Category: Québec

Une visite mouvementée de Luicidal devant salle comble au Turbo Haüs @ Montréal

Les amateurs se déplacent en grand nombre pour voir Luicidal une première fois dans la métropole au Turbo Haüs. Nous avons aussi la chance de voir les formations Blackout!, Self Control, Hood Rats et Reaction en première partie.
Après la prestation des premiers groupes, c’est au tour de Luicidal d’arriver sur scène dans une salle remplie à pleine capacité. Pour ceux qui ne le savent pas, Luicidal est le groupe formé par les autres membres qui étaient dans Suicidal Tendencies dans leur début. On parle de Louichi Mayorga (bassiste sur les 2 premiers albums), Mike Clarke (guitariste de 1987 à 2012), Rocky George (guitariste de 1984 à 1995) et RJ Herrera (batteur sur les albums 2 et 3). En gros, Luicidal c’est 4/5 de la belle période de Suicidal Tendencies avec Mando Ochoa à la voix.
Force d’admettre que cela était trop beau pour être vrai alors que le groupe arrive sur scène un peu avant minuit sans Rocky George, car il n’a pas été accepté au Canada. De plus, RJ Herrera n’est pas de la tournée, car il est malade et est remplacé par Vince Sollecito. De plus, ce n’est pas Mando Ochoa, mais Al Del Barrio (Confused) qui est à la voix. Ce qui s’annonçait être un groupe des anciens membres de Suicidal Tendencies devient rapidement un groupe hommage avec seulement deux membres d’origine.
Leur prestation s’entame avec la succession des pièces Subliminal et Won’t Fall In Love Today, nous pouvons voir immédiatement que Mike Clarke n’est pas heureux, car la guitare qu’il utilise ne reste pas accordée. Il change de guitare, mais le résultat est le même, les guitares sont celles d’un des guitaristes d’un des groupes qui joue en première partie et il ne se gênera pas pour lui dire sa manière de pensée. Il faudra que l’un des guitaristes du groupe Blackout! lui donne sa guitare pour que Mike retrouve le sourire. Le seul morceau original de la soirée sera Knife Fight, très semblable au matériel de ST, mais personne ne connaissait ce titre. Possessed To Skate et Trip At The Brain vont bien évidemment faire exploser la foule, et avec raison.
Al Del Barrio est très dynamique sur scène, mais il doit lire les paroles de plusieurs titres durant la soirée, ce qui minimise ses déplacements sur scène. Al est aussi un commentateur de baseball au réseau CBS et mentionne qu’il s’ennuie des Expos et qu’il a failli travailler pour eux à une certaine époque. Rétabli de ses émotions du début de prestation, Mike demande aux amateurs s’ils veulent réentendre les premières chansons de la soirée maintenant qu’il a une guitare accordée, la demande était beaucoup plus une affirmation qu’une question et le groupe s’est exécuté au grand plaisir des amateurs. S’en suit I Want More, I Shot The Devil et How Will I Laugh Tomorrow, les amateurs se sont encore rués les uns contre les autres comme si leur vie en dépendait. Leur prestation chaotique s’est finalement terminée avec les classiques Institutionalized et Pledge Your Allegiance.
Il n’y a pas grand-chose qui est allé comme prévu lors de ce spectacle de Luicidal, mais le groupe n’a pas hésité à faire son spectacle malgré cela. C’était gras, voire amateur par moment, mais d’un autre côté, c’était punk à souhait. Ce spectacle ne passera pas à l’histoire, mais ceux qui se sont déplacés pour l’occasion étaient en majorité heureux de l’avoir fait.

 
 
Journaliste: Albert Lamoureux

Martyr célèbre Warp Zone et fait vibrer le Petit Campus @ Montréal

Les amateurs se regroupent au Petit Campus afin de voir une rare prestation en tête d’affiche du groupe Martyr. Pour L’occasion, nous avons aussi la chance de voir les formations From Dying Suns et Vortex.
Il y a déjà beaucoup d’amateurs lorsque la formation From Dying Suns commence leur prestation avec la pièce Vereor Nox. Leur courte prestation de trente minutes est bien entendu centrée sur leur seul album qui a pour titre Calamity. Les membres n’ont pas beaucoup d’espace sur scène, mais l’intensité en bien entendue au rendez-vous et nous allons voir plusieurs amateurs hocher leurs têtes au rythme de leur musique. Le chanteur Mathieu Dhani travaille fort pour faire bouger les gens tout au long de leur prestation, mais seulement quelques amateurs vont répondre présents. Le groupe profite de l’occasion pour jouer une nouvelle pièce qui a pour titre Crystalized. Les amateurs étaient principalement en mode découverte, mais ils ont tout de même apprécié leur musique death métal progressif.
 

 

C’est maintenant au tour de la formation Vortex de s’exécuter et de partager leur death métal mélodique avec les amateurs montréalais. Le groupe joue six titres de leur dernier album qui s’intitule The Future Remains In Oblivion et trois titres de leur EP Alien Realms. Le groupe enchaine rapidement les titres afin d’en jouer le plus possible et le chanteur Alex Labrie garde les interactions au minimum. Les guitaristes Mathieu Duguay et Dany Lévesque sont très énergiques et changent de côté tout au long de leur prestation. Malheureusement, la sonorisation laisse à désirer, tout semble être à 10 et il est difficile de décerner la voix gutturale d’Alex des guitares et des blastbeats d’Olivier Harrisson. Cela n’empêche pas les amateurs de se pousser vigoureusement les uns contre les autres tout au long de leur courte prestation.
 

 

C’est finalement le temps de voir Martyr sur scène et ces derniers commencent leur prestation avec Warp Zone. Le groupe célèbre cet album en y pigeant sept des neuf titres de cet album. Le délire des amateurs se fait sentir rapidement alors que ces derniers se poussent vigoureusement les uns contre les autres au rythme de la musique. Daniel Mongrain est en très grande forme à la voix et ce dernier ne tient tout simplement pas en place lorsqu’il n’a pas besoin de chanter. Le groupe insère les pièces Lost In Sanity, Perpetual Healing (Infinite Pain) et Nameless, Faceless, Neverborn de l’album Feeding The Abscess. C’est cependant durant celle-ci que le bassiste François Mongrain manque la synchronisation de son bridge à la basse. Cela a bien fait rire les membres du groupe ainsi que les amateurs.  Le jeu de guitare est précis et nous pouvons voir la belle complicité entre Martin Carbonneau et Dan Mongrain.  L’excellente section rythmique, composée de François Mongrain et de Patrice Hamelin, est encore une fois très solide et gère admirablement bien les nombreux changements de rythme. Le groupe termine sa prestation avec l’excellente Hopeless Hopes et les amateurs vont tout donner, au grand plaisir des musiciens.  Daniel prend le temps de remercier tout le monde impliquer dans cette soirée et mentionne qu’il est important de soutenir la scène de musique locale.
 

 

Martyr a donné une excellente prestation et les amateurs ont apprécié chacune de leurs chansons. Les initiés ont même remarqué Pier-Luc Lampron dans la foule, ce dernier était le guitariste du groupe sur les deux premiers albums du groupe.
 
 
Journaliste: Albert Lamoureux

Kings Of Thrash, Meliah Rage, Atrophy : la sainte trinité du Piranha Bar @ Piranha Pit Fest III (Montréal)

Les amateurs avaient un choix déchirant à faire ce samedi, aller voir Dethklok et Amon Amarth ou aller à la seconde journée du Piranha Pit Fest III. Plusieurs amateurs de musique thrash se déplacent donc au Piranha Bar en fin d’après-midi.
Après les prestations énergiques des formations World On Alert, Stregoneria, Mutank et Deadwolff sur la scène de l’enfer, la formation torontoise Warmachine est la première à s’exécuter sur la scène du paradis et les amateurs se tiennent davantage au bar que près de la scène. Le chanteur et guitariste Joe Di Taranto fait de son mieux pour attirer les amateurs, mais on dirait que leur batteur Alexis Von Kraven leur fait peur alors qu’il porte un masque durant leur prestation. Les amateurs se rapprochent petit à petit alors que le groupe joue principalement des pièces énergiques de leur premier album The Beginning Of The End. Il était plaisant de finalement voir ce groupe dans la métropole et il faut maintenant espérer qu’ils reviendront jouer plus longtemps dans un avenir proche.

 

Les amateurs retournent au sous-sol pour voir la formation locale Entropy. C’est vraiment étrange de voir la formation sans le chanteur original Ger Schreinert, mais je dois dire que Mike Rochford (ex-Ashes Of Eden) fait un excellent travail à la voix. L’autre nouveau dans la formation est le talentueux bassiste David Gagné (Blackguard et Hollow) et ce dernier sécurise la section rythmique avec le batteur Blake Lemieux. Leur musique agressive est bien entendu centrée sur les mélodies de Dan Lauzon et nous pouvons voir qu’il a un plaisir fou à s’exécuter sur scène avec cette version 3.0 de la formation.

 

Les amateurs remontent au deuxième étage pour voir DBC. Nous retrouvons bien entendu Eddie Shahini à la guitare et Phil Dakin à la basse et à la voix, mais cette nouvelle mouture du groupe inclus aussi Armen Apekian (Ashes Of Eden) à la guitare et l’excellent Jimmy Antle à la batterie. Leur prestation débute avec l’enchainement des pièces Deadlock, Monument et Outburst et nous pouvons voir les amateurs savourer chaque instant de celles-ci. Le groupe continu de piger dans leur album éponyme avec Power And Corruption, c’était la première fois que j’entendais cette pièce en concert et à voir la réaction des amateurs, je n’étais certainement pas le seul à savourer ce moment. Jimmy met le pied au plancher pendant Trauma X et Negative Reinforcement et je remarque que les autres musiciens pédalent en maudit afin de suivre la cadence endiablée du batteur. Le titre Primordium est la première sélection dans leur album Universe et l’autre sera bien entendu l’incontournable The Genesis Explosion alors que les amateurs vont se pousser agressivement les uns contre les autres. La formation termine leur excellente prestation en force avec Final Act, le titre qu’ils joue en conclusion depuis des années. Le seul point négatif de leur prestation est que la voix de Phil n’était pas assez forte et se perdait dans leur musique. Je crois que les nouveaux membres vont donner un second souffle au groupe et il faudra espérer que cet enthousiasme va se transposer dans de nouvelles prestations.

 

Meliah Rage attire beaucoup d’amateurs et de curieux, car c’est leur première prestation au nord de la frontière. Armé de son long manteau et de ses lunettes de soleil, Paul Souza est le maitre d’orchestre de la soirée et sa puissante voix rejoint rapidement les amateurs. Le groupe pige bien entendu plusieurs titres dans leur dernier album Idol Hands, mais ce sont les vieux titres de leur premier album qui incite les amateurs à se pousser violemment. On parle bien entendu de Bates Motel, The Witching, Beginning Of The End et Enter The Darkness. Anthony Nichols est intraitable à la guitare et le nouveau guitariste Caith Threefires le complète à la perfection. La section rythmique composée du batteur Stuart Dowie et du bassiste Darren Lourie est très solide et ancre parfaitement les pièces tout au long de la soirée. Les amateurs de longue date avaient finalement la chance de voir Meliah Rage et ceux qui ne connaissaient pas le groupe étaient très heureux de leur découverte.

 

Pour plusieurs, le groupe Kings Of Thrash est le groupe qu’ils sont venus voir. Kings Of Thrash est un groupe centré principalement sur Jeff Young à la guitare et de David Ellefson à la basse et ils jouent des titres de Megadeth. La salle est remplie au maximum lorsqu’ils commencent leur prestation avec l’enchainement des titres Rattlehead, The Conjuring et Skull Beneath The Skin. Il n’en fallait pas plus pour enflammer les amateurs. Le chanteur et guitariste Chaz Leon capture pleinement l’essence de la voix du Dave Mustaine et l’on pourrait facilement interchanger les deux voix à certains moments. C’est avec la pièce Into The Lungs Of Hell que la magie débute, car le groupe joue l’album So Far, So Good… So What! au complet et dans l’ordre. Il n’y a donc aucune surprise pour les amateurs, mais l’exécution parfaite rappelle les belles années de Megadeth à plusieurs niveaux. Pour la majorité des amateurs, c’est la première fois qu’ils voient Jeff à la guitare et ce dernier en met plein la vue avec la maitrise de son instrument ainsi que son immense talent.
Les amateurs ont probablement entendu Megadeth joué In My Darkest Hour, Hook In Mouth, Set The World Afire et Anarchy In The U.K. à quelques reprises, il n’est donc pas surprenant de les voir se pousser tout au long des titres de cet album et nous allons aussi voir de nombreux crowd surfers. C’était cependant un pur délice d’entendre Mary Jane, 502 et Liar pour la toute première fois. Dawn Patrol et Tornado Of Souls ont été de belles surprises alors que Jeff a exécuté l’iconique solo de Marty Friedman à la perfection. La seule pièce originale du groupe était Lockdown et sa rapidité a donné l’occasion au batteur Fred Aching de démontrer tout son talent. Leur prestation s’est terminée en force avec Peace Sells et les amateurs ont chanté haut et fort les paroles de ce titre au grand plaisir des musiciens.

 

Pour la majorité des amateurs, la soirée se terminait avec cette prestation, mais Atrophy est le groupe qui va clore les festivités. Le groupe revient dans la métropole après une disette de neuf ans. Il était grand temps de revoir ce groupe thrash et l’attente en valait la peine. Même s’il ne reste que Brian Zimmerman comme membre original, les nouveaux musiciens sont excellents, particulièrement les guitaristes Nathan Montalvo et Mark Coglan. Le groupe centre leur prestation sur leur album Socialized Hate en y pigeant sept titres. Le groupe va aussi jouer Seeds Of Sorrow et Punishment For All, deux titres de leur plus récent album qui a pour titre Asylum. Les musiciens sont extrêmement dynamiques sur scènes et cela se transmet rapidement aux amateurs qui vont se pousser vigoureusement et faire du crowd surfing. Un amateur ira même se suspendre à une poutre du plafond à quelques reprises. Brian lui demandera de recommencer afin de capturer cela avec son cellulaire. La lourdeur de Preacher, Preacher et de Urban Decay met en évidence le travail de Josh Gibbs et de Kris Kerby à la section rythmique alors que les amateurs vont chanter le refrain à pleins poumons. Leur prestation se termine donc avec l’excellente Violent By Nature ainsi que l’incontournable Beer Bong.

 

Les amateurs se sont déplacés en grands nombres et ont démontré beaucoup d’enthousiasme durant cette troisième édition du Piranha Pit Fest. Nick Guérin et Dungeon Works ont réussi à faire venir des groupes que l’on ne panserait jamais voir dans la métropole encore une fois et nous avons déjà hâte de voir ce qu’il nous réserve pour l’année prochaine!
 
Journaliste: Albert Lamoureux

Le métal a encore sa place au Capitole Fit For a King + Event-Animate + Ten56

On réalise parfois à quel point on est chanceux quand les lumières s’éteignent. Dans une époque où plusieurs salles historiques misent davantage sur des programmations plus consensuelles, voir le Théâtre Capitole accueillir encore des groupes comme Fit for a King rappelle à quel point la scène métal a encore sa place à Québec. Et honnêtement? Les fans de métalcore peuvent être reconnaissants qu’on ait encore la possibilité d’accueillir ce genre de show ici.

Dès les premières minutes, l’énergie était palpable jusque dans les escaliers du Capitole. Une drôle de collision entre l’élégance du théâtre et les chandails noirs déjà collés par la chaleur avant même le début du concert.

Les Parisiens de TEN56 ont ouvert la soirée avec la subtilité d’un camion lancé à pleine vitesse. Et c’était exactement ce qu’il fallait.

Ils ont littéralement conquis le public dès les premières notes. Moshpits, crowdsurfing, réactions instantanées de la foule : le groupe a mis la table de façon impeccable. Propre, net et précis. L’ouverture idéale pour un show de métal.

Puis Invent Animate est arrivé.

Et honnêtement… pourquoi est-ce qu’on n’entend pas davantage parler d’eux?

La découverte de la soirée. On peut même parler de coup de cœur immédiat.

Le groupe possède cette capacité rare de mélanger violence et atmosphère sans jamais perdre l’émotion au passage. Leur musique semblait flotter quelque part entre la lourdeur écrasante du metalcore moderne et quelque chose de beaucoup plus aérien, presque hypnotique par moments.

Ils sont vraiment incroyables.

Et le plus impressionnant, c’est probablement la manière dont ils ont réussi à tenir en haleine une foule déjà en ébullition. Même dans les passages plus lyriques, personne ne décrochait. On sentait littéralement le Capitole tomber sous le charme du groupe chanson après chanson.

Quand Fit for a King a finalement pris possession de la scène, le public était déjà complètement chauffé à blanc, et plutôt que de chercher à dompter cette énergie, le groupe texan s’est contenté de la suivre, puis de la pousser encore plus loin.

Ce qu’ils ont livré s’approche dangereusement d’un concert parfait. Pas au sens clinique du terme.

Les refrains étaient repris par la foule, ces voix qui se mêlent jusqu’à couvrir parfois celle du chanteur. Et l’énergie sur scène, quant à elle, ne s’est jamais effondrée une seule seconde ! Aucun creux, juste cette tension qui montait jusqu’à saturer complètement la salle.

Les morceaux de Lonely God se sont intégrés au reste du répertoire avec une fluidité impressionnante, sans jamais casser le rythme du concert. Et dans une salle comme le Capitole, cette intensité prenait une dimension presque intime malgré la brutalité sonore.

Le plus beau dans tout ça, c’est peut-être justement ce contraste.

Impossible également de ne pas sentir l’impact de chansons devenues incontournables dans leur catalogue, ces morceaux qui transforment instantanément une salle entière en chœur improvisé.

Voir une salle historique de Québec vibrer sous les cris et les riffs d’un groupe comme Fit for a King ça confirme une chose : à quelques rues de là, des gens lèvent leur pinte de bière devant un match du Canadien; ici, on lève la voix pour acclamer un groupe de métal, et la ferveur n’a rien à envier à celle du Centre Bell. Et tant que des soirées comme celle-là continueront d’exister, on va continuer de s’y entasser avec plaisir.

Auteure et Photographe : Sandra Esteves

L’australien de 22 ans The Kid LAROI épate la Place Bell @ Montréal

L’artiste The Kid LAROI était en concert à Laval  le dimanche 17 mai, dans le cadre de sa tournée mondiale A PERFECT WORLD. Le jeune australien était de passage à la Place Bell, accompagné de deux artistes, respectivement WizTheMc et Tommy Richman.

Le concert débute à 17h30 avec la performance du chanteur allemand WizTheMc, qui mélange la musique house au afrobeat avec brio. En plus d’offrir une proposition novatrice et agréable à écouter, l’artiste sait parler français ! Il s’adresse à nous par moments en français en expliquant qu’il l’a étudiée à Berlin – sa ville natale – il y a plus de douze ans ! L’artiste livre une prestation très humaine, parfois en descendant dans la foule pour chanter parmi les spectateurs, d’autres fois en leur communiquant des messages d’espoir inspirants et sincères. WizTheMc joue ses chansons les plus écoutées, notamment Show Me Love, Take My Mind, Sensational et l’excellente Wait For You, chansons qui accompagnent à merveille les premiers 20 degrés ressentis dans la métropole. Cet artiste est une belle découverte et on vous conseille de noter son nom car il fera assurément parler de lui dans les années à venir.

À 18h30, on a droit à une seconde performance, cette fois, du rappeur américain Tommy Richman. L’artiste propose un rap qui marie le trap, le soul et le hip-hop. Tout au long de sa présence, Richman marche le long de la scène, sans se distinguer par une chorégraphie et sans complicité apparente avec les musiciens qui accompagnent, ce qui est un peu décevant. De plus, impossible de passer outre le fait que l’artiste a généré plusieurs malaises lors de sa prestation.

D’abord, il demande au parterre de se séparer durant une chanson et d’attendre son signal afin de se regrouper – signal qui n’est jamais arrivé – pour ensuite interrompre sa chanson et dire à la foule de laisser tomber. Malaise. Plus tard, il demande aux spectateurs à quel endroit sortir à Montréal et il ne semble pas comprendre les suggestions que le public lui dicte. Finalement, avant sa chanson virale MILLION DOLLAR BABY, la foule scande le « Olé Olé Olé » et on comprend que ça le dérange, puisqu’il s’adresse à la foule en la traitant de « wack ». Au final, l’artiste quitte en hâte après 20 minutes de prestation. On a apprécié davantage la présence du talentueux guitariste qui était vêtu d’un jersey des Canadiens à l’effigie de Patrick Roy, que le 20 minutes de gloire de Tommy Richman.

À 19h30 The Kid LAROI débarque sur scène sous un tonnerre d’applaudissements et entame la piste ME + YOU, tirée de son plus récent opus BEFORE I FORGET, paru en janvier dernier. En plus d’être accompagné d’un DJ, l’artiste dispose d’un impressionnant écran géant incurvé qui occupe la pleine largeur de la scène, du plafond jusqu’au sol. LAROI y présente d’abord une animation de nuages qui défilent dans un ciel azur, qui se teinte ensuite d’une couleur rosée pour la seconde piste, JULY. Au fur et à mesure que son spectacle progresse, la projection devient de plus en plus sombre, histoire d’accompagner le ton des chansons de l’album, la plupart corrélées à la fin de sa relation avec la chanteuse canadienne Tate McRae. LAROI poursuit avec HOLD STILL, NEVER CAME BACK et BLEED, pour laquelle la foule chante chaque parole haut et fort. D’ailleurs, dans les moments où l’artiste tend son micro en direction de la foule, on réalise qu’il chante chaque parole de ses chansons, car on entend uniquement le public chanter !

Durant l’entièreté de son spectacle The Kid LAROI ne laisse aucun temps mort : il imbrique parfois ses chansons les unes avec les autres, ce qui lui permet de maximiser le nombre de pistes performées au grand plaisir de la foule. Il nous offre une prestation dynamique, durant laquelle il est impossible de demeurer immobile. LAROI est aussi impressionnant qu’attachant. Il s’adresse aux spectateurs en les remerciant d’être présents. Il est reconnaissant que nous soyons là, malgré le report de son spectacle d’une journée en raison du match des Canadiens de la veille, qui a occasionné un changement d’horaire. Il ajoute qu’il est désolé que l’équipe ait perdu et il nous souhaite la victoire au 7e affrontement contre les Sabres de Buffalo, ce qui déclenche de vives acclamations.

Le chanteur joue des compositions plus sensibles et douces telles que PERFECT WORLD, BACK WHEN YOU WERE MINE et A COLD PLAY, autant que des pièces qui bougent, pour lesquelles il saute sur place, notamment RATHER BE, BABY I’M BACK et son méga succès avec Justin Bieber, STAY. LAROI est incroyable lorsqu’il enchaîne trois de ses plus gros succès : Diva, I CONDEMN et GO. Pour cette pièce, il emprunte un drapeau à l’effigie de JUICE WRLD et de lui-même à un spectateur, afin de le brandir en l’honneur de son défunt comparse qui a posé sa voix sur cette piste. Il encourage ensuite la foule à scander « Long live Juice » en sortant de scène, avant que le chant ne se meut en un « Olé Olé Olé », exigeant le retour de l’artiste sur les planches.

The Kid LAROI revient sur scène avec un café en main, qu’il dépose prêt d’un clavier, afin de libérer ses mains pour enregistrer des harmonies, trame sonore pour la douce pièce MAYBE I’M WRONG. Ça crée un moment très intime et complètement original avec l’artiste, et la foule adore ! Après une bonne gorgée de café, LAROI descend jusqu’à la barricade le séparant de la foule et monte dessus afin de performer la prochaine chanson. Il performe alors la ballade WITHOUT YOU, dos à la foule, afin que la caméra capte tous les spectateurs derrière et près de lui, ainsi que leurs lumières de poche, ce qui crée un autre moment interactif et magique.

Le rappel se veut court, mais explosif : il enchaîne avec une piste de son album BEFORE I FORGET (DELUXE), MOVE YOUR BODY, avant de conclure avec la très attendue NIGHTS LIKE THIS, pour laquelle il nous livre toute l’énergie qu’il lui reste. Pour tous les amateurs de R&B, pour les amoureux de chansons de break up, ainsi que pour les fans de musique à la Justin Bieber, on recommande hautement un spectacle de The Kid Laroi, qui continue d’évoluer et de nous surprendre… du haut de ses 22 ans !

Journaliste : Laurence Daoust

Alestorm à la Place Bell : la piraterie comme art conceptuel @ Montréal

Mardi soir, Place Bell. Cinq pirates, canard gonflable géant en fond, foule en tricornes de plastique. Le ridicule est total. C’est précisément le sujet.

Mais avant les pirates, les elfes. Twilight Force ouvre en armures et capes, power metal symphonique assumé sans ironie. Performance vocale irréprochable d’Allyon, riffs néoclassiques affûtés. Selon une bonne partie de la salle, ils ont presque volé la vedette.

Rappel : Alestorm naît à Perth en 2004 et invente le pirate metal en 2008 avec Captain Morgan’s Revenge. Là où Sabaton industrialise la guerre, Christopher Bowes industrialise l’ivresse. Méta-blague sur le folk metal de Korpiklaani et Finntroll, poussée jusqu’au canard gonflable.

Le set démontre la mécanique. Keelhauled, Zombies Ate My Pirate Ship, Banana : les titres se lisent comme des memes, mais les riffs tiennent debout. La reprise Hangover de Taio Cruz transforme un tube R&B en hymne à la cuite collective. Dans un metal saturé de sérieux performatif, la connerie revendiquée devient une forme de radicalité.

Le rappel achève le travail. Drink, Wooden Leg!, Fucked With an Anchor : chantés par 6000 personnes comme on chante Hey Jude. Rumpelkombo clôt dans un chaos eurodance assumé.

On sort le tricorne de travers. Bowes a gagné. Encore. Mais ce soir, les elfes ne sont pas loin derrière.

Journaliste et Photographe: Paul Blondé

Electric Callboy à la Place Bell : le kitsch comme arme de destruction massive @ Montreal

Vendredi soir, Place Bell. Cinq Allemands sur six (Pascal manquait à l’appel pour raisons familiales) en survêtements fluo et moustaches improbables, transformant une aréna de banlieue en discothèque de Castrop-Rauxel.

Rappel utile : quand Eskimo Callboy (le « Eskimo » tombera en 2022) émerge de la Ruhr en 2010, le metalcore allemand patauge dans sa propre grandiloquence. Le groupe choisit l’inverse : synthés eurodance, blagues de cour d’école, mauvais goût assumé. La scène les méprise dix ans durant. Puis Hypa Hypa explose en 2020, et le ridicule devient stratégie : tenir enfin la promesse jamais tenue du nu-metal, celle d’un metal qui puisse danser sans se renier.

Le set le démontre. TANZNEID en ouverture, breakdowns chirurgicaux sur nappes trance, le pit hésitant entre wall of death et Macarena. La reprise de Still Waiting de Sum 41 sonne comme une revendication de filiation : pop-punk canadien et tekkno allemand partagent le même ADN d’idiotie sincère. Le médley Hurrikan / Overkill / All the Small Things / Bodies enchaîne Motörhead, Blink-182 et Drowning Pool comme un shuffle Spotify de l’histoire du metal grand public. Cynique. Et désarmant d’honnêteté.

Moment de bascule : quelque part en milieu de set, le bassiste Daniel se casse la cheville. Il termine le show attelle au pied droit, boitant à peine, comme si de rien n’était. The show must go on version Ruhr. Voilà du vrai rock n’ roll, plus convaincant que n’importe quel discours sur l’authenticité.

Le passage acoustique (Fuckboi, Everytime We Touch de Cascada) fait tomber la blague : restent des musiciens qui chantent juste. RATATATA et We Got the Moves en bénédiction finale. On sort en sueur, vaguement honteux d’avoir tant aimé. C’est exactement ce qu’ils voulaient.

Journaliste et Photographe: Paul Blondé

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