Category: Album

Album Review: Voivod – Target Earth

En plus de célébrer leur 30e anniversaire, la formation québécoise Voivod entame un nouveau chapitre avec leur nouvel album intitulé ‘Target Earth’ (Century Media Records). Ce dernier est leur premier album en quatre ans et c’est aussi la première fois que Daniel ‘Chewy’ Mongrain participe à l’écriture d’un album du groupe.  Il est donc tout à fait normal de voir autant d’engouement de la part des amateurs et des médias autour de ce nouveau récit de science-fiction.

C’est avec le style unique du bassiste Jean-Yves ‘Blacky’ Thériault que s’entame l’écoute de la pièce titre de l’album. La musique est complexe et nous retrouvons beaucoup de mordant dans la mélodie dissonante des guitares. C’est sur un rythme rapide que le groupe nous offre le titre ‘Kluskap O Kom’. Cette pièce renferme un mélange des styles thrash, progressif et punk. La prestation vocale de Denis ‘Snake’ Bélanger est très énergique et extrêmement bien nuancée afin de mettre en évidence certains passages musicaux. Le titre ‘Empathy For the Enemy’ met en évidence l’excellent travail de Michel ‘Away’ Langevin à la batterie ainsi qu’une autre superbe performance vocale de Denis.  C’est donc autour d’un rythme saccadé et imprédictible que l’influence du groupe Pink Floyd vient ajouter des ingrédients progressifs au style agressif et sinistre du groupe. La mélodie tribale axée sur le rythme du premier extrait de l’album (Mechanical Minds) rappelle ce que l’on retrouve sur les albums ‘Dimension Hatröss’ et ‘Nothingface’.  Le titre ‘Resistance’ est un autre moment fort de l’album qui met en vedette l’excellent travail de Daniel à la guitare, principalement lors du solo. Même si le groupe nous a offert quelques pièces au titre francophone par le passé, ‘Corps Étranger’ est la première fois qu’ils enregistrent une composition en français. Centré sur la guitare et les changements de rythme, ce titre saura pleinement satisfaire les amateurs lors des concerts, surtout les francophones! Le titre progressif ‘Artefact’ met quant à lui en évidence l’excellent travail de Blacky sur sa ‘blower bass’ ainsi que celui de Daniel à la guitare.

En plus d’être leur nouvel album, ‘Target Earth’ est aussi un nouveau départ pour Voivod. Plusieurs appréhendaient un album sans la créativité de Piggy, mais le groupe nous démontre qu’en plus de jouer les compositions de son prédécesseur avec brio, Daniel Mongrain est aussi capable d’écrire d’excellentes pièces qui deviendront rapidement des classiques pour le groupe. ‘Target Earth’ est un album qui va plaire à tous les amateurs de Voivod, mais il prendra plusieurs écoutes aux non-initiés avant de pouvoir pleinement aimer cet excellent album.

Note : 9.1

httpv://youtu.be/jSuyJokh9Lg

Auteur : Albert Lamoureux

Album Review: Newst3d – Metal

Même si la dernière contribution musicale de Jason Newsted remonte déjà à plusieurs années, ce dernier n’a pas besoin d’introduction. Après plusieurs années à l’écart du monde musical pour nous offrir des tableaux de peinture, il nous présente un nouveau groupe qui a pour nom ‘Newsted’. On le retrouve donc à la basse et à la voix en compagnie de ses amis Jesus Mendez Jr. à la batterie et Jessie Farnsworth à la guitare.  Cet album de quatre pièces a pour titre ‘Metal’ et est offert exclusivement sur iTunes.

C’est avec ‘Soldierhead’, le premier extrait, que s’entame l’écoute de cette offrande. Le style musical fait immédiatement penser à un mélange de la musique de ‘Motörhead’ et de l’énergie dégagée par le groupe ‘Flotsam And Jetsam’ à l’époque ou Jason faisait partie du groupe. La tonalité de la guitare et de la basse est lourde et donne beaucoup de mordant à la musique. Sans être le meilleur chanteur au monde, la prestation vocale de Jason est puissante et s’agence bien avec la mélodie. Son style vocal grave et rauque rappelle davantage celui de Snake (Voivod) que ses prestations vocales dans ‘Metallica’. Le passage de basse en milieu de pièce est très bien placé et fera hocher la tête des amateurs lors des concerts. La pièce ‘Godsnake’ emprunte le style lourd, lent et saccadé popularisé par ‘Black Sabbath’. Malgré la lenteur du rythme qui met en évidence le travail de Jason à la basse, on y retrouve énormément d’intensité et une puissante prestation vocale. Quant au titre ‘King of the Underdogs’, il est le plus long et aussi le plus complexe de l’album. En plus de contenir plusieurs changements de rythmes, le solo de guitare est à couper le souffle. Jessie garde son solo simple, mais son style futuriste le fait ressortir de la musique et génère une sensation très inquiétante qui est tout simplement géniale. Le style plus direct et entrainant de morceau ‘Skyscraper’ le distingue des autres pièces que l’on retrouve sur l’album et démontre que le groupe est complet. C’est aussi sur cette pièce que l’on remarque pour la première fois que le groupe est en fait un trio et non d’un quintette.

‘Metal’ est un EP qui va surprendre beaucoup d’amateurs et ne soyez pas étonné s’il devient très médiatisé. Il marque aussi le retour en force de Jason dans le monde de la musique. Malheureusement pour les amateurs, il faudra attendre avant la sortie du premier album complet du groupe. En attendant, ils pourront toujours faire comme moi et écouter ces 4 excellentes pièces en boucle!

Note : 9.1

httpv://youtu.be/vPyRRqjnvs4

Auteur : Albert Lamoureux

Album Review: Yngwie J. Malmsteen – Spellbound

Les amateurs de guitares savent à quoi s’attendre lorsqu’ils écoutent un album d’Yngwie J. Malmsteen (le ‘J’ est bien entendu pour ne pas le confondre avec l’autre Yngwie Malmsteen). La première chose que l’on remarque est l’absence du chanteur Tim Owens. C’est Yngwie lui-même qui lui succède à la voix sur ce nouvel album intitulé ‘Spellbound’. Le second élément de surprise est l’absence de l’excellent batteur Patrick Johansson. Pour une raison inexplicable, Yngwie lui a préféré une batterie programmable…

Pour ceux qui pensaient que ce changement de personnel allait influencer le style musical d’Yngwie, soyez rassurés. Sa musique est toujours aussi centrée sur ses mélodies de guitare néoclassique.  Fort heureusement pour l’écouteur et pour les cordes vocales d’Yngwie, ce dernier nous offre seulement trois pièces chantées. En plus d’être le premier titre de l’album, la pièce titre est aussi l’une des meilleures du disque. Ses mélodies de guitares sont rapides et très fluides comme seul Yngwie est capable de le faire. Fidèle à son habitude, en plus d’incorporer des influences classiques à sa musique, Yngwie utilise aussi des inspirations blues. Il n’est donc pas surprenant de retrouver une mélodie blues sur le titre ‘Let’s Sleeping Dog Lie’. C’est aussi sur cette pièce qu’il nous offre sa première prestation vocale de l’album.  Comme il nous l’a démontré dans le passé, le talent d’Yngwie est dans ses mains et non dans ses cordes vocales. Nous pouvons cependant vite faire un parallèle entre ce titre et l’introduction du morceau ‘Crystal Ball’. Nous retrouvons un son de guitare plus lourd que d’habitude et un style axé davantage sur le rythme que sur la mélodie sur les titres ‘Repent’ et ‘Poisoned Mind’. Ce style musical rappelle la musique que l’on retrouve sur les albums ‘Rising Force’ et ‘Marching Out’ sans la voix des chanteurs de cette époque bien entendu. Le retour vers le passé continu avec le titre ‘Majestic 12 Suite’.  Ce dernier incorpore plusieurs éléments de la pièce ‘Trilogy Suite’ et Yngwie nous en met plein la vue avec son excellente technique à la guitare. Le titre ‘God Of War’ est une autre pièce qui met en évidence le style néoclassique du guitariste suédois. Yngwie entame cette dernière avec une mélodie de guitare acoustique avant de nous offrir un déferlement de notes avec sa guitare électrique. Cette pièce est excellente et démontre encore une fois l’excellent talent d’Yngwie à la guitare, mais malheureusement pour nous, ce dernier semble incapable de nous offrir une musique qui se démarque de ce qu’il nous a déjà offert à maintes reprises dans le passé.

Comme tout le monde s’en doute, je n’ai pas besoin de mentionner que ‘Spellboud’ est un album pour les guitaristes. Malheureusement pour eux, la musique qui anime cet album est trop souvent unidimensionnelle et les moments forts ne font que nous rappeler les excellentes compositions d’Yngwie que nous retrouvons sur ses vieux albums. En plus de souffrir d’une programmation ennuyeuse au niveau de la batterie, Yngwie démontre encore une fois qu’il devrait s’ouvrir à l’idée de collaborer avec d’autres musiciens au lieu de s’entêter à faire tout lui-même.

Note : 7.0

httpv://youtu.be/mhAjAfvdwaA

Auteur : Albert Lamoureux

Album review : Wintersun – Time I

On a tous un ami qui aime s’exiler dans un bois pour boire plein de vin cheap, écouter du power metal et se déguiser en viking pour frapper avec une hache en mousse sur un autre mec déguisé en chevalier. Cette critique, c’est pour cet ami là.

Il y a 8 ans, Jari Mäenpää (qui commençait à manquer de voyelles pour mettre des trémas), jusqu’alors chanteur et guitariste d’Ensiferum, se sépare de la célèbre formation de folk métal et sort le premier album de son nouveau projet, Wintersun. La formule semble séduire : un hybride de death mélodique et de shred saveur néoclassique, sursaturé de layers épique à la sauce power métal et plein de mélodies folk comme seuls les finlandais savent le faire.

Bref, inutile de dire qu’avec les vagues que le premier album de Wintersun a fait, 8 ans entre deux sorties d’album, c’est long pour les fans. Donc, de prime abord, chapeau bas à Jari Mäenpää d’avoir décidé de mettre le temps nécessaire à la finition de l’album, quitte à affronter les caprices geignards de fans carabinés au sentiment d’ayant droit.

Pour faire une histoire courte, l’album déchire. Sauvagement, même. L’approche « folk-métal-avec-tendances-mélodeath-boosté-aux-mélodies-épiques » est de retour, avec quelques petites variations (faut bien qu’un band évolue, non?). Primo, 2 pistes sur 5 de l’album sont uniquement composées d’orchestrations et servent d’accompagnements aux 3 autres gros plats de résistance. On tombe donc beaucoup plus dans l’approche musique de film, une direction stylistique qui porte fruits : les orchestrations et couches musicales sont tellement nombreuses et riches qu’on découvre à chaque écoute de nouvelles subtilités. Si l’album en lui-même est excellent, il faut toutefois adresser une mention spéciale à la chanson  Sons of Winter and Stars qui mérite probablement le titre de meilleure chanson de l’année. C’est un 13:31 d’aventure mélomane à vive allure, bourré au maximum possible de riffs épiquement virils.

Time I prend donc, en quelque sorte, les éléments les plus emblématiques de différents genres de métal et les combine savamment : les moments épiques du power metal, la drive motivante du folk metal, l’énergie et le riffing du melodeath. Le tout, avec un côté un peu « cheesy » magnifiquement contrôlé, compte tenu qu’il y a du clavier sur l’album au complet. Écrire une plus longue review serait juste mettre plus de mots entre vous, lecteurs, et ce magnifique album. Alors go.

httpv://youtu.be/HSiaJjqaFZE

Note : 9/10

Auteur : Alex Luca

Album review : BTBAM – The Parallax II : Future Sequence

Difficile de trouver une personne capable de faire une critique parfaitement objective du groupe Between the Buried and Me. Reconnus pour leur mélange éclaté de metalcore, de rock progressif, de jazz et de gros « chug-chug » sale, leur nombre de fans n’a d’égal que leur nombre de détracteurs. Étrangement, chez moi, BTBAM vient autant titiller le mélomane hyperactif que créer un profond ennui. Du moins, jusqu’à  The Parallax II : Future Sequence. Comme review, ça promet d’être aussi dichotomique que leur musique.

L’album ouvre sur « Goodbye to Everything  », une intro à la guitare acoustique, avec du xylophone (ou vibraphone? Anyway, le machin pour accompagner les berceuses) et des ensembles de cordes et cuivres subtils en arrière. Bref, du tout mignon, et je me dis non-stop que ça ne peut faire autrement que d’exploser incessamment. Arrive Astral Body, chanson pour laquelle le groupe a publié un vidéoclip. Probablement la seule chanson, d’ailleurs, qui puisse servir de « single » (bref, la seule chanson qui contient entre 3 :30 et 9 minutes de matériel… sinon c’est aux extrêmes, pour faire changement). Pas forcément super cohérente, avec 3 mouvements bien distincts qui ne se relient pas musicalement. Sauf que c’est quand même magnifiquement exécuté, épique, et avec de belles textures à exploiter. C’est surtout en voyant le clip, que j’ai pu apprécier toute la chanson, potentiellement parce que le cerveau arrête de regarder chaque transition bizarre pour plutôt se plonger dans le mix entre le vidéo (foutument délicieux, par ailleurs) et la chanson. Ça me fait franchement regretter qu’il n’y ait pas un clip pour chaque chanson.

Lay Your Ghosts to Rest, la première grosse pièce (à peine 10 minutes…), et parfaitement à l’image de mon appréciation de BTBAM. Une minute j’ai la gueule à terre et j’en bave tellement c’est riche, et la minute d’après je m’emmerde solidement à attendre le prochain bout hallucinant. Heureusement, il y a clairement beaucoup plus de moments de la première catégorie que de la seconde. Lay Your Ghosts to Rest, c’est du gros riffing qui saute partout, et ça serait excellent s’il n’y avait pas cette espèce de valse qui sort de nulle part pour casser le rythme (à deux reprises, mesdames et messieurs). Extremophile Elite, une autre piste assez influencée metalcore, ne déploie ses ailes que rendu à la moitié, où les patterns pseudo-méchants assez atonaux laissent place à du gros prog créatif. Telos, par contre, m’a charmé de A à Z. Les riffs sortent de l’univers drabe du metalcore pour faire aller leurs influences de death metal et c’est pas mal payant. Aussi, vers le tiers de la chanson, tout s’arrête et on tombe en mode rock progressif avec une petite infusion de jazz. Ça, ça te charme un reviewer mélomane assez vite, merci. On retombe sur le vibe de death metal pour le dernier droit, mais le tout est vraiment bien ficelé, et pour un groupe qui fait généralement des transitions propres comme le cul d’un lépreux (donc, pas beaucoup, si vous êtes plutôt faibles en images), c’est un exploit. Bloom, c’est, encore une fois, un concentré de bons riffs espacés par quelques passes awkward. Elle s’enchaîne dans Melting City, qui, présente, à nouveau de belles textures pro rock jazzées sur les bords. Silent Flight Parliament, la dernière pièce épiquement longue, présente probablement les éléments les plus accessibles sur le plan sonore malgré ses 15 minutes de long : les riffs s’enchaînent fluidement (comme quoi une fois n’est pas coutume), les thématiques sont épiques et mémorables ainsi que les mélodies « accrocheuses » (j’ajoute des guillemets, il faut quand même s’accrocher à son siège quand on écoute ça). L’album se clôture sur une reprise du thème de Goodbye to Everything qui ouvrait l’opus. À travers l’album, également, on retrouve quelques petits interludes ambiants qui viennent calmer le jeu, un peu comme une gorgée d’eau entre deux bouchées de piment habanero.

Dans l’ensemble, Parallax II ne surprend pas : c’est indubitablement un album de Buried and Me, avec toute la relation amour-haine de ma part que ça implique. On a une majorité de passes assez fantastiques, bien construites, qui rentrent au poste, mais parfois, on se retrouve d’un coup avec un riff sorti de nul-part qui vient atomiser tout le creusage de cerveau que les riffs précédents étaient venus faire. Comparativement au reste de l’œuvre de BTBAM, Parallax II : Future Sequence est beaucoup moins prompt à donner des couilles bleues que les albums précédents et c’est tout à son honneur : les compositions sont mieux ficelées, on réutilise davantage les thèmes et les chansons sont un peu plus homogènes en elles-mêmes. Le son est beaucoup plus mature, moins abrasifs que leurs efforts précédents et ça fait du bien. Ce qui coûte le plus de points à l’album, c’est que ce qui entrecoupe les séquences incroyables soit aussi blasant et peu inventif. C’est un excellent album pour BTBAM, probablement leur meilleur jusqu’à maintenant, mais mis à part pour Telos et Silent Flight Parliament qui m’ont particulièrement jeté à terre, ce récent opus ne passera pas souvent par ma liste de lecture.

Note : 7.5/10

Auteur : Alex Luca

Album review : Witchcraft – Witchcraft, Firewood & The Alchemist

À l’aube de la sortie du quatrième album du groupe suédois Witchcraft, intitulé Legends (Nuclear Blast), nous prenons l’occasion de revisiter leurs trois premières offrandes, Witchcraft (2004), Firewood (2005) et The Alchemist (2007).  Le groupe est connu principalement pour leur son calqué sur celui des premiers groupes heavy metal et rock progressif des années ’70, allant jusqu’à enregistrer leurs compositions avec de l’équipement 100% analogue. Ils ont été les premiers de plusieurs groupes suédois à recréer une ambiance musicale à la Black Sabbath – avec moins de drogues dures. Des rythmiques minimalistes et groovy aux passes de guitare criantes, la musique de Witchcraft nous ramène à une époque où les nativités en noir et les sorcières étaient encore choquantes. Malgré la continuité dans leur thème, les trois albums ont chacun leur personnalité et leurs mérites.

Witchcraft (2004)

L’album Witchcraft est caractéristique par la présence à l’avant-plan de la voix de Magnus Pelander, qui rappelle le son de l’époque par son ton nasillard presque étouffé.  L’œuvre, d’un peu plus de quarante minutes, n’offre pas de chanson qui se démarque du lot, mais nous fait plutôt passer à travers l’éventail sonore du rock du début des années ’70. On voyage des tonalités plus joyeuses de Please Don’t Forget Me jusqu’à la lourdeur des riffs derrière Her Sisters They Were Weak. Un premier opus honnête qui ne passera pas à l’histoire, mais qui laisse présager de bonnes choses. Cote : 6/10

 

 

 

Firewood (2005)

Avec Firewood, les membres de Witchcraft nous révèlent réellement leur talent. On remarque que la production a fait un grand bond en avant, gardant le cachet ‘70’s sans la sonorité poubelle de l’album précédent. La voix ressort de façon beaucoup plus claire et compréhensible, le timbre beaucoup plus agréable, nous permettant d’apprécier la qualité des textes païens de Pelander.  La batterie a un son beaucoup plus défini, et les guitares ne se battent plus avec la basse pour occuper le même espace sonore. Le produit, sur le plan des compositions, se tient excessivement bien également : au lieu d’avoir des chansons tirant chacune dans une direction différente, les chansons de Firewood présentent de façon plus uniforme le bagage sonore de Witchcraft. Elles ont toutes un agréable côté progressif jumelé à une certaine lourdeur Sabbath-esque. Les solos retiennent également beaucoup plus de l’esthétique des premières vagues du heavy metal. L’album recèle également quelques surprises, notamment un départ explosif sur Chylde of Fire, l’instrumentale intensément planante de 1 :32 Merlin’s Daughter ainsi que des leads galopants rappelant Iron Maiden sur Sorrow Evoker et You Suffer. Cote : 7.5/10

The Alchemist (2007)

Leur plus récent, The  Alchemist, démarre quant à lui de façon plutôt décevante, Walk Between The Lines étant plus oubliable qu’autre chose avec une production ne la mettant pas en valeur.  Witchcraft corrige rapidement le tir avec If Crimson Was Your Color, le single de l’album. Ce dernier impressionne dès les premières mesures autant par ses rythmiques agressives que par l’atmosphère écrasante amenée par les harmonies vocales et la petite touche d’orgue presque menaçante. Il s’agit d’ailleurs des quatre minutes les plus mémorables de l’album. La chanson qui suit, Leva, est la seule du groupe chantée en suédois (du moins, on le suppose). Au final, tout ce qui suit If Crimson Was Your Color est relativement homogène et, même si toutes les pièces ont leurs qualités, aucune ne ressort du lot comme étant un chef d’œuvre… Jusqu’à ce qu’on arrive à la dernière pièce de l’album, The Alchemist, un gros chunk de prog rock étalé sur plus de dix minutes et qui rend hommage aux grands noms du passé comme King Crimson, Pink Floyd ou Yes. Cote 7/10

Auteurs : Alexandre Luca et Phil Mandeville

Album review : Jeff Loomis – Plains of Oblivion

La sortie du premier album de Jeff Loomis avait fait plusieurs heureux dans la communauté metal : le guitarist lead et cerveau derrière Nevermore avait canalisé toute l’énergie qui poussait le fameux groupe de thrash prograssif, en enlevant les vocals horribles de Warrel Dane pour les remplacer par encore plus de délicieux shred. Bref, Zero Phase Order avait tourné infiniment plus souvent dans mon système de son que n’importe quel album de Nevermore. Inutile de dire que depuis la séparation de Nevermore, j’attendais mon fix de Loomis avec assez d’impatience.

Pas de doute, Plains of Oblivion sonne la tonne de briques estampillée Loomis en caractère 72 gras-italique-souligné. Les chorus, solos, riffs, même les patterns de picking portent la signature sonore du guitariste. On aurait pu craindre que Loomis, n’ayant plus son projet Nevermore, injecterait de ce style à son approche solo, beaucoup plus riche et diversifiée. Heureusement, Plains of Oblivion sonne beaucoup plus comme son précédent effort solo, Zero Phase Order, que comme le dernier Nevermore, The Obsidian Conspiracy. En fait, c’est la continuité logique de Zero Phase Order, avec quelques bonbons en plus.

Mercurial amorce le festival du shred avec toute l’extravagance fretboardienne (on va inventer ce mot-là pour les besoins de la critique) qu’on connaît de Jeff Loomis. On reprochera que la basse sonne le gros pet mouillé par moment, mais, à la base, personne n’écoute de Loomis pour la basse, sauf s’il veut s’emmerder quelque chose de concret. Sur le 5 :31 que dure la chanson, on recense peut-être, cumulativement, un beau gros 30 secondes qui n’est pas une offrande aux dieux de la guitare. Ça donne le ton pour la suite de l’album. Parlant de dieux de la guitare, Chris Poland, Marty Friedman, Tony Macalpine et Attila Vörös viennent tous se taper des solos au courant de l’album.

Parenthèse : Oui je sais, Jeff Loomis, c’est pas vraiment le roi des titres de chansons. Personnellement, Mercurial, The Ultimatum, Sybilline Origin, Rapture, Requiem for the Living et autres festivals de la fret surexcitée sont tous des titres piochés dans le grand chapeau des « noms lambda pour une chanson métal bien vargeuse ». Les titres sont assez interchangeables d’une chanson à l’autre, et auraient bien pu s’appeler « Plains of Oblivion : Part 1 , Plains of Oblivion : Part 2 », etc., jusqu’à ce qu’on fasse le tour. Tiens, Plains of Oblivion, un autre titre qui passera pas à l’histoire pour sa profondeur.

Sauf qu’au final, on ne s’attend pas à une poésie format Opeth quand on se branche sur du Jeff Loomis. On veut du riff qui écrase, qui bûche et qui jute dans les oreilles quelque chose de violemment succulent. Bref, on veut sa portion quotidienne de gros shred sale. Et Plains of Oblivion livre la marchandise sans même se forcer. Loomis se permet même des petits extras créatifs comparativement à son premier album, et celui qui est le plus surprenant, c’est l’ajout du chant sur certaines pièces. Des fois, c’est un mélange absolument explosif, comme dans le cas de SurrenderIhsahn  déploie un range vocal impressionnant, mais en même temps absolument complémentaire au riffing écrasant. Surrender est, d’ailleurs, probablement la meilleure chanson de l’album, et de loin. Et même lorsque Loomis opte pour des vocals plus soft, le résultat peut quand même déchirer, comme dans Tragedy and Harmony avec Christine Rhoades comme chanteuse. Le tout est excessivement homogène, et on évite les écueils classiques des chants féminins dans le métal. Mais parfois, c’est aussi un échec cuisant : Chosen Time, encore avec la fameuse Christine Rhoades, combine une composition assez faible avec des harmonies vocales plutôt moches et des paroles très peu inspirées (« Like a desperado in modern times she’ll steal your heart and she’ll ease your mind », et c’est à peu près ce qu’il y a de moins cheesy dans la chanson, c’est dire!). Oui, une power ballad, ça peut faire changement de la portion gigantissime de shred qu’on nous envoie dans le gosier tout le long de l’album, mais l’exécution ici est bien en-dessous du niveau auquel Jeff Loomis nous a habitué. Une chanson qui se skip facilement.

L’autre surprise, c’est Rapture, une chanson complètement acoustique (oui, bourrée de shred, mais bon). Elle sort plutôt bien, si on exclut la quantité ridicule de reverb. Mais comme ça ne serait pas du Loomis sans un peu de démesure, on accepte le reverb et on s’imagine être dans une nef d’église large de 3 kilomètres, vu l’ampleur de l’effet. Rapture commence tout en douceur, et on pourrait être surpris d’un tel choix esthétique jusqu’à ce que Jeff Loomis, le maître du shred (ça ferait une belle carte d’affaire), se fasse plaisir et qu’on reconnaisse sa touche peu subtile.

Au final, Plains of Oblivion est un album plus ambitieux que son prédécesseur, avec de très belles réussites et très peu de ratés. Ainsi, comme l’album est surtout un ramassis de chansons, traitons-le comme tel. Le bon est très bon, et le mauvais, plutôt mauvais. Mais à part pour Chosen Time que j’aurais rayée de l’album si je le pouvais, le tout se déguste assez facilement pour peu qu’on aie une bonne tolérance au shred.

JEFF LOOMIS – Surrender (Featuring IHSAHN) by Century Media Records

Note : 8/10

Auteur : Alex Luca

Album Review : Trioscapes – Separate Realities

Quand tu t’appelles Dan Briggs et que ta principale fonction dans la vie, c’est de jouer la basse dans le groupe Between the Buried and Me, la communauté musicale a tendance, de base, à t’identifier comme un gars potentiellement bien éclaté. C’est pourquoi personne n’a été surpris outre mesure quand le bassiste en question a sorti son album de jazz fusion Separate Realities avec son projet Trioscapes, accompagné de Walter Fancourt au saxophone et de Matt Lynch à la batterie. En voyant qu’il n’y aurait ni guitare ni clavier, je sentais que j’allais me lancer dans de la bizarrerie format géant. Et je ne peux pas dire que j’ai entièrement eu tort.

L’album ouvre avec l’explosive Blast Off, et ça sent dès les premières secondes le gros jazz fusion sale à plein nez : une basse qui court partout, du riffing de saxophone accoté, une batterie sur 8 sortes de stimulants différents. Presque hyperactive, c’est une des pièces plus joyeuses de l’album.

Suit Separate Realities, pièce éponyme durant 11 :27, plus sombre, voire carrément malsaine.

Curse of the Ninth, la troisième piste, crée une toile très riche harmoniquement, avec un thème récurrent envoûtant.

Wazzlejazzlebof, aussi éclectique que son nom le laisse entendre, est une pièce aux textures ambiantes chargées, avec des rythmes mystiques, qui finit par aboutir dans un espèce de jazz bien sale.

Celestial Terrestrial Commuters, une autre des pièces un peu plus joyeuses, tombe dans un son un peu plus funk, avec des sons de basse qui rapelleront du Les Claypool par moment.

Pour finir, Gemini’s Descent est une pièce un peu trippy, assez gentille, basée sur une ligne de basse en 5/4.

Mais de décrire chaque chanson individuellement ne rend pas forcément justice à l’œuvre. Trioscapes chevauche jazz, métal, fusion et funk avec beaucoup de flair. Une pièce peut commencer avec une atmosphère très posée, calme, pour plus loin tomber dans des patterns beaucoup plus inspirés du métal où le saxophone roule avec de la distorsion et la basse avec un fuzz bien gras, pour retomber sur un autre pattern plus fusion-esque peu après. Et pour compenser l’absence de guitare et de clavier, on a parfois plusieurs couches d’instruments, chacune avec sa propre section à jouer. Bref, l’ensemble sonne très tight, très riche, et même si on a l’impression de chevaucher plusieurs genres, le tout est excessivement cohérent. Mieux, les chansons ont toutes un caractère unique et, malgré le genre un peu flyé, elles s’accrochent au cerveau et refusent de lâche prise. À vous de voir si c’est un effet secondaire désirable, mais le présent reviewer trouve ça fantastique.

Trioscapes “Blast Off” by Metal Blade Records

Note : 9/10

Auteur : Alex Luca

Album Review : Fates Warning – Inside Out

Écouter du Fates Warning, c’est revenir 30 ans en arrière. Même sur les productions récentes, le tout sonne comme mes vieux albums d’Iron Maiden : ça sent les cheveux longs, les pantalons serrés qui font chanter une octave plus aiguë, et une légère odeur de boule à mite rappelant quand on sort du vieux stock du fond de son garde-robe. La comparaison avec la bande à Steve Harris s’arrête là, cependant, car au lieu de créer des hymnes galopants et épiques, les membres de Fates Warning font dans du bon vieux prog. Et quand je dis vieux, je dis assez vieux pour avoir servi d’influence à Dream Theater quand ceux-ci ont commencé. On est donc loin des chansons de 10 minutes aux structures éclatées et des prouesses techniques à plus finir qu’on associe de nos jours au mot « prog ». Au contraire, tous les éléments pour des chansons « radio-friendly » (ou du moins, « radio-friendly » pour les années 80 et les CHOM FM de ce monde) sont là : un chant bien présent, des harmonies digestes, des mélodies assez accrocheuses, aucune séquence technique superflue. Ce qui colle l’étiquette « Prog » à Fates Warning, c’est la simplicité avec laquelle les signatures de temps non conventionnelles s’entremêlent pour construire des textures très subtiles. Composer une balade truffée de 5/4 mais dont la rythmique semble parfaitement naturelle, ce n’est pas à la portée de tout le monde.

Le son lui-même n’a pas changé à travers les années. Contrairement à beaucoup de groupes dont le son a évolué pour atteindre un niveau beaucoup plus moderne, les membres de Fates Warning conservent exactement les mêmes sonorités qu’à leurs débuts. Les guitares sonnent mince comme une feuille de papier, la basse est punchée, le treble est dans le tapis, le bass drum est tout doux. C’est à peine si la qualité de la production a changé avec les années.

Fates Warning est donc une bête bien étrange : ça sonne comme n’importe quel groupe de rock des années ’80 au premier plan, mais si on se penche sur le châssis des riffs, on se rend compte que ceux-ci sont beaucoup plus complexes qu’il n’y paraît. On est donc à l’opposée de la mode actuelle qui voit apparaître plein de jeunes musiciens valorisant la complexité à tout prix, désireux de coller l’étiquette prog à chacune de leurs compositions, et pourtant incapable de jouer quoi que ce soit de décent ou écoutable. Étonnamment, ils jouent tous un dérivé de hardcore. Bref, fermons la parenthèse, et revenons à nos grands-papas du prog. Ceux-ci refusent d’adopter les conventions modernes pour tout ce qui est son ou composition et gardent leurs caractéristiques signatures. Ça, c’est tout à leur honneur.

L’album Inside Out est un digne représentant de la discographie de Fates Warning. Avec des balades comme Island in the Stream, des singles comme Pale Fire (dont le chorus nous fait avaler une belle couleuvre en 7/8, tout de même!) ou des chansons fantastiquement proggy comme « Monument », c’est un album complet qui représente plutôt bien l’étendue musicale que les musiciens derrière Fates Warning sont capables d’aller chercher.

La version Extended de l’album « Inside Out » comprend aussi une version live de l’album. Malgré une acoustique qui rend moyen, cette bande de vieux routards sonne incroyablement tight. La version live, en tant que tel, n’apporte pas une meilleure compréhension, forcément, des pièces. Il n’y a pas de grand jeu entre le groupe et le public, ce qui est un des rares intérêts des versions live. Même si Ray Alder, le chanteur, y met de l’énergie, le public est amorphe et assez timide.

Pour finir, cette version inclus aussi une version démo de l’album. Cette démo, mis à part quelques petites surprises dont je vous laisse le plaisir de la découverte, ne rehausse pas vraiment l’intérêt de l’album. Exception faite des fans fous furieux (et des reviewers obsessifs-compulsifs), il y a peu de personnes qui vont se rouler en boucle la démo. La version remasterisée est nettement plus intéressante.

Fates Warning “Pale Fire (Remastered)” by Metal Blade Records

Note : 7.5/10

Auteur : Alex Luca

Album Review : Cattle Decapitation – Monolith of Inhumanity

Le groupe californien Cattle Decapitation, reconnu pour ses compositions dures contre la consommation et le mauvais traitements des animaux, ont sorti le 8 mai dernier leur septième album, intitulé Monolith of Inhumanity, sur Metal Blade Records.

Le groupe surprend avec une approche particulièrement technique et rapide du death metal, qui rappelle tour à tour le côté brutal du genre tel qu’abordé par Cannibal Corpse et son aspect plus chirurgical qui fait parfois penser à une bonne pièce d’Aborted. Cattle Decapitation a beaucoup travaillé sur la profondeur du son de Monolith of Inhumanity, ce qui donne un poli remarquable à cet album, malgré le manque de basses fréquences qui se fait ressentir tout au long de l’album.

Monolith of Inhumanity s’ouvre en force avec The Carbon Stampede, qui fait ressortir rapidement les riffs lourds de Josh Elmore et le growl profond de Travis Ryan. La pièce Dead Set On Suicide suit, un morceau qui s’inspire carrément des racines du death metal et qui va puiser jusqu’au solo de basse en introduction, à la Cannibal Corpse. Elle démontre par contre très bien le talent du batteur Dave McGraw pour les blast beats et le range vocal intéressant de Ryan qui monte à un cri grinçant pour un couplet. L’album s’enchaîne avec A Living, Breathing Piece of Defecating Meat, une pièce portée par le talent à la voix plutôt que d’autre chose, mais dont le refrain est presque hantant. Forced Gender Reassignment commence à faire ressortir la guitare avec quelques riffs très propres au headbang. On commence vraiment à entrer dans le vif du sujet avec Gristle Licker, la première pièce à exploiter de façon intéressante le talent de tous les musiciens. On retourne au death metal plus classique avec Projectile Ovulation, du blast beat au breakdown ni trop long, ni trop court, et au sujet cocasse bien qu’un peu dégoûtant. La chanson suivante, Lifestalker, est la première qui offrira un répit à l’auditeur avec un bridge très lent qui donne aussi un repos du growl pour se tourner vers un chant plus harmonique, avant de retomber dans l’aggressivité typique de Cattle Decapitation. Les deux pièces suivantes, Do Not Resuscitate et Your Disposal, sont de bonnes pièces du genre, mais ne sont pas un point d’intérêt particulier. L’album se conclut avec The Monolith, un morceau d’ambiance qui accompagne un monologue de Ryan qui est un regard critique sur le mythe du jardin d’Eden, puis avec Kingdom of Tyrants, qui termine Monolith of Inhumanity avec une entrée en matière brutale et aggressive  et donne un petit alors que la voix toujours aussi grinçante et cynique accompagnera l’auditeur jusqu’à la finale avec un crescendo d’intensité.

Somme toute, Monolith of Inhumanity est un album qui démontre énormément de qualités dans la variété d’influences et de sons qui l’habitent. On passe d’un aspect grind à un côté plus technique et de retour aux sources brutales en un clin d’oeil. L’idée derrière Cattle Decapitation, c’est à dire de mettre l’être humain en face de sa propre dépravité et de le confronter aux réalités qu’il finit par imposer au monde autour de lui, est retransmise avec force dans chaque chanson et on la ressent jusque dans la fibre même de l’album et jusque sur sa couverture, caricature grotesque et apocalyptique du monolithe du film 2001, Odysée de l’Espace . Le résultat est que Monolith of Inhumanity donne l’impression de prendre la tête de l’auditeur et de la passer au robot culinaire de façon poétique, acte dont seuls les musiciens de death metal et les plus misanthropes ont le secret.

Chansons recommandées: A Living, Breathing Piece of Defecating Meat, Gristle Licker, Lifestalker, The Monolith/Kingdom of Tyrants

Cattle Decapitation “A Living, Breathing Piece of Defecating Meat” by Metal Blade Records

Cote du Diable: 8/10 (Excellent)

Auteur : Phil Mandeville

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