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18 Novembre 2011M pour Montréal réunit chaque année depuis maintenant 6 ans le petit monde de l’industrie du disque, professionnels, artistes, journalistes, les fans et curieux de toutes contrées pour un festival indie rock local, propulseur de talents. Les groupes québécois et canadiens (entendez francophones et anglophones) se relaient sur les scènes montréalaises, disséminées aux quatre coins de la ville pour des showcases d’une trentaine de minutes, avec 6 chansons pour tout donner. La mission? En mettre plein les oreilles pour se démarquer et faire exploser une carrière déjà prometteuse! Vendredi soir ça se passait à la Sala Rossa, avec un concentré de rock à faire secouer les têtes et les corps!

Uncle Bad Touch

Le bal était lancé par Tonstartssbandht…que j’ai raté…mea culpa. A suivi le groupe montréalais Uncle Bad Touch, qui malgré son nom graveleux, est un jeune trio au son garage pop rock d’une énergie folle. Mené par Mikey Heppner, petit blond, guitare blanche, jean blanc et t-shirt blanc d’où dépassent quelques tattoos d’animaux, éléphant, cheval et chat chinois qui salue…et sa comparse, Kathryn McCaughey, cheveux noirs de jais qui coulent le long de son joli visage caché, jeans noir, t-shirt noir et guitare noire, le groupe joue décidément avec les contrastes, mélangeant subtilement rock classique des années 60, pop, garage, teinté de psychédélisme. Shawn, aux batteries, frappe négligemment ses caisses, pour donner une profondeur rythmée à l’ensemble, marquant en cadence les fuck you uncle bad touch scandés par le duo, repris allégrement par le public, conquis.

Parlovr

Après quelques minutes d’attente, c’est au groupe montréalais Parlovr de prendre le relais. Louis Jackson, sa guitare électrique à la main et sa fameuse longue mèche qui fouette le vent, accompagné du batteur fou Jérémy MacCuish, et du sexy blondinet allumé Alex Cooper au chant, t-shirt délavé trop court et skinny taille basse l’air de rien…penché de profil sur son clavier martelant les touches en cadence, le corps convulsant en rythme. Le trio transmet son énergie débordante, confiant même au public son tambourin, pour un style improvisé et débridé. Les basses sont puissantes, la voix douce et lente, tout en intensité…une marche nostalgique, aux paroles scandées, brutes, Hell, Heaven pour un voyage dans les faubourgs Coldplayiens. Le clavier se transforme en orgue électronique, la pression monte et les notes de Pen to the Paper envahissent la salle « I held the hand of an angel, many nights ago…I took her out! Took her out! ». Six chansons c’est décidément trop court, comme un goût d’inachevé sur le bout de la langue.

Hollerado

Après quelques réglages en direct, les ontariens tant attendus, Hollerado, prennent enfin possession du stage. Et commencent sans plus attendre avec une entrée fracassante en matière, sous un nuage de confettis, littéralement. Des ballons en plastique mauve fluorescent rebondissent sur les têtes du public, se passant de mains en mains au son de Fake Drugs ou Americanarama. Les trois guitares et la batterie se déchaîne devant un public de connaisseurs conquis, la salle comble saute, crie à tue-tête les paroles de Juliette, Menno Versteeg se lâche, sautille, monte sur la grosse caisse, saute, se jette dans le public, guitare à la main, le fil tendu à son maximum, arrache un micro et finit la chanson au cœur du public, qui chante avec lui. Graines de showmen, indubitablement. En pleine chanson Got to loose, Versteeg s’arrête… « quelqu’un connaît la suite?? », une fille du public monte sur scène, s’empare du micro et finit le couplet sous l’applaudissement d’un public qui en redemande. C’est que le spectacle est presque autant dans la salle que sur scène tellement un vent de folie quasi hystérique s’empare de la Sala Rossa. Les dernières notes de Do the doot se font entendre, et le groupe profite de la passagère accalmie pour remercier ce public énergique, sans qui « no one in the music industry would have a fucking job »!

C’est que la bande de potes d’enfance de Manotick se l’ai creusé seul son chemin, en remportant notamment le concours lancé par la radio 88,5 d’Ottawa et utilisant les 250 000$ de prix pour produire leur album « Record in a bag », littéralement distribué dans un sac Ziploc…une approche DIY/ doing-things-its-own-way acharnée et revendiquée, encore aujourd’hui véritable marque de fabrique du band. Nominés cette année aux Juno Awards, leband a décidément fait sa marque sur la scène montréalaise. Qu’ils chérissent, même s’ils vivent aujourd’hui à Toronto. Après une négociation avec l’organisation de M pour Montréal, Hollerado remonte sur scène pour une dernière chanson. Nouvelle explosion de confettis pour une soirée qui se finit sous un déferlement d’énergie volcanique!

Auteur : Sarah Meublat

Photographe : Paul Blondé

Pour en savoir plus : Uncle Bad Touch, Parlovr, Hollerado, M pour Montréal