Category: France

Le Soldat Rose 2 @ Le Zénith (Toulouse)

Groupe

26 Octobre 2014 – Ce soir, le Zénith de Toulouse accueille toute la troupe du Soldat Rose 2 et prend pour l’occasion des allures de cour de récréation. Énormément d’enfants sont présent accompagnés de leurs parents, et pour le coup, jamais je n’ai vu la buvette du Zénith aussi déserte contrairement au stand de bonbons et pop-corn qui ne désemplissait pas.

La soirée débute à 20h15 avec Greg Zlap en 1ère partie. Un harmoniciste qui retrace dans son spectacle les aventures d’un harmonica à travers le monde. Une cinquantaine d’harmonicas seront d’ailleurs distribués aux enfants juste avant le spectacle pour qu’ils puissent participer. Autant vous dire qu’il n’en fallait pas plus pour exciter tout ce petit monde. Un très bon moment pour les petits, mais long et sacrément ennuyeux pour les grands.

Il est 20h45 quand les musiciens entrent en scène, dans le noir total, seulement munis de lanternes. S’en suit la voix de grand magasin incarnée par Isabelle Nanty accompagnée de Leeroy, un beatboxer et bruiteur, qui vont à eux 2 nous raconter l’histoire entre chaque chanson et provoquer de grands moments de rire dans le public. Et c’est ainsi que peuvent commencer à se succéder sur scène tous les personnages de ce merveilleux conte qu’est Le Soldat Rose. Un soldat devenu malencontreusement bleu à cause d’un lavage en machine au milieu de blue jeans et prêt à tout pour retrouver sa couleur d’origine.

C’est ainsi que, chacun leur tour, les artistes prennent place pour nous chanter leur partie de l’histoire. Tété en panthère noire, Nolwenn Leroy en Made in Asia, le talentueux Thomas Dutronc est le soldat rose, Rose incarne la boite à meuh en remplacement de Camelia Jordana retenue sur d’autres projets. La standing ovation était ce soir pour le gardien de nuit interprété par Francis Cabrel. Elodie Frégé, Ours, Pierre Souchon, Helena Noguerra, Oldelaf et Renan Luce, tous auront mis du cÅ“ur dans ce projet et fait qu’il en ressorte un spectacle magique pour les petits et les grands.

Crédit photo : Le Soldat Rose 2 (Zénith de Paris)

Auteur :  Elodie Gallenstein

Christine and the Queens @ Le Metronum (Toulouse)

Christine and the Queens

23 octobre 2014 – Cela fait des mois que Le Metronum affiche complet pour le concert de Christine and the Queens, et c’est à 21h30, que le groupe prend place sur scène. Beats electro et murmures, Christine, alias Heloise Letissier, apparaît dans la lumière entre deux danseurs. Un musicien aux machines, un autre à la guitare, c’est Starshippers extrait de son EP Nuit 17 à 52, qui ouvre le bal. Ce premier morceau terminé elle nous demande si nous allons bien et déjà le public est conquis. L’enchaînement se fait avec Half Ladies, porté par une vidéo où apparaît Christine, ses mouvements dédoublés en spectres. Ce morceau donne place à une incroyable chorégraphie ultra-synchro entre les danseurs, elle-même sur scène et les images à l’écran. Fin du deuxième morceau, s’adressant à un public qu’elle qualifie de très (trop) attentif, elle nous invite à entrer dans son univers où chacun peut être qui il veut, y compris un Dragibus. Elle, décide d’être une chanteuse américaine, ce qui débouche alors sur le titre anglais IT et cette fois l’arrière scène reflète le show en ombres chinoises. Par la suite l’ambiance devient plus disco, bien décidée à nous faire danser, la Christine. Portée par une mouvance hybride elle enchaine les genres musicaux sans transition, entre pop poétique piquée de tristesse et influences soul et RnB. Jouant de ses énergies masculines et mixant les identités, elle nous offre une belle performance scénique entre danse, lumières et vidéos. Sur les coups de 22h sur une scène inondée de lumière rouge, elle entonne Amazoniaque, une cover de Yves Simon durant laquelle elle sortira de sa poche des poussières de paillettes. 22h20, sur une vidéo où le visage de Christine se défigure comme dans un miroir déformant, le morceau Saint Claude retentit, très attendu par le public qui s’enthousiasme. Elle soulignera alors le paradoxe de cette chanson traitant de la solitude et elle chantant désormais devant une salle comble. C’est sous une pluie de faisceaux lumineux que Christine quitte la scène. Le public en redemande et elle revient alors pour nous chanter a capella un morceau disco : Safe and Holy, avant d’entamer le titre Nuit 17 à 52, pour lequel elle nous demande alors de déployer portables et briquets. Danseurs et musiciens réunis autour de Christine, le groupe salue le public, ce qui est finalement assez rare en musique lorsque les artistes quittent la scène. Mais le public n’est pas encore rassasié et c’est Chaleur Humaine qui servira le deuxième rappel, bouquet de fleurs à la main, en rappel à la pochette de l’album. Nous tournant le dos, à la fin du morceau, elle lancera son bouquet au public. Elle nous remerciera encore une fois de notre présence, et ce malgré le concert de Stromae qui se déroule le même soir dans la ville rose, artiste duquel rappelons-le elle faisait les premières parties l’an dernier.

Christine and the Queens sera de retour à Toulouse le 25 mars prochain au Bikini et on vous déconseille de rater ce grand moment !

Auteur : Vanessa Eudeline

Photographe : Antony Chardon

Skip The Use @ Le Phare (Toulouse)

02 STU16 Octobre 2014 – Il y a des jours où l’on a besoin de décompresser et de relâcher la pression, alors quoi de mieux qu’un bon petit concert pour se défouler. Proposé par Première Pression, c’est au Phare à Tournefeuille, dans la banlieue toulousaine, que se sont donné rendez-vous près de 2 500 personnes pour le live des lillois survoltés de Skip The Use.

Initialement prévu à 20h, c’est finalement avec 15mn d’avance que la première partie entre en scène pour attaquer son set. Beaucoup se sont fait surprendre par ce léger décalage. C’est donc en cours de concert que je découvre ce groupe originaire de Strasbourg du nom de Colt Silvers, un savant mélange de rock, d’électro et d’un je ne sais quoi, qui donne une ambiance toute particulière. Les 3 compères s’en donnent à cÅ“ur joie pour remuer la salle, mais leur univers musical n’est pas perçu et compris de tous. C’est sur le 8ème et dernier morceau, Silver Horses extrait de leur deuxième album Red Panda, que la foule se met enfin à bouger un peu. Comme une bonne partie du public, je suis resté sur ma faim, peut-être une incompréhension de style.

SET LIST COLT SILVERS :
Season Of Silence
Zrgzwang
Tears In Rain
Peaches
Werewolves
Summer & Fall
As We Walk
Silver Horses

C’est sur les coups de 20h50, après un changement de matos rapide, que Mat Bastard et ses acolytes prennent place sur scène. Le concert débute sur une petite intro, suivi de 30 Years, morceau de leur dernier opus Little Armageddon sorti en ce début d’année. Le public est encore un peu “en dedans”, mais les morceaux s’enchaînent les uns après les autres. Mat au chant saute d’un bout à l’autre de la scène, ainsi que Jay Gimenez (basse), Yan Stefani (guitare), Lio Raepsaet (clavier) et Manamax Catteloin (batterie) se donnent à fond, comme à leur habitude. Mais pour réussir à donner autant, ils ont besoin de recevoir. C’est donc tout naturellement que Mat et Jay décident de chambrer le public pour le faire sortir de son mutisme. Recette efficace, car sur Give Me Your Life, il fait sauter le public, qui se transforme alors en une seule silhouette, en les faisant aller de droite à gauche. Le public toulousain s’embrase enfin. Le spectacle est excellent, la basse de Jay groove sur les frappes de Manamax et les rythmiques de Yan et Lio, jusqu’au morceau Ghost qui fini d’incendier Le Phare entier. Juste énorme. Après cet incendie musical, le groupe sort de scène pour laisser Mat seul à la guitare sèche qui interpréte alors un magnifique message de paix avec Etre Heureux, seul titre du groupe dans la langue de Molière. Tous le monde se tient par la main et danse ensemble, sublimissime. Retour du groupe au complet pour les derniers morceaux et pour un retour aux sources avec un medley de leur premier groupe Carving. La soirée se termine comme à leur habitude sur Bastard Songs, et comme d’habitude dans l’euphorie générale.

Ces ch’tis sont toujours aussi bouillants et c’est un vrai régal à voir et à écouter en live. Merci à Première Pression pour cette soirée qui restera inoubliable pour bon nombre d’entre nous.

SET LIST SKIP THE USE
Intro
30 Years
Nameless
Antislavery
Cup Of Coffee
Pil
Give Me Your Life
Off Me
Wrong Man
Drum Solo + Second To None
Intro + People In The Shadow
Gone Away
The Story Of God’s And Men
Ghost
Etre Heureux
Hell Parade
Medley
Bullet
Bird’s Are Born To Fly
Bastard Songs

Auteur et Photos : David Torres

Bite Me #1 @ Le Bikini (Toulouse)

Danger

17 Octobre 2014  – Vendredi dernier se déroulait au Bikini la première édition d’un concept de soirée totalement différent de ce qu’on a l’habitude de voir. A contrario de très nombreuses soirées électro où les DJs de renommés internationales se succédent derrière les platines jusqu’au petit matin, les soirées Bite Me, organisées par les associations toulousaines Reg@rts et Jerkov, ont pour objectif de nous sortir des sentiers battus avec un mélange de DJ sets et de performances live. Très prometteur donc de voir des instruments fusionnés à l’électro. Sur le papier cette soirée semblait énorme mais elle n’a malheureusement pas tenue toutes ses promesses.

Le gros coup dur pour cette première édition est venu du déplacement au Bikini de la soirée WHAT’S HOP initialement prévue au Connexion Live. On ne connait toujours pas les raisons d’un tel chamboulement la veille de l’évènement, mais on a pu être spectateur des nombreuses conséquences. La soirée Bite Me a débuté à 1h du matin au lieu des 23h à l’origine, ce qui a engendré un faible déplacement des fêtards toulousains. Un peu plus de 150 spectateurs dans un Bikini pouvant en accueillir 1400, ça ne présageait rien de bon pour la suite. Toujours annoncé présent par les organisateurs à 18h, le groupe français Deux Boules Vanille n’aura finalement pas foulé les planches du Bikini lors de cette soirée. Avec une soirée 2h moins longue qu’à l’origine, on s’attendait à de telles conséquences, mais annuler le groupe qui le plus représente le plus le concept des soirées Bite Me n’était peut-être pas le plus judicieux.

Même si l’ambiance n’était pas totalement au rendez-vous, on aura néanmoins pu vibrer avec une succession d’artistes talentueux venus d’Europe ou de Canada : Camilla Sparksss, Aucan, Danger, puis pour finir Calvertron. On notera la performance hallucinante du français Franck Rivoire (sous le pseudonyme DANGER) avec son électro house entrainante et son personnage très graphique et envoutant inspiré du Mage Noir du jeu vidéo Final Fantasy IX.

Un énième regret avec le trio Aucan venu sans son batteur et qui a réalisé un simple DJ set au lieu d’une vraie prestation live. L’expérience Bite Me permettant à l’origine de croiser les styles musicaux et de voir apparaitre des vrais instruments sur scène n’aura quasiment pas eu lieu. Heureusement que Camilla Sparksss a sauvé le concept de la soirée avec sa Cold Wave et Hyper Pop bien barrée et rythmée.

On espèrere quand même voir perdurer les soirées Bite Me avec néanmoins de nettes améliorations, afin que le concept tienne toutes ses promesses.

Auteur & Photographe : Antony Chardon

Sébastien Tellier @ Le Bikini (Toulouse)

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15 octobre 2014 – Il est 20h30 quand le quatuor toulousain Le Common Diamond vient s’emparer de la scène du Bikini, habillée d’un diamant luminescent. Percussions, guitares, synthé et batterie fusionnent pour mêler pop, beats minimalistes et électro, accompagnés de leurs voix chimériques. Leur créneau c’est la space pop, et ces prodiges de la scène musicale toulousaine entame avec brio la soirée.

Après une attente quelque peu longue, c’est sur les coups de 21h40 que les musiciens se mettent en place, le batteur entame les premières notes et Sebastien Tellier fait son entrée affublé d’une casquette -imprimée nuages et montgolfière- et de larges lunettes teintées remémorant celles du Duc Lebowski. Il nous salue et vient s’installer derrière son micro, accompagné de sa guitare électrique, pour entonner Ma Calypso. Dans une ambiance plus aérienne il enchainera avec L’Adulte avant d’interpréter la lascive Cochon Ville extraite de sa période bleue, sous des multi-faisceaux roses et bleus, durant laquelle muni de son verre il portera un toast vers le public. Le temps de s’allumer un cigarillos et c’est alors Divine qui succède, le titre (produit par  Guy-Manuel de Homem Christo des Daft Punk) qui l’a fait connaître du grand public lors de sa présentation -polémique- au concours Eurovision en 2008. Il remerciera ensuite le public toulousain : “C’est gentil de nous écouter et c’est gentil aussi de nous applaudir”, avant de se mettre au piano pour l’interprétation voluptueuse de Roche. A la fin du morceau Sebastien Tellier nous évoquera un problème technique, uniquement prétexte à vanner la bière qu’on lui a servi ou encore Stromae. Ce petit interlude terminé, il continue avec l’interprétation, toujours au piano, de L’Amour Naissant. S’en suit le morceau Kilometer où sa voix sera sophistiquée par un effet voix de robot, technique avec laquelle évidemment il s’amusera à la fin du couplet. Car Sebastien aime faire rire la galerie, d’après lui sa conjointe lui décèlerait même l’humour de Dubosc, et c’est inopinément qu’il entonne à capella la chanson de Dalida : Il venait d’avoir 18 ans. Après ces quelques malices, il se place au synthé et promet de faire moins de blagues et plus de musique. Sur les coups de 23h la fin du concert se rapprochant il interprète Ricky l’Adolescent avant de nous annoncer sa “chanson préférée, celle qu’il aime jouer depuis toujours”, s’installant au piano c’est bien évidemment les première notes de La Ritournelle qui émanent. Alors que les musiciens s’exécutent toujours, Sebastien Tellier quitte la scène en nous embrassant. Après quelques minutes de pure instrumental il revient de lui même pour le rappel, débarquant avec une cape à capuche dorée et sa guitare.

Le concert achevé, la salle se vide et le public a l’air satisfait. Chez Thorium nous sommes un peu plus mitigés, mais pour ce personnage haut en couleurs sans doute avions-nous placé la barre de nos attentes scéniques et vocales un peu haute. Et je dois dire -non sans humour- que je lui en veux beaucoup de ne pas avoir interpréter Look.

Auteur : Vanessa Eudeline

Photographe : Antony Chardon

In Flames @ Le Rocher de Palmer (Bordeaux)

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10 Octobre 2014 – 17h30, après quelques heures de route en provenance de Toulouse, nous voici devant  Le Rocher de Palmer à Cenon, dans la banlieue bordelaise.  Garés non loin des Tour bus, nous apercevons l’un des guitaristes d’In Flames qui nous salue, je réalise que c’est le grand jour … 10 ans que j’attends ce concert ! Je récupère mon précieux laissez-passer vers 19h30 et découvre le Rocher 1200, la plus grande des trois salles du complexe qui se remplira au fil de la soirée.

Vers 20h30, les lumières s’éteignent pendant que les jeunes de While She Sleeps se mettent en place sur la scène. Ce groupe de hardcore venu du Royaume-Unis a été formé en 2006. Après un EP en 2010, l’album This Is The Six est sorti en 2012 et leur a permis de gagner l’Award du meilleur nouveau groupe britannique de l’année. Sur les planches du Rocher, le quintet se donne à fond et enchaînera 5 titres pêchus comme Death Toll et Crows ainsi que le très mélodique Crows Our Courage, Our Cancer qui prend aux tripes. Le groupe va déverser une onde d’énergie sur le public qui commence à sauter, crier et fera même un petit wall of death à la demande du chanteur Lawrence Taylor.  Un son plein de fougue qui passe vraiment bien en live, les riffs sont efficaces et les refrains chantés en cÅ“ur par tout le groupe sont fédérateurs. Le set prendra fin sur le morceau Seven Hills. Un début de soirée qui démarre fort et une musique en accord avec le public présent ce soir, plutôt très jeune. Certains auront d’ailleurs pu faire leur premiers slams, tous fiers !

Les britanniques cèdent leur place à Wovenwar  qui réunit les anciens membres d’As I Lay Dying (en dehors de Tim Lambesis  arrêté en mai 2013) et le chanteur Shane Blay du groupe de metalcore chrétien Oh, Sleeper . Fraîchement formés, proposant un métal alternatif  ils ont donné naissance à un album éponyme sorti l’été dernier et joueront 11 des 15 titres ce soir dont Profane, Archers, Identity, The Tempest, Matter of Time. Proposant une musique beaucoup plus calme que While She Sleeps l’ambiance festive qui avait été amorcée va redescendre d’un coup. Pour ma part leur concert m’a semblé interminable et fade, je me suis cru au milieu d’une scène de bal de promo de série américaine, les deux vocalistes statiques en mode “beau gosses”. Lorsque Josh Gilbert , qui assure également la basse se met à chanter, on a juste envie que ça s’arrête ! Dommage car la partie instrumentale est plutôt bonne avec Shane, Phil Sgrosso et Nick Hipa aux guitares, et Jordan Mancino, remarquable à la batterie. Ce dernier,  je l’ai surnommé Astelix avec ses cheveux blonds et sa moustache à la Astérix semble être tombé dans la potion avec sa carrure plus proche de celle d’Obélix. Ses baguettes sont aussi grosses que des bûches, sa frappe est puissante et sèche et on l’imagine plus dans un groupe comme Pantera que Wovenwar. On entendait malheureusement très peu Nick qui pourtant s’appliquait à donner le meilleur de lui-même. Choix judicieux, leur show s’achèvera sur un titre sans parole : Onward. Le calvaire terminé, c’est un public ramolli et plus languissant que jamais qui trépignent de l’arrivée d’In Flames sur scène.

Le groupe suèdois existe depuis les années 90, la formation a subi divers changements dont le départ du guitariste et co-fondateur Jesper Strömblad en 2010. Variation dans le line-up, de prod, mais aussi dans le style puisque In Flames, qui faisait au départ du death mélodique assez bourrin, évolue vers une musique plus soft rajoutant des chœurs et du chant clair (depuis Reroute To Remain). Aujourd’hui, In Flames est de retour avec un onzième album nommé Siren Charms présentant le guitariste Niclas Engelin, qui avait déjà remplacé Jesper autrefois, comme membre officiel.  De nombreux fans ont déclaré ne plus aimer le nouveau style du groupe qui, lui, assume totalement cette évolution.
C’est aux alentours de 22h que la salle est à nouveau plongée dans l’obscurité. Le public en ébullition appelle le groupe et moi je tremble d’impatience ! La scène est inondée par les nombreuses lights qui clignotent faisant apparaître progressivement les membres d’In Flames pendant que les premières notes d’In Plain View résonnent. S’en suivra Everything’s Gone, un démarrage énergique avec ces deux morceaux du dernier opus. Je suis placée devant le charismatique Björn Gelotte hyper souriant, dieu de la guitare jouant principalement sur Gibson et ne fait qu’un avec son instrument. Ce son clair et mélodieux me donne la chair de poule. C’est aussi un véritable showman : il pose pour les photos, il nous fait des signes et nous encourage à chanter. L’enchaînement de Fear Is The Weakness, Trigger et Resin va transcender la foule, qui gueule les refrains, headbang, slame, saute … Les natifs de Göteborg nous offrent un show de grande qualité, le son est vraiment parfait et le jeu de lumières magnifique, bien qu’un tantinet aveuglant. Anders semble un peu fatigué mais reste très proche de son public avec lequel il plaisante, il demande aux gens de ne pas lésiner sur les prises de vue piquant parfois un appareil afin d’en faire lui-même. Durant tout le concerts Niclas, Björn et Anders bougent dans tous les sens toujours souriants, Peter Iwers à la basse et Daniel Svensson à la batterie sont plus discrets que leurs confrères mais non moins efficaces . Le public entonne chaque refrain, l’ambiance est à son comble, c’est un vrai moment de partage avec le groupe. Après la tant attendue Cloud Connected, le chanteur prend la parole et promet un “High five” en échange d’une caméra. Un jeune homme torse nu lève la main et Anders lui dit : “habituellement je ne suis pas branché mec, mais ce soir peut-être que je ferais un exception” provocant ainsi les éclats de rire dans la salle, c’est qu’en plus il a de l’humour ! Finalement un autre jeune aura la chance de filmer la prestation durant Only for the Weak, depuis la scène.  Un peu de calme avec The Chosen Pessimist, on passe de la frénésie à la mélancolie parfaitement interprétée et permettant d’apprécier la sublime voix claire du chanteur. In Flames nous offrira cinq autres morceaux sans rappel avec une fin endiablée sur Take This Life. A bout de souffle mais totalement conquis, les spectateurs acclament le groupe qui prendra le temps de nous remercier et de nous saluer un bon moment avant de nous quitter définitivement. Pendant 1h30 le temps a filé à une vitesse phénoménale !

Environ 800 personnes étaient présentes pour cette date, ceux que j’entendais râler à propos de la setlist en début de soirée ont finalement été envoûtés par la magie In flames. Je remercie Nous Production pour ce concert inoubliable, qui m’a fait vibrer, trembler, et même pleurer . Merci également aux trois groupes et tout particulièrement à Björn et Peter qui sont venus échanger quelques mots  avec les 5 fans que nous étions à attendre jusqu’à 1h30.  Si vous avez l’occasion de les voir foncez vous ne le regretterez pas !

 Auteur et photographe : Fanny Dudognon

Conan @ La Dynamo (Toulouse)

3 Conan 0802 Octobre 2014 – Ce soir c’est une soirée Doom concoctée par Noiser à la Dynamo, salle connue et reconnue de tous, autant par les clients que les musiciens eux-mêmes, qui fermera prématurément ses portes en 2015. Alors avant que n’arrive cette triste date du mois de mars, Noiser a fait appel à Black Oak Mountain et Soyuz Bear, 2 groupes toulousains et un des maîtres du genre, natif de Liverpool, le groupe Conan, pour démontrer que cette salle mérite de vivre encore bien longtemps pour la musique, toute la musique.

C’est à 20h30, que les jeunes toulousains des Black Oak Mountain débutent leur set. Choix de dernière minute ou surprise de la prog, on ne sait pas trop, toujours est-il que ce groupe n’était pas prévu  au programme, et surtout d’un genre musical surprenant. Apres les premières notes, le public est un peu dubitatif, s’attendant un bon gros son bien lourd, ce  groupe propose plutôt du Rock que du Metal et encore moins du Sludge, Doom ou autres Stoner. Mais même avec leur peu d’expérience, ils nous ont proposé 30 minutes de bonne facture, malgré quelques imperfections techniques et de temps à autre de petits décalages de leur tout nouveau et très jeune batteur. Cependant ils offrent un Rock énergique et légèrement vintage qui résonnera forcement dans les salles toulousaines prochainement, après de petits réglages. A suivre !

C’est encore un groupe toulousain qui suit, pour la seconde partie de la soirée. Créé il y a peu aussi, Soyuz Bear, nous propose du Sludge/Doom. Un style de Metal, avec des basses très lourdes, un rythme lent et une atmosphère pesante et noire. Même si ce style musical m’est moins familier, des le premier morceau on sent une plus grande maturité dans le jeu des quatre musiciens formant le groupe et une cohésion plus forte. Avec une basse très saturée et lourde, des riffs simples mais efficaces à la guitare rythmée par une batterie tantôt lente et pesante pour les morceaux très Doom, tantôt plus percutante et virulente pour les morceaux plus Sludge. Le tout est soutenu par la voix , voir plutôt les hurlements du chanteur, qui passa la majeur partie du concert dos à la salle. Pas commun, mais qui a fait son effet. Même si ce soir la voix imposante de ce dernier est passée un peu inaperçue à cause d’un réglage trop bas et trop saturé, et donc recouvert par l’ensemble du groupe. Le public est tout de même très réceptif et commence à bien remuer la tête. Une prestation d’une petite quarantaine de minutes de la part de Soyuz Bear qui a bien préparé la salle pour la venue des Anglo-Saxon.

C’est vers un peu plus de 22h que le trio britannique débarque sur scène, leurs têtes recouvertes de casquettes et de sweats à capuche, et qu’ils garderont jusqu’à la fin du concert. Une intro longue et entêtante nous plonge encore plus dans cette ambiance très lourde et macabre. Relevée par les cris aigus et violents du chanteur/guitariste, doublés de la voix plus plombante du bassiste et les frappes lourdes et puissantes du batteur. On se rend compte que le réglage du son est très important pour ce style musical, voir primordial. Car en effet ce n’est pas sur la complexité des riffs ou la technique du jeu de guitare que repose l’ambiance musicale de Conan. Que l’on soit adepte ou pas de ce genre musical, tout le corps est emporté par ces basses prenantes, et ce rythme qui entraîne ce mouvement de tête appelé handbang. Il n’y a qu’à regarder le public de La Dynamo ce soir, secouer les cheveux en cadence sous les coups de butoir du batteur.

Merci a Noiser pour cette soirée, qui fut une première pour moi, mais qui a ravi toute une salle de handbangers, et merci a la Dynamo pour son éclectisme mais surtout d’exister tout simplement pour la musique.

Auteur et photographe : David Torres

Asaf Avidan @ Théâtre de l’Archipel (Perpignan)

Asaf Avidan

Photo prise le 4 avril 2013 @ Le Bikini Toulouse

04 octobre 2014 – Back to Basics, par cette désignation, l’israélien à la voix d’or que l’on ne présente plus, prend ses distances avec sa tournée précédente et son brusque succès pour offrir à son public une approche sincère de la performance musicale. Un moment intimiste dont on ne peut que se réjouir.

Asaf Avidan fait son entrée sur les planches du Théâtre de l’Archipel ovationné par une salle comble, déjà les premiers “I love You” clamés par les jeunes femmes du public se font entendre. C’est en toute humilité qu’il prend place sur son tabouret et se met à gratter les premiers accords de My Latest Sin sur sa guitare acoustique, entonnant le refrain “Don’t Cry” de sa voix pénétrante. Sur le 3ème titre Maybe You Are il s’accompagne d’un harmonica en sus de sa guitare. Malgré les interdictions le public ne pourra s’empêcher de tenter quelques photos de leur idole. Plus tard il se débarrasse de sa veste et la dépose sur le porte-manteau placé sur scène. Une simple gesticulation qui lui vaudra les cris hystériques de la gente féminine. Fringué de ses emblématiques bretelles noires apposées sur son marcel blanc, il salue la salle  désormais éclairée, avant de nous demander en anglais qui a déjà assisté à ses lives, quelques mains se lèvent et il constatera un peu déçu : “just a few“. Asaf aime se raconter à son public, il évoquera celle qui a brisé son cÅ“ur, et fera rire les spectateurs de quelques anecdotes, et autres jeux de rôles, toujours en anglais. Sur les coups de 21h10 il reprend l’harmonica et les applaudissements, en rythme avec l’interprétation, donnent de l’entrain au morceau. Dix minutes plus tard il reprend le tabouret qu’il avait éloigné, “We love you” hurle une jeune femme avant de s’entendre répondre par Asaf “I love you baby”. A présent réinstallé, alors qu’il s’accroche des grelots autour de la jambe un “I love You” poussé par une voix grave masculine se fait entendre et déclenche des éclats de rire. Les déclarations d’amour vont décidément bon train durant ses concerts. Puis la musique reprend : enregistrement de riffs sur son looper, rythmes électroniques réalisés sur un pad de percussions, en musicien accompli il nous révèle toute l’étendue de son talent sous un jeu de lumière enivrant, un moment incroyable qui s’illustre autant par sa voix, l’émotion qui s’en dégage, que par la performance instrumentale. Sur les coups de 21h35 il nous apprend que l’interprétation qui va suivre, Conspiratory Visions of Gomorrah, a été traduite en français. A la fin de cette version émérite les lumières se rallument sur un public bouleversé mais toujours très reconnaissant. S’en suivra le titre Different Pulses. 

Vers 22h Asaf nous remercie et quitte la scène, avant de revenir moins d’une minute après. Les premiers accords grattés sur sa guitare acoustique ne tardent pas à se faire reconnaître par les fans qui s’enthousiasment, il s’agit de Reckoning Song. Pour terminer le rappel le jeune homme nous proposera de choisir entre Cyclamen et Love or Leave It par un vote à mains levées mais n’arrivant pas à nous départager il interprétera les deux à la suite. Cette fois il s’agissait bien du final et nous quittons le théâtre foudroyés par sa prestation aussi belle que profonde.

 

Auteur : Vanessa Eudeline

Crédit Photo : Jérôme Jacques (Archive Thorium Magazine)

 

YOB @ La Dynamo (Toulouse)

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6 octobre 2014 – Après le concert de Conan qui a eu lieu le 2 octobre, Noiser nous a concocté une deuxième fournée à base de doom metal.  Les groupes présents ce soir nous viennent tout droit des Etats-Unis, il s’agit de Yob en tête d’affiche et Pallbearer en première partie. Les gens arriveront doucement mais sûrement, il faudra attendre environ 21h00 pour que le show démarre.

Pallbearer investi donc le plancher de la Dynamo et nous plonge directement dans une ambiance sombre et mélancolique. Le groupe réuni depuis 2008, a démarré avec un excellent premier album Sorrow and Extinction, sorti en 2012. Cette année les américains ont donné naissance à un second opus : Foundations of Burden, plus abouti que le précédent. Lorsque l’on écoute Pallbearer, on ressent une certaine fragilité, notamment grâce à la sublime voix de Brett Campbell et le son impeccable de sa Fender. Devin Holt, et son allure de thrasheux,  à la guitare et Joseph D.Rowland à la basse nous inondent de la lourdeur propre au doom, accompagnés par Mark Lerily à la batterie. Le set durera pas loin de 40 minutes, on peut louanger la qualité de leur musique et leur capacité à jouer des morceaux longs d’une dizaine de minutes chacun comme The Ghost I Used To Be. Un très beau moment,  alliant noirceur, délicatesse et pesanteur.

Une petite pause et un changement de configuration plus tard, et c’est Yob, référence absolue du genre, qui prend possession de la scène. Je ne suis pas très expérimentée en matière de doom metal mais je connaissais quelques morceaux du groupe ainsi que leur très bonne réputation en live.
Pour  ceux qui, comme moi ne connaissent pas trop le doom : le style a été influencé par des titres tels que Into the Void ou encore Electric Funeral de Black Sabbath. Caractérisé par des tempos lents, les guitares et basses produisent des sons graves, lourds, épais. Les paroles quant à elles évoquent souvent des idées noires, le désespoir et la mélancolie.
Yob à été fondé en 1996 par Mike Scheidt qui assurent aujourd’hui encore le rôle de leader vocaliste et guitariste, il est actuellement  accompagnée d’Aaron Rieseberg à la basse et du batteur Travis Foster . Un septième album a vu le jour en 2014: Clearing The Path To Ascend. Ce soir les oreganais sont en forme et vont nous envoyer du gros son. Les pédales de distorsion sont de sortie, ce qui permet à Mike et Aaron de varier les sonorités, de passer du gras au mélodique et c’est cela qui amène toute la magie à leur musique. Le frontman, souvent comparé à un gros  nounours tatoué, impressionne tant par son charisme que par ses prouesses vocales et la maîtrise de sa guitare. J’aime vraiment voir ce genre de spectacle, lorsque les musiciens font corps avec leurs instruments et je ne suis pas la seule car le public acclame le trio. Le bassiste, calme de prime abord nous offrira une valse endiablée avec sa quatre cordes, sautant sur ses pédales de disto et faisant virevolter sa chevelure blonde. Seul Travis reste calme derrière ses futs battant le rythme, tantôt lent tantôt groovy.  Le show nous permet également de constater que les nouveaux titres comme In your Blood passent vraiment très bien sur scène. Le groupe termine son set par la sublime Adrift The Ocean, une envolée celeste, planante à souhait. Les spectateurs sont ravis et le font savoir par de nombreux cris et de chaleureux applaudissements  et les trois acolytes repartent le sourire aux lèvres après avoir serré quelques mains.

Environ 150 personnes étaient présentes ce soir pour admirer ce show magique et en prendre plein les oreilles. Le son était très fort, parfois un peu dérangeant mais c’est aussi ça le doom, ça doit faire trembler les murs et vibrer les corps. Merci à Noiser pour avoir, une fois de plus, organisé un concert d’une grande qualité. Yob est une petite merveille à découvrir en live, si vous aimez partir à la dérive vous aussi ! Les deux groupes étaient également très accessibles et  communicants tout au long de la soirée, un vrai moment de partage fort agréable.

Auteur et crédit photo: Fanny Dudognon

Blonde Redhead @ Le Bikini (Toulouse)

Blonde Redhead

Jeudi 2 octobre – C’est le groupe Alone With Everybody, habitué des premières parties toulousaines, qui aborde cette soirée. Le duo fraternel, Camille et Louisa Bénâtre, accompagné de Ayumu Matsuo et Maxime Costa à la batterie et la basse, interprète leurs mélodies caressantes assorties de paroles écrites en anglais.

21H45 après une longue attente le trio prend enfin place. Le live débute entre Kazu Makino au clavier et Amadeo Pace à la guitare électrique, quelques accords plus tard Simone Pace amorce les coups de batteries et Kazu donne de la voix pour interpréter le titre Barragán. A partir du deuxième morceau, Lady M, elle prend la basse et Amadeo la relaie au chant de sa voix délicate. Ce début de concert, qui intègre leur neuvième opus Barragán, est très atmosphérique. Sur les coups de 22h le concert change de cap en même temps qu’Amadeo quitte son chapeau, place au rock et Kazu retourne au clavier. Il est environ 22h40, après avoir enchaîné les titres électrisants Dripping et Melody of Certain Three, c’est dans ce moment des plus enivrants qu’ils décident de nous quitter. Quelques minutes de réclamations du public et les voilà de retour sur scène nous saluant et nous remerciant. La voix pure de Kazu s’accompagne de quelques accords de guitares grattés par Amadeo et c’est The One I Love que le public reconnait. Enchainement d’un deuxième morceau, faux départ, la chanteuse gênée s’excuse alors d’un trou de mémoire puis reprend. Le morceau final sera plus rock, Miss Makino embarque alors le micro et s’étourdie dans une danse exaltée, le moment leur appartient, mais nous prenons tout autant de plaisir. Le concert s’achève, tous trois remerciant le public avec beaucoup d’humilité, Kazu nous envoyant ses baisers aura beaucoup de mal à quitter la scène. Les spectateurs enthousiastes semblent ravis par ce concert.

Auteur : Vanessa Eudeline

Photographe : Antony Chardon

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