Category: France

Le Weekend des Curiosités (Jour 4) @ Le Port (Toulouse)

Rodrigo y Gabriela

25 mai 2014 – Dernière soirée du festival Le Weekend des Curiosités, dédié aux groupes à découvrir et à re découvrir. Accueillie sous un soleil radieux, les finalistes du prix Ricard S.A Live Music, font leur entrée: Hill valley. Ces cinq jeunes hommes originaires de Clermont Ferrand ont envoyé leur énergie très Indie Rock au public Toulousain qui s’est montré réceptif. Les morceaux s’enchaînent à un rythme entraînant, la foule remue, le chanteur saute, empoigne son micro comme une arme et balance un tonitruant: “Est-ce que tu veux danser ?”. Un brin électro, clavier en avant et guitare qui secoue, on apprécie le talent de Raph au micro qui réussit à faire asseoir la totalité du public, avant de venir s’y mêler et de faire jumper la foule à l’unisson.

Kid Wise

Vient alors l’ambiance électro hypnotique de Kid Wise qui s’installe lentement mais sûrement sur la scène numéro 1 du port. Les lumières lancées à toute blinde, les formes géométriques hypnotiques en fond de scène font un parfait contraste avec la voix mélodieuse mais parfois hésitante du jeune pianiste/chanteur Augustin Charnet. Encore une fois la scène émergente toulousaine tient ses promesses et révèle un groupe autant agréable et surprenant qu’efficace.

Le public, loin d’être découragé par la pluie, se montre fidèle et enthousiaste. On se presse autour des buvettes et des sandwicheries. L’organisation respecte son pacte éco, les verres sont consignés et une belle ambiance règne malgré la pluie torrentielle qui s’abat littéralement sur les visiteurs.

Thomas Azier

Entre alors sur la scène secondaire  Thomas Azier,  un jeune néerlandais  dont le premier EP est sorti en 2012. Il s’impose par sa prestance et un son électro rêveur.  A la fois dans des variantes pop et inspirations futuristes, Thomas séduit au chant aussi bien qu’au clavier. Soutenu par un second claviériste/choriste, le duo en devient énergisant et séduisant ! Une affaire à suivre sans aucun doute!

Cats On Trees

Après quelques minutes de pause, la scène principale s’éclaire pour recevoir les tant attendus Nina et Yohan de Cats On Trees.  Cette voix, ce piano, cette batterie semblent avoir trouver comment toucher les gens. On se presse sur le devant de la scène, plutôt sobre. Le jeu de lumière, accompagne mélodieusement le duo. Vêtus de façon plutôt classe et simple, ces deux toulousains dont le succès a tardé à venir, ont su prendre leur temps pour séduire le public. L’interprétation de leur titre à succès Sirens call, réunit les mains et les voix qui s’élèvent sous la pluie. Leur second titre issu de leur album, Jimmy, est parfaitement représentatif de la douceur et reste gentiment émouvant. Yohan tient à soutenir la foule trempée et s’exclame: “Vous êtes beaux et courageux !” La cohésion est parfaite.

Débutent alors les premiers accords de la reprise de Gary Jules : Mad World. Une atmosphère qui colle parfaitement au groupe et suscite une belle émotion au sein du public. La chanteuse se montre joueuse et tente de faire répéter les paroles d’une chanson non présente dans l’album au public enjoué. Quelques bulles de savon s’élèvent dans le ciel et le show touche à sa fin au son du morceau intitulé Wichita, une ballade adorable presque enfantine.

Benjamin Clementine

Une voix et un piano s’empare alors des visiteurs agglutinés sous la pluie, Benjamin Clementine apparait et dépose ses premières notes aussi douces que marquantes. La voix, puissante et marquée de blues nous emporte, nous ramène, nous raconte et finit par nous déposer hors du temps. Ce jeune homme “sortie du métro parisien” offre son âme à travers son regard et ses mélodies. Ses morceaux, travaillés et affinés, s’enchainent. Quelques voix s’élèvent sur le titre révélateur du chanteur Cornerstone. Une histoire à suivre…

Rodrigo y Gabriela

Impatiemment attendus par les visiteurs trempés mais toujours fidèles au poste, les fameux mexicains Rodrigo y Gabriela font une entrée explosive!  Un écran géant sur la scène projette en live les doigts de ces deux virtuoses de la guitare. Hyper dextérité de Gabriela, rythmes endiablés, sourires aux lèvres et accords teintés de soleil, on est conquis ! La foule saute, chante, frappe des mains et des pieds ! Ce duo démentiel séduit un peu partout en Europe depuis 2005, leur musique inspirée de rock et de folk, le tout mélangé à un “je ne sais quoi” de chez eux nous bouscule, nous donne envie de saisir une guitare à la volée et de se lancer dans un solo démoniaque. Entre deux morceaux, ils nous gratifient des quelques mots de remerciements en français qu’ils connaissent. Gabriela vêtue de noir et rouge se balade d’un bout à l’autre de la scène tel un lutin malicieux et son énergie nous transporte. Au milieu du show, Rodrigo nous sert un solo formidable où il démontre son agilité en jouant avec sa canette de bière, à croire qu’il est né avec une guitare à la main.

La foule est en transe lorsque résonne les premiers accords de Tamacun, titre phare du second album du groupe intitulé simplement Rodrigo y Gabriela. Chacun bat le rythme à sa façon et certains poussent même la chansonnette. On adore cette ambiance festive qui semble mettre tout le monde d’accord. Histoire de nous faire redescendre un peu, et aussi de nous surprendre, les deux guitaristes nous offre une intro longue sur la merveilleuse reprise de Creep de Radiohead.

C’est sur cette belle note que se clôture le festival, encore une fois riche en découverte et en surprise. Le froid et la pluie n’ont pas découragés le public et les artistes se sont montrés généreux. On se donne rendez-vous l’année prochaine pour une 5ème édition du Weekend des Curiosités.

Auteur: Ottavia Marangoni

Photographe: Antony Chardon

Le Weekend des Curiosités (Jour 3) @ Le Port (Toulouse)

I Am Legion

24 Mai 2014 – Présent sur beaucoup de festivals cette année, c’est Fakear qui ouvre la Scène du Port pour cette 3ème soirée. Derrière ses MPC il travaille une électro exotique et impériale. Sa chanteuse le rejoint pour l’accompagner le temps de deux morceaux. Face au Fakear nous sommes charmés, ce soir, à quelques mètres du Canal du Midi, une belle énergie se diffuse, et la soirée ne fait que commencer.

Murkage

Après le set de Fakear, direction maintenant la Scène Ricard S.A Live Music qui accueille l’énorme énergie de Murkage. Entre rap et dubstep, le collectif fait figure de style de l’underground Mancunien. 3 mc’s, 1 batterie et un Dj c’est le bon combo pour dynamiter les frontières musicales et exploser le mur du son.

Kavinsky

Kavinsky prend maintenant place sur la Scène du Port. Fidèle à son style il porte un teddy griffé de son nom imaginé par Surface to Air et des lunettes noires à laser rouge. On peut regretter qu’il ne fasse pas encore nuit, car la scénographie n’est pas à son top. Mais ce n’est l’affaire que de quelques dizaines de minutes. L’ambiance monte en même temps que la nuit tombe, et l’on peut alors apprécier l’éclairage de scène et les écrans qui accompagnent le set. Clope au bec, Kavinsky nous balance l’électro obsédante de son album Outrun à l’instar du désormais célèbre Roadgame. Mais au fil des morceaux on s’essouffle de son style musical un peu lancinant auquel il se rattache trop. On attendait un peu plus d’adrénaline lors de son show. Arrivent enfin les première notes de ce morceau que l’on connait si bien : Nightcall. Et là : frissons garantis sous le ciel printanier toulousain. A la fin de son set il se montrera bienveillant avec son public en le saluant puis en descendant de scène pour aller serrer les mains qui se tendent.

Biga*Ranx

Du côté de la Scène Ricard S.A Live Music le groupe Biga*Ranx transmet la dose de good vives à son public, entre sound system et influences jamaïcaines, au son des titres de son dernier album Good Morning Midnight.

I am Legion

C’est maintenant l’heure pour I am Legion d’assurer le show. Noisia, le trio originaire des Pays-Bas, se place aux machines, rejoint par les MC Metropolis et Orifice Vulgatron du duo anglais Foreign Beggars. Quand la  dubstep des uns fusionne avec le rap  des autres c’est pour nous servir une vision brillante et futuriste de l‘electronic rap music. Pour quelques remixes et featurings efficaces les deux groupes avaient déjà bossé ensemble auparavant, mais cette fois l’alliance est vraiment soignée. Le contenu vidéo diffusé sur l’écran en arrière plan complète le projet. I am Legion retourne Toulouse, le beat est explosif et fait tout sauter, surtout les festivaliers.

The Glitch Mob

Pour terminer la soirée au Port avant de rejoindre la salle du Bikini pour la nuit electro, les californiens de The Glitch Mob débarquent sur la Scène Ricard S.A Live Music pour nous offrir le live de leur dernier album Love Death Immortality. Derrière leurs PC portables et contrôleurs MIDI, les trois garçons charismatiques produisent une musique efficace réjouissant les amateurs de hip-hop, dubstep et techno hardcore … Une atmosphère musicale proche de l’electro française des groupes Justice ou Daft Punk.

Auteur: Vanessa Eudeline

Photographe: Antony Chardon

Le Weekend des Curiosités (Jour 2) @ Le Bikini (Toulouse)

Klangkarussell

23 Mai 2014 – Deuxième jour de festival au Weekend des Curiosités, ce soir la programmation est clairement électro et affiche déjà complet depuis quelques jours. C’est Nu Circle, duo local composé de Lörny et Yobject qui assure le warm-up de la soirée. Un duo masculin-féminin qui mixe des sonorités house et future bass et donne le ton à la soirée.

Fin du set de Nu Circle vers 1h, maintenant le duo autrichien Klangkarussell (qui écume les clubs du monde entier) est très attendu. Mais surprise seul Tobias Rieser fait son apparition derrière les platines. Il nous délivre alors sa techno house et minimale aux sonorités ensoleillées. Enchainant Eistee aus der dose, Sternenkinder ou encore le remix du titre Sunday de Max Manie sans oublier bien évidemment son titre succès Sonnentanz.

Place maintenant à la jeune tête montante de la scène électronique française, Worakls, qui libère sa techno minimale impulsée de sonorités organiques et magnétiques qui lui caractérisent un style bien singulier, inspiré d’initiations au conservatoire et de nuits électro parisiennes. Pour finir en beauté cette soirée c’est José Fenher aka Mangabey, Dj du collectif et label Boussole Records bien connu de la scène électro toulousaine, qui s’occupe des platines, produisant une deep house aux influences issues de la black music.

Le Bikini est surchauffé, il faut maintenant rentrer reprendre des forces car demain la 3ème soirée nous attend festivaliers !

Auteur: Vanessa Eudeline

Photographe: Antony Chardon

Le Weekend des Curiosités (Jour 1) @ Le Bikini (Toulouse)

Mykki Blanco

22 mai 2014 – C’est dans la salle du Bikini que commence la nouvelle édition tant attendue du festival Le Week-End des Curiosités. A mon arrivée, j’entends que le concert est déjà commencé et pourtant c’est sur une scène vide que j’ouvre la porte. Sec, le duo local originaire de Colomiers, a pris le parti lors de ses concerts de ne pas jouer sur scène mais dans la fosse. C’est donc entourés de leur public et en toute autonomie, puisqu’équipés de leurs propres amplis et porte-voix, que Jules Ribis (à la basse) et Xavier Tabard (à la batterie) servent un rock brut et sec, on pense alors avoir dénoté l’origine de leur nom.

Aux alentour de 22h, le New-Yorkais Mykki Blanco, artiste atypique au sein de ce milieu macho qu’est le rap, prend possession de la scène. J’aspirais à un peu plus d’excentricité de la part de celui que l’on connait pour ses travestissements, mais c’est uniquement affublé d’un caleçon qu’il apparait. Un complice aux platines, éclairage rose et boule à facette plantent le décor. Mykki Blanco balance son flow hip hop issu de son dernier opus Betty Rubble et nous fascine par son côté assumé et sa folie ravageuse : se dégageant de son caleçon pour en laisser apparaitre un 2ème à paillettes, mimant le chat faisant sa toilette, s’introduisant le micro dans la bouche, faisant monter un jeune homme sur scène avant de lui ouvrir sa chemise et de lui offrir un lap dance. Mykki surdose son show, et ça marche : le public est bouillant ! Il se faufilera à travers ce dernier pour prendre d’assaut le bar du fond de la salle et s’offrira même un slam avant son départ.

C’est l’heure maintenant pour les 4 membres de Salut C’est Cool d’envahir la scène. Envahir c’est le mot car c’est très vite un jeune public complètement décomplexé qui les rejoindra sur scène. Les 25 ans et plus (dont je fais partie) resteront eux en retrait, spectateurs de ce phénomène qui ne boude pas son plaisir à surfer sur la tendance mauvais goût old school des années 90, le tout sur une électro tektonik killer arriérée. Très souvent assimilés aux nantais Sexy Sushi, précurseurs d’une électro bordélique, les paroles de leurs chansons comme La Purée ou Le Jardinier Magicien, elles, restent désespérément cheap là où celles des Sexy Sushi sont jouissives par leur transgression.

Auteur : Vanessa Eudeline

Crédit Photo : Mykki Blanco

Rufus Bellefleur @ La Dynamo (Toulouse)

Rufus Bellefleur

23 Avril 2014 –  La Dynamo affichait complet pour la venue du groupe émergeant toulousain Rufus Bellefleur. A l’occasion de la sortie de leur nouvel album Temples Idols and Broken Bones, la tribu accompagnée du comique Dédo a déboulé avec son lot de surprises. Le décor nous met d’emblée dans l’ambiance, poupées vaudou, boule de cristal, éventails, cerceaux, pompons, le tout surplombé par la bannière du dernier album et une question : où Rufus Bellefleur va t-il nous emmener ce soir?

Le show débute avec une intervention de Dédo, son entrée l’élève au rang de parfait chauffeur de salle ! Les blagues fusent à travers la salle, l’ambiance est aux rires, en quelques questions le show man nous donne le sourire et nous fait réaliser que le public de Rufus Bellefleur est pour le moins varié. En effet ici se côtoient fan de hip hop, de métal ou encore de reggae. Tandis que l’artiste se retire de la scène après avoir annoncé le groupe, l’assemblée réclame Rufus ! Rufus ! 

Arrive alors notre fantôme préféré, lampe à huile à la main, salopette et chemisette à carreaux, Julien assure par sa présence et son univers. Les membres du groupe avancent lentement, comme cherchant à éviter un piège, ou un prédateur caché dans le bayou. Le show peut commencer ! Le batteur Laurent envoie  valdinguer ses baguettes avant de donner le premier coup. Julien lance son premier cri et c’est parti. Les choristes, parfaites dans leur rôle sont un soutien formidable pour la voix puissante du chanteur. Tambourin, guitare et banjo, on nage en plein délire cajun. Sur le morceau The Rendez Vous on admire le panel d’inspirations du groupe, tour à tour mélodique, rappé, hurlé, les variations de voix sont impeccables. La foule est emballée et on ressent très bien que le groupe est suivi et attendu au tournant! Au classique cri de ralliement “Yeahaaa” les fans se mettent à jumper et à reprendre les paroles.

Rufus Bellefleur regorge d’inspiration, le jeu scénique est excellent, on apprécie les influences asiatiques accompagnées d’éventails et d’une belle introduction à la flûte. On est face à un spectacle plus que divertissant et inspiré. ça fait des pompes et ça boxe sur scène, ça s’agite dans tous les sens et Julien déborde d’une énergie communicative.  Les mains du public sont en l’air, on danse, on rit, on découvre avec délectation les morceaux du nouvel album bien mis en avant. Julien, tel un prestidigitateur fou,  mène le jeu et s’écrit “Est-ce que tu veux du rock’n roll ?” Le premier rang est déchainé, au son du titre Little China, la mise en scène avec la boule de cristal nous maintient dans l’aventure. Arrive alors le titre phare du dernier album, Rocky Rocket, dans la lignée des précédents morceaux, énergique, surprenant, drôle et entêtant. Les briquets s’allument pour la nostalgique reprise de R Kelly : I Believe I Can Fly. Face à un public si réactif, Julien s’écrit “Ouais! Je me suis cru sur France 2 ! ” Le spectacle touche à sa fin et le groupe ne pouvait décemment pas nous quitter sans avoir interprété son premier titre à succès Tonight the devil is the Dj .  

On en retient un show visuel très bien orchestré, du bon son dans les oreilles et une envie de les revoir bientôt sur scène !

Auteur : Ottavia Marangoni

Photographe : Antony Chardon

Within Temptation @ Le Phare (Toulouse)

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22 Avril  2014 – La scène du Phare a ouvert ses portes au métal symphonique. Au programme les Néerlandais de Within Temptation à l’occasion du Hydra World Tour, précédés par Delain. Ces deux groupes aux influences similaires sévissent en Europe depuis plus de 15 ans.

Les lumières s’allument sur une scène au visuel gothique classique, larmes de sang et projection de flammes. Guitariste chevelu, le tout mis en avant par une chanteuse hyper lookée. Doté d’une grande volonté de faire réagir le public. Malgré ces quelque mots prononcés en français, la salle se traine.  Moulée dans un corset de cuir Charlotte Wessels, pousse sa voix mais l’acoustique de la salle ne lui fait pas honneur. Le jeu de lumière reste néanmoins efficace mais ne suffit pas à sauver le tout. Sander Zoer à la batterie tente de faire décoller l’ambiance et quelques mains s’élèvent. Les murs vibrent et on regrette vraiment le défaut de résonance de cette salle.

C’est face à un public relativement calme que le groupe principal de cette soirée fait son entrée sur Let us burn. Sharon Den Adel, majestueuse s’avance sur la scène, en terrain plus que conquis. Cette reine à la voix puissante envoie la sauce sur Paradise. La scène est ornée de la bannière du dernier album Hydra, sorti en Janvier 2014. Quelques cornes du diable se dessinent sur les mains tendues, la batterie tient un rythme entrainant et le public répète en coeur What about us !  Les fans de la première heure se font entendre et saluent leur idole d’une réelle ovation. La chanteuse s’écrie alors would you like to dance with me ? et une voix s’élève en retour : A poil !

Le jeu de lumière est hystérique et la salle semble s’être réchauffée. La voix de Sharon se montre à la fois douce et forte, et mélodieuse quand il le faut. On flotte alors dans une ambiance tamisée et violette, une myriade de briquets et téléphones portables s’allument sur le morceau plus tendre : Angels. La chanteuse semble vivre sa musique et ses paroles. Ces expressions nous portent et nous emportent. Parfaitement soutenue par les instruments, Sharon se révèle hypnotique, faisant de grands mouvements laissant flotter ses manches larges.

Tout doucement la soirée touche à sa fin et le groupe nous offre un rappel digne de ce nom, le show s’achève donc sur Ice Queen, ce fameux morceau qui avait révélé le groupe en France en 2005.

Auteur : Ottavia Marangoni

Photographe : Antony Chardon

As Animals @ Metronum (Toulouse)

As Animals

Samedi 17 mai. Dans une ambiance obscurcie la voix pure de Mesparrow retentie, dans cette salle du Metronum, qui, on ne cessera de le répéter, offre une acoustique parfaite. Les rythmes sonores s’alourdissent en cadence avec les lumières. Sample, pédale Loop et clavier, Mesparrow est seule sur scène, avec ses compositions en anglais. Puis vient le troisième morceau, interprété dans la langue de Molière car oui cet ovni luxuriant est bel et bien Français. Elle s’installe maintenant au piano, puis prend la parole pour se présenter et remercier le public de sa présence, et on s’étonne alors de sa voix si fluette. Les morceaux suivants sont plus jazzy, félins, elle joue de ses respirations, s’adonne même à du beatbox, toujours avec grâce. De sa voix douce et ténue qui peut très vite osciller, se faisant plus épaisse et feutrée similaire à celles des chanteuses de London Grammar ou Austra, elle interprète I Don’t Want To Grow Up, extrait de son dernier album Keep This Moment Alive, nous surprend aussi avec une reprise de Stand By Me de Ben E. King avant de nous transporter en forêt lors d’un interlude très expérimental.

La salle du Metronum reste encore très peu envahie. Les musiciens de As Animals sont désormais en place, le duo arrive. Fred accompagné de sa guitare électrique, qu’il inter-changera avec une acoustique au fil de la soirée, et Zara apparaissant dans une robe scindée noire et blanche la mettant très en valeur, se placent derrière les micros. Ils débutent le concert avec le titre As Animals. La puissante voix de Zara s’allie avec élégance aux tonalités pop des batterie, guitare, basse et synthé, accompagnée également d’une choriste. Les différents titres de leur album s’enchainent assez abruptement, sans aucune interactivité avec le public. Fred nous fera part du fait qu’il est “content de jouer ce soir dans cette nouvelle salle”, point. Et Zara prononcera un timide “Ça va ?” De ce lot d’interprétations, pour moi, se distinguent le morceau très animal Extraordinary Machine et It’s Like That aux influences trip hop.

Arrive le célèbre morceau I See Ghost, face à un public un peu décontenancé au moment du refrain, car Zara ne montera pas la note si émérite au morceau. Ils interprèteront ensuite une reprise de Stay de Rihanna, là encore nous auront uniquement droit à un “Vous avez reconnu ?” à la fin du titre. Puis vient le moment des présentations des membres du groupe et là encore : ça manque d’assurance. Les deux filles (Zara et la choriste) entonneront en duo By My Side. Puis c’est le titre Burn Like a Fire qui relayera.

Le rappel : nouvelle interprétation du titre I See Ghost, en acoustique cette fois et nous sommes à nouveau désappointés de ne pas entendre Zara monter la note. Il est maintenant l’heure pour le groupe de se réunir et de saluer son public.

En sortant du Métronum, ennuyée par ce concert dispensé par un groupe considéré comme révélation de l’année je suis au moins heureuse d’avoir découvert Mesparrow.

Auteur : Vanessa Eudeline

Photographe : Jérôme Jacques

Tristesse Contemporaine @ Connexion Live (Toulouse)

Tristesse Contemporaine

Jeudi 15 mai – Si ce soir la Tristesse envahit Toulouse elle sera Contemporaine ou ne sera pas. Le groupe joue sa première scène dans le sud de la France et c’est le Connexion Live qui les reçoit. C’est le groupe Toulousain April Fools qui se charge d’assurer la première partie. Le chanteur Laurent Erades accompagné de son batteur et de ses deux bassistes, nous livre les morceaux de son dernier album Everybody talk, à l’instar de Faye Dunaway ou The girl who fades qui transpirent le rock à l’état brut influencé par le post punk et la new wave des années 80 d’outre-Manche.

Un début de soirée qui a chauffé un public nombreux et enthousiaste, impatient de recevoir le trio cosmopolite qui prend enfin place sur scène (accompagné d’un batteur) : Leo à la guitare électrique, Narumi au synthé et Mike, camouflé de son masque d’âne, au chant. L’énergie brute et sombre du groupe, portée par le chant lascif teinté hip-hop de Mike enveloppe le Connexion au fil des titres tel que Waiting ou le pénétrant I do what I want, extraits de leur dernier album Stay Golden. Mike ne manquera pas de nous exprimer ses remerciements dans une langue différente après chacune de ses interprétations.

Les célèbres morceaux I didn’t know ou Daytime Nightime issus du précédent album, seront eux aussi entonnés ainsi que le très réussi Hell is other people accompagné de la voix de Narumi. Pour terminer, Mike nous averti et nous épargne le moment de départ qui annonce un rappel et enchaîne pour notre plus grand plaisir le brûlant Fire. Orchestration minimaliste, atmosphère hypnotique et neurasthénique, le Connexion sentait bon le Velvet ce soir, rien d’étonnant à ce que Tristesse Contemporaine ait choisi l’emblématique Andy Warhol pour illustrer son clip Waiting.

Auteur : Vanessa Eudeline

Crédit photo: Tristesse Contemporaine

Opium du Peuple @ La Dynamo (Toulouse)

Opium du Peuple

14 mai – Ce mercredi soir, le sanctuaire rock de Toulouse s’est embrasé pour la venue de la joyeuse troupe d’Opium Du Peuple. Mais avant cela, soirée débute gentiment avec Steamboat Woody, un jeune chanteur accompagné de son Banjo et de sa voix semblant venir tout droit du Far West. Il sera ensuite rejoint dans un premier temps par un musicien jouant avec un lavoir, des dés à coudre aux doigts et d’une cuillère. Puis arrivera un guitariste. Leur musique atypique me fait étrangement penser au célèbre et non moins culte film O’Brother !

Slobodan, accompagné de ses acolytes délirants équipés de basse, batterie, guitares et micro pour les Opiumettes arrivent enfin en force, avec une bonne humeur décapante. Le concept est simple ce soir, s’amuser, se lâcher et fredonner sans retenue les airs de la chanson française que nous connaissons tous. Le public, partagé entre fans de la première heure et curieux en quête de divertissement, tape des pieds et frappe des mains. Les sourires esquissés lors des premières notes deviennent des rires et la foule est conquise. On se surprend à secouer la tête sur une version rock métal du titre revenu tout droit des années 90.  Je te survivrai de Jean-Pierre François. Très théâtral, Slobodan se tortille et ne recule devant rien à part devant ses choristes désormais devenue les Opiumettes et bien déterminées a être reconnues au sein du groupe. C’est alors qu’en plein milieu du show on assiste, hébété, à une prise de pouvoir grandiose. Vêtue de pantalons militaires et armées de flingues les deux sexy (mais pas que) de la bande éjectent le chanteur de la scène. Elles se lancent dans une interprétation décalée et endiablée du titre populaire de Boris Vian, Fais moi mal Johnny ! Titre et clip phare du nouvel album, justement intitulé La révolte des Opiumettes. Les blagues vont bons trains entre le public et le chanteur, et la cohésion à l’intérieur même du groupe est palpable. Le batteur n’échappe pas aux blagues sur les roux ni à une mention spéciale du public pour son anniversaire tombé ce soir là.

Autant vous dire que la bonne humeur déborde et que le spectacle du chanteur vêtu d’une robe à paillettes affriolante, flingue sur la tempe, essayant désespérant de prononcer les premières paroles de Capris c’est finit, vaut le détour ! Les reprises sont enjouées et les musiciens assurent, le solo de batterie qui sert d’ouverture au titre de la compagnie créole est là pour le prouver. Un air de cornemuse résonne alors depuis les coulisses et entre Joe, dernières choriste recrutée. Le groupe nous offre alors une superbe version de Powow , Le lion est mort ce soir à la sauce irish punk ! Le show devient délirant, les musiciens font du sports sur scène,se vannent, tentent de dissimuler leur parties intimes mise à nue, le public hurle et se trémousse, une banane géante se balade de main en main et le tout se clôture sur une pyramide humaine réalisée par tout les membres du groupe. Encore ? Anti stress, anti cafard, cette troupe énergique et efficace est a découvrir !

La soirée se clôturera avec Merci Tarzan. Un groupe rock déjanté mené par 2 chanteurs et de leurs musiciens. Malheureusement pour eux, la salle s’est déjà vidé de moitié, cela ne les empêchera pas de donner tout ce qu’ils ont pour les personnes qui sont resté boire quelques derniers verres.

 

Auteur : Ottavia Marangoni

Photographe : Jérôme JACQUES

Chinese Man – Deluxe – Taiwan Mc & Guests @ Le Phare (Toulouse)

Chinese Man

2 Mai – A l’occasion de leur tournée nationale, The Ten Years Tours, le label Chinese Man Records est venu souffler ses 10 bougies au Phare de Tournefeuille.

Dans une salle plutôt bien remplie, le groupe de moustachu Deluxe a lancé la soirée devant un public impatient. La sauce bien festive a pris immédiatement. Composé de cinq musiciens à moustache et d’une chanteuse pétillante dont la voix suave s’accorde parfaitement avec la musique produite, le groupe nous a transmis toute son énergie. Ils se démarquent des groupes actuels par leur esprit ultra funky et leurs costumes décalés : Liliboy, la chanteuse, était habillée d’une belle grosse moustache en guise de jupe… Ils prennent du plaisir à être sur scène. On remarque les passages de Pépé, vêtu d’une veste à franges, qui surgit à plusieurs reprises de l’ombre, traversant la scène à vive allure tout en jouant de son saxophone. Pendant plus d’une heure, ils nous ont joués leurs plus gros titres comme Mr Chicken, My Game, Pony ou Family Show. Youthstar, Taiwan Mc et d’autre MCs sont venus agrémenter le show en combinant à merveille leur flow sur le son de Deluxe.

Après une courte pause, dans une salle bien réchauffée par Deluxe, les membres de Chinese Man ont pris la relève sur scène. Les trois Dj, Sly, Zé Matéo et High Ku ont parfaitement géré l’intensité avec une soirée qui est montée crescendo. Les MC’s, jamais trop présents, n’ont pas cassé le rythme en permettant aux dj’s de mener le jeu. Leur scène était habillée d’écrans ainsi que de jeux de lumières savamment orchestré dynamisant le spectacle. On note d’ailleurs un petit clin d’œil à Tumi, un Mc malheureusement présent que sur les écrans ce soir, avec le mix de Once Upon a Time. C’est un véritable voyage musical qui nous a été offert : Chinese Man nous a fait traverser les frontières de tous les continents en mixant ses samples aux sonorités africaines, asiatiques, ou latines. Sur Miss Chang, Chinese Man épaulé de Taiwan Mc nous met une session avec des basses bien lourdes, un beat hip hop assourdissant et un flow percutant. Ils n’ont pas oublié leurs classiques : que ce soit sur le retentissant Washington Square ou le fameux Get Up. Et forcément, lorsque l’indémodable Pudding à l’Arsenic des célèbres gaulois ou un Artichaut typiquement jazzy se fait entendre, le public jump.

Sur la fin, Deluxe est revenu sur scène aux cotés de Chinese Man pour un bouquet final saisissant. Avec tout les Mcs, ils devaient être une bonne douzaine sur scène : un gros bordel organisé. I’ve Got That Thune s’est joué dans un fracas sonore, martelé par les MC’s. Au finish, c’est une grosse claque musicale qu’on se prend.

Et surtout n’oubliez pas : « si Deluxe vous a plu, revenez moustachu ! », « Restez zen, mangez des nems ! »

Auteur : Philippe Jestin

Photographe : Jérôme Jacques

 

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