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Cryptopsy @ Club Soda (Montréal)

23 novembre 2012 – Un show à Montréal ne mettant en vedette que des groupes de métal québécois, c’est sûr que ça torche. Justement, le soir du 23 novembre, Extensive Enterprise nous avait organisé tout un concert au Club Soda avec Death Lullaby, Unbreakable Hatred, Ion Dissonance, Beneath The Massacre ainsi que les fondateurs de la scène de death métal montréalais, Cryptopsy.

D’abord, pour le premier band, je ne m’attendais initialement pas à grand-chose. De mon expérience passée, les premiers bands à jouer sont typiquement très potables, mais généralement rien de plus. Soudainement, Death Lullaby. Un très jeune band, mais loin d’être inexpérimenté! En une demi-heure, ils ont détruit la place avec du death métal assez technique, merci! D’ailleurs, si vous ne me croyez pas sur parole, allez faire un tour sur leur site web officiel. Ils offrent Fractal, leur EP, à télécharger gratuitement. Tout un cadeau de Noël, ça!

Ensuite, le trio d’Unbreakable Hatred s’est pointé sur le stage. Des gars fort sympathiques, le chanteur/bassiste s’est assuré de bien interagir avec la foule tout au long du set – et donc d’inciter les gens à former des moshpits débiles, bien entendu. Pis leurs tounes… Ils n’étaient rien que trois sur scène, mais ils ont joué avec plus d’énergie que certains bands de 5 ou 6 musiciens que j’ai déjà vus en show! Prêtez l’oreille à leur album Total Chaos, ça vous fera du bien. C’est du gros death métal bien lourd, tel qu’on l’aime!

Le troisième band, Ion Dissonance, a un peu plus d’ancienneté que les deux autres. Avec 4 albums dans leur portfolio, ils avaient tout un arsenal à nous offrir – et ça paraissait que la foule avait bien hâte de les entendre! Du metalcore aussi technique que ces gars-là, je vous mets personnellement au défi d’en trouver. À partir du moment qu’ils ont mis pied sur scène, le chaos n’a aucunement cessé. De mon point de vue du balcon, j’admirais avec émerveillement le pit qui s’était formé devant eux – tellement que je n’ai pu m’empêcher que de descendre et de me joindre à la destruction. Ça faisait deux ans depuis leur dernier show à Montréal, alors figurez-vous à quel point on s’était défoulé! Ceci dit, soyez à l’affut de leur nouvel album qui sera prêt pour 2013… Ça va torcher!

C’était maintenant au tour de Beneath The Massacre de démolir le crowd. Avant le show, je ne les connaissais que de nom, mais mettons qu’ils m’ont assez bien marqué avec la complexité insondable de leur musique! Avec un setlist couvrant la totalité de leur discographie, ils ont offert aux fans une prestation tout à fait inoubliable. Personnellement, la toune Left Hand m’avait particulièrement captivé. Une voix bien gutturale, des blast beats incessant et des sweeps à n’en plus finir? Vendu! D’ailleurs, pour les curieux, elle est disponible sur leur page Myspace. Si vous vous cherchez une excellente source de tech death, gâtez-vous!

Enfin, le légendaire Cryptopsy s’est finalement manifesté sur scène. Ils ont ouvert d’un ton dur et fort avec Two-Pound Torch, la première toune de leur tout dernier album éponyme. La soirée s’est poursuivie avec un set absolument incroyable et bien varié incluant Emaciate, Graves Of The Fathers, Worship Your Demons et Defenestration entre autres, en closant le show avec le classique Phobophile! Que de l’extase pour les oreilles!

De mon côté, c’était la première fois que j’ai eu l’occasion de les voir en concert depuis les 8 ans que je suis le groupe. D’ailleurs, il s’est passé bien des changements au cœur du groupe lors de ces années, notamment le bref retour du chanteur Lord Worm pour ensuite être remplacé par l’actuel Matt McGachy. Il semblerait que suite à ce dernier changement en 2007, le band avait modifié son style en conséquent – au mécontentement de certains de leurs fans. Pourquoi j’ouvre cette parenthèse? Pour préciser qu’un tel changement d’avis n’a simplement pas de sens. Pensez-y! Supposez que votre band préféré publie 5 albums qui arrachent tous des têtes, puis un dernier que vous trouvez médiocre. En quoi est-ce que ça justifie un revirement total d’opinion? De toute manière, à ceux qui se disent trahis, le dernier album éponyme prouve incontestablement que Cryptopsy est revenu au sommet de son art. Avec un nouvel album solide et un show qui m’a détruit le cou et les tympans, il était impossible de quitter le Club Soda déçu cette soirée-là. Au plaisir d’entendre leur prochain album!

httpv://youtu.be/sB_wCYF4BCM

Auteur : Sam Osseiran

Photographe : Paul Blondé, archives Thorium

Pour en savoir plus : Cryptopsy

Band of Horses @ Metropolis (Montréal)

06 décembre 2012 – Haaa, Band of Horses. Qui ne les a pas découvert en trame sonore des performances acrobatiques de Danny MacAskill ? Avec l’excellente The Funeral tiré de leur tout premier album sortit en 2006, Everything All the Time, le quintet de Seattle gagne très rapidement une popularité phénoménale. Et depuis ce temps là les américains ne ce sont pas vraiment reposé sur leurs lauriers en pondant successivement 3 nouveau opus, incluant Mirage Rock à la mi-septembre de cette année. Chanceux que nous sommes, ils étaient de passage au Metropolis de Montréal ce jeudi 6 décembre !

Band of Horses Setlist Metropolis, Montreal, QC, Canada 2012, Mirage Rock

Auteur & Photographe : Paul Blondé

Pour en savoir plus : Band of Horses

En Route Vers Heavy MTL : Participants @ Katacombes

9 décembre 2012 – L’édition 2013 du battle of the bands En Route Vers Heavy MTL est officiellement lancée! Dungeon Works Productions et evenko ont annoncé les 20 groupes qui auront la chance de participer au concours, dans le cadre d’une soirée-spectacle à la coop Katacombes qui était remplie à capacité

Le groupe ontarien  Caym a ouvert la soirée avec son heavy metal lourd dans lequel on peut déceler des traces de Machine Head, Pantera et Black Label Society. Des solos aux breakdowns, les musiciens ont tout donné sur scène. Ils donnent un spectacle intéressant et qui vaut la peine d’être vu, en espérant qu’ils reviennent à Montréal lors de l’année 2013.

Virulys, de Montréal, ont ensuite pris la scène d’assaut avec leur musique dark et dystopique. Seul le frontman James Death performe à visage découvert, les autres musiciens ayant le visage caché par des masques à gaz. Les costumes manquent un peu d’unité et de ligne directrice, comme les compositions qui donnent l’impression de courir à gauche et à droite sans arrêt. Les musiciens sont toutefois très bons au niveau technique, et font preuve d’une belle énergie sur scène. En bout de ligne, le spectacle est agréable et brutal à souhait, mais les changements de ton fréquents cassent un peu son intensité.

Le groupe Hollow, un des deux gagnants de l’édition 2012 de En Route Vers Heavy MTL, sont montés sur scène devant un public conquis d’avance. Ils ont offert une performance à la hauteur des attentes de leurs nombreux fans, en jouant les pièces Sunriser, A New Life, Snow et un nouveau morceau, Birth,pour lequel la claviériste Maude Théberge du groupe Sanguine Glacialis a rejoint le groupe sur scène. Le groupe est en pleine composition pour un éventuel album, et promet encore beaucoup de choses pour 2013.

Il était temps de prendre une petite pause de brutalité après la performance de Hollow et de laisser le temps à Nick Guérin et Michelle Ayoub, de Dungeon Works, d’annoncer les 20 groupes qui prendront part à la compétition qui débutera le 10 janvier prochain. Vous pouvez retrouver la liste complète en bas de l’article, ainsi qu’une entrevue réalisée par Thorium Photography avec Nick Guérin pour parler de l’événement, ICI. Ils ont tous deux remercié les plus de 150 groupes qui ont soumis leur candidature

La soirée s’est terminée avec la prestation du groupe The Agonist, qui a joué l’an dernier au Heavy MTL et dont les membres ont poussé les participants au concours à donner leur meilleur pour la compétition à venir. Le prog déchaîné et porté par la voix de la chanteuse Alyssa White-Gluz a plu à la foule qui avait rempli les Katacombes à pleine capacité, sans toutefois offrir un spectacle éclatant. Ils ont joué quelques chansons tirées de leur album paru en juin dernier, Prisoners, et quelques vieux crowd pleasers comme Thank You, Pain. 

PROGRESSIVE DEATH METAL
BROUGHT BY PAIN
ca.myspace.com/broughtbypain
PRONOSTIC
www.facebook.com/pronosticofficial
TUNGUSKA MAMMOTH
www.tunguskamammoth.bandcamp.com
DERELICT
www.derelictmetal.com

ALTERNATIVE METAL
PROJEKT F
www.facebook.com/projektf
OGENIX www.ogenixmetal.com
TRUTH OR SCARE
www.myspace.com/truthorscare
DOT
www.facebook.com/dotarmy

PROG/POWER/EPIC METAL
TRANSCEND
www.transcendband.com
ECLIPSE PROPHECY
www.facebook.com/eclipseprophecy
KALTER
kalter.bandcamp.com
UNBEING
www.unbeingmusic.com

METALCORE
PANDORA’S WAKE
www.facebook.com/pandoraswake
FALL OF GABRIEL
www.facebook.com/thefallofgabriel
IN BELIEFS
www.facebook.com/inbeliefsband
REASON PREVAILS
www.reasonprevailsband.com

DEATHCORE
ROSEWOOD
www.facebook.com/RosewoodMTL
SELF COLLAPSE
www.facebook.com/selfcollapse
OF TEMPLES
www.facebook.com/oftemples
DEATH LULLABY
www.deathlullaby.com

Auteur: Phil Mandeville

Photographe: Paul Blondé

Pour en savoir plus: Caym, Virulys, Hollow, The Agonist

Interview : Nick Guérin (Dungeon Works)

Thorium Photography a eu la chance de rencontrer Nick Guérin de Dungeon Works Productions avant la présentation de la sélection des participants au concours En Route Vers Heavy MTL. Au menu: Ce qui nous attend cette année pour le concours, comment se déroule son organisation, et quelques aperçus des événements à venir en 2013.

Thorium Photography – Combien de groupes ont soumis leur candidature pour l’édition 2013?

Dungeon Works – L’année passée il y a eu peut-être 180 candidatures, et une cinquantaine de soumissions étaient de groupes qui ne savaient pas exactement c’était quoi, ou qui ont soumis une candidature d’un autre pays qu’on était pas prêts à accepter. C’est tombé à à peu près 125 candidatures acceptables, et il y en avait une cinquantaine qui n’étaient pas professionnelles. Cette année il y a eu à peu près 135 candidatures qualifiables et vraiment des bons groupes. On a eu souvent des scores de 8,5 sur 10, et l’an dernier on n’a pas eu autant de bons scores. C’était vraiment plus difficile de choisir les bands cette année, parce que même dans le top 20, c’est des bands qui ont eu de 8,5 à 9 sur 10. C’était de voir quel genre c’était, si on pouvait mettre ça dans une soirée avec un certain thème.

T – Le processus de sélection a été long?

DW- On a pas eu beaucoup de temps, on a eu une semaine entre le 2 et le 9 décembre pour faire la sélection. Michelle et moi, on est restés debout pas mal tard, et evenko étaient beaucoup plus impliqués cette année. Ils avaient des idées de ce qu’ils voulaient, ils ont donné un score différent à certains bands, alors il y a des groupes là-dedans que je ne connais même pas!

T – C’est donc vous et evenko qui avez fait le choix des entrées?

DW – Oui. Dungeon Works a fait le premier screening et ensuite, la liste est allée à evenko, surtout pour regarder notre top 50.

T – En rappel pour ceux qui ne sont pas habitués au concours, sur quoi sont jugés les groupes sur scène?

DW – Sur cinq choses qui sont les mêmes que l’an dernier, et un nouveau point. Les cinq premières sont la capacité musicale, la performance complète, interaction et réaction de la foule, originalité et présentation du groupe (Image, logo, son, etc.) et le nouveau point est le temps, l’efficacité sur scène.

T – Ça a été un gros problème parfois l’an dernier!

DW – Certains bands, oui. Un groupe qui n’a pas pu être jugé là-dessus a pu faire perdre des points plus tard à d’autres groupes parce que la foule était plus fatiguée. C’était pas très fair, alors je veux que les groupes soient plus professionnels sur la scène.

T – Selon toi, le battle of the bands représente quoi exactement pour la scène locale?

DW – Je pense que c’est le meilleur concours de band à montréal. J’en connais d’autres où le prix est pas visuel, où le groupe va aller en Allemagne, ou jouer à Toronto devant des gens de CMW (Canadian Music Week)… Le concours En Route Vers Heavy MTL est basée sur la musique heavy, pas juste le métal, mais le hardcore, l’alternatif, n’importe quoi qui pourrait avoir sa place au festival. Quand tu gagnes, les gens qui ont vu le groupe au fil du concours finissent par les voir sur scène au Heavy MTL. C’est clair, cohérent, ce n’est pas une valeur x en studio, avec un producteur quelconque. Le public participe et voit le résultat.

T – L’édition 2012 de l’événement a été un succès, pour une première mise sur pied. Est-ce que vous avez amélioré la formule pour 2013?

Il y a des changements et des améliorations. C’est le jeudi au lieu du mercredi, le premier de chaque mois sauf pour ce qui est du 3 janvier. C’était trop proche du temps des fêtes alors on a repoussé la date au 10 janvier, tandis que les autres dates vont être le premier jeudi du mois. Je pense que le jeudi est un peu mieux pour faire sortir les gens, c’est plus proche de la fin de semaine. Autre changement, on va annoncer le gagnant chaque soir, plutôt que d’avoir un top 5 peu importe la soirée, donc d’avoir deux finalistes issus du même spectacle comme Dark Century et Spelldown l’an dernier. Les groupes vont le savoir tout de suite après le show si ils participent aux finales.

T – Est-ce qu’on peut avoir un aperçu des juges qui vont participer à l’événement en 2013?

DW – Je ne peux pas vraiment confirmer de noms tout de suite. Je dirais qu’assez de personnes ont été contactées pour avoir un choix pour chaque soir. C’est sûr que c’est assez difficile de prévoir quelle personne contacter avant de mettre sur pied les soirées thématiques, mais en même temps, on a eu tellement de bons bands cette année, avec des horizons tellement différents. Il va y avoir des soirées cette année qui ont des thèmes plus vastes. C’est sûr que j’aimerais trouver un juge qui fait partie de chaque style, mais il peut être fan du genre, ou avoir une histoire comme journaliste. On a des grands noms connus qui ont montré un certain intérêt, et des personnes un peu plus underground que la communauté métal va connaître. Si j’ai qui je veux, on va relever la barre de l’an dernier.

T – Est-ce que le partenariat avec evenko a profité à Dungeon Works?

DW- C’est sûr que l’idée vient de Dungeon Works, on l’a présentée à evenko et ils ont tout de suite aimé le projet. Le principe était que l’événement était organisé par Dungeon Works et que evenko approuvait chaque étape du processus. On a bien travaillé ensemble. Ça a été profitable, les shows allaient bien et j’ai été capable de monter des contacts avec des gens comme Vinnie Appice (ex- Black Sabbath, Kill Devil Hill) ou Alex Skolnick (Testament), c’est des gens avec qui Dungeon Works aurait eu à faire d’habitude. C’étaient des gens qui faisaient affaire avec evenko ou BCI, et je peux pas vraiment aller piler sur leurs plates-bandes et ça m’a donné la chance de travailler avec eux. Ça a donné l’occasion de monter d’autres projets comme le spectacle de Kill Devil Hill qu’on a présenté peu après, ou une entente avec un label de jazz de Montréal pour Alex Skolnick. Du côté d’evenko, ça a laissé plus de place à la scène communautaire métal. Ils ont monté le Heavy MTL comme une ligne totalement différente de leur produit et le concours donne un lien de confiance entre les bands locaux et evenko. Ça rend l’événement moins corporatif et ça montre qu’ils ont intérêt à développer la scène plus underground à Montréal. Le concours est de plus grande qualité que les autres et, sans pointer du doigt, il y a d’autres événements qui ont tendance à exploiter les participants qui en tirent une mauvaise expérience de concours. L’an dernier, plusieurs groupes ne voulaient pas participer au concours à cause des mauvaises impressions des battle of the bands. Une fois qu’ils ont participé, ils ont trouvé ça différent.

T – Qu’est-ce qui attend Dungeon Works en 2013?

J’ai déjà trois ou quatre shows par mois de confirmés jusqu’en mai, avec un intérêt investi dans la scène canadienne indépendante. On fait rentrer des bands d’un peu partout au pays, de tous les styles de métal. J’ai continué de pousser un peu plus dans la scène industrielle comme à la fin de 2012. Le genre n’est pas très bien représenté à Montréal et il y a des groupes là-dedans qui font partie de la scène que je voudrais plus pousser. Dans les bands plus connus ou old school je suis en train de confirmer quelques spectacles de grands noms qu’on a pas vus souvent à Montréal, ou qui ont un nouveau projet que j’aimerais présenter pour la première fois. Je ne peux pas dévoiler de noms encore, mais on va suivre de ce qu’on a fait avec Kill Devil Hill, Anvil et essayer d’amener quelque chose de nouveau. En février, je vais faire rentrer un band signé de nouveau avec Century Media, Seven Horns Seven Eyes, c’est un de mes prochains shows récemment signés que je peux confirmer.

Le prochain spectacle qui sera présenté par Dungeon Works sera leur fête du nouvel an avec Slaves On Dope, Hollow, DOT, Trainwreck Architect et Through Death. Toutes les informations ICI

Auteur : Phil Mandeville

Photographe : Paul Blondé

Xavier Rudd @ Metropolis (Montréal)

07 décembre 2012 – Difficile de passer à côté du phénomène Xavier Rudd. Le multi-instrumentiste one-man band sillonne la planète depuis près de 10 ans avec ses didgeridoos et célébrait ce vendredi au Metropolis de Montréal la clôture de la tournée mondiale en hommage à son tout dernier opus, Spirit Bird. Une belle occasion pour nous de retrouver le folk spirituel aux inspirations aborigènes et amérindiennes revendiquées du petit prodige australien. Précédé sur scène de Good Old War et accompagné par intermittence des percussionnistes de Ohnia Kara, c’est avec un concert fleuve de près de 2h30 que Xavier Rudd est passé au travers de la quasi-totalité de son répertoire, incluant un retour à ses racines blues de Koonyum Sun et White Moth. Montréal avait ainsi le droit à une setlist étendue en comparaison des nombreuses autres dates de la tournée, incluant notamment les excellentes Creating a Dream, Come Let Go, Follow the Sun, Let Me Be et une reprise de Buffalo Soldier (Bob Marley). Même si on a plutôt l’habitude de le voir développer ses talents sur les grands scènes extérieurs des festivals estivaux, c’est avec des performances profondément intimiste comme celle de Bow Down de ce soir qu’on se rend compte de la puissance développée par l’art de Xavier Rudd dans les petites salles. Une expérience à vivre définitivement !

Auteur & Photographe : Paul Blondé

Pour en savoir plus : Xavier Rudd, Ohnia Kara

Le meilleur de 2012 : Paul Blondé @ Montréal

Une année riche en émotions musicales est sur le point de se terminer et voici venu le temps des bilans. Dans le courant des prochaines semaines, l’équipe de Thorium vous propose un petit compte-rendu de sa perspectives des 12 derniers mois au cœur de l’action, dans la moiteur des mosh-pits.

Après avoir personnellement couvert les performances live de plus de 250 groupes différent, géré une équipes de 15 collaborateurs talentueux et développé nos contacts éditoriaux pour une année supplémentaire, voici mon compte-rendu de l’année 2012 !

1 – TOP 5 CONCERTS

5. Machinehead : avec leur tournée hommage à l’album sensation de l’année 2011, Unto the Locust, les californiens heavy metal nous auront rendu visite à deux reprises au Metropolis cette année (27 janvier et 5 novembre) et c’est toujours gagnant. Autant côté performance que du jeux de lumières et de la réaction complètement débile mentale du mosh-pit. Aucun doute, Robb Flynn connait bien l’amour que lui porte son public et il le lui rend bien. On regrettera juste la quasi-omniprésence dans la setlist de compositions issues du dernier opus au détriment d’albums plus ancien et sans doute plus fédérateurs parmi les fans, comme The Blackening.

4. Le Rockfest de Montebello : les outaouais se réveillent ! La machine est en marche et le petit festival est devenu grand. As I Lay Dying, Bad Religion, Voivod, Korn, Sublime with Rome et Dream Theater constituaient le tableau de chasse de la fructueuse édition 2012. Avec beaucoup d’améliorations niveau organisation comparé aux années précédentes, le Rockfest est clairement sur la bonne voie pour gagner mon amour inconditionnel.

3. Le Heavy MTL : encore un festival. Le Heavy MTL innovait cette année avec la mise en place de son battle “En route vers le Heavy MTL” organisé par la gang de Dungeon Works en collaboration avec Evenko. Une occasion rêvée pour nous permettre de découvrir une bonne dose de talents locaux qui ne devrait pas rester inconnus bien longtemps. Pour le reste, côté festivités, la formule reste la même et est toujours aussi agréablement brutale. Parmi les meilleurs moments on citera les performances de In Flames et Trivium qu’on avait déjà vu au Metropolis le 15 février dernier et de Gojira qui devraient revenir nous visiter le 14 février prochain. Le headline, composé de Deftones, System of a Down, Slipknot et Marilyn Manson s’est toutefois révélé difficilement convaincant. Un bémol décevant mais pas dramatique.

2. The Offspring : avec 2 visites au Québec cette année, The Offspring ont frappé un grand coup. Leur passage explosif sur les plaines d’Abraham du 14 juillet restera cependant beaucoup plus dans les mémoires que celui du 3 septembre au Metropolis où les californiens ont forcé la recette en nous glissant beaucoup trop de contenu de leur dernier album. C’était sans compter les incidents du 4 et la surprise de leur show garage du 5 septembre à l’Olympia de Montréal avec du matériel emprunté une setlist entièrement tirée de leurs 4 premiers albums avec beaucoup de Ignition dedans. Joie et bonheur.

1. Rammstein : et bien entendu la performance pyrotechnique des allemands déjantés finie en première position de ma liste. Surprise ? Pas vraiment. Difficile de ne pas aller à un show de Rammstein en étant conquis d’avance. De façon toujours aussi impressionnante et avec un show complètement renouvelé, la bande à Till Lindemann a littéralement mis le feu une fois de plus au Centre Bell le mardi 1er mai dernier.

Mention spéciale à Ghost (21 janvier), Megadeth (3 février), Children Of Bodom (27 février), Jezabels (17 avril), Behemoth (5 mai), Iron Maiden (11 juillet), Slash (27 juillet) et Black Label Society (20 octobre).

2 – DÉCOUVERTE DE L’ANNÉE

En 2012 j’ai découvert … Steel Panther. Oui, en effet, ça m’a pris du temps pour tomber sur leur glam metal parodique. Et c’est assez jouissif. Petite pensée pour ceux qui étaient à leur show du 10 aout au Théâtre Corona de Montréal !

httpv://youtu.be/bzUPG8olnO0

3 – MEILLEUR ALBUM DE L’ANNÉE

Au niveau de mes grosses attentes cette année il fallait bien entendu compter sur une compétition féroce avec Soundgarden, Marilyn Manson, Stone Sour, Deftones, Lamb of God et Gojira. Le thrash de Testament a su tirer son épingle du jeu avec l’excellent et brutal Dark Roots of Earth. À écouter absolument, le volume dans le tapis.

httpv://youtu.be/qwdkmxDLFak

Côté post rock on pourra difficilement taire la sortie très médiatisée et possiblement over-rated des derniers albums de Godspeed You! Black Emperor et Sigur Ros. Pour les amateurs du style, côté découverte, je suggère plutôt Waking Season de Caspian, Red Forest de If These Trees Could Talk, Departure Songs de Hammock. Côté électro, rien de bien nouveau dans mon univers à part possiblement le dernier Overwerk que tout le monde à pris dans le nez avec la dernière campagne promotionnelle de GoPro.

4 – DÉCEPTION DE L’ANNÉE

Malgré une actualité bien chargée cette année, la fermeture soudaine et brutale du Montréal Mirror en juin restera pour moi la plus grosse déception du millésime 2012. Distribué de façon hebdomadaire et gratuite depuis 1985 (!) le Mirror restera un monument de la contre-culture montréalaise qui, à défaut de répandre le bon goût, pouvait se vanter d’être seule publication de Quebecor Media qui n’est pas une insulte a l’intelligence de ses lecteurs. Cette clef sous la porte a bien entendu également touché la version online du journal, entrainant la disparition d’une tranche de vie de valeur inestimable de la métropole québécoise et tout spécialement la valeur inestimable de leurs éditions annuelles du Best Of Montréal.

5 – À SUIVRE EN 2013

L’année québécoise 2013 arrive avec son lot d’attentes. Osheaga sera-t-il capable de combler le flagrant manque d’espace de cette année et satisfaire une affluence sans cesse croissance des festivaliers ? Le Rockfest de Montebello et son chef d’orchestre, Alex Martel, se mériteront-ils le titre de plus gros festival metal de la province ? Les webzines locaux vont-ils remplacer les grands quotidiens dans les photopits ? Mais à titre personnel, sans même attendre l’été, j’ai déjà hâte au mois de février avec une programmation intensément alléchante incluant Russian Circles, Dead Kennedys, Turisas, Gojira, Zappa Plays Zappa, Lady Gaga, Bon Jovi, Maroon 5, Celtic Woman, Eels et Swedish House Mafia.

6 – RÉSUMÉ DE 2012 EN IMAGES

Et pour conclure, un petit résumé de l’année 2012 en photos par votre serviteur.

Auteur & Photographe : Paul Blondé

[author] [author_image timthumb=’on’]http://www.thoriummag.com/wp-content/uploads/2012/12/Paul_Thorium.jpg[/author_image] [author_info]Paul Blondé : Métalleux dans l’âme, perfectionniste et mélomane, il débute son entrée dans le milieu du journalisme avec le PolyScope. C’est de sa passion que naît l’initiative Thorium Photography fin décembre 2009. Maintenant rédacteur-en-chef du webzine, Paul s’occupe de la gestion des collaborateurs et du maintien des réseaux sociaux ainsi que (et surtout) de la photographie de concerts. [/author_info] [/author]

En entrevue : Shane Clark (3 Inches of Blood) @ Montréal

02 Décembre 2012 – Thorium avait la chance de passer un petit 10 minutes en compagnie de Shane Clark de 3 Inches Of Blood en marge du Heavy Metal Alliance Tour plus tôt cette année (23 mars). Cette vidéo a été ré-édité récemment afin d’y rajouter du contenu et réduire l’ampleur des cris du monde qui se battait en background. Au programme : la tournée actuelle du groupe, le nouveau bassiste et leur nouveau matériel.

Intervieweur : Phil Mandeville

Vidéo : Paul Blondé & David Rioux

Photos : Paul Blondé

Pour en savoir plus : 3 Inches of Blood

Dropkick Murphys @ Metropolis (Montréal)

18 novembre 2012 – Le groupe de punk celtique Dropkick Murphy’s s’est trouvé une excuse pour reprendre la route en 2012 avec le Halfway to Saint Patrick’s Day Tour, de passage au Metropolis de Montréal  le 17 novembre dernier. Les rockers de Boston ont rempli la salle à capacité et y ont mis le feu avec l’ambiance festive de leur musique. Le groupe a profité de l’occasion pour jouer quelques chansons tirées de leur prochain album, Signed and Sealed in Blood, qui paraîtra le 3 janvier 2013 sous Born & Bred Records, le label du groupe. Ils étaient accompagnées pour l’occasion des groupes The Mahones, pionners du genre, et Teenage Bottlerocket.

Les Dropkick Murphy’s ont pris la scène vers 21h30, après avoir ouvert l’appétit de la foule avec une version préenregistrée de la chanson folk irlandaise The Foggy Dew. Ils ont commencé leur spectacle avec The Boys are Back, un nouveau morceau, avant de tomber rapidement en terrain connu avec Captain Kelly’s Kitchen et The State of Massachussetts. L’énergie de la musique des Dropkick Murphy’s a activé la foule et l’a lancée dans un mosh pit qui s’est poursuivi tout au long du spectacle de près d’une heure et demie. Ils ont joué plusieurs de leurs succès et de leurs chansons les plus énergies qui ont fait chanter et danser les spectateurs, notamment sur les airs de Johnny, I Hardly Knew, Ya, The Irish Rover, Sunshine Highway, Boys on the Docks et Barroom Hero.

Le groupe n’a pas donné beaucoup de repos à son public, enchaînant rapidement les morceaux et ne s’arrêtant que très peu pour interagir avec la foule, et pour changer le décor de la scène au milieu du spectacle, passant d’un décor de cathédrale à un grande bannière aux couleurs de leur album Going Out In Style (2011, Born & Bred). Fidèles à leurs habitudes, les membres du groupe ont invité sur scène les femmes de l’assistance en leur dédiant Kiss Me, I’m Shitfaced. Ils ont ensuite joué Skinhead On The MBTA, en invitant la gent masculine à rejoindre les dames sur scène, remplissant la scène à un point tel que les musiciens avaient de la peine à se déplacer. Ils ont fini en dispersant la foule et en jouant Dirty Deeds (Done Dirt Cheap), de AC/DC, laissant les spectateurs épuisés, en sueur et plus que satisfaits d’une performance aussi engageante et plein d’énergie.

Auteur : Phil Mandeville

Photographe : Paul Blondé

Pour en savoir plus : Dropkick Murphys

Hellyeah & Dance Laury Dance @ Club Soda (Montréal)

10 novembre 2012 –  Le supergroup Hellyeah, réunissant des membres de Mudvayne, Knives Out! et de DamagePlan, était de passage au Club Soda pour promouvoir son nouvel album, Band of Brothers (Juillet 2012, Eleven Seven). Ils étaient accompagnés pour l’occasion des groupes Dance Laury Dance, Holy Grail et Demise of the Crown.

Demise of the Crown, un groupe de Montréal, s’est ajouté à l’affiche et a offert une performance qui a bien réchauffé la foule. Ils ont participé l’année dernière au battle of the bands En Route Vers Heavy MTL, et se sont améliorés d’un bon cran depuis ce spectacle. Leur prestation a été courte, mais ils ont su garder le tout simple et efficace, livrant un spectacle intense et bien ficelé.

Le groupe de power metal Holy Grail a ensuite pris la scène, passant rapidement à travers un répertoire varié de chansons aux solos criants, en lâchant quelques sacres en français au passage, eux qui ont toujours un plaisir fou à se nommer Câlice devant un public québécois. Ils ont joué quelques chansons de leur prochain album qui paraîtra en 2013, dont l’éponyme Ride The Void, et quelques chansons tirées de leur premier album Crisis In Utopia. Leur spectacle a été miné par quelques problèmes de balance de son qui se sont graduellement réglés.

Le groupe Dance Laury Dance, de Québec, ont profité du passage de la tournée à Montréal pour lâcher leur fou et se sont adressés au public en françcais tout au long de la soirée. Leur philosophie sex, drugs and rock n’ roll était omniprésente dans leur attitude et leurs chansons, et ils ont malheureusement dû laisser tomber leur habitude de partager leur boisson avec le public, ayant bu leur commandite de Jagermeister… au premier soir de la tournée. Ils ont joué des chansons bien connues de la foule comme Revolver et Leather, et de nouvelles compositions, intitulées The Hammer and The Nail et Sons of Austin, qui promettent beaucoup pour le prochain titre du groupe. Ils ont terminé leur spectacle avec Living For the Roll, après maintes invitations à boire et à caller malade le lendemain, question de bien profiter de la soirée.

Hellyeah, qui regroupe sur scène Vinnie Paul (Pantera, DamagePlan), Bob Zilla (DamagePlan), Tom Maxwell (Nothingface), Chad Gray et Greg Tribbett (tous deux de Mudvayne), ont offert une performance plutôt ordinaire de leur mélange de groove à la Pantera et de southern rock . Le contact avec la foule semblait ténu au mieux malgré les très longs moments entre les chansons oèu Chad Gray s’adressait au public, qui réagissait surtout quand Vinnie Paul se levait, apparaissant au-dessus de ses tambours. Ils ont joué quelques chansons tirées de Band of Brothers, dont Drink Drank Drunk et War In Me, ainsi que leurs plus vieux morceaux à succès, dont Alcohaulin’ Ass et Cowboy Way, qui finissent malheureusement tous par se ressembler.

Auteur: Philippe Mandeville Gauthier

Photographe : Paul Blondé

Pour en savoir plus : Demise of the Crown, Holy Grail, Dance Laury Dance, Hellyeah

Dethklok & Machine Head @ Metropolis (Montréal)

05 novembre 2012 – Le groupe Dethklok, rendu célèbre par l’émission Metalocalypse, était de passage au Metropolis de Montréal pour se faire pardonner leur absence du Heavy MTL 2012 causée par l’absence de Lamb Of God et des démêlés avec la justice tchèque de leur chanteur Randy Blythe. Les groupes The Black Dahlia Murder, All That Remains et Machine Head.

Machine Head ont offert une performance honnête de leur musique lourde à souhait,  toutefois marquée par quelques problèmes de balance de son et par un éclairage aveuglant tout au long de leur spectacle. Ils ont ouvert le jeu avec This Is the End, rapidement suivie par Imperium et Aesthetics of Hate, cette dernière étant comme d’habitude dédiée à Dimebag Darrel (Pantera, Damageplan), un profil bien distinctif du célèbre guitariste projeté à l’écran géant sur scène à la fin de la chanson. Ils ont ensuite enchaîné avec Locust, tiré de leur dernier album Unto The Locust (2011, Roadrunner Records), une pièce assez longue qui a électrisé la foule, avant d’offrir un moment de silence en l’honneur de Mitch Lucker (Suicide Silence), décédé la semaine dernière d’un tragique accident de moto. Machine Head ont conclu leur spectacle avec la pièce Halo.

Dethklok, dont les membres fictifs sont remplacés sur scène par Brandon Small, guitariste et vocaliste en plus d’être la voix des personnages de la série, Mike Keneally à la guitare, Brian Beller (Steve Vai, Frank Zappa) à la basse et le presque légendaire batteur Gene Hoglan (Death, Devin Townsend, Opeth, parmi tant d’autres), ont offert un spectacle riche en surprises et en brutalité.
Les klokateers ont préparé la scène sous les cris approbateurs des amateurs de la série télévisée Metalocalypse, avant de laisser la place aux musiciens accompagnés d’une bande vidéo tout au long du spectacle.

Ils ont entonné la chanson thème et, en arrière-plan, l’introduction de l’émission. Le groupe a enchaîné rapidement avec I Ejaculate Fire, la première chanson de leur dernier album, Dethalbum 3 disponible depuis le 16 octobre dernier sous Williams Street. Les spectateurs ont retrouvé dans les projections les personnages marquants de la série, qui font partie intégrante du spectacle de Dethklok en se présentant entre les chansons, du général Crozier qui a toujours un plan machiavélique pour détruire le groupe, à Dr. Rockzo, le clown cocaïnomane.

La foule a été choyée par le groupe, autant par le choix des chansons (Hatredcopter, Murmaider, Awaken, The Gears, Thunderhorse et même le Duncan Hills Coffee Jingle) que par la performance sans faille des musiciens, toujours synchronisés avec leurs alter-ego sur vidéo. Quand les musiciens ont quitté la scène, Brandon Small s’est fait un plaisir de prendre le micro et de provoquer la foule en annonçant qu’il n’y aurait pas de rappel, en se servant de ses talents de comédien et des voix de Nathan Explosion, Skwisgaar Skwigelf et Pickles le batteur (doodily doo), avant de se reprendre et de conclure avec Go Into The Water et Crush the Industry – la seule pièce qu’ils ont jouée sans projection vidéo pour les accompagner pour montrer les musiciens à l’oeuvre. De quoi se faire amplement pardonner leur absence sur la scène montréalaise depuis quatre ans… quoiqu’il est à souhaiter qu’ils n’attendent pas si longtemps avant de recommencer!

Auteur : Phil Mandeville

Photographe: Paul Blondé

Pour en savoir plus: Machine Head, Dethklok

 

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