Category: France

Obituary @ Le Metronum (Toulouse)

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28 janvier 2015 – C’est une nouvelle année qui commence pour SPM Prod et elle démarre sur les chapeaux de roue avec une très belle affiche. A l’occasion de la tournée Inked In Blood 2015, le célèbre groupe de death  metal Obituary s’est invité au Metronum en compagnie de M :Pire Of Evil, Dust Bolt et Rotting Repugnancy. Malgré cette programmation de dingue, lorsque les portes s’ouvrent, la salle est bien vide.

C’est vers 19h30 que les anglais de Rotting Repugnancy font leur apparition sur scène. Ce groupe de brutal death vient, ce soir, défendre un deuxième album fraîchement sorti : The Path Of The Diminished. Le chanteur Iain Muir débarque le torse nu et bombé, exhibant ses tatouages et son regard noir,  j’ai cru qu’il allait nous faire le Haka le gars ! Que nenni, il nous balance alors un growl bien grave et fait preuve d’un belle présence scénique, à fond dans son personnage. Techniquement, rien d’exceptionnel à mon goût, Harry semblait peiner à la guitare, notamment sur Reing Of Suffering. Mike (jolie la basse pleine de cordes, mais c’est mieux quand on s’en sert) et Tom à la batterie semblent un poil plus enthousiastes. Le public est ma foi bien mou. Une première partie qui passe bien, avec le titre When Angels Fall plutôt sympathique,  mais j’attendais tout de même le groupe suivant avec impatience !

Hop hop hop changement de plateau pendant que le Metronum se rempli un peu. Les bannières du dernier opus de Dust Bolt : Awake the Riot, sorti en mai 2014, sont installées. Je suis ici pour Obituary mais aussi pour ce jeune groupe de Thrash allemand (actif depuis 2010) que j’écoute en boucle sur CD. 20h20 nous sommes replongés dans le noir. Je trépigne lorsque j’entends les premières notes de Soul Erazor…et bim ! Les thrasheux arrivent en trombe et vont mettre tout le monde d’accord.  Lenny pousse alors son cri thrash puissant et, durant tout le set il va gérer aussi bien le chant, la guitare et son rôle de show-man. Yaaaaa ! Les morceaux vont s’enchaîner à vitesse grand V, Awake the Riot, Violent Demolition, Beneath the Earth… Ca blast à la batterie avec Nico aussi performant que souriant. Sur le devant de la scène Bene à la basse est hyperactif, c’est dingue il ne tient pas en place, il court dans tous les sens plaçant un petit coup de headbanging par ci par là. Flo n’est pas en reste et nous balance ses riffs avec fougue. Dans le public ça y est c’est parti, Dust Bolt sait comment mettre le feu ! Pogo, circle pit, headbang c’est la fiesta, et ça fait du bien. Niveau light, ça clignote au rythme de la musique on en prend plein la vue et plein les oreilles. Les 4 gaillards prennent leur pied ça se voit (et moi aussi !), ils ne lésineront pas non plus sur la communication invitant les metalheads à s’agiter dans le pit. Toxic Attack et la fameuse Agent Thrash clôtureront ce show de folie ! J’attendais beaucoup et je suis plus que conquise, performance de 45 minutes qui aura largement convaincu les plus réticents ainsi que ceux qui découvraient le groupe. Quelle claque ! A revoir très vite.

Un petit break histoire de prendre un peu l’air et de se reposer la nuque avant l’arrivée de M :Pire Of Evil. Ce groupe de heavy est formé en 2010 par le guitariste Mantas (célèbre fondateur de Venom) ainsi que Tony Dolan (chanteur et bassiste de Venom pendant 4 ans). Ils sont accompagnés par Marc Jackson à la batterie depuis 2012. Extinction des lumières vers 21h15 le trio prend place et démarre avec Demone. Die Hard, Hellspawn, Don ‘t burn the Witch, la voix rock & roll de Tony est impeccable. Mantas ne fait qu’un avec sa guitare, technique et précision, un vrai bonheur auditif, d’autant plus que ce soir, le son est vraiment au top. Dans la salle l’ambiance est plus calme, il faut dire qu’après la tornade Dust Bolt, passer à du heavy, même extrême , c’est plutôt reposant. Les anglais vont jouer de nombreuses reprises de Venom comme Blackened Are the Priest, Carnivorous ou encore le titre phare Black Metal que le public reprendra en cœur. Marc assure carrément derrière ses fûts, il y va franco c’est propre et ça rock ! L’atmosphère se veut dark chez M :Pire Of Evil, clous, sang, 666, fumée et lumière oscillant entre rouge, bleu et vert, tout y est. Welcome to Hell , Dolan nous le rappellera lors de ses interventions. Un chouette final sur Countess Bathory sonnera la fin de la performance. Rien à redire, c’était bon et voir des grands messieurs comme ça c’est toujours appréciable.

Dernière modification sur scène, place au décor d’Obituary avec la pochette de leur excellent dernier album Inked In Blood en backdrop. J’avais vu le groupe cet été à l’Xtremefest (vous pouvez retrouver le report) et j’avais adoré leur show, c’est donc ravie que je les retrouve ce soir. Ce groupe américain a été fondé en 84 par les frères Tardy et fait partie des précurseurs du death metal avec 10 albums studio à leur actif. 22h30 on passe aux choses sérieuses, une courte intro permet aux musiciens de prendre place, puis, c’est Centueries of Lies qui résonne entre les murs du Metronum. Visions In My Head, Infected, Intoxicad, Bloodsoaked, c’est parti pour un enchaînement de tubes. Dans la salle c’est instantané, dès la première chanson tout le public s’agite et crie, on repart pour une série de headbang et circle pit. John Tardy s’impose, comme toujours, avec sa voix caverneuse et puissante ainsi que son charisme indiscutable. Encore une fois je dis waouw ! Son frère Donald, assène ses coups de baguettes avec force et fait chauffer la double pédale…Tacatacatac tacatacatac… Trevor et Terry, respectivement à la guitare et à la basse sont discrets mais néanmoins efficaces, les riffs sont à la fois lourds et mélodiques. Quant à Kenny Andrews, guitariste présent depuis 2012, on sent qu’il est vraiment content d’être là, le sourire aux lèvres. Le réglage sonore est vraiment parfait et c’est un vrai régal d’entendre ‘Til Death, Violence, Dead Silence sonner avec autant de netteté. L’ambiance est carrément au top, c’est chaud bouillant. Le groupe s’en ira pour mieux revenir. Le set durera encore le temps de quatre morceaux Back on Top ,I’m in Pain ,Inked In Blood et Slowly We Rot. Une prestation sans faille, Obituary nous aura encore servi un concert de grande qualité aussi bien scénique que musicale.

La soirée s’achève donc, la saison métallique toulousaine s’ouvre sur un show proche de la perfection, un fucking moment de pur plaisir. Merci à SPM et au Metronum et aux quatre groupes. Un petit coup de cÅ“ur pour Dust Bolt qui promet d’aller loin et qui a vraiment tout déchiré, on remercie le groupe ainsi que Mr John Tardy pour leur disponibilité.

Auteur: Fanny Dudognon

Crédit photo: Archives Thorium XtremeFest 2014

En entrevue: Clutch @ Hellfest (France)

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Le groupe stoner rock Clutch était de passage au Hellfest Open Air Festival pour présenter au public français leur spectacle à haute énergie. Nous avons rencontré Neil Fallon, le chanteur du groupe, pour discuter de son processus de création, le plus récent album Earth Rocker et les différences entre les événements européens et nord-américains. Il nous a également révélé quelques détails sur le nouveau matériel sur lequel le groupe travaille actuellement.

Retrouvez le live report de leur passage au Hellfest Open Air Festival. 

Entrevue par : Philippe Mandeville

Vidéo et montage par : Antony Chardon

Sabaton @ Le Bikini (Toulouse)

Sabaton

11 décembre 2014 – Le public toulousain s’est rassemblé en nombre pour assister à la dernière date “métallique” de l’année 2014 au Bikini. Le trio Týr, Korpiklaani et Sabaton promet une soirée sous le signe de la convivialité, un parfait combo pour se mettre dans l’ambiance des fêtes de fin d’année. 2014 fut riche en concerts et, pour cet ultime show, la salle mythique toulousaine se verra envahir par environ 1200 metalheads (jeunes et moins jeunes).

Ouverture des portes à 19h30, c’est seulement 20 minutes plus tard que les 4 membres de Týr débarquent sur la scène du Bikini, qu’ils avaient déjà foulé en octobre 2014 aux côtés de Finntroll lors de la sortie de leur 7ème album Valkyrja. Ce groupe de folk/viking metal formé en 1998 est originaire des Iles Féroé et crée en s’inspirant de la mythologie nordique ainsi que de la musique traditionnelle de leurs îles. Pas de grosse surprise quant à leur prestation, fidèles à eux-mêmes les vikings assurent un spectacle propre tout en sobriété. En effet, Heri et Terji ne sont pas très démonstratifs mais leur charisme et leur professionnalisme suffisent à convaincre le public qui lui, est déjà bouillant. Ils enchaîneront les titres tels que : Blood Of Heroes, Hold The Heathen Hammer High, Grindavisan… Le son est très propre et le jeu de lumières toujours aussi beau. Gunnar, comme à son habitude nous gratifie de son sourire du début à la fin, sautillant de chaque côté de la scène : happy le mec ! (je me demande ce qu’il consomme…). Kari assure comme un chef derrière sa batterie. Dans la salle ça s’échauffe, circle pit et headbang pour bien commencer la soirée.  Týr nous offre Lady of the Slain et Shadow of the Swastika en guise de dessert, une prestation de 40 minutes durant laquelle le groupe aura brillé par sa justesse.

Après un bref changement de décor, c’est à 20h45 que Korpiklaani fait son entrée. On ne présente plus les finlandais, les rois du metal folk, qui nous rendent visite pour la troisième fois en cinq ans. Une fois de plus, les fans sont au rendez-vous, impatients de festoyer sur les plus gros tubes du groupe. Le set démarre sur Tuonelan Tuvilla, un morceau qui plonge le Bikini directement dans l’ambiance. Le sextuor est en grande forme et nous balance un flot d’énergie impressionnant qui va se propager dans toute la salle. Ruumiinmultaa,  plus dansant met le violon et l’accordéon en valeur et nous permet d’apprécier la qualité sonore (on est bien loin de la prestation réalisée au Phare en 2010). Jonne toujours coiffé de ses dreads s’éclate sur scène, il semble vraiment heureux d’être là et ça fait plaisir à voir. Tous les musiciens se donnent à fond, accoutrés de tenues plus farfelues les unes que les autres, un ensemble aussi folklo pour les yeux que pour les oreilles. Le public est en transe, tout le monde saute, chante, danse et les slammers ne manquent pas. Metsämies, Juodaan viinaa, Petoelaimen Kuola, tout ça file à vive allure. C’est ensuite la tant attendue Vodka qui va finir d’embraser Le Bikini, le refrain est repris en cœur par la foule complètement exaltée ! Ca remue dans tous les sens, c’est comme ça qu’on fait du sport chez nous ! Korpiklaani nous offre un final endiablé avec Rauta. Un set de seulement 40 minutes passé bien trop vite mais d’une qualité et d’une intensité remarquable, pour moi leur meilleur show parmi les 5 que j’ai eu l’occasion de voir. Bravo et merci pour cette ambiance de folie.

La scène se voit transformée par le décor imposant de Sabaton, les suédois ne font pas les choses à moitié : backdrop aux couleurs de leur 7ème album Heroes sorti cette année,  batterie posée sur un tank ainsi que tous les accessoires de la parfaite panoplie militaire (Mince je suis venue voir Les Village People ?). C’est aux alentours de 21h50 que The Final Countdown retentit (Ah non je suis venue voir Europe en fait ?) reprise en cÅ“ur par la quasi-totalité des spectateurs.  Enfin, la salle est plongée dans le noir et le groupe fait son apparition sur l’intro The March to War suivie de Ghost Division. Le public qui est déjà chaud comme la braise, continuera sur cette lancée et sera en folie durant tout le concert. Joakim Brodén, en véritable showman, prend plaisir à communiquer avec ses fans, alliant humour et émotion (on n’oubliera pas que monsieur aura eu la chair de poule en réponse aux chaleureuses acclamations de la foule). Les morceaux se suivent : To Hell and Back, Carolus Rex, 40 :1, Goot Mit Uns… Malheureusement pour moi la soirée va s’achever rapidement à cause d’un choc à la tête causé par un slammer. J’aurais quand même eu le plaisir de voir mes potes faire leur human surfing, maintenant incontournable figure des concerts toulousains ! Notre cher Romain se verra d’ailleurs offrir les lunettes de Joakim suite à cette performance (et il n’en est pas peu fier !).  Une trentaine de minutes durant lesquelles  je n’ai pas pu apprécier le show, trop occupée à regarder ce que je risquais de me prendre sur la tête… et bim!

Ce concert a tout même remporté un franc succès, et nombreuses sont les personnes qui le citent comme leur meilleur concert de cette fin d’année. Pour ma part, Korpiklaani a vraiment assuré mais je suis loin d’avoir été transcendée, et au risque d’en décevoir certains, je trouve que Sabaton fait passer la mise en scène avant la musique, et je viens avant tout pour la musique. Bien évidemment j’apprécie les groupes qui savent communiquer avec le public et je remercie Týr, Korpiklaani et Sabaton qui, quoiqu’il en soit, ont tout donné ! Merci à Bleu Citron, au Bikini et à toutes les personnes présentent qui ont su retourner la salle (encore) !

Auteur: Fanny Dudognon

Photos: Jérôme Jacques

Frero Delavega @ Le Bikini (Toulouse)

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22 Janvier 2015 – Pour tous ceux qui se complaisent à fustiger les artistes issus de télé-crochet, il aurait été intéressant pour vous d’être présents au Bikini lors de ces 2 soirées du 21 et 22 Janvier dernier. Pourquoi? Tout simplement parce que ces 2 mecs là sont la preuve que l’on peut sortir de ce genre d’émission et avoir un réel talent.

Ce jeudi 22 Janvier, je me rends donc au Bikini pour découvrir sur scène les Frero Delavega, grands perdants de la dernière saison de The Voice au détriment de Kendji Girac. Il est environ 20h40 quand les lumières s’éteignent laissant place aux hurlements de bandes de copines venues en nombre. Quand les lumières se rallument, ils sont là, l’un en face de l’autre et entonne les premières notes de Il y a, une reprise de Vanessa Paradis. Les reprises de ce genre, à leur sauce, ils en ont fait leur marque de fabrique un peu à l’instar d’un Julien Doré capable de vous faire aimer les morceaux les plus kitchs. De Je ne veux pas travailler dans une version jazz à Foule sentimentale en passant par un détonant PIMP de 50 cent au cours duquel Jeremy et Flo vont s’aventurer à traverser la fosse au beau milieu de demoiselles totalement hystériques. Une chose est sure, ces 2 là peuvent tout chanter.

Mais leurs propres compositions n’ont pas été en reste au cours du show, tantôt à la guitare tantôt au ukulélé ils sont également revenus sur les titres de leur 1er album éponyme tel que Le chant des sirènes, Même si c’est très loin, Mon petit pays ou encore leur 1er single qui a fait leur succès Sweet darling. Le tout accompagné de seulement un contrebassiste, un guitariste et un batteur, c’est dans un décor singulier, une simple banquette avec coussin en hauteur de scène, qu’ils vont se donner pendant presque 2h avec beaucoup d’énergie et une très belle complicité entre eux. On voit tout de suite que ces deux là se connaissent depuis toujours et ils font plaisir à voir.

Vers 22h les Frero Delavega quittent la scène pour revenir quelques minutes plus tard directement dans la fosse pour le clou du spectacle. Au milieu de la foule, ils demandent à tout le monde bien vouloir s’assoir et surtout de faire le plus grand silence pour leur version de Caroline de Mc Solaar. Et c’est dans un silence de plomb, sans micro, juste guitare-voix qu’ils entonnent ce qui reste pour moi leur plus belle reprise, tellement différente de l’originale. Il est 22h30 quand Jeremy et Flo quittent la scène, pour de bon cette fois, laissant derrière eux un public conquis. Après le Métronum et deux Bikini à guichet fermé, il ne sera pas étonnant de les retrouver très bientôt dans un Zénith archi-comble.

Auteur: Elodie Gallenstein

Crédit photo : Frero Delavega

Nasser @ Le Metronum (Toulouse)

Nasser

5 décembre 2014 – La soirée démarre doucement avec le toulousain Zedrine qui nous livre une poésie très personnelle, un courant de spoken word accompagné par les arrangements électro d’Aurélien Calvo.

21h30, Undergang, alias Cedric, monte sur scène. Seul, il débute à la guitare électrique avant de passer à la batterie et d’enchainer sur les machines. Un one man band qui touche à tous les instruments et à toutes les musicalités, offrant un live aux influences rock, trip hop ou encore drum’n bass. Il nous scotche par tant d’hyperactivité musicale mais le public reste malgré tout très calme. Le set touchant à sa fin il se fait rejoindre par deux musiciens toulousains issus des groupes Naïve et Face B.

C’est seulement vers 23h que débute le live tant attendu du trio marseillais. Le lettrage Nasser habille l’arrière-plan de scène, dans une ambiance sombre et rouge l’instrumental électro de Enter The Z retentit. Simon est le premier à monter sur scène pour rejoindre le clavier suivi de Mathieu aux machines (qui remplace Romain sur les lives) et c’est enfin Nicolas qui rejoint la batterie. Le deuxième morceau interprété est The World Is Ours et le batteur entame le chant. Ce titre fait la part belle à la guitare électro dont s’est emparé Simon. A l’issue du morceau, Nicolas nous clame un détonnant “Bonsoir Toulouse”, ils enchaînent avec quelques titres extraits de #7  avant d’entamer le cuisant gimmick I’m A Man (qui s’est illustré quelques jours auparavant d’un clip aussi captivant qu’étrange, à travers les abysses de l’amour matériel, pour ceux qui ne l’ont pas vu : rattrapez-vous). Vers 23h45 Le Metronum prend enfin des allures de dancefloor sauvage et c’est la grosse éclate sur les morceaux tels que Comme On, Warning et Marseille and Anywhere. Ensuite les gars saluent le public et quittent la scène sur les mêmes notes qu’ils sont entrés (Enter The Z),  il est minuit. Quelques instants plus tard ils reviennent, Nicolas partage volontiers sa bouteille de Whisky avec le public qui tend ses verres mais la bouteille est vidée avant même la fin de la première rangée. Le rappel se fait avec Too Loud / Too Old et Retrosexual une quinzaine de minutes plus tard Nicolas qui a tout donné est en nage. Les lumières sont désormais rallumées, le public scande le même hymne qui résonne dans les stades “Et ils sont où les marseillais ?” et n’a pas l’air de vouloir en découdre. Les marseillais font honneur au public toulousain et reviennent, “un dernier morceau et au lit” nous dit Nicolas et c’est donc sur The League extrait là encore de l’opus #7 que s’achève la soirée.

Auteur : Vanessa Eudeline

Photographe : Antony Chardon

Patrice @ Le Bikini (Toulouse)

Patrice

10 décembre 2014 – En février dernier le concert de Patrice affichait complet, quelques mois plus tard, les toulousains sont encore nombreux à répondre présent pour cette deuxième date au Bikini.

Pour faire patienter tout ce beau monde c’est toujours la douce Noraa (produite par Patrice himself) qui déroule la première partie de sa voix soul. Elle ouvre donc le bal à 20h30, guitare sèche et pédale loop, il n’en faut pas plus à cette jeune artiste allemande d’origine tchadienne pour nous délivrer un pur (mais court, une toute petite demi-heure seulement) moment de grâce et d’authenticité musicale.

21h15, un son reggae de Bob Marley retentit (une des figures influentes de la musique de Patrice), les musiciens suivis de Patrice entrent en scène, rares sont les artistes qui nous font si peu attendre. L’arrière-scène est habillée d’un mur de cubes qui déploie soit un côté réfléchissant soit un écran de projection. Patrice porte une veste rouge qui s’accorde incontestablement bien avec sa guitare électrique, rouge elle aussi. Guitare qu’il échangera sur le deuxième titre contre une electro-acoustique noire, avant de s’en délester dès le morceau suivant pour embarquer le micro, s’emparer de l’espace scène et déjà faire jumper le public. L’enthousiasme qui envahit le public ne redescendra pas de tout le concert. Véritable show man monté sur ressorts -et à ce petit jeu là le bassiste n’est pas en reste- il interprète son dernier album The Rising Of The Son et puise dans son répertoire chevronné des titres plus anciens comme Sunshine ou Soulstorm, dont le refrain sera repris a capella par les spectateurs. Quant à moi, je me lamente de l’absence de Clouds ou Speeding Into The Dark. 22h40 il quitte la scène pendant que les musiciens terminent leur instrumental avant de réapparaître au sein de la fosse, pour le rappel. Bien sûr, parmi cette foule je peine à le voir mais il émergera très vite, sans doute surélevé par une paire d’épaules. Il entonne alors en français “Vous êtes fatigués” face à un public s’écriant aussitôt “On n’est pas fatigués”. Par la suite on lui amène son pied de micro et sa guitare pour l’interprétation de Kingfish, on envie alors l’emplacement ‘balcon’ mais il aura l’excellente initiative de faire asseoir la foule. Pour terminer il reviendra sur scène sous le rythme de percussions et tambours qui endiablent les corps, avant d’achever cette soirée en douceur avec Noraa revenue pour un duo. Il est maintenant l’heure de retoucher terre, après s’être imprégnés d’une belle énergie communicative, de celle que l’on baptise : good vibes.

Auteur : Vanessa Eudeline

Photographe : Jerome Jacques

Giedre / Oldelaf @ Salle Alizée (Toulouse)

Archive Giedre 2012

Archive Giedre 2012

11 décembre 2014 – Ce soir, c’est une affiche inédite que nous propose la salle Alizée de Muret dans le cadre de “La Dynamo prend l’air” en recevant 2 ovnis de la nouvelle scène française Giedre et Oldelaf.

En s’aventurant à un concert de Giedre il faut tout de même savoir où on met les pieds. Oubliez le politiquement correct, ce soir vous avez le droit de vous moquer des nains, des étrangers, des handicapés et même de faire une standing ovation pour les pédophiles. Voilà le décor est planté, alors vous entrez ? A peu prés 1000 personnes ont fait le déplacement ce soir, et il est environ 20h30 quand Giedre fait son entrée sur scène. Une scène à son image. Décalée. Ici se mêlent nains de jardin, animaux empaillés, poupée gonflable et même des capotes usagées au beau milieu de poupées décapitées. On vous avait prévenu. Au milieu de tout ce beau monde elle fait le show seule, s’accompagnant tantôt à la guitare, tantôt au synthétiseur. Avec sa voix d’ado et son look de matriochka on lui donnerait le bon Dieu sans confession, enfin, jusqu’à ce qu’elle ouvre la bouche. Là c’est parti pour 1h30 de pur délire avec ces titres les plus trashs tels que Ode à la contraception, L’amour en prison, Pisser debout ou encore La bande à Jacky, le tout repris en cÅ“ur par tout le public, on se croirait dans la 4ème dimension.  Ce soir nous auront appris des choses avec elle, comme par exemple : qu’avec ses mains lors des concerts on n’est pas obligé de faire que des cÅ“urs, on peut également faire des anus, que Giedre ne fait pas des tournées mais des tournantes et que lors de ses shows elle n’a qu’une seule requête : que les moches soient placés au fond… même si ce soir cela n’a malheureusement pas été respecté. Elle demandera d’ailleurs au responsable lumière d’augmenter la puissance des projecteurs afin d’être aveuglée au maximum. Oui elle est comme ça Giedre, elle sait parler à son public. 21h45, avant de quitter la scène elle nous remercie à sa façon en s’écriant “c’est trop cool que ce soit vous qui soyez venus et pas des gros connards”. On le prend bien du coup. Le public l’acclame pour un rappel et elle ne se fait pas prier pour terminer sur une chanson qui rassemble tout le monde On fait tous caca. 21h55 cette fois c’est la fin, j’avoue j’en aurais voulu encore mais il faut céder la place.

En deuxième partie de soirée, c’est Oldelaf et ses musiciens qui investissent les lieux. Le genre est différent mais tout aussi drôle. Muni d’un ukulélé ou d’une guitare, il aime traiter du quotidien avec un regard désabusé et ironique. Raoul le pitubull, La tristitude, Le monde est beau, La peine de mort, il enchaine anciens et nouveaux titres et ne tarde pas à mettre le public en liesse. C’est avec une belle énergie, un humour grinçant et des jeux de mots tous plus recherchés les uns que les autres qu’il va tenir en haleine un public conquis pendant plus d’1h30. Nous aurons même droit à un duo inédit entre les 2 têtes d’affiche de la soirée histoire de terminer en beauté. Il est environ minuit quand Oldelaf et sa troupe quittent la scène.

Un grand merci à ces 2 artistes pour cette soirée placée sous le signe de la finesse et la poésie… à leur façon !

Auteur : Elodie Gallenstein

Photos : Antony Chardon (Archive Thorium Magazine)

Aborted @ Le Metronum (Toulouse)

Archive Aborted X-trem Fest 2014

Mercredi 10 décembre 2014 – Dernier concert de l’année 2014 pour SPM Prod après l’excellent show de Kreator/Arch Enemy la semaine précédente, ce soir nous avons droit à une affiche défouloir 100%  brutale. Aborted nous vient en compagnie d’Origin, d’Exhumed  et de Miasmal. Ouverture des portes à 19h30.

Le Metronum est quasiment vide lorsque les suédois de Miasmal montent sur scène à 19h45. Le groupe, né d’une union entre punks et métalleux, s’est formé en 2007 et compose un death metal qu’il veut authentique. Leur quatrième réalisation, Cursed Redeemer, est sortie cette année.  Pas simple pour Miasmal d’ouvrir les hostilités face à ce public très peu nombreux qui va cependant les encourager. Pontus qui se sert de sa bedaine pour porter sa guitare,  nous livre son chant éraillé caché derrière ses cheveux. Magnus, le guitariste, restera assez statique durant toute la prestation. Björn à la batterie et Ruben à la basse sont un peu plus présents, le bassiste essayera de chauffer un peu la salle. Leur set est de bonne qualité, du death qui groove, avec des titres comme Whisky Train. On notera aussi leur look atypique, un chanteur death looké stoner qui semble avoir emprunté la veste de sa petite sœur et la coupe de cousin machin. Un bassiste qui paraît appartenir à un groupe de thrash des années 80, étrange ! Heureusement le son primera sur le visuel, plutôt cool comme première partie.

C’est un peu avant 20h30 qu’Exhumed prendra le relais. Ce groupe américain qui mélange death metal et grindcore existe depuis le début des années 90, on peut reconnaître des influences old school telles que Entombed ou Carcass . Le fondateur, Matt Harvey assure encore aujourd’hui le chant et la guitare en compagnie de Michael Hamilton à la batterie, Bud Burke à la guitare (ancien bassiste) et Matt Ferri à la basse depuis cette année. Leur dernier album Necrocracy a vu le jour en 2013, ils étaient déjà venu le défendre à Toulouse cette même année. Ils assurent le show musical et visuel, leur fidèle boucher/chirurgien viendra agrémenter le spectacle brandissant sa tronçonneuse au dessus de nos têtes. Exhumed arrive en force servant une entrée qui mettra tout le monde d’accord sur Necromaniac. Du gros bourrin, normal quoi ! Bud et Matt Ferri doubleront le chant caverneux de Mr Harvey de leur beuglements. Michael assène des coups de double avec hargne sur Coins Upon The Eyes. Nous aurons le droit à du glamour aussi ! Le boucher va gaver Bud d’un breuvage inconnu que celui-ci va débagouler sur le bord de la scène avec classe, puis reviendra clôturer le show. Le set s’achève sur les dernières notes de As Hammer To Anvil, pendant que l’autre barge récupère une tête dans un micro-onde maculé de sang. Pas de chance pour la jeune fille qui s’est faite arroser par l’intégralité du jus écœurant contenu dans cette caboche en plastique. Un spectacle de fêlés et du bon son, le public applaudit chaleureusement cette prestation réussie.

On ne traîne pas, hop hop, c’est maintenant au tour d’Origin d’investir les planches du Metronum. Formé en 1997 au Kanxas, ce groupe de death métal technique n’en n’est pas non plus à son premier passage à Toulouse. Origin revient cette année à l’occasion de la sortie d’un nouvel opus : Omnipresent. Ils débarquent à 21h20 sous les acclamations du public. C’est avec Reciprocal et Expulsion Of Fury qu’ils commencent leur set. Côté brutalité on est servi ! Ca fait très mal, techniquement c’est juste impressionnant. Mike Flores manie sa basse comme personne faisant preuve d’une vitesse incroyable, il va bluffer tout le monde . John frappe ses fûts avec décontraction, on sent la maîtrise parfaite du blast. Paul nous offre une vraie leçon de guitare, alliant riffs irascibles et habileté. Jason Keyser donne tout au chant, une voix sépulcrale qui vient des tripes. Paul et Mike gèrent également les choeurs, mugissements, égorgements…c’est virulent. Niveau ambiance, c’est l’anarchie, le chanteur attrape les gens (timides) du premier rang pour les faire monter sur scène. Les plus courageux resteront un moment pour une session de headbanging. Les 200 personnes présentes sont loin de remplir la salle alors pour les slams, ce soir on innove. On forme des wagons pour accueillir les slammeurs qui se feront balader dans la fosse. Nous aurons aussi l’un des plus petits wall of death jamais vu à Toulouse. Neuf titres seront joués, environ 45 minutes de pure violence. Un show ultra puissant et technique qui vous coupe le souffle. Une gifle ? C’est presque un euphémisme… Par contre, les lumières vraiment …. insupportables !!!!!!!!!!!!!!!

22h00, changement de plateau pour la venue du groupe de brutal death Aborted. Le beau décor est installé : back drop aux couleurs de leur  dernier album  The Necrotic Manifesto, bannières portant les inscriptions : Raise The Dead et Kill The Living, batterie surélevée, machine à fumée et rampes de spots. Les belges ont sorti le grand jeu et grimpent sur scène à 22h20. Je ne suis pas friande de brutal death mais leur passage à l’XtremeFest en août dernier m’avait conquise, je suis donc contente de les revoir. Le show sera assez semblable, une belle énergie et une excellente communication avec le public, qui d’ailleurs s’éclate. Sven assure avec son growl et ses headbang sur des morceaux comme Dead Wreckoning, Necrotic Manifesto, Fecal Forgery… Les deux guitaristes, Danny et Mendel se partagent les riffs et la scène avec le sourire. JB est également en forme, faisant tournoyer sa chevelure à tout va en même temps qu’il fait vrombir sa basse. Ken est toujours aussi impressionnant,  avec ses petites lunettes d’intello, c’est un batteur extraordinaire. Il sait envoyer du groove, du blast, sa technique est parfaite !Le spectacle sera enrichi par les exploits d’un petit blondinet de même pas 10 ans qui viendra à maintes reprises faire du headbanging et sauter en compagnie du groupe et même s’offrir un petit slam. La relève est assurée. Durant tout le set Aborted se donnera à fond, du brutal mais un peu de mélodie quand même, c’est aussi pour ça que j’aime ce groupe. Bravo c’est top.

Pour SPM Prod 2014 s’achève avec un concert où la brutalité et la convivialité étaient au rendez-vous. Le seul bémol pour moi c’est l’assommant show lumineux qui était quasi aveuglant. Une belle façon de clôturer cette riche année, pleine de concerts inoubliables. Merci SPM et vivement 2015. Bonne fêtes à tous. (Vous pouvez déjà demander au Papa Noël des places pour vos prochains concerts).

Auteur: Fanny Dudognon

Photo: Archive XtremeFest 2014

Epica @ Le Bikini (Toulouse)

Epica

3 décembre 2014 – Après l’énorme claque prise le 1er décembre  avec Arch Enemy / Kreator  (SPM Prod), nous voici de retour au Bikini. Même endroit certes, mais style et public complètement différents. En effet, c’est une affiche quelque peu étrange regroupant Dagoba, DragonForce et Epica, qui nous est proposée. Un choix audacieux qui permet toutefois d’attirer un public plus large et d’éviter la redondance. Le froid et la pluie n’auront cependant pas dissuadé les gens et, d’heures en heures, la file s’agrandie. Il est rare de voir du monde avant 18h30 mais les groupes comme Epica font toujours salle comble à Toulouse, ce soir la règle ne sera aucunement transgressée.

Les portes s’ouvrent vers 19h00 et c’est très rapidement que Dagoba monte sur scène. Leur musique est un mélange de death metal, de metalcore et d’indus qui ne me sied guère en CD mais le groupe a toujours su me convaincre en live. Les marseillais écument les salles et festivals depuis plus de 15 ans et ont la réputation d’enflammer le pit. On se souvient encore de leur superbe prestation au Hellfest cette année qui aura même engendré en CD/DVD live : Hellfest MMXIV. Encore une fois, ils sont en forme et vont déployer une immense énergie en dépit d’un espace réduit et surtout d’un très court set de 30 minutes. Franky, derrière sa batterie, nous démontre une fois de plus son talent, toujours aussi impressionnant, et avec le sourire ! Shawter assure au chant et tente de chauffer la salle. Malheureusement, la sauce ne prend qu’à moitié, les fans d’Epica n’ont clairement pas l’habitude des wall of death et autres cicles pit. Dommage car le public toulousain est passé pro en la matière. Zed et Werther, respectivement à la guitare et à la basse essayeront aussi d’apprivoiser la foule. Dagoba nous livrera 6 titres dont I, Reptile, The Man You’re Not et The White Guy. Située à l’extrème gauche de la barrière, je n’ai pas autant souffert des problèmes de son que certains. En revanche le jeu de lumière était déplorable ! Par pitié arrêtez de nous aveugler avec des stroboscopes ! Le Bikini nous a habitué à mieux. Bravo au quatuor qui ne s’est tout de même pas démonté.

C’est vers 20h15 que DragonForce prendra le relais après un changement de décor. Inspiré par l’univers fantasy et les jeux vidéo, le groupe de power metal a sorti cette année son 6ème opus : Maximum Overload. Le set démarre fort avec la célèbre Fury of the Storm suivie de Three Hammers et The Game. Herman Li et Sam Totman, qui s’affrontent en un duel comique, impressionnent par leur dextérité. A les voir ça semble si simple de jouer les « Guitar Hero » ! Vadim Pruzhanov, le claviériste et clown du groupe s’agite et saute dans tous les sens, amusant la galerie. Fred Leclercq, le frenchy de la bande, qui gère la basse, nous gratifie de son plus beau sourire et se charge des transitions en français bien sur. Gee Anzalone, le batteur fraîchement arrivé dans le groupe n’est pas en reste et assure comme un chef. C’est une véritable démonstration technique, doublée d’une présence scénique indéniable que nous offre DragonForce. Marc Hudson assure également le show mais sa voix acérée est parfois imperceptible. Et c’est là que l’ont se demande ce qu’il se passe ce soir, le son est encore mauvais. Ce power metal ultra technique nécessite un mixage parfait pour être apprécié à sa juste valeur. Moi qui écoutais les anglais en boucle autrefois et qui me réjouissais de les voir enfin sur scène, ce soir je n’ai pas réussi à rentrer dans le show. Je pense ne pas être la seule étant donné le calme qui régnait au sein du public. Ne parlons pas des lumières…quasi impossible de fixer la scène plus de 30 secondes sans se prendre un flash en pleine tête. On frôlait la crise d’épilepsie ! Le groupe achève sa prestation sur Valley of The Damned et Through The Fire and Flames, un final qui aurait pu être grandiose si les réglages avaient été bons… Quel dommage, surtout quand  on voit à quel point le groupe s’est donné pendant ces 45 minutes.

Epica est de retour et le public semble impatient. Le groupe de métal symphonique qui existe depuis 2002 est habitué à jouer dans la ville rose, les hollandais nous rendent visite environ tous les deux ans, ils sont rodés et nous aussi. Nombreux avaient été déçus de leur dernière venue au Bikini et de l’album Requiem for the Indifferent. Epica n’a cependant pas dit son dernier mot et nous revient pour défendre le dernier et très bel album, The Quantum Enigma sorti cette année. 21h30, Le Bikini s’assombri, la scène s’illumine et c’est sur la magnifique intro Originem qu’apparaissent les silhouettes des membres du groupe. Simone, plus rayonnante que jamais, va nous offrir une jolie prestation et, malgré le problème de son, de mon côté j’ai pu apprécier la justesse et la qualité de sa voix. Les garçons sont en grand forme également. Mark Jansen souriant comme toujours, armé de sa guitare, assure ses parties vocales, et il est clair que son chant se bonifie avec le temps. Il nous le prouve dès The Second Stone. Isaac se promène avec sa guitare, gérant technique et prestation scénique, c’est aussi le cas de Rob à la basse. La scène est équipée d’estrades qui permettent aux musiciens de se partager l’espace à part égale. Coen fait l’andouille derrière son clavier,  s’équipant  par moment de son curveboard piano pour se mettre en avant aux côtés de ses confrères, leur complicité fait plaisir à voir. Ariën, plus discret derrière ses fûts n’en n’est pas moins efficace, variant les rythmes avec aisance il nous jouera un très sympathique solo.  Le show lumineux est enfin à la hauteur de mes attentes, travaillé avec soin il met parfaitement la scène et le groupe en valeur. Ca fait plaisir !  Epica nous sert une belle set list : The Essence of Silence, Storm of The Sorrow, Chemical Insomnia… et certains titres magiques comme Unleashed, The Obsessive Devotion ou encore Design Your Universe. Côté audience, c’était relativement calme malgré les applaudissements et les « Epica, Epica, Epica » maintes fois chantonnés qui auront d’ailleurs amusé la chanteuse. Simone et Mark semblent tout de même prendre du plaisir à partager avec le public toulousain et le groupe aura donné le meilleur ce soir. Epica reviendra pour un rappel chaudement acclamé, 3 titres dont Consign To Oblivion, un très bon choix qui clôture parfaitement le set vers 23h30.

Avis mitigé donc, les trois groupes ont géré, mais son et lumières ont été très décevants. Heureusement la performance lumineuse durant Epica était irréprochable. Les toulousains font la fine bouche, on leur sert de tels shows de qualité, que la moindre erreur est impardonnable… C’est vrai qu’après des concerts d’exception comme Accept, Saxon, Kreator on peut se montrer difficile.
La faute n’est cependant pas aux groupes alors merci à Dagoba, DragonForce et Epica. Et un grand merci à Hervé, Mark Jansen et sa bande pour l’accueil après le concert et leur immense gentillesse.

Auteur: Fanny Dudognon

Photo: Antony Chardon

Kreator + Arch Enemy @ Le Bikini (Toulouse)

Arch Enemy

01 décembre 2014 – Nous attaquons le dernier mois de l’année avec une double affiche décoiffante : Arch Enemy/ Kreator. Les deux groupes seront accompagnés de Drone ainsi que de Slamdown. SPM Prod nous en a fait voir de toutes les couleurs en 2014, en ce 1er décembre, pas question de déroger à la règle. On se retrouve donc au Bikini pour l’ouverture des portes à 18h30.

Il est tôt et le Bikini est encore un peu vide, mais pas le temps de traîner, à 18h40 Slamdown monte sur scène. Originaire de Cologne, le groupe existe depuis 2012. Inspirés par divers courants musicaux les allemands produisent un metal unissant death mélo, riffs thrash et groovy usant parfois de quelques sonorités hardcore. Ils ont pour le moment réalisé trois démos et nous en découvrirons quelques morceaux ce soir à l’instar de  Hell or High Water et Zombie.  Sur scène, ils envoient une bonne énergie, Malte à la guitare et Kevin à la basse occupent bien la scène. Michael alterne voix claire et voix gueulée, ça manque de coffre et certaines parties sonnent malheureusement faux. Rien à redire sur Jason à la batterie qui assure son rôle sans plus ni moins. Pas évident d’ouvrir lors d’un tel concert, le groupe est jeune et a sans doute besoin de plus d’expérience pour me convaincre…ou pas.

Quelques minutes à peine s’écoulent avant que Drone ne prenne le relais à 19h. Le groupe a sorti son 4ème album DRONE en avril dernier à l’occasion de sa 10éme année d’existence. Pour moi et beaucoup d’autres, c’est une vraie bonne découverte ! Leur musique n’est pas sans rappeler les groupes américains tels que Machine Head , Lamb of God, Fear Factory ou même Trivium: du bon groove metal bien thrashy. Le groupe va investir la scène du Bikini et nous offrir une excellente prestation. Moritz Hempel s’impose avec sa voix rauque, son look grunge et sa belle présence scénique. Ils joueront essentiellement des titres de leur opus de 2012 : For Torch And Crown comme Deepest Red ou Making Believe. Les trois musiciens assurent également, Fabian à la basse, Marcelo à la guitare et Felix derrière les futs. Riffs lourds et groovy , refrains efficients et investissement, un combo convainquant qui aura permis de réveiller le public et de nous mettre en jambes pour la suite. Une trentaine de minutes passée à vitesse grand V, ils peuvent revenir, les toulousains ont largement apprécié le metal puissant et efficace de Drone.

Les équipes s’activent pour changer le décor avant l’arrivée du groupe de death mélo Arch Enemy. Créée il y a presque 20 ans par Michael Amott, la formation a connu de nombreux changements et 2014 n’est pas en reste. Angela Gossow, qui officiait depuis 2001 en tant que chanteuse et icône du groupe décide de céder sa place afin de se consacrer au management. C’est la québécoise Alissa White-Gluz (The Agonist) qui devient sa remplaçante. Une grosse modification qui se voit doublée du départ de Nick Cordle (à la guitare depuis 2012) à quelques jours de la tournée EU, Christopher Amott reviendra succinctement pour assurer les dernières dates aux USA. Enfin, Arch Enemy annonce la prise de poste par Jeff Loomis qui brillait auparavant au sein de Nevermore. Le groupe nous rend donc visite avec du sang neuf et un nouvel album, War Eternal, à défendre. Le public les attend de pied ferme, curieux de voir la nouvelle formation à l’œuvre. 19h50 les lumières s’éteignent. Les musiciens se mettent en place sur l’intro du dernier opus et attaquent en force avec son titre éponyme. Alissa qui alimentait de débat quant à ses capacités vocales ne va pas décevoir. En effet, la jeunette a tout pour elle, jolie, elle se débrouille aussi bien sur les morceaux récents que sur les anciens et fait preuve d’une présence incroyable. Mr Amott nous a déjà offert de meilleures prestations, ce soir il semble ailleurs même si techniquement son jeu est irréprochable. Heureusement le reste du groupe est au top, Daniel est toujours aussi efficace derrière sa batterie, il nous assène de coups de double pédale, ça envoie ! Sharlee, bien que réservé, assure à la basse avec le sourire, quant à Jeff, il est juste brillant! Il a su s’imprégner des morceaux en un temps record et nous délivrer un set impeccable ! Le son était un peu trop fort et le set bien trop court. Une heure durant laquelle les titres : Ravenous, My Apocalyspe, Under Black Flags We March, No Gods/No Masters…se suivront, enflammant le Bikini. Arch Enemy nous offre en guise de final un combo percutant avec We Will Rise et Nemesis. Un show presque parfait ! Vivement le Hellfest.

Dernier changement de plateau, c’est un décor aux couleurs de Phantom Antichrist, dernier album en date de Kreator, qui habillera à scène. Un des plus grands groupes de thrash et pour cause, 30 ans d’existence : 30 ans que les allemands écument les salles et festivals sans jamais s’essouffler. Le Bikini est à nouveau plongé dans le noir vers 21h30, In the Year 2525 de Zager & Evans résonne, accompagné d’une projection sur grand écran. Le public bouillonne, le groupe fait une arrivée fracassante sur Violent Revolution. Un morceau qui va introduire un set puissant et équilibré, avec un melting-pot des meilleurs titres de leur discographie. Avec Kreator on ne rigole pas ! Mille Petrozza et ses trois compères ont sorti le grand jeu, murs de spots, fumigènes, vidéos et thrash attitud. Une mise en scène bien orchestrée et un jeu de lumière paramétré au millimètre pour un résultat impeccable ! Le son était également très bon. Civilization Collapse, Phobia, Enemy of God,  Impossible Brutality, Hordes of Chaos et bien sur Pleasure to Kill… de quoi se faire péter les cervicales ! Dans la salle c’est l’euphorie, headbang, pogos, Miland commandera circle pit et wall death à maintes reprises et le public s’en donnera à cÅ“ur joie.  Ventor frappe sa batterie avec fougue, nous régalant de blast et de groove, Sami enchaîne ses accords avec décontraction. Speesy, le nonchalant, fait vrombir sa basse et headbang comme un fou. Quant à Mille, aussi à la guitare, il nous prouve une fois encore son talent de showman, il est en forme et son chant est excellent. Le groupe s’en va reprendre son souffle (et nous aussi) et nous revient avec The Number Of The Beast d’Iron Maiden, qui sera reprise en cÅ“ur par la foule. Un hommage plus thrashy certes mais qui n’en perd par sa beauté pour autant. Kreator achèvera le set sur Warcurse, People Of The Lie et enfin Flag Of Hate. L’occasion pour Mr Petrozza de faire joujou avec son CO2 gun, aspergeant son public de fumée, pas vraiment indispensable mais les plus grands ont le droit de s’amuser aussi non ?.  Un concert de 90 minutes, décoiffant, fatiguant mais surtout magistral ! Kreator prouve une fois encore que le thrash allemand n’est pas mort (oui je suis poète).

Merci à SPM Prod, qui nous comble de bonheur et au Bikini pour cette soirée de dingue qui restera dans les mémoires. Un big up à Drone qui fut la chouette découverte du jour. C’est courbaturés mais ô combien comblés que les spectateurs quittent la salle. Rendez-vous le 10 décembre pour une dernière date de bourrin avec Aborted + Origin au Metronum.

Auteur : Fanny Dudognon

Photos: Antony Chardon

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