Angine de Poitrine

Angine de Poitrine était une agréable rumeur qui circulait au jour 1 d’OSHEAGA et qui s’est confirmée le lendemain, alors que le festival présentait sur ses réseaux sociaux l’identité du fameux « artiste mystère ». C’est ainsi qu’on débarque à 16h sur le site et qu’on se dirige vers la scène principale pour assister à la prestation du groupe saguenéen.

On a profité de la richesse musicale du duo, en plus de contempler les animations adaptées à la gigantesque scène, qui nous offraient leur plus beau design de « pois » blancs et noirs. Fait assez cocasse, Klek, le batteur de la formation, ne peut facilement accéder à l’eau de sa bouteille et nous a présenté sa manière de s’hydrater, via une paille ultra longue et un peu tordue. Une fois sa gorgée rassasiée, celui-ci fait un signe que tout va bien à la foule, on l’applaudit en retour et la musique reprend de plus belle.

Entre les sonorités psychédéliques de leur math-rock ingénieux et les animations de pop art et de pois, on se sent flotter avec le band. La foule a plutôt bien embarqué dans le mouvement : on voyait beaucoup de signes de triangles faits avec les mains des spectateurs, devant et autour de nous. On se retrouvait toutefois dans une foule très disparate, la moitié étant des jeunes adolescentes habillées en imprimés léopard (des fans de Tate McRae) et l’autre moitié étant des hommes avec des T-Shirts noirs, certains à l’effigie de Angine de Poitrine.

On a adoré que le groupe québécois se taille une place sur la plus grosse scène du festival. Toutefois, son spectacle aurait davantage fait vibrer la foule si les jeux de lumières étaient plus visibles et que la prestation n’avait pas lieu en milieu d’après-midi.

SOMBR

Quelle entrée remarquée pour l’artiste sombr ! Du haut de ses 21 ans, sombr agit comme une réelle rockstar. Celui-ci débarque à l’arrière-scène dans une voiture coupé noir, un gigantesque aperol spritz en main, reconduit par nul autre que Malcom Todd. Dès que sombr débarque du bolide, il fait signe à la caméra de faire du bruit et la foule s’exécute sans plus attendre. L’artiste continue d’être filmé durant son parcours en coulisses et à un moment, il en profite pour faire des pompes, vêtu de son complet avec cravate et ses lunettes de soleil, alors qu’il est 20h… Très rockstar !

Lorsqu’il prend la scène d’assaut, il donne le ton avec we never dated et chante avec une intensité marquée. Il enchaîne avec i wish i knew how to quit you et under the mat, dans une version un peu plus rock que celle sur l’album I Barely Know Her (2025). Le chanteur enlève ses lunettes fumées lors de perfume et la caméra capte des plans très rapprochés de son visage, nous dévoilant le khôl noir qui souligne ses yeux, amplifiant l’émotion dramatique de sa prestation.

Il nous fait un peu penser à Freddie Mercury alors qu’il réalise avec intensité toutes les notes les plus hautes de sa discographie. Avant de poursuivre avec come closer, sombr se met à boire du vin à même la bouteille, sans aucune gêne, et avant le refrain, il s’adresse à nous : « On the count of three, I want everybody to jump ! ». Un décompte se révèle sur l’écran géant et au bout de celui-ci, les mots « Jump Fucking Losers » apparaissent. Toute la foule saute et crie les paroles « come closer or stay away, i can’t take loving you halfway ».

Il interprète ensuite Homewrecker à la guitare, un de ses plus récents single et tout le monde chante en communion : le parterre est un gros party dansant et on s’en donne à coeur joie ! Alors que l’artiste nous confie que c’est sa première visite à Montréal, que c’est « a pretty good first show here », il joue son plus récent succès My Body Isn’t Ready. Durant cette piste, c’est avec un pincement au cœur qu’on quitte le beau sombr, car Turnstile commence son concert dans quelques minutes.  

Turnstile

C’est après une course effrénée pour se rendre à la scène la plus éloignée du site qu’on attrape la fin de la prestation de Franz Ferdinand. Ravi de savoir que Turnstile n’a pas débuté, on se taille une place de choix au milieu de la foule. Le groupe ouvre avec NEVER ENOUGH, pièce titre de leur album paru en 2025. Le groupe nous avoue que ceci est un concert majeur comparé à son premier passage à Montréal en 2013, alors qu’il performait dans un petit loft underground improvisé scène d’un soir. Turnstile avait également participé à OSHEAGA en 2022, jouant pratiquement à l’ouverture du site, ce qui est loin de rivaliser avec sa performance actuelle à l’heure des têtes d’affiche !

Le groupe performe majoritairement des titres des deux derniers opus, tels que I CARE, ENDLESS, DON’T PLAY, T.L.C. (TURNSTILE LOVE CONNECTION) et réserve deux plus vieilles pièces en milieu de spectacle, soit Drop et I Don’t Wanna Be Blind. Lors de SOLE, le chanteur Brendan Yates demande au spectateur de former un circle pit et il le rejoint, amplifiant le mouvement de la foule. Vous l’aurez peut-être compris, Turnstile n’est pas le genre de groupe qui se pense au-dessus de son public, au contraire : le groupe et les fans ne font qu’un.

Assister à un concert de Turnstile, ça donne le sentiment d’appartenir à une famille bienveillante. Ce n’est pas pour rien que le branding du groupe s’intitule Turnstile love connection, car il tient à mettre ses fans de l’avant. En effet, Turnstile ne fait pas usage d’animations à l’écran et préfère mettre en lumière les spectateurs à l’aide d’une caméra épaule qui se déplace dans la foule pendant l’entièreté du spectacle… et on sait bien qu’il n’y a rien d’équivalent à la possibilité d’avoir un aperçu de soi sur un écran géant pour redoubler d’intensité ! À un moment, ça crie très fort, car sur l’écran on aperçoit deux filles qui se frenchent à pleine bouche, ainsi que les visages des garçons estomaqués autour d’elles. Par moment, on y voit aussi des personnes plus âgées, mais aussi des enfants et la foule crie particulièrement fort pour célébrer la présence de ces personnes.

Turnstile nous livre en fin de perfo HOLIDAY et LOOK OUT FOR ME, avant de s’éclipser de scène. En guise de rappel, on est bien servi avec trois des chansons les plus entraînantes du groupe : MYSTERY, BLACKOUT et BIRDS. L’appel était trop fort et la foule trop merveilleuse pour manquer cette occasion : on se lance dans le pit et on passe une fabuleuse fin de spectacle à crier, taper des mains, sauter et se bousculer. Si c’était à refaire, on y retournerait pendant davantage de chansons !

Tate McRae

Direction la scène principale pour le spectacle de Tate McRae qui bat déjà son plein. En marchant, on aperçoit des feux d’artifice au loin, ce qui annonce le début de sa prestation. On constate sans surprise que la foule est immense et très dense, mais on réussit à se faufiler à travers celle-ci durant TIT FOR TAT, l’une des meilleures pistes à notre avis sur la version deluxe de SO CLOSE TO WHAT??? (2025). La calgarienne adresse à la foule qu’il est bon de performer à nouveau chez elle et nous complimente en avouant que Montréal est toujours la meilleure des foules, puis entame Purple lace bra.

Tate nous précise qu’on a droit à une primeur, puisque la prochaine chanson n’a jamais été jouée devant public ! Elle performe ainsi l’excellente ANYTHING BUT LOVE, durant laquelle elle se concentre sur ses vocalises et relègue en second plan la danse, ce qui est généralement rare dans ses prestations. On sent que la chanson a une grande importance pour elle.

La pop star habite bien l’espace sur scène. Elle danse très sensuellement sur son petit catwalk durant Like i do et Dear god. Tate descend à l’avant-scène saluer les fans à la barricade lors de siren sounds (bonus), puis remonte se positionner dans son décor à l’effigie de colonnes grecques afin de performer un mashup de HORSESHOE et feel like shit, un beau parallèle entre la plus récente et l’une de ses plus anciennes chansons.

Nous sommes ravis lorsqu’elle interprète cut my hair en version rock avec des flammes qui surgissent de partout, d’abord parce qu’on aime son côté rockeuse, et ensuite parce que cette chanson fut oubliée lors de son dernier passage à Montréal en août 2025. Ensuite, Tate sort de scène et pendant ce temps, on a droit à des animations jamais vues et à de nouveaux sons ! En se rappelant que des affiches posés à Montréal une semaine avant sa prestation – qui affichait déjà complet 3 semaines avant l’événement – présentaient une nouvelle esthétique de Tate, notamment sa nouvelle chevelure blonde tirant sur des reflets dorés, et qu’on additionne ceci à la présence de son nouveau micro couleur or, en plus des animations et jeux de lumière dans les mêmes tons, on comprend que Tate nous dévoile ce soir l’esthétique de sa nouvelle ère musicale.

De retour sur scène, Tate nous rappelle qu’elle a commencé sa carrière à 14 ans. Elle précise que la prochaine chanson a été écrite du haut de ses 16 ans – il s’agit de son succès viral you broke me first. Tous et toutes l’accompagnent au chant, puis, la chanson se mue naturellement en run for the hills. L’artiste enchaîne les hits et les solos de danse, notamment pour Revolving door, It’s ok i’m ok et Greedy.

Pour la grande finale, Tate nous propose une version étendue de Sports car, créée spécifiquement pour son iconique performance aux VMAs de 2025. Durant près d’une minute, des feux d’artifices dorés se succèdent au-dessus de la scène, alors que Tate nous en met plein la vue avec sa danse. La chanteuse termine sa prestation en s’immergeant dans un bain de peinture dorée et en ressort pour prendre une pose rappelant celle d’une statue de l’antiquité grecque (et c’est franchement magnifique). Si on avait un doute que la nouvelle ère musicale et l’album quatre sont près d’être dévoilés, après cette exquise performance, les rumeurs sont confirmées et on est plus qu’impatients de plonger avec elle dans cette nouvelle ère !

Journaliste: Laurence Daoust

Photographe: Alisson Nilsson

Crédit photo: Photo de presse Osheaga sans logo (Tim Snow + Benoit Rousseau)