Hellfest Open Air 2015 – Jour 2 @ Clisson (France)
20 juin 2015 – Le réveil est plus difficile après la journée bien remplie de la veille. Les festivaliers arrivent tranquillement sur le site faisant sagement la queue aux portes du Hellfest. On voit que certains ont vécu une première journée intense, yeux fatigués, coups de soleil, gueule de bois… En revanche, la bonne humeur est au rendez-vous, on pourra encore se régaler des nombreux personnages et déguisements plus loufoques les uns que les autres. Les metalheads sont souriants, heureux d’entamer une deuxième journée en enfer. La jolie pelouse verte a plutôt bien survécu, le soleil est déjà bien scintillant, c’est un nouveau jour qui promet d’être bon.
ZUUL FX
Nous nous rendons devant la Main Stage 2 à 10h30. Aujourd’hui, ce sont les français de Zuul Fx qui ouvrent le bal. Pour le réveil en douceur il faudra repasser car c’est sur leur son thrash/death metal industriel bien pêchu que va se déclencher le premier circle pit de la journée. Avec un titre comme Beat The Crap Out… les « fuck ooooof » vont bon train. Riffs bien gras, batterie qui claque à fond et hurlements, les membres de Zuul FX sont bien en forme et nous balancent, entre autre, leur reprise de Demanufacture de Fear Factory. La journée s’annonce pleine d’énergie.
GIUDA
11h05, le groupe Giuda, venu d’Italie, prend la suite sur la Main Stage 1. Si tu aimes les groupes un peu extraterrestres, si tu aimes le rock’n’roll 70’s ou le punk rock et bien tu apprécieras Giuda. Un drôle de phénomène rock mélangeant les genres avec un chanteur au style très personnel qui se déhanche d’une façon étrange mais pour le coup amusante. Une musique dynamique qui permet de remuer son corps sous le soleil éclatant de Clisson, l’ambiance est bonne et le Hellfest prend des airs de Woodstock le temps d’un concert. Sympatoche.
DOCTOR LIVINGSTONE
HAKEN
BUTCHER BABIES
Il est 12h15, beaucoup de gens s’avancent vers la Main Stage 1 avant l’arrivée des Butcher Babies. Quand on voit débarquer les californiens, on comprend l’engouement (majoritairement masculin) pour ce groupe. Les deux « bombes », Carla Harvey et Heidi Sheperd ne passent pas inaperçues: décolletés plongeants, cuir moulant, chevelures flashy et kilos de maquillage. D’ailleurs je suis quasiment sûre que personne n’a retenu la tête des musiciens. Butcher Babies est un groupe qui souhaite en mettre plein la vue et le duo girly sait clairement ambiancer la foule. En revanche musicalement… Ce n’est absolument pas recherché et ça chante faux quand ça ne beugle pas. Le public s’éclate néanmoins (et bave), les metalheads ne se font pas prier lorsque Clara s’avance et demande une orgie de slams. Ca crache, ça fait des fuck, c’est too much et vulgaire, sans interêt pour ma part : stop !
PROSTITUTE DISFIGUREMENT
Il est 12h50 et sous la tente de l’Altar c’est l’heure pour Prostitute Disfigurement de vomir leurs tripes. Le groupe néerlandais qui balance un style de death arrangé à leur sauce, vient nous envoyer des morceaux ultra bourrins sortis, entre autres, de leur dernier album studio : From Crotch to Crown. On aura droit à des titres du genre : Only taste for Decay, Gay bar Massacre ou She’s not coming home Tonight. Avec une batterie qui ne s’arrête jamais, des guitares aux solos millimétrés mais ô combien agressifs, une voix un peu surprenante, moins déchirée qu’en enregistrement, et un bassiste digne des plus belles pubs de l’Oréal, les hollandais envoient sec. L’Altar se réveille encore, et le groupe laisse entrevoir les prémices d’une journée pleine de douceurs.
THE ANSWER
On reviendra sur la scène à 13h35 pour quelque chose de plus calme et surtout de bien plus musical ! Ce sont les irlandais de The Answer qui vont nous servir du bon hard rock aux sonorités bluesy. Jolie voix, superbe musicalité, belle énergie et un son de guitare divin. Le top pour se mettre à danser et oublier la chaleur qui commence à se faire un peu trop sentir. Leur musique chaleureuse va de paire avec le temps, les titres comme Spectacular, Demon Eyes, Last Day Of Summer ou encore Under the Sky vous procurent votre dose de vitamines, ça groove, Cormac Neeson et des confrères ont la pêche et sur la pelouse, on remue les popotins et on profite !
VITAMIN X
Samedi a un peu été la journée des grosses claques sur la Warzone, et ça a commencé très fort avec Vitamin X. Les garçons d’Amsterdam ont mis le feu grâce à leurs titres courts et ultra agressifs qui mélangent tradition punk dans le chant et la structure, mais aussi thrashcore avec une guitare qui déchire, tout simplement. Marko, chanteur de son état, et son groupe vont balancer pas moins d’une vingtaine de morceaux issus de leurs différents albums dans une cadence de fou et avec une énergie qui ne faiblira pas, le public est à fond. On se déchaine sur Time has come, Get in the pit, le génialement défoulatoire You Suck, le bien nommé Random Violence ou Deal with it. Autant dire que niveau moshpit et slam il y a du lourd, surtout qu’on a droit à une magnifique descente dans le pit du fameux chanteur, rapidement suivi de son guitariste Marc Emmerik, qui vont squatter là un certain nombre de morceaux … Les vrais savent que slamer n’a jamais empêché de jouer! Ce qu’on ne peut pas nier au groupe, c’est d’avoir d’excellents musiciens, et ce qu’on ne peut pas nier à ces musiciens, c’est d’être généreux puisqu’ils vont réussir à gratter quelques minutes pour offrir au public un rappel sur Ready to Burn et une cover de Negative Approach… Merci les gars !
ACE FREHLEY
15h05 nous sommes de retour face à la Main Stage 1 où Ace Frehley va entrer en scène avec sa bande. Les fans de Kiss (guitariste du groupe pendant plus de 10 ans, Frehley a participé à l’enregistrement de 14 albums) sont présents et seront bien évidemment ravis de pouvoir entonner quelques tubes des 70’s: Rocket Ride, Love Gun, Shock Me… Les reprises seront entremêlées de titres personnels et plus récents comme Toys, Space Invaders et aussi 2 Young 2 Die. L’artiste semble heureux d’être là et prend du plaisir avec, à ses côtés, le guitariste déjanté Richie Scarlet, l’appliqué Chris Wyse à la basse et enfin Scot Coogan à la batterie. Des tubes, de chouettes solos et une ambiance bon enfant, un show un peu mou à mon goût mais qui fut largement apprécié par les amateurs du genre.
MERAUDER
On retourne sur la Warzone pour le groupe de hardcore new yorkais Merauder. Après leur reformation en 2007 et la sortie de l’album God is I en 2009, les hommes de Jorge Rosado ont écumés les scènes du monde avant de s’arrêter au Hellfest. C’est un show surprenant qui va se dérouler sous nos yeux. Musicalement ça déboite, les titres sont super efficaces, les artistes se donnent à fond et le public est vite chauffé à blanc. Avec des morceaux comme Built on Blood, Ratcatcher ou Until et un set qui se finit sur Master Killer avant le rappel, les enfants du pit étaient ravis, mais ça, c’était plutôt à attendre. La surprise c’est la ferveur avec laquelle Jorge va jouer son rôle de MC pour délivrer des leçons de vie dans la pure tradition US … En passant les détails, cela concerne sa vie, la mort récente du frère de son batteur ou le racisme, le tout créant une atmosphère hyper intimiste et un peu bouleversante quand on se rend compte que la moitié du groupe est en larme sur scène. Le show prend encore plus d’ampleur quand le chanteur descend de scène, c’est le mot d’ordre aujourd’hui apparemment, pour se rapprocher de ses fans (leur taper dessus quoi) ou fait monter un slameur d’une dizaine d’année sur scène pour finir le concert avec eux. Une petite pensée pour tous ceux qui ne parlaient pas anglais cette après midi, vous avez manqué une partie importante du délire. Merauder c’est donc un groupe qui a une histoire complètement chaotique mais qui n’hésite pas à tout donner sur scène, à voir au moins une fois si ce n’est pas déjà fait.
ONSLAUGHT
Je file à l’ombre de l’Altar à 15h50 pour un changement de style radical. Après le tranquille rock’n’roll c’est maintenant l’heure du bon gros thrash metal avec Onslaught. Originaire de Bristol, le groupe qui était actif de 83 à 91 s’est reformé il y’a dix ans. Au départ les influences étaient plutôt punk hardcore mais le style a vite évolué vers un thrash métal bien couillu. Je me retrouve donc face à l’excellent guitariste et membre fondateur Nige Rockett qui va, en compagnie de ses compères, nous projeter du bon gros son comme on l’aime en pleine poire. Alors thrasher, t’es prêt à te déboiter les cervicales ? Avec Onslaught on n’y va pas par quatre chemins et ça démarre avec Let There Be Death. Des gros riffs bien heavy et des envolées mélodiques envoyées par Nige et Leigh Chambers qui gigote dans tous les sens. Jeff Williams fait gronder sa basse et à la batterie, Mike Hourihan nous balance du blast bien hargneux. N’oublions pas le fabuleux Sy Keeler et son chant aussi puissant que juste. Le groupe retourne littéralement le public avec des titres comme Killing Peace, Metal Forces ou Children of the Sand. L’incontournable 66’Fucking’6 sera repris en chœurs par les fans « We are the Chaos Legion…We are the union of the 6,6,6…66 fucking 6» bordel que c’est bon ! On headbang à s’en décrocher la tête, on s’égosille, les british viennent de nous mettre une belle branlée. Vivement leur prochain album.
BACKYARD BABIES
AIRBOURNE
Il est 16h45, il fait chaud et on se masse devant la Main stage 1 pour Airbourne. Enfin « devant la Main 1 » c’est vite dit, c’est tout l’espace depuis les 2 Main Stages jusqu’aux tentes qui va être occupé par les fans venus écouter le groupe australien. Les gars de Melbourne sont des show men, on le sait et on va encore s’en prendre plein les oreilles pendant ce set. Entrée sur Ready to Rock, on enchaine sur Too much, too young, too fast, Chewin in the fat, Diamond in the rough, Runnin wild ou Live it up. Le public est survolté, on reprend de partout les refrains du groupe. Les titres sont entrecoupés des solos de guitare de Joel, LE frontman charismatique qui n’hésite pas à descendre prendre un petit bain de foule et qui va prouver son efficacité face aux imprévus du live. Oui parce que, malheureusement, ce qu’on va retenir du live d’Airbourne sur ce Hellfest c’est la grosse coupure de son qui va laisser les garçons peiner un petit moment sur scène pendant que derrière, la régie devait être au bord de l’implosion. La crise est gérée. On passe à autre chose mais c’est dur de se remettre dans l’ambiance survoltée du concert tout en guettant le prochain pétage de plombs. Les musiciens eux repartent tout de suite à fond et déversent une énergie folle sur un public au taquet. Ambiance explosive et public conquis, quand retentit le dernier « You got me Runnin Wild and Free » du concert, c’est avec un pincement au cœur qu’ils quittent la scène. Malgré les imprévus, le groupe a encore assuré, bravo !
L7
Il est 17h50, nous retournons sous le soleil rutilant et partons en direction de la Main Stage 2 pour voir le show des L7. En 2014 nous apprenions la reformation du line-up originel de ce groupe féminin de rock grunge américain des années 80/90. C’est donc après 15 ans d’absence que nous retrouvons les quatre riot girls : Donita Sparks, Suzi Gardner, Jennifer Finch et Dee Plakas. Donita, d’une voix rauque qui a subi les années (et la clope?) salue le public et annonce que ça va être « rock’n’roll, yeah rock’n’roll », les premiers accords de Deathwish résonnent. Les trois vocalistes agrémentent le show par des « fuck off » par-ci par-là. Avec sa basse et ses cheveux rouge, Jenni gesticule dans tous les sens et Dee donne la cadence à grand coup de caisse claire. Everglade, Fuel My Fire, Fast and Frightening…le son était un tantinet assourdissant et les L7 ont pris quelques rides (et quelques kilos) mais les californiennes ont joué leurs vieux tubes dans la pure tradition grunge, sans fausse note, comme à l’époque !
SLASH FEAT MYLES KENNEDY AND THE CONSPIRATORS
De l’autre côté, la foule se rassemble pour le concert de Slash feat Myles Kennedy and the Conspirators. 18h40, coiffé de son fidèle chapeau et armé de sa Gibson, Slash apparait en compagnie de ses musiciens sur les premières notes de You’re a Lie. Puis, Myles Kennedy les rejoint, acclamé par un public animé. Ce dernier est pour ainsi dire comme à la maison puisqu’il se produisait sur cette même scène l’an dernier avec Alter Bridge. Hyper souriant, presque charmeur, il va assurer son rôle de frontman avec aisance. Nous aurons droit aux excellents titres du groupe tels que Avalon, Wicked Stone, World on Fire ou encore Anastasia. Les fans de Slash ne seront pas en reste puisque le guitariste nous a concocté un melting-pot de ses compos personnelles et des tubes des Gun’s & Roses : Back From Cali, Nightrain, Mr Brownstone, Doctor Alibi… Il nous fera profiter de son jeu fabuleux en nous déballant sa panoplie de grattes : rouge, jaune, verte, double manche, belle collec’ ! A ses côtés Myles bien en voix n’a rien à envier à Axel puisqu’il reprend parfaitement bien les morceaux mythiques accompagné par une foule qui s’égosille gaiement. Brent Fitz se démène derrière sa batterie pendant que Todd Kerns et le jeune Frank Sidoris s’amusent à jouer avec le public. L’énergie d’un bon hard rock, la douceur des passages acoustiques, la chaleur des sonorités bluesy, une voix suave et un quintet à la présence scénique incroyable, en voilà du bon show ! Dans le public on frappe dans les mains, on entonne les classiques et on danse, le son qui a décidé d’être mauvais aujourd’hui sur la Main 1 ne semble pas affecter le parterre de fans qui vit le spectacle à fond. La fin sera belle avec le fameux Sweet Child O’Mine et le rappel sera divin au son de Paradise City dont le refrain fera écho dans l’enceinte du Hellfest. Le groupe nous salue et nous quitte, ovationné par un public conquis.
BODY COUNT
“Body Count Niggaaaaaaa” ! Sur la Warzone il y avait un groupe que tout le monde voulait voir, un groupe qui a subit une reformation complètement improbable et qui ne passe presque jamais par chez nous, un groupe qu’il ne fallait pas rater donc, et pour cause… Déjà en arrivant devant la scène, j’aurais dû me méfier, 30 minutes avant le début du set, c’est plein. Quand Ice Motherfuckin’T arrive avec son crew et toute sa famille sur le côté de la scène, ça fait très mal. En gros, ceux qui disent « ce n’est que de la musique » n’ont jamais eu à lacérer le dos de quelqu’un pour éviter de se faire emporter par une foule au bord de l’hystérie collective et risquer de se faire piétiner vivant… Un set un poil dangereux donc, j’exagère à peine… Mais est-ce que la performance valait le fait de supporter tout ça ? La question ne se pose pas, voir Ice T faire son baron devant un public qui n’en peut plus, ça vaut tous les maux du monde. Niveau musique les californiens défoncent tout, batterie qui déchire, basse et guitare au top et puis niveau flow nous ne sommes pas face à un amateur. Pour les titres, le groupe comble les attentes de tout le monde, morceaux du premier album éponyme mêlés à ceux de Manslaughter, Talk Shit, get shot ou Copkiller passent nickel au milieu de titres plus classiques, le groupe est toujours au top et pour le coup, cette prestation au Hellfest était une expérience à part entière, une sacré tuerie.
ZZ TOP
Changement d’ambiance radical, retour sur la Main 1 pour des légendes du rock. Les barbus s’installent sur scène, Billy Gibbons, Dusty Hill et Frank Beard sont prêts à enchaîner les tubes. Got me under Pressure, Gimme all your Lovin’, Sharp dressed man, Legs et bien sûr La Grange, les titres blues rock vont pleuvoir pendant une heure. Les texans n’ont plus rien à prouver et même si au niveau du jeu scénique, la péche n’y est plus, la technique de ces vieux de la vieille a de quoi donner à un musicien débutant, l’envie de tout abandonner dans la minute. Une fanbase d’’irréductibles se masse autour de la scène, littéralement absorbés par le live. Même en ayant des bases plutôt blues, je ne rentre pas dans le concert, trop statique, trop en décalage avec le reste de ma journée, mais je m’incline face à l’immensité de l’expérience du groupe, et je souris quand je vois Billy sortir la guitare à moumoute, un classique. Un live des ZZ c’est un incontournable de tout fan de rock, et une partie du public l’a bien compris, mais outre le côté fascinant de ces grands musiciens, je ne retiendrai pas ce live comme LE live de mon Hellfest.
ORANGE GOBLIN
21h10, je replonge dans l’obscurité de la Valley et c’est au travers des nuages de fumée que j’aperçois les anglais d’Orange Goblin. Ce groupe de stoner metal est riche de compositions aux sonorités variées avec des riffs ultra heavy et des rythmiques puissantes. Le quatuor, coutumier de ce lieu, semble ravi d’être ici, sourire aux lèvres, il nous balance d’entrée de jeu Scorpionica. Le chanteur Ben Ward, tout azimuté, sillonne la scène de long en large et chauffe impétueusement son public. L’effet est instantané, les occupants de la Valley se déchaînent, sautant et chantant les poings levés et les premiers circle pit se déclenchent. Martyn Millard alias le headbanger fou fait gronder sa basse pendant que Joe Hoare qui dévoile ses dents sans retenue nous délivre ses riffs dévastateurs. Un son électrique à souhait donc l’intensité est renforcée par les coups de batterie précis donnés par Chris Turner. Some you Win Some you Loose, Blue Snow, Quincy the The Pigboy… Un peu de doom, de punk, et beaucoup de stoner agrémenté par un frontman ultra charismatique et des musiciens hautement qualifiés c’est une recette qui fonctionne. Un set énorme devant une foule d’aliénés qui prend son pied, merci Orange Goblin.
FAITH NO MORE
L’air est maintenant plus respirable, la lumière décline petit à petit pendant que les membres de Faith No More font leur show. Voici un groupe qui pourrait faire débat, avec d’un côté les fans et de l’autres les hermétiques. De mon côté, c’est plutôt la seconde option, je n’ai jamais su être touchée par le délire Faith No More qui s’approprie différents styles (rock progressif, punk hardcore, soul, heavy, hip-hop, jazz…) pour en faire leurs compos. Tous vêtus de blanc, les musiciens se fondent dans un décor fait de rideaux blancs et encadré de fleurs, une scène aux allures funéraires. L’humour décalé des californiens a encore frappé. La set list est parfaitement taillée pour un festival, composée de morceaux comme Be Agressive, Caffein, Black Friday, Ashes To Ashes, et aussi The Gentle Art of Making Enemies. Le déjanté Mike Patton ponctue le show de sa verve provocatrice, un vrai showman totalement barré ! Le concert est parfaitement bien maîtrisé, le public est captivé mais il est difficile de donner un avis objectif quand on ne parvient pas à adhérer à l’univers d’un groupe. Les fans sont cependant ravis de cette prestation qui a fait l’unanimité.
MADBALL
Il est 22h, la nuit est tombée sur le fest, tout est calme, c’est le calme avant la tempête car dans quelques minutes les papas de la Warzone vont débarquer. C’est le énième passage de Madball au festival, et pourtant, la zone est bondée, les fans fatigués de deux jours de musique (certainement aussi de tabassage) non stop attendent de pied ferme la bande de New York. Avec le groupe on sait à quoi s’attendre: à une putain de vague d’énergie qui retourne tout à coups de titres forts, courts et efficaces. Encore une fois, pas de déception. Les New yorkais déboulent sur le classique No return et déjà Freddy, toutes casquettes dehors, a eu le temps de faire 4 fois le tour de la scène sans reprendre son souffle. Le reste du groupe connu pour être du genre statique, avec mention même pour Hoya Roc, assure l’instru agressive et rapide caractéristique de leur style. Les titres s’enchaînent presque sans interruption, sauf petits laïus du chanteur qui réussit toujours à placer deux ou trois valeurs chères à son coeur par ci par là, et qui n’oublie pas de remercier le public qui leur a permis de faire du Hellfest leur seconde maison. Hardcore Lives, For my enemies, Get Out, Heavanhell les « I am made of » fusent sur DNA et « Dig deep » déchirent la Warzone au moment de jouer Born Strong. Les fans surpassent la fatigue pour tabasser leurs congénères, pogo, slam, wall of death, on s’éclate littéralement dans le pit et plus loin de la scène les poings levés fleurissent de plus en plus. Explosion au moment du dernier morceau, l’hymne Doc Marteen Stomp met tout le monde d’accord, le groupe s’est donné à fond et nous a fait vivre un grand moment, encore une fois.
Pendant un instant, les concerts sont stoppés, place au feu d’artifice. Pour les 10 ans du festival, les organisateurs du Hellfest nous ont préparé une belle surprise et je pense que personne ne s’attendait à un tel spectacle. Le compte à rebours démarre et Thunderstruck est lancé lorsque les premiers feux éclatent. Et là… c’est simplement magique,les milliers de festivaliers sont là, les yeux écarquillés face à ce spectacle lumineux hallucinant. Satellite 15, Bohemian Rhapsody et South of Heaven résonnent pendant que les photos de 10 années de souvenirs défilent sur les écrans et que les couleurs flamboyantes envahissent le ciel clissonnais. Un bouquet final à couper le souffle, la foule crie, frissonne, et repart les yeux brillants. Merci pour ce moment inoubliable, je n’avais jamais vu un si beau feu d’artifice…
SCORPIONS
La foule de festivaliers se dirige vers la Main Stage 1 pour assister au gros show de la soirée : les allemands de Scorpions ont décidé de faire une halte à Clisson et arrivent avec leur dernière galette : Return to Forever. Les teutons hard rockers ont la patate, Klaus Meine est dans un bon jour et sa voix tiendra la route tout le long du set. Le show va durer l’heure et demi prévue (et même légèrement la dépasser) et sera ponctué par une avalanche de backdrops toujours plus kitschs défilant sur écrans géants, de solos exécutés à la perfection par un groupe au taquet, de titres cultes (bon je gâche le suspens mais à la fin y’a Still Loving you et Rock you like a Hurricane), d’une coupure de son et d’un final explosif. Le problème de son, le deuxième de la journée sur cette scène, sera géré plus rapidement que celui d’Airbourne et ne coupe donc pas le bel enthousiasme d’un public motivé. Parce que oui, le Hellfest est à fond avec les allemands, connaissant les paroles des morceaux sur le bout des doigts, chaque titre est une nouvelle claque pour les fans : Make it Real, The Zoo, le medley acoustique Always Somwhere – Eye of the Storm – Send me an angel suivi du cultissime Wind of Change et de Big City Nights achève les festivaliers mais le groupe n’en a pas fini : Dynamite, quelques morceaux du dernier album et Blackout qui ferme la marche avant le rappel … Du bonheur pour les nombreux fans massés devant la Main. Mais un concert de Scorpions ça ne serait pas la même chose sans un final grandiose, on voit les choses en grand chez ces messieurs et ce sont les deux titres les plus emblématiques du groupe qui ferment la marche, suivi des pyrotechnies qui transcendent les festivaliers… Rien à ajouter, un grand moment.
TRIGGERFINGER
23h, les TriggerFinger font leur batpême Hellfest sous la Valley. Ces trois dandys en costume pourraient faire « tâche » au milieu de tous ces barbus aux cheveux gras…cependant les apparences sont parfois trompeuses. Sous ces airs de gentils garçons se cachent des musiciens talentueux habités par une musique électrique. Les belges puisent leur inspiration dans le rock’n’roll, le blues mais aussi du côté obscur de la force et se sentent parfaitement dans leur élément en ce lieu. Je redécouvre les membres de TriggerFinger plus déchaînés que jamais.
Nous entendrons d’excellents titres dont Black Panic, By Absence of the Sun, First Taste et le plus connu My baby’s got a Gun. Le public offre un très bon accueil au trio et semble s’amuser. Ruben Block, armé de sa guitare et de sa voix de velours se lâche, il saute, il danse, il crie, et il finira même par un saut ultime pour un trip au dessus de nos têtes. De l’autre côté, le très bon bassiste Mr Paul semble prendre littéralement son pied, fermant les yeux, comme en transe. Puis, Mario Goossens, ce batteur d’exception qui nous envoie un solo magistral (on comprend pourquoi il fut élu meilleur musiciens aux Music Industry Awards en 2012). Ces trois mecs sont bourrés de talent et leur complicité évidente fait de ce trio une unité parfaite. TriggerFinger nous a envoyé du bon rock bien lourd tout en finesse, une belle prestation idéale clôturer la soirée sur cette scène.
BIOHAZARD
La nuit et le froid sont tombés sur le fest, les guitares de Scorpions résonnent encore au loin mais la Warzone est prête pour les américains de Biohazard. Le très blond et très musclé Billy Graziadei et son groupe entrent en scène, et ça commence déjà à déboiter! La batterie hyper bourrine de Wrong side of the Track ouvre le bal et la fête à la mandale commence, le pit se chauffe et c’est pas fini. Les titres s’enchainent, mordants et plein de l’énergie toute particulière du groupe, Shades of Grey, Urban Discipline, How it is… Les guitares crissent et on oublie la fatigue. J’ai passé pas mal de temps dans ce coin du festival aujourd’hui, ce fut open bar pour les festivaliers : des descentes dans le pit et des artistes prêts à tout pour chauffer l’ambiance, mais là on finit en beauté puisque c’est n’est pas le groupe qui descend de scène mais le public qui va y monter. Les musiciens vont tenter tant bien que mal de continuer à jouer, en se retranchant dans un coin et en laissant la place aux cogneurs surexcités. C’est une pluie de slammeurs qui s’abbat ce soir dans la zone hardcore du festival. Sur Resist et Love Denied les américains vont peiner pour faire descendre les squatteurs maintenant bien installés sur scène, mais réussiront plus ou moins à se libérer de la place. Le groupe tiendra une cadence de folie avant de quitter les pogotteurs sur Hold My Own, toutes les bonnes choses ont une fin et c’est en se trainant que les furieux quittent la Warzone pour mieux se préparer à la dernière journée de festoch.
MARILYN MANSON
Il est 1h00, les plus vaillants sont devant la Main Stage 2. Marilyn Manson faisait son retour cette année avec The Pale Emperor. Amatrice des sonorités offertes sur des albums comme Antichrist Superstar ou Mechanical Animals, j’ai bien apprécié ce nouvel opus aux compositions plus calmes, sombres et sincères. A la fois curieuse de voir ce personnage et dans la crainte d’une déception, j’attends que le set commence. Un petit Requiem retentit, le public est sous tension face à une scène brumeuse et éboulissante. Une ombre apparait, et la messe démarre sur Deep Six. Le son est vraiment bon! La foule est déjà exaltée et les titres s’enchaînent: mObscene, No Reflection, Tourniquet, The Dope Show… Le spectacle est assez minimaliste mais force est de constater que Brian Warner est en forme. Sa voix n’est certe pas parfaite mais bien au delà de ce à quoi je m’attendais au vu des nombreuses critiques à propos de ses prestations. Costume et mise en scène vont de paire avec les morceaux mais d’où j’étais je voyais surtout des ombres, des lumières et de la fumée, le plus important reste la musique dont je suis satisfaite! Nous chanterons tous en chœur sa version de Sweet Dreams. Marilyn Manson que l’on accuse de provocateur violent aura l’indécence de tuer une tortue (gonflable) ! Vous êtes choqués? Un peu d’humour ça ne fait pas de mal. La soirée s’achevera sur une note positive avec Antichrist Superstar et The Beautiful People. Un bon moment passé, entouré de fans sympathiques, pas le concert de l’année mais un show très correct, distrayant avec un son excellent…Bonne nuit et à demain.
Auteur: Fanny Dudognon & Anaëlle Martin
Photos: Antony Chardon