NOFX, nouvel an @ Olympia (Montréal)

31 décembre 2012 – Le 31 décembre, un peu plus de 1000 punkers ont choisi de fêter différemment le passage à la nouvelle année. Au lieu de passer la soirée rivetés à la télé ou à danser sur des airs louches dans un club, ils se sont donnés rendez-vous à l’Olympia de Montréal. Le célèbre groupe NOFX, en compagnie de The BCASA, The Creepshow et Snuff, y a tenu la veillée du Jour de l’An la plus déjantée. Un peu grippée, Myriam, chroniqueuse invitée chez Thorium Photography, s’est faufilée jusqu’à l’avant-scène pour assister à cet évènement unique et légendaire (n’en déplaise aux habitués du Pirahna Bar).
À 21h tapante, le trio The BCASA (pour Bill Cosby Anarchist Society of America) a fait retentir ses instruments devant une foule peu nombreuse, probablement en train de prendre un coup dans un des bars du coin. Le groupe de Montréal, qu’on a aussi vu en première partie de Nashville Pussy au printemps passé, a étalé ses pièces sur la pop-culture du web et jeux vidéo, avec un fétiche pour Street Fighter (turbo, svp). Les influences des Ramones et des Dead Kennedys se font entendre dans leur musique, livrée avec beaucoup d’assurance… et un brin de folie.
La nouvelle mouture de The Creepshow a suivi The BCASA au bout d’une vingtaine de minutes. La formation de Burlington, près de Toronto, livre un psychobilly correct, fortement accentué par la présence de la sulfureuse mais menue chanteuse Kenda “Twisted” Legaspi. À plusieurs reprises, elle s’est aventurée près des spectateurs : les plus éméchés ne se d’ailleurs sont pas gênés pour lui toucher les fesses et autres endroits interdits.
C’est à l’arrivée des Britanniques de Snuff que les choses se sont gâtées… Dire que le parterre s’est embrasé un euphémisme. Votre humble chroniqueuse a passé près de fusionner avec la barrière à l’avant-scène pendant cette prestation explosive. Avec sa configuration éclectique de musiciens (un chanteur/batteur avec un bon français, un claviériste et un tromboniste, en plus du bassiste et du guitariste), Snuff a joué ses succès qui apparaissent sur une panoplie de compilations.
Affublé de costumes plutôt déroutants, NOFX s’est présenté sur la scène de l’Olympia une dizaine de minutes avant le passage au Nouvel An. Tandis qu’Eric Melvin et Erik Sandin ont gardé une bonne part de leur masculinité, Fat Mike était méconnaissable : perruque, robe, corset et bottes à talons haut en latex, une tonne de maquillage… un vrai drag queen! Heureusement, tous ont conservé leurs sous-vêtements.
Fat Mike, le maître de cérémonie El Hefe et compagnie ont beaucoup puisé dans leur répertoire des années 90. Une époque où la majorité des spectateurs portaient encore des couches ou n’avaient tout simplement pas été conçus. The Brews, Stickin’ In My Eyes ou Eat The Meek ont fait place à des pièces plus récentes, ainsi qu’à quelques morceaux de l’excellent album Ribbed (1991). Arrêt au Québec oblige, le public montréalais a eu droit à la reprise dijonctée des Champs Élysées de Joe Dassin.
Un exceptionnel concert donc, qui a valu plus que tous les Bye-Bye et autres revues de l’année. À 60$ le billet, les attentes étaient hautes… et ont été comblées.
Auteur & Photographe : Myriam Francoeur
Pour en savoir plus : NOFX
