Category: Québec

Montgolfières clouées au sol, mais le feu prend quand même à Saint-Jean @ St-Jean sur Richelieu (Québec)

Samedi 8 août 2026. Le ciel a décidé de jouer les trouble-fête : orage en maraude, vent hargneux, pluie qui s’incruste par vagues. Résultat, les montgolfières restent sagement amarrées toute la journée. Frustration légitime pour un festival qui porte leur nom.

Entre 17h, heure initialement prévue pour le décollage, et 18h30, heure du couperet final, l’attente se vit en direct grâce ce que j’ai surnommé « L’Antichambre des montgolfières », dispositif de commentateurs postés sur le site qui égrènent les mises à jour météo. Ambiance mi-tension mi-spectacle. Chaque bulletin est accueilli par des soupirs collectifs, jusqu’au verdict final, sobre et sans appel.

La soirée, elle, ne déçoit pas. Vulgaires Machins ouvrent avec une rage toujours intacte, Arrachez-moi les yeux résonnant comme un manifeste plus que jamais pertinent trois décennies après leurs débuts granbyens. Puis Offspring prend possession de la scène et transforme instantanément de site de l’aéroport de St-Jean sur Richelieu en karaoké géant des les premieres notes de All I Want. Come Out and Play, Bad Habit, un medley Sabbath/Ozzy qui surprend agréablement et un incident savoureux pendant leur reprise de Love Story avec une admiratrice qui grimpe sur scène avant d’être promptement escortée hors des lieux par la sécurité sur un “told you Taylor Swift was Punk-Rock” de la part du guitariste Noodle

Bilan de la journée : l’organisation impressionne par sa logistique sans accroc et une ambiance chaleureuse malgré un ciel peu coopératif. C’était ma premiere visite et c’est définitivement déjà a mon agenda pour l’an prochain !

Journaliste et Photographe : Paul Blondé

Cigale souffle sa 5ème bougie sous le soleil @ Baie de Beauport (Québec)

Le festival Cigale célébrait cette année son cinquième anniversaire à la Baie de Beauport. L’événement a une nouvelle fois démontré l’efficacité de son concept réunissant musique, bouffe et plage. Quelques gouttes ont bien tenté de s’inviter à la fête, mais il en fallait davantage pour refroidir les festivaliers.

Depuis cinq ans, Cigale cultive une identité bien différente de celle des grands festivals urbains. Ici, les scènes côtoient le sable, les camions de cuisine de rue et les espaces où il est possible de ralentir entre deux concerts. On ne vient donc pas uniquement pour une programmation musicale : on vient passer la journée à la Baie de Beauport.

Le 8 août, le soleil a largement dominé les célébrations, malgré une très courte pluie en après-midi et une petite averse pendant la prestation de Milky Chance. Rien de suffisamment sérieux pour perturber la fête. Quelques imperméables sont apparus, certaines personnes se sont momentanément réfugiées sous les installations, puis la musique a rapidement repris le dessus.

Une expérience qui dépasse les scènes

Dès l’arrivée sur le site, la formule « musique, bouffe, plage » prend tout son sens. Les camions de cuisine de rue attirent les files, les commerces locaux animent les allées et les festivaliers circulent entre les différentes zones sans perdre de vue les scènes principales.

Cette ambiance contribue grandement au succès de Cigale. Le festival propose une expérience estivale complète, assez animée pour garder le public en mouvement, mais suffisamment décontractée pour permettre de s’installer dans le sable ou sur l’herbe et de profiter simplement du moment.

Les familles sont également bien présentes. Des enfants observent les spectacles sur les épaules de leurs parents pendant que d’autres festivaliers prennent le temps de manger, de découvrir les kiosques ou de participer aux activités proposées. Le site conserve ainsi une atmosphère conviviale, même lorsque la foule devient plus dense à l’approche des concerts les plus attendus.

Qualité Motel transforme la scène en terrain de jeu

Avec Qualité Motel, le festival change complètement de registre. Le collectif québécois débarque sur scène avec une scénographie volontairement déjantée dominée par l’arrière d’une voiture transformé en console. L’installation donne immédiatement le ton : la prestation ne sera ni sage ni discrète.

Entre électro, humour et énergie contagieuse, Qualité Motel transforme rapidement le secteur de la scène en véritable fête à ciel ouvert. Les membres du collectif multiplient les interventions autour de leur improbable véhicule, pendant que les rythmes entraînants font danser un public déjà nombreux.

L’ensemble possède ce grain de folie parfaitement adapté à Cigale. Le spectacle est coloré, imprévisible et rassembleur. Il attire autant les habitués du collectif que les festivaliers simplement venus profiter de l’ambiance. Devant la scène, les sourires se multiplient et les plus jeunes semblent aussi fascinés par cette joyeuse mécanique que les adultes.

Men I Trust fait planer la Baie de Beauport

Après cette explosion festive, Men I Trust impose une atmosphère beaucoup plus feutrée. Le groupe montréalais n’a pas besoin d’en faire trop pour capter l’attention. Sa musique enveloppante, portée par la voix douce d’Emma Proulx, s’installe naturellement sur le site.

Les lignes de basse souples, les guitares délicates et les textures aériennes créent un contraste saisissant avec l’agitation précédente. Là où Qualité Motel faisait bondir la foule, Men I Trust l’invite plutôt à se laisser porter.

Cette retenue ne diminue en rien la présence du groupe. Elle constitue au contraire sa plus grande force. Des pièces comme Show Me How, Lauren et Tailwhip ont depuis longtemps permis à Men I Trust de rejoindre un public international, mais c’est sur scène que son élégance musicale prend toute sa dimension.

À mesure que la lumière décline, les faisceaux éclairant les musiciens renforcent le caractère presque irréel de la prestation. La Baie de Beauport semble alors ralentir quelques instants.

Matt Hansen entre dans la lumière

La soirée se poursuit avec Matt Hansen, dont la pop teintée de folk mise sur l’émotion et la proximité. Armé de sa guitare acoustique, l’auteur-compositeur-interprète américain construit une prestation chaleureuse, portée par une voix immédiatement reconnaissable.

Sa relation avec le public s’installe rapidement. Devant la scène, plusieurs pancartes apparaissent, dont certaines proposent des échanges plutôt ambitieux : monter sur scène, danser avec l’artiste ou, pourquoi pas, lui céder un cœur déjà déclaré « brisé ». À Cigale, visiblement, on ne vient pas seulement avec de la crème solaire. On vient aussi avec des stratégies.

La musique de Matt Hansen repose sur cette impression de confidence partagée avec plusieurs milliers de personnes. Les arrangements gagnent toutefois en ampleur sur scène, soutenus par les guitares, la batterie et une mise en lumière colorée.

Entre les morceaux plus intimes et les envolées collectives, le chanteur maintient un équilibre efficace. Sa générosité et son aisance donnent au spectacle une couleur profondément humaine, préparant parfaitement le terrain pour la tête d’affiche.

Milky Chance, même sous quelques gouttes

La nuit est bien installée lorsque Milky Chance monte sur scène. Une petite averse s’invite pendant la prestation, comme si la météo tenait absolument à rappeler qu’un festival extérieur conserve toujours une part d’imprévu.

Quelques imperméables apparaissent, mais la pluie ne suffit pas à disperser la foule. Les festivaliers restent en place et continuent de danser dans le sable. Après tout, quelques gouttes ne pèsent pas bien lourd face à un groupe visiblement heureux de retrouver le Québec.

Sur scène, Milky Chance souligne d’ailleurs son attachement au public québécois, rappelant avoir souvent joué ici au fil des années. Porté par Clemens Rehbein, Milky Chance déploie son mélange caractéristique de folk, de pop alternative et de sonorités électroniques. En concert, les chansons prennent une dimension plus musclée, soutenues par les percussions, les guitares et cette énergie légèrement désinvolte qui constitue depuis longtemps la signature du groupe allemand.

Pendant Passion, Clemens Rehbein quitte la scène pour se rapprocher des premières rangées. Descendu au plus près des festivaliers, il poursuit la chanson entouré par le public, transformant momentanément la prestation en rencontre beaucoup plus intime. La distance entre l’artiste et la foule disparaît presque entièrement – ne restent alors que les voix, la musique et quelques téléphones levés pour immortaliser la scène.

Mais l’un des moments les plus mémorables survient pendant Stolen Dance. Une festivalière est invitée à monter sur scène pour chanter aux côtés du groupe. Malgré les milliers de regards tournés vers elle, la jeune femme profite pleinement de l’expérience et accompagne Milky Chance sur cette chanson devenue incontournable.

Accueillie chaleureusement par les musiciens et encouragée par toute la foule, elle devient, le temps de quelques minutes, un membre supplémentaire du groupe. Le genre de souvenir que l’on raconte encore longtemps après avoir secoué le sable de ses chaussures.

Plus d’une décennie après sa sortie, Stolen Dance conserve intact son pouvoir de rassemblement. Les voix s’élèvent devant la scène, le public danse et la petite averse finit par devenir un simple détail météorologique dans une soirée déjà bien chargée en moments forts.

Sous des éclairages tantôt dorés, tantôt rouges et bleus, Milky Chance conclut la journée avec une prestation généreuse et complice. Entre le rapprochement de Clemens Rehbein avec la foule pendant Passion, l’arrivée inattendue d’une festivalière sur Stolen Dance et les mots chaleureux adressés au public québécois, le groupe ne s’est pas contenté d’enchaîner ses succès : il a véritablement partagé la soirée avec Cigale.

Cinq ans et une formule toujours aussi populaire

Après cinq éditions, Cigale semble avoir trouvé son rythme. Son succès ne repose pas seulement sur les noms inscrits à l’affiche, mais sur sa capacité à transformer une journée de concerts en véritable parenthèse estivale.

Le 8 août en a offert une belle démonstration. Qualité Motel a lancé la fête avec son énergie déjantée, Men I Trust a enveloppé le site de sa douceur, Matt Hansen a joué la carte de l’émotion et Milky Chance a fait danser la Baie de Beauport malgré quelques gouttes.

 

Cigale a soufflé sa cinquième bougie sous le soleil, avec une minuscule contribution de la pluie. Une anniversaire célébré sur le sable, entre les scènes et les camions de cuisine de rue, selon une formule toujours aussi simple qu’efficace : de la musique, de la bouffe et une plage. Pourquoi compliquer les choses lorsque le résultat fonctionne aussi bien?

Auteure et photographe : Sandra Esteves

Une soirée sous haute tension avec Taxi Girls, GrimSkunk et Papa Roach @ Festivent 2026

Le vendredi 31 juillet, le soleil brillait sur le parc Champigny de Lévis. Une météo idéale pour profiter des montgolfières, des manèges et de l’ambiance familiale du Festivent… avant que les guitares ne viennent sérieusement secouer la soirée.

Pour cette troisième journée de la 43e édition, le festival proposait une programmation résolument punk et rock, portée par Taxi Girls, GrimSkunk, accompagné de Groovy Aardvark, puis par la tête d’affiche américaine Papa Roach.

Une soirée qui a commencé avec une excellente découverte montréalaise et qui s’est terminée dans une impressionnante décharge d’énergie collective.

Taxi Girls, la découverte qui ne demande qu’à être revue

Dès 18 h 30, Taxi Girls a pris possession de la scène Loto-Québec avec une assurance et une énergie capables d’attirer rapidement l’attention des festivaliers.

Formé à Montréal en 2022, le groupe évolue principalement dans un garage punk énergique, auquel viennent se mêler des sonorités rock’n’roll et quelques accents rockabilly. Sur scène, la recette devient particulièrement efficace : des guitares rugueuses, une section rythmique qui ne laisse aucun répit et, surtout, une attitude débordante de personnalité.

Dès les premières minutes, Taxi Girls impose son univers. Le décor visuel aux roses rouges contraste avec la nervosité de la prestation, tandis que les musiciennes enchaînent les morceaux avec un plaisir évident.

Le groupe ne se contente pas de jouer fort. Il sait habiter la scène, créer une véritable identité visuelle et transmettre cette urgence propre aux formations qui semblent avoir beaucoup à dire et aucune intention d’attendre poliment leur tour.

Le résultat est punché, accrocheur et suffisamment distinctif pour donner immédiatement envie de revoir le groupe dans une salle plus intime, là où cette énergie pourrait probablement devenir encore plus explosive.

Ce premier passage au Festivent aura donc rempli sa mission, et même davantage : Taxi Girls repart avec le titre officieux de très belle découverte de la soirée. Voilà une formation québécoise que l’on aimerait assurément croiser beaucoup plus souvent sur les scènes de la province.

GrimSkunk, toujours aussi engagé et rassembleur

Quelques semaines seulement après son passage au Festival d’été de Québec, GrimSkunk retrouvait déjà le public de la grande région de Québec.

Au FEQ, la formation avait dû composer avec une soirée complètement bouleversée par le violent passage d’une cellule orageuse sur la ville. Les spectacles présentés à la place George-V avaient alors été interrompus, puis repoussés. Cette fois, au Festivent, pas d’orage menaçant ni de programmation chamboulée : les conditions étaient réunies pour laisser toute la place à la musique.

Et lorsqu’il est question de GrimSkunk, la musique ne demeure jamais bien sage très longtemps.

Le groupe conserve cette puissance brute qui caractérise ses prestations. Les années passent, mais l’intensité demeure intacte. Les textes engagés, parfois franchement enragés, continuent de résonner auprès d’un public qui connaît visiblement très bien le répertoire.

Ce qui frappe surtout, c’est cette relation toujours aussi solide entre la formation et ses admirateurs. Le public ne se contente pas d’écouter : il chante. Constamment. Les paroles sont reprises d’un bout à l’autre du spectacle, comme si elles appartenaient désormais autant à la foule qu’au groupe.

Il existe des formations dont les chansons vieillissent avec leur époque. Celles de GrimSkunk, elles, semblent plutôt continuer de trouver de nouvelles raisons d’être criées à pleins poumons.

Le Festivent avait d’ailleurs annoncé une prestation particulière réunissant GrimSkunk et Groovy Aardvark, deux formations emblématiques de la scène alternative québécoise. Cette rencontre exclusive ajoutait une dimension supplémentaire à une soirée déjà solidement chargée en décibels.

L’univers de Groovy Aardvark, quelque part entre punk, métal, funk et rock alternatif, s’accordait naturellement à celui de GrimSkunk. Une association qui rappelait à quel point ces groupes ont contribué à façonner une scène québécoise capable d’être à la fois éclatée, engagée et férocement festive.

Papa Roach transforme le parc Champigny en immense défouloir

À 21 h 30, Papa Roach avait la responsabilité de conclure la soirée sur la scène Loto-Québec. Une tâche que la formation californienne a accomplie sans trop de difficulté.

Fondé en 1993, le groupe possède désormais plus de trois décennies de carrière et un catalogue suffisamment solide pour réunir plusieurs générations d’amateurs de rock et de nu metal. Sur scène, cette longévité ne se traduit toutefois pas par une prestation tranquille ou nostalgique.

Bien au contraire.

Mené par un Jacoby Shaddix toujours aussi charismatique, Papa Roach livre un spectacle puissant, généreux. Le chanteur multiplie les interactions avec la foule et conserve cette capacité rare à donner l’impression que chaque spectateur participe directement au concert.

Les guitares sont massives, la rythmique frappe avec précision et l’enchaînement des morceaux ne laisse que peu de temps pour reprendre son souffle. Tout est pensé pour maintenir la tension, provoquer les mouvements de foule et transformer le parc Champigny en immense défouloir collectif.

L’équipe de Thorium Mag n’ayant pas obtenu d’accréditation photographique pour cette portion de la soirée, aucune image du passage de Papa Roach au Festivent ne peut accompagner directement ce compte rendu. Les photographies utilisées sont donc tirées des archives du magazine.

Mais même sans appareil photo devant les yeux, le constat demeure le même : Papa Roach sait encore offrir un sacré bon spectacle.

Des chansons comme Scars, Getting Away With Murder, Between Angels and Insects et l’incontournable Last Resort ont traversé les années sans perdre leur capacité à rassembler. Lorsque les premiers accords familiers retentissent, les voix s’élèvent spontanément et le spectacle devient aussi celui du public.

Le Festivent peut certainement compter sur ses montgolfières pour colorer le ciel de Lévis. Mais ce vendredi soir, ce sont surtout les guitares qui ont fait décoller le parc Champigny. Et s’il fallait retenir un nom à surveiller après cette soirée, ce serait assurément Taxi Girls. Le groupe possède l’attitude, le son et la présence scénique nécessaires pour aller beaucoup plus loin. Il ne reste maintenant qu’à espérer le revoir rapidement sur scène parce qu’une seule dose, manifestement, ce n’était pas suffisant.

Auteure et photographe : Sandra Esteves

Crédit photo: David Vacher (Papa Roach, Archives Thorium)

Zara fait oublier la pluie, Lorde touche droit au cœur @ Osheaga 2026 J3

Zara Larsson

En cet ultime jour d’OSHEAGA, il pleut. Beaucoup. Pourtant, quand Zara Larsson apparaît sur scène, difficile de penser à autre chose qu’à l’été. Zara arrive couverte de paillettes, avec un maquillage extravagant qui s’agence parfaitement à sa tenue aux teintes de bleu et d’or. Dans son décor de jungle féminine, on aperçoit une voiture rose installée au sommet de la scène, inspirée de la pochette de Midnight Sun: Girls Trip (2026). Elle entame ainsi Midnight Sun entourée de musiciennes et danseuses, un beau clin d’œil à l’univers de ce récent projet musical.

La popstar enchaîne avec Can’t Tame Her, avant de faire monter l’énergie d’un cran à notre plus grand bonheur avec SHE DID IT AGAIN. Lorsque le public rugit les « oh-oh, oh-oh » de la chanson, Zara s’arrête un instant pour lancer : « Montreal, wow, this is the best crowd by far on tour! » Le compliment peut sembler être une simple flatterie générique, mais dans les circonstances où l’on subit la pluie et la chaleur, et qu’on donne tout ce qu’on a, on l’accepte ton compliment ma chère Zara.

Il faut avouer qu’elle est aussi redoutablement performante. Lors de It Ain’t My Fault, elle démontre qu’elle peut chanter et danser avec une aisance remarquable, sans avoir besoin de constamment s’appuyer sur ses danseuses. Son déhanchement — quelque part entre la pop suédoise et une Shakira nordique — est particulièrement surprenant. Elle ose même faire la split sur le stage, un mouvement que Tate McRae a fait moins de 24 heures auparavant, sur la même scène.

Pour Hot & Sexy, Zara s’installe dans la voiture plaquée « Puss Puss 97 » – référence à la présente chanson -, jouant avec des menottes à fourrure rose et à un moment, elle interrompt la chanson pour prendre un selfie avec la foule. « If you’re sexy, put your hands up! », lance-t-elle avant de regarder le résultat : « Damn, we’re eating. » affirme fièrement la chanteuse.

Mais le moment fort du spectacle arrive avec Lush Life. L’interprète invite sur scène une fan prénommée Olivia, âgée d’environ dix ans. Après lui avoir offert un chandail sur lequel elle dessine un cœur, la jeune fille se fait confier la mission de faire la danse de Lush Life avec Zara sur scène. Et Olivia ne déçoit pas : elle connaît parfaitement la chorégraphie et vole littéralement la vedette. Zara est clairement impressionnée et les deux filles refont la danse à plusieurs reprises, sous les acclamations d’un public trempé, mais euphorique.

Avant Pretty Ugly, Zara prend le temps de présenter ses danseuses grâce à de magnifiques animations. La chanteuse en profite pour faire participer le public à une petite leçon d’acceptation de soi : « To be beautiful you also gotta be ugly. » Elle nous demande ensuite de répéter après elle : « I’m pretty », puis « I’m ugly ». L’exercice se fait avec légèreté et sans aucune malice. Par la suite, durant Never Forget You, c’est au tour de son groupe de musiciennes d’être mis à l’honneur. Zara clôt avec Midnight Sun – Girls Trip, d’abord en version acoustique, avant de prendre de l’ampleur pour conclure en un gros party dansant.

Pour son passage à OSHEAGA, la chanteuse suédoise a livré une prestation à son image : assumée, féminine, dansante et franchement amusante. Dimanche après-midi, sous une pluie battante et une chaleur accablante, Zara Larsson avait une mission : faire oublier la météo aux milliers de Montréalais réunis devant elle, et c’est mission accompl

Lorde

Le privilège de clore cette 19e édition d’OSHEAGA revient à l’artiste Néo-Zélandaise Lorde. On avoue qu’on connait assez peu la discographie de l’artiste, ce qui nous fait remettre en question sa place en tête d’affiche. On assiste donc à sa prestation avec ce questionnement, mais aussi avec le cœur et les oreilles bien ouverts.

On reconnaît la toute première chanson, puisque l’artiste débute avec son méga succès Royals. Elle nous livre ensuite What Was That et Broken Glass, tirés de son album le plus récent Virgin (2025). Dans un français impeccable, elle nous lance « Bonsoir OSHEAGA, comment ça va ? C’est mouillé ! » On est agréablement surpris par ce français riche et ça nous réchauffe à l’idée d’assister à la prestation d’une artiste qui fait cet effort de communion.

 

Sur Perfect Places, Lorde retire son écouteur pour entendre la foule chanter. « That sounds really good! » nous dit-elle. Des lasers bleus traversent la scène alors que la chanteuse et ses deux danseurs transforment la chanson pop en véritable tableau émotionnel. L’intention est claire : chez Lorde, l’émotion est à l’avant-plan de toute chose.

C’est d’ailleurs ce qui distingue sa prestation de celle de Zara Larsson, qui avait livré un spectacle beaucoup plus chorégraphié et explosif. Lorde n’a besoin que de deux danseurs et de son propre corps pour remplir la scène principale. L’artiste se tape sur le torse, fait vriller sa couette, lance ses bras dans les airs, tombe à genoux, saute sur place et propose toutes sortes de mouvements qui, bien qu’ils soient moins complexes que certaines starlettes, transmettent une énergie animale.

La construction du spectacle – qui puise principalement dans Virgin (2025)  tout en revisitant Melodrama (2017) et Pure Heroine (2013) – permet à Lorde de montrer son évolution, sans renier celle qu’elle était. On comprend que la Néo-Zélandaise n’est pas venue simplement offrir une prestation nostalgique : elle voulait faire cohabiter son passé et son présent.

Lorde raconte qu’elle avait performé il y a 13 ans à OSHEAGA et elle s’émeut de voir que ses admirateurs ont grandi avec elle. Elle les invite ce soir à se rapprocher d’eux-mêmes, de toutes les versions qui cohabitent dans l’humain qu’ils sont désormais, de ressentir leurs émotions les plus profondes, leurs douleurs et les joies, avec bienveillance. Puis elle remercie la foule d’être là, encore à ce jour.

C’est avec Liability que le concert se transforme en immense chorale et devient en quelque sorte une prestation collective. Les voix du public — particulièrement celles des nombreuses jeunes femmes — portent la sensibilité de Liability avec passion. Les gros plans projetés sur le visage de Lorde accentuent l’impression de proximité et c’est touchant. Il ne s’agit plus d’une vedette qui interprète une chanson devant une foule : c’est une génération qui a grandi avec elle qui lui rend son amour et son énergie.

Lorde retrouve ensuite son côté plus dynamique avec l’excellente Hammer, suivi du single Supercut, avant de nous faire chanter à tue-tête avec Team. Après avoir performé Girl, so confusing, le party est levé et on a beaucoup trop chaud pour revêtir nos imperméables. Mais c’est véritablement Green Light qui confirme qu’elle avait sa place comme tête d’affiche : le parterre, la section VIP et les gens autour de nous sur la terrasse sautent tant que cette dernière tremble. L’immense foule se transforme en véritable piste de danse et on embarque avec elle.

Lors de son ultime chanson Ribs, l’artiste descend dans la foule et s’approche suffisamment du public pour que le spectacle perdre momentanément son impression de gigantisme. La superstar devient simplement Lorde, au milieu d’« amis » qui la connaissent et portent ses chansons dans leur cœur depuis leur adolescence.

C’est justement là que réside la force de cette prestation. Lorde ne cherche pas constamment à impressionner avec une production ultra sophistiquée. Elle préfère créer une connexion. Entre deux lasers et deux danseurs, une chorégraphie minimale et quelques milliers de voix qui connaissent chaque parole, elle nous rappelle qu’une grande performance pop n’a pas nécessairement besoin d’être la plus spectaculaire pour toucher droit au cœur.

Journaliste: Laurence Daoust

Crédit photo: Photo de presse Osheaga (Tim Snow)

Quand le math-rock, la pop et le hardcore se rencontrent Angine de Poitrine + Tate McRae @ Osheaga 2026 J2

Angine de Poitrine

Angine de Poitrine était une agréable rumeur qui circulait au jour 1 d’OSHEAGA et qui s’est confirmée le lendemain, alors que le festival présentait sur ses réseaux sociaux l’identité du fameux « artiste mystère ». C’est ainsi qu’on débarque à 16h sur le site et qu’on se dirige vers la scène principale pour assister à la prestation du groupe saguenéen.

On a profité de la richesse musicale du duo, en plus de contempler les animations adaptées à la gigantesque scène, qui nous offraient leur plus beau design de « pois » blancs et noirs. Fait assez cocasse, Klek, le batteur de la formation, ne peut facilement accéder à l’eau de sa bouteille et nous a présenté sa manière de s’hydrater, via une paille ultra longue et un peu tordue. Une fois sa gorgée rassasiée, celui-ci fait un signe que tout va bien à la foule, on l’applaudit en retour et la musique reprend de plus belle.

Entre les sonorités psychédéliques de leur math-rock ingénieux et les animations de pop art et de pois, on se sent flotter avec le band. La foule a plutôt bien embarqué dans le mouvement : on voyait beaucoup de signes de triangles faits avec les mains des spectateurs, devant et autour de nous. On se retrouvait toutefois dans une foule très disparate, la moitié étant des jeunes adolescentes habillées en imprimés léopard (des fans de Tate McRae) et l’autre moitié étant des hommes avec des T-Shirts noirs, certains à l’effigie de Angine de Poitrine.

On a adoré que le groupe québécois se taille une place sur la plus grosse scène du festival. Toutefois, son spectacle aurait davantage fait vibrer la foule si les jeux de lumières étaient plus visibles et que la prestation n’avait pas lieu en milieu d’après-midi.

SOMBR

Quelle entrée remarquée pour l’artiste sombr ! Du haut de ses 21 ans, sombr agit comme une réelle rockstar. Celui-ci débarque à l’arrière-scène dans une voiture coupé noir, un gigantesque aperol spritz en main, reconduit par nul autre que Malcom Todd. Dès que sombr débarque du bolide, il fait signe à la caméra de faire du bruit et la foule s’exécute sans plus attendre. L’artiste continue d’être filmé durant son parcours en coulisses et à un moment, il en profite pour faire des pompes, vêtu de son complet avec cravate et ses lunettes de soleil, alors qu’il est 20h… Très rockstar !

Lorsqu’il prend la scène d’assaut, il donne le ton avec we never dated et chante avec une intensité marquée. Il enchaîne avec i wish i knew how to quit you et under the mat, dans une version un peu plus rock que celle sur l’album I Barely Know Her (2025). Le chanteur enlève ses lunettes fumées lors de perfume et la caméra capte des plans très rapprochés de son visage, nous dévoilant le khôl noir qui souligne ses yeux, amplifiant l’émotion dramatique de sa prestation.

Il nous fait un peu penser à Freddie Mercury alors qu’il réalise avec intensité toutes les notes les plus hautes de sa discographie. Avant de poursuivre avec come closer, sombr se met à boire du vin à même la bouteille, sans aucune gêne, et avant le refrain, il s’adresse à nous : « On the count of three, I want everybody to jump ! ». Un décompte se révèle sur l’écran géant et au bout de celui-ci, les mots « Jump Fucking Losers » apparaissent. Toute la foule saute et crie les paroles « come closer or stay away, i can’t take loving you halfway ».

Il interprète ensuite Homewrecker à la guitare, un de ses plus récents single et tout le monde chante en communion : le parterre est un gros party dansant et on s’en donne à coeur joie ! Alors que l’artiste nous confie que c’est sa première visite à Montréal, que c’est « a pretty good first show here », il joue son plus récent succès My Body Isn’t Ready. Durant cette piste, c’est avec un pincement au cœur qu’on quitte le beau sombr, car Turnstile commence son concert dans quelques minutes.  

Turnstile

C’est après une course effrénée pour se rendre à la scène la plus éloignée du site qu’on attrape la fin de la prestation de Franz Ferdinand. Ravi de savoir que Turnstile n’a pas débuté, on se taille une place de choix au milieu de la foule. Le groupe ouvre avec NEVER ENOUGH, pièce titre de leur album paru en 2025. Le groupe nous avoue que ceci est un concert majeur comparé à son premier passage à Montréal en 2013, alors qu’il performait dans un petit loft underground improvisé scène d’un soir. Turnstile avait également participé à OSHEAGA en 2022, jouant pratiquement à l’ouverture du site, ce qui est loin de rivaliser avec sa performance actuelle à l’heure des têtes d’affiche !

Le groupe performe majoritairement des titres des deux derniers opus, tels que I CARE, ENDLESS, DON’T PLAY, T.L.C. (TURNSTILE LOVE CONNECTION) et réserve deux plus vieilles pièces en milieu de spectacle, soit Drop et I Don’t Wanna Be Blind. Lors de SOLE, le chanteur Brendan Yates demande au spectateur de former un circle pit et il le rejoint, amplifiant le mouvement de la foule. Vous l’aurez peut-être compris, Turnstile n’est pas le genre de groupe qui se pense au-dessus de son public, au contraire : le groupe et les fans ne font qu’un.

Assister à un concert de Turnstile, ça donne le sentiment d’appartenir à une famille bienveillante. Ce n’est pas pour rien que le branding du groupe s’intitule Turnstile love connection, car il tient à mettre ses fans de l’avant. En effet, Turnstile ne fait pas usage d’animations à l’écran et préfère mettre en lumière les spectateurs à l’aide d’une caméra épaule qui se déplace dans la foule pendant l’entièreté du spectacle… et on sait bien qu’il n’y a rien d’équivalent à la possibilité d’avoir un aperçu de soi sur un écran géant pour redoubler d’intensité ! À un moment, ça crie très fort, car sur l’écran on aperçoit deux filles qui se frenchent à pleine bouche, ainsi que les visages des garçons estomaqués autour d’elles. Par moment, on y voit aussi des personnes plus âgées, mais aussi des enfants et la foule crie particulièrement fort pour célébrer la présence de ces personnes.

Turnstile nous livre en fin de perfo HOLIDAY et LOOK OUT FOR ME, avant de s’éclipser de scène. En guise de rappel, on est bien servi avec trois des chansons les plus entraînantes du groupe : MYSTERY, BLACKOUT et BIRDS. L’appel était trop fort et la foule trop merveilleuse pour manquer cette occasion : on se lance dans le pit et on passe une fabuleuse fin de spectacle à crier, taper des mains, sauter et se bousculer. Si c’était à refaire, on y retournerait pendant davantage de chansons !

Tate McRae

Direction la scène principale pour le spectacle de Tate McRae qui bat déjà son plein. En marchant, on aperçoit des feux d’artifice au loin, ce qui annonce le début de sa prestation. On constate sans surprise que la foule est immense et très dense, mais on réussit à se faufiler à travers celle-ci durant TIT FOR TAT, l’une des meilleures pistes à notre avis sur la version deluxe de SO CLOSE TO WHAT??? (2025). La calgarienne adresse à la foule qu’il est bon de performer à nouveau chez elle et nous complimente en avouant que Montréal est toujours la meilleure des foules, puis entame Purple lace bra.

Tate nous précise qu’on a droit à une primeur, puisque la prochaine chanson n’a jamais été jouée devant public ! Elle performe ainsi l’excellente ANYTHING BUT LOVE, durant laquelle elle se concentre sur ses vocalises et relègue en second plan la danse, ce qui est généralement rare dans ses prestations. On sent que la chanson a une grande importance pour elle.

La pop star habite bien l’espace sur scène. Elle danse très sensuellement sur son petit catwalk durant Like i do et Dear god. Tate descend à l’avant-scène saluer les fans à la barricade lors de siren sounds (bonus), puis remonte se positionner dans son décor à l’effigie de colonnes grecques afin de performer un mashup de HORSESHOE et feel like shit, un beau parallèle entre la plus récente et l’une de ses plus anciennes chansons.

Nous sommes ravis lorsqu’elle interprète cut my hair en version rock avec des flammes qui surgissent de partout, d’abord parce qu’on aime son côté rockeuse, et ensuite parce que cette chanson fut oubliée lors de son dernier passage à Montréal en août 2025. Ensuite, Tate sort de scène et pendant ce temps, on a droit à des animations jamais vues et à de nouveaux sons ! En se rappelant que des affiches posés à Montréal une semaine avant sa prestation – qui affichait déjà complet 3 semaines avant l’événement – présentaient une nouvelle esthétique de Tate, notamment sa nouvelle chevelure blonde tirant sur des reflets dorés, et qu’on additionne ceci à la présence de son nouveau micro couleur or, en plus des animations et jeux de lumière dans les mêmes tons, on comprend que Tate nous dévoile ce soir l’esthétique de sa nouvelle ère musicale.

De retour sur scène, Tate nous rappelle qu’elle a commencé sa carrière à 14 ans. Elle précise que la prochaine chanson a été écrite du haut de ses 16 ans – il s’agit de son succès viral you broke me first. Tous et toutes l’accompagnent au chant, puis, la chanson se mue naturellement en run for the hills. L’artiste enchaîne les hits et les solos de danse, notamment pour Revolving door, It’s ok i’m ok et Greedy.

Pour la grande finale, Tate nous propose une version étendue de Sports car, créée spécifiquement pour son iconique performance aux VMAs de 2025. Durant près d’une minute, des feux d’artifices dorés se succèdent au-dessus de la scène, alors que Tate nous en met plein la vue avec sa danse. La chanteuse termine sa prestation en s’immergeant dans un bain de peinture dorée et en ressort pour prendre une pose rappelant celle d’une statue de l’antiquité grecque (et c’est franchement magnifique). Si on avait un doute que la nouvelle ère musicale et l’album quatre sont près d’être dévoilés, après cette exquise performance, les rumeurs sont confirmées et on est plus qu’impatients de plonger avec elle dans cette nouvelle ère !

Journaliste: Laurence Daoust

Photographe: Alisson Nilsson

Crédit photo: Photo de presse Osheaga sans logo (Tim Snow + Benoit Rousseau)

Super Plage, The Neighbourhood et l’explosion Twenty One Pilots @ Osheaga 2026 J1 (Montréal)

On débarque pour la première journée du festival OSHEAGA vers 17h et on se dirige vers la tente média afin de discuter avec l’artiste Super Plage. Le québécois et sa musique électro-pop lançaient les festivités plus tôt en début de journée, sur l’une des deux scènes principales. D’ailleurs, ce privilège est assez rare pour les artistes québécois, qui sont bien souvent relégués à la plus petite scène du Festival.

Super Plage nous confirme que c’est sa première fois de jouer à OSHEAGA et se dit ravi de cette première prestation sur la scène principale. « C’est le plus gros stage de ma carrière, c’est un succès sur toute la ligne », confie-t-il. Il explique ne pas s’être préparé différemment qu’à l’habitude, malgré l’ampleur de l’événement : « C’est assez spécial de partir de la cave dans laquelle je pratique pour aller performer sur le gros stage. » Malgré des attentes qu’il qualifie lui-même d’« abstraites », il espérait que « la magie du moment opère », ce qui, selon lui, s’est bel et bien produit.

 

Alors qu’on lui demande de quelles paroles issues de son répertoire il est le plus fier, l’artiste prend un moment de réflexion avant de citer la phrase « Tous les jours, les oiseaux de nuit m’offrent la mort », tirée de la piste Forêt magique. « Je ne suis pas tout le temps en forme comme ça; c’est une belle ironie que j’ai créée. », ajoute-t-il. Super Plage nous confirme la sortie d’un nouvel album le 23 octobre prochain, précédé d’un dernier single à venir. Parmi ses objectifs actuels, il nous confie qu’il souhaite mieux s’établir au Québec, où l’électro demeure selon lui un créneau marginal, avant de maximiser les occasions de tourner en Europe.

Enfin, lorsqu’on lui demande quels artistes il nous recommande de voir durant OSHEAGA — outre sa grande complice Virginie B, envers qui il admet avoir un parti pris — il nomme avec un sourire aux lèvres The XX, Geese et Franz Ferdinand.

The Neighbourhood

On se dirige ensuite vers la scène principale afin d’écouter la performance de The Neighbourhood. Leur rock est parfois planant, parfois plus hard, mêlant avec brio des sonorités jazzées, en demeurant toujours un peu emo. Le groupe débute avec ou hula girl et poursuit avec plusieurs chansons de l’album Wiped Out! (2015), tel que Cry Baby, Daddy Issues et The Beach. Autre que Jesse Rutherford — chanteur de la formation — qui se débarrasse de sa chemise, de sa veste et de sa cravate au grand plaisir des dames, le spectacle est très « classique » : pas de faux pas, mais rien de grandiose non plus. Le groupe mise sur la qualité de sa proposition musicale et sur la nostalgie de sa discographie pour envoûter les festivaliers d’OSHEAGA.  

On a eu droit à peu de chansons de l’album I Love You. (2013), à notre grand détriment, mais on a eu le privilège d’entendre les deux meilleures chansons de l’opus. Durant Afraid, la foule réagit vivement et joint sa voix au groupe californien dès les premières paroles et vers la fin de leur prestation, le public rugit lorsqu’il performe le succès monstre Sweater Weather. The Neighbourhood conclut avec l’excellente Softcore, de quoi terminer sur un gros party dansant et les festivaliers s’en donnent à coeur joie !

Twenty One Pilots

C’est sur cette même scène que l’on assiste à la performance explosive du groupe Twenty One Pilots — et explosive, c’est bien le terme approprié pour décrire ce que l’on vivra ce soir ! La formation ouvre avec l’excellente Overcompensate et en met déjà plein la vue grâce à des feux d’artifice dès la première chanson ! Le duo, composé de Tyler Joseph et Josh Dun, est vêtu exactement comme sur la pochette de son dernier album Breach, paru en 2025.

Twenty One Pilots est un groupe réputé pour avoir de la suite dans les idées. En effet, en plus de proposer des effets spéciaux sur scène (pyrotechnie, petits feux d’artifices, fumée, étincelles, etc.), le groupe changera de costumes au cours de la soirée afin de nous transporter dans la direction artistique de chacun de ses albums. De plus, les projections ô combien dynamiques reprendront tout au long des 20 chansons les couleurs propres à leurs différentes ères musicales.

Si la formation est connue pour ses nombreux succès, elle sait comment faire irradier de bonheur ses fans, même en jouant des chansons plus récentes. Durant The ContractTyler prend place sur une petite plateforme que la foule soutient à bout de bras et il se nourrit clairement de l’énergie électrisante du public pour nous livrer une prestation époustouflante.

Le groupe occupe l’espace d’une manière rarement vue : Tyler par moments performera sur l’autre scène principale vide, parfois au centre des deux scènes, à d’autres moment au milieu de la foule ou encore sur le toit d’un des bars à l’avant de la terrasse VIP. Josh, pour sa part, ira jouer de la batterie sur un haut promontoire accessible uniquement par une échelle verticale assez périlleuse (avec l’imprimé « OSHEAGA » sur le postérieur de son pantalon !) et le résultat est transcendant : Josh interprète Drum Show parmi les gratte-ciel illuminés de Montréal qui servent de décor derrière lui.

 

La foule a droit à plusieurs surprises, dont une reprise de Stolen Dance de Milky Chance, un court clip vidéo de Jack White qui autorise le groupe à jouer Seven Nation Army, Tyler qui ridiculise gentiment la section VIP Coors Light en lui demandant de chanter une chanson en solo, ou encore Tyler qui déambule dans les corridors de sécurité du festival pour chanter Ride en communion avec les spectateurs. D’ailleurs, afin de clore cette piste, lorsqu’il revient vers la scène, Tyler interpelle un garde de sécurité et lui propose de chanter les derniers refrains avec lui. La foule est exaltée et le gardien de sécurité —  lui aussi nommé Josh — réussit sa mission avec brio, un gros sourire au lèvres.

Durant la soirée, les chansons qui ont le plus fait crier la foule sont Heathens, Tear in My Heart, Jumpsuit, Heavydirtysoul, Ride et Stressed Out. Soulignons enfin l’explosive ultime piste, Trees, qui proposait un jeu de lumière hors du commun ainsi qu’une superbe animation mettant en scène un arbre géant. Pendant ce temps, Josh et Tyler frappent chacun un tambour en surplombant les festivaliers, alors que des feux d’artifice explosent sur scène à chaque coup porté aux tambours. Si nous n’avions qu’un seul artiste à vous recommander parmi tous ceux que nous avons vus durant notre weekend à OSHEAGA, ce serait sans hésiter Twenty One Pilots. Pour son ingéniosité, sa direction artistique, son énergie incomparable et sa manière d’habiter la foule, ne ratez pas une occasion de voir ce duo tout donner lors d’un de leurs spectacles !

Journaliste: Laurence Daoust

Photographe: Alisson Nilsson

Crédit photo: Photo de presse Osheaga sans logo (Tim Snow)

Jelly Roll ferme le rideau d’une fantastique 58e édition @ FEQ (Québec)

Impossible d’imaginer meilleure conclusion pour cette 58e édition du Festival d’été de Québec. Dès la fin de l’après-midi, les festivaliers affluent en grand nombre vers les Plaines d’Abraham, bien décidés à profiter une dernière fois de cette parenthèse musicale. Il faut dire que, hormis le spectacle retardé par la pluie la veille, le soleil aura largement accompagné cette édition 2026.

Pour cette ultime soirée, c’est Jelly Roll qui hérite de la lourde tâche de refermer onze jours de festivités. Une mission qu’il accomplira devant une mer de festivaliers qui semble s’étendre jusqu’à l’horizon.

Dès Hands Up, l’ambiance est donnée. Accompagné de ses musiciens et de ses choristes, Jelly Roll arrive avec cette présence chaleureuse qui le distingue des autres têtes d’affiche. Le décor, inspiré des vitraux d’une église, rappelle rapidement que son univers oscille entre rédemption, spiritualité, country, rock et hip-hop.

Puis vient Hard Fought Hallelujah, où l’émotion s’installe naturellement avant que le spectacle ne reprenne toute son intensité. Les guitares grondent, la batterie martèle le rythme et les Plaines répondent immédiatement à chaque invitation du chanteur.

Ce qui frappe rapidement, c’est l’authenticité de Jason DeFord. Entre deux chansons, il prend le temps de parler au public, de raconter son parcours, mais surtout de transmettre un message d’espoir. Pour lui, la musique dépasse largement le simple divertissement : elle rassemble, console et offre parfois une seconde chance.

Visiblement touché par l’accueil des Québécois, il avoue même vivre l’un des plus grands concerts de sa carrière. Une déclaration accueillie par une immense ovation, preuve que le courant passe dans les deux sens.

Musicalement, Jelly Roll refuse de s’enfermer dans une seule case. Son spectacle navigue constamment entre la country, le rock, le hip-hop et la pop. Ce mélange prend tout son sens lors d’un impressionnant medley où s’enchaînent des classiques de Black Eyed Peas, TLC, Snoop Dogg, Rage Against the Machine, les Backstreet Boys ou encore John Denver. Une succession de chansons qui transforme rapidement les Plaines en gigantesque karaoké à ciel ouvert.

Mais c’est lorsque le rythme ralentit que l’on mesure toute la force de son interprétation. I Am Not Okay, portée par des milliers de téléphones illuminant la nuit québécoise, offre l’un des moments les plus touchants de cette soirée. Quelques instants plus tard, Need a Favor confirme encore une fois la puissance de cette voix capable de passer de la fragilité à une intensité presque déchirante.

Comme il l’avait déjà fait lors de son passage au Centre Vidéotron en 2025, Jelly Roll démontre qu’il entretient une relation particulière avec son public. Il descend même de la scène pour aller saluer les premiers rangs, signer quelques autographes et immortaliser ces instants avec les festivaliers.

Le point final est tout aussi marquant. Pour Save Me, l’artiste invite un jeune guitariste de Québec à le rejoindre sur scène. Sous les étincelles pyrotechniques et les derniers feux d’artifice du festival, le public assiste à un moment parfait : celle d’un artiste qui place l’humain au cœur de chacun de ses spectacles.

James Barker Band : une ouverture aux couleurs canadiennes

Avant cette grande finale, le James Barker Band avait parfaitement lancé les festivités. Le quatuor ontarien a proposé une country moderne aux refrains accrocheurs, relevée de guitares plus mordantes qui apportaient une agréable touche rock.

James Barker n’a pas hésité à quitter la scène pour aller chanter directement au milieu des festivaliers, rapprochant encore davantage le groupe de son public. Quelques passages plus énergiques, notamment un morceau aux influences rap-country interprété par le guitariste, ont fait lever les bras des spectateurs qui répondaient spontanément au rythme de la musique.

Daughtry fait monter la tension

Le passage de Daughtry change complètement l’atmosphère. Exit la country, place à un rock puissant porté par la voix impressionnante de Chris Daughtry.

Entre les morceaux plus musclés comme Artificial, The Dam ou Heavy Is the Crown, le groupe prend aussi le temps de laisser respirer son spectacle avec des titres plus mélodiques comme Home, September ou Waiting for Superman, mettant en valeur toute la palette vocale de son chanteur.

Le public réserve également un accueil enthousiaste à leur reprise de Separate Ways de Journey, tandis que It’s Not Over et Over You rappellent pourquoi Daughtry demeure, près de vingt ans après ses débuts, une référence du rock moderne américain.

Cette dernière soirée referme une 58e édition qui aura offert son lot de moments mémorables. De l’ouverture fracassante de Limp Bizkit jusqu’à la conclusion profondément humaine de Jelly Roll, le Festival d’été de Québec aura une fois de plus démontré sa capacité à réunir des univers musicaux complètement différents devant des centaines de milliers de festivaliers.

Pendant onze jours, les Plaines d’Abraham auront vibré au rythme du rock, de la pop, du métal, du rap, du country, du classique et des musiques du monde. Une diversité qui fait la force du FEQ depuis près de six décennies… et qui donne déjà rendez-vous aux festivaliers pour une 59e édition.

Auteure et photographe : Sandra Esteves

 

Muse embrase les Plaines d’Abraham @ FEQ (Québec)

Muse + Mother Mother + Last Train

L’attente était immense, mais Muse n’aura pas mis longtemps à rappeler pourquoi le groupe demeure une référence lorsqu’il est question de spectacles à grand déploiement.

Après une introduction instrumentale menant directement à Hysteria, les premières notes de basse résonnent sur les Plaines et déclenchent immédiatement une immense réaction dans la foule. La scène, dominée par d’imposantes structures lumineuses suspendues, prend vie au rythme de la musique. Les colonnes se déplacent, changent de couleur et donnent parfois l’impression de flotter au-dessus des musiciens.

La suite s’enchaîne sans temps mort avec Cryogen et ses jets de fumée, puis Supermassive Black Hole. Muse alterne habilement entre les incontournables de son répertoire et ses compositions plus récentes, notamment Hexagons, Unravelling et Be With You. Cette dernière est accompagnée d’une pluie de confettis et de serpentins, transformant les Plaines en une immense célébration.

Lorsque Psycho retentit, les lasers découpent la scène tandis que la foule reprend les paroles avec enthousiasme. Madnessoffre ensuite une courte respiration avant que Plug In Baby ne ramène toute la puissance des guitares. Matt Bellamy sillonne la scène et la passerelle, guitare rouge à la main, multipliant les solos sous les cris des festivaliers.

Muse poursuit avec un passage réunissant Hanging et Time Is Running Out, puis frappe encore plus fort avec Uprising. Précédée d’un extrait de discours de John F. Kennedy, la chanson est accompagnée de flammes qui surgissent à l’avant de la scène. Le public chante alors chaque mot comme un seul immense chœur.

Avec Knights of Cydonia, les jets de fumée et la pyrotechnie viennent accentuer l’un des moments les plus puissants de la soirée. Le morceau prend toute son ampleur devant cette marée humaine qui s’étend jusqu’au fond des Plaines. Quelques instants plus tard, Isolated System et Nightshift Superstar plongent le site dans une ambiance plus électronique, dominée par les lasers et les jeux de lumière.

La dernière partie du spectacle n’offre aucun répit. Algorithm se fond dans Undisclosed Desires, avant que Preludeannonce les premières notes de Starlight. Des milliers de mains se lèvent et frappent en rythme, créant l’un de ces moments de communion dont le Festival d’été de Québec a le secret.

Pour conclure, Muse choisit Take a Bow. Entre lasers, serpentins et immenses colonnes de flammes, le groupe offre une finale à la hauteur de tout ce qui l’a précédée : spectaculaire, précise et complètement démesurée.

Comme un clin d’œil parfaitement synchronisé avec la scénographie, la ville semblait elle aussi avoir adopté la couleur dominante du spectacle. Derrière les Plaines, le Complexe G brillait d’un rouge intense, donnant presque l’impression que Québec tout entière s’était mise aux couleurs de Muse.

Une soirée grandiose, à la hauteur des attentes, où chaque détail semblait avoir été pensé pour transformer le concert en véritable expérience visuelle. Muse n’est pas simplement venu jouer ses chansons : le groupe a pris possession des Plaines.

Mother Mother : une proposition plus éclatée

Après l’énergie brute de Last Train, Mother Mother fait basculer les Plaines dans un univers complètement différent.

Le groupe canadien propose une musique plus déconstruite, où les harmonies vocales occupent autant de place que les guitares. Avec Ryan Guldemond au chant, accompagné de Molly Guldemond et Jasmin Parkin, Mother Mother mise sur une formule qui lui est propre. Les trois voix s’entremêlent naturellement, alternant les parties chantées et les harmonies, donnant une profondeur particulière à des titres comme Verbatim, Burning Pile ou encore Hayloft II.

Sans chercher à rivaliser avec les effets spectaculaires de Muse, Mother Mother réussit parfaitement sa mission : maintenir les Plaines dans une ambiance électrique avant l’arrivée de la tête d’affiche.

Last Train : la révélation de la soirée

La soirée avait pourtant commencé de façon magistrale avec Last Train.

Déjà impressionnante dès l’ouverture du site, la foule découvre un groupe français qui ne laisse personne indifférent.

Lorsque le chanteur demande combien de personnes connaissent déjà Last Train, peu de mains se lèvent. À l’inverse, lorsque vient la question de savoir qui les découvre ce soir, une immense clameur s’élève des Plaines.

Le message est clair : Québec est en train de faire une découverte.

Habité par chacune de ses chansons, le chanteur livre une interprétation particulièrement intense de This Is Me Trying. Il ne se contente pas de chanter : il vit littéralement chaque parole, une intensité qui se transmet rapidement jusqu’au fond du site.

Le groupe n’en est pourtant pas à sa première visite dans la capitale. En 2019, il s’était déjà produit au festival Envol et Macadam. Les quatre amis qui ont fondé Last Train à l’âge de douze ans ouvrent la soirée de l’un des plus importants festivals en Amérique du Nord devant une foule immense.

Le contraste est fort… et probablement symbolique de leur ascension.

Au terme de leur prestation, les musiciens remercient chaleureusement les festivaliers, qui leur offrent le désormais traditionnel « Olé, olé, olé ». Les membres du groupe se prennent dans les bras avant de quitter la scène, visiblement émus par l’accueil québécois. À voir la réaction du public, il serait étonnant que cette histoire d’amour avec Québec s’arrête là. Last Train vient peut-être de signer l’une des plus belles découvertes de cette 58ᵉ édition du Festival d’été de Québec.

Auteure et Photographe : Sandra Esteves

Photographies de Muse : Sébastien Dion + Stéphane Bourgeois

Nate Smith fait vibrer Québec avec une soirée country aussi généreuse que festive @ FEQ (Québec)

Le 16 juillet, la place George-V s’est transformée en véritable rendez-vous des amateurs de country. De la fraîcheur d’Allison Daniels aux sonorités western de Sons of Legion, en passant par les balades de Noeline Hofmann, la soirée s’est conclue en force avec un Nate Smith aussi énergique que profondément reconnaissant envers son public.

Nate Smith descend de scène… pour rejoindre son public

Il n’aura fallu que trois chansons avant que Nate Smith ne décide de briser la distance entre la scène et les festivaliers.

Au son de Whiskey on You, le chanteur est descendu dans la foule pour interpréter deux chansons complètes au milieu de ses admirateurs. Serrant des mains, prenant des égoportraits et échangeant quelques mots avec les spectateurs, il a transformé un simple concert en véritable rencontre.

Dans l’immensité de la place George-V, il devenait parfois difficile de suivre son parcours. Une chose était certaine : partout où il passait, les sourires se multipliaient. À un moment, on en venait presque à se demander s’il comptait retourner sur scène pour terminer son spectacle!

Quelques problèmes techniques sont venus perturber certains passages et le microphone n’a pas toujours rendu justice à la puissance de sa voix. Heureusement, ces ennuis sont rapidement passés au second plan devant l’énergie déployée par l’artiste.

Enchaînant Whiskey on You, Fix What You Didn’t Break, Find Me in a Bar, Bulletproof et World on Fire, il a également surpris le public avec des reprises de Boulevard of Broken Dreams de Green Day et My Own Worst Enemy de Lit.

L’un des moments marquants de la soirée est survenu lorsqu’il a invité cinq personnes à monter sur scène. L’enthousiasme des festivaliers a toutefois dépassé toutes les attentes : une vingtaine de personnes ont finalement rejoint l’artiste pour célébrer avec lui.

Plutôt que d’interrompre le moment, Nate Smith a accueilli cette vague de spontanéité avec le sourire. Il a pris le temps de remercier chacun, de signer quelques chapeaux et de prolonger cette proximité qui aura marqué tout son spectacle.

Après près de 90 minutes d’une prestation généreuse, il a salué Québec en tombant à genoux devant la foule. Une image forte qui résume parfaitement la soirée : un artiste reconnaissant, venu donner tout ce qu’il avait.

Sons of Legion, la belle surprise de la soirée

Impossible de rester indifférent devant Sons of Legion.

Le groupe américain a proposé un mélange de country, de rock et de soul qui évoquait instantanément les grands espaces de l’Ouest américain. Dès les premières notes de Born to Be Free et Outlaw, l’ambiance était installée.

Ça sonne cowboy, ça respire le Montana et les longues routes poussiéreuses. Portée par un chanteur charismatique, un excellent batteur et des musiciens solides, la formation a offert l’une des prestations les plus convaincantes de la soirée.

Une très belle découverte.

Noeline Hofmann mise sur l’émotion

Avec Noeline Hofmann, l’atmosphère devient beaucoup plus intimiste.

Accompagnée d’excellents musiciens, notamment au violon, à la guitare et à la batterie, l’artiste albertaine a proposé un répertoire aux couleurs de Nashville avec des titres comme Lightning in July, Lovers, Bullfighter et Purple Gas.

Malheureusement, le public semblait parfois plus occupé à discuter qu’à écouter. L’artiste enchaînait ses chansons avec peu d’interventions entre les morceaux, ce qui laissait les conversations gagner du terrain. C’est dommage, car sa voix est magnifique et ses compositions méritaient davantage d’attention.

Allison Daniels démarre la fête avec fraîcheur

La soirée s’est ouverte avec Allison Daniels, professeure le jour et chanteuse country le soir.

Visiblement heureuse de retrouver le public québécois, elle a rapidement créé une belle complicité avec les premiers rangs. Plusieurs admirateurs avaient même préparé des affiches à son intention, dont l’une résumait parfaitement son parcours : “Teacher by day, Superstar by night.”

Naturelle, souriante et pleine d’énergie, elle a livré une prestation rafraîchissante qui a donné le ton à cette soirée entièrement consacrée à la musique country.

Auteure et photographe : Sandra Esteves

 

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