La malédiction est enfin levée : la soirée latino fait danser les Plaines 11 Juillet 2026 @ FEQ (Québec)
Luis Fonsi + Aria Vega + Cruzito
Il y a parfois des soirées qui semblent poursuivies par le mauvais sort. Les spectacles latinos du Festival d’été de Québec en savent quelque chose. En 2022, un violent orage avait forcé l’annulation du spectacle très attendu de Luis Fonsi. L’année dernière, c’est Cruzito qui avait vu sa prestation écourtée par une météo tout aussi capricieuse. Cette fois, la malédiction semblait enfin appartenir au passé.
Sous un soleil radieux et une chaleur digne des plus belles destinations du Sud, les Plaines d’Abraham se sont transformées en immense piste de danse où les rythmes latins ont réuni des milliers de festivaliers venus profiter d’une soirée qui, enfin, allait pouvoir se dérouler jusqu’à la dernière note.
Le premier à monter sur scène est Cruzito, et l’on comprend rapidement que cette soirée dépasse le simple cadre d’un concert. Devant la scène Bell, les premiers rangs se parent des couleurs de plusieurs pays d’Amérique latine. Des drapeaux de la Colombie, du Mexique et de la République dominicaine flottent fièrement au-dessus d’une foule venue célébrer autant sa culture que la musique.
Né au Québec, mais fier de ses racines latino-américaines, Cruzito revendique pleinement cette double identité. Son chandail affiche d’ailleurs un message qui résume parfaitement son parcours : « Un Québécois dans le cœur, un Latino dans le sang !!! » Une phrase qui semble trouver écho auprès des nombreux festivaliers rassemblés devant la scène.
Alternant ses propres chansons et quelques reprises bien connues, l’artiste réussit rapidement à transformer les Plaines d’Abraham en une immense piste de danse. Son énergie est communicative, tout comme sa proximité avec le public, qui chante, danse et répond à chacune de ses interventions.
L’un des moments les plus touchants du spectacle survient lorsqu’il invite sa choriste, qui est également sa conjointe, à partager un duo empreint de complicité. Plus tard, un autre artiste invité vient se joindre à la fête, ajoutant une nouvelle dose d’énergie à une prestation déjà particulièrement rassembleuse.
Pendant ce temps, devant la scène, un phénomène devenu presque une tradition au FEQ reprend de plus belle. Les festivaliers ne se contentent plus de danser : ils se propulsent littéralement dans les airs, exécutant d’impressionnantes figures acrobatiques avant d’être rattrapés par la foule. Un spectacle aussi surprenant que photogénique qui contribue à l’ambiance festive de cette première partie de soirée.
La scène accueille ensuite Aria Véga, et il ne lui faut que quelques minutes pour conquérir les Plaines. Souriante du début à la fin, la chanteuse déborde d’énergie et entraîne rapidement les festivaliers dans son univers. Entourée de ses danseuses, elle enchaîne les morceaux festifs avec une aisance remarquable, portée par une voix puissante et une présence scénique lumineuse.
Entre deux chansons, elle s’adresse principalement au public en espagnol avant de tenter quelques mots en français, un geste accueilli avec enthousiasme. Chaque interaction trouve un écho immédiat dans la foule, qui répond présente en chantant, en applaudissant et en dansant au rythme de ses chansons. L’ambiance devient rapidement contagieuse, tant sur scène que dans les premiers rangs.
La complicité entre Aria Véga et ses danseuses est également palpable. Les sourires, les regards échangés et l’énergie collective donnent au spectacle un caractère chaleureux. Même au moment de quitter la scène, son enthousiasme demeure intact. Aria Véga s’éclipse en sautillant vers les coulisses, un immense sourire aux lèvres, visiblement touchée par l’accueil que lui ont réservé les festivaliers. Une sortie spontanée et pleine de fraîcheur qui résume parfaitement son passage au Festival d’été de Québec.
Lorsque Luis Fonsi apparaît enfin sur la scène Bell, les Plaines d’Abraham sont remplies à craquer. Des milliers de festivaliers sont venus célébrer avec celui qui a offert au monde certains des plus grands succès de la musique latino.
Cette fois, la météo n’avait rien à voir avec la chaleur qui envahissait les Plaines. Dès les premières chansons, de gigantesques colonnes de flammes jaillissent de l’avant-scène, ajoutant une dimension spectaculaire à une soirée qui portait décidément bien son qualificatif de caliente.
L’ambiance démarre avec enthousiasme, mais l’intensité fluctue au fil du spectacle. L’artiste choisit de mettre de l’avant plusieurs chansons de son répertoire plus récent, un choix artistique qui semble laisser une partie du public sur son appétit. Beaucoup espéraient retrouver plus rapidement les grands succès qui l’ont rendu célèbre à travers le monde.
Il faudra attendre les derniers instants de la soirée pour entendre Despacito. Dès les premières notes, les téléphones s’élèvent, les voix se joignent à celle de l’artiste et les Plaines retrouvent instantanément toute leur effervescence. Ce moment, attendu depuis le début du spectacle, offre une conclusion festive.
Après plusieurs éditions marquées par des orages venus bouleverser les soirées latines du FEQ, cette troisième journée aura finalement offert tout ce que les festivaliers attendaient : du soleil, des sourires, de la danse… et une immense fiesta qui a duré jusqu’à la toute dernière chanson.
Auteure et photographe : Sandra Esteves