Category: Album

Sirenia – Riddles, Ruins & Revelations Critique d'album

J’ai connu le groupe Sirenia avec les deux premiers albums et et disons que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis. Ils nous offrent maintenant Riddles, Ruins & Revelations, leur dixième album en carrière et le troisième avec Emmanuelle Zoldan au chant. Je dois avouer qu’après avoir entendu l’extrait Addiction No. 1, j’étais un peu perplexe quant à la direction qu’a pris le groupe, soit une approche beaucoup plus hard rock et pop. Est-ce que le reste de l’album suit également cette tangeante? Mais, la vraie question à se poser c’est : Comment ça sonne?

Une chose à s’avoir d’emblée, est que le premier extrait sorti n’est pas tellement représentatif du reste de l’album. Mais on sent tout de même un tournant pour le groupe qui oeuvre depuis un bon bout de temps dans le gothic metal symphonique et semble vouloir essayer autre chose. La voix d’Emmanuelle Zoldan est très solide comme toujours et, musicalement, on a un album beaucoup plus orienté vers les riffs plutôt que sur les éléments symphoniques. On a donc quelque chose de moins grandiose mais qui est nettement plus “rentre dedans” que les albums précédents. Les éléments plus electro qu’on trouvait un peu sur Arcane Astral Aeons sont beaucoup plus présents et ajoutent une belle couleur aux compositions comme Beneath The Midnight Sun et The Timeless Waning. Quand je parlais de chansons plus “riff oriented”, le meilleur exemple serait This Curse Of Mine et We Come To Ruins qui commencent avec des riffs très pesants qui rendent même le son du groupe méconnaissable, mais dans le bon sens! J’aime bien aussi l’ajout de paroles en français dans plusieurs pièces et ça prend de l’audace pour terminer l’album avec un cover de la très pop Voyage Voyage de Desireless!

Mais cet album a aussi son lot de petits anicroches. Bien que l’album s’écoute très bien, j’ai trop eu souvent l’impression que certaines pièces se ressemblaient trop entre elles et que ça manquait un peu de variété au niveaux des sonorités. Les éléments electro c’est bien, mais quand ça revient un peu trop souvent, ça l’est un peu moins. Même si c’est le premier single que le groupe nous a présenté, je pense que Addiction No. 1 est la pièce la plus faible de l’album. C’est très poppy et de qualité moindre comparée aux autres chansons présentes sur l’album. Mais outre ces quelques détails, cet album est très agréable à l’écoute et j’ai passé un bon moment à l’écouter!

Riddles, Ruins & Revelations ne réinvente certes pas la roue mais montre une certaine expérimentation de la part de Sirenia et je crois fermement que ça ne lui fait pas de tort. Est-ce que les fans vont s’y retrouver quand même? Je crois bien que oui!

7.5/10

Auteur : Maxime Pagé

Nervosa – Perpetual Chaos Critique d'album

Après des changements majeurs au sein de sa formation, le groupe de thrash metal brésilien Nervosa est de retour avec un nouvel album intitulé Perpetual Chaos. Avec une nouvelle drummeuse, bassiste et chanteuse, il est pertinent de se demander si le son du groupe va en être affecté ou non, surtout compte tenu du fait que les nouveaux membres proviennent de groupes aux sonorités très diverses. Est-ce que les fans vont s’y retrouver? Mais, la vraie question à se poser c’est : comment ça sonne?

Commençons par le positif : La nouvelle chanteuse Diva Satanica a un bon range vocal qui se marie très bien avec le style musical. J’oserais même dire qu’il est plus varié que celui de l’ancienne chanteuse/bassiste Fernanda Lira. Leur nouvelle drummeuse Eleni Nota fait également un excellent travail sur cet album et donne un très bon punch aux compositions. Parlant de compositions, on voit ici une belle variété au niveau des sonorités qui balancent entre le thrash et le death et même le punk/hardcore avec la pièce Time To Fight. Les pièces que j’ai le plus aimées sur l’album sont sans aucun doute Venomous, Until The Very End et Godless Prisoner qui offrent agressivité, vitesse et de bons riffs pesants.

Par contre c’est pas mal là où mon appréciation s’arrête. La bassiste Mia Wallace est presque inaudible dans le mix, ce qui enlève beaucoup de pesanteur aux compositions. j’aime aussi les albums qui sonnent comme une tonne de briques, et bien que la production soit bonne, ça paraissait trop souvent qu’il n’y avait qu’une seule track de guitare et j’ai eu trop souvent l’impression qu’il manquait quelque chose, que ça sonnait un peu vide. Il y avait également deux chanteurs invités, Schmier de Destruction sur Genocial Command et Eric A.K. de Flotsam & Jetsam sur Rebel Soul et dans les deux cas, je n’ai pas trouvé ça intéressant outre mesure. Mais le maillon faible de cet album…ce sont les paroles. C’est répétitif, pas très original et presque juvénile tellement les paroles auraient pu être écrites par un ado en colère. Répéter le nom de la chanson dans le refrain, c’est correct quand ça arrive pas trop souvent, mais dans presque toutes les chansons ça devient limite gênant. Je ne voudrais pas être méprisant, mais par bouts ça sonnait comme du Arch Enemy mais un peu cheap.

En résumé, Perpetual Chaos a bien quelques bons éléments ici et là mais, dans l’ensemble, je n’ai pas trouvé le résultat très intéressant ou original. Ça sera peut-être mieux la prochaine fois lorsque la chimie artistique sera vraiment au rendez-vous.

6/10

Auteur : Maxime Pagé

Visions Of Atlantis – A Symphonic Journey To Remember Critique d'album

Le groupe Visions Of Atlantis a vraiment le vent dans les voiles depuis quelques années, surtout depuis la sortie de leur album The Deep & The Dark. Leur plus récent opus Wanderers, sans être un de mes albums préférés, a de bons moments et il y a une belle chimie entre Clémentine Delauney et leur nouveau chanteur Michele Guaitoli. Le groupe nous offre donc son deuxième album live en deux ans intitulé A Symphonic Journey To Remember enregistré au festival Bang Your Head!!! en Allemagne où ils ont été accompagnés du Bohemian Symphony Orchestra Prague. J’ai eu autant accès à cet album en audio qu’en video alors les deux questions à se poser sont : Comment ça sonne? et de quoi ça avait l’air?

C’est devant une foule assez nombreuse que le groupe s’est exécuté et, dans l’ensemble, ça sonnait plutôt bien! L’orchestre ajoute vraiment une belle dimension à leur musique et tous les musiciens avaient l’air en forme et contents d’être là (ça aurait été un peu étrange de faire la gueule pendant ton propre spectacle, surtout si c’est filmé!). Clémentine Delauney et Michele Guaitoli étaient en voix et faisaient participer la foule autant que possible. La chimie mentionnée précédemment est également présente durant leur prestation et leur complicité était belle à voir. La grande majorité des pièces provenaient de leur deux plus récents albums, même si Wanderers n’était pas encore sorti à l’époque, ainsi que plusieurs pièces plus vieilles comme Memento, Lost et Passing Dead End. Il est clair qu’il est plus difficile de plaire à un public de festival qu’à une salle remplie de fans, mais la plupart des gens présents ont eu l’air d’apprécier la prestation. Les nouvelles pièces comme Release My Symphony et Heroes Of The Dawn ont vraiment bien sonné en live et la finale avec Return To Lemuria a été très efficace.

Par contre, j’ai bien quelques bémols à apporter. Le mixage de ce spectacle m’a quelque peu déçu par ses inégalités sonores. À plusieurs occasions j’ai eu l’impression que l’orchestre se perdait dans le mix, comme dans les pièces Memento ou A Journey To Remember. Quand tous les instruments jouaient en même temps, le son de l’orchestre n’était clairement pas assez fort. J’ai eu la même impression avec la piste préenregistrée de rhythm guitar lorsque Christian Douscha faisait ses solos. Aussi, je n’ai rien contre les ballades, surtout si c’est bien senti et qu’on a une belle valeur ajoutée avec l’orchestre, mais d’en avoir deux (et je dirais même trois si on considère que Nothing Lasts Forever en est une), c’est peut-être un peu trop. Est-ce que l’interprétation était mauvaise? Pas du tout! Mais je trouve que ça a brisé un peu le tempo de la soirée.

Dans l’ensemble, bien que je ne sois pas le plus grand fan du groupe, je crois que Visions Of Atlantis ont capturé un beau moment où leurs chansons ont pris de nouvelles couleurs grâce à la Bohemian Symphony Orchestra Prague et je suis certain que les fans vont adorer.

7.5/10

Auteur : Maxime Pagé

Sadistic Embodiment – Blood Spell Critique d'album

Si tout comme moi vous croyez que Left Hand Path de Entombed est le pinacle du Death Metal suédois, il est plus que possible que nous ayons pas mal de sujets de discussion autour d’un verre de houblon. Par contre, je dois également être des plus honnête pour ce qui est du MeloDeath, je garde mes distances car étant plus de l’école de pensée de Bolt Thrower cela constitue mon pain quotidien et le son Gothenburg est trop friandise sucrée me saturant rapidement.

Toutefois, je reste curieux de trouver des pépites qui sauront me faire brasser le crane dans tous les sens. C’est le cas pour les Albertains de Sadistic Embodiment avec leur premier long jeu; Blood Spell. Avec un son bien gras, ils vont vous accrocher dès l’ouverture et vous en redemanderez encore.
Dans un premier temps, les hooks sont d’une efficacité étonnante et les breakdowns pesants à souhait. La pièce Global Enema est digne d’un moshpit de 2019, peu de moshpit ont eu lieu en 2020… Bien oui, année de marde oblige! Au fil des pièces il y a une atmosphère énergique et bien distincte du MeloDeath suédois qui est maîtrisée et à la fois bien réinterprétée. Bien que l’on ne s’éloigne pas des territoires défrichés, j’ai beaucoup apprécié les guitares qui pouvaient par moments me rappeler Darkest Hour et surtout Allfather. On n’est pas totalement dans le Death Metal mais on y incorpore des éléments du Metalcore de manière assumée.

Du point de vue de la production il y a un travail remarquable et bien que l’étiquette indépendante qu’est CDN Records est assez peu connue, elle nous offre ici une offrande très bien produite bien qu’un peu bruyante et manquant un tant soit peu de range dynamique. Les guitares sont mises en évidence et les basses sont très modérées et cela résulte en un mixe ayant surtout une carence en diversité sonore. Néanmoins, ce sont de petits ajustement et cela n’empêche pas l’appréciation très positive de cet album pour ma part.

Ainsi, cette offrande m’était parvenue par mes confrères de Asher Media Relations sans véritable attente vis-à-vis de Sadistic Embodiment. Ces derniers ont été en mesure de doser un album touchant des éléments déjà exploités mais avec une fraîcheur sentie. Blood Spell n’est pas à contourner mais à prendre en pleine face et ne fait pas dans l’ambiguïté non plus. Il est certes simple sans être simpliste. Bref, un très bon album de Métal qui satisfait votre sadique intérieur.


Note: 8 / 10
Format critiqué: mp3
Étiquette : CDN Records
Sites Web:
 Bandcamp |InstagramFacebook 
Date de parution: 18 septembre 2020
Promo : Asher Media Relations

Auteur : Michaël Parent | Facebook

Gaerea – Limbo Critique d'album

Pendant plusieurs années j’étais un jeune loup affamé et mon seul repas était de nombreux albums de Black Metal uniquement. Avec le temps, je suis devenu un loup d’âge mature et j’ai ouvert mes horizons avec divers genres en remontant le fleuve notamment du Death Metal jusqu’à sa source, prenant d’autres sentiers tels que le Progressif et l’origine de la musique électronique. Malgré ces détours, j’aime me replonger dans cet univers hermétique et orthodoxe qu’est le Black Metal. Le vrai comme Quorthon avec Bathory, Sarcofago, Sodom, Venom et les autres qui ont forgé bien malgré eux le plus infâmes des mouvements dans la musique.  N’allez pas croire que je suis un puriste du genre, j’ai un certain intérêt pour des formes divergentes allant jusqu’à apprécier Zeal and Ardor par moments.

Vient ici l’arrivée par le Portugal Gaerea qui avec leur Black Metal à ascendance mélodique nous apportent leur nouveau bébé Limbo. Ayant fait un certain tabac avec Unsettling Whispers en 2018, Limbo était très attendu et allait ravir les conquis. Évidemment, Gaerea n’explorent pas les territoires de Imperial Triumphant qui errent dans le Jazz ou de Deafheaven qui marient Radiohead, Slowdive et Emperor ensemble. Limbo est plutôt dans la veine de Uada et Dissection qui gardent le cap d’un Black Metal maîtrisant tous les éléments essentiels à ses fans et explorant des riffs et des mélodies disgracieuses.

Comme plusieurs des groupes de ce type de Black Metal, l’auditeur doit prêter attention aux tempos, aux riffs et à toute variation dans les compositions pour en saisir toute sa grandeur et ne pas se laisser méditer au fil des pièces qui se succèdent. Aux premiers abords on sent une homogénéité au sein de ces pièces. Ce qui n’est pas un défaut en soit surtout lorsque l’on se met à répéter les écoutes et que notre ouïe s’accroche aux fins détails qui font de chacune des pièces un mouvement unique.

La succession des pièces se fait manière hermétique et presque formé d’un seul bloc de granit froid et taillé au couteau. Il n’y a aucune protubérance et aucun élément chambranlant. C’est lisse et sans imperfection. Les morceaux, Urge et Mare qui clos l’album sont en soit des pierres d’assises pour cette stèle qu’est Limbo. Sans doute, ce sera l’un des titres qui se trouvera sur bon nombre de listes de fin d’année 2020.

Bien malgré le fait que Gaerea ne soit pas des avant-gardistes dans leur approche, leur exécution n’a néanmoins rien à envier aux explorateurs. Ils restent dans le Black Metal mélodique moderne sans compromis qui ne cesse de démontrer que le genre peut évoluer tout en respectant ses propres codes tout en nous rappelant à quel point ce genre se veut malin et malsain.


Note: 8 / 10
Format critiqué: mp3
Étiquette : Season Of Mist
Sites Web: Bandcamp | Facebook
Date de parution: 24 juillet 2020
Promo : Season Of Mist PR

Auteur : Michaël Parent | Facebook

Green Carnation – Leaves of Yesteryear Critique d'album

Une autre grosse pointure est de retour dans les bacs cette année, Green Carnation, quatorze ans après leur dernier album, The Acoustic Verses, la bande de Norvégiens nous reviens avec Leaves of Yesteryear. Rappelons-nous que Tchort, ancien membre de Emperor et In The Woods…, avait des aspirations beaucoup plus axées sur le Progressif et le Rock et qu’il provoqua la dissolution de In The Woods… avec la formation de Green Carnation. Ayant emprunté à plusieurs genres, Green Carnation est le résultat d’explorations musicales variées. Passant par le Death Metal, le Doom et les influences Black Metal mélodiques de ses débuts avec Emperor, qui faut le dire, ont été assez avant-gardistes avec les limites hermétiques du Black Metal. Avancée rapide en 2020, le 8 mai dernier sortait Leaves of Yesteryear, une brique de cinq morceaux s’étalant sur 45 minutes.

L’album débute avec la pièce titre qui nous rappelle sans détour que Green Carnation est encore vivant et en excellente forme. En fait, on se demande pourquoi quatorze ans d’attente et à la fois, cela en valait la peine d’attendre tout ce temps. On a droit à un son aussi actuel que Soen ou Opeth avec autant de poids et de qualité de production. Appréciation tout à fait personnelle, mais les vocaux et l’écriture des pièces est plus accrocheuse que les deux pans du Rock progressif issu du Métal. Ensuite, la pièce Sentinel, prends son envol avec sa mélodie entraînante et ses riffs solides. C’est bien lorsque l’on accède à My Dark Reflection of Life and Death que l’on touche à l’essence même de cet album, ce morceau de plus de 15 minutes constitue le noyau central et c’est ici qu’ils ont injecté l’émotion, l’ambiance et la véritable histoire de cet opus. Lorsque les guitares acoustiques font place au moment du verset de I fade Away et que peu après la batterie avec la double basse drum on sent le poids et le drame. À toutes les écoutes je ressens le même engourdissement des sens que lorsque j’écoute Blackwater Park de Opeth, probablement l’un des disques que j’ai le plus abusé dans ma vie de metalhead.
Hounds suit avec un aspect plus progressif, des claviers présents, et je dirais une forte influence de Soen pour cette pièce de dix minutes. C’est un très bon moment mais il est le moins solide des cinq sur Leaves of Yesteryear surtout compte tenu qu’il n’y a que quatre pièces originales sur l’album. La dernière chanson est une reprise de la subtile mais tellement efficace Solitude de Black Sabbath. L’interprétation de Green Carnation donne un nouveau souffle à ce morceau qui à mon avis est drôlement assortis dans l’album original. Solitude est ce genre de titre que l’on apprend à aimer et qui grandit avec nous à toutes les écoutes. Elle nous laisse sur un au revoir doux et quelque peu amer comme le goût des larmes.

Bref, bien que j’aie reçu cet album à l’avance en avril dernier de la part de Season of Mist, le manque de temps et pour mettre en mot mes impressions retardera de plusieurs mois ma critique de Leaves of Yesteryear. Toutefois, mon appréciation ne s’est qu’accentuée et j’espère que ce court torchon saura lui faire honneur.

Note: 9 / 10
Format critiqué: mp3
Étiquette : Season of Mist
Sites Web:
 Bandcamp
Date de parution: 8 mai 2020
Promo : Season of Mist PR

Auteur : Michaël Parent | Facebook

Necrot – Mortal Critique d'album

Trois ans après la sortie du très bon Blood Offerings (cliquer ici pour ma critique de cet opus), les gars de Necrot de la région de Oakland en Californie, reviennent avec une nouvelle galette liant le Death Metal au Punk, si l’on se fie à la promo reçue de la part de Liz de chez Earsplit. Alors, si l’on voulait s’amuser à faire un peu de name droppring, on irait à nommer l’un de mes groupes fétiches; Bolt Thrower ainsi que Obituary, Morbid Angel et Carcass. Bref, du Old-School Death Metal (OSDM), les oreilles du chroniqueur de cet album sont toujours disposées pour ces sonorités grasses, entraînantes et techniques.

À sa sortie en 2017, j’avais été assez sévère avec eux donnant une note très basse de 5 sur 10. Toutefois, ils se sont trouvés sur ma liste des meilleurs espoirs de 2017. Dans ce cas, mon instinct ne m’a pas trompé. Ralliant la rapidité du D-beat, les guitares sales comme Bolt Thrower et les ambiances de Morbid Angel, Necrot s’incrustent dans l’univers Death Metal en suivant les racines du genre tout en apportant des distinctions propres à leurs compositions. Il évitent le piège d’imiter leurs prédécesseurs et malgré l’approche Old-School ils sonnent très actuels.

Leur formule, quoique assez similaire d’un album à l’autre, s’est sincèrement peaufinée, jeu de mots avec la pochette de l’album=check. Les pièces sont plus complètes et ils réussissent à exploiter l’idée de départ un peu comme Atheist. Quand une chanson marche elle marche mais ça prend un début un milieu et une fin. Ce n’est pas toujours dans cet ordre mais ce sont des essentiels. Blood Offerings possédait déjà ça mais avec Mortal il y a des développements, sans élaboration progressive, ainsi qu’une recherche dans la diversité des morceaux.

En tout cas, les dernières années ont été très riches en Death Metal et on est encore bien servis avec Mortal. Ce que font Necrot est dans les cordes de Gatecreeper pour mes goûts. Au lieu de s’avérer un faible substitut comme un édulcorant, on préfère la formule originale. Necrot font dans l’original et laissent les autres être des édulcorants.


Note: 8 / 10
Format critiqué: mp3
Étiquette : Tankcrimes Records
Sites Web:
 Bandcamp | InstagramFacebook
Date de parution: 28 août 2020
Promo (remerciements) : Earsplit PR

Auteur : Michaël Parent | Facebook

Chrome Waves – Where We Live Critique d'album

J’ai découvert le groupe américain Chrome Waves il y a de cela deux ans avec leur tout premier album A Grief Observed et j’ai tout de suite vu la qualité de leur post-black metal très lourd mais aussi ambiant. Le groupe nous offre un autre album intitulé Where We Live qui sortira le 5 septembre prochain. Est-ce que ce nouvel opus emmenera Chrome Waves a un niveau supérieur? Réussiront-ils à renouveler le genre? Et, surtout, comment ça sonne?

Dès les premières notes de Hallow Dreams, on peut tout de suite se rendre compte que la qualité de la production a vraiment monté d’un cran comparé à l’album précédent. Leur musique est aérienne mais peut être d’une lourdeur redoutable, surtout aux niveaux des thématiques. Pour beaucoup de groupes, le mélange des voix clean et des screams semble un peu forcé mais j’ai rarement entendu un cas aussi harmonieux que Chrome Waves. Le meilleur exemple serait la pièce Gazing Into Oblivion où les harmonies vocales du refrain se marient à la perfection avec les screams déchirants. En plus des instruments habituels, on y retrouve également à plusieurs reprises des claviers et du violoncelle qui ajoutent beaucoup à la mélancolie des compositions. Mais là où cela devient vraiment intéressant c’est qu’une fois rendu au milieu de l’album, on tombe dans un genre de metal avec une ambiance très grunge et dépressive qui rappelle effectivement beaucoup les années 90. On a donc les pièces New Skin et Spoonfed qui font preuve d’une pesanteur sans nom et de refrains hypnotisants. Justement, en terme de musique hypnotisante, Spoonfed est très dure à battre! Si la première partie est à première écoute un peu répétitive, elle crée un build-up qui devient de plus en plus intense, sans oublier le milieu qui est carrément magnifique et mélancolique. Ce que j’aime surtout de Where We Live, est que chaque chanson a sa personnalité et son ambiance propre.

Mais si j’avais à ajouter un bémol sur cet album, ce serait que les deux pièces à la fin de l’album m’ont beaucoup moins marqué que les autres, surtout pour la pièce Where You Live. Le progression de cette chanson est assez lente et, en bout de ligne, je la trouve un peu répétitive. Je ne dis pas que c’est une mauvaise chanson! J’aime beaucoup l’ajout d’effets sonores à la fin qui rend le tout presque angoissant, mais dans l’ensemble, ce n’est pas celle que je préfère. J’ai eu aussi l’impression que le drum était trop fort à certains moments comme dans le milieu de Spoonfed et On The Precipice, au point où je trouvais que ça détonnait un peu trop avec le reste du mix. Mais à part ces quelques détails, je n’ai rien à redire!

En résumé, Where We Live de Chrome Waves demeure un excellent album de post-black metal aux influences très variées et même surprenantes que je conseillerais à tous les fans du genre, et ce, sans aucune retenue!

8/10

Auteur : Maxime Pagé

Unleash The Archers – Abyss Critique d'album

Cela fait des années que j’entends parler du groupe britanno-colombien Unleash The Archers sans pour autant que je prenne le temps d’écouter leur matériel. Ce moment est enfin arrivé! Le groupe sortira son tout nouvel album intitulé Abyss le 21 août et avec les deux extraits sortis jusqu’à maintenant, ça promet d’être de la bombe! On a droit à un habile mélange de power metal et de melodeath comme je n’en avais pas entendu jusqu’à maintenant avec une chanteuse ultra talentueuse. Mais est-ce que le reste de l’album est aussi bon et aussi bien ficelé? Est-ce que ça risque fort d’être un des meilleurs albums de l’année? Mais, la vraie question demeure : Comment ça sonne?

Seulement avec l’intro Waking Dream, on peut déjà constater à quel point la production sur cet album est exceptionnelle! Tous les instruments sont parfaitement audibles et ça sonne vraiment comme une tonne de briques. Quand la pièce Abyss commence, c’est un véritable coup de poing au visage : un parfait mélange de vitesse, d’agressivité, de mélodies et de virtuosité! La chanteuse Brittney Slayes a une voix puissante et mélodieuse comme on en n’entend peu! On ne parle pas ici d’une petite voix douce ou d’un chant opératique mais bien d’une vraie voix de rockeuse qui pète des gueules! Une chose que j’ai remarqué avec cet album, c’est à quel point certaines pièces transpirent les années 80, et ce, de différentes façons. D’un côté, on a des pièces comme Abyss et Through Stars avec des claviers très synthwave et de l’autre une sonorité très hard rock qu’on trouve aussi dans Through Stars mais aussi beaucoup dans Carry The Flame.

J’ai évoqué l’influence des années 80 mais on voit aussi un gros penchant vers le metal européen. Quand j’ai entendu Soulbound et Return To Me, j’ai tout de suite pensé au melodeath suédois des années 2000 comme Skyfire tandis que Faster Than Light, qui est sûrement la chanson la plus power metal de l’album, renvoie carrément à Stratosphere de Stratovarius . Mais, contrairement à beaucoup de groupes, ces influences ne font pas d’Unleash The Archers de pâles copies d’autres groupes : Ils y apportent leur touche personnel et donne un son unique! Avec tout ça, on a un album aux sonorités très variées et chaque chanson à son ambiance propre. The Wind That Shapes The Land, la plus longue chanson sur cet album, passe aussi par toute une gamme d’émotions tout en demeurant très épique. Le tout se termine avec Afterlife, contenant une belle orchestration signée Francesco Ferrini de Fleshgod Apocalypse et on peut dire que, comme finale, c’est très réussi!

Est-ce que cet album est parfait? C’est très rare que je dis ça mais…presque! Il n’y a qu’une chanson que je trouve un peu plus étrange et upbeat qui ne cadre peut-être pas autant que les autres et c’est Legacy. Ce n’est vraiment pas une mauvaise chanson, mais je trouve que les styles contenus dans celle-ci sont vraiment bizarres et les transitions sont peut-être un peu trop brusques. Le seul autre petit bémol que je pourrais amener est la finale de Carry The Flame qui s’étire peut-être un peu trop longtemps.

Je ne passerai pas par quatre chemins, Abyss d’Unleash The Archers est clairement dans mon top 5 des meilleurs albums de 2020. On y retrouve tout : les mélodies, l’émotion, la technique et l’epicness. Que demander de plus! Cet album, c’est un chef-d’oeuvre, point final!

9.5/10

Auteur : Maxime Pagé

Amiensus – Abreaction Critique d'album

J’ai découvert le groupe américain Amiensus il y a de cela quelques années et ça a été un véritable coup de foudre! Cela faisait longtemps que je n’avais pas entendu un mélange aussi ingénieux de black/death/doom très mélodique mais aussi de pièces plus ambiantes et acoustiques. Le mélange parfait quoi! Avec leur dernier EP All Paths Lead To Death sorti en 2017, ils ont voulu expérimenter avec des sonorités plus black metal et, sans être totalement déçu, j’attendais avec impatience un autre album dans la même veine que ceux sortis précédemment. Ils reviennent donc en 2020 avec un tout nouvel opus intitulé Abreaction et je dois dire que mes attentes étaient assez élevées. Est-ce que ces attentes ont été comblées? Ou suis-je resté sur ma faim? Et, surtout, comment ça sonne?

Dès les premières notes de Beneath The Waves, je remarque que la production est beaucoup moins léchée que dans le passé, ce qui m’a inquiété un peu. Mais une chose à savoir est que Abreaction flirte beaucoup plus avec le post-black metal que les albums précédents. À quelques reprises, j’ai senti une petite vibe qui m’a fait pensé à Alcest, surtout pour Beneath The Waves. Ce que j’apprécie beaucoup sur cet album est la présence de guitare acoustique, de claviers et de violoncelle qui ajoute vraiment beaucoup à l’ambiance de certaines chansons, surtout pour les pièce Divinity et A Convocation Of Spirits qui sont sans aucun doute mes préférées! On trouve aussi cette dernière à la fin de l’album mais en version acoustique et il est rare que j’apprécie autant une version que l’autre tellement les deux ont leur identité propre! Ce qui pourrait être considérée comme la finale, soit la pièce Iconoclasm, a une ambiance oppressante et une finale quelque peu sinistre avec l’ajout du claviers qui fait toute la différence. J’aurais même aimé que cette finale s’étire un peu plus longtemps!

Par contre, je dirais que cet album est un peu inégal. Si la première partie de Abreaction est plus mélodique et ambiante avec plusieurs ajouts d’instruments mentionnés précédemment, la deuxième est beaucoup plus agressive et on retombe un peu dans le même pattern que All Paths Lead To Death, et honnêtement je trouve ça beaucoup moins intéressant. Les pièces Drowned, Cold Viscera et All That Is Unknown s’enchaînent et, même si elles ont une belle intensité, je ne les trouve pas aussi mémorables que les autres. Je ne veux pas trop faire de comparaisons avec les albums précédents, mais ce que j’appréciais chez Amiensus, c’est aussi leurs chansons plus soft et ambiantes comme Time Is Growing Old, Towards Horizon ou encore I Am du premier album et je suis un peu déçu de ne trouver aucune pièce de ce genre sur leur nouvel album.

En gros, Abreaction est un bon album contenant des chansons mémorables et bien travaillées, mais aussi certaines qui ne m’ont pas plus tant que ça. Est-ce que mes attentes étaient trop élevées? Peut-être!

7/10

Auteur : Maxime Pagé

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