Category: Album

Album Review : Winterhorde – Underwatermoon

Le prog metal réveille en mon être l’amour et la haine de façon symbiotique. Étant avant tout un musicien, les expérimentations et les libertés prises dans les compositions suscitent en moi une excitation hors pair, mais cette exhortation est de très courte durée souvent à cause de  la voix à la James Labrie. Bref, la musique manque de testostérone soit dans la voix, dans sa qualité de production ou dans ses solos de saxophone interminables.

Mais, il arrive de temps à autre un album qui me déboussole si profondément qu’il devient mon nouveau standard en terme de musique et Underwatermoon du groupe israélien Winterhorde accomplit ceci avec maestria. Brio. Facilité…pour ceux avec qui je dois utiliser des petits mots!

Je n’ai pas tout à fait été honnête en classant Winterhorde en tant que prog, pour rendre justice à cet opus on devrait plutôt décrire les compositions en tant que Black/Symphonic/Orchestral/Progressive/Melodic Metal. En effet, il y a une myriade d’influences qui forment un son qui non seulement nous entraîne dans un monde, mais qui nous garde accroché à chaque  riff qui saute du black pur et dur à la Emperor aux passes acoustiques qui nous rappellent leurs confrères israéliens Orphaned Land, à des solos jazz  jusqu’aux refrains épiques digne d’un band power metal.

The Shell, la chanson d’introduction de l’album débute sur un pas un peu gêné pour ensuite exploser durant le riff tout à fait massif (et plein de testostérone) de Wreckages Ghost qui ouvre le chemin vers des blast beats bien placés.  Il est important de prendre note que les chansons se suivent avec une fluidité digne de la vaseline et que ceci même si les pièces durent en moyenne 6 à 9 minutes. Underwatermoon, la chanson-titre de l’album est la perfection du mélange entre le Black Metal et le prog avec son blast beat intense par-dessus lequel Horeph chante clean. Et c’est pour cette raison que j’apprécie cet album autant, il ne frappe pas un cheval  mort (comme disent les anglais), il ne recycle franchement rien et cependant on entend toutes les influences disparates sans jamais se dire, tiens mais c’est du vieux Dimmu Borgir ça! Hunting the Human poursuit ce qui est apparemment une épopée (oui oui, c’est AUSSI un album-concept) écrite par le bassiste du groupe qui raconte une histoire de fantômes, de navires et de gitans. Execution capture mieux que n’importe quelle chanson métal que j’ai entendue le feeling d’être à l’aube d’une exécution avec son introduction en orgue et son tempo de marche qui aboutit sur And Flames Wept to Heaven, une interlude des plus dramatiques. The Curse of Gypsy, un monstre de près de dix minutes, est beaucoup plus up-tempo et démontre les talents véritables de compositions du groupe ainsi que la prouesse du chanteur. Puisque l’album est concept, les chansons ont tendance à illustrer leurs titres, ainsi Delirium est chaotique avec des voix chuchotés et des dissonances bien placés, et quelques sons d’éclair ici et là, pour la forme.  The Tenth Wave débute avec une mélodie digne des pirates des caraïbes pour ensuite progresser vers un solo de….sifflement. Smoke Figures est une façon intelligente de raccourcir la chanson qui suit, The Martyr and Deliverance en la séparent en deux. Mais mon œil de tigre a vu à travers le stratagème et je vais les résumer en tant qu’un seul opus…et quel opus! Batteurs du monde entier, voici votre nouveau Neil Peart. L’instrumentation est composée avec une originalité rare dans le métal, se rapprochant aux passes jazzy dans le style de Opeth. Farewell est la conclusion aigre-douce que Underwatermoon mérite car cette pièce est un point culminant atteint grâce à des accords dramatiques, des mélodies tristes  mais n’abandonnant pas les blast beats et les riffs puissants.  La cerise sur le gâteau est la hidden track à la fin de l’album qui reprend une mélodie de Delirium en guitare classique juxtaposée à un bruit de vagues pour un effet tout à fait hypnotisant.

Même si l’enregistrement de cet album est dû au légendaire V. Santura, producer de Dark Fortress, le groupe n’est peut-être pas assez Black Metal pour les amateurs plus que sélectifs. Aussi, ce n’est pas un album prog pur et dur non plus; c’est un album propre en son genre mais qui ne réinvente pas la roue et se contente plutôt de nous offrir une expérience musicale inoubliable et proche de la perfection.

The Martyr and Deliverance by WINTERHORDE

Note : 10/10

Auteur : Eddy Levitsky, alias Snow

Album Review : OSI – Fire Make Thunder

OSI (Office of Strategic Influence) est le projet de Jim Matheos (de Fates Warning), Gavin Harrison (Porcupine Tree) et Kevin Moore (ex-Dream Theater). Comme de grosses pointures, dans le genre Mike Portnoy, Sean Malone ou Mikael Åkerfeldt, sont passées par cette formation, on peut considérer qu’il s’agit d’une sorte de « Supergroup » du prog. On est loin des Dream Theater, Symphony X et autres maniaques des prouesses techniques. Ici, on fait dans la subtilité : chansons bien ficelés, tonalités riches et structures d’album jouant avec plusieurs tensions.

Donc, avec ça en tête, Fire Make Thunder, ça sonne comment? Ça dépend de l’angle sous lequel on le regarde. C’est un relativement bon successeur à Blood, précédent album du groupe ayant reçu d’excellentes critiques, en ce sens qu’OSI emploie une formule similaire. Le son n’a pas drastiquement changé, perdant peut-être un peu de lourdeur. Donc, comme règle générale dans ce cas-ci, si on a aimé Blood, on aimera Fire Make Thunder. Et l’inverse est aussi vrai.

Les membres d’OSI ont la réputation de beaucoup jouer avec différents niveaux de tension musicale, et ne décevront pas avec cette récente sortie. De fait, l’ensemble se lie bien, et devrait être écouté d’un trait. Quand on le prend pièces par pièces, par contre, c’est là que les problèmes apparaissent. Des morceaux comme Indian Curse ou For Nothing, par eux-mêmes, sont relativement vides comparativement au reste de l’album. À l’inverse, des morceaux comme Cold Call, Guard, Big Chief II ou Enemy Prayer sont très bien construits et apportent cette petite touche de richesse mélodique qui ferait sinon cruellement défaut à l’œuvre.

Aussi, quand on compare avec son prédécesseur, Fire Make Thunder manque de couilles. L’essentiel de la testostérone est concentré dans la piste Big Chief II. Bon, rendons à César ce qui est à César, quand j’écoute cette piste j’ai le goût d’aller chasser l’ours uniquement d’un tomahawk et de mon chest poilu. Elle se termine cependant trop tôt pour aboutir sur les harmonies country de For Nothing, et ça, c’est du grand art de cockblocking pour mes oreilles. Pour un amateur de métal, c’est l’équivalent de se faire inviter à manger un steak de bison hors de prix par une blondasse 34DD pour finalement se retrouver au Burger King avec sa grand-mère.

Est-ce que Fire Make Thunder est un bon album? Oui, si on le regarde comme un album de rock progressif. Il y a un beau souci artistique dans la recherche tonale et rythmique, sans que ça devienne du n’importe quoi. Sinon, on sera cruellement déçu si on s’attend à du lourd de chez lourd.

Note : 7/10 (Très bon)

OSI “Fire Make Thunder” album sampler by Metal Blade Records

Auteur : Alex Luca

Album Review : Valfreya – Path to Eternity

Le groupe montréalais Valfreya a lancé son premier album intitulé Path To Eternity le 11 février dernier. Il raconte l’histoire de la déesse Freyja qui tente d’altérer le destin du monde et, pour y parvenir, rappelle à elle l’âme de guerriers n’ayant su mourir avec honneur pour leur donner une seconde chance d’atteindre Walhalla. Cette histoire est écrite en introduction du livret inclus avec le disque, qui mérite définitivement un coup d’oeil pour la qualité de sa production. Les textes sont dignes de l’Edda poétique qui date de 800 ans et qui est une importante source de savoir sur la mythologie scandinave. Assez de cours d’histoire, passons à l’action !

Path To Eternity commence avec une introduction qui raconte l’histoire citée plus haut, et qui donne une bonne idée de ce qui va suivre avec ses mélodies folkloriques, et fait rapidement place à la seconde chanson, Deity’s Grace. On tombe  dans le vif du sujet avec des riffs entraînants accompagnés d’un clavier très bien utilisé, portés par la voix de Crook qui passe d’un chant classique à un growl agressif tout au long de l’album. C’est avec Inferno, le morceau suivant, qu’on voit ressortir l’aspect plus metal de l’opus, avec ses blast beats et ses solos teintés de l’épique essentiel au folk. Le voyage continue avec Beyond Illusions et ralentit un peu plus loin avec Ocean’s Assault, une chanson qui va progressivement nous emmener au cœur de la tempête, puis retrouver un rythme plus soutenu qui se poursuivra jusqu’à la conclusion de l’album. On retrouve avec la chanson Alefest la traditionnelle chanson à boire de tout album folk metal qui se respecte, avec ses rythmes galopants, ses gang shouts et son clavier bien utilisé. L’opus se conclut sur My Everlasting Star, une pièce qui raconte le passage obligé des guerriers par la mort, et la finale instrumentale Glorious Death.

Valfreya nous offrent avec Path To Eternity un album avec un concept bien exploité, et qui permet à l’auditeur de savourer l’histoire à chaque soubresaut de la musique. Le concept folk metal est devenu saturé ces dernières années avec la multiplication de groupes, mais Valfreya réussit tout de même à se tailler une place sur la scène avec leur premier opus qui promet beaucoup pour l’avenir. C’est définitivement un album à écouter non seulement pour les amateurs du genre, mais aussi pour ceux qui veulent une bonne dose d’hydromel avec leur brutalité quotidienne.

La Cote du Diable: 7/10 (Très bon)

Auteur : Phil Mandeville

Album Review : Cannibal Corpse – Torture

REVIEW BARBARE – Cannibal Corpse – Torture (14 mars 2012, Metal Blade Records)

Cannibal Corpse nous offre avec Torture, qui sera disponible le 14 mars 2012 sur Metal Blade Records, leur 12e album studio en 22 ans. Vétérans du death metal, leur son a su garder son aspect « classique » en se différenciant du tech death moderne qui cherche à en mettre plein la gueule avec des rythmiques impossibles et aucune limite de vitesse. Avec ce dernier opus, le groupe nous démontre encore une fois qu’il est là pour rester et qu’il mérite sa position de tête de peloton de la scène death metal.

À quoi peut-on s’attendre en écoutant un album de Cannibal Corpse ? à se faire défoncer la gueule, tout simplement, et avec Torture, on ne risque pas d’être déçu.

L’album démarre sur Demented Aggression, l’équivalent d’un coup de poing en pleine face à six heures le matin et qui donnera le ton pour la suite. Malgré qu’elle se répète beaucoup, elle fait ce qu’elle a à faire. Si l’album sonne comme du Cannibal Corpse auquel on est habitué, il atteint sa vitesse de croisière à partir de la cinquième chanson, As Deep As The Knife Will Go. Cette dernière, avec ses variations de vitesse surprenantes et le travail vocal de Corpsegrinder, est une des pièces les plus satisfaisantes que Torture a à nous offrir. Ça ne veut pas dire que le reste de l’album part en dégringolade, au contraire. C’est dans la seconde moitié du disque que le groupe sort les gros canons avec Followed Home Then Killed, certainement la plus belle pièce de Torture et Strangulation Chair, un rouleau compresseur avec un solo de bass en plein milieu. L’oeuvre se conclut, après Caged…Contorted et Crucifier Avenged, sur Rabid, dont le titre traduit bien le riffing enragé puis Torn Through, un aboutissement ultra-violent à l’album avec une légère touche de modernisme.

Torture, pour un douzième album d’un groupe aussi vieux que Cannibal Corpse, construit sur l’expérience amassée pendant 22 ans des musiciens. On déplore toutefois le manque d’originalité du batteur Paul Mazurkiewicz malgré sa présence depuis les touts débuts : On se serait attendus à ce qu’il apprenne plus que 2 patterns différents… Somme toute ? Torture est un album qui fait partie des bonnes sorties de 2012 qui n’aura pas réinventé la roue, mais qui est plus que digne de faire partie de la discographie de Cannibal Corpse.

Cote : 8/10

Auteurs : Alex Luca, Phil Mandeville

Ce que vos chroniqueurs barbares ont dit…

Attention, cette chronique contient des didascalies et a été alimentée à grandes lampées de whisky.

[Intestinal Crank commence] Alex: Crisse, Phil, ton chien a pété!

Alex : Sarcophagic Frenzy, avec un titre demême, ça commence à jouer dans les platebandes de Nile ça.
Phil : J’pense que c’est intentionnel. Ça sonne pareil. Un vieux son de momie !

Alex : J’écoute ça pis, man, Patrick O’Brien vient tu juste de découvrir que les arpèges, ça existe ?

Phil : C’est quoi, ça, une Strangulation Chair? [Cherche sur wikipedia ] Ah, c’est comme un garrot accroché sur un siège. Logique.

Alex: Check le premier lien, c’est quoi ça un Thugee tabarnak ?

(Pour l’information de notre très cher lectorat, les Thugees sont une secte d’assassins indiens et non pas des gangsters en snuggie)

Phil : Scourge of Iron, c’est pas de la rouille, ça ?

Alex : J’sais pas, on comprend pas ce qu’il dit anyways…

Phil : Sauf brrr brrr brr… Scourge of Iron ! brr brr brr

Alex: Bon point.

Album Review : Goatwhore – Blood For The Master

Le groupe de blackened death metal Goatwhore nous a préparé un cinquième opus, intitulé Blood For The Master. Avec cet album, les musiciens continuent dans la lignée de Carving Out The Eyes of God (2009), qui a vu leurs compositions prendre une tournure qui s’éloigne du black metal pour se rapprocher du côté death. La valeur de production des chansons est supérieure à celle des premiers albums, ce qui contribue grandement à ce fait, au plus grand déplaisir des amateurs de la période la plus black du groupe à ses débuts.

On retrouve dans Blood For The Master tout ce qu’on peut vouloir dans un album de blackened death, c’est-à-dire de la musique chargée d’énergie agressive et de gros riffs bien gras, qui ne nous donnent pas le temps de reprendre notre souffle entre deux chansons. Il commence d’ailleurs en force avec Collapse in Eternal Worth, qui arrache immédiatement la face de l’auditeur par la guitare puissante de Sammy Duet et la voix rauque de Louis Benjamin Falgoust II (Soilent Green).

Les pièces sont d’une rapidité parfois déconcertante et mettent en valeur les efforts des musiciens. C’est une galette qui s’écoute bien du début à la fin et qui ne connaît pas de temps mort, et avec les excellents morceaux Judgement of the Bleeding Crown et My Name Is Frightful Among The Believers, démontre que le groupe a un grand talent de composition. Mis à part quelques riffs qui restent dans la tête, les chansons se ressemblent toutefois toutes un peu.

Blood For The Master est un bon cinquième effort de la part de Goatwhore, qui continue de faire évoluer le son du groupe vers un son beaucoup plus clair et défini que ce à quoi on ce serait attendu à leurs débuts. Le résultat est un album agressif et qui fait ce qui a à faire malgré une impression de répétition en bout de ligne.

Goatwhore “Collapse in Eternal Worth” by Metal Blade Records

La Cote Du Diable : 7/10

Auteur : Phil Mandeville

Album Review : Lay Down Rotten – Mask of Malice

C’est une sortie dans les règles de l’art du death metal que Lay Down Rotten nous offre avec Mask of Malice : des guitares qui sonnent comme une grosse scie à chaîne, des progressions chromatiques qui envoient un doigt d’honneur aux gammes traditionnelles, des growls juteux et seulement deux vitesses : « Coups de poing dans la face » et « Formule 1 », bref, que du bonheur.

Cet album ne fait pas dans la subtilité : mis à part pour la piste Nightfall, d’une durée de 49 secondes, les musiciens allemands ont opté pour des compositions maximisant le moshpit au mètre carré. Malgré une intro un peu trop facile (un « Forgive me Father, for I have sinned… » chuchoté), la première chanson, Death-Chain, se rattrape dès les premiers chugs.

L’album est relativement homogène, et, à part les 49 secondes de Nightfall, aucun morceau ne sort complètement du lot. J’ai évidemment accroché sur certaines pièces plus que d’autres : la pure violence derrière The Devil Grins ou Mask of Malice, ou bien encore la richesse harmonique derrière A Darker Shade of Hatred ou The Loss. On remarquera au passage que le début de Swallow The Bitterness est presque le même que celui de « I, Voyager », chanson iconique de Nevermore sortie 9 ans plus tôt.

Bref, un album de bon death metal, avec de légères influences de black metal, qui rappellera un peu le riffing des groupes à la God Dethroned. Le plus gros bémol que je peux apporter à cette sortie est qu’on ne sort pas beaucoup des sentiers battus. Un album qui ne convertira probablement pas beaucoup de gens au death metal, mais qui saura satisfaire les amateurs du genre.

Lay Down Rotten – Mask Of Malice – Death-Chain by Lay Down Rotten

Note : 7.5/10

Auteur : Alex Luca

Album Review : Dance Laury Dance – Living for the Roll

Dance Laury Dance, de Québec, est un groupe rock qui se fait un nom de plus en plus gros en alignant les tournées partout autour de la province. Ils ont présenté d’innombrables spectacles de Gaspé à Alma et ont même eu la chance de faire la première partie de Metallica lors de l’édition 2011 du Festival d’été de Québec. Si vous avez eu la chance de les voir sur scène, vous savez à quoi vous attendre de Living for the Roll : Un rock débridé, sans complexes, retenue ni censure.  Entre deux épopées tout aussi rocambolesques que pécheresses,  Dance Laury Dance nous embarque dans une aventure musicale aux riffs bien gras, portée par la voix rocailleuse du chanteur Max Lemire. Living For The Roll se veut une ode au mode de vie rock and roll, ses bons et ses mauvais côtés… et comment profiter des multiples vices qu’il offre. Sex, drugs and rock and roll baby!

L’album commence avec Burning Hot, et les paroles «I’ve lived every man’s dream, got caught in a wild wild scene, Legal ladies were all nineteen, and every one wants to be my queen…» De quoi vous donner une idée dès l’ouverture de ce que c’est de vivre pour le rock and roll. Montreal Hooker suit, une histoire de prostituées racontée avec autant de poésie qu’un dix-huit roues qui fonce dans un mur : Du rock, du vrai. Out With Rockers, le radio single de l’album, dépeint la relation entre un rocker et sa mère, et démontre très bien la mentalité live fast, die hard du rock. Death Train démontre des influences un peu plus hard. Le crystal meth y est à l’honneur et la chanson est aussi dure que la drogue en question, mais est un des clous de l’album. Sex Wolf, Bad Motherfucker, Revolver, Leather, Hell’s Rock n’ Rollers sont autant de chansons sur la drogue et le sexe, et même si les thèmes restent toujours semblables, la musique se renouvelle à travers tous les morceaux. Living For The Roll finit par démontrer qu’on devient accroc à ce genre de vie et qu’une fois qu’un rocker monte sur scène, ce n’est que la mort qui peut l’en descendre.  L’album se finit sur une note plutôt comique avec To Be Drunk, une chanson qui démontre encore une fois que les membres de Dance Laury Dance aspirent à beaucoup de choses … dont une quantité improbable de boisson.

Living For the Roll est un album de  hard rock au son plutôt classique, avec des inspirations proches des Motörhead et des Thin Lizzy de ce monde. Ils n’ont aucune notion du politiquement correct, et bien que ça en fasse une musique qui est loin d’être pour tout le monde, ça lui donne un petit charme crasse qui ira chercher les vrais rockers droit au cœur. Dance Laury Dance ont prouvé avec ce premier album qu’ils ont le rock and roll dans le sang et qu’ils prennent la scène pour partager le plaisir de leur musique – et leur caisse de 24. C’est définitivement une belle addition à la scène musicale locale.

La Cote Du Diable : 8/10

Auteur : Philippe Mandeville Gauthier

Album Review : Animals As Leaders – Weightless

Tosin Abasi (qui devrait être au-delà de toute présentation si vous lisez ceci) est un sale guitariste. Tout le monde a ses préférences niveau grattage de guitares, mais il est indéniable que le chef d’orchestre derrière Animals As Leaders et joue dans une classe complètement à part. Il est donc normal que Weightless ait été aussi désiré par les fans de métal progressif qu’un gros gâteau dégoulinant par un obèse en appétit. Et cet album, je peux garantir l’avoir consommé avec autant de voracité que l’obèse sus-mentionné.

Il est difficile de parler de Weightless sans parler de son prédécesseur, l’album Animals As Leaders. Ceux qui attendaient un clone du premier opus du groupe ont certainement été amèrement déçus : Weightless est une bête très différente que ce qu’on aurait pu être en droit de s’attendre.

Tosin Abasi pioche encore plus large dans son univers musical et on retrouve, disséminé à travers l’album : de l’électro, du jazz, de l’ambiant, du lounge, et ce, dans des proportions beaucoup plus grandes que sur Animals As Leaders. Les moments épiques, mémorables prennent davantage de place, parfois au détriment de la technique pure et dure qui avait fait le renom de leur précédent opus. Cette diversification dans le vocabulaire musical donne à chaque chanson un caractère vraiment unique. Ces chansons donc, ne forment pas systématiquement un ensemble cohérent, et sont reliées entre elles davantage par le style de composition.

L’album présente néanmoins les caractéristiques clés du style que le groupe s’est forgé : effusions de technique, polyrythmie à fond la caisse, que de l’instrumental, explorations jazzy dans l’harmonisation. Bref, c’est incontestablement un album d’Animals As Leaders. On ne peut en rejeter la paternité.

Il m’a fallu plusieurs écoutes pour digérer cet album. Il est amer, corsé, et impossible à écouter à moitié. Au final, il est légèrement moins facile d’accès que son petit frère, déjà assez aride pour le commun des mortels.

Moments forts : Weightless, Isolated Incidents, Cylindrical Sea, An Infinite Regression

Note : 8.5/10

Auteur : Alex Luca

Album Review : Megadeth – Thirteen

On les aime ou on les déteste, mais ils sont de retour : le groupe Megadeth a sorti le 1er novembre dernier leur treizième album studio, intitulé TH1RT3EN. Le nom manque d’originalité et est, selon l’avis de votre humble critique, plutôt atroce, mais ne reflète pas vraiment la qualité qu’on y retrouve. Effectivement, on y découvre tout ce à quoi on peut s’attendre d’un opus de Megadeth : La voix bien particulière de Dave Mustaine, ses solos criants et une grande diversité de chansons qui se prêtent aussi bien à la retransmission radio qu’aux petits bars underground. On y retrouve (enfin !) le bassiste David Ellefson, absent du groupe depuis 2001 et l’album The World Needs a Hero. Somme toute, TH1RT3EN est le meilleur album de Megadeth depuis Youthanasia (1994), mais possède plusieurs lacunes. Bien qu’on y retrouve plusieurs chansons qui plairont aux amateurs de speed metal et du vieux matériel du groupe, quelques compositions seront également reléguées assez rapidement aux oubliettes.

L’album commence avec Sudden Death, une piste qui avait à l’origine été écrite pour le jeu vidéo Guitar Hero : Warriors of Rock et a été publiée comme single sur iTunes en septembre 2010. La chanson en tant que telle est très radio-friendly, mais on y retrouve quand même les éléments intéressants du son de Megadeth, contenant plusieurs solos qui sont toutefois loin d’être les plus impressionnants du groupe. La suite est intitulée Public Enemy No.1, qui reprend le thème de gangsters et de criminels qui semble suivre le groupe au travers des albums. Cette chanson conserve un rythme relativement simple et catchy tout au long de la chanson, et inclut un solo court mais bien développé, et c’est pour ces raisons que le groupe en a fait son radio single pour promouvoir la sortie de l’album.

Whose Life (Is It Anyways ?) est une ode à la rébellion adolescente. On penserait qu’à 50 ans, Dave Mustaine aurait arrêté d’écrire des chansons sur les gens qui se plaignent de ses vêtements et de ses amis, mais il semblerait qu’il est encore assez jeune pour ça. We The People et Guns, Drugs & Money sont de ces chansons qui ne passeront probablement pas à l’histoire. Quelques bons riffs dignes de ce nom, mais sans plus.

Les choses commencent à devenir vraiment intéressantes sur cet album à partir du sixième morceau, Never Dead. On y retrouve beaucoup des éléments speed metal qui constituent le « traditionnel » Megadeth. Le groupe nous offre avec New World Order un des nombreux textes politisés de Mustaine, avec des gang vocals qui donnent toute son énergie à la chanson, et un bridge qui mène à une finale explosive. Les chansons Fast Lane, Black Swan et Wrecker, qui suivent, sont tout aussi rapides et intéressantes, surtout la seconde du lot qui ouvre d’emblée avec la guitare électrisante qui a toujours fait la force du groupe.

TH1RT3EN ne ralentit que queqlues chansons plus loin avec Millenium Of The Blind, qui est une version plus développée de la même pièce parue sur l’album Youthanasia en 1994. On y retrouve un son un peu plus propre et mieux défini, et un morceau généralement mieux travaillé, avec une introduction ajoutée. Dave Mustaine y a rajouté une critique sociale moderne dans la première partie de la chanson et a conservé les paroles dans la partie originale. L’album reprend un peu de rythme avec Deadly Nightshade, une histoire lugubre de morts nocturnes qui n’est pas des plus impressionnantes. TH1RT3EN se conclut enfin avec la pièce 13, qui raconte de façon très romancée comment Dave Mustaine a fait pour passer au travers de 13 albums avec son âme torturée et triste. Plutôt lente et ponctuée de musique plutôt douce (pour Megadeth) mais qui s’alourdit plus la pièce avance. Cette pièce est intéressante surtout parce qu’on y retrouve un investissement beaucoup plus personnel du chanteur que dans les autres morceaux de l’album.

TH1RT3EN n’est pas un mauvais album, loin de là, mais malgré les ressemblances avec les Rust in Peace et autres Symphony of Destruction, il ne les accote tout simplement pas. Le retour de David Ellefson marque définitivement pour le mieux les compositions et on y retrouve ce qu’on aime vraiment de Megadeth, mais les meilleurs jours du groupe en tant que compositeurs sont vraisemblablement passés.

La Cote Du Diable : 7.5/10

Auteur : Philippe Mandeville Gauthier

Album Review : Rainbow – Ritchie Blackmore’s Rainbow

Rainbow est un groupe qui a été fondé par le guitariste Ritchie Blackmore quand il a quitté le groupe rock légendaire Deep Purple suite à une insatisfaction quant à la direction musicale que le groupe prenait et les insuccès du groupe à l’époque. Il a donc recruté Ronnie James Dio et plusieurs des collaborateurs de ce dernier au sein du groupe Elf pour son projet de rock and roll qui sera un succès musical et commercial, mais qui finira en bout de ligne par souffrir de la présence d’un égo aussi grand que celui de Blackmore. Le premier album, intitulé Ritchie Blackmore’s Rainbow, est parmi les grandes œuvres du rock des années ’70, malgré qu’il soie relativement peu connu.

Ritchie Blackmore’s Rainbow a marqué une étape importante dans les carrières de Dio, dont le groupe Elf a connu un succès mitigé, et de Blackmore, qui s’associait avec un groupe de talent pour lancer sa carrière solo. On y découvre un son accrocheur, avec un excellent mélange de mélodies simples et complexes, et la voix versatile et puissante de Dio supporte parfaitement les solos efficaces de l’excellent guitariste avec ses paroles dignes d’histoires de cape et d’épée et autres sorcelleries. L’album débute en force avec Man On The Silver Mountain, qui est probablement la plus connue des chansons du groupe, et où on découvre tout le potentiel que le groupe avait entre les mains. On a droit ensuite à Self Portrait, une chanson où les talents vocaux de Dio sont tout à l’honneur. Le cover de la chanson Black Sheep Of The Family, du groupe Quartermass, est une grande pièce du rock progressif de son époque dont les auteurs n’ont malheureusement pas eu une grande carrière. Elle est toutefois très entraînante et définitivement une des pièces clé de l’album. On retrouve aussi une adaptation prog rock du blues du groupe The Yardbirds avec Still I’m Sad. Snake Charmer est un autre des morceaux importants qui ont fait de Rainbow un des grands groupes du rock and roll des années ’70. On y retrouve l’étendue du talent de Ritchie Blackmore, avec ce qui est le travail le plus impressionnant de l’album à la guitare et à la basse, et Dio y prouve encore une fois qu’il était une des plus grandes voix du genre. If You Don’t Like Rock and Roll est une chanson où on retrouve les origines même de tout ce qui est rock, avec le solo de piano en prime. On y retrouve aussi une paire de ballades, pas vraiment mémorables autrement que par le fait que Temple Of The King aie probablement été l’inspiration pour plus d’une aventure de Donjons et Dragons à tel point son récit est fantastique.

Somme toute, Ritchie Blackmore’s Rainbow a été un album qui a marqué le Rock And Roll par une exploitation différente des talents de Blackmore, et qui a fait le bonheur de plus d’un en permettant de lancer définitivement la carrière de Ronnie James Dio. L’alignement qui a enregistré ce premier album n’a pas fait long feu, le frontman ayant décidé de renvoyer le bassiste et le batteur pour leur style s’éloignant un peu top du rock à son goût. Rainbow nous aura servi par la suite deux autres excellents albums avant le départ de Dio, qui marquera la descente aux enfers pour le groupe. Ritchie Blackmore’s Rainbow est définitivement un album à avoir dans une collection de Rock and Roll !

Cote Du Diable : 8.5/10

Auteur : Phil Mandeville

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