Category: Québec

Jelly Roll ferme le rideau d’une fantastique 58e édition @ FEQ (Québec)

Impossible d’imaginer meilleure conclusion pour cette 58e édition du Festival d’été de Québec. Dès la fin de l’après-midi, les festivaliers affluent en grand nombre vers les Plaines d’Abraham, bien décidés à profiter une dernière fois de cette parenthèse musicale. Il faut dire que, hormis le spectacle retardé par la pluie la veille, le soleil aura largement accompagné cette édition 2026.

Pour cette ultime soirée, c’est Jelly Roll qui hérite de la lourde tâche de refermer onze jours de festivités. Une mission qu’il accomplira devant une mer de festivaliers qui semble s’étendre jusqu’à l’horizon.

Dès Hands Up, l’ambiance est donnée. Accompagné de ses musiciens et de ses choristes, Jelly Roll arrive avec cette présence chaleureuse qui le distingue des autres têtes d’affiche. Le décor, inspiré des vitraux d’une église, rappelle rapidement que son univers oscille entre rédemption, spiritualité, country, rock et hip-hop.

Puis vient Hard Fought Hallelujah, où l’émotion s’installe naturellement avant que le spectacle ne reprenne toute son intensité. Les guitares grondent, la batterie martèle le rythme et les Plaines répondent immédiatement à chaque invitation du chanteur.

Ce qui frappe rapidement, c’est l’authenticité de Jason DeFord. Entre deux chansons, il prend le temps de parler au public, de raconter son parcours, mais surtout de transmettre un message d’espoir. Pour lui, la musique dépasse largement le simple divertissement : elle rassemble, console et offre parfois une seconde chance.

Visiblement touché par l’accueil des Québécois, il avoue même vivre l’un des plus grands concerts de sa carrière. Une déclaration accueillie par une immense ovation, preuve que le courant passe dans les deux sens.

Musicalement, Jelly Roll refuse de s’enfermer dans une seule case. Son spectacle navigue constamment entre la country, le rock, le hip-hop et la pop. Ce mélange prend tout son sens lors d’un impressionnant medley où s’enchaînent des classiques de Black Eyed Peas, TLC, Snoop Dogg, Rage Against the Machine, les Backstreet Boys ou encore John Denver. Une succession de chansons qui transforme rapidement les Plaines en gigantesque karaoké à ciel ouvert.

Mais c’est lorsque le rythme ralentit que l’on mesure toute la force de son interprétation. I Am Not Okay, portée par des milliers de téléphones illuminant la nuit québécoise, offre l’un des moments les plus touchants de cette soirée. Quelques instants plus tard, Need a Favor confirme encore une fois la puissance de cette voix capable de passer de la fragilité à une intensité presque déchirante.

Comme il l’avait déjà fait lors de son passage au Centre Vidéotron en 2025, Jelly Roll démontre qu’il entretient une relation particulière avec son public. Il descend même de la scène pour aller saluer les premiers rangs, signer quelques autographes et immortaliser ces instants avec les festivaliers.

Le point final est tout aussi marquant. Pour Save Me, l’artiste invite un jeune guitariste de Québec à le rejoindre sur scène. Sous les étincelles pyrotechniques et les derniers feux d’artifice du festival, le public assiste à un moment parfait : celle d’un artiste qui place l’humain au cœur de chacun de ses spectacles.

James Barker Band : une ouverture aux couleurs canadiennes

Avant cette grande finale, le James Barker Band avait parfaitement lancé les festivités. Le quatuor ontarien a proposé une country moderne aux refrains accrocheurs, relevée de guitares plus mordantes qui apportaient une agréable touche rock.

James Barker n’a pas hésité à quitter la scène pour aller chanter directement au milieu des festivaliers, rapprochant encore davantage le groupe de son public. Quelques passages plus énergiques, notamment un morceau aux influences rap-country interprété par le guitariste, ont fait lever les bras des spectateurs qui répondaient spontanément au rythme de la musique.

Daughtry fait monter la tension

Le passage de Daughtry change complètement l’atmosphère. Exit la country, place à un rock puissant porté par la voix impressionnante de Chris Daughtry.

Entre les morceaux plus musclés comme Artificial, The Dam ou Heavy Is the Crown, le groupe prend aussi le temps de laisser respirer son spectacle avec des titres plus mélodiques comme Home, September ou Waiting for Superman, mettant en valeur toute la palette vocale de son chanteur.

Le public réserve également un accueil enthousiaste à leur reprise de Separate Ways de Journey, tandis que It’s Not Over et Over You rappellent pourquoi Daughtry demeure, près de vingt ans après ses débuts, une référence du rock moderne américain.

Cette dernière soirée referme une 58e édition qui aura offert son lot de moments mémorables. De l’ouverture fracassante de Limp Bizkit jusqu’à la conclusion profondément humaine de Jelly Roll, le Festival d’été de Québec aura une fois de plus démontré sa capacité à réunir des univers musicaux complètement différents devant des centaines de milliers de festivaliers.

Pendant onze jours, les Plaines d’Abraham auront vibré au rythme du rock, de la pop, du métal, du rap, du country, du classique et des musiques du monde. Une diversité qui fait la force du FEQ depuis près de six décennies… et qui donne déjà rendez-vous aux festivaliers pour une 59e édition.

Auteure et photographe : Sandra Esteves

 

Muse embrase les Plaines d’Abraham @ FEQ (Québec)

Muse + Mother Mother + Last Train

L’attente était immense, mais Muse n’aura pas mis longtemps à rappeler pourquoi le groupe demeure une référence lorsqu’il est question de spectacles à grand déploiement.

Après une introduction instrumentale menant directement à Hysteria, les premières notes de basse résonnent sur les Plaines et déclenchent immédiatement une immense réaction dans la foule. La scène, dominée par d’imposantes structures lumineuses suspendues, prend vie au rythme de la musique. Les colonnes se déplacent, changent de couleur et donnent parfois l’impression de flotter au-dessus des musiciens.

La suite s’enchaîne sans temps mort avec Cryogen et ses jets de fumée, puis Supermassive Black Hole. Muse alterne habilement entre les incontournables de son répertoire et ses compositions plus récentes, notamment Hexagons, Unravelling et Be With You. Cette dernière est accompagnée d’une pluie de confettis et de serpentins, transformant les Plaines en une immense célébration.

Lorsque Psycho retentit, les lasers découpent la scène tandis que la foule reprend les paroles avec enthousiasme. Madnessoffre ensuite une courte respiration avant que Plug In Baby ne ramène toute la puissance des guitares. Matt Bellamy sillonne la scène et la passerelle, guitare rouge à la main, multipliant les solos sous les cris des festivaliers.

Muse poursuit avec un passage réunissant Hanging et Time Is Running Out, puis frappe encore plus fort avec Uprising. Précédée d’un extrait de discours de John F. Kennedy, la chanson est accompagnée de flammes qui surgissent à l’avant de la scène. Le public chante alors chaque mot comme un seul immense chœur.

Avec Knights of Cydonia, les jets de fumée et la pyrotechnie viennent accentuer l’un des moments les plus puissants de la soirée. Le morceau prend toute son ampleur devant cette marée humaine qui s’étend jusqu’au fond des Plaines. Quelques instants plus tard, Isolated System et Nightshift Superstar plongent le site dans une ambiance plus électronique, dominée par les lasers et les jeux de lumière.

La dernière partie du spectacle n’offre aucun répit. Algorithm se fond dans Undisclosed Desires, avant que Preludeannonce les premières notes de Starlight. Des milliers de mains se lèvent et frappent en rythme, créant l’un de ces moments de communion dont le Festival d’été de Québec a le secret.

Pour conclure, Muse choisit Take a Bow. Entre lasers, serpentins et immenses colonnes de flammes, le groupe offre une finale à la hauteur de tout ce qui l’a précédée : spectaculaire, précise et complètement démesurée.

Comme un clin d’œil parfaitement synchronisé avec la scénographie, la ville semblait elle aussi avoir adopté la couleur dominante du spectacle. Derrière les Plaines, le Complexe G brillait d’un rouge intense, donnant presque l’impression que Québec tout entière s’était mise aux couleurs de Muse.

Une soirée grandiose, à la hauteur des attentes, où chaque détail semblait avoir été pensé pour transformer le concert en véritable expérience visuelle. Muse n’est pas simplement venu jouer ses chansons : le groupe a pris possession des Plaines.

Mother Mother : une proposition plus éclatée

Après l’énergie brute de Last Train, Mother Mother fait basculer les Plaines dans un univers complètement différent.

Le groupe canadien propose une musique plus déconstruite, où les harmonies vocales occupent autant de place que les guitares. Avec Ryan Guldemond au chant, accompagné de Molly Guldemond et Jasmin Parkin, Mother Mother mise sur une formule qui lui est propre. Les trois voix s’entremêlent naturellement, alternant les parties chantées et les harmonies, donnant une profondeur particulière à des titres comme Verbatim, Burning Pile ou encore Hayloft II.

Sans chercher à rivaliser avec les effets spectaculaires de Muse, Mother Mother réussit parfaitement sa mission : maintenir les Plaines dans une ambiance électrique avant l’arrivée de la tête d’affiche.

Last Train : la révélation de la soirée

La soirée avait pourtant commencé de façon magistrale avec Last Train.

Déjà impressionnante dès l’ouverture du site, la foule découvre un groupe français qui ne laisse personne indifférent.

Lorsque le chanteur demande combien de personnes connaissent déjà Last Train, peu de mains se lèvent. À l’inverse, lorsque vient la question de savoir qui les découvre ce soir, une immense clameur s’élève des Plaines.

Le message est clair : Québec est en train de faire une découverte.

Habité par chacune de ses chansons, le chanteur livre une interprétation particulièrement intense de This Is Me Trying. Il ne se contente pas de chanter : il vit littéralement chaque parole, une intensité qui se transmet rapidement jusqu’au fond du site.

Le groupe n’en est pourtant pas à sa première visite dans la capitale. En 2019, il s’était déjà produit au festival Envol et Macadam. Les quatre amis qui ont fondé Last Train à l’âge de douze ans ouvrent la soirée de l’un des plus importants festivals en Amérique du Nord devant une foule immense.

Le contraste est fort… et probablement symbolique de leur ascension.

Au terme de leur prestation, les musiciens remercient chaleureusement les festivaliers, qui leur offrent le désormais traditionnel « Olé, olé, olé ». Les membres du groupe se prennent dans les bras avant de quitter la scène, visiblement émus par l’accueil québécois. À voir la réaction du public, il serait étonnant que cette histoire d’amour avec Québec s’arrête là. Last Train vient peut-être de signer l’une des plus belles découvertes de cette 58ᵉ édition du Festival d’été de Québec.

Auteure et Photographe : Sandra Esteves

Photographies de Muse : Sébastien Dion + Stéphane Bourgeois

Nate Smith fait vibrer Québec avec une soirée country aussi généreuse que festive @ FEQ (Québec)

Le 16 juillet, la place George-V s’est transformée en véritable rendez-vous des amateurs de country. De la fraîcheur d’Allison Daniels aux sonorités western de Sons of Legion, en passant par les balades de Noeline Hofmann, la soirée s’est conclue en force avec un Nate Smith aussi énergique que profondément reconnaissant envers son public.

Nate Smith descend de scène… pour rejoindre son public

Il n’aura fallu que trois chansons avant que Nate Smith ne décide de briser la distance entre la scène et les festivaliers.

Au son de Whiskey on You, le chanteur est descendu dans la foule pour interpréter deux chansons complètes au milieu de ses admirateurs. Serrant des mains, prenant des égoportraits et échangeant quelques mots avec les spectateurs, il a transformé un simple concert en véritable rencontre.

Dans l’immensité de la place George-V, il devenait parfois difficile de suivre son parcours. Une chose était certaine : partout où il passait, les sourires se multipliaient. À un moment, on en venait presque à se demander s’il comptait retourner sur scène pour terminer son spectacle!

Quelques problèmes techniques sont venus perturber certains passages et le microphone n’a pas toujours rendu justice à la puissance de sa voix. Heureusement, ces ennuis sont rapidement passés au second plan devant l’énergie déployée par l’artiste.

Enchaînant Whiskey on You, Fix What You Didn’t Break, Find Me in a Bar, Bulletproof et World on Fire, il a également surpris le public avec des reprises de Boulevard of Broken Dreams de Green Day et My Own Worst Enemy de Lit.

L’un des moments marquants de la soirée est survenu lorsqu’il a invité cinq personnes à monter sur scène. L’enthousiasme des festivaliers a toutefois dépassé toutes les attentes : une vingtaine de personnes ont finalement rejoint l’artiste pour célébrer avec lui.

Plutôt que d’interrompre le moment, Nate Smith a accueilli cette vague de spontanéité avec le sourire. Il a pris le temps de remercier chacun, de signer quelques chapeaux et de prolonger cette proximité qui aura marqué tout son spectacle.

Après près de 90 minutes d’une prestation généreuse, il a salué Québec en tombant à genoux devant la foule. Une image forte qui résume parfaitement la soirée : un artiste reconnaissant, venu donner tout ce qu’il avait.

Sons of Legion, la belle surprise de la soirée

Impossible de rester indifférent devant Sons of Legion.

Le groupe américain a proposé un mélange de country, de rock et de soul qui évoquait instantanément les grands espaces de l’Ouest américain. Dès les premières notes de Born to Be Free et Outlaw, l’ambiance était installée.

Ça sonne cowboy, ça respire le Montana et les longues routes poussiéreuses. Portée par un chanteur charismatique, un excellent batteur et des musiciens solides, la formation a offert l’une des prestations les plus convaincantes de la soirée.

Une très belle découverte.

Noeline Hofmann mise sur l’émotion

Avec Noeline Hofmann, l’atmosphère devient beaucoup plus intimiste.

Accompagnée d’excellents musiciens, notamment au violon, à la guitare et à la batterie, l’artiste albertaine a proposé un répertoire aux couleurs de Nashville avec des titres comme Lightning in July, Lovers, Bullfighter et Purple Gas.

Malheureusement, le public semblait parfois plus occupé à discuter qu’à écouter. L’artiste enchaînait ses chansons avec peu d’interventions entre les morceaux, ce qui laissait les conversations gagner du terrain. C’est dommage, car sa voix est magnifique et ses compositions méritaient davantage d’attention.

Allison Daniels démarre la fête avec fraîcheur

La soirée s’est ouverte avec Allison Daniels, professeure le jour et chanteuse country le soir.

Visiblement heureuse de retrouver le public québécois, elle a rapidement créé une belle complicité avec les premiers rangs. Plusieurs admirateurs avaient même préparé des affiches à son intention, dont l’une résumait parfaitement son parcours : “Teacher by day, Superstar by night.”

Naturelle, souriante et pleine d’énergie, elle a livré une prestation rafraîchissante qui a donné le ton à cette soirée entièrement consacrée à la musique country.

Auteure et photographe : Sandra Esteves

 

Gwen Stefani fait revivre l’esprit de No Doubt sur les plaines @ FEQ (Québec)

Les Plaines d’Abraham ont replongé dans les années où No Doubt dominait les palmarès. Vendredi soir, Gwen Stefani a livré une performance débordante d’énergie, prouvant qu’à 56 ans, elle possède toujours le même charisme et la même fougue qui ont fait d’elle une icône de la musique pop et rock.

Dès son arrivée sur scène, la chanteuse a donné le ton en multipliant les déplacements, les chorégraphies et les échanges avec les festivaliers. Sa présence était magnétique et, tout au long de la soirée, les milliers de spectateurs ont répondu présents, chantant à l’unisson plusieurs des plus grands succès de son répertoire.

Le spectacle proposait un heureux mélange de chansons de No Doubt et de sa carrière solo. Des titres comme Sunday Morning, Hey Baby, It’s My Life, Underneath It All, Ex-Girlfriend, Rich Girl, What You Waiting For, Don’t Speak, Spiderwebs, Just a Girl et Hollaback Girl ont transformé les plaines en immense chœur, réunissant autant les nostalgiques que les plus jeunes festivaliers.

L’un des moments les plus marquants est survenu lorsque Gwen Stefani a invité quelques admirateurs à monter sur scène. Prenant le temps d’échanger avec eux, elle a offert un instant rempli d’émotion autant pour les principaux intéressés que pour le public. Ce geste spontané a rappelé pourquoi elle entretient, depuis près de trois décennies, un lien aussi fort avec ses fans.

Visiblement en grande forme, la chanteuse a enchaîné les morceaux sans jamais laisser retomber l’énergie. Entourée de ses musiciens et de ses danseurs, elle a offert un spectacle coloré, rythmé et généreux qui, pour plusieurs festivaliers, figure déjà parmi les meilleurs de cette 58ᵉ édition du Festival d’été de Québec.

Avant cette prestation très attendue, c’est la Canadienne Jessie Reyez qui avait la responsabilité d’ouvrir la soirée. Fidèle à sa réputation, elle a proposé une performance intense, alternant moments plus intimistes et passages explosifs. Toujours en mouvement, elle a rapidement conquis le public grâce à sa voix singulière et à une présence scénique naturelle, offrant une première partie solide qui préparait parfaitement le terrain pour la tête d’affiche.

Auteure  : Sandra Esteves

Photographe : L’Oeil de Mel-C

 

Kesha reprend sa place, à sa manière @ FEQ (Québec)

Après plusieurs années à lutter pour retrouver son autonomie artistique, Kesha est arrivée sur les plaines d’Abraham avec l’envie manifeste de présenter bien davantage qu’une succession de chansons populaires. Costumes flamboyants, danseurs, projections et chorégraphies composaient un spectacle très visuel, construit comme une série de tableaux.

Son entrée sur TiK ToK a immédiatement rallié le public. Ce premier grand moment laissait présager une soirée entièrement portée par les succès du début de sa carrière. Pourtant, Kesha avait également l’intention de faire entendre la femme et l’artiste qu’elle est devenue.

Ce choix a suscité quelques réactions d’impatience. Dans la foule, certains festivaliers regrettaient de ne pas entendre davantage de ses chansons les plus connues, ou du moins de ne pas toujours les retrouver dans leur version complète. Plusieurs étaient intégrées à des enchaînements, alors que ses titres plus récents occupaient aussi une place importante.

Contrairement à ce qui a pu être entendu sur le site, Kesha n’était pas légalement empêchée d’interpréter ses anciens succès. Elle a d’ailleurs chanté Blow, Cannibal, Take It Off, Die Young, Your Love Is My Drug et We R Who We R. Elle ne possède toutefois pas les enregistrements originaux de cette première partie de sa discographie.

La nuance est importante. Son long combat avec son ancien producteur, Dr. Luke, concernait notamment ses obligations contractuelles et son indépendance créative. Après la conclusion de leur litige en 2023 et la fin de son contrat, elle a fondé Kesha Records. Son album . (Period), paru en 2025, est ainsi devenu le premier qu’elle pouvait véritablement lancer sous sa propre bannière.

Dans ce contexte, sa volonté de donner une place importante à sa nouvelle musique prend tout son sens. Kesha ne cherche plus uniquement à faire revivre celle qu’elle était au début des années 2010. Elle veut aussi présenter celle qu’elle a choisi de devenir.

Une ambition visuelle qui ralentit le rythme

Sur scène, l’artiste a multiplié les costumes et les univers, passant d’une esthétique éclatante à des tableaux plus sombres ou solennels. L’ensemble témoignait d’un réel désir d’offrir une production spectaculaire.

Le principal bémol demeure toutefois la durée des changements de tenue. Les pauses répétées ont coupé l’élan du spectacle et créé quelques flottements dans la foule. Les costumes servaient la mise en scène, mais des transitions plus courtes auraient permis de maintenir une énergie plus constante.

Il faut néanmoins reconnaître l’investissement de Kesha. À défaut de miser uniquement sur la nostalgie, elle a voulu proposer un spectacle complet, pensé autour de sa personnalité et de son parcours. Les moments plus sensibles, notamment CATHEDRAL. et Praying, ont d’ailleurs permis de dépasser l’exubérance des chorégraphies pour retrouver toute la force de son interprétation.

La prestation n’aura peut-être pas répondu aux attentes de tous, mais elle portait une intention claire : Kesha ne souhaite plus être enfermée dans l’époque qui l’a rendue célèbre. Elle revisite maintenant son répertoire selon ses propres règles, quitte à déstabiliser ceux qui espéraient surtout retrouver la trame sonore de leur adolescence.

Shaggy réchauffe les plaines

Avant elle, Shaggy avait installé une ambiance légère et festive. Avec Boombastic, Angel, Oh Carolina et l’inévitable It Wasn’t Me, le Jamaïcain pouvait compter sur un répertoire solidement ancré dans la culture populaire. Une entrée en matière efficace avant la proposition beaucoup plus théâtrale de Kesha.

Auteure  : Sandra Esteves

Photographe : L’oeil de Mel-C

Patrick Watson, ou l’art de faire taire les Plaines @ FEQ (14 juillet 2026)

Patrick Watson + Klô Pelgag + Bertrand Belin

Il existe plusieurs façons de prendre possession des plaines d’Abraham. Certains artistes les font crier, danser ou bondir jusqu’à en faire trembler le sol. Patrick Watson, lui, les a plongées dans le silence.

Un silence attentif, chargé de souvenirs et d’émotions. Celui d’une foule qui n’était pas simplement venue assister à un spectacle, mais écouter chaque note et ressentir pleinement ce qu’elle réveillait.

Dès son arrivée, Patrick Watson a pris possession de la scène avec une facilité désarmante. Il n’a pas eu besoin d’élever la voix ni de multiplier les artifices pour attirer l’attention. Sa présence, son piano et les premières notes ont suffi. Et dans la foule, le calme était impressionnant.

Les festivaliers étaient là pour écouter. On le sentait dans leur attitude, dans leurs regards tournés vers la scène et dans cette retenue presque inhabituelle sur un site aussi vaste. Chacun semblait entretenir sa propre histoire avec la musique de Patrick Watson.

Le contraste avec la soirée d’ouverture menée par Limp Bizkit était saisissant. Quelques jours plus tôt, les Plaines étaient traversées par les cris, les sauts et l’énergie du groupe américain. Cette fois, le même espace semblait retenir son souffle.

Comparer les deux spectacles peut paraître audacieux, tant leurs univers sont éloignés. Pourtant, ils démontrent chacun à leur façon la force d’un artiste capable de mener une foule immense là où il le souhaite. Limp Bizkit avait provoqué une véritable décharge collective. Patrick Watson a créé une intimité presque impossible au milieu des Plaines.

Here Comes the River, au cœur de l’émotion

C’est pendant Here Comes the River que cette émotion est devenue particulièrement visible. Dans le public, certains visages se sont fermés, d’autres se sont embués. Des festivaliers se sont enlacés, comme si la chanson venait toucher une histoire qu’eux seuls pouvaient comprendre. D’autres demeuraient immobiles, entièrement absorbés par ce qui se déroulait devant eux.

Au milieu de la foule, le trampoline qui intriguait depuis le début de la soirée a enfin révélé sa fonction. Un acrobate y a présenté un numéro spectaculaire, s’élevant dans les airs avant de retomber et de reprendre son mouvement. Son corps semblait lutter avec la gravité, disparaissant puis réapparaissant au-dessus des têtes.

Associée à la musique de Patrick Watson, cette performance aérienne ajoutait une nouvelle dimension à la chanson. La scène, le public et l’acrobate ne formaient plus qu’un seul tableau.

Il était difficile de savoir où regarder : vers Patrick Watson et ses musiciens, vers la silhouette qui surgissait dans les airs ou vers les visages bouleversés autour de nous.

Un silence qui en rappelait un autre

La dernière fois que nous avions vu les Plaines atteindre un tel degré d’attention, c’était en 2024, devant Alexandra Stréliski. La pianiste avait elle aussi réussi à transformer ce lieu gigantesque en un espace profondément intime.

Deux ans plus tard, Patrick Watson accomplissait à son tour ce rare exploit : faire taire les Plaines sans jamais avoir à leur demander le silence.

Et ça, au Festival d’été de Québec, c’est presque plus impressionnant qu’un mur de flammes.

Entouré de son orchestre, Patrick Watson a également accueilli les invités de sa Carte blanche : La Force, Martha Wainwright, Hohnen Ford, Simon Angell, Klô Pelgag et Les Louanges.

Les artistes entraient dans l’univers de Watson avec naturel, enrichissant les arrangements et les harmonies tout en apportant leur propre sensibilité.

Patrick Watson a, en quelque sorte,  apprivoisé les plaines. Même dans les moments les plus imposants visuellement, l’émotion demeurait au centre de tout. Au terme de cette Carte blanche, il restait l’impression d’avoir vécu quelque chose de précieux : un spectacle capable de réunir une foule immense tout en donnant à chacun la sensation que certaines chansons lui étaient personnellement destinées.

Klô Pelgag, fabuleuse sans en faire trop

Avant la douceur de Patrick Watson, Klô Pelgag avait déjà fait entrer les Plaines dans un monde où tout pouvait arriver.

Elle a lancé un petit « Salut Québec! » tout tranquille, sans grand cri ni entrée tonitruante. Un salut simple, et absolument adorable. Elle n’avait de toute façon pas besoin d’en faire davantage. Dès les premières minutes, son imagination allait prendre toute la place.

Accompagnée de ses musiciens, Klô Pelgag évoluait au milieu de plusieurs pianos mobiles. Les instruments étaient déplacés continuellement sur la scène, comme si leur disposition répondait à l’humeur du moment. Les artistes jouaient parfois à distance les uns des autres, avant de rapprocher les pianos et de former un petit groupe au centre.

La scène se transformait ainsi au fil des chansons. Rien ne semblait définitivement installé. Les musiciens construisaient leur environnement pendant le spectacle, avec une liberté qui donnait à l’ensemble un caractère vivant.

Le regard de Bébé Kiwi

L’un des moments les plus tendres est survenu lorsque Klô Pelgag a invité sa fille, surnommée Bébé Kiwi, à venir chanter avec elle la chanson qu’elle lui a dédiée.

Caméra en main, la petite filmait sa maman pendant que les images étaient projetées en direct sur les écrans géants. Le public découvrait l’artiste momentanément à travers le regard de sa fille.

La scène était touchante, spontanée et franchement trop mignonne. Ce petit dispositif apportait une intimité étonnante au milieu d’une production aussi imposante. Durant quelques instants, la grande Scène Bell ressemblait presque à un album de famille ouvert devant des milliers de personnes.

Mais Klô Pelgag n’allait évidemment pas passer toute sa prestation sagement installée derrière ses instruments. À un autre moment, elle est montée sur les épaules d’un membre de la sécurité et s’est faufilée au milieu de la foule tout en continuant d’interpréter sa chanson. Perchée au-dessus des festivaliers, elle avançait entre les spectateurs avec un naturel presque déconcertant. Avec elle, même les idées les plus improbables semblent parfaitement logiques.

Klô Pelgag a également remercié le Festival d’été de Québec pour son invitation, en rappelant avec humour les circonstances de sa dernière participation. En 2012, elle s’était produite au carré d’Youville à 13 h. Cette fois, elle se retrouvait sur la Scène Bell.

« On a upgradé! », a-t-elle lancé en riant.

Le public a évidemment accueilli la remarque avec beaucoup d’enthousiasme. Le changement d’échelle était considérable, mais Klô Pelgag conservait cette simplicité qui rend sa présence si attachante.

Visuellement inventive, musicalement généreuse et toujours un peu imprévisible, elle a quitté la scène sous une impressionnante vague d’applaudissements. Un succès amplement mérité pour une artiste qui réussit à créer un univers spectaculaire sans jamais perdre sa proximité avec le public.

Bertrand Belin, les mots jusque dans les gestes

En ouverture de soirée, Bertrand Belin a installé une ambiance bien différente.

Sa voix grave pouvait parfois rappeler celle d’Alain Bashung, particulièrement dans sa manière de laisser les mots s’étirer et de faire vivre les silences. Mais Bertrand Belin possède un langage scénique bien à lui.

Il semblait complètement immergé dans son propre monde, légèrement perché, mais toujours fascinant à observer. Chez lui, les mots ne s’arrêtent pas au texte. Ils se prolongent dans tout son corps.

Ses mains, ses bras, son regard et ses changements de posture accompagnaient continuellement les chansons. Tantôt immobile et presque détaché, tantôt les bras largement ouverts ou le corps renversé, il donnait l’impression de modeler physiquement chaque phrase.

« Si vous partez en transe avec nous, vous pourrez passer un bon moment », a-t-il lancé aux festivaliers.

L’invitation résumait parfaitement sa proposition. Pour apprécier Bertrand Belin, il fallait accepter d’entrer dans sa bulle, de suivre ses détours et de ne pas chercher à tout expliquer.

Il joue avec les mots, leurs sonorités et les images qu’ils font naître. Sa gestuelle devient alors une autre forme de langage, parfois théâtrale, parfois étrange, mais toujours profondément liée à son interprétation.

Sans mise en scène démesurée, Bertrand Belin a réussi à imposer une entrée en matière atypique et intrigante, idéale pour ouvrir une soirée consacrée à des artistes capables de repousser les frontières entre la chanson, l’image et le spectacle vivant.

Auteure et photographe : Sandra Esteves

Shinedown livre une soirée explosive à Québec @ Centre Vidéotron

Shinedown + Coheed and Cambria + From Ashes to New

Alors que le Festival d’été de Québec battait son plein à quelques kilomètres de là, un autre imposant rendez-vous rock faisait vibrer la capitale. Au Centre Vidéotron, les amateurs avaient choisi de retrouver Shinedown, accompagné de Coheed and Cambria et From Ashes to New, pour une soirée où les flammes, les détonations se sont succédé sans temps mort.

Dès les premières minutes, une chose était certaine : personne n’était venu pour rester tranquillement assis.

Avant même l’entrée en scène de Shinedown, un étrange personnage coiffé d’un téléviseur s’est chargé de maintenir la température dans la salle avec ses deux comparses. Une façon plutôt originale d’occuper l’espace entre les prestations et de préparer le public à une production qui ne comptait manifestement pas miser sur la discrétion.

Les premières notes de Safe and Sound ont ensuite retenti.

Les flammes ont jailli, les détonations ont résonné et les membres de Shinedown sont apparus directement au cœur de l’amphithéâtre. Brent Smith, Zach Myers et Josh Sturm avaient chacun pris position à une extrémité de l’immense passerelle qui traversait le parterre.

Une entrée spectaculaire qui donnait immédiatement l’impression que la scène principale ne constituait qu’une partie du terrain de jeu.

La production était en effet construite autour de deux espaces reliés par une longue passerelle : la scène principale et une seconde scène installée au milieu du parterre, permettant aux musiciens d’évoluer au plus près des spectateurs et de se présenter à toutes les sections de l’amphithéâtre.

Tout au long du concert, les membres du groupe ont circulé entre ces deux scènes, multipliant les déplacements et les interactions afin que personne ne se sente oublié.

Après Safe and Sound, Devour et Diamond Eyes (Boom-Lay Boom-Lay Boom) ont rapidement installé la force de frappe de Shinedown. Entre les projections lumineuses, la pyrotechnie et l’énergie des musiciens, le spectacle prenait déjà des allures de véritable production d’aréna.

Après Diamond Eyes, Brent Smith a demandé aux spectateurs de se présenter aux personnes installées autour d’eux. Le chanteur a lui-même donné l’exemple en se dirigeant vers l’extrémité de la passerelle pour aller saluer des mains dans la foule et serrer la main de plusieurs agents de sécurité.

Un détail qui résumait bien l’intention de la soirée : créer un lien réel avec le public, malgré les dimensions imposantes du lieu.

Après How Did You Love, Brent Smith a pris un long moment pour s’adresser au public avant d’interpréter Three Six Five.

Le chanteur a invité chacun à penser à une personne importante qui n’était plus présente pour vivre ce moment à ses côtés. En quelques secondes, l’atmosphère du Centre Vidéotron a complètement changé.

Le public est demeuré debout pendant toute la chanson. Dans les gradins, certains se sont rapprochés, d’autres ont levé leur téléphone, tandis que plusieurs semblaient simplement se laisser traverser par l’émotion.

Au milieu d’un spectacle dominé par les flammes et la puissance sonore, cette parenthèse de recueillement a créé l’un des moments les plus touchants de la soirée.

Le contraste a été immédiat avec Devil, qui a ramené la pyrotechnie explosive sur scène. Quelques minutes plus tard, Searchlight a de nouveau transformé l’amphithéâtre, cette fois grâce aux centaines de téléphones allumés dans la salle.

Avec Enemies, Brent Smith a clairement fait comprendre au public qu’il était temps de bouger.

Le chanteur a encouragé les spectateurs à danser, à sauter et à abandonner leurs sièges. Dans les gradins, il n’a pas fallu beaucoup d’insistance : presque tout le monde s’est rapidement retrouvé debout.

Un solo de batterie a ensuite fait monter la tension d’un cran. À la demande du chanteur, le public s’est mis à applaudir en rythme, pendant que Brent Smith se préparait lui-même à bondir.

« On n’est pas à la bibliothèque ici! », a-t-il lancé. L’invitation a été entendue.

Quelques secondes plus tard, le Centre Vidéotron sautait à l’unisson. Les gradins vibraient, la foule criait et l’énergie semblait circuler d’un bout à l’autre de l’amphithéâtre.

La bibliothèque pouvait officiellement fermer ses portes pour la soirée.

L’ambiance s’est ensuite adoucie lorsque les musiciens ont rejoint la scène installée au milieu du parterre pour interpréter Call Me.

Une batterie plus compacte avait été placée à quelques mètres des spectateurs, tandis qu’une immense boule à facettes suspendue au-dessus de la scène reflétait la lumière dans toute la salle.

Malgré les milliers de personnes présentes, cette portion du concert donnait presque l’impression d’assister à un spectacle acoustique dans une salle beaucoup plus petite.

The Crow & the Butterfly, Misfits et If You Only Knew ont également été interprétées depuis cette scène centrale.

Entre deux chansons, Brent Smith a remercié les spectateurs d’avoir choisi de venir voir Shinedown, alors que l’offre de spectacles était particulièrement abondante à Québec en pleine période du FEQ. Il a également assuré au public que le groupe ne mettrait pas quatre années avant de revenir dans la capitale. Le chanteur s’est même amusé à interpréter quelques lignes d’une chanson de Shaggy, pendant que Zach Myers prenait place derrière un clavier.

Cette portion plus dépouillée a permis au groupe de montrer un autre visage, plus chaleureux et plus proche du public, sans perdre l’intensité qui avait marqué le début du spectacle.

Après un retour sur la scène principale avec Fly from the Inside et Young Again, Shinedown a poursuivi avec A Symptom of Being Human, accompagnée une fois encore par les lumières des téléphones.

Brent Smith a alors pris la parole afin de parler de City of Hope, un organisme qui soutient notamment la recherche et les traitements contre le cancer. Dans le cadre de cette tournée, un dollar provenant de chaque billet vendu est remis à l’organisme.

Le chanteur a rappelé que chaque contribution, même petite, pouvait faire une différence.

Dans une salle de cette taille, il était impossible de ne pas penser aux personnes touchées de près ou de loin par la maladie.

Mes pensées sont allées vers des amis présents dans l’amphithéâtre qui traversent actuellement une période particulièrement difficile, alors que l’une d’entre eux combat le cancer. J’ai également pensé à ma belle amie Hélène Verret, photographe pour BLVD, qui nous a quittés récemment.

Au milieu du bruit, des effets et de la démesure, ce moment a soudainement pris une résonance beaucoup plus personnelle.

Une finale sans ralentissement

La dernière portion du spectacle a ramené toute la puissance de Shinedown.

Cut the Cord et Monsters ont fait chanter la salle, avant que la reprise de Simple Man, de Lynyrd Skynyrd, ne crée un autre grand moment collectif.

Puis Sound of Madness a provoqué une ultime décharge d’énergie. Les flammes ont de nouveau jailli, les détonations ont secoué l’amphithéâtre et le public a donné ce qu’il lui restait de voix.

Second Chance est finalement venue refermer la soirée sur une note plus émotive.

Avec ses deux scènes, ses passerelles, sa pyrotechnie et ses musiciens constamment en mouvement, Shinedown a livré une production spectaculaire. Pourtant, derrière toute cette démesure, le groupe a surtout réussi à créer une étonnante proximité avec son public.

Pendant que Québec vibrait au rythme du Festival d’été, le Centre Vidéotron vivait lui aussi l’une des grandes soirées rock de l’été.

Des premières parties contrastées

L’ordre de passage a été modifié à la dernière minute. Coheed and Cambria, qui devait initialement ouvrir la soirée, a finalement laissé cette responsabilité à From Ashes to New.

Le changement n’a toutefois rien enlevé à l’intensité du début de soirée.

From Ashes to New a rapidement donné le ton avec son mélange énergique de rap, de rock et de métal moderne. La complémentarité entre les chanteurs Matt Brandyberry et Danny Case apporte une dynamique efficace aux compositions du groupe.

Avant Barely Breathing, Matt Brandyberry a livré un message sur l’importance de croire en ses rêves, de continuer malgré les critiques et de ne pas laisser les intimidateurs définir notre valeur. Une prise de parole rassembleuse, parfaitement en accord avec l’énergie combative de la formation.

Coheed and Cambria a ensuite proposé un univers musical beaucoup plus progressif et complexe. Porté par la voix reconnaissable de Claudio Sanchez, le groupe a multiplié les changements de rythme, les passages instrumentaux et les sonorités naviguant entre rock progressif, métal et post-hardcore.

Le moment le plus spectaculaire de leur prestation est survenu pendant Welcome Home, lorsque Claudio Sanchez a sorti sa guitare à deux manches, provoquant immédiatement une forte réaction dans la salle.

Deux premières parties très différentes, mais qui auront chacune préparé le terrain à leur manière avant l’arrivée explosive de Shinedown.

Auteure et photographe : Sandra Esteves

Alexisonfire + Billy Talent : vingt ans de furie punk au Centre Bell @ Montréal

Le vendredi 17 juillet est la date (tant attendue) du show de Alexisonfire et Billy Talent dans le cadre de leur tournée conjointe Twenty years in the making. Cette tournée célèbre les 20 ans de leurs albums respectifs, Crisis pour Alexisonfire et Billy Talent II pour la formation éponyme.

La soirée débute à l’extérieur du Centre Bell, là ou des amis se rassemblent, s’attendent, discutent en groupe dans la rue, pendant que d’autres entrent dans l’aréna qui bourdonne. Comme pour ajouter à la nostalgie ambiante, cet événement nous a fait recroiser certains amis et connaissances avec qui on a déjà partagé des bouts de soirées jadis, ce qui ajoute à notre excitation pré-spectacle. Au coup de 18 h 50, les groupes d’amis se séparent et chacun se dirige son siège dans la salle de concert.

C’est avec la musique punk rock du groupe montréalais FAZE que le spectacle débute. En guise de décor, le band propose une animation par chanson, ce qui est assez professionnel et bienvenue de la part d’un band de première partie. Le groupe nous fait penser par à-coups aux sonorités des Ramones, et son chanteur revêt un look qui mélange Kurt Cobain (Nirvana) à Bert McCracken (The Used), et qui dégage l’énergie d’un Brendan Yates (Turnstile). La formation propose des chansons au tempo ultra rapide et ça réchauffe bien la foule. Au parterre, au bout de quelques chansons, on voit un pit se former à l’avant de la scène. Pour un groupe punk local, assez tight sur le tempo, qui a de l’énergie à revendre, FAZE fait bien le travail, on recommande.

Vers 20 h, Alexisonfire, monte sur les planches sous un tonnerre d’applaudissements. La formation canadienne entame avec la première piste sur l’album Drunks, Lovers, Sinners and Saints, chanson idéale pour débuter un spectacle de façon dynamique. Le band présente lui aussi une énergie explosive. On sent qu’ils avaient hâte de retrouver leurs fans et de partager la musique de ce disque si spécial pour eux. Sans surprise, un pit est déjà formé dès la première chanson et celui-ci fait environ dix fois la taille de celui pour FAZE, avalant la foule vers l’arrière au fur et à mesure que la chanson progresse. L’énergie dans la salle est palpable et j’ai rarement eu aussi chaud lors d’un concert au Centre Bell : ça bouge de partout. Lors de Mailbox Arson, un immense circle pit se dessine et dévore la moitié des gens qui se trouvent au parterre.

Le temps de reprendre mon souffle après Boiled Frogs et We are the Sound, j’observe les gradins de ma section, dont les spectateurs des rangées AA à F sont entièrement assis (me laissant une vue impeccable du stage, merci !), et je me mets à éplucher cette foule plus attentivement. J’y constate une majorité de personnes aux barbes grisonnantes, aux cheveux couleur poivre et sel et je me passe la réflexion que ce soit ce public ne peut supporter d’être sur ses pieds pendant plus d’une heure, soit ce sont des fans venus supporter uniquement Billy Talent. Je sens que je détonne un peu à force de sauter, crier et gesticuler debout dans ma rangée, mais un spectacle commémoratif comme ça, tu vas rarement en vivre et chaque second mérite d’être savourée : tant pis pour les personnes derrière moi, elles n’ont qu’à se lever à leur tour.

Alors que les notes inquiétantes de You Burn First résonnent, Dallas Green nous encourage à sortir téléphones et briquets pour illuminer l’aréna et ça provoque une ambiance magique, avant que la chanson n’atteigne l’apogée de son crescendo et que ça explose au parterre. Avant de poursuivre avec la piste Crisis, le chanteur George Pettit nous indique qu’il est sincèrement touché de notre soutien envers son groupe de « weird psychopaths » et après avoir remercié Billy Talent de bien vouloir partager le stage avec eux, George nous lance un « Merci beaucoup ! » bien senti.

Au début de To a Friend, un simple jet de lumière éclaire Dallas, qui nous berce a capella de sa voix exceptionnellement mélodieuse, en nous surprenant avec le refrain en début de piste. J’espère sincèrement que la gang de spectateurs assis dans les rangées plus basses ont eu autant de frissons que moi, car si ce moment n’a pas suffit à les convertir en fans, ils n’ont tout simplement rien compris à la beauté d’Alexisonfire. Vient ensuite la chanson qui clôt l’album, Rough Hands, une piste que j’attendais grandement et qui, à la fois, me rend émotive, car je sais qu’elle marque la fin de leur prestation. C’est les larmes aux yeux et en détruisant ma voix que je scande « All my bones are dust, and my heart’s sealed with rust », avec une étrange appréhension au ventre, me passant la réflexion que c’est vraiment trop emo pour qu’ils nous quittent après cette ultime piste, comme si mon monde allait s’effondrer. Mais c’est justement là la beauté d’un moment encapsulé dans le temps : fallait y être et le vivre en savourant chaque seconde, peut importe ton état de santé et tes tracas du quotidien, afin de laisser la musique guérir tout ce qui chambranle en dedans de toi, depuis (peut-être) deux dernière décennies.

C’est sous un « Olé Olé Olé » qu’Alexisonfire revient en force sur la scène, à mon grand soulagement. Wade McNeil, guitariste et chanteur du groupe, prend parole et nous souligne que cela fait 2 ans qu’il est établi à Montréal et que la meilleure poutine se trouve au Orange Julep. Bien qu’on entende des réactions mixtes, un massif « Bouh ! » domine, signe que les montréalais ne sont pas en accord avec son choix (et avec raison, vive la Banquise). Au tour de Dallas de prendre la parole et celui-ci nous dit qu’il y a deux jours, Chris Steele, bassiste du band, fêtait son anniversaire. Dallas nous propose qu’on lui souhaite bonne fête, dans la langue de l’on préfère, et un imposant chant de Bonne fête en français s’adresse à Chris, alors que celui-ci sert un à un ses amis et collègues dans ses bras.

En guise de rappel, la formation joue d’abord Accidents de l’excellent album Watch Out! (2004) et c’est à ce moment que ma section se lève debout (il était temps !). Le groupe poursuit avec son plus récent single Sweet Dreams of Otherness (2022) et clos avec l’explosive Young Cardinals (2009), qui aura été de loin la chanson ayant le plus remué la foule. Le band nous dit qu’il nous reverra l’an prochain sans faute, puisqu’il nous promet un nouveau disque avant 2027 ! C’est donc la tête pleine d’espoir que je m’en vais me revigorer et discuter avec mes amis de la solide perfo qu’on vient de vivre. Quel privilège absolu que de faire l’expérience d’un excellent album en live, dans son entièreté et sans omission !

À 21 h 45, la performance de Billy Talent s’amorce avec la projection d’un compte à rebours passant progressivement de 2026 à 2006. Dès le début de l’animation, ma section au complet est debout, sur le qui-vive. Ian D’Sa, guitariste du groupe, entame les premières notes de Devil in a Midnight Mass, puis quand le drum et la basse se joignent au party, tous les écrans de la scène s’allument pour projeter le design de la pochette de Billy Talent II, pendant que Ben Kowalewicz pousse le fameux cri qui entame le disque. On remarque que la foule est un peu plus animée pour Billy Talent qu’elle ne l’était pour Alexisonfire.

La seconde chanson jouée est – sans surprise – Red Flag et on doit souligner que ça fait bizarre d’entendre cette chanson si tôt dans le pacing, puisque c’est un énorme single et une chanson qui lève beaucoup : lors de précédents concerts de Billy Talent, Red Flag est parfois jouée en tant que rappel ! Heureusement, la foule était bien réchauffée et elle était prête. Plusieurs personnes font du crowd surfing en brandissant des drapeaux rouges et ça bardasse au parterre. S’ensuivent deux chansons que la formation ne joue pratiquement jamais (mes deux préférées de l’album), This Suffering et Pins and Needles. Quel moment jouissif que d’entendre des chansons qui sont souvent délaissées en prestation live ! Je me pinçait très fort, savourant la chance que j’ai de vivre cette soirée, encore une fois. Soulignons que le groupe n’a pas perdu une once de son énergie d’antan et les harmonies sont tout autant spectaculaires qu’au début de leur carrière.

Après la piste, Ben nous dit à quel point il est reconnaissant d’avoir la chance de performer dans sa ville natale et nous remercie sincèrement de participer à cette soirée et de continuer de donner de l’importance à ce disque, 20 ans plus tard. La formation poursuit avec Fallen Leaves au grand plaisir de tous et enchaîne avec Where Is the Line?, chanson durant laquelle ont assiste à un montage vidéo du groupe qui la performe à travers les années, en parfaite harmonie avec la piste jouée en direct sous nos yeux. C’est émouvant, c’est touchant, impossible de ne pas être nostalgique et de ne pas ressasser nos souvenirs de précédentes occasions où on a assisté à un de leurs concerts.

Pour ma part, ce soir c’était la quatrième fois que je voyais Billy Talent dans le Centre Bell, et ma neuvième fois de les voir en prestation au total. Je me replonge au mois de février 2007, alors que j’approche mes 14 ans et que j’ai la permission d’aller à mon premier concert sans parents et que pour 24 $, je suis installée dans la section rouge au Centre Bell avec mes amis du secondaire, pour mon premier show de Billy Talent, émerveillée au delà de toute espérance. C’est avec les mêmes étoiles dans les yeux (et avec un anglais beaucoup plus décent) que je scande aujourd’hui les paroles d’un de mes disques préférés. La formation poursuit avec la douce Surrender, qui explose en intensité lors du bridge et la masse de gens au parterre laisse comprendre au band que même si la chanson se veut une ballade, elle est tout autant appréciée que les autres singles.

Après Sympathy, Ben nous souligne que le groupe travaille présentement sur un tout nouveau disque et qu’il reviendra assurément performer à Montréal. Après 33 ans, le rock de Billy Talent est tout aussi original et poignant, Ian revêt encore sa chemise noire avec son emblématique cravate rouge et Ben ne se gêne pas pour pousser tous les cris gravés dans leur discographie, bien qu’il les tienne un peu moins longtemps (on ne lui en tient pas rigueur, Ben a maintenant 50 ans !). Après avoir joué les dernières notes de Burn the Evidence, on est fébrile : on sait que le disque est fini. À quoi aura-t-on droit en guise de rappel ? Les autres succès de Billy Talent par lesquels le groupe a clos un spectacle sont généralement Try Honesty ou River Below, mais la formation compte à ce jour 6 albums et on sait que la sélection de pistes pour un rappel a dû être complexe.

C’est après un « Olé Olé Olé » bien scandé que le groupe revient sur scène et nous offre Rusted From the Rain (2009), chanson qui est fort appréciée. Au parterre, tout le monde offre le peu d’énergie qui lui reste après ces 4 heures de spectacle. Vient ensuite Reckless Paradise (2022) et on retourne à nouveau sur l’album Billy Talent III (2009) avec Devil On my Shoulder. Durant la chanson, on remarque à peine qu’un tech discute avec le drummer (il semblerait y avoir un souci au niveau du drum), car tous les yeux sont rivés vers Ian qui nous offre le meilleur solo de guitare de toute la soirée, qui est complètement captivant, enivrant, nous rappelant à quel point cet homme est un prodige avec son instrument. Ben renchérit en nous faisant chanter à répétition les « over and over » du bridge, jusqu’à ce que la chanson explose et que tout le monde se rentre dedans au parterre.

L’ultime piste performée sera la chanson la plus dynamique de l’album Dead Silence (2012) : Viking Death March. Je vois plusieurs personnes de ma section quitter durant la chanson, ce qui est très dommage car elle est tout aussi explosive que Red Flag. Tant pis pour eux, plus de place pour moi pour sauter et dépenser l’énergie qui me reste !

En sortant du Centre Bell, je suis comblée. Quel merveilleux alliage que de joindre la musique de Billy Talent et celle d’Alexisonfire. Ce qui est curieux, c’est qu’aucun des deux groupes n’ait joué de chansons de leur premier opus. C’est comme si les groupes prennaient position sur l’aspect nostalgique de leur discographie : comme si c’était à la fois une célébration des 20 ans de leurs albums, mais aussi une manière de tourner la page sur ce qui a été produit auparavant, plaçant l’attention des fans vers les prochains disques à venir. C’est un poétique message que de nous faire comprendre que le futur s’écrit au présent, à chaque jour et à chaque heure qui passe, et que bien qu’on ait déjà hâte à leur prochaine tournée, on sait que le plus important, c’est de vivre maintenant, dans le moment présent.

Journaliste: Laurence Daoust

Photographe: Alex Guay

Place George-V : une soirée qui n’avait rien à envier aux Plaines @ Québec

Les Louanges + Haute & Freddy + Bricknasty + Hélène Barbier + Nectar Palace

Alors que les Plaines d’Abraham accueillaient les grands noms de cette quatrième soirée du Festival d’été de Québec, la Place George-V proposait une programmation aussi éclectique que surprenante. D’une prestation à l’autre, le public est passé d’une ambiance contemplative à une véritable explosion d’énergie, démontrant une fois de plus que les plus belles découvertes du FEQ se cachent parfois sur les scènes secondaires.

Le coup d’envoi est donné par Nectar Palace, qui livre une prestation dynamique et rafraîchissante. Avec son énergie communicative et ses mélodies accrocheuses, le groupe séduit rapidement les premiers festivaliers venus profiter de cette fin d’après-midi estivale. Une très belle découverte qui donne immédiatement le ton à la soirée.

L’atmosphère change ensuite avec Hélène Barbier. Sa musique, teintée de sonorités psychédéliques, installe un climat beaucoup plus contemplatif. Portée par une voix aérienne et accompagnée de ses musiciens, elle demeure presque immobile derrière son micro, sa guitare en bandoulière, laissant toute la place à ses chansons. Devant la scène, le public écoute attentivement. Quelques festivaliers esquissent même de timides pas de danse, bercés par cette proposition musicale tout en douceur.

L’intensité monte d’un cran avec Bricknasty. La foule s’épaissit devant la scène, séduite par le talent du groupe et la qualité de ses interprétations. L’accueil est si chaleureux que les musiciens profitent des quelques minutes qu’il leur reste pour offrir une ultime chanson, une petite surprise qui fait le bonheur d’un public qui en redemandait.

Puis arrive sans doute la révélation de la soirée, et même mon plus grand coup de cœur de cette 58e édition du FEQ jusqu’à présent : Haute & Freddy.

Difficile de rester indifférent devant cet univers complètement déjanté où se rencontrent électro-pop, rock, théâtralité et esthétique circassienne. Dès les premières minutes, le duo entraîne le public dans un spectacle aussi musical que visuel. Plusieurs festivaliers jouent même le jeu en arborant des costumes d’arlequin ou des tenues à l’esthétique très britannique, rappelant autant les années 80 que 90.

Impossible de quitter Haute des yeux. Véritable comédienne autant que chanteuse, elle transforme chacune de ses chansons en numéro de théâtre, multipliant les grimaces, les mimiques et les expressions les plus improbables. Loin d’avoir peur du ridicule, elle en fait sa plus grande force et captive instantanément le public.

Le duo offre également une excellente reprise de Let’s Dance de David Bowie, une chanson qui semble avoir été écrite pour leur univers flamboyant. Le public embarque immédiatement dans cette version festive, avant d’exploser une dernière fois lorsque résonnent les premières notes de Shy Girl, leur chanson de clôture.

L’accueil réservé au duo est tout simplement phénoménal. Après leur dernier morceau, Haute & Freddy descendent de scène pour aller à la rencontre des premiers rangs, serrant des mains et distribuant quelques setlists à leurs admirateurs. Puis, fidèles à leur univers complètement décalé, ils offrent un ultime clin d’œil au public : sur une musique de cirque, ils improvisent quelques clowneries avant de quitter la scène en gambadant, déclenchant les rires et une longue ovation.

Révélé notamment grâce aux titres Scantily Clad, Anti-Superstar et Shy Girl, le duo, nommé parmi les Spotify Artists To Watch 2026, confirme qu’il possède une identité artistique aussi unique qu’attachante.

La soirée se conclut avec Les Louanges, dont la venue était visiblement très attendue. Avant même que Vincent Roberge n’apparaisse, les musiciens prennent tranquillement place sur scène tandis que résonnent les premières notes d’Alouette. Puis, depuis les coulisses, le chanteur entonne le début de la chanson. Instantanément, la foule reprend chaque parole à l’unisson. Les cris deviennent assourdissants et les festivaliers scandent à plusieurs reprises « Lou! Lou! », réclamant leur artiste avant même son entrée sur scène.

À peine arrivé, Vincent Roberge lance en souriant :

« Ce soir, c’est nous tous qui faisons le show… on va mettre le FOMO aux Plaines! »

Une phrase qui déclenche immédiatement les applaudissements et donne le ton à une prestation placée sous le signe de la complicité.

L’enthousiasme ne retombera jamais. Entre plusieurs chansons, les « Lou! Lou! » reprennent de plus belle, témoignant de la connexion évidente entre le groupe et son public.

Le spectacle s’enchaîne ensuite avec une aisance remarquable. Le duel amical entre Vincent Roberge et le saxophoniste Félix Petit sur Promis juré donne rapidement le ton. Le groove contagieux de Qu’est-ce que tu m’fais, l’intensité de Goddamn et l’énergie dansante de Correct font progressivement monter la température devant la scène. Un électrisant solo de guitare vient ensuite couronner Tercel, arrachant une nouvelle salve d’applaudissements.

En rappel, Les Louanges offrent La nuit est une panthère, transformant la Place George-V en immense chœur à ciel ouvert. Des centaines de voix accompagnent Vincent Roberge jusqu’aux dernières paroles, concluant cette quatrième soirée dans une ambiance de communion parfaite entre les musiciens et leur public.

Cette quatrième soirée à la Place George-V aura une fois de plus démontré toute la richesse de la programmation du Festival d’été de Québec. Entre les prestations tout en douceur d’Hélène Barbier, l’énergie de Bricknasty, la folie assumée de Haute & Freddy et la communion offerte par Les Louanges, les festivaliers auront vécu un véritable voyage musical.

Et s’il fallait retenir une seule découverte de cette soirée, Haute & Freddy s’imposent sans hésitation comme le coup de cœur. Le genre de groupe que l’on ne connaissait pas une heure plus tôt… et dont on repart avec l’envie de suivre la carrière.

Auteure et photographe : Sandra Esteves

Privacy Settings
We use cookies to enhance your experience while using our website. If you are using our Services via a browser you can restrict, block or remove cookies through your web browser settings. We also use content and scripts from third parties that may use tracking technologies. You can selectively provide your consent below to allow such third party embeds. For complete information about the cookies we use, data we collect and how we process them, please check our Privacy Policy
Youtube
Consent to display content from - Youtube
Vimeo
Consent to display content from - Vimeo
Google Maps
Consent to display content from - Google