Category: France

Christophe Maé @ Le Zénith de Toulouse

Christophe Maé

02 avril 2014 – Ce mercredi, le Zénith de Toulouse accueillait à guichet fermé l’incontournable Christophe Maé. En entrant, je suis d’abord surprise par la disposition de la salle, pas de fosse mais uniquement des places assises pour permettre à tout le monde de bien voir le spectacle. Les gens sont venus en famille, adultes, enfants, grands-parents, Christophe Maé fait l’unanimité et cela se voit lors de ses concerts.

Il est 20h20 quand les lumières s’éteignent, devant un gigantesque rideau rouge cachant la scène, un homme fait son entrée pour annoncer celui que tout le monde attend à la manière des grands cabarets. Le rideau s’ouvre laissant apparaître Christophe Maé en ombre chinoise improvisant un solo de claquettes.Un blanc… les lumières s’allument sur les musiciens, les premières notes retentissent et il est là…Classe…costume 3 pièces, nœud de papillon et chapeau haut de forme. Il attrape sa guitare et entonne Tombé sous le charme, tout le monde chante avec lui, les filles hurlent, les enfants dansent entre les rangs et l’artiste nous enchante de ces pas de danse dont il a l’habitude. S’en suivent les titres Ma douleur et le très émouvant CharlieEntouré de sept musiciens et trois choristes des plus talentueux, on se croirait plongé dans un vieux pub du fin fond de la Nouvelle Orléans. Et c’est avec eux qu’il va faire vivre un moment magique au public, un moment que personne n’attendait. Installé sur son tabouret il commence à chanter Ca fais mal et au beau milieu de la chanson, décide de se lever et de partir à la rencontre de ce public venu si nombreux. Les voilà, tous marchant en direction des escaliers des gradins, c’est l’hystérie mais tout se fait dans le respect, pas de débordement, chacun et surtout chacune est ravi de voir leur artiste d’aussi près. Il traversera tous les gradins pour descendre de l’autre côté afin de ne léser personne.

De retour sur scène, Christophe Maé ne reconnaitra pas ce Zénith si bien rangé du début du spectacle, les gens s’étant levés pour être au plus près de lui. Par respect pour tous les enfants qui doivent profiter du spectacle au même titre que tout le monde, il demandera aux gens de regagner sa place pour pouvoir continuer, un geste applaudi. De retour sur son tabouret, il plaisante avec ses musiciens essayant tant bien que mal de « caser » son pianiste avec une toulousaine. De retour au calme, il entonne L’automne, magnifique chanson issue de son dernier album, et aura une pensée émue pour son petit garçon de 6 ans en interprétant  Mon p’tit gars puis disparaît dans les coulisses.

Au retour, changement d’ambiance et de look, Christophe Maé nous propose de se plonger dans l’univers du cirque sous un grand chapiteau. Chaque chanson est mise en scène tel un tableau à commencer par Je veux du bonheur qui donne l’impression de revivre le clip. S’en suivront Juste un peu de blues, Belle demoiselle et le fameux tube On s’attache. Une présentation des musiciens, des remerciements pour ce public venu nombreux, il quitte la scène sous les applaudissements et les cris des spectateurs réclamant le fameux rappel. Il ne les fera pas attendre très longtemps. Il revient pour le bonheur de tous pour interpréter  La poupée  repris magnifiquement par tout le public qui connait les paroles par cœur, et passé ce pur moment de douceur, se lance dans un Je me lâche qui fera se lever et danser la foule une dernière fois.

22h40, le concert se termine après plus de 2h de show à l’Américaine, il est de ces artistes qui ne trichent pas et leur public le leur rend bien. Un public qui répondra également présent le lendemain pour  la dernière date. Deux superbes soirées pour les Toulousains.

Auteur : Elodie Gallenstein

Photographe : Jérôme JACQUES

The Booze @ La Dynamo (Toulouse)

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17 Mars 2014 – Ce Lundi la joyeuse équipe des Booze a prit d’assaut la scène de la dynamo pour célébrer avec un public fêtard, le fameux jour de la saint Patrick. Avis aux amateurs de punk, de bière, et d’inspiration celtique !

Dans une ambiance festive et rigolarde, Bertrand et sa bande ont été précédés sur scène par le talentueux et enjoué duo Feasoga (NDLR: “les barbes” en gaélique). Un subtil mélange de musique irlandaise et de sonorités contemporaines qui se définis comme un groupe de Celtic Groove. Ces barbus énergiques savent mettre l’ambiance et réveiller le public !

La bonne humeur s’est installée dans la salle, on patiente autour d’une bonne bière tandis que la scène change de forme pour accueillir ce groupe qu’on aime toujours autant voir et revoir. La voix de Bertrand résonne et le sol tremble sous les pogos. Dès le premier morceau la sauce prend instantanément. On remarque un petit nouveau dans la troupe, le jeune guitariste aux allures de viking qui envoie sacrément autant techniquement que de part sa présence. Christophe à l’accordéon semble vivre chaque chanson et sourit généreusement au public. Laure armée de son bodhràn, relève délicatement sa jupe aux allures de bohémienne et nous voilà absorbé dans l’univers folklorique de ce groupe qui tourne depuis maintenant plus de 15 ans.

La foule pluri générationnelle, est surexcitée, on voit valser des kilts et des chapeaux. On beigne dans une ambiance extrêmement punk, au milieu des filles en sueurs qui ont virées leur t-shirt et des mecs torses nus, les slams ne s’arrêtent plus et les morceaux s’enchaînent à un rythme effréné. La solidarité ambiante est typique des Booze. Quand résonnent les premier accords de El pueblo unido, le chanteur propose que chacun prenne la main de son voisin. On voit alors une chaîne humaine se former tout autour de la scène et jusqu’au fond de la salle. Ça tourbillonne et cette géante farandole déborde très rapidement sur la scène où Bertrand s’essaye à la flûte.

Les fans du premier rang répètent en cœur les paroles engagées de Gilipolla, une clameur monte au centre de la salle et on peut entendre les plus fervents admirateurs du groupe hurler « Je ronge de l’intérieur ! Cancer imaginaire ! ». Ça frappe des mains et les pieds collent sur le sol où se déversent les verres de bières trop plein. Un téméraire s’envole littéralement du premier étage pour attérir sur une vague de mains levées. Ça vole, ça jumpe, ça chante et c’est un pur moment de bonheur que de se laisser porter par les mouvements de la foule en plein cœur du pogo.

Entre deux morceaux Bertrand ne manque pas de saluer un à un les membres de son groupe, on sent  la cohésion au sein même du groupe. La pression monte d’un cran lorsque débute les premiers accords de I want sex. Laure se rapproche sensuellement du chanteur avant de glisser ses mains sous son kilt et le public de reprendre en cœur : « I want sex behind a gas tank ».  L’hystérie générale est palpable alors que l’interprétation, toujours efficace, du très bon morceau Elevator soulève une liesse incontournable. Presque chacun des morceaux joué est annoncé par une petite anecdote, le groupe n’hésite pas à faire passer ses idées à travers sa musique et à prendre le public comme à partie. C’est toujours aussi agréable de revisiter le morceau British army en fonction de l’actualité, ce soir l’armée russe était à l’honneur. Après plus de deux heures de chaleur humaine, de festivité et de revendications, Bertrand se lance dans la reprise de La chanson de Craonne, audacieuse ballade de la première guerre mondiale au sujet de déserteurs, adapté à la sauce Irish Punk, que demande le peuple ? La fameuse danse de clôture de concert ! Boozin’ boozin’ ! Moment plus que convivial où les membres du groupe exécutent une danse amusante en secouant leurs kilts.

Auteur : Ottavia Marangoni

Photographe : Antony Chardon

Équipement utilisé: 5D Mark III (Canon), 50mm, 16-35 L USM II

 

 

Blood Red Shoes @ La Dynamo (Toulouse)

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24 Mars 2014 – Les Blood Red Shoes étaient de passage dans la petite salle toulousaine de la Dynamo. Accompagnés du groupe Slaves, un duo très punk garage qui secoue !

Slaves

Une formation simple, guitare et batterie, pour les deux britanniques de Slaves qui s’exécutent dans un espace restreint et nous donnent l’impression de deux lions en cage. Déchaînés, sur leur titre Cease fire, ils semblent tout donner. Captivant et un rien étrange, le chanteur introduit les chansons par des anecdotes plutôt farfelues et clôture chaque morceau par un « thank you » bref et automatique.

On retiendra tout particulièrement Where’s your car Debbie, annoncée par un court interlude sur la légende de Bigfoot ou encore Girl fight, qui met en scène le chanteur lui-même déambulant dans les quartiers sombres de Londres, kebab à la main et se retrouvant pris dans une bagarre entre filles. Ce duo délirant se révèle efficace. Malgré leurs allures de garçons sages, ils envoient la sauce et le public semble surpris, bien que pas tellement réceptif.

Blood Red Shoes

Après une courte pause, la scène se transforme pour laisser place au groupe phare de la soirée, en tournée pour leur tout nouvel album intitulé Blood Red Shoes. Une introduction en forme, énergique et rock à fond, Laura-Mary Carter et Steven Ansell annoncent la couleur ! Vêtue d’un slim noir, d’un t-shirt des Guns N’ Roses et de bottes cloutées, la guitariste à l’allure définitivement rock se démarque par la maîtrise parfaite de son instrument. Sa voix un brin rauque se mêle parfaitement à celle du batteur, leader incontesté de ce duo qui n’est pas sans nous rappeler les White Stripes. La présence de Steven est telle qu’on en oublierait presque Laura, effacée derrière sa chevelure brune. La salle est très légèrement éclairée, et le public se traîne un peu.

Débute alors Cold, titre à succès de l’album In Time To Voices, Steven se lève et frappe le rythme de ses deux baguettes. Le public semble se réveiller et commence alors à taper des mains et des pieds, pour finalement reprendre en cœur les paroles. Quelques aventuriers s’essayent au slam tandis que Steven escalade sa batterie et nous raconte ses folies de la veille à Barcelone. Les fans sont au rendez-vous, et les plus assidus d’entre eux connaissent les paroles du nouveau titre Cigarettes In The Dark. Un titre avec un son un brin plus sombre et une voix plus posée qui semble raconter une histoire. Face au manque évident de réactivité de la salle, le chanteur se lève d’un bond et tente de réveiller tout ce petit monde en s’écriant : « Do you feel like dancing ? », une légère clameur monte du premier rang et on entend résonner les accords de Heartsink, extrait du second album Fire Like This.

Malgré le son, l’attitude et la bonne volonté évidente de Steven l’ambiance n’est pas électrique. Le groupe nous surprend tout de même lors du rappel, en échangeant leurs instruments le temps d’un morceau plutôt entraînant. Avant la clôture du show on apprécie l’énergie envoyée sur Black Distractions, un très bon morceau qui ne dénote pas et confirme le talent de ce duo plus que prometteur.

Auteur : Ottavia Marangoni

Photographe : Antony Chardon

Équipement utilisé: 5D Mark III (Canon), 1D Mark III, 70-200 L USM, 16-35 L USM II

Beth Hart @ Le Bikini (Toulouse)

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19 Mars 2014 – Ce soir, tout le monde est là pour Beth Hart, alors c’est poliment qu’on écoute le folk de Marushka qui ouvre la soirée, assise seule en scène avec sa guitare. Le public attend une nouvelle fois le phénomène Beth Hart, précédé d’une sacrée réputation et d’une sacrée actualité. Elle vient de sortir un album live en compagnie de Joe Bonamassa, le mec au-dessus des très bons guitaristes de blues.

Après le changement de plateau, la belle tarde à monter sur scène et le public s’excite un peu en tapant des mains. La clameur monte lorsque le noir se fait. Le concert commence plutôt fort avec une reprise de Nutbush City Limits, un bon gros tube de Ike et Tina Turner. Si tout à l’air d’y être, on aurait pu penser la chanson un peu plus énervée, mais on sent que tous les chevaux n’ont pas encore été lâchés, même si Beth Hart donne déjà toute la mesure de sa puissance vocale, avec sa voix chaude et éraillée juste comme il faut. Des reprises, la setlist en sera émaillée, comme à chaque concert.

Bien entourée de ses musiciens, guitares en avant et rythmique groovy à souhait, la Californienne mêle les ambiances, envoie le bois, jongle entre les atmosphères blues et jazz, louche sur la country, emballe tout le monde lorsqu’elle se met au piano pour quelques ballades aussi émouvantes que bien senties. Sur With You Everyday, Beth Hart accentue son tremolo, une de ses marques de fabrique. A l’unisson avec son piano, elle sonne comme un vieux Fender Rhodes. Le public écoute religieusement, sauf vers le bar où ça discute, dérangeant ceux qui ont préféré rester appuyé sur la barrière derrière la console plutôt que d’aller devant.

Les premiers accords de Delicious Surprise, un duo à la guitare et au chant, sortent le public de sa torpeur. Tout va bien, il tape des mains. Visiblement tout le monde est content d’être là ce soir, aussi bien sur scène que dans la salle. Et ce n’est pas la petite parenthèse technique, une panne d’effets sur une des guitares, qui fera retomber l’attention. Ce soir, certaines chansons de la setlist figurent sur les albums que Beth Hart a enregistré avec Joe Bonamassa, alors forcément, les solos de gratte ne foutent pas vraiment les poils. Heureusement, Bill Ransom le batteur met tout le monde d’accord, le mec est particulièrement doué.

Après un Bang Bang Boom Boom sautillant, Beth Hart enchaîne sur une reprise de Etta James, I’d Rather Go Blind, dont le côté soul aurait peut-être mérité d’être plus marqué. Puis tout le monde quitte la scène. Mais les lumières ne se rallument pas et le rappel arrive assez vite. Après des remerciements chaleureux, c’est reparti avec Better Man, et son refrain bien rentre dedans, un Chocolate Jesus de bastringue et un Miss Lady tout en shuffle, qui vient clore cette vibrante soirée.

Setlist

Nutbush City Limits (Cover Ike & Tina Turner)
If I Tell You I Love You I’m Lyin’
Well, Well (Cover Delaney & Bonnie)
Spirit of God
With You Everyday
Blame the Moon
Delicious Surprise
For My Friends (Cover Bill Withers)
Lifts You Up
Skin
L.A. Song (Out of This Town)
Stinky Feet There in Your Heart
Trouble
Bang Bang Boom Boom
I’d Rather Go Blind (Cover Etta James)
 —-
Better Man
Chocolate Jesus (Cover Tom Waits)
Miss Lady (Cover Buddy Miles) 

Auteur : Philippe Dynamo

Photographe : Antony Chardon

Équipement utilisé: 5D Mark III (Canon), 1D Mark III, 70-200 L USM, 16-35 L USM II

Indochine @ Zénith de Toulouse

Indochine

25 Mars 2014 – Indochine était de retour au Zénith de Toulouse, pour sa dernière date dans le sud sur la tournée Black City Tour 3, seulement 4 mois après leur denier passage dans la ville rose.

20h, le duo Klink Clock débute leur set. Aurélien fait lanciner les cordes de sa guitare électrique et Jennie, frappe fort sur sa batterie-trois-pièces. Les cheveux se secouent, cette 1ère partie dégaine un rock garage langoureux et explosif pour commencer à chauffer les 7 000 personnes présentes. Au public, Jennie balancera deux exemplaires de leur album We Don’t Have the Time to Do Love All the Time.

20h40, le public brûlant d’impatience est plongé dans l’obscurité. Sur l’instrumentale de Trashmen, d’énormes écrans de chaque côté de la scène avancent en traveling, avant de se rejoindre pour former un arc de cercle autour de la scène et de la fosse, projetant ainsi une prise de vue urbaine by night à 360°. Ce système, baptisé Le Serpent, a été créé à la demande de Nicola Sirkis. Pour ma part, je me trouvais en retrait mais pour les personnes présentes dans les premiers rangs de la fosse, l’effet doit être saisissant.

Nicola Sirkis et ses 5 musiciens ont maintenant rejoint la scène, entamant le concert avec le titre Black City Parade, qui s’achèvera sous une pluie de confettis. Après un fort échange de regards et gestes complices avec ses fans, Nicola empoigne sa guitare acoustique pour la très belle Memoria (la plus belle réussite du dernier album à mon sens), enchainant avec Little Dolls extrait de l’album La République des Meteors

Vient le morceau Wuppertal, hommage à Pina Bausch, durant lequel les écrans projettent une chorégraphie bouleversante de  la danseuse Alice Renavand : effet de grâce garanti. Sur une instru de piano, Nicola chante à présent Mao Boy, que le public s’empresse de reprendre en chœur à l’instar du titre J’ai demandé à la lune.

Un discours homophobe retentit dans la salle, emprunté à une dame interviewée durant les manif anti-Mariage Pour Tous, il introduit le morceau Collège boy, les écrans projettent les images du clip choc réalisé par Xavier Dolan et le public s’est muni de ballons blancs, qu’il laissera s’envoler à la fin du morceau. Nicola fera jumper son public sur les tubes comme Canary Bay ou 3ème sexe, avant de terminer le concert comme il l’a commencé sur le titre Black City Parade.

Pour le rappel, il entonnera Marylin et Trois nuits par semaine et s’offrira un bain de foule préalable au final exalté sur le tube L‘Aventurier, où d’opulents ballons seront lâchés dans le public, changeant de couleur au contact des mains.

De cette tournée, comme des précédentes, on retiendra l’incroyable générosité de Nicola et de ses musiciens envers leur public, une réussite scénique spectaculaire et une énergie toujours débordante après plus de 30 ans de carrière.

Auteur : Vanessa Eudeline

Photographe : Jérôme Jacques

Julien Doré @ La Halle aux Grains (Toulouse)

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18 mars 2014 – Julien Doré se produisait à La Halle aux Grains de Toulouse. C’est le groupe Amara qui assurait la 1ère partie, accompagnant le LØVE Tour depuis le 26 février. Le groupe est français, le chanteur à l’allure dure et aux airs de Bernard Lavillers, accompagné de sa guitare acoustique, nous conte des tranches de vie de sa voix rauque et entouré de ses deux guitaristes qui entonnent aussi les chœurs. A partir de la quatrième chanson, l’ancien guitariste du groupe Radiosofa se met au synthé et la scène prend alors une toute autre atmosphère, tissée de noirceur. Clôturant leur partie avec Le Courage, ils cèdent maintenant la place au Roi Lion, comme Akim Amara l’appelle.

Julien est  très attendu, par un public quasi-essentiellement composée de demoiselles qui n’hésitent pas à le faire savoir haut et fort. Les 5 musiciens entrent en scène, les applaudissements s’harmonisent avec la rythmique et Julien fait son entrée en costume 3 pièces entièrement noir. Il amorce le concert avec la première chanson de son dernier album : Viborg.

Après quelques morceaux, la salle est plongée dans le noir, il se trame quelque chose sur scène avec les techniciens et leurs lampes frontales. Julien réapparait seul sur scène, arborant une énorme boule à facette en casque intégral sur la tête. Tout à fait normal pourrait-on dire !! Et il nous fait en toute décontraction une reprise surprenante de Femme Like U, la chanson pas très profonde de Kmaro, à l’instar du duo féminin Brigitte qui avait fait une reprise très réussie de Ma Benz de NTM.

S’amusant au piano, au tambourin, au fameux ukulélé, et accompagné de ses talentueux  musiciens alternant les instruments dont une imposante contrebasse, il entonnera son ode à Michel Platini, sans négliger ses tubes de Bichon : Kiss Me Forever et Bleu Canard ou celui de Ersatz : Les limites. Blagueur débordant d’énergie et au déhanché sexy,  Julien le scintillant a tout du show-man, enjambant la poutre métallique pour grimper vers le public du balcon d’où il fera exploser un canon à confettis, ou empoignant un mégaphone pour chanter en se baladant à travers la salle.

Crescendo le concert s’assombrit. Place à la noirceur du répertoire si léger depuis le début : Bleu Canard, On attendra l’hiver, et pour finir en apothéose dans cette salle à l’acoustique parfaite sur Corbeau Blanc et sur son refrain qu’il nous adresse : ce soir je vous quitte.  Mais le public ne l’entends pas ainsi, et Julien non plus n’a pas vraiment envie de nous quitter en fait. Il reviendra deux fois avant de nous laisser avec tout le LØVE du monde, sur une dernière version de Paris-Seychelles : seulement lui et son piano.

Le Bichon a posé ses barrettes pour lâcher sa crinière de lion… A cette bête de scène sensuelle, on n’attendra pas l’hiver pour lui écrire qu’il nous manque puisqu’il reviendra à Toulouse le 19 juin au Bikini.

Auteur : Vanessa Eudeline

Photographe : Antony Chardon

Équipement utilisé: 5D Mark III (Canon), 1D Mark III, 70-200 L USM, 16-35 L USM II

Tarja @ Le Bikini (Toulouse)

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Lundi 03 Février – Ambiance métal symphonique lundi dernier au Bikini pour la venue de la chanteuse Tarja dont le nom n’est plus à faire. Un public, varié en terme d’âges mais également au niveau vestimentaire, s’impatiente. Après la première partie, Elyose, peu convaincante, les fans de métal pur attendent d’être régalés. La scène est recouverte d’une immense bannière sur laquelle s’affichent les couleurs et le titre du dernier album Coulours in the road. Un jeu de lumière violant suivi d’un coup de batterie introduit les 5 musiciens qui attaquent d’entrée sur In for a kill. C’est alors que Tarja apparaît toute de noir vêtue. Elégante et majestueuse elle s’avance cheveux aux vents et manches en dentelles flottantes. Elle salue son public du classique signe de ralliement métaleux. A la fois charmeuse et déjantée, elle habite la scène et n’hésite pas à remercier longuement ses fans avant d’enchaîner sur I walk alone.

Parfaitement entourée de ses excellents musiciens, elle nous offre un show propre mais qui manque un brin de caractère. Pourtant la chanteuse semble ravie. Elle ne cesse de distribuer des sourires et son groupe se donne à fond. Ils embrasent littéralement la scène sur l’intro de Never enough, tandis que Tarja sort pour un troisième changement de tenue. On notera le charisme incroyable du guitariste Alex Scholpp ainsi que son jeu de scène qui nous permet de ressentir une réelle cohésion au sein du groupe.

On regrette bien sûr qu’elle n’ait pas interprété plus de morceaux de son époque Nightwish, ainsi qu’un set bien trop court. C’est en nous laissant sur notre faim que la ténébreuse chanteuse et sa puissante voix quitte le public au son de Until my last breath.

Auteur : Ottavia Marangoni

Photographe : Antony Chardon

Équipement utilisé: 5D Mark III (Canon), 1D Mark III, 70-200 L USM, 16-35 L USM II

Steel Panther @ Le Bikini (Toulouse)

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10 Mars 2014 – Une déferlante de tenues à paillettes, de bandanas et de pantalons léopards s’est déversée dans salle du Bikini pour la venue des californiens de Steel Panther lundi dernier. On a d’ailleurs pu échanger avec Michael Starr et Satchel lors d’une folle interview que vous pouvez retrouver ICI.

SleekStain

Steel Panther a été précédé sur scène par le groupe français SleekStain avec du rock métal au son un peu vieillot qui malheureusement ne réinvente rien. On apprécie cependant la motivation et l’énergie du chanteur, très bon chauffeur de salle, à la voix très heavy métal. Les morceaux sont suffisamment énergiques pour tenir éveillé le public qui attend impatiemment le groupe phare de la soirée.

Steel Panther

Après de nombreuses minutes d’attente, on découvre une scène colorée, bien éclairée et surtout littéralement « habitée » par Michael Starr au chant, Lexi foxxx à la basse, Stix Zadinia à la batterie et Satchel à la guitare. Un quatuor démentiel qui ouvre le bal sur son titre à succès Eyes of a panther. La guitare envoie, la batterie résonne, Michael se trémousse comme une strip-teaseuse, Lexi fait la moue, on nage en plein délire glam-rock. Après les deux premiers morceaux, le groupe nous offre un interlude à la hauteur de sa réputation, Satchel embrase la foule en faisant mine de lire une antisèche à l’intérieur de sa main et demande avec un charmant accent : « Montrez-moi vos nichons ». Et c’est parti, des dizaines de filles aux quatre coins de la salle soulèvent leurs t-shirts. C’est un véritable hommage aux boobs que d’assister à un concert de Steel Panther ! Les artistes jouent avec leur public mais aussi entre eux. On sent une véritable maîtrise de la scène et du comique. On adhère !!

Entre deux conneries et quelques médiators balancés, on a droit à un concert techniquement très bon, l’équipe est rodée et envoie ses meilleurs titres. Le public reprend en cœur les paroles du titre phare du dernier album Party like tomorrow is the end of the world, et on sent une réelle connexion entre la salle et la scène. La cohésion au sein même du groupe semble excellente.

Tandis que Michael file en coulisse pour changer de tenue, Satchel nous offre un bon petit solo de guitare avant de laisser place à Lexi dans un numéro de mimiques face à une coiffeuse installée sur la scène. Cheveux au vent, leggings à paillettes, cape scintillante et sourire aux lèvres, le chanteur nous revient plus énergique que jamais et enroule son bassin mieux qu’une Shakira endiablée.

Débute alors Turn out the lights extrait du second album Feel the steel, ambiance tamisée, gestuelle explicite et mains en l’air. On est à fond !! L’hystérie ambiante augmente encore lorsque Michael se lance dans un discours sur les fameuses pussy parfois trop poilues, en les comparants même aux barbes des ZZ top, tandis que Satchel enchaîne les premiers accords de La grange. Résonne ensuite les premiers accords de The burden of being wonderful, un morceau qui caricature à merveille le style du groupe, auto-dérision et heavy métal.

Comme à leur habitude les membres du groupe invitent une nuée de filles à rejoindre la scène le temps de deux morceaux. On assiste à un show délirant où le groupe évolue au milieu de mini-jupes en cuir, de baisers langoureux entre filles et de mains baladeuses. Ça jump et ça slam sur 17 girls in a row, le riff est terriblement bon et nous fait revivre les heures de gloire du heavy métal des années 90. Fidèle à leur public et à leur réputation, ils régalent le public de vannes et de musique.

L’ambiance atteint son apogée lorsque que Stix frappe un rythme entrainant et que Satchel soulève la foule en criant : « Nichons ! Nichons ! », le tout pour amener le dernier titre mais pas des moindre Party all day.

Quelle énergie ! On est dingue dingue de ce show complètement barré !

Auteur : Ottavia Marangoni

Photographe : Antony Chardon

Équipement utilisé: 5D Mark III (Canon), 1D Mark III, 70-200 L USM, 16-35 L USM II

Quidam by Cirque du Soleil @ Zénith de Toulouse

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05 Mars 2014 – C’est dans une salle complètement réaménagée que l’on découvre ce soir, pour la première date française, l’un des nombreux spectacles du Cirque du Soleil intitulé Quidam. Le public s’installe sur des chaises placées en arc de cercle au pied de la scène et de suite on se croirait sous un chapiteau. On entend des murmures, le bruit des mains d’enfants plongées dans le popcorn, tandis que le rideau se lève sur une scène très joliment aménagée. On devine une pièce, un salon subtilement meublé d’un beau luminaire, de deux fauteuils et d’une porte. On oublierait presque que l’on est au cirque si un clown maître de piste ne faisait pas son entrée sur la scène dans un jet de lumière.

Le spectacle commence sur un numéro classique mais efficace dans l’univers du cirque : le clown qui choisit au hasard un membre du public pour le mettre dans une situation comique. La bonne humeur se répand dans la salle tandis que les lumières s’assombrissent et que Zoé, une petite fille espiègle et curieuse investit la scène. Le décor est planté d’emblée, des parents, trop occupés pour jouer avec elle, la fillette se sent seule et se réfugie dans un univers fantastique et délirant. On est alors emporté avec elle dans une autre dimension, guidé par un personnage sans tête, suivie d’une horde de danseuses endiablées à tête de lapin. On voit s’étaler sous nos yeux le plus exquis et le plus étrange des cortèges !

Chaque numéro semble couper le souffle au public. Le premier à nous en mettre plein la vue est un gymnaste du nom de Cory Sylvester qui s’exerce à la roue allemande, un numéro qui nous ferait presque perdre la tête tellement l’artiste semble ne faire qu’un avec cette immense roue. Les personnages entrent et sortent de la scène à une allure impressionnante. Il se passe sans cesse quelque chose, même dans l’ombre, même dans les vapeurs de fumée qui embrasent le fond de la scène.

L’orchestre symphonique qui accompagne le spectacle donne une puissance dramatique et un rythme effréné à l’histoire. Les voix d’Alessandro Gonzales (Zoé) et Jamieson Lindenburg sont enchanteresses et s’adaptent très bien aux différentes tonalités. Les morceaux sont teintés de musiques venues d’ailleurs. On voyage, on se laisse porter, parfois on glisse le long d’un immense ruban rouge et on retient son souffle de peur de voir  Julie Cameron, l’acrobate voltigeuse, tomber. Envoûtante, la jeune fille se contorsionne à douze mètres de hauteur dans un costume translucide avant de finir dans les bras du père de Zoé. Celui-ci semble soudainement reprendre goût à la vie, il porte à bout de bras ce corps inerte sous les yeux inquiets de sa femme. Zoé, toujours portée par une valse folle et entourée de personnages énigmatiques tels que John le maître de piste, dont les intentions semblent peu claires, ou bien Boum Boum un personnage agressifs et inquiétant, refait surface. Courant tantôt vers sa mère, tantôt vers son père, la petite fille ne semble pas trouver d’oreille attentive. Ce spectacle un peu bouleversant nous enlace à ses personnages et une question s’accroche à notre esprit : Finirons-ils par se retrouver ?

Entre acrobates, grimpeurs de corde, contorsionnistes, équilibristes, jongleurs et voltigeurs, le Cirque du Soleil ne faillit pas à sa réputation. Au milieu de tous ces numéros plus extravagants les uns que les autres, apparaît un clown cinéaste (Toto Catineiras) qui vient alléger un peu l’ambiance sombre de ce spectacle, bien que très beau.  Avec pour seul décor une porte et une caméra à l’ancienne, la scène s’ouvre aux spectateurs. Un roulement de tambour laisse pressentir que quelque chose d’important est sur le point de se produire. C’est alors qu’un faisceau de lumière s’arrête sur trois membres du public. Le clown leur fait signe de monter sur scène. S’ensuit alors un scénario rocambolesque, un théâtre muet, grotesque et hilarant qui saisit la foule d’un rire unanime.

On est conquis par ce spectacle qui mêle à merveille l’humour et le drame, et c’est à regret qu’on quitte l’univers riche et rêveur de Quidam.

Auteur : Ottavia Marangoni

Photographe : Antony Chardon

Équipement utilisé: 5D Mark III (Canon), 1D Mark III, 70-200 L USM, 16-35 L USM II

Loudblast + Benighted @ Le Connexion (Toulouse)

Loudblast

04 Mars 2014 – SPM Prod nous a concoctés ce mardi une soirée 100% death métal français au Connexion Live. Soirée emmenée par les papas et surtout les pionniers de la scène death et thrash française, Loudblast, accompagné sur cette tournée Brutal Coalition de Benighted. Pour cette date toulousaine, c’est les gars de Fleshdoll qui ont complétés l’affiche. Une soirée qui sent la bière, la transpiration, la guerre et surtout la destruction !!

Fleshdoll

Les toulousains de Fleshdoll ont ouvert la soirée avec métal lourd, sans fioriture, et qui cherche la puissance avant tout. C’est un peu la marque de fabrique de tous les groupes de la soirée. L’entrée en matière s’est fait doucement avec un public très fébrile qui a conservé son énergie pour les sets de Benighted et Loudblast. A l’occasion de cette première date de la tournée européenne de Fleshdoll, le groupe nous a présenté des titres de leur 3ème album, Feeding The Pigs, ainsi que leur tout nouveau bassiste, Remi, que l’on connait pour avoir joué avec Blood Ages.

Benighted

S’en suit le groupe le plus attendu de la soirée: Benighted. Cette attente s’est vraiment fait ressentir et le public a attendu à peine 2 morceaux pour dégager toute l’énergie et toute la brutalité emmagasinée. L’ambiance est devenue complètement Fuck Up dans tout le Connexion.

Les gars de Benighted nous ont joués avec parcimonie des titres de leur tout dernier album, Carnivore Sublime, sorti il y’a tout juste 15 jours. Mais ils sont également revenus aux sources des précédents albums comme avec le titre Slut de l’opus Icon, qui a conclus avec brio cette véritable guerre civile.

Benighted c’est la force vocale de malade de Julien, associée à des riffs surpuissants qui te retournent les boyaux et le tout emmené par des musiciens proches de leurs fans. En soit, un parfait mélange de brutalité et de musicalité qui se fait parfois rare dans le death et thrash métal. Benighted ça en impose et on a surkiffé.

Loudblast

Ce sont les gars de Loudblast qui ont conclus cette Brutal Coalition avec toute l’expérience qu’on leurs connait grâce aux quasiment 30ans de carrière. Même si l’expérience, la puissance et la technicité est au rendez-vous, c’est toujours très compliqué pour un groupe de passer après le set explosif qu’on a vécu.

Emmené d’une main de maitre par le charismatique Stéphane Buriez au chant, le groupe a néanmoins réussit à surfer sur une excellente ambiance dans un Connexion transpirant pour au final casser complètement la baraque. Même si Loudblast est bien moins brutal que leurs confrères de Benighted, ça envoi quand même du bois sur scène et dans la fosse grâce notamment a des titres cultes des tous premiers albums. On a également pu découvrir quelques titres du nouvel album, Burial Ground, qui sortira en avril prochain.

Un set au final très bon, carré et efficace mais qui nous a bien moins marqué que celui de Benighted qui était pour nous la pièce maitresse de la soirée.

Rendez-vous maintenant le 30 Mars pour une nouvelle soirée organisée par SPM Prod, mais ce coup-ci tout en douceur avec la venue d’Anneke Van Giersbergen.

Auteur & photographe : Antony Chardon

Équipement utilisé: 5D Mark III (Canon), 16-35 L USM II

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