Il y a des jours où, dès les premières minutes, on sent que quelque chose est différent. Ce vendredi, première journée d’Osheaga, cette impression m’a frappée presque instantanément : bien que nous étions presque 45,000 festivaliers, ce n’était pas sold out. Et franchement, hallelujah. Après plusieurs années de foule compacte, de déplacements laborieux entre les scènes, de chaleur humaine (dans tous les sens du terme), c’était presque irréel – et incroyablement rafraîchissant – d’avoir de l’espace pour respirer, danser, juste être. La musique vivait dans l’air et pas seulement dans les écouteurs.

Mon vendredi a commencé sur une fausse note: j’ai littéralement mis les pieds sur le site pour la dernière chanson de Damiano David, le leader de Måneskin en solo. Il avait l’air magnétique, charismatique, le genre de présence qui attire même les festivaliers distraits vers la scène. Bon coup : on le recroisera au MTELUS le 4 décembre prochain!

Heureusement, j’étais parfaitement à l’heure pour Finneas. On le connaît surtout comme le frère de Billie Eilish, mais son set nous a rappelé qu’il est un artiste à part entière. Une belle découverte pour moi, tout en humilité, subtilité, en textures. Et puis, cette finale avec For Cryin’ Out Loud… c’était doux, c’était puissant, c’était juste ce qu’il fallait.

Changement d’ambiance en me dirigeant vers la scène de la Forêt pour Artemas – merci TikTok pour ces découvertes virales. Un début un peu lent malgré son style habituellement plus rythmé, mais après If You Think I’m Pretty, on a senti un shift d’énergie. Dommage que ce soit arrivé si tard : seulement deux chansons vraiment électrisantes avant qu’il conclue avec I Like the Way You Kiss Me.

Petit sprint ensuite vers les scènes principales pour attraper les 15 dernières minutes de Glass Animals. La foule était en feu (hehe) pour Heatwave. Et Dave Bayley? Émotif, reconnaissant. On l’a senti touché par l’accueil montréalais. Faut le dire : ici, on sait recevoir nos artistes.

Puis vint The Killers, tête d’affiche du jour. Pour les avoir vu en 2009 au Centre Bell pour la tournée Day & Age (cette information confidentielle ne me rajeunis pas…) ça reste un band mémorable pour des classiques de…2004! Et pourtant… Mr. Brightside, pour les premières notes de leur set, la foule explose. On chante. Fort. Très fort. Et puis il y a eu Smile Like You Mean It, When You Were Young, Read My Mind, magnifiée par une apparition surprise de Lucy Dacus. Un vrai moment de grâce. Brandon Flowers a arrêté la prestation à deux reprises alors qu’il voyait qu’une intervention était nécessaire dans la foule, un geste empreint d’empathie et de classe. La musique reprenait ensuite comme si elle n’avait jamais arrêté et le party continuait! All the Things That I’ve Done (mon Dieu, ce refrain!) a conclus cette prestation nostalgique. I got soul, but I’m not a solider, I got soul, but I’m not a solider…

Je me dois de verser une larme virtuelle pour deux sets que j’ai manqués : Barry Can’t Swim et Doechii. Deux artistes que je tenais à voir, mais entre les horaires qui se chevauchent et les déplacements d’un bout à l’autre du parc, il a fallu faire des sacrifices. J’ai vu des extraits sur les réseaux – l’énergie y était, les foules compactes – et oui, je m’en mords encore les doigts. Osheaga, c’est aussi faire des choix déchirants.

Journaliste: Laurie Goudreau

Crédit photo: Chris Phelps, Tim Snow, Production Novak (Photo de Presse Osheaga)