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05 Novembre 2013 – Le rideau se lève sur une sorte de dandy à la voix presque rauque et Camille Bazbaz nous apparait vêtu d’un costard et la tête coiffée d’un chapeau feutré. Accompagné de son piano, il nous interprète quelques chansons d’amour à texte malgré quelques rimes et jeux de mots plutôt faciles. Puis vient l’attente, pendant une bonne demi heure le public hèle son artiste, s’agite, applaudit, le spectacle est précédé d’une introduction sur les clowns sans frontière, la voix douce de Matthieu Chedid nous renseigne sur les engagements de l’association qui a pour but de faire sourire les enfants à travers le monde. Cause on ne peut plus louable.

Le public semble s’être suffisamment échauffé à en croire les hurlements lorsque que le rideau tombe enfin. C’est au son de Elle que l’on découvre une scène plongée dans le noir avec un seul faisceau lumineux dirigé sur le chanteur qui scintille agréablement grâce à son costume extravagant recouvert de paillettes rouges. Le calme ne règnera pas longtemps, un accord de guitare et c’est parti, M se transforme en zébulon et la foule se soulève. On y est ! Un excellent jeu de lumière très rythmé accompagne les mouvements du trio incendiaire, comme M le dit lui même ” Il faut qu’on enflamme ce lieu, on va apprendre à se connaitre, il y a un potentiel énorme !” et nous voici tous convié au Baptême !

Excellent chauffeur de salle, M et sa troupe sont comme possédés par leur musique, et le public est envouté par l’énergie incroyable qu’ils envoient. Une flopée de mains en l’air forment des petits cœurs qui se découpent sur l’éclairage rouge de la salle durant Onde sensuelle. Danseur indigène, scène transformable, lunettes géantes rétro-éclairées, des enfants qui dansent sur la scène, écran projetant tour à tour des images en accord avec les morceaux joués, guitare volante, le show est à son apogée ! L’expression bête de scène prend ici tout son sens !

Le titre Océan emporte le public et une lumière bleu caresse littéralement la salle noire de monde, et de sa voix suave Matthieu nous fait partir …loin pour mieux nous ramener à lui. Une tranchée se dessine alors à travers la foule et on voit s’avancer une mini-scène, comme un îlot perdue au milieu de la mer. Le chanteur empoigne sa guitare et interprète avec fièvre son célèbre titre Qui de nous deux issu de son 3ème album. Profitant de cette proximité peu ordinaire avec son public, l’artiste invite Camille Bazbaz à le rejoindre pour une petit improvisation. Avant de rejoindre la grande scène, il nous “salue” sur la bonne étoile alors que de petites lumières naissent aux quatre coins de la salle. C’est à ce moment là qu’il nous offre une présentation en bonne et due forme de ses musiciens qui interprètent des extraits de morceaux très connus tels que Black or white de M.Jackson ou bien Jump around de Cypress Hill. 

En plus d’être un artiste hors pair, M est aussi profondément humain et il nous le prouve encore une fois en offrant un hommage à sa grand mère Andrée Chedid, sur le titre  Je dis aime, il nous fait même le plaisir d’une performance d’accords joués avec ses dents ! Maintenant que le public est conquis il est temps de jouer un peu, et c’est sur le titre entrainant Mama sam qu’il nous propose une petit chorégraphie ou il faut, je cite ” Lever son cul“. Tour à tour sur scène, dans la foule, porté par les bras de son public, perché sur une paire de lunettes géantes qui surplombent la scène, il occupe tout l’espace! Il nous offre un show psychédélique, rock et bien sûr c’est l’amour qui l’emporte avec le dernier morceaux Baia dédicacé à sa mère Marianne Chedid sur lequel les voix de ses fans se mêlent à la sienne. Il n’y a aucun doute, M ne fait pas monter la pression, il fait monter le plaisir !

En guise de rappel et d’au revoir après plus de 2 heures de show, le trio remonte sur scène pour partager un dernier moment avec nous, au son de Mojo (le titre phare du dernier album joliment nommé îl) une chorégraphie ou chacun semble laisser son corps s’exprimer. Un pur moment de bonheur.

Auteur : Ottavia Marangoni

Photographe : Antony Chardon

Équipement utilisé: 5D Mark III (Canon), 24-70 L USM, 70-200 L USM