29 août 2012 – Le groupe finlandais Korpiklaani était de passage au Club Soda pour nous offrir une soirée de folk metal avec une belle brochette d’artistes pour plaire aux paiens de tout acabit. Ils étaient accompagnés du groupe local Valfreya, Metsatoll, Tyr et Moonsorrow.

Valfreya nous ont offert un spectacle aussi déjanté qu’à l’habitude avec leurs costumes à saveur médiévale-fantastique et leurs chansons racontant les prouesses de valereux vikings. Ils ont offert des pièces à saveur épique tirées de leur premier album Path To Eternity (2012) maintenant disponible sous Maple Records. Les amateurs de folk qui n’ont pas encore vu leur spectacle manquent définitivement quelque chose, mais peuvent dormir tranquille: Le groupe est très actif!

Metsatöll a ensuite donné une performance un peu vide, qui a manqué d’énergie et d’originalité. Les pièces du groupe estonien étaient bien exécutées et la voix profonde du multi-instrumentaliste Lauri “Varulven” Õunapuu (Flûte, cornemuse et autres instruments traditionnels) donne un certain charme aux morceaux chantés en estonien et inspirés de légendes est-européennes, mais pas suffisamment pour relever leur qualité. Le son ne rendait pas tout à fait justice aux instruments à vent et les power chords accompagnés de flûte à bec n’ont pas impressionné outre mesure pour le premier passage de Metsatöll à Montréal.

Le groupe Týr, des Iles Féroé, a comme d’habitude impressionné par leurs compositions à saveur folklorique et épique, même avec leur line-up simple de deux guitaristes, un bassiste et un batteur. Ils avaient préparé pour l’occasion un setlist digne de leur répertoire vaste et intéressant, composé autant de chansons lourdes et agressives que de pièces plus calmes et posées. Ils ont électrisé les spectateurs avec plusieurs pièces de leur dernier album, The Lay Of Thrym (Napalm Records, 2011), dont Evening Star et Hall of Freedom, en plus de Sinklars Vísa et des hymnes guerriers Hold the Heathen Hammer High et By The Sword In My Hand, qui sont toujours de grands succèes auprès du public. Týr ont réduit le flafla pseudo-folklorique et fantastique au minimum, ce qui les démarque d’une scène qui devient lentement mais sûrement surchargée.

Moonsorrow ont offert un spectacle à la sauce black metal comme le célèbre groupe finlandais en a donné l’habitude. Ils sont montés sur scène, tachés de pied en cap de faux sang, après une introduction un peu longue. Ils ont rapidement allumé la foule avec la pièce Tähdetön. Le groupe a joué cinq pièces pour une performance d’à peu près quarante minutes, qui a par moments écrasé l’ambiance festive habituelle d’un show folk metal par la pesanteur des influences black qui caractérisent leur son. Moonsorrow fait partie des vieux routiers du pagan metal, leurs premiers enregistrements datant de 1996 et ayant été distribués sur cassette, et ont offert une performance solide qui témoigne de l’expérience des musiciens, tout en ne cadrant pas parfaitement avec l’atmosphère fêtarde habituelle de ce genre de spectacle.

Korpiklaani étaient de retour pour la deuxième fois en deux ans, cette fois pour promouvoir leur nouvel album Manala (Nuclear Blast, 2012). Le groupe finlandais a apporté sa bonne humeur habituelle sur scène, arrivant facilement à faire chanter et danser le public avec leurs airs folkloriques qui bénéficient autant des sonorités classiques du metal que de l’accordéon de Juho Kauppinendu et du violon de Tuomas Rounakari (Un nouveau membre du groupe, qui ressemble étrangement à Obi-Wan Kenobi). Le chanteur Jonne Järvelä avait délaissé la guitare, s’étant fracturé un doigt à son arrivée en Amériqeu du Nord, offrant tout de même une performacne vocale intéressante. Le groupe s’est surtout concentré sur de nouveaux morceaux, dont une version impressionnante de la Ievan Polka (popularisée un peu partout à travers le monde en 2006 par l’animation connue sous le nom de Leekspin) et leurs célèbres chansons incitant à la consommation d’alcools forts. Les chansons en finnois ont été prédominantes lors de leur performance, le groupe ne jouant que trois pièces chantées en anglais: Vodka, Beer Beer et Happy Little Boozer. Le public ne s’en est pas formalisé, loin de là, et s’est même laissé emporter par le joik – le chant traditionnel finlandais– de Järvela, particulièrement sur la chanson Viima. Korpiklaani a encore une fois démontré que, malgré que leurs plus récents albums s’éloignent du matériel plus vieux, et pas toujours pour le mieux,  leur performance live vaut définitivement la peine d’être vue, chantée et dansée!

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Auteur: Phil Mandeville

Photographe: David Rioux

Pour en savoir plus : Valfreya, Metsatöll, Týr, Moonsorrow, Korpiklaani