Le Club Soda est bien rempli ce samedi soir et une bonne partie de la salle est venue avec un seul album en tête, parfois meme une seule chanson. C’est le pari de la soirée, et K Maro le joue honnêtement : vingt ans de carrière, il ouvre sur Whiskey on Ice dans un nouvel arrangement, enchaîne Rêver mieux, Imagine, Sin City, et laisse les tubes pour la fin. Entre les blocs, il parle: de son parcours, de ce qu’il a fait après 2004, de ce qui a changé. Les morceaux plus récents et plus personnels, Magnolia, Cœur pyromane, Devoir de mémoire, Chambre 117, tiennent très bien la scène : écriture directe, voix moins lissée qu’à l’époque, groupe solide. Le public écoute, attentif, visiblement curieux de découvrir un artiste qu’il croyait connaître. Mais la folie dansante que l’audience attend n’est pas encore au rendez vous.

Puis la dernière ligne droite fait basculer la salle. Génération 80, Crazy, et surtout Histoire de luv’ ,le titre avec lequel il a lancé Shy’m, réveillent une mémoire collective immédiate, avant que Let’s Go et Femme Like U ne transforment le Club Soda en karaoké géant, téléphones en l’air, refrains repris d’un bout à l’autre. En rappel, Zanzibar puis une relecture de Feeling referment la boucle avec une certaine élégance. L’écart d’intensité entre les deux moitiés du set est réel, mais il n’enlève rien à la soirée : c’est le sort de quiconque a signé un tube de cette taille, et K Maro a manifestement choisi de l’assumer plutôt que de s’y réduire. Reste qu’il joue devant un public qui, pour certains, a vingt ans de rattrapage à faire et une bonne partie de la salle est repartie avec l’envie de s’y mettre.

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