Category: France

Nina Attal @ Le Rio Grande (Montauban)

03 nina attal06 Mars 2015 – C’est à Montauban que le blues a décidé de poser ses valises ce soir, au Rio Grande. Et la soirée s’annonce excellente avec la présence sur scène en 1er partie de Nicolas Cassagneau, accompagné par son band Nico & Co, et suivi par la jeune et talentueuse Nina Attal en tête d’affiche.

A 21h pétantes, Nico & Co avec l’emblématique Nicolas au chant et à la guitare débarque sur la scène du Rio Grande avec son blues sans frontières. Souvent seul sur scène l’ex-chanteur des Fly & the tox, s’est entouré ce soir de 3 autres musiciens, basse/ batterie/clavier, pour nous proposer un voyage musical riche et éclectique durant 1h, en nous amenant sur tous les continents. Un savant mélange de blues, de sonorités africaines, de reggae, de gospel et quelques touches folk, qui ont fait faire le tour du monde à une salle malheureusement à moitié remplie.

Apres cette très bonne mise en bouche musicale, c’est un petit bout de femme qui arrive sur scène. Du haut de ses 22 printemps et forte de plus de 300 concerts à son actif, Nina a acquis une expérience et une maturité rare pour son âge. Et des les premiers morceaux le ton est donné, un groove digne des plus grands comme sur les titres Baby et Ain’t gone, sorti de son dernier opus Wha produit a New York par Philippe Devin son guitariste et co-compositeur et Jerry Barnes (bassiste de Chic), nous met l’eau à la bouche. Un doux mélange de blues/rock, de soul, de funk et de rythm and blues. Accompagné par des musiciens pétris de talent, la belle chanteuse/auteure/compositrice régale son public par son jeu de guitare et sa voix digne des plus grandes divas du r’n’b des années 60/70. A ses débuts, il y a déjà 8ans, elle était surnommée la petite muse du blues, mais ce temps est révolu, elle est devenu la reine du rythms and blues. Avec une présence et une prestance sur scène incroyables, elle s’amuse tantôt avec son band, tantôt avec le public. S’agenouillant devant les solos de trompette et de saxo de Vincent et Sylvain, en admiration sur la virtuosité du jeu de Nicolas au clavier, des duos de guitare avec son compère Philippe ou encore des échanges avec le public, elle s’éclate comme une enfant. Mais en plus de sa folie pour mettre l’ambiance dans le Rio Grande, elle sait aussi toucher le cœur des gens en reprenant en version acoustique le morceau Freedom du film Django Unchained, un moment riche en émotion. Mais la petite parisienne a d’autres cordes encore à son arc, comme ce petit duo avec son saxophoniste aux bongos ou ce solo de guitare mémorable au milieu du public, jusque devant le bar au fond de la salle, un grand moment de musique et de partage. Nina Attal nous a offert durant plus d’1h30 de show ce soir, un vrai moment de bonheur. Un concert d’une grande intensité donné par une artiste accomplie (ainsi que son groupe) qui a bien compris que son terrain de jeu était la scène.

Je vous invite à aller sur son site voir la liste de ses concerts, car si elle passe près de chez vous, il est conseillé de ne pas manquer ce rendez-vous.

Un grand merci aux artistes pour ce somptueux concert et a toutes l’équipe du Rio Grande pour son accueil.

SETLIST NICO & CO :

-Woke up
-Rock me baby
-Blackbird
-Low down
-Mali blues
-Blues suede shoes
-Mercy mercy mercy
-Amazing Grace
-If the sea
-Bad boy
-I’ve got a feeling
-Captain
-Sweet Home

SETLIST NINA ATTAL :

-Baby
-Ain’t gone
-Good guy
-Stop the race
-People
-Freedom (Django Unchained)
-Put them in hell
-Everything you say
-The hole
-Run away
-Get away
-Bring me back that love
-Somebody to love
-The vow
-Know your name

Auteur et photographe : David Torres

Snot @ Le Connexion (Toulouse)

Snot

Vendredi 6 mars 2015 – Aujourd’hui, je me rends au Connexion Live de Toulouse pour un concert organisé par SPM Prod et THShows. Ce soir, place à l’énergie mais aussi la nostalgie des années 90 avec le groupe légendaire Snot. Deux incontournables de la scène toulousaine seront là pour chauffer le public en début de soirée : Dwail et Drawers. J’arrive vers 19h30, la salle se remplira petit à petit pour finir comble.

Il est 20h05 lorsque les lumières s’éteignent et que les membres de Dwail se mettent en place. Nous avons l’occasion de voir le groupe assez régulièrement dans les différentes salles de la ville rose. Il y a quelques mois, ils sortaient la deuxième partie de l’album The Human Concern, nommée Judgment & Fall et se produisaient aux côtés de Sidilarsen au Metronum.  Leur musique qu’ils appellent core’n’oll est un mélange de rock’n’oll, de sonorités déstructurées et riffs lourds. Ce soir Léa sera remplacée par Brice de Psykup à la batterie, Julian est à la guitare, Matéo à la basse et bien sur Yannock au micro. Fougueux et puissant, c’est comme ça que je résumerais ce set. Les gars se donnent à fond et ça fait plaisir à voir. Dwail jouera pendant une trentaine de minutes des morceaux comme Darkening Trees ou Sleepless Dream. Le public est réceptif et s’agite assez rapidement, l’ambiance est prometteuse. Ce n’est pas ma tasse de thé mais bravo les mecs, ça envoyait ! Mention spéciale à Yannock qui bouge son corps sans retenue : attention les yeux !

Il est maintenant 21h, place à Drawers. On change de style, sludge ultra heavy un univers aussi sombre que lumineux fortement influencé par Crowbar. Le groupe a réalisé un EP et deux opus dont leur album éponyme en 2014. Niko, qui officie en tant que chanteur depuis 2011 vous emporte avec  sa voix rauque et puissante ainsi que sa présence indiscutable. Ses confrères, Laurent et Alexandre aux guitares se partagent les riffs tantôt mélodiques, comme dans le titre Shadow Dancers, tantôt pesants et gras avec par exemple Caput Mortuum Ocean. Le batteur Olivier alterne entre blast et rythmique lente soutenu par le son épais produit par Jérémie à la basse. Des morceaux tels que Mourning, Red Ballet ou Detour où se mêlent complexité et pétulance, de la lourdeur, du groove et de la mélancolie. Le plaisir que prennent les membres de Drawers sur scène est visible et se transmet dans tout le Connexion Live, le public se défoule pendant 30 minutes. Merci les gars ! On se retrouve demain pour la Before Party Xtreme Fest !

Changement de plateau pour accueillir Snot. Formé en 95, ce groupe de nu metal se caractérise par sa musique aux sonorités riches et variées: . punk hardcore californien, metal, funk… un son typiquement 90’s. Ils sortent l’album Get Some en 97, aujourd’hui mythique, avec le charismatique Lynn Strait au chant.  Ce dernier décède  lors d’un accident de voiture en 98 emportant avec lui la formation qui disparaît alors. Le groupe se reformera 10 ans plus tard, et se produit ce soir avec: Mike Doling et Mike Smith aux guitares, John Fahnestock à la basse, Jamie Miller à la batterie et le petit nouveau Carl Bensley au chant. 21h55, extinction des lumières, l’intro retentit pendant que les américains montent sur scène. Le set démarre en force avec l’enchaînement de Snot et Stupid. Dans le pit c’est l’effervescence ! Ça saute dans tous les sens, ça pogote, ça chante, ça slam, c’est parti pour plus d’une heure de folie et de transpiration. Les tubes défilent: JoyrideThe Box, Snooze Button, Get Some, Deadfall… ça groove avec l’utilisation des pédales wah-wah ! Mélange de style musical mais aussi de style vestimentaire puisque chaque membre du groupe semble appartenir à un genre différent : dreadlocks, casquette, cheveux longs, punk, coreux, métalleux… c’est aussi varié sur scène que dans le pit, et ça fait plaisir ! Je suis fan de la belle Jackson rouge de Doling, une petite touche thrashy ! yeah! Et en plus il a une tête sympathique.

Les types sont contents d’être là, souriants et très proches du public. On entendra I Jus’ Lie, Get Some O’ Dee, Unplugged, Tecato… niveau ambiance c’est vraiment l’anarchie !!! Mike D, qui bouge dans tous les sens, partagera sa bouteille de Jack et son pétard avec ses fans, Carl se jettera dans la foule, John finira genoux à terre, Jamie frappe comme un dératé sur ses fûts et Mike S est plein de fougue. Certains membres des groupes toulousains viendront même jouer avec Snot, d’ailleurs Niko va se lâcher. Le seul bémol c’est la voix de Carl que je n’ai presque pas entendue…  Le show s’achèvera sur My Balls et Absent. Wow c’était intense !

Merci à SPM Prod et THShows ainsi qu’à Dwail, Drawers et Snot pour ce concert d’aliéné, j’en ai même oublié ma fatigue.

Auteur: Fanny Dudognon

Photographe: Antony Chardon

Vianney @ La Dynamo (Toulouse)

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05 Mars 2015 – Face à une scène envahie d’ampoules à filament sur pied, la salle de La Dynamo est bondée ce soir. Aux environs de 20h30 la voix de Vianney retentit, demeurant en haut de l’escalier qui mène aux loges, il annonce celui qui va assurer la première partie de soirée, l’artiste local : Jules Nectar. Le chanteur toulousain prend donc place sur la scène, seul avec sa guitare. Avec son sourire généreux il nous partage ses mélodies, une valise en cuir à ses pieds lui servant de grosse caisse. Puis l’harmonica autour du cou il entonne Ailleurs une chanson qui fait écho à notre insatisfaction personnelle persévérante, déclenchant une belle acclamation du public, nombreux ce soir. Pour découvrir ou redécouvrir cet artiste, rendez-vous le 10 juin prochain dans la salle toulousaine Le Bijou.

C’est aux alentours de 21h20 que Vianney rejoint la scène accompagné de sa guitare 3/4 folk pour démarrer avec On est bien comme ça. A l’instar de Jules Nectar, la compagnie d’autres musiciens il n’en aura pas. On pourrait penser l’exercice difficile mais au premier intermède c’est un Vianney parfaitement à l’aise et plein d’humour que l’on découvre. Il enchaine avec l’interprétation Notre-Dame des oiseaux durant laquelle les ampoules disposées sur la scène s’éclairent. Le concert se poursuit avec un public entièrement acquis à sa cause qui fredonne les refrains de ses chansons en choeur et qui relève le défi des sifflements sur le titre Aux débutants de l’amour. Ce n’est pas un problème d’ampli qui freinera le chanteur dans son interprétation de Chanson d’hiver : il s’avance sur le devant de la scène et continu sans micro. Le live donne une dimension nouvelle au jeune Vianney et aux mélodies d’Idées blanches, sa voix que l’on connait aiguë révèle ici des nuances insoupçonnées comme sur Les gens sont méchants. Passé en un claquement de doigts le concert touche à sa fin, Vianney nous explique que le musicien bien élevé qu’il est va être obligé de nous faire croire qu’il part, mais que de toute manière il s’apprête à interpréter la reprise de Gilbert Bécaud : Et maintenant, et “aucun artiste n’aimerait s’en aller sur les notes d’une chanson qui n’est pas la sienne”. Nous voilà rassurés. Ils nous démontre à quel point les accords de cette chanson sont similaires à ceux de Je te déteste, fusionnant ainsi les deux titres. Il s’en va, gardant sa guitare en bandoulière, se contentant de la débrancher. Lors du rappel qui suit, il interprète Mon étoile (la seule de son album qui est à prendre au 1er degré ai-je lu) suivie de Tout seul, avant la tant attendue Pas là (qui est reprise parallèlement sur le plateau de la Nouvelle Star par Martial lors de la demi-finale). Enfin il termine avec une reprise, celle de Quand reviendras-tu de Barbara, que l’on avait pu écouter quelques jours auparavant lors de La Bande Originale sur France Inter.

Plein de tendresse, Vianney est venu rejoindre son public à la fin de son concert. Avec la même courtoisie, il nous a reçu avant que celui-ci démarre, pour répondre à mes questions. L’interview filmée sera en ligne dans les prochains jours sur Thorium.

Prochain passage de Vianney dans la ville rose : le 21 octobre au Bikini

Auteur: Vanessa Eudeline

Photographe: Antony Chardon

En entrevue: Electric Wizard

Electric Wizard Interview

Nous avons eu la chance de rencontrer Jus Osborn, cerveau du groupe Electric Wizard, avec la guitariste Liz Buckingham à l’occasion du Hellfest 2014. Nous avons jeté un œil sur le secret de la longévité de la musique du groupe, leur influence sur la musique actuelle et sur l’importance du concert. 

Retrouvez le Live-Report du concert au Hellfest Open Air Festival.

 

Entrevue par : Philippe Mandeville

Vidéo par : Antony Chardon

Montage par : Jérôme Jacques

Marduk @ La Dynamo (Toulouse)

Marduk

1 mars 2015 – Noiser a décidé de marquer le 1er jour du mois de mars en proposant une affiche mettant le black metal à l’honneur, c’est si rare à Toulouse. Pas particulièrement amatrice ni experte dans ce style, je me rends tout de même à la Dynamo pour voir Marduk. Trois autres groupes seront de la partie : Belphegor, Bliss of Flesh ainsi que Krysantemia. Les toulousains se sont passés le mot et la salle sera comble.

Il est 20h lorsque les italiens de Krysantemia se mettent place. Ce groupe de thrash fortement teinté de death et de black s’est formé en 2009 et sort cette année un 3e album : Finis Dierum. Le rythme donné par Lucio est plutôt thrashy, le son des guitares est lourd avec des riffs parfois proches du death mélodique et parfois groovy. Les 5 membres de Krysantemia  nous offrent un mélange de styles assez curieux mais néanmoins efficace. Andrea assure le chant doublé par le bassiste Alessandro aux chœurs, Alex et Mario sont tous les deux aux guitares. Le set durera 30 minutes durant lesquelles défileront des titres variés dont Six Feet Away. Une première partie qui m’a plu, une bonne découverte !

Les français de Bliss of Flesh prennent la relève à 20h40. Après avoir réalisé plusieurs démos et EPs, le groupe a sorti un deuxième album en 2013 : Beati Pauperes Spiritu. Leur black/death sonne relativement bien en live avec des morceaux comme Apocalyptic Fields et  Pariah. La voix caverneuse de Necurat est maîtrisée et derrière ses fûts, Fleshstigma alterne les rythmes lents et les coups de double rapides avec précision. La basse est également bien présente, gérée par J.Poizon, le duo de guitaristes, Sikkardinal et Pandemic permet un beau mélange de sonorités. Technique, mélodie et brutalité, c’est fort de justesse et l’ensemble des metalheads présents ce soir semble conquis. 21h10 c’est déjà la fin de la prestation , merci pour la performance et la proximité avec le public.

Changement de plateau  avant l’arrivée de Belphegor. Les autrichiens sont de passage à Toulouse pour la première fois et viennent défendre leur 10e  album Conjuring The Dead réalisé en 2014. L’extinction des lumières aura lieu à 21h30 mais il faudra encore être patient, nous passerons 10 minutes à fixer une scène vide baignée de lumière rouge. Après s’être faits désirés, ils débarquent enfin et c’est sur Feast Upon The Dead que s’amorce la setlist. Les membres de Belphegor ont sorti la panoplie complète black metal : paint corpses sanguinolantes, cartouchières, crânes d’animaux et croix. La fumée envahissante ainsi que le jeu de lumières accentuent cette atmosphère dark, qui nous plonge dans l’ambiance, c’est certain ! Leur musique est un black/death râblé, violent et provocateur. Helmut joue le jeu du méchant nous balançant son chant guttural et puissant. Serpenth à la guitare assure aussi le chant de sa voix éraillée typiquement black metal. La température de la Dynamo monte d’un cran, c’est la guerre, ça pogote sévère ! Ils joueront In Blood, Gasmak Terror, Impaled Upon The Tongue Of Sathan…  Morluch fait vrombir les cordes de sa basse tandis que Marthyn assène des gros coups de double pédale à la batterie. Le son est très fort, assourdissant, c’est violent …trop pour moi. Un dernier morceau, Bondage Goat Zombie et le groupe quitte la scène. Le public est satisfait, moi je suis contente que ça soit enfin terminé après 1h de show !

Dernier changement, et c’est le célèbre groupe de black metal Marduk qui investit le plancher de la Dynamo. Au départ plutôt death, leurs compositions sont aujourd’hui comparables à du pur black metal traditionnel. Les paroles évoquent principalement le satanisme, la mort, la guerre et l’antichristianisme et les suédois sont considérés comme le groupe le plus «blasphématoire » au monde. C’est à 23h que Frontschwein, titre de leur dernier album éponyme résonne. Mortuus et ses confrères sont eux aussi grimés à la mode black metal mais le décor est plus sobre que précédemment! The Blond Beast, Slay The Nazarene, Panzer Division Marduk… les titres s’enchaînent et c’est l’euphorie dans la salle. Le batteur, Fredrik, frappe et  bat la cadence avec précision. Evil balance ses riffs avec aisance et Devo s’applique à la basse, c’est à la fois bourrin et mélodique, et personnellement c’est ce que j’attends d’un bon groupe de black metal. La présence et la voix et Mortuus sont bien contrôlées.  Marduk jouera également Blackcrowned, Cloven Hoof, Burn My Coffin, Afrika.. jusqu’à 00h avant de revenir pour un rappel qui durera 10 minutes avec entre autre Souls For Belial. Le son, bien que fort, était beaucoup plus agréable durant cette partie et le jeu de lights au top. Les gens ressortent de la Dynamo lessivés mais ravis, l’ambiance de ce soir était vraiment géniale.

Merci à Marduk, Belphegor, Bliss of Flesh ainsi qu’a Krysantemia pour leurs prestations et bien évidemment à Noiser qui a encore offert une très belle affiche au public toulousain.

Auteur: Fanny Dudognon

Photos: Clément Costantino

Black Label Society @ Le Bataclan (Paris)

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26 Février 2015 – Suite à la sortie d’un nouvel opus, Black Label Society annonçait une tournée européenne avec seulement deux dates françaises : Paris et Strasbourg. J’ai donc décidé de faire mes valises et d’aller faire un tour dans la capitale. C’était l’occasion pour moi de voir (enfin!) ce groupe mais aussi de découvrir la salle mythique qu’est le Bataclan avec un concert qui se jouera à guichet fermé. Après une attente un peu longue sous la pluie, les portes s’ouvrent à 19h. Impatiente et totalement trempée, je pénètre dans cet édifice classé monument historique. Malgré un sold out, la populace mettra du temps à arriver ce qui m’a permis de me placer au deuxième rang sans difficulté.

Il est 19h31 lorsque la lumière décline plongeant le Bataclan, encore assez vide, dans le noir et c’est alors que raisonne Love Me Sexy de Will Ferrell en guise d’introduction. La scène s’illumine, laissant apparaître les quatre membres de Crobot, ce groupe américain de hard rock/heavy nous vient de Pennsylvannie. Découverts en 2013 par Wind-up Records, ils réalisent l’album Something Supernatural en 2014. Le set démarre avec The Legend Of The Spaceborn Killer puis Skull of Geronimo. La voix de Brandon Yeagley me rappelle par moments celle de Myles Kennedy mais côté scénique c’est tout autre chose. Looké 70’s, il se meut avec enthousiasme jouant avec son micro et alternant entre jetés de cheveux, déhanché sensouuuual et battements de jambes. Il vit son show à fond, il en fait des tonnes, son attitude est presque drôle mais sa bonne humeur se répand rapidement dans la salle et les spectacteurs remuent leurs têtes. Il est épaulé par ses acolytes qui se donnent à fond aussi, Chris Bishop à la guitare, Paul et Jake Figueroa respectivement à la batterie et à la basse. Ce dernier nous offre ses plus belles expressions faciales, totalement barré le type! Ils se dépenseront jusqu’à 20h07 clôturant le set avec The Necromancer durant lequel Brandon nous jouera de l’harmonica, et enfin Fly On The Wall. Un groupe très sympathique, livrant un heavy pêchu qui passerait très bien en festival également et que le public semble avoir bien apprécié.

Petit changement de plateau, le Bataclan est maintenant bien rempli et c’est au tour de Black Tusk de monter sur scène. Originaire d’Atlanta, le trio s’inspire de nombreux styles pour créer ses compositions : heavy, sludge, stoner, thrash… Le bassiste Jonathan Anton est décédé en novembre dernier des suites d’un accident de moto et se voit remplacé par Corey Barhorst (ex membre de Kylesia). Il est 20h20 quand les premières notes retentissent. Les trois gaillards se partagent le chant au fil des titres, Andrew Filder est à la guitare et Jamie May posté derrière ses fûts. Ils joueront des morceaux comme Set The Dial To Your Doom, Red Eyes Black Skies ou encore Bring Me Darkness. Darkness…c’est le cas le de le dire, les mecs on choisi une ambiance tamisée (peut-être un peu trop ?), sans doute pour accentuer ce côté lourd et sludgy de leur musique. Cette fois le public semble moins convaincu, Andrew en viendra même à demander « vous vous ennuyez ? ». Il faut dire que leur son est particulier et ne peut sans doute pas plaire à tout le monde. J’ai trouvé ça bien, mais après la fougue de Crobot cela m’a semblé un peu fade. Il manquait un petit quelque chose, l’absence du charismatique Jonathan a sans doute contribué à cette impression ainsi que la qualité sonore qui n’était pas au top pour cette partie. Ils termineront leur prestation à 21h.

Les techniciens s’activent afin et mettent en place la scène pour la tête d’affiche. Les californiens de Black Label Society reviennent cette année avec un nouvel album, Catacombs of the Black Vatican. Je n’ai encore jamais vu Zakk Wylde, ni avec BLS ni avec Ozzy, je trépigne donc de voir débarquer ce grand monsieur à la carrure et au talent imposants. Le big flag illustré du logo du groupe est installé devant la scène en guise de rideau et nous nous retrouvons dans le noir à 21h30. L’excitation commence à monter dans la salle, on crie, on s’agite et c’est à ce moment que l’intro résonne, le mix Whole Lotta Love/War Pig – Led Zeppelin/Black Sabbath. Les voix des fans commencent à s’élever : « Generals gathered in their masses, Just like witches at black masses…Oh lord Yeah ! », les sirènes retentissent et les rayons laser rouges pointent en direction de la scène. Le drapeau tombe enfin sur les premières notes de The Beginning…At Last , la scène est dévoilée et le charismatique Zakk Wylde est là, devant nous. A ses côtés sont postés ses musiciens, le jeune Dario Lorina à la guitare et le bassiste John de Servio. Un immense mur d’amplis encadre Jeff Fab et sa batterie, backdrop géant, micro décoré de crânes et de croix, canons à confettis, machines à fumée ainsi que des lumières partout, ça c’est du décor! Les titres vont s’enchaîner, Funeral Bell, Bleed For Me, Suicide Messiah, My Dying Time souvent entonnés par le public. La prestation scénique et le jeu de lumières sont parfaitement rodés offrant un spectacle d’une qualité indiscutable. La scène du Bataclan se voit teintée de mille couleurs, véritable feu d’artifice, j’en prends plein la vue! Quand il n’est pas derrière son micro, le chanteur sillonne les planches, exhibant sa magnifique collection de guitares. L’ambiance générale est calme mais loin d’être désagréable et quelques joyeux lurons sont là pour les pogos, de mon côté on s’éclate!  Dario, John et Jeff assurent comme des chefs et la complicité du quatuor se ressent. Le fameux solo de guitare sera bien évidement de mise et exécuté aux quatre coins de la scène afin de satisfaire tout le monde. Black Label Society balancera ensuite le puissant et efficace Godspeed Hell Bound. Cette voix! Ce son de guitare! Je ne regrette absolument pas le déplacement. Après la force et l’énergie, place à la douceur avec Angel Of Mercy et le sublime titre hommage à Dimebag DarellIn This River. L’occasion pour Zakk Wylde de se poser derrière son piano et de nous livrer un chant emplie d’émotion sublimant son grain de voix si particulier. Les frissons me parcourent et les larmes coulent, je suis touchée! Waouh! Les prises de paroles sont rares mais suffisantes, remerciements et présentation des musiciens, le show est parfaitement millimétré avec une setlist bien choisie. Le groupe jouera The Blessed HellrideConcrete Jungle et enfin Stillborn. C’est sous une pluie de confettis que le public encore effervescent acclame Black Label Society qui vient saluer en bord de scène et quelques fans se battrons pour récupérer les serviettes pleines du sueur de la star!

Ce soir je n’ai pas vu le temps passer, j’ai pris énormément de plaisir à voir ce live, il parait que c’est parce que c’était mon baptême mais peu importe! Ce fût bon! Merci à Crobot, Black Tusk, Black Label Society ainsi qu’à NousProd et Replica Promotion. L’ambiance était certes un peu placide mais idéale pour apprécier le show. On remet ça à l’Xtreme Fest le vendredi 17 juillet.

Auteur : Fanny Dudognon

Photo : Paul Blondé (Archive Thorium Magazine)

Yelle @ Le Metronum (Toulouse)

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28 février 2015 – Dès 20h30 c’est le DJ La Petite Grande, signé sous le label local Boussole Records, qui occupe la scène du Metronum devant une salle plutôt remplie. Pour séduire le public de Yelle, La Petite Grande délivre un set plus dance qu’à son habitude qui, malgré tout, n’enflamme pas vraiment ce dernier. Un DJ set en 1ère partie est un pari quelque peu délicat. Un peu moins d’une heure plus tard, alors que l’on commençait à trouver le temps long, il s’éclipse pour laisser place au changement de scène.

21h40, alors que le public s’impatiente de l’arrivée de la chanteuse bretonne, son et lumière s’arrêtent brutalement. Les deux batteurs, dont Grand Marnier son compagnon, rejoignent la scène ornée d’un signe peace and love à l’envers représentant ainsi le Y. Habillés d’un uniforme identique ils donnent les premiers beats de manière très chorégraphiée, puis Yelle vêtue d’une robe bleue fait son entrée sur l’estrade au milieu des deux batteries, démarrant le concert avec le titre Unillusion. Le concert à peine entamé l’énergie est déjà au rendez-vous. 3 chansons plus tard, le public s’affole quand elle l’interroge sur sa capacité à faire des ronds avec son bassin, c’est donc le morceau Ba$$in qui se fait entendre, pendant lequel les deux garçons passeront devant leur batterie pour onduler leur bassin dos au public. S’en suit le titre qui l’a propulsé en 2005 : Je veux te voir.

Le dernier album Complètement Fou est entrecoupé d’interludes plus calmes et sur le concert cela se traduit par quelques minutes d’interprétation isolée de Dire qu’on va tous mourir. Mais très vite la turbulence pop-électro et ses danses désarticulées reprennent le dessus avec l’impérieux Jeune fille garnement et Que veux-tu, qui sera repris en chœur par le public. Pour l’interprétation suivante, Coca sans bulle, Yelle qui nous avait laissé seule avec ses musiciens, nous revient après avoir échangé sa robe contre une combinaison. Elle enchaine avec le célèbre A cause des garçons, qui nous replonge quelques années en arrière, avant de revenir se placer sur l’estrade au milieu des batteurs munie d’une boule à facettes qui illumine la salle de faisceaux lumineux multicolores. 22h45 le concert s’achève mais évidemment le public en redemande et Yelle ne le quittera pas de la sorte. Elle revient nous interpréter Tristesse/Joie, suivi de Bouquet Final avant de clôturer en rendant Le Metronum : Complètement Fou. Après ses remerciements elle ne manque pas d’annoncer sa venue au stand merchandising pour dédicaces et photos. Yelle est très réceptive à son public et il le lui rend bien.

En dépit d’un timbre de voix quelques fois approximatif, Yelle orchestre un show indéniablement réussi avec une énergie positive sans retenue. La synchronisation parfaite des batteurs m’a également impressionné. Un regret tout de même pour Nuit de Baise qui ne fait pas partie de sa setlist.

Auteur : Vanessa Eudeline

Photographe : Antony Chardon

Mademoiselle K @ Le Bikini (Toulouse)

Mademoiselle K

24 Février 2015 – Ce mardi, Mademoiselle K était au Bikini pour le plus grand plaisir de ses fans toulousains. C’est Fiona Walden qui a été choisie pour occuper la scène en première partie. A 20h30, cette jeune autodidacte de 23 ans prend donc place sur les planches pour nous faire découvrir sa voix particulièrement grave portée par sa présence charismatique. Ses chansons à mi-chemin entre la folk, le western et l’électro ont progressivement séduit le public. Il est fort à parier, que cette demoiselle ne tardera pas à faire parler d’elle.

Après cette surprenante et agréable découverte, le public s’agglutine contre la scène pour accueillir Katerine Gierak, chanteuse du groupe Mademoiselle K. Pour composer son dernier album Hungry Dirty Baby, la chanteuse à la voix rauque avait souhaité sortir de sa zone de confort en écrivant et chantant en anglais. Sa maison de disque n’ayant pas soutenu son projet, Katerine avait choisi l’autoproduction et a monté son propre label : Kravache. Afin d’habituer ses fans à ses nouvelles compositions, le groupe avait fait une “tournée des clubs” un an avant la sortie de Hungry Dirty Baby . La meneuse du groupe relate, dans ses interviews, qu’elle a eu à surmonter un certain nombre d’obstacles, de doutes et de peurs pour  la réalisation de son dernier opus. Elle a livré un véritable combat et on ne s’étonne pas ce soir de la voir arriver sur scène vêtu d’un peignoir de boxe. Elle le retirera rapidement pour arborer un pantalon de cuir et un bandage couleur chair sur la poitrine, le tout peinturluré comme une peinture de guerre. La chanteuse est accompagnée de son groupe composé de Peter son guitariste depuis le début et d’un nouveau batteur, Colin. Le show commence fort avec Glory, de quoi faire vite chauffer la salle. Puis c’est au tour de Laaa la et de la fameuse R u swimming. Ce n’est qu’à partir de la quatrième chanson que la chanteuse s’adresse à ses spectateurs. Munie d’une lampe de poche qu’elle utilise pour éclairer la foule, elle nous parle d’un message qu’elle a reçu, un message qui l’a amené à avoir peur,  à se remettre en question et finalement à se dépasser parce que “ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égard ni patience“. Elle reprend son live avec U r wow. L’artiste aux allures nonchalantes en interview est ici appliquée et concentrée. On devine un souci de maîtrise, un travail préalable au concert qui fût méticuleux, et je trouve pour ma part le résultat très propre. Il m’a toutefois manqué un petit quelque chose, un zeste de lâcher prise de la part, et du public et de Mademoiselle K. Un échange entre les deux qui soit plus fort, qui pulse plus et qui soit à la hauteur du rock pêchu que le groupe nous a offert ce soir. Et il faut croire que Katerine est attentive à ce genre de chose puisqu’elle nous avoue vers la fin de son live vouloir tout donner pour les 3 prochaines et dernières chansons afin de rattraper la soirée qu’elle estimait pas assez réussie. Il est vrai que le public toulousain n’est pas très chaud ce soir mais il est fort à parier que si les trois spectatrices alcoolisées qui ont créée moult remous et bagarres dans la fosse tout au long du concert nous avaient fait le plaisir de leur absence, le public aurait été bien plus enthousiaste et aurait pu s’abandonner plus pleinement au show. J’espère que ceux qui étaient au plus près des joutes verbales des trois spécimens n’ont pas râté les déhanchés sexy de Katerine Gierak dont l’ombre géante était projetée sur l’un des murs du Bikini, ni le partage de ses pensées qui révélaient une personnalité particulièrement touchante et attachante.

Le groupe aura joué les nouvelles compositions en anglais sur les 3/4 du live et que très peu de ses anciennes chansons en français. Les nouveaux titres envoient du rock so british entrecoupés de petits zestes de balade et il faut le dire, en live c’est très bon ! Toutefois, si il y avait eu un peu plus des anciennes chansons françaises, elles auraient été bien accueillies. Le public ne connaissant pas les paroles du dernier album, ne pouvait se lâcher en reprenant avec l’artiste le refrain ou voir même les couplets comme c’était le cas pour ses anciens concerts.

Ce bout de femme au charme évident ne manque ni d’énergie ni de talent. Son final est scotchant ! On a envie de dire : A quand le prochain concert ? Avec l’espoir que les toulousains soit plus réveillés cette fois-ci.

Auteur : Marine Fort

Photographe : Emilie Sablik

Ropoporose @ Toulouse (Festival des Intimités)

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27 février 2015 – Pour son deuxième afterwork, organisé en amont du Festival des Intimités, Jerkov Musiques a invité le jeune duo fraternel Ropoporose, reçu pour l’occasion dans un appartement du quartier Jeanne D’arc en compagnie de quelques dizaines d’adhérent Jerkov. Peu après 20h Pauline et Romain s’installent. Un concert en appart c’est une première pour eux, mais visiblement ils sont à l’aise. Commence alors un live énergique rock qui contraste avec la douce voix des chants anglais de la jeune soeur oscillant entre sa guitare électrique et le synthé. Romain lui assure les choeurs et tambourine sa batterie assourdie pour l’occasion grâce à une couette placée dans la grosse caisse. Avant l’entracte Romain prend le relai à la guitare (et d’après lui ce n’est pas ce qu’il préfère) alors que Pauline vient se placer à la batterie munie d’un mini accordéon. Le temps pour nous de boire quelques verres au bar associatif et le concert au format intime reprend.

Pour vous tenir informés de ces rendez-vous mensuels abonnez-vous à la page Facebook du Festival des Intimités.

Auteur : Vanessa Eudeline

Photographe : Antony Chardon

Julien Doré @ Le Bikini (Toulouse)

Louis Bertignac

23 Février 2015 – Ce soir, et pour la 4ème fois de l’année, Julien Doré est de retour pour son Love Tour. Et comme à chacun de ses passages, le Bikini affiche complet.

C’est le groupe Aloha Orchestra, originaire du Havre, désigné pour assurer la 1ère partie. Avec leur son pop/électro, on ne peut pas dire que les 3 membres du groupes aient fait l’unanimité. Leur temps de scène ne s’est d’ailleurs estimé qu’à 20 petites minutes, autant dire que leur maigre prestation ne restera pas dans les annales.

A 21h15 les lumières du Bikini s’éteignent, les musiciens font leur entrée sur scène dans une ambiance survoltée. La musique commence, des projections de fumée envahissent la scène laissant apparaître Julien Doré. Un look de dandy, vêtu tout de noir, très classe, il n’en faut pas plus pour que se déchainent toutes les filles du public. C’est donc dans une ambiance de folie que le concert débute, Julien Doré enchaîne les titres (beaucoup du dernier album), On attendra l’hiver, Paris-Seychelles, Chou Wasabi…. Armé de son ukulélé, il n’en oublie pas des morceaux comme Les limites ou Bleu canard de ses précédents opus. Il ne manque pas de rappeler que son 1er live sorti il y a quelques semaines fût enregistré dans cette salle, ce qui a le don d’exciter la foule un peu plus. N’étant pas une fan de la première heure, je dois bien avouer que ce soir j’ai découvert un véritable showman. Danseur, charmeur, beaucoup d’auto-dérision, même un problème technique en début de show donne finalement un joli moment… je comprends maintenant pourquoi cet artiste fait l’unanimité depuis quelques temps. Tantôt clown cascadeur, quand le coup de folie lui prend de vouloir escalader le Bikini et d’en redescendre en se laissant tomber sur le public, tantôt crooner mélancolique quand il se retrouve seul au piano, malgré l’imitation de Gilbert Montagné le moment fût beau.

Après 1h30 de show, Julien Doré et ses musiciens quittent la scène sous un tonnerre d’applaudissements. Au vu de la communion qu’il y a entre eux, nul doute que son public sera bel et bien présent pour accueillir les prochains albums et pour les  prochaines tournées.

Auteur : Elodie Gallenstein

Photographe : Jérôme Jacques

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