July Talk au Capitole : une intensité qui te rentre dedans @ Québec
En arrivant au Théâtre Capitole, avant même de penser à la scène, quelque chose m’arrête. En déposant mon manteau au vestiaire, j’aperçois une affiche accrochée au mur où l’on peut lire :
L’amour vit ici.
Je prends une seconde pour lire le texte, le temps pour me dire que, ce soir, il va se passer quelque chose.
Je traverse ensuite la salle, qui commence tranquillement à se remplir, puis je prends place et la soirée peut commencer.
Julianna Riolino entre en scène devant un public qui, clairement, ne la connaît pas. Je vois des gens autour de moi sortir leur téléphone, taper son nom, chercher des infos sur les réseaux sociaux.
Au début, c’est timide. Puis ça prend et rapidement, on embarque.
Mais au-delà de ça, c’est son énergie qui fait la différence. Elle s’impose et son set est solide et sans détour.
Entre deux chansons, elle nous fait répéter son nom elle dit Julianna on répond Riolino ! Et on se prête au jeu plusieurs fois. Clairement l’artiste ne veut pas qu’on l’oublie.
On aurait bien écouté une petite chanson en plus, mais son temps était écoulé et il était temps de laissé place à July Talk.
À la fin, je me dis quand même une chose simple : on va la revoir, c’est certain.
Quand July Talk arrive, il n’y a plus de phase d’adaptation.
La salle est déjà avec eux : pas un public curieux, mais un public fidèle, qui chante dès les premières notes, réagit à chaque instant et connaît chaque morceau, sans aucune distance.
Le groupe n’a pas de nouvel album à défendre et va droit au cœur de ce qui le définit. Et honnêtement, ça fonctionne parfaitement.
Peter Dreimanis est impossible à ignorer. Il est partout, tout le temps, dans une énergie qui frôle le débordement sans jamais y tomber. Sa voix rauque me rentre dedans à chaque phrase. Il passe d’un calme presque maîtrisé à quelque chose de beaucoup plus animal en un instant.
Face à lui, Leah Fay apporte un équilibre essentiel. Sa voix claire vient se poser avec justesse, tout en finesse, sans jamais perdre en solidité. Une délicatesse assumée, mais bien ancrée.
Et puis il y a ce qui se passe entre eux.
Je les vois se chercher, se rapprocher, tourner l’un autour de l’autre. Leurs mouvements se répondent naturellement. Mais surtout, il y a ce regard.
Celui de Peter envers Leah.
Un regard chargé, incroyable, rempli d’admiration et de fascination. Il ne donne pas l’impression de jouer, avec un regard comme celui-là, il ne triche pas.
Leah, avec son ventre arrondi, ajoute quelque chose de plus. Une présence belle présence forte et assumée.
À certains moments, je me surprends à oublier la musique. Je regarde simplement ce lien qui se construire devant moi.
Autour de moi, tout le monde est dedans. Le public chante sans retenue. Il n’y a presque pas de creux.
J’avais découvert July Talk au FEQ en 2019, déjà bien ancrés dans mes coups de cœur. Ce passage au Capitole ne fait que confirmer qu’ils y ont toujours leur place.
Et en repensant à cette affiche en début de soirée, je me suis dit que, pour une fois, ce n’était pas qu’une phrase bien placée. C’était exactement ça.
Oui, l’amour vit ici.
Setlist
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Picturing Love
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Beck + Call
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Now I Know
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Johnny + Mary
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Strange Habit
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Push + Pull
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Lola + Joseph
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So Sorry
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Jesus Said So
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Touch
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Loves Not Dead
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Headsick
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Certain Father
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Life of the Party
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My Neck
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Paper Girl
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Summer Dress
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Guns + Garden
Auteure et photographe : Sandra Léo Esteves