Le monde du métal est en deuil! Les géants du thrash metal américain Slayer ont annoncé la fin du groupe après 37 de carrière. Mais quoi de mieux pour finir en beauté qu’un énorme bang avec une tournée à tout casser! Les groupes Lamb Of God, Anthrax, Behemoth et Testament ont la tâche de porter le cercueil en terre pour ce spectacle qui allait être pour plusieurs le show de l’année! La Place Bell allait clairement avoir de la difficulté à s’en remettre après ça!

Testament : un thrash qui rentre au poste!

Parmi les groupes de thrash metal américain, Testament est certainement un de mes préférés. C’est solide, rapide, pesant et le vocal de Chuck Billy est beaucoup plus agressif que la moyenne! C’était aussi un choix tout naturel de les voir dans le cadre de cette tournée. C’est donc vers 17h que le groupe est monté sur scène et nous a lancé Brotherhood Of The Snake tiré de l’album du même nom, le tout devant une Place Bell déjà très bien remplie. Le son m’a paru quelque peu inégal au début mais le tout s’est réglé assez rapidement. Les musiciens avaient l’air en forme et Chuck Billy était très communicatif avec la foule comme à son habitude. Avec une discographie comme la leur, il était clairement difficile de monter une setlist qui allait plaire à tout le monde. Le résultat a été un beau mélange de nouvelles pièces comme The Pale King et de classiques comme The New Order et ma préférée, Into The Pit. C’était étrange de voir un groupe comme Testament jouer pendant si peu de temps, mais pour ce que c’était, c’était très satisfaisant!

Setlist : Brotherhood Of The Snake, Rise Up, Electric Crown, The Pale King, Into The Pit, The New Order, Disciples Of The Watch

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Behemoth : Grim et brutal!

Probablement la partie la plus sombre du spectacle, le groupe polonais Behemoth y est allé avec son death/black metal intense et rapide devant une foule assoiffée d’agressivité. Le tout a commencé avec Ov Fire And The Void pendant laquelle le headbang était roi! Le tout était réglé au quart de tour (comme à leur habitude) et chaque musicien se donnait corps et âme. Le chanteur Nergal. avec son vocal des plus hargneux, a une excellente présence sur scène et on ne peut pas passer à côté du drummer Inferno qui est une véritable machine de guerre. Si les deux premières chansons étaient très efficaces, c’est lors de Ora Pro Nobis Lucifer que l’intensité a monté d’un cran. Nous avons même eu droit à Wolves Ov Siberia, une nouvelle chanson de leur nouvel album qui paraîtra plus tard cette année et ça m’a clairement donné le goût d’en entendre plus. Le tout s’est terminé avec O Father O Satan O Sun!, pièce lente et pesante où les musiciens, dans les derniers instants, ont revêtu des masques cornus et l’image projetée était hallucinante! Le groupe Behemoth est toujours une valeur sûre en spectacle et c’est toujours un plaisir de les voir!

Setlist : Ov Fire And The Void, Demigod, Ora Pro Nobis Lucifer, Wolves Ov Siberia, Chant For Eschaton 2000, O Father O Satan O Sun!

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Anthrax : Fort, très fort!

Si vous pensiez que le volume à la Place Bell était déjà élevé, ça a monté encore d’une grosse coche avec Anthrax! Bizarrement, c’est avec la pièce The Number Of The Beast d’Iron Maiden que le groupe est arrivé sur scène et le tout a commencé très solidement avec leur classique Caught In A Mosh. C’est à ce moment-là que la foule s’est vraiment déchaînée et ce n’était pas près de s’arrêter! Je ne suis pas le plus grand fan de la voix de Joey Belladonna mais pour quelqu’un dans la cinquantaine avancée, il est terriblement en forme! Charlie Benante est toujours absent dû à des problèmes familiaux c’est donc le légendaire Gene Hoglan qui le remplaçait et, sans surprise, il faisait un excellent travail. Par contre, je dois dire que le choix de chansons m’a quelque peu déçu. Bien sûr, on a eu droit à des classiques comme Caught In A Mosh ou encore Indians avec laquelle ils ont terminé leur set, mais l’absence de pièces comme Among The Living ou encore Deathrider que j’apprécie beaucoup m’a laissé sur ma faim. Malgré tout, les gars d’Anthrax ont offert une très bonne prestation et les gens présents avaient l’air très satisfaits.

Setlist : Caught In A Mosh, Got The Time, Madhouse, I Am The Law, Evil Twin, Antisocial, Indians

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Lamb Of God : Le métal américain dans toute sa splendeur!

C’était maintenant au tour du groupe Lamb Of God de venir détruire la Place Bell et on peut dire qu’ils étaient attendus de pied ferme! Je crois fermement que leur ajout à cette tournée allait carrément de soi et les atomes crochus entre eux et Slayer sont indéniables. C’est avec Omerta que tout a commencé et, malheureusement, la qualité de son n’était clairement pas au rendez-vous alors qu’une des guitares étaient très peu audible durant toute la première chanson. Tout est rentré dans l’ordre par la suite et c’est bien tant mieux, car Ruin avec un mauvais son aurait clairement causé une émeute tellement cette dernière agressive! Le vocal de Randy Blythe était brutale à souhait et tous les instruments étaient parfaitement audibles. Une chose qu’on ne pourra jamais reprocher à Lamb Of God, c’est de manquer d’intensité! C’est ainsi qu’on s’est fait envoyé une volée de classiques en pleine gueule comme Ruin, Walk With Me In Hell, Now You’ve Got Something To Die For et Laid To Rest. C’est aussi pendant leur prestation que j’ai pu voir un des plus gros circle pit que j’ai jamais vu! Quoi de mieux pour clore ce carnage que leur fameuse pièce Redneck qui a clairement donné un mal de cou à tout le monde! Lamb Of God ont donné un excellente performance mais il est certain que le plus intense restait à venir…!

Setlist : Omerta, Ruin, Walk With Me In HellNow You’ve Got Something To Die For, 512, Engage The Fear Machine, Blacken The Sun Curse, Laid To Rest, Redneck

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Slayer : La fin justifie les moyens!

C’est un sentiment doux-amer qui me prend alors que Slayer s’apprête à nous péter la face pour une dernière fois. Ils laissent dans le deuil des millions de fans à travers le monde et un trou béant dans la scène métal. Mais ne nous laissons pas entrainer par le chagrin et honorons ces géants du mieux que nous pouvons! Une chose qu’on peut dire de Slayer, c’est qu’ils n’ont jamais fait dans la dentèle, et ce soir ne fait pas exception! C’est avec Repentless que tout a explosé et je n’ai jamais vu un parterre de cette taille aussi chaotique de toute ma vie! Pour leur setlist, disons qu’ils n’y sont pas allés de main morte avec les classiques! On a donc eu droit à 19 pièces tirées de leurs meilleurs albums, allant de Show No Mercy jusqu’au plus récent, Repentless. Un immense triptique ornait le derrière de la scène qui a changé plusieurs fois au cours de la soirée ainsi que des éléments de pyrotechnique qui faisaient vraiment croire à l’enfer sur terre (et c’était génial!).

Tous les membres étaient en feu et si l’énergie dégagée par la foule était démentielle, le groupe leur rendait de façon remarquable. Tout s’est enchaîné et je me demande encore comment les gens ont pu survivre à ce flot de violence! Des pièces comme Disciple, War Ensemble ou le classique indémodable Raining Blood ont carrément tout démoli sur leur passage et je me demande bien quels autres groupes peuvent se targuer d’être aussi intenses! En hommage au regretté Jeff Hannemann décédé en 2013, un immense drapeau Heineken arborant son nom est venu appuyer la chanson Angel Of Death qui a clos le spectacle.

Pour plusieurs, ce fut probablement le show de l’année ou même le show d’une vie. En quittant la salle, on ne pouvait s’empêcher de ressentir un immense sentiment de satisfaction…et de vide. C’était le tout dernier spectacle de Slayer et il est encore difficile s’assimiler cette information. C’était intense, brutal et aussi émouvant. Personne ne peut voir ce que l’avenir réserve, mais un groupe de ce calibre sera très difficile à remplacer. En guise de finale, je ne dirai que la chose suivante : SLAYEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEER !!!!!!!!

Setlist : Repentless, Blood Red, Disciple, Mandatory Suicide, Hate Worldwide, War Ensemble, Jihad, When The Stillness Comes, Postmortem, Black Magic, Payback, Seasons In The Abyss, Dittohead, Dead Skin Mask, Hell Awaits, South Of Heaven, Raining Blood, Chemical Warfare, Angel Of Death

Auteur : Maxime Pagé

Photographe: Paul Blondé