Omega Mighty + Neto Yuth + Cimafunk + bbno$

Après une première journée de festival déjà riche en émotions sur les différentes scènes du Festival d’été de Québec, la deuxième soirée nous transportait dans un tout autre univers du côté de la Place George-V. Sous un soleil de plomb qui attendait les festivaliers dès leur arrivée, l’ambiance était déjà donnée : cette soirée allait être chaude, et pas seulement côté météo.

Si la circulation dense autour du centre-ville de Québec aura malheureusement retardé notre arrivée et nous aura fait manquer la prestation de Crispin Way, il suffisait de quelques pas sur le site pour sentir que la fête était déjà bien commencée.

Sur scène, Omega Mighty était en pleine performance, baignée par les rayons du soleil. Une entrée parfaite dans une soirée qui allait progressivement transformer la Place George-V en immense piste de danse à ciel ouvert.

Avec un mélange de R&B, de soul et d’influences caribéennes, la chanteuse a rapidement attiré l’attention grâce à une présence scénique lumineuse. Difficile de ne pas être charmé par cette énergie qui rappelle autant la sensualité des grandes artistes pop caribéennes que la profondeur et la chaleur de la soul.

Mais ce qui marque surtout chez Omega Mighty, c’est son naturel. Très expressive, souriante et proche du public, Omega Mighty n’a pas tardé à installer son univers.

Entre les morceaux, elle prend le temps d’échanger avec les festivaliers, de rire avec eux et de créer une véritable proximité. Même en pleine interprétation, elle garde un œil attentif sur la foule. Apercevant des spectateurs reprendre ses mouvements de danse, elle leur lance spontanément un enthousiaste « Wow, I like it! ».

Neto Yuth : le reggae rassembleur

Avec Neto Yuth, la Place George-V change de rythme, sans toutefois perdre une seule once d’énergie.

Dès son arrivée sur scène, l’artiste reggae occupe tout l’espace. Véritable boule d’énergie, il arpente la scène sans relâche, faisant virevolter ses longues rastas d’un côté à l’autre au rythme de la musique.

Inspiré par la culture rastafarienne et porté par des textes souvent engagés, Neto Yuth propose un reggae positif et rassembleur. Accompagné par des musiciens talentueux, il réussit progressivement à faire monter la température devant une foule de plus en plus réceptive.

Alors que le soleil descend doucement derrière la Place George-V, la chaleur, elle, reste bien présente parmi les festivaliers tandis que l’ambiance propre aux concerts reggae s’installe tranquillement. On dira simplement qu’une certaine odeur familière flottait également dans l’air… un détail que les amateurs du genre reconnaîtront sans avoir besoin de le nommer.

Cimafunk : la fête cubaine s’invite à Québec

Puis arrive Cimafunk… et la Place George-V prend littéralement une autre dimension.

Dès les premières minutes, l’artiste cubain arrive avec un immense sourire accroché au visage et une énergie absolument contagieuse. Impossible de rester immobile devant ce mélange explosif de funk, de soul et de sonorités afro-cubaines.

Cimafunk réussi en peu de temps à faire tomber la barrière entre la scène et le public, à transformer un spectacle en véritable célébration collective.

Entouré de musiciens talentueux, il invite tout le monde à une fête. Les regards complices s’échangent, les pas de danse s’enchaînent et chaque membre du groupe devient un artiste essentiel du spectacle.

Dans la foule, les drapeaux cubains apparaissent rapidement. La Place George-V devient une immense piste de danse portée par les rythmes, les cuivres et cette joie communicative.

Le moment fort arrive lorsque Cimafunk invite plusieurs festivaliers à monter sur scène avec lui. Rapidement, la scène se remplit de danseurs, de sourires et de drapeaux cubains brandis fièrement.

Mais l’artiste va encore plus loin. Avant de laisser repartir ses invités d’un soir, il prend le temps de les mettre à l’honneur, de les applaudir et de les féliciter, sous les acclamations de toute la foule.

bbno$ : une tornade de folie pour terminer la soirée

Pour clôturer cette soirée, place à bbno$, appelé à remplacer Sean Paul dans la programmation. Et si certains festivaliers pouvaient se demander à quoi s’attendre avec ce changement, l’artiste canadien a rapidement répondu à sa façon : en débarquant comme une véritable tornade.

Dès les premières minutes, bbno$ impose son univers unique. Un mélange de rap, d’humour absurde, d’autodérision et d’énergie complètement déjantée. Une formule difficile à expliquer… mais terriblement efficace.

La foule embarque immédiatement dans son chaos. Certains fans avaient d’ailleurs adopté pleinement son univers coloré, avec costumes et perruques bleu turquoise, ajoutant encore davantage au côté extravagant du spectacle.

Entre deux chansons, bbno$ multiplie les interventions improbables. Il passe d’une confidence sur ses problèmes intestinaux à la lecture d’une recette tirée de son livre végétarien, dont une salade avocat et pamplemousse.

Oui, c’est étrange. Oui, on peut se demander ce qui est en train de se passer. Mais étrangement… ça fonctionne.

« J’ai un petit problème d’intestin, mais ce n’est pas grave. J’ai pris l’avion vers Québec avec l’intention de perdre complètement la tête », lance-t-il au public avant sa reprise de C’est la vie de Yung Gravy.

L’artiste revient aussi sur son passage écourté au FEQ il y a deux ans, lorsque l’orage avait interrompu son spectacle sur les Plaines d’Abraham.

« Ce fut un des moments les plus tristes de ma vie », confie-t-il, visiblement heureux de retrouver Québec dans de meilleures conditions.

Entre une entrée presque militaire menant à Yezzir, une reprise de I Don’t Care de Charli XCX et une énergie qui ne descend jamais, bbno$ réussit son passage. Difficile à classer, parfois difficile à suivre, mais impossible à ignorer.

Au final, cette deuxième journée du FEQ à la Place George-V aura eu un point commun du début à la fin : la connexion. Des univers très différents, mais une même envie : faire tomber cette frontière invisible entre la scène et la foule.

Auteure et photographe : Sandra Esteves