De Going Solo à Zebra: John Butler recolle les époques @ Théâtre Beanfield (montréal)
Ce dimanche à Montréal, John Butler nous rappelait ce que veut dire tenir une salle sans artifice mais pas sans muscles. D’abord seul, guitare en bandoulière, comme pour poser le décor: un songwriter capable de remplir l’espace avec une voix, un jeu percussif et une présence calme. Puis, graduellement, ses trois musiciens le rejoignent sur scène. Élargissant le spectre sans jamais diluer l’essentiel: le groove organique et cette tension entre l’intime et le collectif.
La setlist navigue entre nouveautés (Going Solo, Gets No Better, Trippin On You) et classiques du John Butler Trio (Better Than, Betterman, Revolution), cousant les époques plutôt que les opposant. Un concert agencé par vagues, mêlant des confessions maîtrisées sur So Sorry et Outta My Head avec des poussées plus militantes et spirituelles sur Wade in the Water et Leave the Rest to Earth. Au cœur du set, Ocean, un morceau qui tient du rite où la virtuosité sert d’abord l’émotion, a suspendu le temps. La machine est ensuite reparti au galop avec des titres plus solaires et festifs (Used to Get High, Treat Yo Mama, Funky Tonight).
En rappel, Peaches & Cream et Zebra ont conclu la soirée sur une évidence: John Butler est un artisan du live, chaleureux, précis, toujours ancré dans le vrai.
Photographe et journaliste: Paul Blondé