. La scène de la sorcière qu’on brûle, c’est celle qui m’est restée: l’image la plus sombre du show, jouée avec un calme qui tranchait avec les paillettes partout ailleurs, et le vrai sommet émotif de la soirée.

Le risque, avec un spectacle aussi chargé d’idées, c’est que le message prenne le dessus sur le plaisir. « En partie performance, en partie histoire, en partie appel à l’action », c’est beaucoup à demander à un public en même temps. Mais Travesty mérite son ambition, et y arrive justement par le contrôle du ton : le spectacle passe tout en fluidité du tragique au drôle au carrément éblouissant, sans jamais laisser un registre s’installer assez longtemps pour devenir lourd. C’est cet équilibre-là qui empêche le poids historique de virer au sermon: la révolte de la scène du bar, la comédie absurde du clown, l’horreur tranquille de la sorcière, tout ça tenu dans les mêmes quatre-vingts minutes. Le monde est ressorti pas avec une thèse, mais avec des images, et c’est ça le tour de passe-passe au cœur de tout son projet : elle fait passer l’histoire en douce sous les paillettes, et tu ne réalises pas tout ce que tu as absorbé avant que les lumières se rallument. À voir la soirée d’hier, la performeuse la plus sérieuse intellectuellement du drag est aussi encore une des plus simplement captivantes à regarder.

Journaliste et photographe : Thomas Mazerolles

Kamelot à Montréal : l’histoire d’amour se poursuit @ MTelus

Kamelot revenait à Montréal pour la promotion de leur nouvel album intitulé Dark Asylum paru plus tôt cette année. Ils étaient accompagnés des formations Visions Of Atlantis et de Frozen Crown pour cette tournée nord-américaine et ils s’arrentaient dans un MTelus rempli au maximum.
 
On retrouve beaucoup d’amateurs lorsque la formation italienne Frozen Crown commence leur prestation avec la pièce Kings.  Même si le groupe en est à son sixième album et ils en sont à leur premier passage de ce côté de l’océan pour nous offrir leur musique symphonique. La chanteuse Giada Etro attire immédiatement l’attention avec sa puissante voix ainsi que son charisme. La formation captive la foule avec trois nouvelles pièces, soit The One, Who Wants To Burn In Heaven et Reborn. En plus d’être très charismatique, Giada est très dynamique sur scène et elle est bien supportée par les guitaristes Alessia Lanzone et Alexandra Lioness.  Leur musique n’est pas révolutionnaire, mais elle est très bien exécutée et elle a grandement plus aux amateurs montréalais. À voir leur énorme sourire, on remarque qu’ils ont apprécié pleinement l’amour véhiculé par les amateurs et je ne serais pas surpris de les revoir dans un avenir rapproché sur une autre tournée.
C’est maintenant le temps de vivre pleinement la vie de pirate lorsque Visions Of Atlantis commence leur prestation avec le titre Master The Hurricane. Les amateurs chantent rapidement avec Clémentine Delauney et Michele Guaitoli alors que ces derniers interagissent constamment avec les amateurs tout au long de leur concert. Nous pouvons voir que Clémentine est mise à l’avant-scène avec sa robe rouge alors que les autres musiciens sont habillés en noir. L’atmosphère de bateau est bien recréée avec les décors, mais l’éclairage à prédominance bleu donne vraiment l’impression que nous sommes en mer. Le groupe commence à être habitué à la frénésie montréalaise, mais les amateurs se surpassent encore une fois en chantant le traditionnel olé olé olé pendant leur prestation. Le côté festif de Clocks et de Tonight I’m Alive fait bondir la foule alors que Pirates Wil Return va les faire ramer, quelle séance de cardio ce concert. Il n’est pas surprenant de voir les amateurs en demander plus, mais cela est tout le temps qui était alloué à la formation. Je crois que Visions Of Atlantis va devenir un groupe principal plus régulièrement, il faudra voir si cela se produit lors de leur prochain album, mais cela devrait arriver très rapidement.
 
Armé d’un nouvel album, Kamelot arrive sur scène gonflé à bloc avec la nouvelle pièce Ashen World et il n’en fallait pas plus pour voir les amateurs devenir hystériques. Le groupe va piger cinq fois dans Dark Asylum et va espacer la pièce titre ainsi que Godlike Alchemy, Sanctuary et ⁠Ivy, My Dear durant leur prestation. Nous pouvons rapidement apercevoir la nouvelle cuvée de chanteuse de l’école de Kamelot alors que nous retrouvons bien évidemment Giada Etro et Clémentine Delauney pour cette tournée. Il est toujours fascinant de voir le bassiste Sean Tibbetts faire tout sur scène sauf les mouvements chorégraphiés des autres musiciens. C’est comme s’il manque volontairement la journée d’orientation de chorégraphie lors des répétitions avant la tournée, mais d’un autre côté, il est le seul qui semble avoir un plaisir fou sur scène. La voix de Tommy Karevik est toujours aussi puissante et son interaction avec la foule est encore une fois captivantes, il va même s’aventurer dans l’espace de sécurité à quelques reprises. Le groupe concentre bien évidemment ses efforts sur la période de Tommy et la foule ne semble pas trop dérangée par cela malgré quelques demandes pour des titres plus anciens à quelques reprises. Thomas est toujours aussi intense à la guitare et il se rapproche de la foule en allant sur une caisse installée dans l’espace de sécurité.  Le jeu de lumière est efficace, mais très dramatique et cela fait contraste avec celui des groupes précédents.  Les vieilles compositions sont rares, mais les amateurs vont s’époumoner durant Karma alors que l’incontournable March Of Mephisto va rapidement faire sauter les amateurs. Le groupe termine l’excellente soirée avec Sacrimony (Angel of Afterlife) au grand plaisir des amateurs.
 
Kamelot offre une autre excellente performance et l’histoire d’amour entre le groupe et les amateurs montréalais continue de croitre à chacun de leurs concerts.
 
 
Journaliste: Albert Lamoureux
 
Photographe: Thomas Courtois

Ludovico Einaudi : seul, enfin @ Maison symphonique (Montréal, Québec)

Un an après la Place Bell et ses 8500 personnes, retrouver Ludovico Einaudi à la Maison symphonique le 27 septembre dernier relève de l’intime. Pour cette tournée Solo Piano, l’Italien a délaissé ses musiciens : une salle plongée dans l’obscurité, un piano seul éclairé et une acoustique qui capte le moindre souffle. Un environnement ou chaque chaque silence pèse et chaque résonance devient un événement.

Dans une rare prise de parole, Einaudi résume sa démarche en une image : jouer avec un groupe s’apparente a peindre sur un canevas avec un pinceau large, mimant au passage sa métaphore, tandis qu’être seul revient a utiliser un crayon. Moins de matière, moins de couleurs, mais un geste plus précis, où chaque trait compte. Le maestro nous confie également que ce projet solo était dans les cartons depuis un moment déjà et que c’était un besoin de sa part de revenir a l’essentiel le temps d’une tournée après 30 ans de composition.

Bien sur on y a retrouvé les grands incontournables comme I Giorni, Una Matina ou encore Experience. Mais l’artiste en a aussi profité pour ouvrir des tiroirs oubliés : Oltremare notamment mais surtout Dietro Casa, jamais entendue en salle, réinventée en une improvisation d’une grâce suspendue. Treize ans d’attente personnelle pour trois minutes de contemplation. Ça les valait toutes.

L’apogée viendra en toute fin sur une Nuvole Bianche en rappel, étirée bien au-delà d’elle-même ou l’artiste prolongera sa propre pièce comme pour suspendre le plaisir, incapable de s’arrêter. 

Les scènes de Ludovico Einaudi ont grandi, puis rétréci, mais l’émotion, elle, n’a jamais changé d’échelle.

Journaliste et photographe: Paul Blondé

Une marée humaine sous le Château Frontenac : Bad Religion clôt Envol et Macadam @ Québec

Envol et Macadam 2026 : du soleil aux crowdsurfers, le punk règne sur l’Agora de Québec

Bad Religion, Satanic Surfers, Teenage Bottlerocket ont fait monter la température à l’Agora du Port de Québec pour la dernière journée d’Envol et Macadam. Une soirée sous le soleil, avec le Château Frontenac en toile de fond, qui s’est achevée dans une véritable marée humaine.

Il suffit parfois de quelques minutes sur un site de festival pour comprendre que la journée a déjà été longue. Lorsque l’on rejoint l’Agora du Port de Québec en plein set de Mute, la musique résonne déjà depuis plusieurs heures. D’autres groupes se sont succédé depuis le début de l’après-midi et ça se sent : le site est bien vivant, la musique a déjà laissé son empreinte et les festivaliers ont pris possession des lieux.

Devant la scène, l’ambiance reste encore étonnamment tranquille. Sous un soleil généreux, le public profite simplement de la musique. Peu de mouvements de foule, pas encore de véritable ballet de crowdsurfers ni de moshpit particulièrement agité. Une accalmie qui, dans un festival punk, ne pouvait évidemment pas durer éternellement.

Satanic Surfers : la connexion est immédiate

À 19 h, Satanic Surfers prend possession de la scène. Pour une première rencontre avec le groupe suédois en spectacle, difficile de ne pas remarquer la relation déjà bien installée avec une partie du public. Les morceaux sont connus, les paroles reprises en chœur et, rapidement, la frontière entre la scène et la foule semble se réduire. Le groupe n’hésite pas non plus à aller chercher son public avec quelques mots en français avec un peu d’humour. Avant un morceau, le public apprend ainsi très sérieusement que la prochaine chanson parlera… de fromage ? La blague atteint parfaitement sa cible, déclenche les rires dans la foule et Satanic Surfers livre un set généreux.

Teenage Bottlerocket : aucune intention de ralentir

Une heure plus tard, Teenage Bottlerocket fait encore grimper le niveau d’énergie. Et cette fois, aucune ambiguïté : ça joue fort, ça saute et ça transpire. Sur scène, les musiciens occupent l’espace avec énergie. Ça bouge continuellement, ça grimpe près de la batterie, ça bondit et ça repart immédiatement. Le public, lui aussi, commence sérieusement à se réveiller. Le punk rock de Teenage Bottlerocket ne laisse pratiquement aucune place aux temps morts. Mais au milieu de cette débauche d’énergie survient aussi l’un des moments les plus sympathiques de la soirée. Le guitariste prend la parole en français et il raconte son attachement au Québec, explique que sa conjointe est Québécoise et que leurs deux enfants le sont également. Il souligne aussi le plaisir du groupe de participer pour la première fois à Envol et Macadam. Et justement, ses deux enfants assistent au spectacle depuis le côté de la scène. Plutôt tranquilles au début, mais manifestement, résister au punk rock n’était pas au programme. À mesure que le set avance, ils finissent eux aussi par se laisser gagner par l’énergie et se mettent à danser. Une scène familiale adorable au milieu d’un spectacle qui, lui, n’a absolument rien de sage.

Parce que pendant ce temps, Teenage Bottlerocket continue de cogner sérieusement. Le groupe livre une prestation généreuse, physique et parfaitement adaptée à cette soirée où l’intensité ne cesse progressivement de monter. Et il reste encore Bad Religion !

Bad Religion : et soudain, tout déborde

À l’approche de 21 h 15, le visage de l’Agora change. Les espaces laissés libres quelques heures plus tôt se remplissent. Les festivaliers se rapprochent de la scène, les rangs se resserrent et l’attente devient palpable. Même le kiosque de marchandise donne quelques indices : les chandails du groupe sont pris d’assaut et certains deviennent rapidement difficiles à trouver.

Bad Religion entre en scène et le calme relatif du début de soirée disparaît instantanément. Les premiers crowdsurfers arrivent presque immédiatement. Dans le pit photo, le travail prend rapidement une tournure un peu plus sportive : il faut surveiller ce qui se passe devant l’objectif tout en gardant un œil sur ce qui arrive au-dessus. Les festivaliers franchissent régulièrement la barrière, portés par la foule, pendant que les membres de la sécurité enchaînent les interventions pour les réceptionner et dégager l’espace. L’éternel ballet entre festivaliers, photographes et sécurité.

Le tout se déroule pourtant dans une excellente ambiance. Malgré l’intensité et les mouvements constants, aucun débordement négatif ne vient ternir le spectacle. Sur scène, Bad Religion n’a pas besoin d’en faire trop pour rappeler pourquoi le groupe traverse les décennies.

Les années d’expérience sont visibles, mais surtout dans le meilleur sens du terme. Les musiciens savent exactement comment occuper la scène, comment aller chercher la foule et comment tenir un public déjà conquis. La machine est rodée, précise, efficace, sans pour autant donner l’impression de simplement dérouler une routine. Plusieurs générations de fans se retrouvent devant la scène, dansent, chantent et surfent littéralement au-dessus des têtes.

Le contraste avec le début de soirée est saisissant. Quelques heures auparavant, le public profitait tranquillement de la musique sous le soleil. Désormais, tout vole, parfois même les festivaliers.

Il serait toutefois difficile de parler d’Envol et Macadam sans parler de son site. L’Agora du Port de Québec offre au festival quelque chose qu’aucune programmation ne peut véritablement acheter : un décor spectaculaire. Le fleuve à proximité, les installations du Vieux-Port et surtout le Château Frontenac qui se dessine à l’arrière-plan créent une toile de fond assez improbable pour une soirée punk rock. Sous un ciel parfaitement bleu, le contraste est encore plus frappant. Des guitares saturées, des crowdsurfers et Bad Religion devant l’une des images les plus emblématiques de Québec. On a connu pire comme décor.

Entre deux prestations, les festivaliers circulent parmi les kiosques de marchandise et les différents espaces de restauration. Et puisque toute couverture de festival exige manifestement certains sacrifices, la poutine signature au méchoui de La Cité Agricole aura également fait l’objet d’une vérification approfondie. Verdict : elle méritait clairement le détour.

Un festival qui mérite encore d’être découvert

Envol et Macadam possède surtout quelque chose qui devient de plus en plus rare dans les grands événements : une identité très forte.

D’une année à l’autre, certains visages deviennent familiers. Les habitués reviennent, les passionnés se retrouvent et l’impression d’appartenir momentanément à une grande communauté demeure. Pourtant, le festival mérite encore probablement d’être davantage découvert.

Particulièrement par ceux qui aiment le punk, le rock, le hardcore, le métal et les musiques alternatives, mais qui n’ont jamais pensé à ajouter Envol et Macadam à leur calendrier. Parce qu’à Québec, peu d’événements proposent encore une programmation de ce type dans un environnement aussi spectaculaire.

Et lorsque le soleil disparaît progressivement derrière l’Agora pendant que Bad Religion fait voler les festivaliers au-dessus de la foule, une chose devient assez évidente : on comprend très vite pourquoi certains reviennent chaque année.

Auteure et photographe : Sandra Esteves

 

Fono 2026 : Québec vibre au rythme d’une programmation éclectique @ Québec

Pour sa troisième édition, le Festival Fono transforme Québec en véritable terrain de jeu musical, réunissant pendant trois jours une programmation aussi éclectique qu’énergique, de la pop au rap en passant par l’indie et l’électro. Entre nostalgie, découvertes et prestations survoltées, notre passage au festival nous a fait vivre quelques moments particulièrement marquants, de Natasha Bedingfield à Sombr en passant par Louis-Charles et Kinji00.

JOUR 2

On débarque au Festival Fono le vendredi 11 septembre pour participer à la troisième édition du festival. Celui-ci s’étend sur une période de trois jours, soit du jeudi 10 au samedi 12 septembre et comporte des tête d’affiches telles que JF Pauzé, Alessia Cara, SOFI TUKKER, Ariane Moffatt, Rymz, Fredz, et plus encore. La programmation propose des artistes majoritairement pop et électro, mais aussi quelques-uns baignant dans le rap, l’indie et le folk. En ce doux vendredi soir, on est présents pour assister à deux concerts : celui de la vétérante de la pop Natasha Bedingfield et celui de l’étoile montante Sombr.

Natasha Bedingfield

La Britannique Natasha Bedingfield est connue notamment pour sa chanson Unwritten, succès datant de 2004, qui est récemment devenu viral sur TikTok. L’artiste pop débarque sur scène vêtue d’une simple robe noire, sans bijoux ou parures quelconques :  elle mise sur la simplicité et ça lui va à ravir. Ses iconiques cheveux blond-blancs sont plus courts et lui donnent un air mature. Sa performance est aussi empreinte de simplicité : elle laisse toute la place à sa voix magistrale plutôt que de nous présenter une chorégraphie ou être accompagnée de danseurs.

Elle nous livre tôt en début de spectacle son single Pocketful of Sunshine, ainsi qu’un medley de quelques compositions d’autres artistes tels que Coldplay et The Cranberries, au grand plaisir de la foule. Sa voix exceptionnelle ose pousser la note et se réapproprie Zombie à merveille. On en a des frissons !

Histoire de faire continuer le party, elle nous offre la populaire These Words et la foule rugit chaque parole. Bedingfield atteint facilement les nombreux octaves que sa puissante voix peut porter et c’est subjuguant. Elle nous livre son nouveau single, la chanson Dot Dot Dot et l’artiste en profite pour faire participer la foule qui scande des « oh oh oh oh oh oh ». Le public s’emballe, ravi de pouvoir participer à la prestation à son tour. 

Bedingfield nous confie ensuite que c’est son tout premier spectacle à Québec et nous remercie vivement d’être présents. Avant d’entamer Unwritten, elle précise qu’elle dédicace le morceau à son amie Nelly Furtado, ainsi qu’à Céline Dion et pour ceux qui l’ignore, c’est très contextuel : c’est ce soir que Céline remonte sur scène, à Paris, pour son premier concert en 6 ans, suite à une pause forcée reliée à des enjeux de santé. De son côté, Nelly Furtado a annoncé plus tôt en 2026 qu’elle se retirait des réseaux sociaux et faisait une pause de sa présence scénique après qu’elle ait subi une vague de négativité reliée à sa prise de poids. C’est émouvant et d’autant plus spécial que Bedingfield dédicace cette chanson à deux femmes qui affrontent l’adversité et des enjeux de santé, la tête haute. On leur souhaite profondément que le reste soit « unwritten » et qu’elles triomphent de leurs combats respectifs.

Dès les premières notes de Unwritten, les fans crient afin de remercier l’artiste de nous offrir ce méga hit, et une bonne dose de nostalgie. En spectacle, ses vocalises sont encore plus magiques qu’à l’audio et c’est une artiste réellement impressionnante. Natasha Bedingfield  nous remercie chaleureusement pour la dose d’amour et l’engouement portés à son spectacle, alors que le remix de These Words fait par l’artiste Badger inonde les haut-parleurs, provoquant un party dansant dans la foule. Et le public en redemande ! Cinq secondes se sont à peine écoulées qu’un « Olé olé olé olé » s’entame parmi les spectateurs. Une prestation dont on se souviendra comme un témoignage d’amour de la part d’une artiste qui, même au-delà de vingt ans de carrière, ne prend pas notre amour pour acquis.

Sombr

Fidèle à lui-même, sombr débarque d’une voiture décapotable et encourage la foule à faire du bruit alors qu’il marche vers la scène principale. À notre grand étonnement (et plaisir), l’artiste débute avec we never dated, sous des lumières stroboscopiques qui nous font partiellement halluciner. Pour cette piste, ainsi que i wish i knew how to quit you, il injecte une bonne dose de rock dans sa prestation et ça donne le ton pour une performance ultra dynamique, on adore !

Avec l’énergie d’une bombe qui s’apprête à sauter, sombr habite toute la scène, du plus haut promontoir jusqu’à la barricade le séparant de la foule. Il nous livre sans surprise les mêmes chansons qu’à Osheaga, festival auquel il a performé en août dernier, mais cette fois, avec encore plus d’énergie. L’artiste semble être choqué par le charme de Québec et tient à souligner la beauté de cette ville qui est désormais sa « favorite Canadian city ».

Entre les gorgées de vin à même la bouteille, les « Québec are you ready?! » et les regards complices à la caméra, sombr nous encourage à sauter avec lui, à crier les paroles de ses méga succès, mais aussi de ses chansons un peu moins connues telles que perfume, do i ever cross your mind et under the mat. Afin de rappeler l’esthétique de son album et en hommage à sa ville natale, New York, la mise en scène comporte un gigantesque cône orange qui émet de la fumée et une pancarte « canal street », faisant référence au titre sur son album I Barely Know Her (2025). Les animations sur écran géant rappellent l’esthétique de ses vidéos et celle de sa photo officielle sur les plateformes d’écoute en ligne.

Sombr joue ses succès récents comme Homewrecker, pour laquelle il attrape une guitare pour faire un intro rock, tandis que pour My Body Isn’t Ready, il exprime une sensibilité touchante avec un discours sur l’acceptation de nos corps. Avant de jouer le single undressed, il nous lance « Québec how the fuck are we feeling?! Are you ready to go crazy right now? Je t’aime. Je m’appelle Shane. » et surenchéri « When the chorus hits, I want everybody jumping and singing, ‘cause I want them to hear it all the way in Toronto. »

Après avoir enchaîné les énergiques Potential et crushing, l’artiste nous livre would’ve been you en changeant les dernières paroles de la chanson pour « it would’ve been Québec » et la foule l’acclame. Sombr tague ensuite un drapeau noir avec d’abord, son nom, puis avec « Québec ». Le chanteur brandit fièrement le drapeau et descend dans la foule afin de prendre des photos, serrer des mains et donner des accolades, alors que son groupe joue l’air de back to friends.

Comme on vient de recevoir une méga dose de dopamine suite à cette merveilleuse chanson, on en veut plus ! On se met à scander le « Olé olé olé olé » et sombr nous demande de crier la prochaine chanson à pleins poumons. Les lumières virent au rouge et l’artiste entame pas une, mais bien deux fois la chanson 12 to 12 ! On savait déjà que le chanteur se plaît à jouer plusieurs fois de suite cette chanson, mais c’est toujours un pari de deviner le nombre de fois qu’il la répétera (on se rappelle qu’à Paris, plus tôt en 2026, il l’avait jouée quatre fois de suite !).

Dire que la foule est sur le gros party est un euphémisme. Tout le monde prête sa voix à la chanson, danse, saute sur place et dépense le reste de son énergie dans cette ultime chanson. sombr lui aussi a tout donné sur scène. Alors qu’il nous remercie et place ses mains en coeur, on remarque que son collier est complètement dans son dos tellement il a bougé !

Cette étoile montante a tout pour plaire : talent, prouesses vocales, énergie endiablée et charisme fou. Impossible de ne pas être épaté par sa performance ou de ne pas être touché par son grand cœur, qu’il cache bien derrière ses airs de rockstar à la Freddy Mercury ou à la Mick Jagger. Le jeune artiste de vingt-et-un ans s’impose comme une force de la musique des années 2020 et on parie qu’il atteindra le sommet des palmarès les plus convoités d’ici quelques années.

JOUR 3

Le lendemain, on arrive sur le site de Fono pour la dernière journée du festival, assez tôt, histoire de profiter de toutes les activations et découvrir les quatre scènes du site. On se délecte de boissons gratuites, on s’amuse à jouer à Kerplunk, aux poches et à Puissance 4 en attendant la première prestation de la journée sur la scène du Boisé Coors Light. Il faut dire que le site est super bien aménagé : les jeux sont nombreux, les places pour s’asseoir près des deux scènes principales sont nombreuses, des lumières éclairent les chemins dans le petit boisé menant aux deux scènes électro et les offres de nourriture sont diversifiées.

Louis-Charles

À 15 h 45, Louis-Charles monte sur scène sous un soleil plombant pour une journée de septembre. Vêtus de noir et de couches de vêtement multiples, les membres du groupe nous adressent un « Salut tout le monde, ça va? », auquel le public répond en levant les mains dans les airs et en criant.

Derrière le groupe est affiché le nom de celui-ci en lettres rouges, qui varie en couleur au fil des chansons. Le groupe québécois propose un rock alternatif indie, avec une touche emo bien sentie. La voix du chanteur, très claire et cristalline. Elle permet de bien comprendre les paroles, même lorsque les guitares prennent plus de place.

Dès la première piste Jeune chien, le ton mélancolique est installé. Le contraste avec la température est d’ailleurs souligné par le chanteur : « Profitez de cette belle journée d’été, nous on va vous livrer plein de chansons tristes qui ne fitent pas avec la météo ». La formation nous offre Passer la nuit, COUTEAU et Des milliards de fois, ainsi que plusieurs autres titres de leur album paru en janvier 2026, LOUIS-CHARLES II. Malgré les thèmes plus sombres, l’ambiance reste légère grâce aux interventions entre les pistes. Le chanteur plaisante ensuite en présentant une chanson écrite quand ça n’allait pas bien, avant d’annoncer que la suivante « est pour quand ça va encore moins bien ».

Le moment le plus touchant arrive lorsque Louis-Charles présente une chanson dédiée à Jacques, une personne importante pour le groupe, décédée quelques années auparavant. Cette courte présentation donne une dimension plus intime à la prestation. La formation nous offre ensuite 4AM, puis emo, que le chanteur présente avec humour comme une chanson sur laquelle les spectateurs frencher si l’envie leur prend. Il remercie ensuite le public et lance un shoutout aux personnes à l’avant-scène portant des fleurs de lys pour Kinji00, qui foulera les planches après leur performance.

Ce qui ressort surtout de la prestation de Louis-Charles, c’est le contraste entre son univers et celui du festival. Sous un soleil d’été, le groupe habillé en noir enchaîne les chansons mélancoliques, mais sans rendre l’atmosphère lourde. Louis-Charles réussit ainsi à apporter une petite dose de mélancolie au milieu de l’ambiance estivale de Fono et franchement, on est complètement vendus !

Kinji00

Kinji00 entre sur scène avec son frère lb66 dès que Vive l’espoir, vive le Québec termine. Le ton est donné avec Révolution pas tranquille et Step sur un fédéraliste : le rap du jeune québécois est foncièrement séparatiste et véhicule un message d’espoir envers ceux qui désirent une révolution du système de pouvoir québécois.

Plus le spectacle avance, plus on observe de personnes portant les couleurs blanches et bleues rappelant notre identité, et plusieurs ont carrément des drapeaux avec eux. Un flot constant de spectateurs se dirige vers la scène tout au long du spectacle. Pendant Cayo Perico. Kinji00 nous lance « Yo, vous êtes prêts à turn up Québec ou quoi ? » et les mains se lèvent immédiatement dans les airs et la foule l’acclame.

Le duo des deux frères est particulièrement énergique sur scène. Ceux-ci se croisent, sautent et bougent constamment, sans sembler manquer de souffle. Leur aisance est d’autant plus impressionnante que le son demeure très clair et précis. Kinji00 nous offre les dynamiques SUR MOI, Johnny Test, Piasse, ainsi que la très douce dis moi où, dis moi quand. Il nous livre également des chansons plus récentes (et encore plus dynamiques) telles que FADED À MON SHOW et son tout nouveau single parût cette semaine, Le love c’est ce que je chase.

La participation du public devient rapidement un élément central du spectacle. Pour Shake, Kinji00 demande aux spectateurs de montrer leurs meilleurs mouvements de danse, alors que les deux frères entament le bal avec leur propre chorégraphie. « Vous avez des moves, no cap. » nous lance-t-il après avoir vu la réaction de la foule. Les gens à l’avant dansent, lèvent les mains et continuent d’affluer en nombre. La mise en scène contribue beaucoup au succès du spectacle. Chaque chanson possède ses propres animations et certaines d’entre elles évoquent des extraits des vidéos de l’artiste. Le spectacle atteint son sommet avec Fleur de lys : dès le premier refrain, le public chante avec lui et se met à bouger davantage. Avec les drapeaux, les mains dans les airs et l’énergie qui se dégage de la scène, le morceau devient naturellement une grande finale. Durant son spectacle, Kinji00 prend bien soin de remercier le public, son frère, son DJ et les personnes qui travaillent au festival.

Kinji00 livre ainsi une prestation qui repose autant sur son rap innovant, que sur sa capacité à faire participer les spectateurs. Entre les déplacements constants sur scène, les interactions avec le public, les animations et l’identité visuelle très marquée, le spectacle ne laisse aucun moment mort. Une performance de Kinji00, c’est un peu un événement patriotique, un rassemblement et une célébration de notre identité québécoise. Le bleu et le blanc sont omniprésents, les paroles sont reprises par le public et les deux frères occupent la scène avec une énergie qui ne semble jamais diminuer. À Fono, Kinji00 a réussi à faire de la scène un véritable espace de célébration collective et on le remercie pour ce party délectable.

Journaliste: Laurence Daoust

Photographe: Sandra Esteves

José González : l’intime à grande échelle @ MTelus (Montréal)

Il suffit parfois d’une guitare, d’une voix et de quelques lumières pour remplir une salle entière. Vendredi soir au MTelus, José González a fait exactement cela, transformant la salle en une vaste chambre d’écoute, intime malgré ses dimensions.

Seul sur scène, le Suédois a traversé son répertoire avec cette délicatesse presque désarmante qui le caractérise, passant de ses compositions à quelques reprises brillamment dépouillées, dont « Teardrop » de Massive Attack et « Blackbird » des Beatles. Puis est venu « Heartbeats », son incontournable reprise de The Knife, qui a rappelé pourquoi une chanson peut parfois changer complètement de peau entre les mains d’un autre artiste.

Pas besoin de grand spectacle lorsque la guitare suffit à tenir 2 300 personnes en haleine. José González n’a pas cherché à impressionner le MTelus : il l’a fait taire.

Journaliste et photographe: Paul Blondé

Escape the Fate, Scorching Tomb, Sudden Waves : dans les coulisses du grand retour du Warped Tour

Le Vans Warped Tour était enfin de retour à Montréal après douze longues années d’absence. Le Warped Tour a misé pour son grand retour sur une programmation majoritairement punk, avec une forte présence de hardcore et de post-hardcore, en ne délaissant pas pour autant le metal et le metalcore. On a eu la chance de s’entretenir avec trois groupes qui baignent dans la scène hardcore, post-hardcore et metal.

Escape The Fate

Notre première entrevue s’est déroulée avec la formation Escape The Fate, originaire de Las Vegas, formée en 2004. Musicalement, le groupe se situe principalement à la croisée du post-hardcore, du metalcore et du screamo — même si son son a beaucoup évolué au fil des années. Le groupe avait fait une très solide performance sur la scène principale en début de journée. On vous invite à consulter notre article sur le premier jour du Vans Warped Tour pour en apprendre davantage sur leur performance.

Qu’est-ce que le nom de votre groupe vous évoque aujourd’hui ?

Craig Mabbitt, le chanteur : Aucun des membres du groupe n’était impliqué dans le choix de ce groupe, alors on dirait aujourd’hui qu’on mise sur ce que le band nous a appris durant notre carrière de musiciens. Je dirais que le sens peut s’interpréter comme « the fear of failing ».

Après deux décennies de carrière, en quoi la réalité d’Escape the Fate est-elle différente de ce que vous aviez imaginé lorsque vous avez commencé ?

Robert Ortiz, le batteur : Au début, tu imagines une vie de jet-set, avec des jets privés et une existence excitante. Mais tu réalises que c’est un travail acharné. Il y a des hauts et des bas, de grands moments de succès, mais aussi des échecs et la peur de devoir éventuellement te trouver un autre emploi. Puis, il y a des journées comme aujourd’hui, au Warped Tour, où tu joues devant autant de gens et tu te dis : « Wow, je n’arrive pas à croire que j’ai la chance de faire ça. » Ça a changé de « Je veux faire ça » à « J’ai la chance de faire ça! ».

Craig : Mon père m’a donné un conseil que je suis à la lettre : « Tu ne veux pas que tout te soit donné sur un plateau d’argent, parce que tu ne l’apprécieras pas à sa juste valeur. » Il y a définitivement eu des moments avec le groupe où je n’étais pas reconnaissant de ce que nous avions. Je ne pense pas que j’étais prêt pour le type de succès dont Robert parlait. Mais aujourd’hui, je vois ça comme une leçon apprise. C’est une façon pour moi de grandir, de devenir l’artiste que je suis aujourd’hui, d’être reconnaissant et d’être prêt pour tout ce que la vie me réserve.

Qu’est-ce qui a changé dans votre façon de performer ou de composer ?

Erik Jensen, bassiste et guitare rythmique : Avant, un spectacle représentait seulement 45 minutes ou une heure de notre journée. L’écriture d’une chanson occupait quelques moments ici et là. Maintenant, chaque seconde de la journée est consacrée à performer, à préparer un spectacle ou à travailler sur notre prochaine chanson. Avant, ce n’était qu’une partie de notre monde. Maintenant, ça englobe pratiquement toute notre journée.

Robert : Pour ajouter à ce qu’Erik dit, nous avons connu beaucoup de succès très tôt dans notre carrière. À l’époque, je ne savais même pas vraiment comment devenir un bon batteur. Je rentrais chez moi pour voir mes amis et relaxer. Mais aujourd’hui, on doit constamment être au sommet de notre art. Certaines de nos nouvelles chansons sont vraiment difficiles à jouer, alors il faut pratiquer. Il y a énormément de dévouement qui entre dans tout ça : travailler son instrument, préparer un spectacle, s’échauffer, etc. C’est beaucoup plus professionnel aujourd’hui que ça ne l’était auparavant.

Si vous pouviez le faire sans briser le cœur de votre public, quelle chanson aimeriez-vous ne plus jamais jouer et par quelle chanson la remplaceriez-vous ?

Matti Hoffman, guitariste principal : Toutes les chansons sont vraiment agréables à jouer. Il n’y en a pas une que je ne veux plus jouer.

Robert : Honnêtement, en spectacle, tu joues surtout ce qui va enthousiasmer la foule.

Craig : Nous sommes en quelque sorte des vampires d’énergie : nous nous nourrissons de l’énergie du public et on joue ce qu’il désire entendre. Alors, on ne brisera le cœur de personne !

Au début de votre carrière, qu’est-ce que vous pensiez qui allait arriver et qui, avec le recul, s’est révélé complètement différent ?

Craig : J’ai eu énormément d’espoirs et de rêves qui se sont réalisés. Avant même d’avoir mon premier groupe, je rêvais déjà qu’un jour, je pourrais monter sur une scène et faire ce que je fais aujourd’hui. Mais à mesure que tu accomplis tes objectifs, tes ambitions deviennent plus grandes. C’est un peu une arme à double tranchant. Tu ne veux jamais arrêter de travailler fort ni de grandir, mais parfois, quand les moments forts redescendent, tu te retrouves dans des moments plus difficiles. Il arrive  même de devenir déprimé parce que les choses ne se déroulent pas comme tu l’avais imaginé. Mais c’est correct. La vie est faite ainsi, il faut continuer d’avancer. Et pour ce qui est des accomplissements, lorsque le Vans Warped Tour a été annoncé l’année dernière, je voulais absolument participer à cette tournée. Cette année, nous jouons à Long Beach, Montréal et au Mexique. C’est vraiment génial !

Pendant votre performance aujourd’hui, vous avez mentionné que votre passage au Warped Tour de Montréal avait été votre meilleur spectacle. Alors, qu’est-ce qui a changé entre le Vans Warped Tour de l’époque et celui d’aujourd’hui ?

Craig : Rien, à part que la foule était beaucoup plus grande que la dernière fois. Mais Montréal est toujours déchaînée et prête à faire la fête. Le public est toujours incroyable ici et nous avons passé un excellent moment !

Vous avez lancé les singles Deja Vu et Idle Potential en 2026. Qu’est-ce qui mijote pour Escape the Fate dans un avenir rapproché ?

Craig : Nous sommes tous un peu paranoïaques à propos de ce qui s’en vient ! Une chanson sortira dans environ une semaine et l’album arrivera très peu de temps après. Il y aura également des vidéoclips complets. Tu sais, en tant que groupe et artistes, nous créons de l’art et nous voulons créer quelque chose que les fans pourront garder et apprécier, quelque chose de plus qu’un simple extrait de 30 secondes. Nous espérons tourner quelques vidéos avant notre tournée avec le groupe Skillet, pour la prochaine chanson et celle qui suivra !

Quels autres groupes nous conseillez-vous d’aller voir ce weekend au Vans Warped Tour ?

Craig : Robert adore Thrice. Il dit qu’il se sent plus intelligent lorsqu’il les écoute, parce qu’il y a énormément de bonnes paroles dans leur discographie. Les autres groupes à voir seraient MXPX, Ice Nine Kills et A Day to Remember : Impossible de manquer ces derniers, ils sont tellement bons !

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Scorching Tomb

Au second jour du Vans Warped Tour, on a voulu mettre de l’avant la scène québécoise et on a eu la chance de s’entretenir avec Scorching Tomb, qui nous a accordé un moment sous le soleil brûlant de midi, avant leur performance. La formation a été créée en 2018 et c’est un groupe de death metal et de hardcore, provenant de Montréal.

Le nom de votre groupe évoque quelque chose d’assez sombre et violent. Quelle est l’histoire derrière ce choix ?

Vincent Patrick Lajeunesse (VP), le chanteur : On voulait que ce soit méchant. On joue du death metal. On avait une liste de 25 noms et Scorching Tomb vient de l’inspiration de Dante’s Inferno, dans lequel les gens se font envoyer brûler pour l’éternité, et c’est ce qui a inspiré le nom de notre groupe. Ça a failli être Grave Crawler ou Bones Setter, qui fait référence au Bonhomme Sept Heures, mais on a trouvé un groupe qui porte ce nom et ils font du dad rock, ce qui nous a refroidis à l’idée.

Selon vous, qu’est-ce qui vous distingue des autres groupes de votre scène ?

Miguel Lepage, le bassiste : Le groupe s’inspire de bands de death metal à la base, mais on essaie d’avoir notre touche à nous. Le son Scorching Tomb provient des membres en tant que tels.

Philippe Leblanc, le guitariste : Au départ, je voulais un groupe qui sonne comme Gatecreeper : death metal, mid-tempo, avec une touche de mosh riff hardcore. Il y a tellement de groupes inspirants, de Dying Fetus à Obituary, à Gorguts.

Miguel surenchérit avec « le Roi Heenok », avec un air plaisantin.

Votre bio Spotify est simple : « Montreal Death Metal ». Si vous aviez à résumer votre projet musical en trois autres mots, quels seraient-ils ?

VP : Fuck shit up!

Est-ce que vous préférez jouer devant une petite salle ou devant une grosse foule ?

Miguel : Présentement, on aime jouer devant de petites foules, mais on aspire à jouer devant de grosses foules et on le fait de plus en plus souvent. On n’a pas de préférence par contre, on va donner tout ce qu’on a en spectacle. La réaction du public est toujours positive.

Émile Savard, le batteur : Tu peux avoir un gros public qui s’en fout et un petit qui adore, alors c’est assez dur à dire. Ça dépend de l’énergie de la foule, mais on n’a sincèrement jamais eu de mauvaise réception. On est souvent le band pour qui ça brasse le plus.

Vincent ajoute que : « Des fois, tu joues devant 80 personnes, comme à notre dernier show à Sherbrooke, mais ça feel comme un 300-400 personnes tellement les gens embarquent. »

De quelle manière, autre que via une collab, déterminez-vous quelle chanson sera un single ?

Émile : On prend la meilleure. On prend celle qui est la plus méchante.

VP : On choisit des chansons que ça faisait longtemps qu’on jouait live. Autrement, notre choix porte sur des chansons avec des invités vocaux. Skullcrush, on l’a jouée pendant deux ans en spectacle et c’est celle qui levait le plus à cause des mosh parts. On s’est fiés à l’engouement du public pour la sortir en single avant l’album.

Quelles sont vos ambitions à moyen et long terme pour le projet ?

Philippe : Faire des gigs intéressantes, qui nous amèneront du plaisir et qui ne nous mettront pas dans le trouble financièrement. Le but serait de faire une ou deux tournées par an, mais on a des obligations d’adultes à concilier. On désire faire les meilleurs shows au Québec et au Canada, et c’est ce qui s’en vient pour nous.

Y a-t-il une chanson que vous avez particulièrement hâte de jouer aujourd’hui ?

Émile : Feel the Blade, parce que cette chanson est un réel marathon. Avant de la commencer, on se regarde avec des petits regards désespérés et on se regarde quand elle est enfin terminée, avec beaucoup de soulagement ! C’est la plus sportive sur tous les instruments, il n’y a aucun break.

Philippe abonde dans le même sens et souligne que « Feel the Blade, dès qu’elle débute, j’ai juste hâte qu’elle finisse ! Mais sinon, j’ai vraiment hâte de jouer Skullcrush, notre premier single pour cet album. On a toujours une bonne réponse à cette chanson.

À quoi peut-on s’attendre de votre performance ? Avez-vous un scoop à nous donner ?

VP : On a des invités vocaux, dont Alex de Primal Horde pour Feel the Blade, Greg de Desecrate qui va faire Skullcrush, et ce sont tous des amis, alors c’est très le fun.

Quels autres groupes nous recommandez-vous d’attraper aujourd’hui au Vans ?

VP : Desecrate, Despised Icon, Bruiserweight, tous les gens qui seront sur la scène Paget sur laquelle on joue, dont Béton Armé, Sudden Waves et Cross Check.

Quand vous composez une nouvelle chanson, qu’est-ce qui vient en premier au niveau de la composition : un riff, un beat ou des paroles ?

Philippe : Souvent, j’ai une idée de riff, avec un semblant de tempo de batterie. Je le communique à Émile, qui le joue, et on compose ainsi au fur et à mesure.

Émile : On ne jam pas, on décolle toujours à partir d’un riff.

Phil : Feel the Blade, on l’a composée rush en deux heures, car on désirait une huitième chanson sur notre album.

Miguel : On se l’est infligée.

Phil : J’ai sorti un riff, puis un deuxième et un troisième. Au début, je n’étais pas certain de l’aimer, car on l’a vraiment rushée, mais tout le monde nous dit à quel point il l’aime et que c’est une des meilleures.

Si vous pouviez faire disparaître ou modifier une convention de la scène métal québécoise, ce serait quoi ?

Émile : Le gatekeeping, parce que la musique, c’est fait pour être apprécié, tous genres confondus. Je ne pense pas que tu as besoin de faire partie d’une gang ou de te faire mettre dans une boîte avec une étiquette, en disant que « tu n’es pas assez métal pour X genre de musique ». Je viens d’un background de black metal, et c’est un peu élitiste comme sphère.

VP : Le hardcore aussi, c’est très élitiste. C’est une affaire de crew, de gang. Même si aujourd’hui ça a un peu changé et que ça accepte un peu plus les autres genres, le métal, c’est toujours un peu plus braqué.

Émile : On souhaiterait enlever le gatekeeping de tous les genres. Moi, j’écoute du Marjo, du Gerry Boulet pis les BB, pis une bonne toune, c’est une bonne toune, point.

Quelle est votre chanson préférée de votre répertoire, et pourquoi ?

Phil : Sanctum of Bones. Je l’aime beaucoup, c’est un hymne au death metal. Ça brasse tout le long, il y a un bon build-up, un bon riff et une bonne partie pour mosher.

Miguel : Sentence to Rot, parce que c’est un headbanger du début à la fin. Les riffs sont simples, mais ça rentre dedans. Les transitions sont aux bonnes places. En live, elle fait monter l’énergie d’un cran.

Émile : Sanctum of Bones, c’est de la garoche du début à la fin. Le refrain est incroyable. C’est grâce à cette chanson qu’on a trouvé notre son et qu’on s’est alignés pour l’album et qui a fait émerger l’esthétique qu’on recherchait.

VP : Sanctum of Bones, mais j’aime aussi jouer Skullcrush. Elle est le fun et elle me donne un break, et la réaction est toujours bonne. Dès qu’elle part à la basse, dans le public, ça bardasse.

Avez-vous de la nouvelle musique qui s’en vient ?

Émile : On a commencé à composer. On ne sait pas si ce sera un EP ou un album, on va go with the flow.

VP : On ne veut rien forcer, on veut que ça soit authentique et naturel à notre son. On ne se met pas trop de pression. On aimerait viser un album, mais on va évaluer combien de chansons on détiendra une fois rendu à la fin de l’année. Il va toutefois y avoir d’importantes collaborations vocales.

Miguel : Roi Heenok !

VP : Mais on promet des featurings béton, avec des musiciens cool, et on veut amener nos chansons à un autre niveau.

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Sudden Waves

On a finalement eu la chance de s’entretenir avec Vince B. Doiron, guitariste pour le groupe Sudden Waves, qui nous a parlé de son expérience au Vans Warped Tour ainsi que de ce qui s’envient pour la formation, suite à leur importante annonce durant leur spectacle.

Quelle est l’histoire derrière le nom du groupe ?

Vince : C’est un nom dynamique, qui se dit aussi bien en français qu’en anglais. Il sonne énergique et fit avec la musique qu’on fait.

Selon vous, qu’est-ce qui vous distingue des autres groupes de votre scène ?

Vince : On amène party quand on fait de la musique sur scène. On aime quand le monde se rentre dedans, mais avec du plaisir. L’ambiance qu’on amène et la richesse de nos backgrounds de métal, de pop-punk et de punk-rock amènent une forte impressiondans notre hardcore mélodique.

Si vous aviez à résumer votre projet musical en trois autres mots, lesquels seraient-ils, autres que « Montréal melodic punk hardcore band » ?

Vince : Énergétique, good vibes et bûchage !

Quand vous composez une nouvelle chanson, qu’est-ce qui vient en premier au niveau de la composition : un riff, un beat ou des paroles ?

Vince : En général, souvent, ça part d’un riff. Je compose naturellement dans mon studio, puis on s’assoit ensemble et on passe la chanson au tordeur : on change la structure de la chanson et on ajoute des paroles.

Est-ce qu’il y a une chanson pour laquelle il y a eu un plus gros engouement et qui vous a pris par surprise ?

Vince : Until We Make It (world tour), il y a eu un bon vibe. Sinon, la réception de notre dernier single, Moonshot, je l’entends dans des vidéos sur les réseaux sociaux, dans des stories à gauche et à droite.

Est-ce que vous préférez jouer devant une petite salle ou devant une grosse foule ?

Vince : Quand tu joues devant une grosse foule, par exemple au Vans, plus t’as du monde réceptif, plus tu te donnes et plus le show aura un bon vibe. On préfère cent fois un show de 50 personnes qui sont motivées, qu’un show à 1000 personnes où personne « n’est dedans ».

Qu’est-ce que vous avez le plus apprécié de votre expérience au Vans cette année ?

Vince : Il y a sincèrement plus de monde que ce que j’avais imaginé. J’ai entendu dire qu’on avait créé du trafic et que les gens avaient de la misère à se déplacer, c’est flatteur. On avait bien préparé notre publicité. On avait une pancarte déambulante qui présentait à quelle heure on allait jouer et on avait aussi des bandanas oranges pour la foule. J’ai même amené sur scène un cône ramassé sur le bord de la route, une idée de dernière minute, et c’est con, mais le cône a fait jaser à l’os ! Et évidemment, le fait que Rej Laplanche qui nous présente a été un moment clé de notre performance.

Quelle est la chose la plus chaotique qui vous soit arrivée dans le cadre d’une prestation ?

Vince : On a déjà fait un show sur le toit d’un autobus. Mais on a manqué de courant pendant un bout de temps et nos amplis prennent du temps à s’allumer. En plus, le bus chambranlait un peu, surtout qu’on est des gars dynamiques, c’était dangereux, mais excitant !

Avec quels autres groupes avez-vous eu les meilleures interactions, au Vans ou lors de vos autres spectacles ?

Vince : On a beaucoup d’amis dans des groupes locaux. Au niveau international, on a été en tournée en Europe avec un band qui s’appelle Dog Eat Dog. On a solidifié des liens avec eux à force de les côtoyer dans l’autobus de tournée.

De quelle manière, autre que via une collaboration, déterminez-vous quelle chanson sera un single ?

Vince : D’abord, je ne pense pas que d’espacer les singles soit une stratégie qu’on va exploiter en 2027. L’espacement des chansons a tué notre momentum. L’an prochain, on veut sortir un album ou un EP. On va se baser sur la réception du public pour déterminer ce qui sera un single. Des fois, nos chansons préférées à nous, les membres du band, ne sont pas celles que le public préfère, alors on se base sur la réception des fans et l’engouement pour publiciser une chanson.

Qu’est-ce que vous voulez que les gens ressentent lorsqu’ils assistent à votre show ?

Vince : Qu’ils se sentent bien et bienvenus, qu’ils se laissent aller à 100 % !

On a eu droit à l’annonce du départ de Miguel samedi dernier. Comment ça affecte le band ?

Vince : On a des shows prévus jusqu’à la fin de l’année, ça nous occasionne une certaine logistique d’organisation, c’est certain. Mon grand frère peut parfois me remplacer à la guitare ou, parfois, il joue de la basse. Dans le cas où on n’aurait pas de musicien disponible pour la basse, on va pré-enregistrer la basse dans mon studio et la faire jouer dans les séquences. C’est sûr que c’est plate parce que Miguel, c’est un bon ami et j’aimais jouer avec lui. C’est plus ça qui nous fait mal que de s’organiser avec la logistique du remplacement.

Quelles sont vos ambitions à moyen et long terme pour le projet ?

Vince : On est en mode composition. On va essayer d’ajouter de nouvelles influences dans notre son, amener un petit quelque chose de nouveau pour continuer de se démarquer parmi le lot des bands de hardcore mélodique. Aussi, on contemple une tournée aux États-Unis.

Est-ce que vous avez un rituel avant de monter sur scène ?

Vince : Pas vraiment, mais dans le band, on est une gang de colleux. On se donne des props aussi, pis on se dit qu’on va avoir du plaisir et que ça va bien aller. De temps à autre, on se cale un shooter de Fireball, mais ce n’est pas routinier !

Vous avez dit aux fans d’aller dans les bars et d’ encourager la scène locale. Quel serait votre souhait pour la musique québécoise et la scène montréalaise punk ?

Vince : Je ne veux dénigrer personne, mais on a souvent tendance à dépenser des sommes impossibles pour des groupes internationaux, mais aussitôt qu’il est question de dépenser 20 $ pour un band local, les gens choke et ne se pointent pas. Il faut supporter nos groupes locaux avant qu’ils explosent. Un bon exemple est celui de Simple Plan, qui était connu partout ailleurs, mais pas au Québec. Angine de Poitrine aussi est un bon exemple : présentement, on les souligne parce qu’ils sont devenus viraux, mais ça fait une décennie que le groupe joue de la musique et ça aura pris tout ce temps pour qu’on en parle.

Donc, mettre un peu plus d’énergie pour les groupes locaux, pour qu’ils puissent eux aussi se développer à l’international par la suite. C’est la responsabilité des consommateurs de musique d’agir et de découvrir notre musique. On les invite à se pointer à nos shows et à ne pas avoir peur de dépenser un 20-25 $ pour voir des groupes locaux plutôt qu’un 200 $ pour un Centre Bell. Ça fait toute la différence et on va vous donner un bon show !

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C’est ce qui conclut le retour en force du Vans Warped Tour 2026. On remercie les organisateurs de cette merveilleuse édition, et un énorme merci aux trois groupes qui nous ont accordé leur précieux temps, on vous aime. Vive le rock et vive la musique québécoise !

Journaliste: Laurence Daoust

Photographe: Alex Guay

Simple Plan, Yellowcard et 30H!3 : la nostalgie à son meilleur au Warped Tour @ Parc Jean Drapeau

nothing,nowhere

La formation punk nothing,nowhere. débute notre second jour au Vans Warped Tour de Montréal. Le groupe propose un son emo à tendance hardcore, avec de belles harmonies et on est rapidement charmé. nothing,nowhere. fait scander la foule « tabarnak », nous encourage à taper des mains et un pit se maintient tout au long de la prestation, bien qu’il soit à peine 12h45. Le groupe provenant du Vermont nous fait penser à un mélange de The Used, State Champs et par moment, A Day To Remember. Le chanteur a un ton de voix très clair et assez aigu, mais les riffs de guitare s’orientent plus vers le punk et le hardcore. Le tout est assez agréable, surtout parce qu’on a un faible pour les groupes qui usent de clean vocal, sur une musique pesante.

Un peu comme Our Last Night le fait, le groupe se prête à des covers réinventées dans son style. Il nous offre All Star de Smash Mouth, ainsi que Wish You Were de Incubus, et rapidement, on est conquis ! L’énergie est impeccable et les musiciens donnent absolument tout ce qu’ils ont sur scène. À un moment, ils nous mentionnent « Open this pit up, you guys have health insurance here, prove it! » et on applaudit leur sens de la répartie. Leur perfo est un gros party, rempli de crowd surfing et de personnes ravies de débuter leur journée avec une si chouette prestation. Pour les fans de emo, de pop-punk et de softcore, on vous recommande une écoute !

Jutes

Si plusieurs attendaient la prestation de Simple Plan ou Jimmy Eat World, notre spectacle le plus attendu était celui de l’ontarien Jutes… et on avait prévu le coup en se plaçant à la barricade centrale ! On se retrouve entouré majoritairement de femmes – sans surprise -, étant donné la beauté du chanteur et sa sensibilité artistique. Ça a quelque peu compliqué le crowd surfing puisque des fangirls de 120 livres toutes mouillées, ça a quelques difficultés à soutenir les hommes musclés de 220 livres, qui nous arrivent derrière la tête, pieds en premiers.

L’artiste enchante avec plusieurs chansons de son nouvel album Chin Up, Beautiful, paru le 5 août dernier. Il entame à notre grand bonheur avec l’énergique One of Us, pour laquelle la foule balance ses mains dans les airs. Les cris du chanteur sont absolument impeccables, ils sont encore plus émotifs et droit au cœur qu’en simple audio. Jutes nous livre une performance vulnérable, tout en étant totalement en contrôle de son impressionnante voix, particulièrement lors de Blink Twice, Mannequin et Disassociate.

« It feels like home, I’m from Ottawa but this feels just like home. I’ve put out a new album, I think we need a picture » nous dit-il, pour ensuite sortir son téléphone et se filmer alors qu’il entame Smile, You’re on camera. Jutes comble également ses fans de longue date avec It Takes Two, SMUT et Sleepyhead, avec laquelle il termine son set. On a savouré chaque seconde de son spectacle. On a déjà hâte qu’il reviennent à Montréal pour une performance plus longue !

30H!3

Le groupe débarque sur la scène affublé de costumes d’éboueurs très voyants et livre l’énergique PUNKBITCH et ça explose déjà dans la foule. Chaque piste du groupe est accompagnée de son univers visuel à l’esthétique du début des années 2000, dans lequel les deux chanteurs sont personnifiés. Allant de l’univers de South Park, au logo de Nickelodeon, en passant par le fameux fond d’écran de Windows 93, le tout est super nostalgique et bien réapproprié. 30H!3 présente ses musiciens avant la populaire STARSTRUKK et on remarque qu’une femme les accompagne à la batterie, à notre plus grande suprise !

Les deux chanteurs sont énergétiques : ils se lancent par terre, ils sautent sur place et habitent toute la vaste scène. Ils nous livrent les classiques Touchin on My, IMNOTYOURBOYFRIENDBABY, Double Vision, My First Kiss et leur méga succès DONTTRUSTME. Lors de cette piste, ainsi que durant RICHMAN, la foule place ses mains en symbole à l’effigie de l’album WANT (2008) et ça nous replonge tout droit dans les premiers Vans Warped Tour où on les a vu performé. Mis à part les quelques poils blancs dans leurs barbes, on dirait que rien n’a changé : on est immergé dans l’énergie des années 2000, comme si on avait encore 17 ans !

30H!3 nous offre également de plus récentes compositions telles que MY FRIENDS et LONELY MACHINES, durant lesquelles ont reprend un peu notre souffle, car il fait TRÈS chaud et la foule est dense. En somme, 30H!3 nous a offert un beau moment de danse et de nostalgie. On a beaucoup sauté sur place et dansé, au point d’avoir hâte à un moment de repos à l’ombre suite à leur super spectacle.

Scorching Tomb

On avait très hâte à la perfo de nos amis de Scorching Tomb, avec qui on avait effectué une entrevue en début de journée. Ceux-ci se produisent sur la plus petite scène du festival, qui est réservée aux artistes émergents, mais avec les nombreux fans de musique métal qui les supportent, ils ont attiré assez de gens pour poser une circulation difficile aux festivaliers autour de leur scène !

Dès les premiers riffs de guitare, un pit est déjà formé et ça bardasse en masse. Pour ajouter aux festivités, Scorching Tomb nous propose deux belles surprises en invitant d’abord Alex Cloutier de Primal Horde pour jouer Feel the Blade, et la foule en redemande. Un peu plus loin dans le set, c’est au tour de Greg Kepka du groupe Desecrate de performer aux côtés de Scorching Tomb et les fans sont ravis, ça crinque l’énergie d’un cran !

Les gars de Scorching Tomb nous livrent des pistes principalement issues de leur album Ossuary, paru en 2025. Pendant que le chanteur Vincent Patrick Lajeunesse fait tourner son micro en l’air, un vaste circle pit se déchaîne parmi les spectateurs. Vincent encourage même la foule à effectuer un wall of death et ça participe comme jamais. Après tout, c’est vrai qu’on a des cartes d’assurance maladie, alors on s’en permet un peu !

Le contraste entre l’amour qui leur est envoyé et la lourdeur de leur death metal est saisissante. Leur prestation a été bien plus qu’un simple show dans un festival, c’était une réunion entre amis, un moment de célébration de la musique métal québécoise et on a un immense élan de fierté à voir nos chums être soutenus par des centaines de festivaliers, lors d’une journée si épique.

Sudden Waves

Au tour de Sudden Waves de prendre d’assaut la scène après Scorching Tomb. Le groupe est généreusement introduit par nul autre que Rej Laplante, ancien VJ de MusiquePlus, animateur radio et fier représentant de la scène punk canadienne. Sudden Waves est associé à la couleur orange et plusieurs festivaliers (dont nous-même) brandissent des bandanas oranges, afin d’encourager le groupe. Gabriel Desbiens, chanteur de la formation, brandit pour sa part un cône orange à bout de bras et le donne aux fans, qui l’installent à l’avant de la scène afin de l’intégrer au circle pit.

Si la circulation autour du stage était déjà pénible, elle devient à peu près impossible dès que Sudden Waves entame son set ! Gabriel nous lance « C’est bon d’être ici, il y a tellement de gens qu’on reconnait, plein de visages familiers. On a commencé à faire de la musique dans un sous-sol en 2018 et là, on est au Vans Warped Tour, what the fuck ! » et la foule rugit. Entre THIS ONE LIFE, Meet Me Halfway et Contender, le groupe fait des sourires à ses fans, lui donne des fist bumps et même des accolades à ceux qui osent monter sur scène pour ensuite se lancer dans le pit.

Petite surprise pour les fans de pop-punk : ils sont ravis d’avoir droit à un excellent cover de Decode du groupe Paramore. Les gens ont réellement du plaisir et le band se nourrit de cette énergie pour leur redonner au quintuple. Les gars sont super dynamiques, ils sautent en synchronisation et occupent tout l’espace. Fait cocasse, à un moment, Gabriel saute tellement qu’il perd momentanément l’équilibre et s’enfarge dans le micro du batteur !

En plus des bandanas oranges, Sudden Waves a sa propre bannière et des fans crinqués montent sur les haut-parleurs pour l’étendre. Le groupe avait également prévu des ballons gonflables qu’il lance dans la foule histoire de dynamiser le set.

En fin de spectacle, Gabriel nous dit « Allez dans les shows de bars, encouragez la scène locale. De plus, notre ami Miguel va lâcher le band et continuer avec Scorching Tomb, il est dans deux groupes qui roulent bien trop, ce sera aujourd’hui son dernier show avec nous. Il a fait 4 ans avec nous, faites du bruit pour Miguel. ». La foule se met à scander le nom du bassiste à répétition et on sent que c’est un moment très émotif pour ses comparses musiciens. La formation nous livre l’excellente Moonshot et Late bloom, puis nous laisse sur un « Ça fait chaud au cœur la maison, merci ! ». On est absolument ravi de ne pas avoir loupé ce spectacle si rassembleur et impressionnant !

Jimmy Eat World

Le groupe de rock alternatif Jimmy Eat World embarque sur la scène principale en début de soirée. Il ouvre avec la superbe Bleed American et ça met le ton pour leur prestation, puisqu’il joue l’entièreté de l’album éponyme ! En effet, cette année marque les 25 ans de la parution de l’opus et le groupe est actuellement en tournée mondiale pour souligner l’anniversaire de ce disque qui a lourdement impacté sa carrière. On s’étonne d’entendre comme troisième piste la très populaire The Middle, qui normalement, serait jouée en fin de set pour propulser la prestation à son summum. Qu’à cela ne tienne, on leur lève notre chapeau d’avoir joué l’album dans son entièreté et dans l’ordre désigné.

On sent toutefois qu’en milieu de performance, la tension se relâche et ça bouge un peu moins dans la foule, puisque Bleed American propose des pistes au tempo plus lent, notamment Your House, Hear You Me et Cautioners. On était particulièrement ravi d’entendre If You Don’t, Don’t pour laquelle on a un énorme faible. Hormis six gros bulbes lumineux géants dispersés de chaque côté des musiciens, la mise en scène est très sobre et s’appuie essentiellement sur un jeu d’éclairage, ainsi que quelques animations de trophées sur l’écran géant, à l’effigie de la pochette de Bleed American.

Entre les chansons nostalgiques, le dynamisme des musiciens et le magnifique couché de soleil qui teinte les nuages d’or et de rose, on vit un vrai moment emo. Après avoir clos l’album avec My Sundown, Jimmy Eat World nous réserve Pain en guise de rappel, histoire de finir sur une note plus dynamique. La formation a fait un sans faute : aucune fausse note, aucun problème technique et c’était une prestation savoureuse, plus particulièrement pour les fans de longue date !

Yellowcard

Vient ensuite la performance d’un autre groupe dont la discographie est synonyme de nostalgie, Yellowcard. Contrairement à Jimmy Eat World, Yellowcard a choisi d’alterner entre de plus récentes chansons tirées de l’album Better Days (2025) et ses plus grands succès. Et on vous l’avoue, le party était pas mal plus présent lors de leur performance ! La formation est introduite au son de la chanson thème de Ghost Busters et l’iconique fantôme du film, ainsi qu’un ghost buster, se poursuivent sur la scène, en lançant occasionnellement des chandails dans la foule. Bien que le lien entre le groupe et cette mise en scène nous semble obscur, c’était une bonne introduction qui nous a gardé sur le qui-vive.

Alors que la chanson thème de Top Gun joue, la formation entre en scène et ouvre avec Better Days, puis enchaîne avec le succès Way Away – durant lequel tout le parterre crie les paroles – avant de jouer For You, and Your Denial. Yellowcard impressionne toujours par l’intégration de violon dans ses pistes et leur violoniste, Sean Mackin, habite la scène encore plus qu’un guitariste ne le pourrait : il est hyper dynamique et se promène absolument partout. Même si on se fait offrir des pistes plus récentes, un circle pit est créé et ça swing beaucoup, surtout pour Love Letters Lost et Bedroom Posters. Le groupe nous fait plaisir avec des classiques tels que Lights and Sounds, Breathing et Only One, chanson durant laquelle tout le monde allume sa lumière de téléphone et savoure chaque moment de la poignante ballade.

Il convient de souligner deux petits bémols à cette prestation. D’abord, le groupe ne propose que son nom en guise d’animation et on avoue qu’étant un artiste qui joue juste avant la tête d’affiche, on avait des attentes plus élevées niveau décor. Ensuite, le groupe interagit peu avec la foule. On s’imagine que c’est dû en raison du peu de temps qui lui est accordé pour sa performance et qu’il préfère laisser la musique parler d’elle-même.

Toutefois, avant jouer sa dernière chanson, le band nous avoue que « There was a time when we thought we couldn’t do this anymore and in Chicago, when we played the Riot Fest, we hadn’t played any music together for six years, but something told us to put this behind, as friends and bandmates. Since that night, we’ve done the biggest tours of our career, recorded Better Days with our friend Travis Barker and had two number one hits on the radio. Thank you guys so much! This show is wild and unreal, and we are going to come back next year, promise! ». Yellowcard termine avec son méga succès Ocean Avenue qui comble la foule de bonheur, et nous donne l’espoir d’un spectacle plus long en sol montréalais en 2027 !

Simple Plan

En se faufilant dans la foule, on se demande vraiment comment Simple Plan pourra surpasser la prestation de clôture de la veille, livrée par A Day To Remember. Après tout, il lui revient la lourde tâche de clôturer le festival, alors les attentes sont à leur maximum. La formation originaire de Montréal a attiré une foule monstre et il est trois fois plus difficile de se faufiler (ou de simplement se tenir debout) qu’au spectacle de A Day To Remember. On range rapidement notre téléphone ainsi que notre montre dans notre sac, car ça brasse beaucoup trop pour le peu d’espace qu’on a au parterre !

Simple Plan débute avec I’d Do Anything et ça transforme le festival en véritable chorale. On est témoin de plein de jeunes hommes qui chantent en regardant leur amis, les yeux plein d’étoiles et le sourire aux lèvres. On avoue que c’est une douce et puissante nostalgie qui règne dans la foule pour cet ultime spectacle du Vans Warped Tour.

Si au niveau des animations c’était monotone durant Yellowcard, avec Simple Plan, c’est complètement l’inverse : on a droit aux plus belles animations de tout le festival ! Et durant les chansons, c’est tout autant dynamique : de Nothing Changes à Jump, en passant par Shut Up!, ça bodysurf sans interruption. On a droit à de la fumée et à du feu sur la scène, sans oublier la formation d’un immense pit au parterre. Celui-ci prend d’ailleurs de l’ampleur quand le chanteur Pierre Bouvier annonce « On a tu des fans de Reset ici ce soir ?! » et que la formation enchaîne avec Go Away, issue du projet Reset – le groupe punk dont faisaient partie Pierre et Chuck Comeau, avant qu’ils ne se consacrent uniquement à Simple Plan.

Durant Jet Lag, le groupe invite LØLØ à prêter sa voix à la chanson. On aurait préféré voir débarquer Marie-Mai et entendre la version francophone du hit, mais LØLØ fait une superbe prestation et de belles harmonies. Pierre nous demande ensuite « C’est quoi un vieux fan de Simple Plan ? Quelqu’un qui nous suit depuis 5 ans, 10 ans, 15 ans ou 20 ans ? » et les festivaliers font beaucoup de bruit pour exprimer sa longévité en tant que fan. « On va vous donner du old Simple Plan ! » et le groupe enchaîne avec Addicted.  Étonnamment, ce n’est pas tout le monde qui chante autour de nous, donc on met les bouchées doubles pour assumer leur part d’ignorance en criant les paroles le plus fort possible !

Le groupe nous demande ensuite qui les a déjà vu en prestation et souhaite « Welcome to the family! » aux nouveaux, avant de nous jouer la fameuse Welcome To My Life, chanson qui a marqué notre génération (et le Top 5 MusiquePlus anglo) au fer rouge. Pierre renchérit « Ça fait trop longtemps qu’on n’était pas venu au Vans Warped Tour. ». « How about we put some party music? » et la formation nous livre des covers de All Star de Smash Mouth, de Sk8er Boi d’Avril Lavigne ainsi que de Mr. Brightside du groupe The Killers. On a l’impression d’être au meilleur Emo Night de tous les temps et la foule se transforme à nouveau en une puissante chorale.

On a droit à plusieurs autres surprises : des énormes ballons de plage durant Summer Paradise, plus d’une centaine de personnes déguisées en Scooby-Doo qui prennent d’assaut la scène durant What’s New Scooby-Doo et aussi à un gâteau en forme de burger qui est amené à Jeff Stinco, le guitariste de la formation, qui célèbre ses 48 ans sur la scène ce soir ! Pierre poursuit en soulignant que Simple Plan est devenu viral grâce à sa chanson I’m Just a Kid et souligne que « Every night is the worst night ever, mais pas ce soir ! », avant de poursuivre avec la mythique chanson. Durant le bridge, Chuck prend un micro et revêt fièrement un jersey de la Victoire en soulignant que « Montréal, c’est la ville des championnes ! ». Il donne plein de high five aux gens à la barricade, confie son instrument à Pierre qui assume désormais le rôle de batteur pour le reste de la piste, alors que Jaret Reddick, le chanteur de Bowling For Soup, prend le relais au chant. Quand I’m Just a Kid reprend, Chuck se lance dans la foule pour faire du bodysurf et c’est l’ultime party au parterre.

Et justement, grâce aux nombreux bodysurfers, on gagne de l’espace dans la foule et ça nous permet de vivre à fond la dernière pièce, Perfect, alors que des feux d’artifices illuminent le ciel et qu’on serre nos amis dans nos bras en chantant la douce ballade. C’est définitif, Simple Plan sait comment animer une foule, livrer une prestation incroyable et unifier le public. Cette performance de Simple Plan a comblé notre cœur d’emo, redevenu adolescent le temps d’une soirée, et nous a offert la finale dont on avait de besoin !

Journaliste: Laurence Daoust

Photographe: Alexandre Guay

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