Category: Québec

La malédiction est enfin levée : la soirée latino fait danser les Plaines 11 Juillet 2026 @ FEQ (Québec)

Luis Fonsi + Aria Vega + Cruzito

Il y a parfois des soirées qui semblent poursuivies par le mauvais sort. Les spectacles latinos du Festival d’été de Québec en savent quelque chose. En 2022, un violent orage avait forcé l’annulation du spectacle très attendu de Luis Fonsi. L’année dernière, c’est Cruzito qui avait vu sa prestation écourtée par une météo tout aussi capricieuse. Cette fois, la malédiction semblait enfin appartenir au passé.

Sous un soleil radieux et une chaleur digne des plus belles destinations du Sud, les Plaines d’Abraham se sont transformées en immense piste de danse où les rythmes latins ont réuni des milliers de festivaliers venus profiter d’une soirée qui, enfin, allait pouvoir se dérouler jusqu’à la dernière note.

Le premier à monter sur scène est Cruzito, et l’on comprend rapidement que cette soirée dépasse le simple cadre d’un concert. Devant la scène Bell, les premiers rangs se parent des couleurs de plusieurs pays d’Amérique latine. Des drapeaux de la Colombie, du Mexique et de la République dominicaine flottent fièrement au-dessus d’une foule venue célébrer autant sa culture que la musique.

Né au Québec, mais fier de ses racines latino-américaines, Cruzito revendique pleinement cette double identité. Son chandail affiche d’ailleurs un message qui résume parfaitement son parcours : « Un Québécois dans le cœur, un Latino dans le sang !!! » Une phrase qui semble trouver écho auprès des nombreux festivaliers rassemblés devant la scène.

Alternant ses propres chansons et quelques reprises bien connues, l’artiste réussit rapidement à transformer les Plaines d’Abraham en une immense piste de danse. Son énergie est communicative, tout comme sa proximité avec le public, qui chante, danse et répond à chacune de ses interventions.

L’un des moments les plus touchants du spectacle survient lorsqu’il invite sa choriste, qui est également sa conjointe, à partager un duo empreint de complicité. Plus tard, un autre artiste invité vient se joindre à la fête, ajoutant une nouvelle dose d’énergie à une prestation déjà particulièrement rassembleuse.

Pendant ce temps, devant la scène, un phénomène devenu presque une tradition au FEQ reprend de plus belle. Les festivaliers ne se contentent plus de danser : ils se propulsent littéralement dans les airs, exécutant d’impressionnantes figures acrobatiques avant d’être rattrapés par la foule. Un spectacle aussi surprenant que photogénique qui contribue à l’ambiance festive de cette première partie de soirée.

La scène accueille ensuite Aria Véga, et il ne lui faut que quelques minutes pour conquérir les Plaines. Souriante du début à la fin, la chanteuse déborde d’énergie et entraîne rapidement les festivaliers dans son univers. Entourée de ses danseuses, elle enchaîne les morceaux festifs avec une aisance remarquable, portée par une voix puissante et une présence scénique lumineuse.

Entre deux chansons, elle s’adresse principalement au public en espagnol avant de tenter quelques mots en français, un geste accueilli avec enthousiasme. Chaque interaction trouve un écho immédiat dans la foule, qui répond présente en chantant, en applaudissant et en dansant au rythme de ses chansons. L’ambiance devient rapidement contagieuse, tant sur scène que dans les premiers rangs.

La complicité entre Aria Véga et ses danseuses est également palpable. Les sourires, les regards échangés et l’énergie collective donnent au spectacle un caractère chaleureux. Même au moment de quitter la scène, son enthousiasme demeure intact. Aria Véga s’éclipse en sautillant vers les coulisses, un immense sourire aux lèvres, visiblement touchée par l’accueil que lui ont réservé les festivaliers. Une sortie spontanée et pleine de fraîcheur qui résume parfaitement son passage au Festival d’été de Québec.

Lorsque Luis Fonsi apparaît enfin sur la scène Bell, les Plaines d’Abraham sont remplies à craquer. Des milliers de festivaliers sont venus célébrer avec celui qui a offert au monde certains des plus grands succès de la musique latino.

Cette fois, la météo n’avait rien à voir avec la chaleur qui envahissait les Plaines. Dès les premières chansons, de gigantesques colonnes de flammes jaillissent de l’avant-scène, ajoutant une dimension spectaculaire à une soirée qui portait décidément bien son qualificatif de caliente.

L’ambiance démarre avec enthousiasme, mais l’intensité fluctue au fil du spectacle. L’artiste choisit de mettre de l’avant plusieurs chansons de son répertoire plus récent, un choix artistique qui semble laisser une partie du public sur son appétit. Beaucoup espéraient retrouver plus rapidement les grands succès qui l’ont rendu célèbre à travers le monde.

Il faudra attendre les derniers instants de la soirée pour entendre Despacito. Dès les premières notes, les téléphones s’élèvent, les voix se joignent à celle de l’artiste et les Plaines retrouvent instantanément toute leur effervescence. Ce moment, attendu depuis le début du spectacle, offre une conclusion festive.

Après plusieurs éditions marquées par des orages venus bouleverser les soirées latines du FEQ, cette troisième journée aura finalement offert tout ce que les festivaliers attendaient : du soleil, des sourires, de la danse… et une immense fiesta qui a duré jusqu’à la toute dernière chanson.

Auteure et photographe : Sandra Esteves

Le thrash reprend ses droits à la Place George-V 11 Juillet 2026 @ FEQ (Québec)

Testament + Municipal Waste + B.A.R.F + Basterds + Chaos Wasteland

Pendant que les Plaines d’Abraham s’apprêtaient à vibrer au rythme de la musique latine, la Place George-V devenait le terrain de jeu des amateurs de thrash metal. Une programmation sans compromis qui réunissait Chaos Wasteland, Basterds, B.A.R.F., Municipal Waste et Testament.

J’ai amorcé cette troisième journée du FEQ devant la scène de la Place George-V afin d’assister aux prestations de Chaos Wasteland et de Basterds, avant de me diriger vers les Plaines d’Abraham pour couvrir la soirée latino. La couverture de la fin de cette programmation a été assurée sur le terrain par ma collègue photographe Mélanie Clément, dont les observations complètent ce compte rendu.
Les premiers à monter sur scène sont Chaos Wasteland. Visiblement heureux de faire partie de la programmation du Festival d’été de Québec, les musiciens livrent une prestation généreuse qui donne rapidement le ton à cette soirée consacrée au thrash. Leur enthousiasme est communicatif et le public répond présent dès les premières chansons.

Puis vient le tour de Basterds, qui consolident immédiatement le lien avec leurs admirateurs. Très accessible, le chanteur n’hésite pas à quitter la scène pour aller à la rencontre des premiers rangs, serrant des mains et interprétant quelques passages au plus près de son public. Une proximité qui fait toute la différence et qui témoigne de la relation privilégiée que le groupe entretient avec ses fidèles.

 

Après mon départ vers les Plaines, la soirée poursuit sa montée en puissance avec B.A.R.F.. Fidèle à sa réputation, le groupe alterne humour et thrash dans un personnage de Québécois faussement sérieux ponctuant ses interventions de jurons qui déclenchent les rires de la foule. Les spectateurs reprennent en chœur plusieurs chansons, notamment Le Poisson, véritable classique du groupe. Les textes, profondément ancrés dans la culture québécoise et souvent teintés de commentaires politiques, trouvent un écho auprès d’un public qui connaît visiblement son répertoire par cœur.

Avec Municipal Waste, l’intensité franchit un nouveau cap. Le chanteur multiplie les interactions avec les premiers rangs, embrasse des festivaliers, harangue continuellement la foule et retire même son chandail afin d’électriser davantage l’ambiance. Dans un moment aussi insolite que mémorable, une poubelle bleue est portée au-dessus des spectateurs jusqu’à l’avant de la scène, arrachant sourires et applaudissements à la foule.

La soirée se conclut avec les légendes américaines de Testament. Devant une Place George-V complètement investie, les body surfers se succèdent presque sans interruption au-dessus de la foule, tandis que les amateurs de thrash répondent présents jusqu’aux dernières notes. Une finale explosive qui confirme, une fois de plus, que le métal extrême possède toujours une communauté fidèle et particulièrement passionnée au Festival d’été de Québec.

Auteure : Sandra Esteves

Photographes :
Sandra Esteves : Chaos Wasteland – Basterds
Mélanie Clément : B.A.R.F – Municipal Waste – Testament

FEQ 2026 : le soleil et les rythmes du monde embrasent la Place George-V @ Québec

Omega Mighty + Neto Yuth + Cimafunk + bbno$

Après une première journée de festival déjà riche en émotions sur les différentes scènes du Festival d’été de Québec, la deuxième soirée nous transportait dans un tout autre univers du côté de la Place George-V. Sous un soleil de plomb qui attendait les festivaliers dès leur arrivée, l’ambiance était déjà donnée : cette soirée allait être chaude, et pas seulement côté météo.

Si la circulation dense autour du centre-ville de Québec aura malheureusement retardé notre arrivée et nous aura fait manquer la prestation de Crispin Way, il suffisait de quelques pas sur le site pour sentir que la fête était déjà bien commencée.

Sur scène, Omega Mighty était en pleine performance, baignée par les rayons du soleil. Une entrée parfaite dans une soirée qui allait progressivement transformer la Place George-V en immense piste de danse à ciel ouvert.

Avec un mélange de R&B, de soul et d’influences caribéennes, la chanteuse a rapidement attiré l’attention grâce à une présence scénique lumineuse. Difficile de ne pas être charmé par cette énergie qui rappelle autant la sensualité des grandes artistes pop caribéennes que la profondeur et la chaleur de la soul.

Mais ce qui marque surtout chez Omega Mighty, c’est son naturel. Très expressive, souriante et proche du public, Omega Mighty n’a pas tardé à installer son univers.

Entre les morceaux, elle prend le temps d’échanger avec les festivaliers, de rire avec eux et de créer une véritable proximité. Même en pleine interprétation, elle garde un œil attentif sur la foule. Apercevant des spectateurs reprendre ses mouvements de danse, elle leur lance spontanément un enthousiaste « Wow, I like it! ».

Neto Yuth : le reggae rassembleur

Avec Neto Yuth, la Place George-V change de rythme, sans toutefois perdre une seule once d’énergie.

Dès son arrivée sur scène, l’artiste reggae occupe tout l’espace. Véritable boule d’énergie, il arpente la scène sans relâche, faisant virevolter ses longues rastas d’un côté à l’autre au rythme de la musique.

Inspiré par la culture rastafarienne et porté par des textes souvent engagés, Neto Yuth propose un reggae positif et rassembleur. Accompagné par des musiciens talentueux, il réussit progressivement à faire monter la température devant une foule de plus en plus réceptive.

Alors que le soleil descend doucement derrière la Place George-V, la chaleur, elle, reste bien présente parmi les festivaliers tandis que l’ambiance propre aux concerts reggae s’installe tranquillement. On dira simplement qu’une certaine odeur familière flottait également dans l’air… un détail que les amateurs du genre reconnaîtront sans avoir besoin de le nommer.

Cimafunk : la fête cubaine s’invite à Québec

Puis arrive Cimafunk… et la Place George-V prend littéralement une autre dimension.

Dès les premières minutes, l’artiste cubain arrive avec un immense sourire accroché au visage et une énergie absolument contagieuse. Impossible de rester immobile devant ce mélange explosif de funk, de soul et de sonorités afro-cubaines.

Cimafunk réussi en peu de temps à faire tomber la barrière entre la scène et le public, à transformer un spectacle en véritable célébration collective.

Entouré de musiciens talentueux, il invite tout le monde à une fête. Les regards complices s’échangent, les pas de danse s’enchaînent et chaque membre du groupe devient un artiste essentiel du spectacle.

Dans la foule, les drapeaux cubains apparaissent rapidement. La Place George-V devient une immense piste de danse portée par les rythmes, les cuivres et cette joie communicative.

Le moment fort arrive lorsque Cimafunk invite plusieurs festivaliers à monter sur scène avec lui. Rapidement, la scène se remplit de danseurs, de sourires et de drapeaux cubains brandis fièrement.

Mais l’artiste va encore plus loin. Avant de laisser repartir ses invités d’un soir, il prend le temps de les mettre à l’honneur, de les applaudir et de les féliciter, sous les acclamations de toute la foule.

bbno$ : une tornade de folie pour terminer la soirée

Pour clôturer cette soirée, place à bbno$, appelé à remplacer Sean Paul dans la programmation. Et si certains festivaliers pouvaient se demander à quoi s’attendre avec ce changement, l’artiste canadien a rapidement répondu à sa façon : en débarquant comme une véritable tornade.

Dès les premières minutes, bbno$ impose son univers unique. Un mélange de rap, d’humour absurde, d’autodérision et d’énergie complètement déjantée. Une formule difficile à expliquer… mais terriblement efficace.

La foule embarque immédiatement dans son chaos. Certains fans avaient d’ailleurs adopté pleinement son univers coloré, avec costumes et perruques bleu turquoise, ajoutant encore davantage au côté extravagant du spectacle.

Entre deux chansons, bbno$ multiplie les interventions improbables. Il passe d’une confidence sur ses problèmes intestinaux à la lecture d’une recette tirée de son livre végétarien, dont une salade avocat et pamplemousse.

Oui, c’est étrange. Oui, on peut se demander ce qui est en train de se passer. Mais étrangement… ça fonctionne.

« J’ai un petit problème d’intestin, mais ce n’est pas grave. J’ai pris l’avion vers Québec avec l’intention de perdre complètement la tête », lance-t-il au public avant sa reprise de C’est la vie de Yung Gravy.

L’artiste revient aussi sur son passage écourté au FEQ il y a deux ans, lorsque l’orage avait interrompu son spectacle sur les Plaines d’Abraham.

« Ce fut un des moments les plus tristes de ma vie », confie-t-il, visiblement heureux de retrouver Québec dans de meilleures conditions.

Entre une entrée presque militaire menant à Yezzir, une reprise de I Don’t Care de Charli XCX et une énergie qui ne descend jamais, bbno$ réussit son passage. Difficile à classer, parfois difficile à suivre, mais impossible à ignorer.

Au final, cette deuxième journée du FEQ à la Place George-V aura eu un point commun du début à la fin : la connexion. Des univers très différents, mais une même envie : faire tomber cette frontière invisible entre la scène et la foule.

Auteure et photographe : Sandra Esteves

FEQ 2026 : Limp Bizkit et Cypress Hill lancent la 58e édition dans une marée humaine @ Québec

Cleopatrick + Cypress Hill + Limp Bizkit + Lou-Adriane Cassidy — Festival d’été de Québec, 9 juillet 2026

Il y avait quelque chose d’assez particulier dans l’air de Québec ce jeudi soir. Pour lancer sa 58e édition, le Festival d’été de Québec a choisi de faire les choses autrement : laisser les guitares lourdes, le hip-hop rock et l’énergie explosive prendre possession des plaines d’Abraham dès la première soirée.

Un choix audacieux qui semble avoir été largement récompensé. Rarement une ouverture du FEQ aura donné autant l’impression d’un immense rassemblement rock. Bien avant le début des spectacles, la foule envahissait déjà les rues autour du site. Se rendre jusqu’aux plaines relevait presque du parcours du combattant tant les festivaliers étaient nombreux à vouloir assister à cette soirée.

Sous un magnifique ciel d’été légèrement nuageux et humide, Québec était prête à faire du bruit et du bruit, il y en a eu.

Pour ouvrir cette première soirée sur les plaines, c’est le duo canadien Cleopatrick qui avait la responsabilité de donner les premiers coups de guitare de cette 58e édition. Une entrée en matière résolument rock et efficace, qui annonçait déjà la couleur d’une soirée où les amplis allaient clairement prendre leur place.

Avec leur énergie garage rock et leurs sonorités lourdes, Cleopatrick a rapidement installé l’ambiance devant un public qui continuait d’envahir les plaines minute après minute.

Puis c’est Cypress Hill qui est venu faire monter la température d’un cran avant l’arrivée très attendue de Limp Bizkit. Mission accomplie pour le groupe californien qui, après plus de trois décennies de carrière, continue de prouver que ses classiques traversent les générations.

Car c’est probablement l’une des choses les plus marquantes de cette première soirée : ce mélange incroyable entre les fans de la première heure et une toute nouvelle génération venue s’approprier ces chansons.

Dans la foule, il y avait évidemment ceux qui ont grandi avec ces groupes dans les années 90 et 2000. Ceux pour qui ces morceaux rappellent une époque, une adolescence, des souvenirs précis. Mais à côté d’eux, il y avait aussi la toute nouvelle génération, parfois les yeux brillants, qui connaissaient chaque parole par cœur.

La même magie s’est produite avec Limp Bizkit. Sept ans après son passage remarqué à l’Agora Fest en 2019, le groupe était de retour à Québec. Mais cette fois, Fred Durst et sa bande avaient devant eux l’immensité des plaines d’Abraham, transformées pour l’occasion en véritable terrain de jeu géant.

La connexion avec le public était immédiate. Les bras se sont levés, les voix ont suivi, et la foule immense semblait connaître chaque mot.

Ce qui frappait le plus, c’est que cette vague d’amour pour Limp Bizkit ne reposait pas uniquement sur la nostalgie. Bien sûr, il y avait ceux qui avaient grandi avec Chocolate Starfish and the Hot Dog Flavored Water au début des années 2000. Mais tout autour d’eux, une nouvelle génération scandait Rollin’, My Generation ou encore Break Stuff avec la même intensité.

Certains n’étaient même pas nés lorsque ces titres ont explosé partout dans le monde, et pourtant ils étaient là, au premier rang, à vivre ces chansons comme si elles leur appartenaient depuis toujours.

La preuve qu’un bon riff, une attitude assumée et une chanson qui marque une époque peuvent traverser les années sans prendre une ride.

Et parmi les moments qui resteront certainement gravés dans les souvenirs de cette soirée, difficile de ne pas parler de cette fan invitée à monter sur scène aux côtés de Fred Durts.

Parce qu’il faut le dire : accepter une telle invitation devant une foule aussi immense demande une bonne dose de courage. Mais une fois le micro entre les mains elle a envoyé du lourd, portée par l’énergie du groupe et celle des milliers de festivaliers réunis devant elle. Un moment complètement inattendu où une fan est passée, l’espace de quelques minutes, de spectatrice à véritable partie du spectacle. Et elle n’a pas seulement relevé le défi : elle a réussi à épater les plaines d’Abraham.

Preuve que quelque chose de spécial venait de se produire, sa prestation faisait déjà le tour des réseaux sociaux quelques heures seulement après la fin du concert.

Après cette déferlante d’énergie, direction la scène Loto-Québec à la place George-V pour changer complètement d’univers avec Lou-Adriane Cassidy.

Et c’est justement ce contraste qui rend le FEQ si unique.

Après les guitares explosives et l’énergie débordante des plaines, place à une proposition beaucoup plus lumineuse et intime. Avec son énergie pétillante, son naturel et cette petite touche d’humour qui accompagne ses interventions, Lou-Adriane Cassidy a offert un moment rempli de fraîcheur devant un public venu, lui aussi, profiter pleinement de cette première soirée.

L’un des instants les plus touchants est arrivé lorsqu’elle a pris quelques minutes pour raconter l’histoire derrière une chanson écrite pour sa tante, alors en fin de vie.

Elle a expliqué vouloir préserver ses souvenirs, lui rappeler des fragments de son enfance et de son histoire alors que ceux-ci commençaient tranquillement à lui échapper. Une façon de transformer un moment difficile en quelque chose de beau et d’intemporel.

Dans la foule, les lumières des téléphones se sont allumées une à une, créant une atmosphère complètement différente de celle vécue quelques minutes plus tôt sur les plaines, mais tout aussi forte.

C’est aussi ça, le Festival d’été de Québec : pouvoir passer d’une immense vague de décibels à un instant de pure émotion en quelques pas seulement.

Pour sa première journée, cette 58e édition aura rappelé pourquoi le FEQ occupe une place si particulière dans le cœur des festivaliers. Peu importe l’époque, le style ou la génération, lorsque la musique rassemble, elle parle encore le même langage.

Auteure : Sandra Esteves

Photographes :

Limp Bizkit : Mélanie Clément

Cleopatrix, Cypress Hill, Lou-Adrianne Cassidy : Sandra Esteves

Evanescence + Spiritbox au Centre Bell : quand la petite scène rencontre la grande @ Montréal

Montréal, Centre Bell — 30 juin 2026

Le 30 juin dernier, le Sanctuary World Tour d’Evanescence faisait escale au Centre Bell, avec Spiritbox et Nova Twins en première partie. Le groupe d’Amy Lee a lancé sa tournée nord-américaine le 11 juin à West Palm Beach, en Floride, afin de mettre en avant leur nouvel album Sanctuary, sorti le 5 juin 2026 chez Columbia. Il s’agit de leur sixième disque studio et du premier depuis The Bitter Truth (2021).

Spiritbox : une grosse pointure à l’étroit sur une trop grande scène

Je dois dire avant toute chose que je ne connaissais pas Spiritbox, alors qu’Evanescence a bercé mon adolescence. Mais il est difficile de ne pas ressentir un décalage entre les deux prestations. Spiritbox sort tout juste de sa propre tournée en tête d’affiche pour leur nouvel album Tsunami Sea, où ils ont l’habitude d’être les maîtres des lieux dans des salles à leur mesure. Sur la scène du Centre Bell, en revanche, le son manquait de punch et l’ensemble donnait une impression étonnamment cheap pour un groupe de ce calibre. On sentait presque qu’ils n’avaient pas l’habitude d’occuper les grandes surfaces : la production visuelle était minimale, les éclairages au strict minimum syndical, surtout sur les premières chansons. Le show est devenu un peu meilleur par la suite, mais pour un groupe habitué à ouvrir pour de très grands noms et capable de remplir le MTelus, je m’attendais à mieux.

Ceci dit, le groupe reste solide musicalement, porté entre autres par un bassiste qui bouge très bien sur scène et qui vole une bonne partie de l’attention visuelle. La chanteuse Courtney Laplante est également assez active, même si j’aimerais qu’elle mette son pied-de-micro au placard. Mais l’impression qui domine, c’est celle d’un groupe qu’on a envie de revoir dans une salle plus petite, je regrette de les avoirs raté en Avril au MTelus, cela m’aurait permi d’avoir un bon point de comparaison.

Evanescence : une scénographie qui, elle, est à la hauteur

Le contraste est total dès l’entrée en scène d’Evanescence. Le groupe d’Amy Lee, en pleine tournée pour Sanctuary, a livré un spectacle qui n’a jamais souffert du même sentiment d’être « trop petit » pour l’endroit — bien au contraire. La quantité de lumière, de fumée, de pyrotechnie… était juste impressionnante.

Sur plusieurs chansons dont Lithium, le piano à queue sort d’une trappe et se retrouve à l’avant-scène, presque au milieu du public. Juste après Like You, la seule chanson de The Open Door qui n’avait jamais été jouée en spectacle, un clin d’œil bienvenu au 20e anniversaire de cet album en 2026, a eu droit à sa première live sur cette tournée, un vrai cadeau pour les fans de longue date.

Self Destruct, tiré du nouvel album, est un exemple de mise en scène travaillée et aboutie : des câbles LED suspendus qui bougent au-dessus de la scène, une projection de ville futuriste en fond et un plancher incliné et lumineux qui donne une vraie profondeur visuelle à la pièce. On a l’impression d’être immergé dans l’univers du groupe.

Sur Calm Down, la scène s’enflamme littéralement, avant que le groupe ne s’envole sur des plateformes élévatrices. Il y en a toujours plus (parfois presque trop ?) et on se demande si le groupe a encore des surprises pour nous. 

Call Me When You’re Sober profite quant à elle d’un écran en fond de scène qui mélange habilement images captées en direct et extraits de vieux clips du groupe, un effet très réussi qui joue autant sur la nostalgie que sur le moment présent.

Comment passer à côté de Bring Me to Life, qui était placé en milieu de set, J’aurais pensé la voir à la toute fin, mais peu importe. C’est ma chanson préférée du groupe et malgré l’absence de la voix masculine de Paul McCoy (qui l’interprétait sur l’enregistrement original), on aurait pu craindre un moment un peu bancal. Mais le groupe a intelligemment réarrangé la chanson pour composer avec cette absence, et Amy Lee reprend elle-même certaines des sections vocales masculines. Le résultat est plutôt réussi. 

En bref

Une soirée à deux vitesses : un Spiritbox que j’ai trouvé pas vraiment à l’aise dans un aréna aussi grand malgré son statut actuel de tête d’affiche dans ses propres tournées, et un Evanescence qui, avec Sanctuary, prouve qu’il sait encore transformer une salle en véritable spectacle scénique. Cela n’a donné envie de réécouter ce groupe que j’écoutais adolescent et les chansons de leur dernier album Sanctuary, bien présentes pendant le concert, ont su me convaincre d’aller l’écouter. J’ai déjà hâte de pouvoir les revoir.

Journaliste et photographe: Thomas Courtois

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