Category: Hellfest Open Air Festival 2018

Marilyn Manson + Alice In Chains + Exodus + Nightwish + … @ Hellfest Open Air Festival (Jour 3)

Et bien voilà, nous sommes déjà dimanche, dernier jour du festival. Cette année encore les jours passent trop vite mais l’habitude nous permet de garder le rythme et nous pouvons être fiers d’arriver chaque jour à l’heure pour apprécier les concerts dès l’ouverture.
Le soleil est au rendez-vous et la programmation motivante, on se lève de bonne humeur et reprenons le chemin en direction de Clisson après avoir absorbé la dose nécessaire de café.


Malkavian (10:30-11:00 // Altar)

Pour moi, ce dimanche sera principalement placé sous le signe du thrash et il débute dans cet esprit, sous l’Altar, avec les nantais de Malkavian. Le groupe créé en 2005 est actuellement détenteur de deux albums dont Annihilating the Shades sorti l’an dernier. Les locaux avaient foulé la scène du Metal Corner en 2015, ils ont persévéré et les voici maintenant sur l’une des scène principale du Hellfest. La tente est encore peu remplie, ce qui n’est pas étonnant pour un dernier jour de festival, l’alcool, la chaleur et la fatigue en achèvent toujours quelques uns avant la fin.
Les membres de Malkavian arrivent, bien décidés à nous transmettre de la bonne humeur et de l’énergie. Leur thrash moderne aux sonorités parfois groovy ou parfois plus death sonne plutôt bien en live et les plus éveillés des spectateurs ne tardent pas à headbanger et pogoter. Le chanteur se donne à fond, motivant les troupes comme il se doit et les zicos assurent malgré un décès de caisse claire en cours de route. On regrettera que le son ne soit pas terrible mais c’est sympa pour se réveiller tranquillement.


Pogo Car Crash Control (11:05 – 11:35 // Warzone)

Je sors en vitesse de la tente pour me rendre sur la Warzone. Le soleil brille déjà et la fatigue accumulée des deux derniers jours me tombe dessus sans ménagement. J’ai tout de même envie d’aller voir les jeunots de P3C histoire de rigoler un coup. Pas que je me moque hein, ce n’est pas le style de la maison, mais le punk-rock garage des parisiens a un côté très régressif pour moi qui ai grandi en écoutant Guerilla Poubelle et Enhancer. La Warzone n’est pas pleine mais un bon petit public s’est formé pour voir la prestation des jeunes. Au niveau de la performance …. Je ne suis pas subjuguée. Les garçons ne sont pas mauvais, mais entre la chaleur et les courbatures de la veille je ne suis pas dans le mood comme diraient les « djeun’s » pour ça. Je reste le temps de quelques morceaux, notamment Déprime Hostile qui est également le nom de leur premier album et dont la punch line « je suis en déprime hostile » reste beaucoup trop facilement en tête. Leur énergie sur scène est bonne et je ne dirais pas non si je peux les revoir dans d’autres conditions et je vous invite à faire de même … Et pourquoi pas à l’Xtrem Fest d’ailleurs ? Ils y passent le vendredi 3 août.

 


Orden Ogan (11:40-12:15 // Main Stage 1)

 


Crisix (11:40-12:10 // Altar)

J’attends de pied ferme les copains de Crisix. Tout commence en 2013, je découvre leur second album Rise…Then Rest et j’approfondis avec le premier, The Menace que je trouve tous les deux excellents. Je me dis que ce jeune groupe de thrash se démarque, on entend bien évidemment de nombreuses influences comme Anthrax, Testament, Exodus… mais il y a ce petit quelque chose en plus. J’ai finalement l’occasion de les voir en en 2015 à Barcelone en première partie de Tankard et là, je me prends une seconde claque. En plus d’avoir des compositions prégnantes, le quintet propose un show plus que convainquant, original et ultra énergique. C’est de là qu’est né mon amour pour Crisix et que depuis, je les ai vus 8 fois, en France, en Allemagne, en EspagneLes catalans ont réussi à s’imposer comme l’un des groupes de thrash les plus actifs de cette nouvelle scène et n’a de cesse de gagner en notoriété, parcourant les salles et festivals dont le Motocultor qui les a propulsés dans notre pays. Côté studio, la bande sortait son quatrième opus Against the Odds, en mars dernier.
Trêve de blabla, entrons dans le vif du sujet. Javi s’installe derrière les fûts, rapidement rejoint par Dani (basse), Albert (guitare), Busi (guitare) et Juli (chant). Le set démarre avec le riff très old school d’un nouveau morceau, Xenomorph Blood, la rythmique s’emballe, le chanteur attrape son micro et les spectateurs se mettent instantanément à bouger. Il faut dire que les fans sont nombreux, le nombre de vestes à patchs est impressionnant et l’Altar est déjà blindée. Le titre fédérateur The Great Metal Motherfucker sera balancé en suivant, l’assemblée ne se fera pas prier pour gueuler le refrain en chœur avec Juli. Les musiciens sont, comme toujours, survoltés, courant et sautant dans tous les sens, montant à tour de rôle sur les plateformes disposées en bord de scène et haranguant sans cesse la foule. Bien évidemment je beugle aussi et me laisse, une fois encore, emporter par l’énergie transmise par les catalans, j’ai déjà mal à la nuque. Dans le pit c’est la folie, les thrashers tournent sans relâche, la poussière envahit l’espace, l’ambiance est excellente. Agents of M.O.S.H et Get out of My Head se succéderont avant que les gars n’échangent leur

s places et leurs instruments afin de nous offrir un petit medley thrash. Ils n’hésitent pas non plus à venir se mêler au public, chacun leur tour, pour le plus grand bonheur des fans. C’est du grand n’importe quoi, le show est euphorisant et on adore ça ! Crisix donne tout, leur dynamisme est toujours aussi impressionnant, de vraies piles, on est essoufflé rien qu’en les regardant. Malheureusement le set touche à sa fin, trente minutes c’est bien trop court ! Le concert se clôture avec leur tube Ultra Thrash, c’est l’hystérie sous la tente et putain que ça fait du bien.
C’est ainsi que j’ai vécu mon neuvième concert de Crisix, c’était énorme et, cette fois encore, ils ont réussi à me surprendre. J’irai, sans hésitation, les revoir et je suis fière de côtoyer ces garçons qui sont talentueux et humbles, et méritent grandement leur succès. Bravo !

 


Au-Dessus (12:15-12:45 // Temple)

On se décale sous la Temple pour une ambiance totalement différente. Place au groupe de post-black metal Au-Dessus. Avec un nom pareil, nous pourrions croire qu’il s’agit d’un groupe français. Que nenni, la bande, active depuis quatre ans seulement, nous vient tout droit de Lituanie. Ce style de black metal est très à la mode, c’est donc tout naturellement qu’ils se voient programmés au Hellfest comme Der Weg Einer Freiheit, Alcest, TGOO ou encore Ghost Bath qui les ont précédés.
Les lituaniens viennent aujourd’hui nous présenter des morceaux de leur unique et excellente galette End of Chapter. Les festivaliers se sont rassemblés en nombre et accueillent chaleureusement les musiciens encapuchonnés qui prennent place sur la scène, amorçant le set avec VIII. Les blasts véloces assénés par Šarūnas vous happent et le chant déchirant de Mantas, qui assure également la basse, vous prend aux tripes. Ce choix de chansons permet à Au-Dessus de vous emporter dans son univers aussi sombre et violent qu’envoûtant dès les premières notes… Le son est bon, pas trop fort pour une fois, ce qui nous permet de bien entendre tous les éléments et met clairement les compositions en valeur. Visuellement il ne se passe pas grand chose, le spectacle est très sobre et les musiciens ne communiquent pas, j’en profite donc pour m’asseoir, fermer les yeux et me laisser porter par la musique. Les deux guitaristes, Simonas et Jokūbas, se partagent les riffs. Techniquement tout est en place, les titres se succèdent, IX puis XI et enfin XII: End Of Chapter pour terminer. Dans l’ensemble, le set était parfaitement calibré, les compos bien travaillées vous plongent dans une atmosphère vaporeuse où se mêlent noirceur et mélancolie. On a réussi à retrouver cette magie qu’il y a sur album, c’était beau et poignant, un très bon moment musical.


Stray From The Path (12:15-12:45 // Main Stage 2)

Je quitte de nouveau l’ombre salvatrice des tentes pour me diriger cette fois vers la Main Stage où se produisent les new yorkais de SFTP. Les garçons ont un style de metalcore très engagé et surtout très efficace qui s’apparente de plus en plus au fil des ans à du « Rage Against The Machine-core ». Il n’y a presque pas un chat devant la scène, il faut dire que c’est un groupe que j’aurais plus facilement vu sur la Warzone mais leur style est entraînant et cela peut attirer les curieux qui zonent autour des Main. J’arrive à me rapprocher de la scène tout en gardant autour de moi mon espace vital, c’est royal.

Tom Williams à la guitare fait sonner les premières notes de Outbreak tandis que Drew Dijorio, au chant, et ses cheveux blonds peroxydés débarque d’un bond sur scène. Le groupe enchaîne sur un autre de ses titres phares, Badge and a Bullet Pt.II, morceau qui en temps normal créerait des festivals de mandales dans le public mais tout le monde est encore endormi devant la scène. Les musiciens quant à eux donnent tout et essaient tant bien que mal de transmettre cette énergie. Les morceaux suivants sont majoritairement tirés de la dernière galette du groupe sortie il y a de ça presque un an : Only Death Is Real, ce qui de mon point de vue est assez dommage puisque c’est l’album que j’aime le moins chez eux. On poursuit donc avec The Opening Move et Loudest In The Room, le public semble se réveiller et on voit même la formation d’un mini mosh sur Goodnight Alt-Right et The House Always Wins, ce-dernier étant le morceau sorti directement après l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis et qui du coup avait fait parlé de lui sur internet. C’est le moment que choisi Drew pour demander « who wants to be in a music video? », avant de nous annoncer que le but du jeu c’est d’avoir le maximum de slammeurs sur le prochain morceau. Prochain morceau qui s’avère être Badge and A Bullet …. Et là je commence à m’inquiéter. J’ai déjà vu le groupe en salle et niveau slams ça ne rigole pas en général. Heureusement tout le monde est claqué ce matin au Hellfest, les slammeurs sont bien là mais le flux est facile à gérer. SFTP décide de nous quitter sur First World Problem Child. Ce concert m’a donné la pêche ! Ce groupe me donne la pêche en fait ! C’est toujours un plaisir pour moi de les voir et même si les conditions n’étaient pas idéales ils ont réussi à gérer la scène. Il est temps pour moi de rejoindre mes collègues sous la Altar pour un « retour au calme » relatif.

 


Rotten Sound (12:50-13:30 // Altar)

Retour au calme très très relatif même, puisque ce qui nous attend sous la tente ce sont les finlandais de Rotten Sound. Avec 25 années d’existence au compteur, le groupe est considéré comme culte dans la scène grind. Avec un CV comme le leur, on se doute bien qu’ils ne sont pas venus ici pour enfiler des perles ! Les fans se pressent contre la scène mais le taux d’occupation sous la tente reste relativement bas… On ne se marche pas dessus quoi. Les quatre gaillards arrivent sur scène sans chichi, on n’est clairement pas là pour rigoler. Les premières notes de Power résonnent et le moins que l’on puisse dire c’est que ce qui se passe sur scène est intense. Keijo Niinima déverse un flot ininterrompu de sons gutturaux dans son micro tout en parcourant la scène. Ses acolytes chargés des cordes, Mika Aalto à la guitare et Kristian Toivainen à la basse s’excitent sur leurs instruments avec un jeu très nerveux qui fait écho à la tension que l’on voit dans le jeu de scène de leur chanteur. Sami Latva à la batterie parait être le plus serein de tous derrière ses fûts. Ces messieurs font seulement de petites pauses lorsque Keijo arrête de hurler pour s’adresser au public. J’aimerais bien pouvoir vous retranscrire ses propos mais je comprends un mot sur deux … Dans l’idée, je crois qu’ils sont contents d’être là.

Le set est arrosé du début à la fin de bière dont les bouteilles sont disséminées un peu partout sur scène, encore une fois, on ne fait pas de chichis ici. Niveau ambiance ce n’est pas la grosse guerre mais au vu des applaudissements à la fin de chaque morceau il n’y a pas de doutes que la performance plaît au public. Les 40 minutes de set s’achèvent, les zicos ont tenu sans baisser la cadence du début à la fin. Moi de mon côté, je me souviens enfin de la signification du mot silence et ça ne me déplaît pas.

 


Primal Fear (12:50-13:30 // Main Stage 1)

 


The Lords Of Altamont (13:35-14:20 // Warzone)

 


Shinedown (13:35-14:20 // Main Stage 2)

 


Exumer (14:20-15:00 // Altar)

Après une petite pause repas, quoi de mieux qu’un peu de thrash pour se remettre la tête dans les concerts ? C’est sous l’Altar que ça se passe avec Exumer (et non Exhumer). L’histoire du groupe se déroule en deux temps avec une formation active de 85 à 91 puis une reformation officielle en 2008. On compte en tout quatre albums, dont l’extra The Raging Tides qui a vu le jour en 2016. Les allemands ne tournent pas beaucoup, c’est donc avec hâte que j’attends ce concert, d’autant que leur tournée il y a deux ans m’est passé sous le nez.
Il n’y a pas grand monde sous la tente en ce début d’après-midi, ce qui nous permet de nous rapprocher de la scène assez facilement. L’intro retentit et les musiciens montent sur scène, commençant le set en force avec le titre éponyme de leur dernière opus, ça tartine direct ! Le chanteur et membre originel Mem Von Stein est en grande forme, ancré en bord de scène il balance son chant hargneux et motive les troupes. Ray Mensh, lui aussi fondateur, délivre ses riffs et soli acérés avec aisance, accompagné par l’autre guitariste, Marc Bräutigam qui headbangue comme un dingue. La rythme est assurée par Anthony Schiavo à la basse et Matthias Kassner à la batterie. Les compos récentes et old-school vont être jouées en alternance, la cadence est exaltante, les thrashers se mettent en mouvement : dans le pit, ça tourne joyeusement. Autour, on sent que de nombreux festivaliers découvrent les vétérans mais je suis à côté d’un fan qui, comme moi, remue la tête comme un dingue le sourire aux lèvres. Après la classique Journey To Oblivion et The Weakest Limb, la mélodie ultra efficace de Catatonic résonne… “Heart pounds, but nothing moves, Catatonic, catatonic !”. Me voilà qui chante à tue-tête, ahhhh que ce morceau est bon ! Exumer nous offre un show maîtrisé et stimulant, les musiciens donnent tout et les festivaliers, plus nombreux au fil du set, s’éclatent, la bonne humeur inonde l’Altar. La fin est proche et Von Stein, qui se comporte plus comme un chanteur de punk hardcore que de thrash avec ses grands gestesharangue la foule introduisant LE tube, Possessed by Fire, du même nom que leur premier album. On s’arrache jusqu’à la fin…Wow c’était intense, je me demande si ma nuque va survivre à cette journée.


In This Moment (14:20-15:00 // Main Stage 1)

 


TOMBS (15:05-15:45 // Temple)

Je vous avouerai qu’à ce moment du festival, avec deux jours et demi dans les pattes et de gros groupes pour le reste de la journée qui arrive, on peut avoir des moments de faiblesse, et on peut surtout avoir envie de s’assoir. Tout ça pour vous dire que, tiraillée entre mon envie de voir le set de TOMBS et mon envie de poser mon postérieur quelque part j’ai finalement décidé de me mettre entre les deux tentes, assez éloignée de la scène pour pouvoir profiter de la musique tout en me détendant. Et je pense que TOMBS est plutôt le groupe parfait pour ça.

Je m’explique : la formation propose un style de musique assez complexe mais surtout qui pose une ambiance très lourde ; et moi personnellement pour profiter de ce genre de groupes je n’ai pas besoin de rester debout. La tente est déjà bien remplie quand la voix de Mike Hill, fondateur et seul membre originel du groupe, également guitariste de celui-ci, se fait entendre. Son timbre est particulier et on sent une forte influence black metal dans son chant mais sans le côté nasillard qu’on y retrouve souvent. Le groupe a un son lourd, violent certes, notamment grâce à la batterie très vénère de Charlie Schmid, mais tout de même pesant et je pense que l’atmosphère générale du fest, avec les bruits parasites et les va et viens autour, ne lui rendent pas hommage. Le public a tout de même l’air captivé, ce que je peux comprendre, l’exécution des morceaux et très belle et les compositions variées. Je m’éclipse avant la fin du set pour aller me placer devant une autre scène mais j’espère avoir l’occasion de revoir le groupe dans d’autres conditions.


Asking Alexandria (15:05-15:45 // Main Stage 2)

 


The Bronx (15:05-15:45 // Warzone)

 


Iced Earth (15:50-16:30 // Main Stage 1)

Bang Your Head, 16 juillet  2016, 21h30…Je me préparais à vivre un moment fort en émotions devant la prestation magistrale d’Iced Earth. Ce groupe, j’en suis tombée raide dingue quand j’ai commencé à écouter du metal, j’avais une quinzaine d’années quand je m’offrais la box Dark Genesis. Les américains m’ont fait découvrir ce mélange de thrash et de heavy parfaitement équilibré et j’ai été subjuguée par la voix de Matt Barlow.
À ce jour, le groupe est fort d’une trentaine d’années d’activité et de douze albums, Incorruptible sortait en 2017, une bonne excuse pour reprendre la route.
Mon avis concernant le concert d’aujourd’hui est mitigé. Dans un premier temps, je suis forcément frustrée et voir Iced Earth programmé en plein après-midi avec un temps de jeu limité. Ceci s’explique sûrement par une popularité moyenne sur un festival comme celui-ci mais peut-être aussi par le fait qu’ils avaient annulé leur venue la fois précédente (je les ai vus pour la première fois en 2016 à cause de ces fréquentes annulations, en fest ou en salle). Deuxièmement, le concert sera grandement affecté par un son horrible, en partie à cause du vent. Troisièmement, une set list un poil décevante. L’accumulation de ces éléments engendrera un gros manque d’enthousiasme de la part du public et donc une ambiance plus que moyenne. Toutefois, le groupe s’exécute parfaitement. Stu Block, qui remplace Barlow depuis sept ans, est un chanteur incroyable, très charismatique,capable de passer d’un chant grave à des cris aigus sans aucune fausse note. Jon Schaffer, le fondateur du groupe, délivre riffs avec décontraction et classe, j’adore ce mec. A ses côtés, Jake Dreyer (guitare) et Luke Appleton (basse) sont très appliqués ainsi que Brent Smedley qui donne le rythme derrière ses fûts. Iced Earth sert un melting-pot de sa discographie avec des titres récents tels que Great Heathen Army, bien puissante pour un départ sur les chapeaux de roues, Seven Headed Whore ou Raven Wing, mais également des titres plus vieux comme Burning Times, Angels Holocaust et Dystopia. Malgré toute la bonne volonté du groupe, le public ne se réveille guère, seuls quelques fans entonnent les refrains, le vent souffle fort et parfois nous n’entendons même pas le chant, c’est vraiment dommage. Le meilleur pour la fin tout de même avec The Hunter et la touchante Watching Over Me qui me fera, comme toujours, lâcher ma petite larme.
Je repars de là contente de les avoir revus mais déçue, surtout après le spectacle que j’avais vu au BYH, de nuit avec des lights sublimes, un son parfait et pas moins de seize morceaux, difficile de faire mieux vu les dispositions du jour.

 


Killswitch Engaged (16:40-17:25 // Main Stage 2)

 


Exhorder (17:35-18:20 // Altar)

Bientôt l’heure de l’apéro, je retourne sous l’Altar. Ce créneau horaire aura été marquant cette année car, après Demolition Hammer le vendredi, Memoriam le samedi, c’est un troisième groupe de choix qui s’apprête à fouler les planches. Exhorder nous fait l’immense plaisir de venir se produire au Hellfest. Il s’agit encore d’un de ces groupes à la biographie chaotique que les vrais fans de thrash ici présents, les aficionados comme on dit, ont forcément écouté mais pour la plupart, jamais vus. Il faut dire que les américains ont pondu seulement deux albums entre 85 et 94 avant de splitter une première fois. Une réunification se fera en 98 pour donner suite à une autre rupture 5 ans plus tard et ainsi de suite… 2018 est donc l’année de la quatrième reformation d’Exhorder qui vient nous servir les morceaux de ses deux seuls productions, Slaughter in The Vatican et The Law.
Le public est assez dense en cette fin de journée, la scène est sobre avec un backdrop et deux bannières sur les côtés. Les festivaliers accueillent chaleureusement les musiciens qui s’installent, l’intro de Death In Vain résonne sous l’Altar. Le grincement des guitares se fait entendre, et bim, le morceau démarre, l’hyperactif vocaliste Kyle Thomas arrive en trombe. C’est parti pour quarante cinq minutes de folie ! Le son est bien mieux réglé, ce qui permet de bien distinguer tous les instruments. Les morceaux vont s’enchaîner à vive allure, avec une alternance de passages lourds et lents et d’autres ultra rapides. Homicide, Unforgiven… Shasha Horn frappe ses fûts comme un forcené, il tape vite et fort, entraînant les festivaliers qui s’agitent, galvanisés par cette rythmique impétueuse. Il est doublé par la basse opulente de Jason Vierbrooks. On reconnaît – ou pas d’ailleurs – le guitariste Vinnie LaBella, membre originel, qui s’est laissé pousser une grosse barbe bien blanche. Il nous joue des soli impeccables et est accompagné du gratteux Marzi Montazeri (ex-Superjoint Ritual…). Pendant que les mecs s’affairent à balancer des gros riffs et maintenir la cadence, Kyle, l’autre membre rescapé de la formation initiale, nous projette son chant hargneux en pleine face tout en gesticulant dans tous les sens. Il déborde d’énergie (il me rappelle Chuck Billy à faire son air guitar) et la communique très bien, les festivaliers headbanguent en rythme et les plus vifs tournoient dans le pit. L’excellente Legions of Death mettra tout le monde d’accord, ça tabasse ! Leur groove metal, dont le chant fait forcément penser à Pantera, est excessivement thrashy, d’une terrible efficacité et les titres n’ont pas pris une ride. Le show est extra, on prend un putain de plaisir à voir et écouter Exhorder qui s’éclipsera après un hommage à Ralph Sentolla, décédé à peine vingts jours plus tôt et l’ultime Desecrator. Les américains s’en vont sous les applaudissements d’un public conquis.
Je les reverrai, avec joie, en août au Brutal Assault.


Arch Enemy (18:25-19:15 // Main Stage 2)

 


Backyard Babies (18:25-19:15 // Warzone)

 


Batushka (18:25-19:15 // Temple)

 


Baroness (19:20-20:20 // Warzone)

 


Megadeth (19:20-20:20 // Main Stage 1)

 


Alice In Chains (20:25-21:25 // Main Stage 2)

Il est 20H30, le set d’Alice In Chains commence sur la Main 2. À ce moment de la soirée, la route vers la scène s’avère semée d’embûches. La raison ? Le set juste après celui d’AIC, c’est Maiden ! Le public a donc déjà commencé à se masser devant les Main pour pouvoir être au plus près de ces légendes du metal. Je finis par me trouver une place juste entre les deux scènes. J’ai certes très envie de profiter de Maiden, mais je ne voulais pas rater pour autant Alice In Chains qui est également un groupe culte. Les quatre seattliens débarquent sur scène sous des applaudissements un peu mous. Si la foule est immense devant la scène, on y trouve surtout des curieux qui ne semblent pas vraiment impliqués dans le concert. William DuVall et sa tignasse entament les premières notes de Bleed The Freak et j’ai un petit pincement au cœur. DuVall a pris la succession de Layne Staley, chanteur et membre fondateur du groupe après le décès de celui-ci en 2002 ; et on ne peut pas dire qu’il se débrouille mal … Mais la voix de Staley a bercé mon enfance et j’ai toujours un peu de mal à écouter les morceaux du groupe quand ce n’est pas lui qui les interprète. Le groupe enchaîne sans trop de transition : Check My Brain, Again puis Them Bones. Bien qu’ici à l’occasion de la sortie prochaine d’un nouvel album, Raining Fog, le groupe a pioché des morceaux venus de leurs albums sortis depuis leur création.

Je trouve quand même que la performance manque un peu de hargne. À part Mike Inez à la basse qui a l’air de vivre son instrument, les autres membres restent extrêmement statiques et ne communiquent que quand cela est nécessaire. D’ailleurs, Jerry Cantrell à la guitare ne laisse pas énormément la parole à son chanteur et quand il s’agit de rendre hommage à Vinnie Paul avec le morceau Nutshell, c’est Cantrell qui s’en occupe. Les titres passent, et se ressemblent il faut bien l’avouer. Le vent est enfin tombé et le son est nettement meilleur devant les Main que dans l’après midi, il aurait même pu être un poil plus fort, histoire de couvrir un peu le bruit de cette foule qui discute joyeusement sans trop se soucier du concert que se déroule à côté. On en arrive enfin à la partie « tubes » du concert. La fin approche donc mais entre un petit We Die Young, l’incontournable Man In The Box et le culte Would?  les garçons arrivent à placer le titre phare de leur prochain CD : The One You Know. Le groupe nous quitte évidement sur Rooster.

Je ne vais pas mentir, je suis un peu déçue. Bien évidemment au niveau de la technique les compositions du groupe ne sont pas d’une complexité phénoménale, l’exécution n’est pas la plus pointue du monde et le tout est très linéaire. Mais c’est du grunge, il faut bien que ça soit sale un peu, et c’est l’énergie, le charisme et la niaque des musiciens qui compensent le reste. Sans ça, je ne suis pas sûre de ce qu’il reste….

 


Marilyn Manson (23:50-00:50 // Main Stage 2)


Exodus (23:50-00:50//Altar)

Le très beau spectacle offert par Iron Maiden m’aura fait oublier la fatigue qui était pourtant lourde à porter en début de soirée, c’est toute requinquée que je me précipite sous les tentes pour me positionner. Quoi de mieux qu’Exodus pour clore les concerts de l’Altar de cette édition 2018 ? À vrai dire, pour moi, pas grand chose vu que c’est l’un de mes groupes de thrash préférés. Les américains ont de la bouteille et possèdent, depuis longtemps, la recette pour un show réussi. L’absence de Gary Holt, retenu avec Slayer, depuis quelques années ralentit la sortie d’un nouvel opus – le dernier, Blood In Blood Out, date de 2014 – cependant, elle ne freine pas la cadence de production en live, le quintet écume les routes à un rythme assez soutenu. En effet, depuis la parution de leur dernière galette, j’ai pu voir le groupe pas mal de fois en deux ans (Barcelone, Elysée Montmartre, Summer Breeze, Xtreme Fest…) et, à chaque fois, ce fut monstrueux. Ce soir, l’impatience est grande, mes potes thrashers et moi-même sommes excités comme des puces.
Une musique de fond démarre alors que l’Altar est plongée dans l’obscurité, l’immense backdrop aux couleurs du dernier album et un mur d’amplis habillent la scène à la lumière tamisée. Les festivaliers sont nombreux et la tension est à son comble. C’est là qu’apparaît Tom Hunting qui grimpe sur sa batterie portant fièrement un t-shirt Iron Maiden, il attise la foule en agitant ses baguettes et les clameurs s’élèvent aussitôt sous la tente. Ses compères, Kragen Lum (guitare), Jack Gibson (basse), Lee Altus (guitare) et Steve Zetro Souza (chant) arrivent en suivant. Zetro harangue les spectateurs pendant que les autres lancent l’introduction Funeral Hymn, le rythme s’accélère progressivement, et boum, c’est l’explosion, Exodus enchaîne avec Blood In Blood Out. Let’s go, on est parti pour une heure de pure thrash metal ! Le pit se met presque instantanément en mouvement, de nombreux festivaliers tournent joyeusement dans la fosse pendant que d’autres (dont moi) headbanguent comme des malades, emportés par l’énergie hallucinante qui émane de la scène. Les slammeurs s’élancent (et n’arrêteront pas de surfer avant la fin du live), les cris résonnent, le frontman annonce Deliver Us To Evil, titre extrait du cultissime Bonded By Blood. C’est tout simplement énorme ! Les riffs old-school sont puissants et carrément galvanisants, on ne résiste pas non plus à la rythmique aussi robuste que rapide, soutenue par le duo de choc Hunting/Gibson. L’euphorie se répand comme une traînée de poudre et la poussière vole sous la tente qui est bondée malgré cette heure tardive. J’en peux plus, j’ai  chaud, j’ai mal à la nuque et je n’ai plus de voix, mais putain que ça fait du bien !
Comme à son habitude, le sympathique Steve Souza est souriant et, quant il ne beugle pas comme un forcené, il s’adresse à son public. Il introduit ainsi les morceaux, il s’assure que tout le monde s’amuse et que nous sommes toujours chauds. C’est ainsi qu’il lance And Then There Were None, les “oh oh oh” lui font écho, s’en suivra Parasite. Les musiciens font voler leurs cheveux, ils sont également à fond, ça joue rudement vite mais aussi rudement bien, les soli ravageurs exécutés par Kragen fulminent.
Le vocaliste s’avance: “hey motherfuckers, are you ready to go faster ?”, les thrasher répondent vivement “yeahhhhhh”, Zetro amorce l’impétueuse A Lesson in Violence. On se prend en effet une énième dose de violence, de quoi se défouler de plus belle. Les bras se lèvent et les “hey hey hey” se font plus denses avant la plus groovy Blacklist, puis l’incontournable Bonded By Blood… L’ambiance est excellente, la bande de californiens ravage tout, ça décoiffe, quelle claque !!
Le temps passe beaucoup trop vite, la fin est proche… Seulement, Exodus ne nous laisse aucun répit et nous réserve un final dévastateur en enchaînant mon hymne thrash, l’éloquente The Toxic Waltz et enfin l’explosive Strike of The (mother fucking) Beast. Poh ! On s’en prend plein la face et on aimerait que cela ne s’arrête jamais.
Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin, le groupe s’éclipse sous les chaleureux applaudissements d’un public totalement conquis. Le quintet prendra le temps de remercier la foule et de distribuer médiators, baguettes et setlist avant de partir pour de bon…

Exodus aura su, cette fois encore, mettre tout le monde d’accord, les novices comme les fans de la première heure. Une setlist retravaillée et redoutablement efficace qui clôture parfaitement cette édition. Le show était plus qu’excellent, cela nous aura lessivés mais surtout comblés, j’en ai encore la chair de poule…
Un concert mémorable, à revoir sur Arte concerts.


Carpenter Brut (01:05-02:05 // Temple)

Après la claque monumentale d’Exodus sous la Altar, nous nous dirigeons tranquillement mais sûrement vers la Temple pour notre dernier concert du festival. Cette année la programmation nous interdit de déprimer tant que nous avons encore un orteil sur le site, c’est donc plein d’entrain et de bière que nous attendons le début du set de Carpenter Brut.

Je dois avouer que je ne suis pas forcément fan de synthwave, pour la bonne raison que si j’ai envie d’avoir l’impression d’être dans le film Drive, je regarde Drive tout simplement, et si vous ne connaissez pas le film arrêtez ce que vous faites et regardez-le. Je dois pourtant avouer qu’après trois jours intenses de gros riffs et de beuglement, l’idée semble… Rafraîchissante. La tente est pleine à craquer, nous restons à l’extérieur pour pouvoir danser, enfin plutôt gesticuler, à notre guise. Je commence à voir des lasers briller au loin, les notes de Leather, Teeth, titre phare de son dernier album du même nom, résonnent. Je ne peux pas franchement attester de l’ambiance sous la tente, mais autour de nous tout est très calme. Je veux bien que le metalleux ne soit pas très connu pour son déhancher mais tout de même, lâchez-vous jeunes gens ! Les morceaux s’enchaînent sans transition, l’atmosphère est tantôt planante, tantôt vénère mais le tout est très bien équilibré et surtout, le style des compo, orienté années 80, est assez régressif pour que l’on puisse s’éclater. On peut noter comme point d’orgue de ce set la venue de Mat McNermey en guest vocal sur le morceau Beware The Beast et bien sûr, un final fabuleux sur la reprise de Maniac de Michael Sembello qui conclue en beauté ce weekend magnifique.

Il est temps de se diriger vers la sortie, cette édition aura elle aussi été riche en émotions. Un dernier coup d’œil sur le site. Nous essayons déjà d’imaginer quelles surprises nous réserve la prochaine.


Nightwish (00:50-02:05 // Main Stage 1)

 

Article : Fanny Dudognon & Anaëlle Martin

Photos : Antony Chardon

Limp Bizkit + Deftones + Body Count + Memoriam + Terror + Watain + … @ Hellfest Open Air Festival (Jour 2)

Nous ne changeons pas nos habitudes, le réveil est difficile après une petite nuit d’à peine quatre heures, mais l’excitation prend vite le dessus, on s’active afin d’arriver sur le site à l’ouverture et de profiter un maximum de cette seconde journée de festival.


Hexecutor (10:30-11:00 // Altar )

Ce matin, ce sont les bretons d’Hexecutor qui ouvrent les hostilités sur la scène Altar. Le quatuor s’est créé en 2011 et a réalisé son premier album, Poison, Lust and Damnation en 2016. Depuis, les thrashers ont participé à quelques chouettes festivals comme le Fall of Summer où ils avaient largement conquis l’assemblée avec leur prestation décoiffante.
Les connaisseurs se sont levés tôt, il faut dire qu’il n’y a pas non plus 15 groupes de thrash au Hellfest, autant en profiter. La tente n’est pas comble mais les vestes à patchs sont nombreuses.
Les jeunes musiciens prennent place, leur look donne le ton; du cheveux, du cuir et des slims troués… old-school baby ! Il n’y a d’ailleurs pas que le style vestimentaire qui est old-school, en effet, Hexecutor distille du bon speed thrash à l’ancienne comme on aime. La rythmique ultra catchy, les solos de guitare impétueux et les cris aigus, tout est réuni pour vous replonger dans les années 80. On ressent l’inspiration des groupes cultes tels que Destruction, Exciter, Anvil… Les trois zicos très fougueux qui occupent le devant de la scène se donnent corps et âme. Ils jouent le jeu à fond, brandissant leurs instruments, sautant tout en faisant tournoyer leurs belles crinières, ils ne lésinent pas sur la mise en scène. Les membres d’Hexecutor nous communiquent une énergie de dingue et les spectateurs s’activent tout autant emportés par les rythmes endiablés des titres comme Soldiers of Darkness, Hardrockers City ou encore la plus connue La Sorcière du Marais, le pit s’échauffe plutôt bien pour un samedi matin !
A peine le temps de rentrer dedans que c’est déjà fini, et oui, trente minutes c’est très court surtout quand c’est très bon… Hexecutor a tout pour réussir dans le monde du thrash, une fierté pour nous français ! Merci pour cet excellent réveil matin.


Breed Machine (11:05-11:35 // Main Stage 1)

Le soleil est de sortie, pourquoi ne pas en profiter pour assister à un concert au pied de la Mainstage 1 ? Nous retrouvons un autre groupe français nommé Breed Machine plutôt orienté metalcore cette fois. N’étant pas une grosse fan de ce style, je ne connaissant évidemment pas ce groupe, j’avais donc eu la curiosité de regarder quelques clips dont les titres étaient assez accrocheurs. La bande n’a pas chômé puisque, depuis sa création en 2002, elle a déjà sorti quatre galettes.
La garçons montent sur scène et, tout comme dans les clips, nous balancent des morceaux vigoureux. L’envie est là du côté des musiciens, par contre je n’aime pas du tout à la voix…L’énergie émane cependant de la scène et je vois sur les écrans que les spectateurs s’activent au fil du set, portés par les rythmes éloquents et la bonne humeur communicative des musiciens malgré un son très moyen. Malheureusement quand je n’aime pas la voix il m’est quasiment impossible de rentrer dedans et pour le coup, je passe totalement à côté…dommage.


Incendiary (11:05-11:35 // Warzone)

Aujourd’hui, comme le dit très bien Bredan chanteur d’Icendiary, la programmation de la Warzone c’est un peu le rêve de tout hardcore kid qui se respecte. Et de fait, si j’avais eu ma tente sous le bras je l’aurais posée devant la scène pour ne plus bouger de la journée –malheureusement je n’ai pas de tente et devant la scène c’est un peu dangereux parce que ça bouge quand même les concerts de hardcore et, en plus, ils y avaient d’autres concerts ailleurs qui m’intéressaient aussi.

Mais, revenons-en à nos moutons. Incendiary c’est un groupe de Long Island et ils mettent le feu – cette vanne était offerte par le Fire Department de la police de New York. La Warzone n’est pas pleine à craquer mais rien de très étonnant, c’est le deuxième jour du fest et il n’est que 11h. Le groupe réussit quand même à bien réveiller son public. La plupart des morceaux proposés ce matin sont tirés de leur dernière galette Thousand Mile Stare sortie en 2017. On n’est pas en présence d’un groupe d’une grande originalité mais l’énergie est là, le son est propre et ça fait du bien d’entendre du hardcore bien lourd sur ce fest. Le set de trente minutes était amplement suffisant pour nous mettre dans l’ambiance et nous préparer à la suite des réjouissances.


Bloodshot Dawn (11:40-12:10 // Altar )

Retour sous l’Altar, un peu de d’ombre ne fait pas de mal car le soleil tape déjà, de plus, le groupe qui suit promet de nous faire passer un bon moment. Il s’agit de Bloodshot Dawn.
Le style axé death metal des anglais a pas mal évolué depuis la naissance du projet, leur death mélo teinté de thrash se veut actuellement plus violent. Le côté thrashy est toujours bien présent mais il vient davantage flirter avec un death technique plus brutal et moderne. Bloodshot Dawn débarque à Clisson détenteur d’un troisième album à défendre, Reanimation, sorti en janvier dernier.
Le quatuor prend place devant un parterre assez clairsemé, il n’y a pas foule mais les amateurs présents accueillent chaleureusement les anglais qui  semblent ravis d’être là et bien décidés à nous convaincre avec leurs compos. Quand je vois les musiciens se mettre en place, je suis d’abord un peu déçue de l’absence de James Stewart, à la batterie depuis 2017, qui est l’un de mes batteurs favoris (Vader, Divine Chaos…). Je remarque que son remplaçant est Giulio Galati. Il joue notamment dans l’excellent groupe de death tech Hideous Divinity, et fera très bien le job, son jeu est carré et agréable. La rythmique est également assurée par le bassiste Giacomo Gastaldi qui fait vibrer les cordes de son instrument avec ardeur. A ses côtés se tiennent le très bon Morgan Reid qui a récemment rejoint le groupe et qui nous balance des soli à la fois mélodiques et irascibles, techniquement impeccables avec un peu de tapping par-ci par-là. La bande est menée par le charismatique vocaliste Josh McMorran s’accompagnant de sa guitare. J’aimais déjà après plusieurs écoutes sur cd,  je dois dire que j’aime vraiment bien ce que ça donne en live, les mecs envoient du lourd. Les parties mélo se mêlent à d’autres bien plus violentes et même parfois carrément groovy. Nous sommes happés par la puissance des titres et les spectateurs maintenant plus nombreux s’agitent de plus en plus dans la fosse, ils ne se feront d’ailleurs pas prier pour exécuter un beau Wall of Death à la demande du frontman. Le temps passe très vite, il est déjà l’heure pour les anglais de nous quitter. Bloodshot Dawn nous à offert un très bon show, à revoir absolument, de préférence en salle avec une meilleur qualité de son.

 


Monolord (11:40-12:10 // Valley )

 


Savage Messiah (12:15-12:45 // Main Stage 1)

La suite sera, elle aussi, British mais dans un style totalement différent, nous repartons sous le soleil en direction des Mainstages où s’activent déjà les membres de Savage Messiah.
Si tu aimes le bon power metal alors ce groupe est fait pour toi. Le quatuor, créé il y a une dizaine d’année sait comment créer de bons tubes prégnants avec un heavy teinté de thrash. Je les avais connus avec leur premier album Inssurection Rising et je suis contente de pouvoir les découvrir en live. Savage Messiah nous servira quelques morceaux piochés de toute leur discographie dont l’énergique Blood Red Road et son refrain éloquent, extraite du dernier opus Hands of Fate. Le frontman Dave Silver balance de bons gros riffs efficients pendant que le lead guitariste, Sam S Junior, prend le soin de réaliser ses soli mélodieux avec précision et assurance. La voix de Dave est aussi agréable que sur album, très juste et puissante. La rythmique est assurée par le duo basse/batterie respectivement jouées par Mira Slama et Andrea Gorio. Le titre Scavengers of Mercy et sa cadence thrashy est d’une efficacité incroyable, ça galope !
Les spectateurs s’approchent au fur et à mesure du set, attirés par la belle énergie qui émane de la scène. Le chanteur profite de l’avancée pour venir chercher son public avec lequel il aime communiquer. Les compositions donnent clairement envie de faire tournoyer les cheveux, nous passons un très bon moment en compagnie de Savage Messiah et nous repartons de là, conquis et détendus.


Get The Shot (12:15-12:45 // Warzone)

Chaque fois qu’un groupe français ou francophone joue au Helfest ça ramène du monde. Les québécois de Get The Shot n’échappent pas à la règle. La Warzone s’est remplie à toute vitesse. En même temps, le groupe propose un style de hardcore ultra efficace, rapide et énergique qui met tout de suite dans l’ambiance. Les morceaux choisis aujourd’hui sont à cette image : Faith Reaper, Blackened Sun, Rotting Idols ou At War, que des riffs qui sonnent comme des appels à la mandale et une rythmique bien vénère. Je dois l’avouer, avant que le set ne commence je n’avais plus en tête le fait que GTS faisaient partie de nos cousins de l’autre côté de l’Atlantique. Ma surprise est donc grande quand Jean-Philippe (au chant)  entame, dans son accent chantant, le sermon habituel sur la nécessité de ne pas être un mouton, de dire non aux discriminations etc. Discours classique, mais en accord avec l’ambiance de la journée. C’est sûrement l’abolition de la barrière de la langue qui ramène autant de monde à ces concerts –en plus de la qualité des groupes j’entends. On sent vraiment un plaisir à pouvoir communiquer aussi facilement du côté du public comme de celui du groupe. Jean-Philippe passe d’ailleurs une bonne partie du set dans la foule, histoire de mettre juste un peu plus de bordel dans le pit. Au final, trente minutes ça passe vite, surtout quand on s’amuse, et là, le set est passé à une vitesse phénoménale …

 


Demilich (12:50-13:30 // Altar)

On continue la journée sous l’Altar avec un groupe de death metal finlandais nommé Demilich. La bande est connue pour son parcours chaotique, avec seulement un album réalisé en 1993 et de nombreux splits, le projet n’est stable que depuis 2014. La force de ce groupe est que son style de death est assez particulier, aussi anarchique que leur histoire, à la fois technique, brutal et avant-garde. Un mélange déconcertant qui attise forcément la curiosité des fans de musique extrême.
Les musiciens montent sur scène, on s’attend à être surpris du genre et surtout de la voix très grave rocailleuse (un chant presque grindcore) mais le plus surprenant c’est la bouillie qui sort des enceintes, le son est très mauvais. Une nette amélioration s’opère mais un début comme celui-ci et une légère fatigue m’ont empêchée de rentrer dans le set, et je ne reste pas longtemps. J’espère avoir l’occasion de réitérer l’expérience Demilich dans de meilleures conditions. Il est temps d’aller se ravitailler afin d’être d’attaque pour le reste de la journée.


Eskimo Callboy (12:50-13:30 // Main Stage 2)

 


Knocked Loose (13:35-14:15 // Warzone)

Sur la Warzone c’est l’heure du beatdown et il n’y a qu’à regarder la largeur du pit qui se forme avant même l’arrivée de Knocked Loose pour comprendre qu’on n’est pas là pour faire une partie de tennis. Si vous n’êtes pas familiers avec le groupe tout droit venu du Kentucky, on va dire que c’est un groupe de hardcore avec une ambiance bien lourde et un chanteur encore entrain de muer…. Et ça tabasse ! L’entrée des américains se fait sur Billy No Mates et c’est déjà la guerre. Au niveau du choix des morceaux pas de grande originalité. Les garçons sont fort d’un EP sorti en 2014 (Pop Culture) et d’un album sorti en 2016 (Laugh Tracks), la plupart des morceaux joués en live sortant de ce dernier. On enchaîne donc sans beaucoup de transition sur The Rain, The Gospel, No Thanks ou encore Last Words avant que Bryan Garris n’annonce le morceau déjà culte du groupe Counting Worms  … Et je suis très contente que, au moins les personnes autours de moi aient fait sonner leur plus beau ARF ! ARF ! Le set est intense, sur scène les musiciens sont presque en introspection comme pour délivrer le maximum de violence possible, ce qui coupe un peu la communication avec le public et je trouve ça dommage. Il fait chaud sur la Warzone quand les musiciens se décident à entamer All My Friends, ça sent la fin du set et je n’avais même pas vu le temps passer. Le groupe nous quitte sans grande surprise sur Deadringer. C’est l’occasion d’une dernière effusion de violence gratuite avant le retour au calme. Je dois avouer que j’attendais ce set avec impatience et que je ne suis pas déçue, j’espère cependant pouvoir un jour voir KL en salle –ou dans une cave – puisque c’est bien dans ces conditions qu’on doit apprécier leur performance à sa pleine mesure.

 


L7 (13:35-14:15 // Main Stage 1)

 


Rise Of The Northstar (14:20-15:00 // Main Stage 2)

 


Psykup (14:20-15:00 // Altar)

 


Oranssi Pazuzu (15:05-15:55 // Temple )

J’ai fait une autre tentative ratée avec le show hypnotisant d’Oranssi Pazuzu, c’est la deuxième fois que je vois les finlandais en festival (première fois au FOS) et la seconde fois aussi qu’il m’est impossible de me mettre dans l’ambiance. Je crois qu’il est indispensable que j’aille voir cette formation performer en salle, dans un lieu plus intimiste et plongé dans le noir pour retrouver les sensations perçues à l’écoute des albums. Leur black metal expérimental ultra psychédélique demande, à mon avis une très grande habitude où des conditions optimales pour être apprécié à sa juste valeur. Au vu du public, apparemment captivé,  je fais partie de ces quelques “autistes” incapables de se mettre dans une bulle en pleine journée et au milieu de gens qui papotent… La prochaine fois sera la bonne, jamais deux sans trois comme on dit…


Turnstile (15:05-15:55 // Warzone)

L’état de guerre continue sur la Warzone avec Turnstile. Le groupe avait déjà retourné le fest en 2016, tout juste un an après la sortie de l’excellent Nonstop Feeling. Cette fois, c’est pour faire la promotion de leur dernière galette Time ans Space que les américains reviennent.

Les garçons ont sous le pied une réserve d’énergie assez ahurissante et ce live démarre sous de très bons hospices. Il ne faut pas longtemps pour que Brendan Yates (au chant) se débarrasse de son T-shirt et saute dans la foule, une fois, puis deux, puis trois et ensuite j’ai arrêté de compter. Soit dit en passant, je voulais faire un clin d’œil au chef de la sécu chargé d’empêcher l’accès à la scène aux perturbateurs qui fait son travail avec tellement de zèle que l’on a manqué de finir le concert sans Brendan. L’ambiance dans le pit est électrique mais on sent quand même que les morceaux du dernier album, principalement joués pendant le set, n’ont pas pris aussi bien que ceux de Nonstop Feeling. On assiste bien à des explosions d’énergie lors de Gravity, Drop et Fazed Out. Les musiciens sont là pour une heure entière et ne faiblissent à aucun moment durant celle-ci, le public le leur rend bien. Franz Lyons à la basse est là pour prendre le relais au chant de Brendan quand ce dernier décide d’aller se balader dans la foule ou ailleurs et celui-ci assume la relève à la perfection. Le point d’orgue du live est quand même le moment où, sorti de nulle part, le chanteur du groupe décide d’aller se reposer sur les enceintes géantes à côté de la scène, sans soucis. Le plongeon depuis son perchoir n’a, heureusement, pas lieu. Toute la warzone sue copieusement son excédent de bière mais la fin du set approche, un beau final à base de Time + Space, 7 et Keep it moving. Je suis encore estomaquée –oui oui cette expression existe encore – par l’énergie déployée sur scène par le groupe et je pense que certains devraient en prendre note. Pas le temps de me reposer pour autant, je cours sous la Valley pour mon prochain groupe.


Powerflo (16:00-16:40 // Main Stage 2)

 


Ho99o9 (16:00-16:40 // Valley)

Rendez-vous sous la Valley pour mon seul concert sous cette tente de tout le fest. Je me faufile devant la scène juste à temps pour le début du show de ho99o9 (ça se prononce horror). Le duo américain était déjà passé à Toulouse il y a peu de temps et vous pouvez retrouver un résumé de cette soirée ici. Cette fois ci pas de strip teaseuse sur scène, l’intro du groupe retentit et l’ambiance sous la tente devient d’office plus pesante. TheOGM prend place devant ses pédales, Brandon Petzborn derrière ses fûts et Eaddy sur le devant de la scène. Le set commence fort, très fort d’ailleurs, je suis contente d’avoir pensé à mes bouchons – pensez à vos bouchons d’oreille les enfants – car les basses mettent à mal mes tympans. C’en est presque douloureux mais heureusement l’ingé-son rectifie un peu le tire au fur et à mesure du set. Les garçons donnent toujours énormément sur scène mais je leur trouve moins d’énergie que la dernière fois que je les ai vus. Pas de pirouettes ou de saut de l’ange cette fois-ci, Eaddy parcours régulièrement la scène mais reste beaucoup tanké devant. Petit fait notable « à la ho99o9 », il se sort une cigarette et descend dans le pit photo demander du feu au public.

Parlons-en du public d’ailleurs. La présence du groupe sur ce fest peut en dérouter certains, leur style musical se rapproche plus du rap et du horrocore  que du metal mais ils ont de grandes influences punk et leur énergie est la même que celle de beaucoup de groupes dans cette scène. Je pense que cela explique un peu l’ambiance sous la tente à ce moment. Celle-ci est pleine à craquer mais les morceaux du groupe n’arrivent pas à créer de grosse guerre. On voit bien un petit pit au loin mais rien de très hardcore, les gens restent très statiques tout le long du set et même les slammeurs se sont calmés. Beaucoup sont sûrement venus par curiosité et j’espère que la performance, certes moins spectaculaire mais toujours techniquement impeccable du groupe les aura marqués.


Jonathan Davis (16:45-17:35 // Main Stage 1)

 


Memoriam (17:40-18:30 // Altar )

Je retrouve ma place devant ma scène favorite. J’ai encore en tête le show de malade de Demolition Hammer la vieille, même heure même lieu… Cette fois, c’est Memoriam qui va prendre d’assaut l’Altar.
Quel amateur de death metal ne connaît pas le grand
Karl Willetts, principal vocaliste de Bolt Thrower ? Ne souhaitant pas continuer le groupe après la mort soudaine du batteur Martin Kearns en 2015, il décide de former Memoriam. Il sollicite alors son confrère Andrew Whale, qui avait précédé Kearns de 86 à 94 à la batterie et avec qui il avait joué dans d’autres projets. Le guitariste Scott Fairfax (Cerebral Fix) le bassiste Frank Healy (Sacrilege, Ex-Benediction…) rejoignent également le projet. Deux ans à peine après sa formation, la bande a déjà réalisé deux albums, For The Fallen et The Silent Vigil qui serviront à agrémenter la setlist de ce concert.
Les anglais débarquent, acclamés par la foule, pendant que l’intro de War Rages On résonne sous l’Altar. Les mains se lèvent en réponse au salut de Karl. Le grand blond dégage un charisme fou, il se pose là et c’est tout naturellement qu’il impose le respect. La musique démarre, la guitare crépite, la basse vrombit, la grosse caisse éclate et la voix rocailleuse bien singulière du chanteur retentit. Memoriam va nous inonder de son death metal old school massif pendant près d’une heure. Soulless Paradise, Bleed The Same, Resistance… les titres défilent à vive allure. Gros son, les riffs délivrés par Fairfax sont gras et lancinants et, tout comme lui, on se laisser aller,  on headbangue volontiers. Whale assène des coups secs et perforants sur sa caisse claire tout en gérant les variations rythmiques à la double pédale, easy, le mec semble s’ennuyer tellement il est détendu. Il est doublé par le son velu de la basse de Healy qui me fait terriblement penser à Bobby Blitz avec ses bouclettes qui frétillent.
Côté spectateurs c’est plutôt calme, ça se balance au gré du rythme qui varie au fil des morceaux, tantôt lourd et lent, tantôt vif, l’Altar ne désemplit pourtant pas. Karl Willetts harangue sans cesse son public, souriant, il inspire la sympathie tout autant que la déférence. L’ambiance ira crescendo,la poussière finira par s’élever dans le pit, difficile de rester de marbre face à Memoriam qui répand une musique virulente d’une efficacité redoutable. Le show est excellent, on en voudrait encore mais la fin approche. Le set s’achève avec Flatline et un frontman heureux qui envoie des bisous à la foule avant de se retirer, le death metal rend doux…
C’était monstrueux, j’ai passé un excellent moment, le meilleur de la journée à cette heure. Un putain de concert avec un putain de groupe, ça fait un bien fou!

 


Dalek (17:40-18:30 // Valley )

 


Terror (18:35-19:35 // Warzone)

Il est temps pour moi d’aller faire un tour à la Warzone, lieu que j’ai beaucoup plus fréquenté l’an dernier pour voir des groupes tels que D.R.I, Insanity Alert… La prog étant globalement plus punk et punk hardcore que thrash c’est tout naturellement que je l’ai désertée pour plus d’Altar. Cependant, s’il y a un groupe du genre qui ne m’a jamais déçue en live c’est bien Terror qui retourne systématiquement tout sur son passage. Il faut dire que le groupe natif de Los Angeles n’en est pas à sa première scène. Né il y a 16 ans, Terror est un groupe très actif avec six albums au compteur et un nombre hallucinant de live réalisés, ils sont sur des fest européens presque tous les ans (Summer Breeze, Brutal Assault, Resurrection Fest…).
Nous n’avions pas besoin de nous précipiter pour arriver à la Warzone puisqu’il y a du retard, les spectateurs attendent impatiemment l’arrivée des américains. Les musiciens se placent, ils commencent déjà à sautiller histoire de se chauffer. Le chanteur, Scott Vogel arrive en trombes en attisant la foule et les premières notes de One With The Underdogs retentissent. Terror ne fait pas dans la dentelle, on se prend une vague de riffs destructeurs en pleine gueule d’entrée de jeu. Chris Linkovich tripote les cordes de sa basse en sautant tel un boxeur entrant sur un ring pendant qu’à ses côtés les deux guitaristes Martin Stewart et Jordan Posner remuent comme des chiens en cage avec leur tête de tueur. Les mecs sont aussi nerveux que la musique est vigoureuse, ça envoie du steak et l’effet boomerang est immédiat : ça s’excite dans le pit !  Circle pit à gogo, slam, mosh et autres danses en tout genre, tout le monde se prend au jeu, galvanisé par la rythmique infernale tenue par le batteur Nick Jett, la fête bat son plein. Dès le deuxième titre je me mets à beugler le refrain en même temps que Vogel “Over, Overcome!!!!!” alalala, c’est fou comme leurs compos sont électrisantes, on a qu’une envie c’est de se défouler, de se lâcher. Sick Tight, Live By The Code, Out of My Face et j’en passe, le set s’écoule à vive allure et on transpire comme des bœufs. Les challengers n’ont pas de répit non plus, les slammeurs défilent et les débutants ne sortiront pas du pit indemnes, c’est la guerre. Terror c’est de la violence qui fait danser, Scott Vogel est un frontman redoutable, il chante avec ses tripes en mode “rien à foutre”, il n’essaye pas de faire du beau, c’est brut et agressif, c’est selon moi ce qui fait la force du groupe. De plus, il n’hésite pas à communiquer avec son public et remercie souvent celui-ci pour son enthousiasme : “Very good to be here, very good, very good, very good…thank you ” (il est emballé ça c’est certain).
Le set est bientôt fini, c’est bien évidemment la célèbre Keepers of The Faith qui servira de final, un titre phare qui sera repris en chœur par les fans. Quarante cinq minutes de show au lieu d’une heure initialement prévue, des morceaux courts mais intenses, Terror aura fait l’effet d’un rouleau compresseur sur la Warzone, quelle branlée !

 


Bullet For My Valentine (18:55-19:55 // Main Stage 1)

 


Orange Goblin (19:40-20:40 // Valley )

Je me rends à la Valley où l’un des groupes notoires de stoner metal s’apprête à fouler la scène. Je parle bien entendu d’Orange Goblin. Les anglais étaient venus en 2015 après la sortie de Back From the Abyss, ils avaient mis le feu sous la Valley avec une prestation remarquable qui m’avait laissée coi. Il y a quelques mois sortait le neuvième album des anglais, The Wolf Bites Back, une bonne excuse pour remettre le couvert et réinvestir l’une des scènes du Hellfest.
Cette fois encore, la tente est blindée, et les clameurs s’élèvent bien fort lorsque les membres d’Orange Goblin apparaissent. Nous retrouvons Chris Turner à la batterie, Martyn Millard à la basse, Joe Hoare à la guitare et le géant Ben Ward au chant. Turner fait résonner ses toms, le set démarre avec l’énergique Sons of Salem, extraite de leur dernière galette. Le public s’agite rapidement et les mouvements de foule se font de plus en plus intenses, les fans de crowd surfing s’élancent, ça va être chaud sous la Valley. Le frontman très souriant prend souvent la parole et remercie vivement les spectateurs. Comme toujours avec Orange Goblin, on passe un excellent moment, les titres sont pêchus et entraînants, on ne reste pas de marbre. Les gens poussent et ça fume toujours autant par ici, j’ai malheureusement beaucoup de mal à me laisser porter par la musique, dérangée par ces deux éléments, je m’éloigne un peu…Après cinq ou six morceaux je décide de partir, la toux l’aura emporté sur le reste, je suis un peu triste mais je sais que j’aurai bien d’autres occasions de revoir ce groupe que j’affectionne particulièrement.


Body Count (20:00-21:00 // Main Stage 2)

Ce samedi passe à une allure folle, il est déjà 20h et, après la claque Terror, je me dirige vers la Main Stage pour aller voir notre bon ami Ice Tea et The Body Count. Petit instant nostalgie puisque le groupe m’avait laissé un souvenir marquant lors de leur premier passage au fest il y a trois ans juste après leur reformation. Souvenez-vous, c’était sur la Warzone, avant que celle-ci ne soit retapée, en plein milieu de l’après midi et plusieurs d’entre nous avaient failli y laisser la vie – j’exagère à peine. Cette fois l’organisation a prévu le coup en programmant le groupe sur la Main Stage, histoire d’éviter les débordements. L’ambiance ne sera pas la même donc, je le sais, mais j’espère quand même y trouver mon compte, surtout après la sortie de leur excellent dernier album Bloodlust.
Le groupe se met en place et, en guise d’introduction, leur cover de Raining Blood de Slayer résonne. Pour la suite …. Je pourrais presque vous renvoyer sur mon report de 2015 tant le show n’a presque pas changé. A part l’introduction de Black Hoodie et No Lives matter dans la setlist, j’ai l’impression de voir le même set – vannes et discours anti raciste, parfois sexiste inclus – mais avec moins d’ambiance. Et pour ne rien aider, le son sur la Main laisse grandement à désirer. J’ai beau savoir que les musiciens sont excellents, notamment Vincent Price à la basse et Ernie C à la guitare, le choix de cette scène et la passivité du public me font trouver la prestation molle. Les morceaux s’enchaînent et Ice Tea malgré sa grande gueule n’arrive pas à motiver la foule au-delà du petit pit juste devant la scène. Là encore le mélange rap – hardcore du groupe et la notoriété du chanteur a sûrement attiré les curieux mais ne les entraîne pas. Quand III Will entame son solo de batterie je sens que le set touche à sa fin et je préfère m’extirper du public pour aller voir Madball sur la Warzone. En même temps, je me dis que si je suis la seule à entonner « Talk Shit ! Get Shot ! » Les gens risquent de me regarder bizarrement… Et j’ai la conviction que ce n’est pas normal pour moi d’avoir cette appréhension en plein milieu du Hellfest.

 


Madball (20:45-21:45 // Warzone)

Le groupe emblématique de NYC hardcore est de retour au Hellfest pour son quatrième passage depuis la création du festival – on est sur une moyenne d’un passage tous les deux ans en alternance avec Sick Of It All. Je reviens donc sur la Warzone pour assister au set du trio new-yorkais. C’est la troisième fois que je les vois et ils sont toujours égaux à eux-mêmes : Freddy parcours des kilomètres sur scène, il y a même un membre du crew assigné à la gestion du fil de son micro et je trouve ça formidable, Jorge à la basse prend racine sur scène et Mike défonce ses fûts dans le fond. Un certain Dominik Stammen les accompagne à la guitare sur scène, sa présence ne me frappe pas mais il fait le job proprement. Au niveau des – nombreux – morceaux choisis par le groupe on reste dans du classique avec dès le départ l’enchaînement  We The People, Heavenhell et Can’t Stop Wont Stop sur lequel se rajoute Scott Vogel de Terror, parce que vu qu’il est déjà là autant qu’il participe lui. Pas la peine de préciser qu’à ce niveau là du live, le pit est une zone à éviter si l’on tient à son intégrité physique, le groupe est un classique et leur style de hardcore est efficace souhait, il ne pouvait pas en être autrement. Les musiciens nous gratifient également de tout un passage Set It Off, avec le morceau Smell The Bacon dans le lot. Voilà, j’avais juste envie de pouvoir un jour placer ce morceau dans une de mes chroniques car ce nom est formidable. Les morceaux se poursuivent dans cette ambiance, le son sature un peu ce soir mais l’énergie est bien là. For My Enemies, Born Strong, Pride, Infiltrate The System mettent le feu à la Warzone entre deux discours sur les valeurs et la grande famille du hardcore  de type « Le guide du petit Coreux 101 ». Les premières notes de l’hymne new-yorkais du groupe Doc Martin Stomp résonnent, reprises par tout le public. Le set touche à sa fin et on peut bien dire que le groupe est toujours aussi efficace.


Enslaved ( 20:45-21:45 // Temple )

Enfin arrive le moment de revoir Enslaved. Les norvégiens étaient de passage à Toulouse il y a deux ans, ils avaient livré un show magistral, l’un de mes meilleurs concert de cette année 2016. Il faut dire que ce groupe est unique, marquant par son style mélangeant black metal et metal progressif ainsi que par ses deux créateurs talentueux Ivar Bjørnson et Grutle Kjellson. La bande est de retour au Hellfest avec une nouvelle création, E, sortie l’an dernier. Les gars arrivent encore à nous surprendre avec ce quatorzième album, à la fois hypnotique et puissant qui, personnellement, m’a énormément plu et fait ressentir plein de belles émotions. J’ai hâte d’entendre quelques nouvelles compos en live.
Il est 20h45, il ne fait pas encore nuit mais la Temple permet tout de même d’appréhender ce concert dans de bonnes conditions. La scène est nappée de fumée et inondée d’une lumière rouge, les musiciens entrent en scène chacun leur tour, accueillis par les mains levées des festivaliers. L’entrée en matière se veut saisissante avec le titre purement black metal Roots Of the Mountain. On retrouve bien évidemment le gros nounours Bjørnson à la guitare et au chant, le charismatique bassiste et vocaliste Kjellson ainsi que le fougueux guitariste Arve Isdal toujours torse nu et enfin Cato Bekkevold derrière les fûts. Le claviériste Herbrand Larsen a laissé sa place au très jeune Håkon Vinje. A 26 ans, on sent qu’il n’a pas une grande expérience de la scène mais il est très appliqué et ne se laisse pas déstabiliser par les problèmes de son, il assure et son chant clair est vraiment très bon. Après Ruun, les musiciens sont enveloppés de bleu et nous plongent dans une ambiance plus calme avec Storm Son. Un nouveau morceau lent, où la douceur des mélodies contraste à merveille avec le growl caverneux de Kjellson. Les nappes atmosphériques du claviers résonnent magnifiquement sous la tente, c’est très beau, il suffit de fermer les yeux pour voyager dans l’univers cabalistique et envoûtant des norvégiens. Les deux leaders s’adressent à tour de rôle au public, Ivar introduira One Thousand Years of Rains en parlant de la météo norvégienne. Puis ce sera au tour de Grutle qui sollicitera la foule pour entonner la Marseillaise avant de lancer Sacred Horse.

C’est à peu près à ce moment là que tout va basculer pour moi. En effet, deux abrutis imbibés d’alcool se mettent à sauter et pogoter à côté de moi, j’ai les yeux fermés et je me prends quelques coups, ce qui me sort de ma torpeur. Je me retourne un peu agacée par le comportement des deux mecs qui sont là, en mode “popolopopolopoh”, ils commencent donc à me provoquer en venant me remettre quelques coups, volontaires cette fois-ci. Je demande gentiment d’aller plus loin, je me recentre sur le concert et l’un deux me met une main au cul. Quand je me retourne le gars se marre donc là forcément, c’est la goûte d’eau, je chauffe et je commence à vouloir me battre… Des gens les ont fait partir. Grosse parenthèse pour un énième coup de gueule. Il y en a marre de ces gros cons qui, sous prétexte qu’ils sont alcoolisés, se permettent de venir peloter les nanas et malheureusement ils sont de plus en plus nombreux sur ce festival. Vous nuisez à la réputation du Hellfest qui est censé être un havre de paix musical où l’on peut déconnecter et où l’on aimerait se sentir en sécurité. La fin de ce concert qui était magnifique m’a été totalement gâchée, j’ai passé le reste du set à pleurer et trembler, la peur et la colère m’ont fait totalement déconnecter.

Je suis dégoûtée, d’autant que l’enchaînement final Allfáðr Oðinn / Isa était probablement la partie la plus intense, chargée en émotions, suite à l’annonce du départ de Cato qui joue, à cet instant, son dernier live avec Enslaved
Si j’additionne les soucis de son et l’agression (parce que oui, il s’agit d’une agression) je ne pourrais malheureusement pas garder un souvenir très positif de ce concert qui avait pourtant très bien commencé.


Deftones (21:05-22:20 // Main Stage 1)

 


Limp Bizkit (22:25-23:25 // Main Stage 2)

 


Watain (22:55-23:55 // Temple)

Allons donc sous la Temple où les techniciens s’activent afin de mettre en place le décor impressionnant de Watain.
Depuis sa création en 1998, ce groupe de black metal suédois est connu pour ses mises en scène provocantes, satanisme, nazisme, sang de charogne…on en voit et en entend beaucoup mais est-ce vraiment ce qui doit nous interpeller ? Quand on met de côté tout ceci et que l’on écoute la musique de Watain, on peut clairement dire que leurs compositions sont d’excellente qualité, la bande distille un trve black metal redoutablement efficace.
Ils sont de retour au Hellfest avec un tout nouvel album à présenter, Trident Wolfe Eclipse.

Le décor est en place : backdrop, tridents, croix renversées, bougies, lumière couleur sang…Les suédois ont sorti la grosse artillerie afin nous plonger intégralement dans le monde obscur de Satan qui les inspire. L’intro de Stellarvore retentit pendant que les musiciens s’installent. Il n’y a pas que la scène qui est “black metal”, les mecs aussi revêtent la panoplie du trve black metalleux : bracelets cloutés, cuir, corpse paint et regards méchants, tout y est. Le frontman Erik DanielssonE.” apparaît avec une torche enflammée, il entame son rituel, embrasant les tridents, il endosse le rôle de maître de cérémonie. Les croix renversées qui surplombent la scène clignotent au rythme des coups francs frappés sur la caisse claire, la messe noire va commencer… Le public est captivé, la tension est à son comble.
Une salve de pure violence se déverse alors sur nous avec une succession de titres diablement efficients, Devil’s Blood puis Nuclear Alchemy, oh que ce chant sorti d’outre-tombe est puissant ! Le son est vraiment bon et j’ai l’impression de me prendre une énorme baffe en pleine poire tellement c’est dense et brutal. Håkan Jonsson H.” martèle sa grosse caisse et frappe ses fûts avec force, il est doublé par le son de basse velue de Alvaro LilloA”.
Les guitaristes Pelle ForsbergP” et H.Death nous servent des riffs aussi incisifs que éthérés. Danielsson, fort de son charisme, fait le show n’hésitant pas à communiquer avec le public quand il ne projette pas son chant hargneux et acéré qui prend clairement aux tripes.
Les lumières clignotent dans tous les sens, les flashs en excès m’obligent à mettre mes lunettes de soleil pour ne pas fermer les yeux et risquer de manquer ce spectacle de malade. Malfeitor, Furor Diabolicus…le temps passe très très vite, Watain me fait l’effet d’une bombe, ce concert est mortel !
Les festivaliers présents sont fascinés, certains headbanguent, d’autres semblent totalement en transe alors que d’autres encore sont juste abasourdis par la violence qui émane de la scène. On Horns Impaled et The Serpent’s Chalice seront les derniers morceaux, le chanteur invoquera Satan une ultime fois avant de s’évaporer dans les ténèbres…

Un show délétère et captivant à la fois qui m’aura coupé le souffle du début à la fin.


Nile (00:00-01:00 // Altar)

 


Dimmu Borgir (01:05-02:05 // Temple)

 


Hatebreed (01:05-02:05 // Warzone)

Dernier groupe de la journée et pour moi c’est sur la Warzone, étonnement, que ça se passe. La fatigue du samedi est entrain de tomber alors que je me place pour le set de Hatebreed, et je ne suis visiblement pas la seule, tout le monde est très sage devant la scène. J’espère que les américains vont réussir à nous réveiller. Jamey, sourire aux lèvres et bandana vissé sur la tête débarque sur scène et les premières notes de Proven résonnent. Le pit se déchaine et à la barrière on se casse la nuque. Pour le coup un set de Hatebreed ça vaut tous les Redbull du monde. Les garçons sont très en forme ce soir et enchainent successivement To The Threshold, Destroy Everything, Last Breath et Live For This. Les refrains du groupe sont tellement efficaces et faciles à retenir que le public entier se transforme en back up vocals.

J’ai passé presque la journée entière devant cette scène et je pense sincèrement que c’est le concert avec le plus d’ambiance de ce samedi. C’est aussi celui où j’ai vu le plus de slammeurs jusqu’à présent, et eux ne m’avaient pas manqués. Je suis heureuse de pouvoir voir le groupe dans ces conditions, leur dernier passage au fest ne m’avait pas laissé une aussi bonne impression – je vous parle de Main Stage sous la pluie là. Les morceaux se suivent – et se ressemblent il faut bien l’avouer – mais l’énergie et la performance ne faiblissent pas : As Diehard As They Come, In Ashes They Shall Reap, Everyone Bleeds Now puis Looking Down The Barrel Of Today. Les musiciens prennent le temps de remercier leurs fans entre chaque morceau et se baladent sur scène comme s’ils étaient chez eux. Ils ont l’air content d’être là, le Hellfest leur rend bien. Le son s’est amélioré depuis le set de Madball et les musiciens tiennent un set sans fausse note du début à la fin. Un petit regard vers l’heure et je me rends compte que la fin du set s’approche, pour nous quitter en beauté le groupe a choisi Defeatist, Before Dishonor et I Will Be Heard. Les dernières mandales de la journée sont distribuées et le groupe remercié par des applaudissements fournis. Le groupe fait partie de la très sympathique affiche de l’Xtrem Fest cette année, n’hésitez pas à y jeter un œil.


Parkway Drive (01:00-02:05 // Main Stage 2)

 

Article : Fanny Dudognon & Anaëlle Martin

Photos : Antony Chardon

Judas Priest +Hollywood Vampires + A Perfect Circle + Rise Against + … @ Hellfest Open Air Festival (Jour 1)

Fidèle depuis quelques années maintenant, l’équipe toulousaine de Thorium Mag est de retour au Hellfest qui fête aujourd’hui sa treizième édition.
Les années passent et le site évolue, grandit, s’embellit, les nouveautés sont moins nombreuses en 2018 mais la team du fest trouve toujours le moyen de nous étonner. En effet, quelques décorations viennent s’ajouter aux autres, comme par exemple le chouette mur d’eau qui en aura émerveillé certains, fait râler d’autres mais qui aura surtout rafraîchi des centaines de festivaliers durant ces trois jours passés sous un soleil éclatant.
Le plus important, selon moi, reste la programmation qui, cette fois encore se veut toute aussi excellente qu’ éclectique, il y a largement de quoi satisfaire tous les curieux mélomanes présents qu’ils soient néophytes ou convertis depuis plusieurs années. Après chaque édition on se dit “bon c’est la dernière, j’ai tout vu”, mais non, même si quelques groupes sont fréquemment re-programmés, nous découvrons une grosse fournée d’inédits et c’est surtout ce qui fait la force de ce festival.

Comme à notre habitude, nous débarquons le jeudi soir afin de retrouver les copains et se remettre progressivement dans l’ambiance, bien qu’une fois sur place nous avons la sensation de ne jamais être partis…un an ça passe très vite !

 

Vendredi 22 Juin 2018: 
Voici enfin le premier jour du Hellfest, nous sommes frais mais bien agités à l’idée de pénétrer dans l’enceinte de ce lieu qui nous est maintenant si familier, un endroit unique où règne la bonne humeur stimulée par la bonne musique qui résonne à longueur de journée et pendant trois jours entiers.
Après quelques minutes d’attente et un passage à la fouille, nous y sommes, welcome to Hell !


Drakwald (10:30-11:00 // Altar )

Nous démarrerons en douceur à l’ombre de l’Altar, ma scène de prédilection. Ce sont les tourangeaux de Drakwald qui ouvrent les hostilités. La bande aura la chance d’être accueillie par un public assez dense et chaleureux en ce premier jour de festival et malgré cette heure matinale. Le son de la cornemuse amorce le set, c’est parti pour trente minutes de death metal mélodique et folklorique avec des morceaux tirés, entre autres, de leur second album Riven Earth sorti en 2016. Les mélodies délivrées par les guitares électriques et les instruments folkloriques viendront joliment se mêler au chant caverneux et au duo rythmique tenaillant. Le son est un poil saturé mais cela ne viendra pas avilir l’ambiance festive qui s’installe par ici: premiers cris, premiers applaudissements et premier Wall of Death, voilà une journée qui commence bien.


Fange (10:30-11:00 // Valley )


Mos Generator (11:05-11:35 // MainStage 1)

Changement de style et de décor avec Mos Generator, en place sur la Mainstage 1. Le trio américain, déjà présent en 2014 revient avec l’album Shadowlands dans les bacs depuis à peine plus d’un mois. Les trois compères nous balancent du bon rock, certes ni novateur ni transcendant mais loin d’être désagréable. Les riffs envoyés par le chanteur barbu Tony Reed sont très efficaces, ils sont doublés par une basse vrombissante et une batterie bien claquante. On se laisse vite séduire par ce rock aux sonorités un peu stoner, parfois groovy sur lesquelles se pose cette voix un peu nasillarde mais très juste et chaleureuse, on aperçoit de plus en plus de gens se déhancher et de têtes remuer.
Un moment agréable sous le soleil et la fraîche brise du matin.


Bukowski (11:40-12:10 // MainStage 2)


The Walking Dead Orchestra (11:40-12:10 // Altar )

Retour sous la tente pour une musique plus extrême, place au deathcore. Les frenchies de The Walking Dead Orchestra, qui sortaient leur deuxième album Ressurect en 2017, viennent fouler les planches de l’Altar pour la première fois et n’ont pas peur de tout envoyer. Le quintet nous sert une grosse dose de brutalité avec hargne et plaisir. On reçoit une violence quasi permanente à base de blast beat incessant et growl puissant, entrecoupée néanmoins par quelques accalmies musicales, des riffs plus lents, plus opulents et les interventions du frontman qui s’adresse régulièrement à la foule.
Je trouve le tout assez répétitif, plutôt normal vu la lourdeur des propos. La technique est cependant au rendez-vous et, même le chant ne me plaît pas vraiment, je dois saluer la performance de ce vocaliste qui sait très bien moduler sa voix et ne nous sert pas un hurlement monocorde, bravo !
Le public semble apprécier la prestation, un bel échange se fait entre la scène et la fosse. Les membres de The Walking Dead Orchestra nous ont mis la fessée !


Spermbirds (12:15-12:45 // Warzone )

De mon côté, ce Day-1 commence réellement avec la performance de Spermbirds sur la Warzone. Je me demande en arrivant si ce nouveau pit bétonné est réellement la meilleure idée du monde au vu des lascars qui fréquentent cette partie du site … Mais, si cela nous permet de manger moins de poussière cette année, pourquoi pas. Le temps est bon, le ciel est bleu, il ne manque plus qu’un bon groupe à l’ancienne pour déclencher la machine à coups de poing. Justement, les allemands de Spermbirds proposent un punk à l’ancienne, efficace et énergique ; en même temps ils existent depuis 1982, il paraît que cela s’appelle l’expérience. Les morceaux, courts, forcément, s’enchaînent et la Warzone s’échauffe à base de queuleuleu et de High Kick dans le vent – ce fils de chienne. Côté setlist, le groupe a choisi du classique, la moitié des morceaux étant tirés de leur premier album Something To Prove sans oublier de nous interpréter leur fameux Nothing is Easy. La programmation punk-hardcore de cette édition est décidément au top.


Toseland (12:15-12:45 // MainStage 1)


Tesseract (12:50-13:30 // MainStage 2)


Schammasch ( 13:35-14:15 // Temple )

Après une petite pause qui aura permis de faire un grand tour du site pour la première fois depuis des années (il était temps de prendre le temps), je me dirige vers la Temple.
L’heure est au black metal avec les suisses de Schammasch qui m’avaient déjà conquise lors de leur passage à Toulouse en compagnie de Rotting Christ, Inquisition et Mystifier en 2016 après la réalisation de leur troisième album Triangle. Je ne suis pas la seule à les attendre, les spectateurs sont déjà amassés devant la scène lorsque le quatuor s’installe. Les musiciens qui revêtent leurs fameuses toges apparaissent au travers de la fumée, les premières notes retentissent, l’atmosphère occulte et sombre est pesante et intrigante à la fois. Nous remarquons une nette amélioration du son, moins fort, plus équilibré, un constat qui fait plaisir et nous permettra d’apprécier davantage le concert.
Je ferme les yeux me laisse une fois de plus emporter par le black metal avant-gardiste de Schammasch grâce à ces mélodies lancinantes, à ces riffs qui sont à la fois massifs et aériens et cette voix rocailleuse hypnotisante. Nous goûtons et savourons ces compositions très intéressantes et prégnantes, on aurait presque l’impression d’assister à un rituel chamaniques tant la musique est chargée, dégageant tout un panel d’émotions et de sensations.
Les musiciens mettent tout le monde d’accord malgré quelques ratés du batteur qui n’auront pas dissipé notre plaisir. Les clameurs s’élèvent sous la Temple, l’un des deux guitariste s’agenouille face à son public, tel un homme agonisant, lançant un “We shall return!” on ne peut plus solennel avant de quitter la scène. Plus surjoué tu meurs !
Un excellent set s’achève, marquant pour moi le premier vrai gros plaisir de la journée.  


Hard-Ons (13:35-14.15 // Warzone)

Changement d’ambiance assez radical pour moi, de l’Allemagne à l’Australie, du vieux punk des familles à un punk plus … Expérimental ? Hard-Ons c’est un groupe qui, là aussi, a de la bouteille. Les garçons sont ensemble depuis 1981 et les membres n’ont presque pas changés depuis cette époque (à l’exception de la batterie, aujourd’hui assurée par Murray Ruse). Première surprise à l’arrivée des membres sur scène, le chanteur n’a pas la tête qu’il devrait avoir. Je comprends après quelques recherches que les membres, s’ils n’ont pas vraiment changés depuis 81, aiment en revanche échanger leurs places. Le chant est donc assuré par Keish Da Silva, ancien batteur du groupe et on retrouve Ray Ahn, ancien chanteur, à la basse. Ne connaissant pas énormément le groupe, je m’attendais à une bande de surfeurs aux compositions assez mélodiques et à un côté cool. C’est raté.  Ces messieurs proposent un punk très énergique, assez sale parfois et avec des parties instrumentales très poussées durant lesquelles Keish bouge allègrement son booty en attendant son tour de chanter. On n’est pas ici en face d’un de nos groupes de punk-hardcore typiques mais le mélange est très rafraîchissant et je ne regrette pas d’avoir eu la curiosité d’aller voir la formation.


Sons Of Apollo (14:20-15:00 // MainStage 2)

Pendant que tous les copains s’agglutinent devant la scène de l’Altar pour aller soutenir Benighted, je me rends au pied de la Mainstage 2 pour Sons Of Apollo. Malgré ma quinzaine d’années en tant que fidèle dans le milieu metal, malgré les centaines de groupes vus et nombreux festivals visités, je n’ai jamais vu un show complet avec Mike Portnoy à la batterie, entre ses prestations avec Dream Theater ou avec d’autres groupes, je l’ai systématiquement loupé. Shame on me ! Surtout quand on sait que c’est lui qui m’avait donné le goût pour cet instrument durant l’adolescence. C’est pour cette raison que je ne pouvais pas manquer cette occasion, d’autant plus que Mike est entouré d’autres immenses artistes que sont le bassiste Billy Sheehan (Mes années Mr Big, Steve Vai, G3…), le claviériste Derek Sherinian,  Ron Thal, le guitariste connu sous le nom de Bumblefoot et enfin Jeff Scott Soto qui assure le chant.
Le set démarre avec l’intro aux couleurs de l’orient de God of the Sun (titre d’intro de leur unique album Psychotic Symphony), la guitare crépite, nous sommes partis pour un voyage à 100% prog avec ce titre de plus de dix minutes, dix minutes que l’on ne voit absolument pas passer.
Généralement, quand on va voir ce genre de “superband” on a toujours peur de s’embêter  et que ce ne soit que de la démonstration technique. Et bien non, les musiciens ont su composer des morceaux taillés pour le live et on ne s’ennuie pas du tout, on ne sait juste pas trop où donner de la tête, on veut tout voir et ne pas en perdre une miette. De plus, la complicité entre ces cinq confrères fait plaisir à voir et leur bonne humeur est très communicative, le public s’enjaille.
Les titres s’enchaînent rapidement, Signs of the Time, Labyrinth, Lost To Oblivion… C’est une réelle joie de voir Portnoy en action, son jeu à la fois précis, souple et robuste me fascine à chaque fois, quelle aisance ! Le matos de chacun est impressionnant, entre l’énorme drum kit, l’armada de claviers et les guitares/basses doubles manches, ça en jette ! On appréciera d’ailleurs de voir Ron Thal s’exécuter comme un chef, alternant son jeu sur ses deux manches, un classique et un fret-less, son execution est impeccable. Cela n’a pas le même effet avec Sheehan, qui, malgré son talent remarquable, son groove et sa rigueur, ne se sert de son double manche que pour l’esthétique. Enfin…il peut se le permettre n’est-ce pas? Jeff quand à lui chante très bien, même s’il est pour moi loin derrière le dieu des chanteurs prog, Russel Allen. La justesse est au rendez-vous et c’est amplement suffisant.
Sons Of Apollo aura été une agréable surprise, le chanteur nous annonçait que c’était leur première date en Europe et pour notre grand plaisir ce ne sera pas la dernière puisque nous les reverrons à Toulouse en octobre prochain à l’occasion du Very Prog Festival.


Nordjevel (15:05-15:55 // Temple )

Il faudra écourter un peu le set sur le Mainstage afin d’arriver à temps pour le début du show de Nordjevel. Créé en 2015, ce groupe de black metal norvégien donnait naissance à un premier album éponyme un an plus tard, une galette qui m’avait conquise dès la première écoute. Ce fût donc une agréable surprise de découvrir Nordjevel à la programmation du Hellfest, pas question donc de faire l’impasse sur ce concert. Nous sommes placés à droite de la régie afin de voir le spectacle de loin, les musiciens prennent place sur la scène. Les mecs font du true black metal et revêtent la complète panoplie du méchant blackeux: vêtements en cuir, énormes bracelets cloutés, visages grimés…tout y est. Le chanteur, Doedsadmiral est vraiment horrible avec sa bouche ensanglantée, ses lentilles blanches, son attitude bad-ass et sa voix sortie d’outre tombe, il fait carrément flipper! Le son n’est pas parfait mais on peut néanmoins bien discerner tous les instruments et apprécier la qualité des compositions. Si le chanteur captive la foule grâce à son look et son charisme indéniables, chacun des membres est mis en valeur et gère parfaitement son rôle. La musique est bien violente, les riffs cinglants contrastes avec d’autres plus mélodiques et le chant très rocailleux prend aux tripes. Ce bon black metal fait un bien fou ! Le batteur, Kai Speidel m’impressionne par son aisance, il frappe ses toms avec force et précision, il assène des coups de double pédale destructeurs. Quel jeu ! Le jeune homme et cadet de la bande (24 ans) remplace F.Widigs, l’actuel batteur de Marduk. La rythmique est doublée par le son épais de la basse de Svein-Ivar Sarassen alias Dezepticunt. Nous avons aussi le plaisir de retrouver Per Valla à la guitare (ex Abbath et fondateur de Vredehammer) qui a rejoint la formation l’an dernier, il partage les riffs et soli avec Jorn Oyhus dit Nord. Nordjevel nous régale avec des morceaux tels que Djevelen I Nord ou Norges Sorte Himmel.
Beaucoup de gens m’ont dit avoir passé un horrible concert à cause du son qui était mauvais, il était loin d’être excellent mais de mon emplacement je n’ai pas autant souffert et je me suis régalée. Ceci-dit, la déception d’une majorité explique sans doute la mollesse des spectateurs (hormis quelques moshers égarés) qui ne se réveillent qu’en fin de set, reconnaissant Raining Blood que le groupe reprend à la sauce black metal et qui fait son petit effet.
Nordjevel sera en tournée avec Hate en juillet, une bonne excuse pour réitérer l’expérience.


Rose Tatoo (15:05-15:55 // MainStage 1)


Converge (16:00-16:40 // MainStage 2)


Joan Jett & The Blackhearts (16:45-16:45 // MainStage 1)

Il est 16h45, une bonne partie du public a passé la journée en plein cagnard mais se retrouve tout de même devant la Main Stage pour assister à la performance de Joan (ou Johann puisque le respect est mort) Jett And The Blackhearts. Je vais ici sortir l’alerte légende puisque cette petite dame du rock a quand même réussi à s’imposer dans une industrie typiquement masculine – venez me dire le contraire, j’attends – et a enchaîné les tubes et ce, depuis son premier groupe The Runaways. Le show commence avec la reprise du classique Cherry Bomb avant de poursuivre avec Do You wanna Touch Me, Bad Reputation et You Drive Me Wild. Que du culte et du grand public donc, et cela me sidère de constater le silence et la non réaction des festivaliers devant la Main Stage. Je n’y ai pas beaucoup mis les pieds depuis le début du Fest mais du coup cela me fait redouter le moment où un groupe de niche devra se produire devant eux.

Au niveau de la performance, la chanteuse est impeccable, à presque 60 ans Joan enchaîne ses tubes sans fausse note, et ce n’est pas rien vu les surprises que l’on a déjà pu avoir sur d’autres éditions du festival avec des artistes de cette génération (coucou Billy Idol).  Derrière la chanteuse, son acolyte Kenny Laguna tente d’assurer la communication avec le public mais la barrière de la langue rend la tâche ardue. Les titres défilent et l’ambiance ne monte toujours pas dans le public, il faut attendre le fameux I Love Rock N Roll pour trouver un semblant de réaction dans l’assistance. L’artiste décide de finir sa performance sur les classiques eux aussi Crimson And Clover et I Hate Myself For Loving You avant de sortir de scène. Je m’extirpe du public déçue du manque de motivation des gens qui m’entourent mais ravie de la performance des musiciens.


Saor (16:45-17:35 // Temple )


Crowbar (17:40-18:30 // Valley )


Demolition Hammer (17:40-18:30 // Altar )

Déçue par l’annulation d’Origin, j’en profite pour reprendre des forces avant un retour sous l’Altar. Des forces il va m’en falloir car c’est maintenant l’heure pour les américains de Demolition Hammer de monter sur les planches et c’est LE concert que j’attendais le plus de cette treizième édition. En effet, je n’ai malheureusement jamais eu la chance de voir la bande performer en live (ils étaient passés au FOS  2017) et pourtant Demolition Hammer est un groupe incontournable quand on est aussi fan de Thrash que moi. Rappelons que la bande, formée en 86 a cessé son activité entre 1995 et 2016, ce qui explique leur désertion scénique. Depuis ils tournent majoritairement aux USA, le moment  de les découvrir en live est donc venu. Les thrashers sont présents, les porteurs de vestes à patch ont envahi l’Altar et se languissent de l’arrivée des ricains.
C’est sans introduction que les new-yorkais entament le set avec l’énergique Skull Fracturing Nightmare qui fait l’effet d’une bombe sur le public qui se met direct dans le bain : pogo, circle pit, slam… Les mecs sont là depuis trente secondes et c’est déjà le gros bordel sous la tente !
Le son est fort, la basse du vocaliste, Steve Reynolds ferait trembler les murs s’il y en avait.
Le quatuor va nous servir un bon mélange de morceaux tirés de leurs deux albums légendaires Tortured Existence et Epidemic Violence. Dire que la violence des propos est épidémique n’est d’ailleurs pas un euphémisme, Demolition Hammer ne porte pas son nom pour rien, c’est un putain de rouleau compresseur ! Ca va vite, ça tape fort, nous n’avons pas une minute de répit. Le petit nouveau, Angel Cotte assure à la batterie, les “puta puta” fusent. Devant, les trois compères, Reynolds au chant et à la basse, James Reilly et Derek Sykes respectivement aux guitares et choeurs font le show. Le chanteur nous fait marrer lorsqu’il prend la parole avec ses motherfucker à répétition et son accent new-yorkais à couper au couteau, il parle aussi vite qu’il joue les morceaux, on ne comprend pas la moitié de ce qu’il dit mais les “yeahhhh” des spectateurs surexcités retentissent intensément en guise d’approbation. Reilly, l’homme aux rouflaquettes prend plaisir à balancer ses riffs tout en venant flirter avec le premier rang et posant pour les photographes. Sykes n’est pas en reste, il fait des va et vient incessants en grattant sa guitare et gèrera tout le set sans faillir malgré des problèmes d’ampli.
Les gars font des pauses entre les titres, il faut dire que les deux barbus flirtent avec la soixantaine, il est nécessaire de reprendre son souffle mais surtout se ré-accorder. L’énervé Reynolds reprend le micro “We have a few more for you motherfuckers […] this next song is called Aborticiiiiiiiiiiiiide!” Et bim !!!! C’est reparti pour une salve de brutalité sans merci, la vélocité des riffs pousse chaque membre du public au déchaînement, on headbangue à s’en déboiter la nuque et les circle-pit reprennent de plus belle.
Demolition Hammer nous fout une grosse branlée avec un final endiablé sur l’excellente 44 Caliber Brain Surgery. Nous sortons de là lessivés mais ô combien comblés par ce show de malade. Le groupe s’éclipse sous les clameurs chaleureuses des festivaliers.
L’incroyable frontman Steve Reynolds, surprenant avec sa tête de mec sympa en total opposition avec sa voix de chien enragé nous disait “ Listen motherfuckers, when you’ll leave here today we want you to say Demolition Hammer made me feel like I’ve got kicked in the fucking nuts, punched in the face…”. Il peut se rassurer, Demolition Hammer a clairement tout détruit sur son passage, les noix, les faces, les nuques, les genoux… Un show remarquable où la violence et la bonne humeur ont su faire paire, un moment qui sera certainement inoubliable pour une majorité des présents et pour moi, le meilleur concert de la journée.
Vous pouvez revivre cet instant thrash exceptionnel sur Arte.


Europe (18:35-19:35 // MainStage 1)

Après la virulence de Demolition Hammer, il est appréciable d’aller reposer ses oreilles au son rock du célèbre groupe suédois Europe. Rien à voir et pourtant, qui n’a pas chantonné sur quelques unes de leurs chansons?
Le concert fût, en effet, reposant. Le groupe a choisi d’amorcer le set avec Walk the Earth, titre éponyme de leur dernier et onzième opus et toute la setlist sera composée de beaucoup de nouveautés et de seulement quelques tubes. Le public est assez dense mais peu réceptif aux morceaux les plus récents, peut-être est-ce la chaleur ? Je trouve la foule relativement endormie alors que les suédois font très bien le job. Joey Tempest est en grande forme, sa voix est impeccable et même s’il en fait toujours des tonnes, il gère. En effet, ses mimiques et ses vibes sont très kitsch mais l’attitude too-much colle parfaitement au le style de ce hard-rock très FM qui faisait chavirer le cœur des demoiselles dans les années 80. On apprécie ce petit flashback musical. Ses compagnons assurent également, les riffs et les soli sont parfaitement exécutés, rien à redire sur la performance. Je m’amuse à chantonner sur les incontournables Rock The Night, Superstitious ou encore Cherokee, accompagnée par quelques anglais nostalgiques et légèrement éméchés. On verra la foule s’épaissir jusqu’au final tant attendu, The Final Countdown est repris en chœur par les festivaliers qui, pour beaucoup, ne semblent connaître que ça !
Ce n’était pas le concert de l’année mais ça passe toujours bien avec une bière à la main.


Mysticum (18:35-19:35 // Temple )


Church Of Misery (19:40-20:40 // Valley )


Steven WIlson (19:40-20:40 // MainStage 2)

En m’aventurant aux alentours de la Main Stage j’ai pu assister,-de loin, certes, mais tout de même j’y étais – à un live d’une qualité rare sur cette scène. Je parle donc du prodige du prog, venu tout droit de la perfide Albion Steven Wilson. L’artiste et sa bande sont actuellement en pleine promotion de leur dernière galette – To The Bone – sortie l’année précédente. Pour l’heure, le multi –instrumentiste de génie décide de démarrer son live par le couplet Home Invasion/ Regret#9 sortis tout droit de l’album Hand. Cannot Erase. Et que dire à part : vous vouliez du prog ? Vous en avez ! le morceau fleuve de 10 minutes est littéralement un voyage en lui-même qui nous coupe du temps – et je dirais bien de l’espace mais j’ai tellement chaud à ce moment qu’il faudra plus qu’un virtuose de la guitare pour me faire oublier la chaleur. L’artiste enchaine ensuite sur le morceau phare de son dernier album Pariah avant d’offrir gracieusement à ses fans The Creator has A Matsertape, originellement interprété avec le groupe qui l’a rendu célèbre Porcupine Tree. Mon principal regret à ce niveau du live est de ne pas connaitre le nom des musiciens accompagnant SW sur scène car je vois une maitrise technique hallucinante venant de partout … C’est même trop pour mon petit cerveau !

Au niveau du public on retrouve plusieurs attitudes différentes : ceux qui profitent de cette période de calme pour faire la sieste dans l’herbe, ceux qui ne s’attendaient pas du tout à ce qui se passe sur scène puis ceux qui ont l’air de se demander où ils habitent ; et bien sûr les fans, les vrais – qui à vrai dire, doivent également se demander où ils habitent. Les sons se suivent et les musiciens ne faiblissent pas sur scène, on assiste même à une magnifique performance au Chapman Stick de la part de Nick Beggs. J’avoue partir très loin lors du très poétique Ancestral et sa montée en puissance saisissante. Mais le temps passe et on se rapproche de la fin du live. SW nous quitte sur le classique Sleep Together et moi je vais certainement pouvoir me demander pendant quelques jours comment les sons peuvent nous émouvoir avec autant de force.


Solstafir ( 20:45-21:45 // Temple )

Petite pause Islandaise sous la Temple avec le rock atmosphérique de Solstafir. Ce groupe, on le sait, c’est le voyage. Addi, Svabbi et Pjuddi sont capables de créer une ambiance d’une intensité folle avec un minimum d’accords. Après avoir passé une journée à courir dans tout le Fest, c’est rafraîchissant de se retrouver devant les garçons. Au niveau des morceaux les artistes piochent dans leurs différentes sorties, allant de Köld jusqu’au petit dernier Berdreyminn. Les islandais ne sont pas là pour enfiler des perles et se donnent sur scène sans démériter. La seule chose qui me fait sortir du set et la qualité du son, notamment les vieux échos de la Main poussés par le vent jusqu’à mes oreilles tandis que j’essaie d’apprécier la balade proposée par Solstafir. Le groupe m’emmène à chaque fois très loin et malgré les conditions, aujourd’hui ne déroge pas à la règle.


Hollywood Vampires (20:45-22:15 // MainStage 1)


Stone Sour (22:20-23:20 // MainStage 2)

Sur la Main Stage on retrouve Corey Taylor et son groupe de jeunesse Stone Sour. Je suis assez surprise du ton choisi par le groupe pour ce set : tout est d’emblée très énergique, du genre à avoir dévalisé tout le stock de pâté croûte du Leclerc pour l’envoyer à la face du public. Les garçons font, dès le départ, la part belle aux morceaux issus de leur dernier album en date Hydrograd avec une ouverture sur Whiplsash Pants et plus tard dans le set Knievel Has Landed ou Rose Red Violent Blue (this son gis dumb and so am I ), morceau qui possède un des clips les plus perturbants que j’ai pu voir. Ne commencez pas à paniquer pour autant, on a aussi droit aux classiques bien orientés années 2000 du groupe avec Absolute Zero, Say You’ll Haunt Me ou 30/30-150. Les compositions du groupe sont assez catchy pour que les non-initiés rentrent dans le concert et la performance des musiciens assez énergique tout en restant impeccable techniquement pour que les « Trve » apprécient le show.

Corey Taylor est en grande forme ce soir, non content d’assurer un concert de la première à la dernière chanson sans une fausse note et de passer en un quart de seconde de voix criée à voix claire, il réussit à diffuser sa bonne humeur au Fest. Il est content d’être là, il le dit et ça se voit. Le groupe est également généreux au niveau du rappel avec Song 3, Through The Glass (sans grande surprise bien que Corey ait réussi à se planter dans les paroles…) et Faubless, quelques poussées de lance flamme, un dernier « merci beaucoup »  et les américains laissent la place aux prochains. Sans être un grand moment de virtuosité (à part peut être au niveau du chant), le set fût efficace tout en filant la patate et parfois on n’en demande pas beaucoup plus.


Bad Religion (22:55-23:55 // Warzone )


Judas Priest (23:25-00:55 // MainStage 1)

La journée est presque finie mais il reste encore quelques heures avant d’aller se coucher. Le décor de Judas Priest est en place, le concert n’a pas encore commencé mais la foule est déjà oppressante, il faut se frayer un chemin pour être bien placé. Leur venue au Hellfest en 2015 m’avait laissé un très beau souvenir, le grand Rob Halford m’avait collé la chair et poule jusqu’à en pleurer pendant Victim of Changes. Je suis donc mitigée entre l’envie de les revoir, la peur d’assister à une moins bonne performance et la quasi certitude de ne pas retrouver cette émotion. Qu’importe, Priest est et restera l’un des groupes marquants qui, pour moi comme pour d’autres, fût l’un des premiers écoutés et admirés dans ma vie de metalhead.
Comme toujours, la fameuse War Pigs résonne en guise d’introduction suivie de celle de Firepower, issue du tout nouvel album du même nom sorti il y a quelques mois. La setlist est bien équilibrée avec des titres piochés dans toute leur discographie et notamment les illustres Turbo Lover, The Ripper, You’ve Got Another Thing Coming
Halford nous éblouit toujours arborant ses magnifiques vestes, à clous, à paillettes, à patchs…mais surtout grâce à sa voix incroyablement acérée. Il est certain que le chanteur n’est pas dans sa meilleure forme physique, ses 66 ans se font sentir, il se tient tout voûté et a besoin d’aller se reposer entre chaque morceau. Nonobstant une forme olympique, il donne tout ce qu’il peut pour nous livrer un chant presque parfait et pour ça, nous pouvons le saluer. Ce soir, c’est Andy Sneap, leur producteur qui assure comme second guitariste, remplaçant Glenn Tipton contraint de quitter le groupe à cause de la maladie de Parkinson. Sneap apparaît très à l’aise aux côtés du plus fougueux Richie Faulkner qui nous sert des solos absolument parfaits. Ian Hill, plus en retrait fait tout de même le job à la basse de même que Scott Travis qui frappe ses fûts de façon totalement décontractée. Rob Halford viendra, cette fois encore faire son petit tour de moto avant d’enchaîner Hell Bent For Leather et la très attendu Painkiller. Cette dernière sera dédiée à Tipton, que l’on aperçoit sur l’écran en arrière plan telle une ombre derrière Faulkner qui fera d’ailleurs son seul petit pain. Bien que le spectacle soit bon, la qualité du son moyenne, la setlist moins énergique et les connards autour de moi me feront malheureusement décrocher.

Petit coup de gueule : mesdemoiselles les exhibes, si vous souhaitez vous promener les seins à l’air, faites ! Si vous prenez de la drogue, de l’alcool, faites ! Cependant, passer un concert de Priest à hurler comme des truies, pousser les gens, vous faire lécher les seins et autres parties corporelles par vos potes ou des inconnus passants, provoquer un pauvre papa qui porte son gamin sur les épaules, insulter les gens c’est franchement nul ! Si vous n’êtes pas là pour la musique, ayez au moins la décence de respecter ceux qui le sont, et cela vaut pour tout le monde d’ailleurs ! Si vous souhaitez tourner un film porno alors foutez le camp ça vous évitera de pourrir le concert des autres et de provoquer des bagarres. Vous pourrissez l’image de la femme et aussi celle du festival. 

Revenons à nos moutons… Le set se terminera avec le combo Metal God, Breaking the Law et Living After Midnight histoire de pousser la chansonnette tous en chœur jusqu’à la fin. Un bon show que je ne regrette pas d’avoir vu malgré l’ambiance pourrie (cf. le petit coup de gueule, je vous laisse imaginer la scène) et le son moyen.
Un conseil, dépêchez vous d’assister à un show de Judas Priest si ce n’est pas déjà fait, ils ont beau être exceptionnels, ils ne sont pas éternels.


A Perfect Circle (01:00-02:05 // MainStage 2)

Voici venue l’heure du dernier concert de la journée. Pour moi, la fin sera plus calme avec A Perfect Circle. Le groupe américain faisait son retour en début d’année avec une nouvelle et très bonne galette nommée Eat The Elephant. Là encore je fais mon baptême et attends ce live avec impatience.
On se décale devant la Mainstage 2 où la scène est sobrement décorée, la musique démarre rapidement après les dernières notes de Judas Priest qui ont fini un peu en retard.
L’ouverture se fait en douceur avec Counting Bodies Like Sheep To the Rhythm of The War Drums issu du sublime album Emotive. L’ambiance se veut intimiste, lumières tamisées, la scène est presque uniquement éclairée par la lueur de l’écran en arrière plan sur lequel apparaît le logo du groupe. Nous pouvons discerner la silhouette de Maynard James Keenan, debout sur une plateforme circulaire lumineuse. Devant se tient le chanteur et guitariste Billy Howerdel accompagné de Matt McJunkins à la basse, James Yoshinobu Iha à la guitare et au clavier tandis que Jeff Friedl se tient à la batterie elle aussi surélevée sur une plateforme.
A Perfect Circle va nous offrir un beau voyage musical alimentant le set avec des morceaux piochés dans leur discographie. Après la nouvelle Hourglass, je reconnais le riff de la sublime The Hollow. Ce titre est divin qui permet d’apprécier la voix de Maynard, son timbre unique me donne des frissons…son chant est absolument parfait, fluide, envoûtant et d’une justesse incroyable. Le côté progressif s’apprécie réellement en live, les musiciens s’exécutent avec précision, le tout est délicat et intelligemment écrit, le show est savoureux, idéal pour terminer cette journée. Le chanteur sera plus éclairé au fil des morceaux et on découvrira son costume “rose” qui va de paire avec la chanson du même nom. L’intensité se fait grandissante avec cette composition toute en progression, où les mélodies placides et lancinantes se mêlent aux riffs fielleux.
Keenan viendra me happer une fois de plus avec Disillusioned. Il excelle dans les modulations vocales et vous touche profondément avec une belle fragilité émergeant de cette voix pleine de grâce. Cette magnificence est troublante. TalkTalk, The Contrarian, The Doomed… tout n’est que beauté, les guitares, le clavier… Wow.
La bande réinterprète Dog Eat Dog d’AC/DC avant de clôturer le spectacle au son de The Outsider.
Je viens de me prendre une autre énorme claque et j’espère les revoir en salle pour pouvoir décoller à 200% dans l’univers progressif et fascinant de A Perfect Circle.
On espère également revoir le grand Maynard avec Tool au Hellfest, après tout il était là avec Puscifer en 2016.
Un concert final qui boucle la boucle, la journée s’achève au cœur de ce cercle musical , un cercle parfait….


Rise Against (01:05-02:05 // Warzone )

Dernier concert de la journée et ça se passe sur la Warzone. Les chicagoans – gentilé des habitants de Chicago, Illinois, ne me remerciez pas – sont fin prêts à assurer leur premier passage au Hellfest après leur annulation en dernière minute de 2015.

Comme le dit très justement Tim – au chant- « si vous êtes là à cette heure-ci après avoir passé une journée entière sur le fest, c’est que vous voulez vraiment nous voir ». Il n’a pas tort, l’ambiance est au rendez-vous et dès les premières notes de Satellite le pit se déchaîne. Les garçons enchaînent sur Survive, I don’t wanna be here anymore et Ready To Fall exécutés à la perfection. C’est la première fois que j’assiste à un live du groupe mais compte tenu de mes visionnages de leurs lives, je m’attendais à une performance plus…. bondissante ! Joe à la basse et Zach à la guitare ont les pieds bien vissés au sol lors de ce set. Dommage, j’aurais aimé voir quelques pirouettes. Entendons-nous bien, cela n’enlève rien à la performance et les morceaux s’enchaînent dans une énergie communicative. Ready To Fall, Give It All, Wolves ou encore Blood-Red , White and Blue, bien sûr entrecoupés des messages engagés de Tim, le groupe reste très militant malgré ses presque 20 années d’existence.

Petit moment de stress quand les premiers accords de Savior sonnent, le morceau marque généralement la fin des concerts de RA… Et là ça fait court quand même comme set. Heureusement, Tim, ce petit filou, revient sur scène muni de sa guitare acoustique pour nous interpréter le plus posé mais très actuel People Live Here. Le groupe choisit Make It Stop (September’s Children) et Prayer of The Refugee pour conclure cette soirée. Le set fut riche en émotions et en transpiration mais cette première journée se termine en beauté sur la Warzone.

 

 

Article : Fanny Dudognon & Anaëlle Martin

Photos : Antony Chardon

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