Le 22 octobre dernier, le Grizzly Fuzz de Québec accueillait The Carringtons, venus défendre leur nouvel album The Reunion, paru le 2 octobre. Une soirée qui promettait une belle dose de rock, mais qui s’est révélée bien plus explosive que prévu. Avec MoonDoggy en première partie, le public a eu droit à deux univers musicaux distincts, mais tout aussi intéressants.

The Carringtons : du rock qui prend une tout autre dimension sur scène

The Carringtons étaient de passage au Grizzly Fuzz le 22 octobre dernier, quelques semaines après la sortie de leur nouvel album The Reunion. Le groupe ne m’était pas inconnu puisque plusieurs de ses chansons figuraient déjà dans mes favoris Spotify, notamment Romance et Obsession (The Reunion, 2026), Walking Dead (Deep Underground, 2014) ou encore Stories (Stories / Paralyzed, 2025).

J’avais également eu l’occasion d’écouter leur dernier opus(merci Alex), et j’étais particulièrement curieuse de découvrir ce que le groupe pouvait proposer sur scène.

À l’écoute de The Reunion, j’avais apprécié les compositions, les guitares nerveuses et cette identité rock britannique qui m’avait notamment rappelé The Struts. Un album qui m’avait séduite par ses mélodies, mais aussi par cette impression de suivre, au fil des morceaux, les différentes étapes d’une relation amoureuse, entre passion, obsession et désillusion.

Sur scène, The Carringtons dévoilent une facette beaucoup plus brute et électrique de leur musique. Et je dois avouer que je ne m’attendais absolument pas à une telle énergie ! Là où l’album laisse davantage de place aux nuances et aux atmosphères, le spectacle nous entraîne dans un mélange particulièrement efficace d’indie rock et de punk rock.

Les guitares mordent et l’ensemble dégage une énergie franchement contagieuse. On retrouve cette sensibilité mélodique qui fait le charme de leurs compositions.

C’est justement ce contraste qui m’a le plus frappée. The Carringtons ne se contentent pas de reproduire leurs morceaux en version amplifiée. Leur musique semble prendre une nouvelle dimension plus incisive, avec ce petit côté punk qui vient bousculer l’ensemble.

Et franchement, quelle belle surprise !

Ce que j’apprécie particulièrement dans ce genre de soirée, c’est de découvrir un groupe sous un angle différent. On pense connaître son univers après plusieurs écoutes, puis on assiste à une prestation qui change complètement notre perception de sa musique.

The Carringtons font partie de ces groupes dont les compositions gagnent à être découvertes sur scène. Leur rock possède suffisamment de mélodies pour séduire les amateurs d’indie, mais aussi cette fougue qui devrait plaire à ceux qui aiment les prestations plus musclées.

La prestation m’a d’ailleurs suffisamment convaincue pour que je reparte avec deux vinyles : The Reunion et Deep Underground. Une excellente occasion de prolonger la découverte à la maison !

MoonDoggy : une découverte musicale aux allures de cinéma

Avant cette décharge de rock, c’est MoonDoggy qui avait la responsabilité d’ouvrir la soirée. Et là encore, très belle découverte.

Dès le début, leur univers musical m’a interpellée. Il y a quelque chose de profondément cinématographique dans leur façon de construire les ambiances. Une musique qui ne se contente pas d’être écoutée.

C’est le genre de sonorités qui fait immédiatement travailler l’imagination. On ferme les yeux et les images apparaissent presque naturellement, comme si chaque morceau pouvait accompagner une scène de film.

J’aime particulièrement cette sensation de me laisser embarquer par une composition sans chercher à savoir où elle va me conduire. Avec MoonDoggy, c’est exactement ce que j’ai ressenti.

Leur musique possède cette capacité à installer une atmosphère et à nous y maintenir, sans avoir besoin d’en faire trop. On se laisse porter et on est envahi par cette impression de voyager à travers différentes émotions.

Une approche musicale qui contraste avec l’énergie plus directe de The Carringtons, mais qui fonctionne merveilleusement bien dans le cadre de cette soirée.

C’est aussi ce qui fait tout l’intérêt des premières parties. On vient parfois pour un groupe que l’on connaît déjà et l’on repart avec un autre nom à ajouter à sa liste de découvertes.

MoonDoggy fait désormais partie de la mienne.

Une soirée riche en découvertes

Cette soirée du 22 octobre aura également été l’occasion de découvrir le Grizzly Fuzz, une salle où je n’avais encore jamais mis les pieds. Et franchement, j’ai beaucoup aimé l’endroit !

La salle est petite, mais l’ambiance est bien présente. Cette proximité entre les artistes et le public apporte quelque chose de particulier aux prestations. On est au cœur du spectacle, à quelques pas des musiciens, et cette configuration rend l’expérience beaucoup plus directe et conviviale.

The Carringtons m’avaient déjà convaincue sur album. Sur scène, ils ont réussi à me bluffer. Quant à MoonDoggy, leur musique m’a donné une excellente raison de poursuivre la découverte.

Je suis donc repartie avec deux vinyles, un nouveau groupe à suivre et une salle où j’aurai certainement plaisir à retourner.

Pas mal pour une seule soirée !

Auteure et photographe : Sandra Esteves