Et bien voilà, nous sommes déjà dimanche, dernier jour du festival. Cette année encore les jours passent trop vite mais l’habitude nous permet de garder le rythme et nous pouvons être fiers d’arriver chaque jour à l’heure pour apprécier les concerts dès l’ouverture.
Le soleil est au rendez-vous et la programmation motivante, on se lève de bonne humeur et reprenons le chemin en direction de Clisson après avoir absorbé la dose nécessaire de café.


Malkavian (10:30-11:00 // Altar)

Pour moi, ce dimanche sera principalement placé sous le signe du thrash et il débute dans cet esprit, sous l’Altar, avec les nantais de Malkavian. Le groupe créé en 2005 est actuellement détenteur de deux albums dont Annihilating the Shades sorti l’an dernier. Les locaux avaient foulé la scène du Metal Corner en 2015, ils ont persévéré et les voici maintenant sur l’une des scène principale du Hellfest. La tente est encore peu remplie, ce qui n’est pas étonnant pour un dernier jour de festival, l’alcool, la chaleur et la fatigue en achèvent toujours quelques uns avant la fin.
Les membres de Malkavian arrivent, bien décidés à nous transmettre de la bonne humeur et de l’énergie. Leur thrash moderne aux sonorités parfois groovy ou parfois plus death sonne plutôt bien en live et les plus éveillés des spectateurs ne tardent pas à headbanger et pogoter. Le chanteur se donne à fond, motivant les troupes comme il se doit et les zicos assurent malgré un décès de caisse claire en cours de route. On regrettera que le son ne soit pas terrible mais c’est sympa pour se réveiller tranquillement.


Pogo Car Crash Control (11:05 – 11:35 // Warzone)

Je sors en vitesse de la tente pour me rendre sur la Warzone. Le soleil brille déjà et la fatigue accumulée des deux derniers jours me tombe dessus sans ménagement. J’ai tout de même envie d’aller voir les jeunots de P3C histoire de rigoler un coup. Pas que je me moque hein, ce n’est pas le style de la maison, mais le punk-rock garage des parisiens a un côté très régressif pour moi qui ai grandi en écoutant Guerilla Poubelle et Enhancer. La Warzone n’est pas pleine mais un bon petit public s’est formé pour voir la prestation des jeunes. Au niveau de la performance …. Je ne suis pas subjuguée. Les garçons ne sont pas mauvais, mais entre la chaleur et les courbatures de la veille je ne suis pas dans le mood comme diraient les « djeun’s » pour ça. Je reste le temps de quelques morceaux, notamment Déprime Hostile qui est également le nom de leur premier album et dont la punch line « je suis en déprime hostile » reste beaucoup trop facilement en tête. Leur énergie sur scène est bonne et je ne dirais pas non si je peux les revoir dans d’autres conditions et je vous invite à faire de même … Et pourquoi pas à l’Xtrem Fest d’ailleurs ? Ils y passent le vendredi 3 août.

 


Orden Ogan (11:40-12:15 // Main Stage 1)

 


Crisix (11:40-12:10 // Altar)

J’attends de pied ferme les copains de Crisix. Tout commence en 2013, je découvre leur second album Rise…Then Rest et j’approfondis avec le premier, The Menace que je trouve tous les deux excellents. Je me dis que ce jeune groupe de thrash se démarque, on entend bien évidemment de nombreuses influences comme Anthrax, Testament, Exodus… mais il y a ce petit quelque chose en plus. J’ai finalement l’occasion de les voir en en 2015 à Barcelone en première partie de Tankard et là, je me prends une seconde claque. En plus d’avoir des compositions prégnantes, le quintet propose un show plus que convainquant, original et ultra énergique. C’est de là qu’est né mon amour pour Crisix et que depuis, je les ai vus 8 fois, en France, en Allemagne, en EspagneLes catalans ont réussi à s’imposer comme l’un des groupes de thrash les plus actifs de cette nouvelle scène et n’a de cesse de gagner en notoriété, parcourant les salles et festivals dont le Motocultor qui les a propulsés dans notre pays. Côté studio, la bande sortait son quatrième opus Against the Odds, en mars dernier.
Trêve de blabla, entrons dans le vif du sujet. Javi s’installe derrière les fûts, rapidement rejoint par Dani (basse), Albert (guitare), Busi (guitare) et Juli (chant). Le set démarre avec le riff très old school d’un nouveau morceau, Xenomorph Blood, la rythmique s’emballe, le chanteur attrape son micro et les spectateurs se mettent instantanément à bouger. Il faut dire que les fans sont nombreux, le nombre de vestes à patchs est impressionnant et l’Altar est déjà blindée. Le titre fédérateur The Great Metal Motherfucker sera balancé en suivant, l’assemblée ne se fera pas prier pour gueuler le refrain en chœur avec Juli. Les musiciens sont, comme toujours, survoltés, courant et sautant dans tous les sens, montant à tour de rôle sur les plateformes disposées en bord de scène et haranguant sans cesse la foule. Bien évidemment je beugle aussi et me laisse, une fois encore, emporter par l’énergie transmise par les catalans, j’ai déjà mal à la nuque. Dans le pit c’est la folie, les thrashers tournent sans relâche, la poussière envahit l’espace, l’ambiance est excellente. Agents of M.O.S.H et Get out of My Head se succéderont avant que les gars n’échangent leur

s places et leurs instruments afin de nous offrir un petit medley thrash. Ils n’hésitent pas non plus à venir se mêler au public, chacun leur tour, pour le plus grand bonheur des fans. C’est du grand n’importe quoi, le show est euphorisant et on adore ça ! Crisix donne tout, leur dynamisme est toujours aussi impressionnant, de vraies piles, on est essoufflé rien qu’en les regardant. Malheureusement le set touche à sa fin, trente minutes c’est bien trop court ! Le concert se clôture avec leur tube Ultra Thrash, c’est l’hystérie sous la tente et putain que ça fait du bien.
C’est ainsi que j’ai vécu mon neuvième concert de Crisix, c’était énorme et, cette fois encore, ils ont réussi à me surprendre. J’irai, sans hésitation, les revoir et je suis fière de côtoyer ces garçons qui sont talentueux et humbles, et méritent grandement leur succès. Bravo !

 


Au-Dessus (12:15-12:45 // Temple)

On se décale sous la Temple pour une ambiance totalement différente. Place au groupe de post-black metal Au-Dessus. Avec un nom pareil, nous pourrions croire qu’il s’agit d’un groupe français. Que nenni, la bande, active depuis quatre ans seulement, nous vient tout droit de Lituanie. Ce style de black metal est très à la mode, c’est donc tout naturellement qu’ils se voient programmés au Hellfest comme Der Weg Einer Freiheit, Alcest, TGOO ou encore Ghost Bath qui les ont précédés.
Les lituaniens viennent aujourd’hui nous présenter des morceaux de leur unique et excellente galette End of Chapter. Les festivaliers se sont rassemblés en nombre et accueillent chaleureusement les musiciens encapuchonnés qui prennent place sur la scène, amorçant le set avec VIII. Les blasts véloces assénés par Šarūnas vous happent et le chant déchirant de Mantas, qui assure également la basse, vous prend aux tripes. Ce choix de chansons permet à Au-Dessus de vous emporter dans son univers aussi sombre et violent qu’envoûtant dès les premières notes… Le son est bon, pas trop fort pour une fois, ce qui nous permet de bien entendre tous les éléments et met clairement les compositions en valeur. Visuellement il ne se passe pas grand chose, le spectacle est très sobre et les musiciens ne communiquent pas, j’en profite donc pour m’asseoir, fermer les yeux et me laisser porter par la musique. Les deux guitaristes, Simonas et Jokūbas, se partagent les riffs. Techniquement tout est en place, les titres se succèdent, IX puis XI et enfin XII: End Of Chapter pour terminer. Dans l’ensemble, le set était parfaitement calibré, les compos bien travaillées vous plongent dans une atmosphère vaporeuse où se mêlent noirceur et mélancolie. On a réussi à retrouver cette magie qu’il y a sur album, c’était beau et poignant, un très bon moment musical.


Stray From The Path (12:15-12:45 // Main Stage 2)

Je quitte de nouveau l’ombre salvatrice des tentes pour me diriger cette fois vers la Main Stage où se produisent les new yorkais de SFTP. Les garçons ont un style de metalcore très engagé et surtout très efficace qui s’apparente de plus en plus au fil des ans à du « Rage Against The Machine-core ». Il n’y a presque pas un chat devant la scène, il faut dire que c’est un groupe que j’aurais plus facilement vu sur la Warzone mais leur style est entraînant et cela peut attirer les curieux qui zonent autour des Main. J’arrive à me rapprocher de la scène tout en gardant autour de moi mon espace vital, c’est royal.

Tom Williams à la guitare fait sonner les premières notes de Outbreak tandis que Drew Dijorio, au chant, et ses cheveux blonds peroxydés débarque d’un bond sur scène. Le groupe enchaîne sur un autre de ses titres phares, Badge and a Bullet Pt.II, morceau qui en temps normal créerait des festivals de mandales dans le public mais tout le monde est encore endormi devant la scène. Les musiciens quant à eux donnent tout et essaient tant bien que mal de transmettre cette énergie. Les morceaux suivants sont majoritairement tirés de la dernière galette du groupe sortie il y a de ça presque un an : Only Death Is Real, ce qui de mon point de vue est assez dommage puisque c’est l’album que j’aime le moins chez eux. On poursuit donc avec The Opening Move et Loudest In The Room, le public semble se réveiller et on voit même la formation d’un mini mosh sur Goodnight Alt-Right et The House Always Wins, ce-dernier étant le morceau sorti directement après l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis et qui du coup avait fait parlé de lui sur internet. C’est le moment que choisi Drew pour demander « who wants to be in a music video? », avant de nous annoncer que le but du jeu c’est d’avoir le maximum de slammeurs sur le prochain morceau. Prochain morceau qui s’avère être Badge and A Bullet …. Et là je commence à m’inquiéter. J’ai déjà vu le groupe en salle et niveau slams ça ne rigole pas en général. Heureusement tout le monde est claqué ce matin au Hellfest, les slammeurs sont bien là mais le flux est facile à gérer. SFTP décide de nous quitter sur First World Problem Child. Ce concert m’a donné la pêche ! Ce groupe me donne la pêche en fait ! C’est toujours un plaisir pour moi de les voir et même si les conditions n’étaient pas idéales ils ont réussi à gérer la scène. Il est temps pour moi de rejoindre mes collègues sous la Altar pour un « retour au calme » relatif.

 


Rotten Sound (12:50-13:30 // Altar)

Retour au calme très très relatif même, puisque ce qui nous attend sous la tente ce sont les finlandais de Rotten Sound. Avec 25 années d’existence au compteur, le groupe est considéré comme culte dans la scène grind. Avec un CV comme le leur, on se doute bien qu’ils ne sont pas venus ici pour enfiler des perles ! Les fans se pressent contre la scène mais le taux d’occupation sous la tente reste relativement bas… On ne se marche pas dessus quoi. Les quatre gaillards arrivent sur scène sans chichi, on n’est clairement pas là pour rigoler. Les premières notes de Power résonnent et le moins que l’on puisse dire c’est que ce qui se passe sur scène est intense. Keijo Niinima déverse un flot ininterrompu de sons gutturaux dans son micro tout en parcourant la scène. Ses acolytes chargés des cordes, Mika Aalto à la guitare et Kristian Toivainen à la basse s’excitent sur leurs instruments avec un jeu très nerveux qui fait écho à la tension que l’on voit dans le jeu de scène de leur chanteur. Sami Latva à la batterie parait être le plus serein de tous derrière ses fûts. Ces messieurs font seulement de petites pauses lorsque Keijo arrête de hurler pour s’adresser au public. J’aimerais bien pouvoir vous retranscrire ses propos mais je comprends un mot sur deux … Dans l’idée, je crois qu’ils sont contents d’être là.

Le set est arrosé du début à la fin de bière dont les bouteilles sont disséminées un peu partout sur scène, encore une fois, on ne fait pas de chichis ici. Niveau ambiance ce n’est pas la grosse guerre mais au vu des applaudissements à la fin de chaque morceau il n’y a pas de doutes que la performance plaît au public. Les 40 minutes de set s’achèvent, les zicos ont tenu sans baisser la cadence du début à la fin. Moi de mon côté, je me souviens enfin de la signification du mot silence et ça ne me déplaît pas.

 


Primal Fear (12:50-13:30 // Main Stage 1)

 


The Lords Of Altamont (13:35-14:20 // Warzone)

 


Shinedown (13:35-14:20 // Main Stage 2)

 


Exumer (14:20-15:00 // Altar)

Après une petite pause repas, quoi de mieux qu’un peu de thrash pour se remettre la tête dans les concerts ? C’est sous l’Altar que ça se passe avec Exumer (et non Exhumer). L’histoire du groupe se déroule en deux temps avec une formation active de 85 à 91 puis une reformation officielle en 2008. On compte en tout quatre albums, dont l’extra The Raging Tides qui a vu le jour en 2016. Les allemands ne tournent pas beaucoup, c’est donc avec hâte que j’attends ce concert, d’autant que leur tournée il y a deux ans m’est passé sous le nez.
Il n’y a pas grand monde sous la tente en ce début d’après-midi, ce qui nous permet de nous rapprocher de la scène assez facilement. L’intro retentit et les musiciens montent sur scène, commençant le set en force avec le titre éponyme de leur dernière opus, ça tartine direct ! Le chanteur et membre originel Mem Von Stein est en grande forme, ancré en bord de scène il balance son chant hargneux et motive les troupes. Ray Mensh, lui aussi fondateur, délivre ses riffs et soli acérés avec aisance, accompagné par l’autre guitariste, Marc Bräutigam qui headbangue comme un dingue. La rythme est assurée par Anthony Schiavo à la basse et Matthias Kassner à la batterie. Les compos récentes et old-school vont être jouées en alternance, la cadence est exaltante, les thrashers se mettent en mouvement : dans le pit, ça tourne joyeusement. Autour, on sent que de nombreux festivaliers découvrent les vétérans mais je suis à côté d’un fan qui, comme moi, remue la tête comme un dingue le sourire aux lèvres. Après la classique Journey To Oblivion et The Weakest Limb, la mélodie ultra efficace de Catatonic résonne… “Heart pounds, but nothing moves, Catatonic, catatonic !”. Me voilà qui chante à tue-tête, ahhhh que ce morceau est bon ! Exumer nous offre un show maîtrisé et stimulant, les musiciens donnent tout et les festivaliers, plus nombreux au fil du set, s’éclatent, la bonne humeur inonde l’Altar. La fin est proche et Von Stein, qui se comporte plus comme un chanteur de punk hardcore que de thrash avec ses grands gestesharangue la foule introduisant LE tube, Possessed by Fire, du même nom que leur premier album. On s’arrache jusqu’à la fin…Wow c’était intense, je me demande si ma nuque va survivre à cette journée.


In This Moment (14:20-15:00 // Main Stage 1)

 


TOMBS (15:05-15:45 // Temple)

Je vous avouerai qu’à ce moment du festival, avec deux jours et demi dans les pattes et de gros groupes pour le reste de la journée qui arrive, on peut avoir des moments de faiblesse, et on peut surtout avoir envie de s’assoir. Tout ça pour vous dire que, tiraillée entre mon envie de voir le set de TOMBS et mon envie de poser mon postérieur quelque part j’ai finalement décidé de me mettre entre les deux tentes, assez éloignée de la scène pour pouvoir profiter de la musique tout en me détendant. Et je pense que TOMBS est plutôt le groupe parfait pour ça.

Je m’explique : la formation propose un style de musique assez complexe mais surtout qui pose une ambiance très lourde ; et moi personnellement pour profiter de ce genre de groupes je n’ai pas besoin de rester debout. La tente est déjà bien remplie quand la voix de Mike Hill, fondateur et seul membre originel du groupe, également guitariste de celui-ci, se fait entendre. Son timbre est particulier et on sent une forte influence black metal dans son chant mais sans le côté nasillard qu’on y retrouve souvent. Le groupe a un son lourd, violent certes, notamment grâce à la batterie très vénère de Charlie Schmid, mais tout de même pesant et je pense que l’atmosphère générale du fest, avec les bruits parasites et les va et viens autour, ne lui rendent pas hommage. Le public a tout de même l’air captivé, ce que je peux comprendre, l’exécution des morceaux et très belle et les compositions variées. Je m’éclipse avant la fin du set pour aller me placer devant une autre scène mais j’espère avoir l’occasion de revoir le groupe dans d’autres conditions.


Asking Alexandria (15:05-15:45 // Main Stage 2)

 


The Bronx (15:05-15:45 // Warzone)

 


Iced Earth (15:50-16:30 // Main Stage 1)

Bang Your Head, 16 juillet  2016, 21h30…Je me préparais à vivre un moment fort en émotions devant la prestation magistrale d’Iced Earth. Ce groupe, j’en suis tombée raide dingue quand j’ai commencé à écouter du metal, j’avais une quinzaine d’années quand je m’offrais la box Dark Genesis. Les américains m’ont fait découvrir ce mélange de thrash et de heavy parfaitement équilibré et j’ai été subjuguée par la voix de Matt Barlow.
À ce jour, le groupe est fort d’une trentaine d’années d’activité et de douze albums, Incorruptible sortait en 2017, une bonne excuse pour reprendre la route.
Mon avis concernant le concert d’aujourd’hui est mitigé. Dans un premier temps, je suis forcément frustrée et voir Iced Earth programmé en plein après-midi avec un temps de jeu limité. Ceci s’explique sûrement par une popularité moyenne sur un festival comme celui-ci mais peut-être aussi par le fait qu’ils avaient annulé leur venue la fois précédente (je les ai vus pour la première fois en 2016 à cause de ces fréquentes annulations, en fest ou en salle). Deuxièmement, le concert sera grandement affecté par un son horrible, en partie à cause du vent. Troisièmement, une set list un poil décevante. L’accumulation de ces éléments engendrera un gros manque d’enthousiasme de la part du public et donc une ambiance plus que moyenne. Toutefois, le groupe s’exécute parfaitement. Stu Block, qui remplace Barlow depuis sept ans, est un chanteur incroyable, très charismatique,capable de passer d’un chant grave à des cris aigus sans aucune fausse note. Jon Schaffer, le fondateur du groupe, délivre riffs avec décontraction et classe, j’adore ce mec. A ses côtés, Jake Dreyer (guitare) et Luke Appleton (basse) sont très appliqués ainsi que Brent Smedley qui donne le rythme derrière ses fûts. Iced Earth sert un melting-pot de sa discographie avec des titres récents tels que Great Heathen Army, bien puissante pour un départ sur les chapeaux de roues, Seven Headed Whore ou Raven Wing, mais également des titres plus vieux comme Burning Times, Angels Holocaust et Dystopia. Malgré toute la bonne volonté du groupe, le public ne se réveille guère, seuls quelques fans entonnent les refrains, le vent souffle fort et parfois nous n’entendons même pas le chant, c’est vraiment dommage. Le meilleur pour la fin tout de même avec The Hunter et la touchante Watching Over Me qui me fera, comme toujours, lâcher ma petite larme.
Je repars de là contente de les avoir revus mais déçue, surtout après le spectacle que j’avais vu au BYH, de nuit avec des lights sublimes, un son parfait et pas moins de seize morceaux, difficile de faire mieux vu les dispositions du jour.

 


Killswitch Engaged (16:40-17:25 // Main Stage 2)

 


Exhorder (17:35-18:20 // Altar)

Bientôt l’heure de l’apéro, je retourne sous l’Altar. Ce créneau horaire aura été marquant cette année car, après Demolition Hammer le vendredi, Memoriam le samedi, c’est un troisième groupe de choix qui s’apprête à fouler les planches. Exhorder nous fait l’immense plaisir de venir se produire au Hellfest. Il s’agit encore d’un de ces groupes à la biographie chaotique que les vrais fans de thrash ici présents, les aficionados comme on dit, ont forcément écouté mais pour la plupart, jamais vus. Il faut dire que les américains ont pondu seulement deux albums entre 85 et 94 avant de splitter une première fois. Une réunification se fera en 98 pour donner suite à une autre rupture 5 ans plus tard et ainsi de suite… 2018 est donc l’année de la quatrième reformation d’Exhorder qui vient nous servir les morceaux de ses deux seuls productions, Slaughter in The Vatican et The Law.
Le public est assez dense en cette fin de journée, la scène est sobre avec un backdrop et deux bannières sur les côtés. Les festivaliers accueillent chaleureusement les musiciens qui s’installent, l’intro de Death In Vain résonne sous l’Altar. Le grincement des guitares se fait entendre, et bim, le morceau démarre, l’hyperactif vocaliste Kyle Thomas arrive en trombe. C’est parti pour quarante cinq minutes de folie ! Le son est bien mieux réglé, ce qui permet de bien distinguer tous les instruments. Les morceaux vont s’enchaîner à vive allure, avec une alternance de passages lourds et lents et d’autres ultra rapides. Homicide, Unforgiven… Shasha Horn frappe ses fûts comme un forcené, il tape vite et fort, entraînant les festivaliers qui s’agitent, galvanisés par cette rythmique impétueuse. Il est doublé par la basse opulente de Jason Vierbrooks. On reconnaît – ou pas d’ailleurs – le guitariste Vinnie LaBella, membre originel, qui s’est laissé pousser une grosse barbe bien blanche. Il nous joue des soli impeccables et est accompagné du gratteux Marzi Montazeri (ex-Superjoint Ritual…). Pendant que les mecs s’affairent à balancer des gros riffs et maintenir la cadence, Kyle, l’autre membre rescapé de la formation initiale, nous projette son chant hargneux en pleine face tout en gesticulant dans tous les sens. Il déborde d’énergie (il me rappelle Chuck Billy à faire son air guitar) et la communique très bien, les festivaliers headbanguent en rythme et les plus vifs tournoient dans le pit. L’excellente Legions of Death mettra tout le monde d’accord, ça tabasse ! Leur groove metal, dont le chant fait forcément penser à Pantera, est excessivement thrashy, d’une terrible efficacité et les titres n’ont pas pris une ride. Le show est extra, on prend un putain de plaisir à voir et écouter Exhorder qui s’éclipsera après un hommage à Ralph Sentolla, décédé à peine vingts jours plus tôt et l’ultime Desecrator. Les américains s’en vont sous les applaudissements d’un public conquis.
Je les reverrai, avec joie, en août au Brutal Assault.


Arch Enemy (18:25-19:15 // Main Stage 2)

 


Backyard Babies (18:25-19:15 // Warzone)

 


Batushka (18:25-19:15 // Temple)

 


Baroness (19:20-20:20 // Warzone)

 


Megadeth (19:20-20:20 // Main Stage 1)

 


Alice In Chains (20:25-21:25 // Main Stage 2)

Il est 20H30, le set d’Alice In Chains commence sur la Main 2. À ce moment de la soirée, la route vers la scène s’avère semée d’embûches. La raison ? Le set juste après celui d’AIC, c’est Maiden ! Le public a donc déjà commencé à se masser devant les Main pour pouvoir être au plus près de ces légendes du metal. Je finis par me trouver une place juste entre les deux scènes. J’ai certes très envie de profiter de Maiden, mais je ne voulais pas rater pour autant Alice In Chains qui est également un groupe culte. Les quatre seattliens débarquent sur scène sous des applaudissements un peu mous. Si la foule est immense devant la scène, on y trouve surtout des curieux qui ne semblent pas vraiment impliqués dans le concert. William DuVall et sa tignasse entament les premières notes de Bleed The Freak et j’ai un petit pincement au cœur. DuVall a pris la succession de Layne Staley, chanteur et membre fondateur du groupe après le décès de celui-ci en 2002 ; et on ne peut pas dire qu’il se débrouille mal … Mais la voix de Staley a bercé mon enfance et j’ai toujours un peu de mal à écouter les morceaux du groupe quand ce n’est pas lui qui les interprète. Le groupe enchaîne sans trop de transition : Check My Brain, Again puis Them Bones. Bien qu’ici à l’occasion de la sortie prochaine d’un nouvel album, Raining Fog, le groupe a pioché des morceaux venus de leurs albums sortis depuis leur création.

Je trouve quand même que la performance manque un peu de hargne. À part Mike Inez à la basse qui a l’air de vivre son instrument, les autres membres restent extrêmement statiques et ne communiquent que quand cela est nécessaire. D’ailleurs, Jerry Cantrell à la guitare ne laisse pas énormément la parole à son chanteur et quand il s’agit de rendre hommage à Vinnie Paul avec le morceau Nutshell, c’est Cantrell qui s’en occupe. Les titres passent, et se ressemblent il faut bien l’avouer. Le vent est enfin tombé et le son est nettement meilleur devant les Main que dans l’après midi, il aurait même pu être un poil plus fort, histoire de couvrir un peu le bruit de cette foule qui discute joyeusement sans trop se soucier du concert que se déroule à côté. On en arrive enfin à la partie « tubes » du concert. La fin approche donc mais entre un petit We Die Young, l’incontournable Man In The Box et le culte Would?  les garçons arrivent à placer le titre phare de leur prochain CD : The One You Know. Le groupe nous quitte évidement sur Rooster.

Je ne vais pas mentir, je suis un peu déçue. Bien évidemment au niveau de la technique les compositions du groupe ne sont pas d’une complexité phénoménale, l’exécution n’est pas la plus pointue du monde et le tout est très linéaire. Mais c’est du grunge, il faut bien que ça soit sale un peu, et c’est l’énergie, le charisme et la niaque des musiciens qui compensent le reste. Sans ça, je ne suis pas sûre de ce qu’il reste….

 


Marilyn Manson (23:50-00:50 // Main Stage 2)


Exodus (23:50-00:50//Altar)

Le très beau spectacle offert par Iron Maiden m’aura fait oublier la fatigue qui était pourtant lourde à porter en début de soirée, c’est toute requinquée que je me précipite sous les tentes pour me positionner. Quoi de mieux qu’Exodus pour clore les concerts de l’Altar de cette édition 2018 ? À vrai dire, pour moi, pas grand chose vu que c’est l’un de mes groupes de thrash préférés. Les américains ont de la bouteille et possèdent, depuis longtemps, la recette pour un show réussi. L’absence de Gary Holt, retenu avec Slayer, depuis quelques années ralentit la sortie d’un nouvel opus – le dernier, Blood In Blood Out, date de 2014 – cependant, elle ne freine pas la cadence de production en live, le quintet écume les routes à un rythme assez soutenu. En effet, depuis la parution de leur dernière galette, j’ai pu voir le groupe pas mal de fois en deux ans (Barcelone, Elysée Montmartre, Summer Breeze, Xtreme Fest…) et, à chaque fois, ce fut monstrueux. Ce soir, l’impatience est grande, mes potes thrashers et moi-même sommes excités comme des puces.
Une musique de fond démarre alors que l’Altar est plongée dans l’obscurité, l’immense backdrop aux couleurs du dernier album et un mur d’amplis habillent la scène à la lumière tamisée. Les festivaliers sont nombreux et la tension est à son comble. C’est là qu’apparaît Tom Hunting qui grimpe sur sa batterie portant fièrement un t-shirt Iron Maiden, il attise la foule en agitant ses baguettes et les clameurs s’élèvent aussitôt sous la tente. Ses compères, Kragen Lum (guitare), Jack Gibson (basse), Lee Altus (guitare) et Steve Zetro Souza (chant) arrivent en suivant. Zetro harangue les spectateurs pendant que les autres lancent l’introduction Funeral Hymn, le rythme s’accélère progressivement, et boum, c’est l’explosion, Exodus enchaîne avec Blood In Blood Out. Let’s go, on est parti pour une heure de pure thrash metal ! Le pit se met presque instantanément en mouvement, de nombreux festivaliers tournent joyeusement dans la fosse pendant que d’autres (dont moi) headbanguent comme des malades, emportés par l’énergie hallucinante qui émane de la scène. Les slammeurs s’élancent (et n’arrêteront pas de surfer avant la fin du live), les cris résonnent, le frontman annonce Deliver Us To Evil, titre extrait du cultissime Bonded By Blood. C’est tout simplement énorme ! Les riffs old-school sont puissants et carrément galvanisants, on ne résiste pas non plus à la rythmique aussi robuste que rapide, soutenue par le duo de choc Hunting/Gibson. L’euphorie se répand comme une traînée de poudre et la poussière vole sous la tente qui est bondée malgré cette heure tardive. J’en peux plus, j’ai  chaud, j’ai mal à la nuque et je n’ai plus de voix, mais putain que ça fait du bien !
Comme à son habitude, le sympathique Steve Souza est souriant et, quant il ne beugle pas comme un forcené, il s’adresse à son public. Il introduit ainsi les morceaux, il s’assure que tout le monde s’amuse et que nous sommes toujours chauds. C’est ainsi qu’il lance And Then There Were None, les “oh oh oh” lui font écho, s’en suivra Parasite. Les musiciens font voler leurs cheveux, ils sont également à fond, ça joue rudement vite mais aussi rudement bien, les soli ravageurs exécutés par Kragen fulminent.
Le vocaliste s’avance: “hey motherfuckers, are you ready to go faster ?”, les thrasher répondent vivement “yeahhhhhh”, Zetro amorce l’impétueuse A Lesson in Violence. On se prend en effet une énième dose de violence, de quoi se défouler de plus belle. Les bras se lèvent et les “hey hey hey” se font plus denses avant la plus groovy Blacklist, puis l’incontournable Bonded By Blood… L’ambiance est excellente, la bande de californiens ravage tout, ça décoiffe, quelle claque !!
Le temps passe beaucoup trop vite, la fin est proche… Seulement, Exodus ne nous laisse aucun répit et nous réserve un final dévastateur en enchaînant mon hymne thrash, l’éloquente The Toxic Waltz et enfin l’explosive Strike of The (mother fucking) Beast. Poh ! On s’en prend plein la face et on aimerait que cela ne s’arrête jamais.
Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin, le groupe s’éclipse sous les chaleureux applaudissements d’un public totalement conquis. Le quintet prendra le temps de remercier la foule et de distribuer médiators, baguettes et setlist avant de partir pour de bon…

Exodus aura su, cette fois encore, mettre tout le monde d’accord, les novices comme les fans de la première heure. Une setlist retravaillée et redoutablement efficace qui clôture parfaitement cette édition. Le show était plus qu’excellent, cela nous aura lessivés mais surtout comblés, j’en ai encore la chair de poule…
Un concert mémorable, à revoir sur Arte concerts.


Carpenter Brut (01:05-02:05 // Temple)

Après la claque monumentale d’Exodus sous la Altar, nous nous dirigeons tranquillement mais sûrement vers la Temple pour notre dernier concert du festival. Cette année la programmation nous interdit de déprimer tant que nous avons encore un orteil sur le site, c’est donc plein d’entrain et de bière que nous attendons le début du set de Carpenter Brut.

Je dois avouer que je ne suis pas forcément fan de synthwave, pour la bonne raison que si j’ai envie d’avoir l’impression d’être dans le film Drive, je regarde Drive tout simplement, et si vous ne connaissez pas le film arrêtez ce que vous faites et regardez-le. Je dois pourtant avouer qu’après trois jours intenses de gros riffs et de beuglement, l’idée semble… Rafraîchissante. La tente est pleine à craquer, nous restons à l’extérieur pour pouvoir danser, enfin plutôt gesticuler, à notre guise. Je commence à voir des lasers briller au loin, les notes de Leather, Teeth, titre phare de son dernier album du même nom, résonnent. Je ne peux pas franchement attester de l’ambiance sous la tente, mais autour de nous tout est très calme. Je veux bien que le metalleux ne soit pas très connu pour son déhancher mais tout de même, lâchez-vous jeunes gens ! Les morceaux s’enchaînent sans transition, l’atmosphère est tantôt planante, tantôt vénère mais le tout est très bien équilibré et surtout, le style des compo, orienté années 80, est assez régressif pour que l’on puisse s’éclater. On peut noter comme point d’orgue de ce set la venue de Mat McNermey en guest vocal sur le morceau Beware The Beast et bien sûr, un final fabuleux sur la reprise de Maniac de Michael Sembello qui conclue en beauté ce weekend magnifique.

Il est temps de se diriger vers la sortie, cette édition aura elle aussi été riche en émotions. Un dernier coup d’œil sur le site. Nous essayons déjà d’imaginer quelles surprises nous réserve la prochaine.


Nightwish (00:50-02:05 // Main Stage 1)

 

Article : Fanny Dudognon & Anaëlle Martin

Photos : Antony Chardon