Category: Album

Kheos – Oxymore (Critique d'album)

La jeune formation française Kheos nous présentera son tout premier album, Oxymore, le 4 mars prochain. Avant d’écrire cette chronique, je n’avais jamais entendu parler du groupe mais ce que j’ai lu par la suite m’a paru prometteur. Le groupe mélange deathcore symphonique, metalcore et djent et, même si ce ne sont pas habituellement mes genres de prédilection, je suis toujours prêt à laisser la chance au coureur.

Dès les premières notes de Immortal Warfare, on tombe directement dans le deathcore symphonique avec des sonorités très proches de celles de Lorna Shore ou encore Shadow Of Intent, ce qui est loin de me déplaire. Pour un premier album, ça sonne comme une tonne de briques et la production est vraiment impressionnante. Ce qui m’agace souvent avec le deathcore est l’abus de breakdowns et j’ai été vraiment soulagé de voir que ce n’était pas le cas avec cet album et tous les éléments sont judicieusement placés pour donner un résultat efficace. Ce qui m’a surpris, c’est à quel point l’album est vraiment scindé en deux parties. Si la première penche vers le deathcore symphonique, la deuxième y va dans un metalcore assez djenty où s’entremêlent clean vocals et growls et j’imagine que c’était voulu vu le titre de l’album. Dans cette deuxième partie on y retrouve aussi beaucoup de sonorités électroniques qui marchent bien avec le style et qui est typique de ce que certains appellent le “metal moderne”. C’est peut-être un peu moins à mon goût, mais dans l’ensemble ça sonne plutôt bien.

Même si les deux parties de cet album sont bien exécutées, je dois avouer que j’ai eu une nette préférence pour la première. Si Oxymore est considéré comme un album conceptuel, ça fonctionne, et c’est aussi le cas si le groupe le considère un peu comme une carte d’affaire pour démontrer ce dont ils sont capables. Pour ma part, je pense que c’est peut être un pari risqué qui pourrait diviser leur fanbase, mais il est aussi vrai que les fans des deux genres puissent aussi apprécier l’album dans son intégralité.

J’ai été agréablement surpris par ce premier opus de Kheos et je pense qu’avec un produit comme celui-là, ils vont allez très loin. Même si je ne suis pas un fan de la première heure de ces genres musicaux, je suis amplement capable de reconnaître que c’est de la bombe.

8,5/10

Auteur : Maxime Pagé

Incandescence – Hors temps (Critique d'album)

Incandescence est une grosse pointure dans le paysage black metal de Montréal qui roule sa bosse depuis maintenant quinze ans. La formation menée par Philippe Boucher depuis sa création et Louis-Paul Gauvreau depuis 2018 va bientôt sortir Hors temps, son cinquième album. En plus d’avoir une pochette glauque à souhait signée Mitchell Nolte qui a aussi illustré les pochettes de groupe comme Baest et Werewolves, les extraits L’enfer existe et Inexorable détérioration étaient très prometteurs.

Ce que j’aime avec Incandescence, c’est les ambiances malsaines et lourdes qu’on retrouve dans leurs chansons. Vous me direz que c’est souvent comme ça le black metal, mais je trouve que malgré toute la rage et l’agressivité, on y retrouve une certaine mélancolie qui fait la différence. C’est d’ailleurs ce qu’on retrouve dans la première pièce de l’album, Affranchissement, avec une intro ambiante qui est par la suite explosée par les blast beats pour finalement y aller avec une partie plus lente où l’on y trouve la hargne et le désespoir. D’ailleurs, Louis-Paul Gauvreau fait un travail titanesque sur l’album avec un vocal très efficace et bien senti. Ce que je remarque avec Hors temps, c’est que comparé aux albums précédents, les sonorités sont beaucoup plus crues. Pas question ici d’avoir des passes acoustiques ou plus tranquilles, c’est un gros mur de son qui te défonce les oreilles.

Malheureusement pour moi c’est peut-être ce que j’ai le moins apprécié de cet album. Sans vouloir faire trop de comparaison avec ce qui a été sorti auparavant, j’ai trouvé que Hors temps manquait de variété, surtout comparé à l’album précédent Le coeur de l’homme. Hors temps est beaucoup plus agressif et lugubre (ce qui se marie parfaitement avec son artwork) mais, au final, je trouve que ça manque un peu de finesse et de diversité au niveau des compositions. Le fait d’avoir un album “rentre dedans” peut plaire à plusieurs, mais ça a comme conséquence que, en bout de ligne, les chansons manquent de hooks et les chansons finissent par toutes se ressembler. Mais ce qui m’a le plus dérangé lors de mes écoutes c’était surtout la production. J’ai eu l’impression à plusieurs reprises, et surtout pendant les nombreux blast beats que j’ai trouvé un peu trop présents, que le son saturait. En fait le problème est peut-être que le drum est juste trop fort dans le mix et ça enterre un peu tout le reste. C’est dommage car quand le drum n’est pas dans le tapis, tout est bien audible et ça permet d’entendre les autres instruments.

Ce qui est dommage, c’est que j’étais hyped d’entendre du nouveau matériel d’Incandescence et je ne peux pas vous cacher que j’ai été un peu déçu. Si vous chercher du black metal bien hargneux, ça va clairement vous plaire, mais je m’attendais à quelque chose d’un peu plus varié. 

7/10

Tailgunner – Midnight Blitz (Critique d'album)

La formation de heavy metal britannique Tailgunner nous présente son deuxième album intitulé Midnight Blitz qui sortira le 6 février prochain. Ce deuxième opus, en plus d’avoir deux singles très convaincants, a été enregistré et produit par la légende qu’est K.K. Downing (KK’s Priest, ex Judas Priest), ce qui rend le produit final très prometteur.

Je vais le dire d’emblée, ça faisait déjà un bon moment que j’avais délaissé ce genre qui est souvent associé à l’éveil musical métallique de beaucoup de gens. La musique d’Iron Maiden, Judas Priest et autres groupes de la NWOBHM a été dans mes listes d’écoute depuis des années et les nouveaux groupes qui tentent de raviver cette flamme-là sont souvent hit or miss pour moi. Après avoir entendu leur extrait Midnight Blitz, j’ai tout de suite été accroché par les riffs rapides, le vocal haut perché et les gros solos de fou, le tout avec une production de malade. C’est ainsi que je me suis lancé dans l’écoute de cet album tout en essayant de ne pas avoir trop d’attentes.

Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas du genre à crier au génie et je sais tout de même repérer les points de faibles quand il y en a. Je ne passerai pas par quatre chemins : C’est probablement le meilleur album du genre qu’il m’a été donné d’entendre, et ce, depuis des années. Cet album-là est une succession de bangers incroyables que j’ai écouté en boucle pendant une semaine complète. Que ce soit Tears In Rain, Dead Until Dark ou encore Night Raids, tout est tellement catchy que les paroles sont maintenant gravées dans ma tête au point de les fredonner avant d’aller me coucher (et oui ça m’a presque causé de l’insomnie). Ce que j’adore avec Tailgunner, c’est que ça transpire le métal des années 80 mais avec une touche moderne qui donne quand même envie de s’acheter une veste de cuir. Même si tout va à cent milles à l’heure pendant presque toute la durée de l’album, on a quand même un petit moment d’accalmie avec la power ballad War In Heaven qui est très prenante et donne le goût de chanter le refrain en levant le poing vers le ciel. Je n’ai nommé que quelques pièces parmi les dix présentes sur l’album, mais je peux vous assurer que chaque chanson a le potentiel d’être un single.

J’ai l’habitude de finir mes chroniques en mentionnant certains bémols, quelques trucs qui m’ont moins plu, moins accroché, mais force est de constater que j’ai énormément de difficulté à trouver quoi que ce soit à redire sur Midnight Blitz. C’est un album qui va forcément finir dans mon top des meilleurs albums métal de 2026 et, encore mieux, va dans ma liste de mes meilleurs albums de heavy metal de tous les temps.

9,5/10

Auteur : Maxime Pagé

 

Visions Unseen – Echoes Through Time (Critique d'album)

Visions Unseen est un jeune groupe montréalais oeuvrant dans un style musical assez varié que je qualifierais de progressive metalcore/melodeath. Ils nous présentent leur tout premier album intitulé Echoes Through Time avec une belle prochette bien proggy signée Giannis Nakos. Après avoir entendu leur premier extrait Breaking the Illusions, j’avais bien hâte d’entendre la suite et j’espérais aussi que la qualité de composition se poursuive sur le reste de l’album.

Dès les premières notes de Forged In Resolve, ce qui saute aux yeux (ou plutôt aux oreilles) c’est à quel point la production est impeccable. Tout sonne comme une tonne de briques et tous les instruments sont parfaitement audibles. Le vocal de Patrick Goyette se marie à merveille avec le style musical et il fait un excellent travail tout au long de l’album. Ce qui me plaît surtout avec l’album c’est la variété dans les compositions, allait de gros riffs bien carrés avec des breakdowns bien placés à des moments plus planants où s’entremêlent mélodies et orchestrations. Le meilleur exemple pour illustrer cette variété est sans aucun doute leur single Breaking The Illusions qui est en soit une belle carte de visite pour démontrer ce dont le groupe est capable.

En fait j’ai même un peu de difficulté à faire un top des chansons qui m’ont le plus marqué tellement le standard de qualité est maintenu tout au long de l’album. La pesanteur de Edge Of Eternity, les solos de Silent Escape From Deceit et Settling Dust et les mélodies accrocheuses de Nothing Will Remain et de Forged In Resolve, tout est vraiment bien exécuté. Je pourrais dire que la dernière chanson The Final Reckoning s’étire peut-être un peu trop en long et en large, mais ça n’en fait pas une mauvaise pièce pour autant.

Pour un premier album, Visions Unseen a marqué un grand coup avec Echoes Through Time qui a tout pour plaire. On a ici une excellente production avec des compositions vraiment bien ficelées et c’est clair que ça va en faire triper plus d’un.

9/10

Auteur : Maxime Pagé

 

Katatonia – Nightmares As Extensions Of The Waking State (Critique d'album)

Les légendes du métal mélancolique Katatonia sont de retour avec Nightmares As Extensions Of The Waking State, leur treizième album en carrière. Ce nouvel opus est d’ailleurs le premier depuis le départ du guitariste fondateur Anders Nyström qui était déjà absent des tournées depuis un certain temps. Il marque aussi l’arrivée de Nico Elgstrand et de Sebastian Svalland, deux guitaristes avec de belles feuilles de route. Je ne vous le cacherai pas, c’est un des albums que j’attendais le plus cette année et je suis un grand fan de la formation depuis la sortie de The Great Cold Distance en 2006. Après avoir entendu leur premier single Lilac, les attentes de mon côté étaient assez élevées. Est-ce que le reste de l’album sera à la hauteur?

Le tout commence avec Thrice et déjà on plonge dans une ambiance qui me rappelle l’époque de Viva Emptiness et The Great Cold Distance, ce qui est un gros plus en partant. La grosse partie rythmique au milieu de la chanson est un peu inhabituelle pour le groupe mais j’ai tout de même trouver ça intéressant. The Liquid Eye nous transporte rapidement vers les sonorités plus récentes qu’on peut entendre sur leur album précédent Sky Void Of Stars et celle-ci me fait d’ailleurs beaucoup penser à la pièce Birds. En fait, ce nouvel album est un gros mélange de plusieurs période de Katatonia, de la moitié des années 2000 à aujourd’hui. Après l’avoir écouté de long en large, je crois fortement que leur single Lilac est la chanson la plus réussie sur l’album. Elle mélange parfaitement les riffs pesants et la mélancolie et j’y retrouve tout ce que j’aime du groupe. J’ai aussi un petit faible pour Departure Trails et Warden qui sont beaucoup plus calmes que le reste mais qui sont très prenantes.

Malgré tout, je dois pointer l’éléphant dans la pièce, soit le nom de l’album et surtout la pochette. Dans les deux cas, malheureusement, j’ai trouvé que c’était peu inspirant. On a été habitué(e)s à des artworks beaucoup plus travaillés au cours des dernières années et celui-là me laisse franchement indifférent. Mais ce que j’ai le moins apprécié est sans contredit la finale de cet album avec les pièces Efter Solen et In The Event Of. Efter Solen est la plus longue de l’album affichant près de six minutes au compteur et est entièrement en suédois. Le problème est qu’elle ne lève jamais et se perd dans des sonorités électro un peu étranges qui m’ont fait pensé à Distant Satellites d’Anathema mais sans le charme de cette dernière. Pour In The Event Of, j’ai simplement trouvé qu’elle n’avait rien de spécial et n’amenait pas grand chose, ce qui est un peu dommage considérant qu’une dernière chanson d’album ne devrait pas être un pétard mouillé.

Malheureusement, Nightmares As Extensions Of The Waking State m’a laissé un peu sur ma faim et, malgré le fait que plusieurs chansons ont fini par me plaire après plusieurs écoutes, ce n’est vraiment pas l’album le plus mémorable de leur discographie.

7/10

Auteur : Maxime Pagé

Burning The Oppressor – Waking Nightmare (Critique d'album)

La formation montréalaise Burning The Oppressor nous présente son cinquième album intitulé Waking Nightmare. Ça fait plusieurs années que je connais le groupe et j’ai toujours apprécié leur mélange de riffs agressifs et de groove qui te fait shaker de la tête jusqu’à en avoir mal au cou. Sachant que cet album a été mixé par Chris Donaldson de Cryptopsy, ça risque de rentrer au poste en s’il-vous-plaît et disons que les attentes sont assez élevées.

L’intro Eternal Rest est littéralement ce qu’on pourrait appeler le calme avant la tempête car une fois que Slayer Princess commence, c’est une véritable tuerie. Dès le début, on a une avalanche de gros riffs gras, un drum qui te pilonne le cerveau et c’est exactement ce à quoi je m’attendais. Ce qui m’a le plus surpris c’est à quel point le vocal de Kevin Bordeleau a évolué depuis le dernier album. Son range vocal est tellement devenu large qu’en écoutant la pièce Animal je me suis sincèrement demandé s’il y avait un featuring avec un autre chanteur. Ce que je remarque le plus avec Waking Nightmare est un changement au niveau du son du groupe. Si leur album précédent, Damnation, y allait dans le death metal groovy, celui-ci est sur la mince ligne entre le death metal et le hardcore tout en ajoutant une grosse dose de mélodie et, personnellement, je trouve que ça leur va très bien. On entend surtout le côté hardcore dans la chanson Animal et dans les gang shouts de Explode et Slayer Princess et ça ajoute une belle twist à leurs compositions. Ce que j’ai également apprécié est l’habilité du groupe d’aller dans des sonorités plus mellow comme pour les chansons Exhausted et Silence qui sont probablement mes préférées sur l’album.

J’ai beau chercher fort, et j’ai de la difficulté à trouver quelque chose à redire sur Waking Nightmare. Une chose que je pourrais reprocher à cet album et que l’intro Eternal Rest et l’outro The Void sont peut-être un peut superflus et leur côté tranquille ne fitte pas tellement avec le reste. Je trouve également que l’extrait parlé dans Slayer Princess ne sert pas à grand chose, surtout qu’on ne comprend pas vraiment ce qui est dit.

Je pense sérieusement que Waking Nightmare est le meilleure album de Burning The Oppressor jusqu’à maintenant. On a ici un mélange de tout ce que j’apprécie dans le genre en plus d’avoir une production béton. Si vous êtes déjà fan du groupe, vous allez tripper solide!

8,5/10

Auteur : Maxime Pagé

 

Warbringer – Wrath And Ruin (Critique d'album)

Parmi les groupes de la nouvelle vague de thrash metal américain inspiré des années 80, Warbringer est sans aucune doute mon préféré. Leurs compositions pleines de hargne aux thématiques dystopiques et militaires en mettent plein la gueule et chaque album est une avalanche de riffs rapides et cinglants. Ils sortiront d’ailleurs un tout nouvel album vendredi prochain qui s’intitule Wrath And Ruin, leur septième album en carrière. Peut-on s’attendre au même niveau de qualité que pour les albums précédents? À des riffs qui mitraillent et des beats explosifs, ou à un pétard mouillé?

Le tout commence avec The Sword And The Cross qui, en plus de contenir tous les éléments que j’aime du groupe, est très variée au niveau de la rythmique. Le chanteur John Kevill y va encore une fois avec un vocal hargneux avec ses cris haut perchés très old school que j’apprécie beaucoup. Comme pour Weapons Of Tomorrow, Wrath And Ruin contient des chansons beaucoup plus longues se rapprochant même parfois du sept minutes au compteur même si on a plusieurs pièces plus straight to the point comme The Jackhammer et Strike From The Sky. Ces deux dernières sont d’ailleurs parmi mes favorites car même si je peux apprécier des pièces thrash plus longues, rien de mieux qu’un paquet de riffs envoyés directement dans ta face. Parlant de chansons plus longues, les deux dernières (Cage Of Air et The Last Of My Kind) marquent aussi un grand coup par la qualité de leur composition et c’est toujours agréable de voir le groupe expérimenter avec la guitare acoustique et les orchestrations.

Je vais être 100% honnête avec vous, quand j’ai vu l’artwork pour Wrath And Ruin, je ne l’ai pas trouvé particulièrement inspirant, même s’il n’est pas moche pour autant. Warbringer peuvent se targuer de toujours avoir eu des pochettes d’exception, sauf pour IV : Empires Collapse qui était très minimaliste. C’est juste dommage que celle-ci n’évoque rien de particulier pour moi alors que celles des deux derniers albums étaient incroyables. Malheureusement, ce n’est pas le seul détail qui accroche de mon côté. Si vous me demandez quelles sont mes chansons préférées de Warbringer, je peux vous en sortir plusieurs en quelques secondes, allant de Combat Shock à Remain Violent en passant par Living Weapon et Living In A Whirlwind. Le gros problème avec Wrath And Ruin, c’est que ça manque de moments mémorables. Je n’ai pas eu d’effet wow avec l’album et, même si je sais quelles chansons j’ai préférées, elles ne m’ont pas marqué outre mesure. Finalement, je mentionnais le côté hargneux que je retrouvais dans leur musique tout au long de leur carrière, et j’ai trouvé que ça manquait un peu de pep de ce côté-là. Même leur thématique militaire qui est un trademark du groupe est beaucoup plus en retrait, ce que je trouve dommage.

Je ne vous cacherai pas que j’ai été quelque peu déçu de mon expérience avec Wrath And Ruin. Sans être un mauvais album de thrash, ça manque du côté catchy qui rendait les chansons de Warbringer mémorables. Je vais peut-être y redonner une chance prochainement, mais à part quelques pièces qui pour moi sortent un peu plus du lot, je ne pense pas que l’album entre dans ma rotation. 

7,5/10

Auteur : Maxime Pagé

Alyksir – Devourer (Critique d'album)

La formation montréalaise Alyksir nous offre son tout premier album intitulé Devourer. Le groupe existant depuis déjà quelques années, il était grand temps qu’ils sortent leur premier opus qui est à mi-chemin entre le melodeath et le meloblack avec une touche d’éléments symphoniques. Est-ce que l’attente en aura valu la peine?

Dès les premières notes de la chanson The Void, on se rend vite compte que la production est très organique (voire un peu crue) mais ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Musicalement, le tout est bien exécuté et les compositions sont catchy. On y retrouve plein de sonorités communes au genre sans pour autant donner l’impression que c’est du réchauffé. En plus des gros riffs, j’ai bien apprécié les parties de guitare plus clean dans les pièces Lifestream et My Inception qui sont probablement mes préférées sur cet album. Du côté du vocal, c’est plutôt bien fait et, dans l’ensemble, c’est convaincant.

Je dois par contre ajouter un gros bémol qui a quelque peu gâché mon expérience. À plusieurs reprises, le vocal devient très criard et ça ressemble un peu trop à un mélange de Billy Talent et Kreator. Je pourrais dire qu’après un certain moment j’ai fini par m’habituer, mais je pense sérieusement que c’est le maillon faible sur cet album. C’est dommage, car même si j’apprécie beaucoup la chanson Disdain, ce vocal criard prend toute la place dans le refrain. J’ai aussi remarqué une chose étrange avec le mixing de l’album : Il n’y a aucune transition entre les chansons. Je veux dire qu’après chaque pièce, ça coupe très sec, on a une pause et l’autre pièce commence. C’est peut-être fait volontairement, mais avoir toujours deux ou trois secondes de vide au début des chansons, je trouve ça bizarre.

Malgré tout, je crois que Devourer est un bon début pour Alyksir. Il est certain que ça ne réinvente pas la roue, mais ça reste tout de même un album agréable à l’écoute, si on oublie le vocal un peu trop haut perché.

7/10

Auteur : Maxime Pagé

Grima – Nightside (Critique d'album)

Après avoir acquis une belle notoriété au cours des dernières années, la formation russe Grima débarque avec un tout nouvel album intitulé Nightside au artwork tout simplement sublime signé Paolo Girardi. Les figures énigmatiques aux masques de bois ont l’habitude de nous offrir un black metal atmosphérique de qualité comme eux seuls savent le faire. Est-ce que ce nouvel opus entrera également dans cette catégorie?

après une brève intro où le son de l’accordéon règne, on tombe sur Beyond The Dark Horizon qui donne le ton pour le reste de l’album. On a ici une production très soignée et loin des sonorités lo-fi typiques pour le genre. Le son et les ambiances nous englobent et permettent de nous laisser errer au gré des atmosphères sombres et glaciales. J’avais un peu peur que les sons d’accordéon soient surutilisés et que ça devienne lassant, mais tout est très bien balancé. L’album est une succession de mélodies prenantes et je dois avouer avoir un faible pour Flight Of The Silver Storm, Nightside et Impending Death Premonition. Entre les blast beats, les riffs et les passes acoustiques, j’y trouve une certaine quiétude. En fait, je vais faire un rapprochement quelque peu improbable, mais avec Nightside, Grima me donne l’impression d’être devenu le penchant hivernal d’Agalloch. Si la musique d’Agalloch m’a toujours évoqué le gris de l’automne, Grima me donne la même impression musicalement mais avec des images de plaines et de forêts enneigées. Ça faisait un bon moment qu’un album de black metal atmosphérique n’était pas venu me chercher à ce point.

J’ai beau essayer de trouver quelque chose à redire de cet album, mais force est de constater que c’est assez difficile. Je pourrais dire par contre que la première pièce de l’album, Beyond The Dark Horizon, est peut-être une faible entrée en matière si on la compare au reste. Et encore là, elle est loin d’être mauvaise. Le petit d’accordéon à la fin de Skull Gatherers est aussi quelque peu superflu à mon avis et je pense qu’il aurait été mieux de l’enlever.

Je sais qu’on est encore tôt dans l’année, mais jusqu’à maintenant Nightside de Grima est sans aucun doute mon album de black atmosphérique de 2025. J’ai adoré mon expérience avec leurs compositions aux ambiances exceptionnelles et j’ai déjà hâte de m’y replonger.

9/10

Auteur : Maxime Pagé

Ulfhednar – Tales Ov Aeons Past (Critique d'album)

Ulfhednar est un nom qui circule énormément depuis quelques temps et ce n’est pas pour rien. La jeune formation montréalaise en a surpris plusieurs avec son premier EP Wolves Ov Vinland sorti en 2021 et son métal païen bien exécuté. Ils nous reviennent gonflés à bloc cette année avec un premier album intitulé Tales Ov Aeons Past où s’entremêlent mélodies et sagas épiques. Mais la vraie question à se poser : Comment ça sonne?

À leurs débuts, j’avais comparé le son d’Ulfhednar à celui de Heidevolk…et on est loin de ça avec le nouvel album. C’est sous le signe du death mélodique que débute l’album avec Fear The Draugr et Sang sur la neige qui me donne une vibe un peu à la Amon Amarth. La production est superbe et tous les instruments sont bien audibles. Avec Tales Ov Aeons Past, le groupe nous démontre ce qu’il est capable de faire en passant par les gros riffs agressifs, les mélodies acoustiques bien senties et des orchestrations qui sont vraiment bien ficelées. Leur single Allfather’s War est une belle taloche en pleine face avec de bons riffs accrocheurs et une belle variété au niveau du vocal. Mais je crois que celle qui gagne la palme est Odysseum Tryggvason où ils y vont à fond dans un folk metal vraiment convaincant et, honnêtement, je pense que c’est ce qu’ils font de mieux.

Je dois malheureusement pointer l’éléphant dans la pièce qu’est la chanson Fear The Draugr qui est, à mon avis, la moins réussie sur l’album. Cette chanson de plus de huit minutes s’étend en long et en large et ne lève jamais vraiment, ce qui est dommage. Il y a plein de bonnes idées côté arrangements et côté ambiances, mais quand tu étires trop la sauce, ça finit par tomber un peu à plat. Si Tales Ov Aeons Past a la prétention d’être une carte de visite du groupe pour montrer son talent et sa créativité, c’est réussi, mais comme album ça manque un peu de cohésion et d’une ligne directrice précise. 

Outre ces détails, j’ai passé un bon moment avec Tales Ov Aeons Past et je suis convaincu qu’Ulfhednar ira très loin vu son grand talent. Si vous aimez le métal païen qui donne envie de se battre et/ou de boire (dans l’ordre que vous voudrez), essayez ça!

7.5/10

Auteur : Maxime Pagé

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