Category: Québec

L’australien de 22 ans The Kid LAROI épate la Place Bell @ Montréal

L’artiste The Kid LAROI était en concert à Laval  le dimanche 17 mai, dans le cadre de sa tournée mondiale A PERFECT WORLD. Le jeune australien était de passage à la Place Bell, accompagné de deux artistes, respectivement WizTheMc et Tommy Richman.

Le concert débute à 17h30 avec la performance du chanteur allemand WizTheMc, qui mélange la musique house au afrobeat avec brio. En plus d’offrir une proposition novatrice et agréable à écouter, l’artiste sait parler français ! Il s’adresse à nous par moments en français en expliquant qu’il l’a étudiée à Berlin – sa ville natale – il y a plus de douze ans ! L’artiste livre une prestation très humaine, parfois en descendant dans la foule pour chanter parmi les spectateurs, d’autres fois en leur communiquant des messages d’espoir inspirants et sincères. WizTheMc joue ses chansons les plus écoutées, notamment Show Me Love, Take My Mind, Sensational et l’excellente Wait For You, chansons qui accompagnent à merveille les premiers 20 degrés ressentis dans la métropole. Cet artiste est une belle découverte et on vous conseille de noter son nom car il fera assurément parler de lui dans les années à venir.

À 18h30, on a droit à une seconde performance, cette fois, du rappeur américain Tommy Richman. L’artiste propose un rap qui marie le trap, le soul et le hip-hop. Tout au long de sa présence, Richman marche le long de la scène, sans se distinguer par une chorégraphie et sans complicité apparente avec les musiciens qui accompagnent, ce qui est un peu décevant. De plus, impossible de passer outre le fait que l’artiste a généré plusieurs malaises lors de sa prestation.

D’abord, il demande au parterre de se séparer durant une chanson et d’attendre son signal afin de se regrouper – signal qui n’est jamais arrivé – pour ensuite interrompre sa chanson et dire à la foule de laisser tomber. Malaise. Plus tard, il demande aux spectateurs à quel endroit sortir à Montréal et il ne semble pas comprendre les suggestions que le public lui dicte. Finalement, avant sa chanson virale MILLION DOLLAR BABY, la foule scande le « Olé Olé Olé » et on comprend que ça le dérange, puisqu’il s’adresse à la foule en la traitant de « wack ». Au final, l’artiste quitte en hâte après 20 minutes de prestation. On a apprécié davantage la présence du talentueux guitariste qui était vêtu d’un jersey des Canadiens à l’effigie de Patrick Roy, que le 20 minutes de gloire de Tommy Richman.

À 19h30 The Kid LAROI débarque sur scène sous un tonnerre d’applaudissements et entame la piste ME + YOU, tirée de son plus récent opus BEFORE I FORGET, paru en janvier dernier. En plus d’être accompagné d’un DJ, l’artiste dispose d’un impressionnant écran géant incurvé qui occupe la pleine largeur de la scène, du plafond jusqu’au sol. LAROI y présente d’abord une animation de nuages qui défilent dans un ciel azur, qui se teinte ensuite d’une couleur rosée pour la seconde piste, JULY. Au fur et à mesure que son spectacle progresse, la projection devient de plus en plus sombre, histoire d’accompagner le ton des chansons de l’album, la plupart corrélées à la fin de sa relation avec la chanteuse canadienne Tate McRae. LAROI poursuit avec HOLD STILL, NEVER CAME BACK et BLEED, pour laquelle la foule chante chaque parole haut et fort. D’ailleurs, dans les moments où l’artiste tend son micro en direction de la foule, on réalise qu’il chante chaque parole de ses chansons, car on entend uniquement le public chanter !

Durant l’entièreté de son spectacle The Kid LAROI ne laisse aucun temps mort : il imbrique parfois ses chansons les unes avec les autres, ce qui lui permet de maximiser le nombre de pistes performées au grand plaisir de la foule. Il nous offre une prestation dynamique, durant laquelle il est impossible de demeurer immobile. LAROI est aussi impressionnant qu’attachant. Il s’adresse aux spectateurs en les remerciant d’être présents. Il est reconnaissant que nous soyons là, malgré le report de son spectacle d’une journée en raison du match des Canadiens de la veille, qui a occasionné un changement d’horaire. Il ajoute qu’il est désolé que l’équipe ait perdu et il nous souhaite la victoire au 7e affrontement contre les Sabres de Buffalo, ce qui déclenche de vives acclamations.

Le chanteur joue des compositions plus sensibles et douces telles que PERFECT WORLD, BACK WHEN YOU WERE MINE et A COLD PLAY, autant que des pièces qui bougent, pour lesquelles il saute sur place, notamment RATHER BE, BABY I’M BACK et son méga succès avec Justin Bieber, STAY. LAROI est incroyable lorsqu’il enchaîne trois de ses plus gros succès : Diva, I CONDEMN et GO. Pour cette pièce, il emprunte un drapeau à l’effigie de JUICE WRLD et de lui-même à un spectateur, afin de le brandir en l’honneur de son défunt comparse qui a posé sa voix sur cette piste. Il encourage ensuite la foule à scander « Long live Juice » en sortant de scène, avant que le chant ne se meut en un « Olé Olé Olé », exigeant le retour de l’artiste sur les planches.

The Kid LAROI revient sur scène avec un café en main, qu’il dépose prêt d’un clavier, afin de libérer ses mains pour enregistrer des harmonies, trame sonore pour la douce pièce MAYBE I’M WRONG. Ça crée un moment très intime et complètement original avec l’artiste, et la foule adore ! Après une bonne gorgée de café, LAROI descend jusqu’à la barricade le séparant de la foule et monte dessus afin de performer la prochaine chanson. Il performe alors la ballade WITHOUT YOU, dos à la foule, afin que la caméra capte tous les spectateurs derrière et près de lui, ainsi que leurs lumières de poche, ce qui crée un autre moment interactif et magique.

Le rappel se veut court, mais explosif : il enchaîne avec une piste de son album BEFORE I FORGET (DELUXE), MOVE YOUR BODY, avant de conclure avec la très attendue NIGHTS LIKE THIS, pour laquelle il nous livre toute l’énergie qu’il lui reste. Pour tous les amateurs de R&B, pour les amoureux de chansons de break up, ainsi que pour les fans de musique à la Justin Bieber, on recommande hautement un spectacle de The Kid Laroi, qui continue d’évoluer et de nous surprendre… du haut de ses 22 ans !

Journaliste : Laurence Daoust

Alestorm à la Place Bell : la piraterie comme art conceptuel @ Montréal

Mardi soir, Place Bell. Cinq pirates, canard gonflable géant en fond, foule en tricornes de plastique. Le ridicule est total. C’est précisément le sujet.

Mais avant les pirates, les elfes. Twilight Force ouvre en armures et capes, power metal symphonique assumé sans ironie. Performance vocale irréprochable d’Allyon, riffs néoclassiques affûtés. Selon une bonne partie de la salle, ils ont presque volé la vedette.

Rappel : Alestorm naît à Perth en 2004 et invente le pirate metal en 2008 avec Captain Morgan’s Revenge. Là où Sabaton industrialise la guerre, Christopher Bowes industrialise l’ivresse. Méta-blague sur le folk metal de Korpiklaani et Finntroll, poussée jusqu’au canard gonflable.

Le set démontre la mécanique. Keelhauled, Zombies Ate My Pirate Ship, Banana : les titres se lisent comme des memes, mais les riffs tiennent debout. La reprise Hangover de Taio Cruz transforme un tube R&B en hymne à la cuite collective. Dans un metal saturé de sérieux performatif, la connerie revendiquée devient une forme de radicalité.

Le rappel achève le travail. Drink, Wooden Leg!, Fucked With an Anchor : chantés par 6000 personnes comme on chante Hey Jude. Rumpelkombo clôt dans un chaos eurodance assumé.

On sort le tricorne de travers. Bowes a gagné. Encore. Mais ce soir, les elfes ne sont pas loin derrière.

Journaliste et Photographe: Paul Blondé

Electric Callboy à la Place Bell : le kitsch comme arme de destruction massive @ Montreal

Vendredi soir, Place Bell. Cinq Allemands sur six (Pascal manquait à l’appel pour raisons familiales) en survêtements fluo et moustaches improbables, transformant une aréna de banlieue en discothèque de Castrop-Rauxel.

Rappel utile : quand Eskimo Callboy (le « Eskimo » tombera en 2022) émerge de la Ruhr en 2010, le metalcore allemand patauge dans sa propre grandiloquence. Le groupe choisit l’inverse : synthés eurodance, blagues de cour d’école, mauvais goût assumé. La scène les méprise dix ans durant. Puis Hypa Hypa explose en 2020, et le ridicule devient stratégie : tenir enfin la promesse jamais tenue du nu-metal, celle d’un metal qui puisse danser sans se renier.

Le set le démontre. TANZNEID en ouverture, breakdowns chirurgicaux sur nappes trance, le pit hésitant entre wall of death et Macarena. La reprise de Still Waiting de Sum 41 sonne comme une revendication de filiation : pop-punk canadien et tekkno allemand partagent le même ADN d’idiotie sincère. Le médley Hurrikan / Overkill / All the Small Things / Bodies enchaîne Motörhead, Blink-182 et Drowning Pool comme un shuffle Spotify de l’histoire du metal grand public. Cynique. Et désarmant d’honnêteté.

Moment de bascule : quelque part en milieu de set, le bassiste Daniel se casse la cheville. Il termine le show attelle au pied droit, boitant à peine, comme si de rien n’était. The show must go on version Ruhr. Voilà du vrai rock n’ roll, plus convaincant que n’importe quel discours sur l’authenticité.

Le passage acoustique (Fuckboi, Everytime We Touch de Cascada) fait tomber la blague : restent des musiciens qui chantent juste. RATATATA et We Got the Moves en bénédiction finale. On sort en sueur, vaguement honteux d’avoir tant aimé. C’est exactement ce qu’ils voulaient.

Journaliste et Photographe: Paul Blondé

Deux géants du métal progressif et mélodique réunis à Montréal @ Théâtre Beanfield

Il s’est écoulé deux ans depuis le dernier passage de Dark Tranquillity et de Soen dans la métropole et ces derniers ont décidé de joindre leurs efforts dans une tournée co-tête d’affiche alors que Persefone agissait comme première partie lors de leur passage au Théâtre Beanfield.
Persefone commence la soirée avec leur musique death métal mélodique, mais nous remarquons que le claviériste et le bassiste ne sont pas de la tournée, mais cela n’empêche pas le groupe d’offrir une excellente et courte prestation. Les titres s’enchainent rapidement et les musiciens sont très dynamiques sur scène. Le chanteur Daniel R. Flys va s’aventurer dans l’espace de sécurité afin de s’approcher le plus possible des amateurs alors que le guitariste Filipe Baldaia ira prendre un bain de foule vers la fin de leur prestation après avoir manqué pratiquement une chanson pour changer une corde brisée. Daniel demandera aux amateurs de faire un circle pit autour de lui. Le groupe s’est bien débrouillé considérant les circonstances et leurs lourdes mélodies on rejoint de nombreux amateurs.
C’est au tour de Soen d’arriver sur scène avec la pièce Mercenary qui provient de leur plus récent album. Le groupe pigera trois autres titres de celui-ci durant la soirée. Le chanteur Joel Ekelöf est en très grande forme et interagit constamment avec les amateurs. Il ira chanter la pièce Memorial à partir du balcon alors qu’il est habillé en général et reviendra sur scène pour nous donner des frissons avec le titre Indifferent. C’est cependant avec Lotus que les amateurs vont créer un moment magique avec leurs téléphones. Il était plaisant de voir que le groupe avait réintégré la pièce Fraccions dans le setlist après quelques années d’absence, ce fut la seule pièce de l’album Cognitive. Les musiciens sont très dynamiques sur scène et l’émotion de leur musique progressive rejoint rapidement les amateurs qui sont très démonstratifs tout au long de leur prestation. Le groupe a bien réussi à agencer les titres rapides et agressifs avec ceux qui sont plus lents afin de créer un effet de montagne russe.
C’est maintenant au tour de Dark Tranquillity de s’amener sur scène devant une salle comble. Les Suédois ont à peine commencé la pièce Punish My Heaven que les amateurs se poussent vigoureusement. Le groupe enchaine rapidement avec The Emptiness From Which I Fed, un vieux titre qui est revenu dans la rotation récemment. Mikael Stanne est en grande forme et il interagit constamment avec les amateurs. Le nouveau titre Unforgivable sera grandement apprécié et les amateurs vont se déchainer pendant celui-ci, au grand plaisir des musiciens. Le claviériste Martin Brändström est à l’honneur durant l’excellente Atoma et la foule va chanter à pleins poumons avec Mikael pendant cette dernière. Mais c’est durant Nothing To No One que les amateurs deviennent hystériques, les nombreux changements de tempo vont mettre ces derniers à rude épreuve pendant le moshpit. Johan Reinholdz est très dynamique et change régulièrement de côté avec Peter Lyse Hansen ou Christian Jansson. Les Suédois reviennent en force avec Terminus (Where Death Is Most Alive) et cela donne un second souffle aux amateurs dans le moshpit. Leur prestation se termine avec Phantom Days et Misery’s Crown. Comme d’habitude, les Montréalais ont démontré beaucoup d’affection pour ces Suédois et Mikael a pris le temps de remercier les amateurs montréalais pour leur accueil chaleureux.
Lorsque l’on peut voir les formations Dark Tranquillity et Soen le même soir, nous savons que nous allons passer une excellente soirée et c’est exactement cela que les amateurs se disaient à la sortie du Théâtre Beanfield.
 
 
Journaliste: Albert Lamoureux
 
Photographe: Paul Blondé

Une soirée heavy métal brûlante avec Burning Witches @ Piranha Bar (Montréal)

Plusieurs amateurs avaient encerclé ce lundi sur leur calendrier depuis longtemps, car c’est le premier passage de la formation suisse Burning Witches dans la métropole et le premier de quatre concerts au Canada. Pour l’occasion, le groupe était accompagné de Thunderor ainsi que de la formation locale Burning Sanctum lors de leur passage au Piranha Bar.
Il y a déjà beaucoup amateurs lorsque Burning Sanctum commence leur prestation avec leur musique doom métal. La majorité des amateurs étaient davantage en mode réceptif que participatif, mais certains d’entre eux appréciaient pleinement leur prestation. La tenue des musiciens ainsi que leur style musical fait immédiatement penser au groupe Candlemass, mais avec une voix gutturale. Même s’ils ont peu d’espace sur scène, le chanteur Gabriel Tulli se déplace autant que possible et interagit avec les amateurs. Leur courte prestation a bien été reçue par les amateurs même si leur style était très différent de celui de la formation en tête d’affiche.
Il ne faut pas attendre très longtemps avant de voir le groupe Thunderor arriver sur scène avec leur musique hard rock/métal. Quelques amateurs embarquent rapidement et hochent leur tête au rythme de leur musique, mais la majorité des amateurs restent de glace. Le chanteur est le batteur du groupe et cela laisse énormément de place au bassiste Brycen Gunn et au guitariste Johnny Nesta pour exprimer pleinement leurs talents. Nous remarquons que Johnny est un naturel à la guitare et qu’il ne tient tout simplement pas en place. Leur son était très bon, mais il leur manquait un petit quelque chose pour rejoindre les amateurs.
La formation Burning Witches arrive sur scène et les amateurs leur réservent un accueil très chaleureux alors qu’ils entament leur prestation avec les pièces Soul Eater et Shame de leur plus récent album. On voit immédiatement que Laura Guldemond est en très grande forme et sa puissante voix se démarque facilement des instruments. Elle est très dynamique et très intense, elle me fait rapidement penser à la défunte Jill Janus à plusieurs niveaux. Laura revient sur scène avec un masque durant l’entrainante Dance With The Devil. Le travail de Romana Kalkuhl et de Courtney Cox est très complémentaire et elles sont au centre des titres comme Maiden Of Steel et Sea Of Lies.
La ballade Release Me donne une pause aux amateurs qui hochent leur tête au rythme de la musique sans arrêt et démontre aussi que Laura a non seulement une puissante voix, mais qu’elle peut aussi avoir beaucoup d’émotions. Mais cela n’est que temporaire, car la formation revient à la charge avec Black Widow, un titre simple, brutal et rapide qui signale aux amateurs qu’il est grand temps de se pousser vigoureusement les uns contre les autres. La lourdeur d’Evil Witch met en évidence le travail de Jeanine Grob et de Lala Frischknecht à la section rythmique alors que les amateurs vont chanter le refrain à pleins poumons. Leur excellente prestation se termine avec The Witch Of The North et Burning Witches.
Les amateurs ont démontré beaucoup d’enthousiasme durant cette superbe soirée et les musiciens étaient vraiment heureux de voir la réaction de la foule montréalaise. Il faudra maintenant espérer que Burning Witches va ajouter Montréal dans leur parcours nord-américain lors de leurs prochaines tournées et merci encore une fois à Dungeon Works d’avoir amené ce groupe au Canada pour la première fois.
 
 
Journaliste: Albert Lamoureux
 
Photographe: Ema Gagné

Du vieux, du neuf et des surprises : Raven livre la marchandise @ Piranha Bar (Montréal)

Les amateurs montréalais complètent leur weekend avec un rendez-vous au Piranha Bar pour une soirée métal avec les groupes Raven, Slackjaw et la formation locale Metalian.
Il y a bons nombres d’amateurs lorsque Metalian commence leur prestation avec leur musique endiablée. Quelques amateurs de longue date démontrent leur intérêt, mais la foule était principalement en mode réceptif. Leur musique est rapide et agressive et la voix d’Ian Wilson toujours aussi puissante et aiguë. Leur courte prestation a bien été reçue par les amateurs.
Il ne faut pas attendre très longtemps avant de voir le groupe Slackjaw arriver sur scène avec leur groove métal. Les amateurs sont maintenant plus nombreux et ils embarquent rapidement en hochant leur tête au rythme de leur musique. C’est le premier passage de la formation dans la métropole et les amateurs étaient impatients de pouvoir finalement les voir et ils vont rapidement se pousser violemment les uns contre les autres tout au long de leur prestation. Les musiciens interagissent constamment avec la foule et ne tiennent pas en place. À voir la réaction des amateurs, c’est à croire que le groupe est la tête d’affiche de la soirée. Le groupe a pigé également dans ses deux albums et ils ont aussi joué deux nouveaux titres, soit Ascend Me et Death Can’t Save You.
Il s’est écoulé pratiquement deux ans jour pour jour depuis le dernier passage de Raven au Piranha Bar et les amateurs sont encore une fois présents en grand nombre pour les voir débuter leur prestation avec Can’t Take Away The Fire, un titre de leur plus récent EP du même nom. Ils reviennent à leur origine avec Hell Patrol avant de jouer The Power. On voit rapidement que les frères Gallagher se complètent toujours aussi bien sur scène. Armé d’un nouveau genou et d’une nouvelle cheville, Mark est survolté sur scène et il interagit constamment avec les amateurs. Le groupe pige rapidement dans leur nouvel album avec Surf The Tsunami et All Hell’s Breaking Loose avant de faire exploser la foule avec une succession de vieux succès. Les amateurs ont droit à All For One, Rock Until You Drop, On And On et For The Future. Cette dernière était un pur délice pour les amateurs de longue date, car elle est rarement intégrée dans le répertoire de la formation. Le titre Faster Than The Speed Of Light a été joué à la vitesse grand V et a grandement été apprécié par les amateurs. La voix de John est toujours aussi impressionnante et il est encore capable d’atteindre les notes aiguës qu’il a enregistrées dans une autre vie. Il a cependant eu des difficultés avec son micro pendant un court moment. Le groupe a offert une autre belle surprise aux amateurs en jouant Pick Your Window sur cette tournée pour la toute première fois depuis sa parution sur l’album Life’s A Bitch en 1987. Le batteur Mike Heller est tout encore une fois en feu tout au long de la soirée et rehausse le travail des frères Gallagher. Après Break The Chain, le groupe revient encore une fois avec un superbe medley des titres War Pigs / Rock Bottom / Victim Of Changes / Breadfan / Children Of The Grave / Tie Your Mother Down avant de compléter leur prestation avec Chain Saw.
Il n’y avait pas beaucoup de changement entre la sélection des titres de cette prestation et de celle d’il y a deux ans, mais il est toujours impressionnant de voir le groupe s’exécuter avec autant d’énergie sur scène et d’avoir autant de plaisir à le faire.
 

Journaliste: Albert Lamoureux

Photographe: Thomas Mazerolles

 

De Going Solo à Zebra: John Butler recolle les époques @ Théâtre Beanfield (montréal)

Ce dimanche à Montréal, John Butler nous rappelait ce que veut dire tenir une salle sans artifice mais pas sans muscles. D’abord seul, guitare en bandoulière, comme pour poser le décor: un songwriter capable de remplir l’espace avec une voix, un jeu percussif et une présence calme. Puis, graduellement, ses trois musiciens le rejoignent sur scène. Élargissant le spectre sans jamais diluer l’essentiel: le groove organique et cette tension entre l’intime et le collectif.

La setlist navigue entre nouveautés (Going Solo, Gets No Better, Trippin On You) et classiques du John Butler Trio (Better Than, Betterman, Revolution), cousant les époques plutôt que les opposant. Un concert agencé par vagues, mêlant des confessions maîtrisées sur So Sorry et Outta My Head avec des poussées plus militantes et spirituelles sur Wade in the Water et Leave the Rest to Earth. Au cœur du set, Ocean, un morceau qui tient du rite où la virtuosité sert d’abord l’émotion, a suspendu le temps. La machine est ensuite reparti au galop avec des titres plus solaires et festifs (Used to Get High, Treat Yo Mama, Funky Tonight).

En rappel, Peaches & Cream et Zebra ont conclu la soirée sur une évidence: John Butler est un artisan du live, chaleureux, précis, toujours ancré dans le vrai.

Photographe et journaliste: Paul Blondé

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