Gigantour @ Centre Bell
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4 février 2012 – Le Gigantour s’est arrêté au Centre Bell ce vendredi 3 février, pour satisfaire les passions des amateurs de thrash et de speed metal. Megadeth était accompagné de Motörhead, Volbeat et Lacuna Coil, ces deux derniers ouvrant le spectacle pour les légendes du heavy metal.
Lacuna Coil a ouvert le spectacle devant une foule encore relativement peu nombreuse, mais toutefois enthousiaste. Ils ont commencé avec Our truth, et ont poursuivi avec Upsidedown, de leur dernier album Black Adrenaline (2012). Ayant un maigre quarante minutes devant eux pour impressionner les spectateurs, ils ont misé beaucoup plus sur le matériel de cet album avec Kill The Light et Trip The Darkness, et ont conclu avec Spellbound. Le set était trop court pour que le groupe puisse étaler l’étendue de son répertoire, ils ont donc dû se limiter à du nouveau matériel, mais la chanteuse Cristina Scabbia a promis que Lacuna Coil effectuerait une tournée en tête d’affiche au courant de l’année.
Volbeat ont semblé être autant impressionné par l’attitude et le volume de la foule que cette dernière l’a été par la performance du groupe. Leur musique est un étrange mélange de rockabilly et de heavy metal, et la voix du chanteur Michael Poulsen passe d’un Elvis à un James Hetfield (de la période récente de Metallica) ce qui apporte un son différent et versatile au groupe, mais qui donne également, en fin de compte, un air de faux fâché malgré la présence de Hank Shermann (ex – Mercyful Fate) à la guitare. Avec une setlist assez longue, ils ont eu assez de temps pour ravir les auditeurs à travers leur musique énergique et ont joué notamment A Warrior’s Call, Guitar Gangsters and Cadillac Blood, Sad Man’s Tongue (un excellent hommage à Johnny Cash, façon heavy metal) , A Pool Of Booze, Booze, Booze! et ont conclu avec Still Counting. La performance live du groupe est intéressante, mais s’est avérée manquer un peu de punch, si on la compare aux têtes d’affiche de la soirée.
Lemmy Kilmister, Phil Campbell et “the best drummer in the world, Mikkey Dee“, n’ont ensuite pas perdu de temps et ont parti le vrai spectacle avec Bomber, qu’ils ont rapidement suivi de Damage Case, I Know How To Die et Stay Clean. À travers leur performance, ils ont alterné entre de vieux classiques et des chansons tirées de leur dernier album, The Wörld Is Yours (2010) et les fans de tous les âges en ont donc eu pour leur argent – surtout avec leur classique Ace Of Spades, qui allume coup sur coup la salle à un point tel qu’on a l’impression que Motörhead vient de mettre le feu à un puits de pétrole. Le groupe réserve bien peu de surprises aux vétérans de la scène metal qui ont probablement eu la chance de les voir dans leur quarante ans de carrière, et pourront vous dire que Lemmy n’a plus l’énergie de ses vingt ans, mais que pour un rocker qui en a plus de soixante, il tient son bout sur scène de façon admirable. Si, comme plusieurs, vous vous demandez pourquoi le mode de vie sex, drugs and rock n’ roll de Motörhead ne les a pas tués encore et que vous n’avez pas encore eu la chance de les voir en spectacle, saisissez la prochaine occasion !
Megadeth a conclu la soirée avec les riffs iconiques et puissants de Dave Mustaine et de Chris Broderick, supportés par le retour de David Ellefson à la basse. Avec Shawn Drover à la batterie, Megadeth nous a présenté un des alignements les plus intéressants depuis qu’ils ont remplacé Marty Friedman et Nick Menza. Armés de leur dernier album intitulé Thirteen (2011) et de leur répertoire bien garni de vieux classiques, ils ont joué près d’une heure et demie au plus grand plaisir du Centre Bell bondé. Ils ont ouvert avec Trust et ont joué notamment Hangar 18, Skin o’My Teeth, A Tout Le Monde (le groupe a profité de la présence de Lacuna Coil pour inviter Cristina Scabbia sur scène pour un duo vocal plutôt réussi avec Mustaine), Symphony of Destruction, Peace Sells, Public Enemy No.1, Whose Life (Is It Anyways ?) et Guns Drugs And Money du dernier album, avant de conclure sur Holy Wars… The Punishment Due. Le shred qui est la signature de Megadeth a impressionné tout au long de la soirée, mais la voix stridente de Dave Mustaine n’est pas vraiment ressortie du mix sonore, sauf pour quelques pièces, ce qui a considérablement réduit la qualité de la performance du groupe, et pour une interjection amusante aux gardes de sécurité pour leur demander d’arrêter de harceler les nombreux fumeurs – de substances licites ou non – dans la salle avec leurs lampes de poche.
En fin de compte, Lacuna Coil, Volbeat, Motörhead et Megadeth nous ont offert une soirée bien thrash avec du metal sans complexe, à part peut-être celui de l’égo du frontman flamboyant qu’est Dave Mustaine. Malheureusement les performances ont été un peu gâchées par la performance vocale décevante de ce dernier. Le Gigantour reste un événement de taille avec des groupes invités qui sont aptes à piquer l’intérêt, mais les problèmes récurrents de son de Megadeth à travers les années en font un groupe moins intéressant en spectacle que sur leurs albums.
Ne manquez pas notre entrevue avec David Ellefson de Megadeth, réalisé avec l’aide précieuse de l’équipe de Metalship, très prochainement en ligne sur ce site ! En attendant, voici un petit avant-gout du répertoire musical du groupe tiré de leur dernier album :
Megadeth – Public Enemy No. 1 by Roadrunner Records
Auteur : Phil Mandeville
Photographe : Paul Blondé
Pour en savoir plus : Megadeth, Motörhead, Volbeat, Lacuna Coil