Du rétro à l’abrasif : la soirée éclectique de Carpenter Brut à Montréal @ MTelus (Montréal)
Le 15 avril 2026, Carpenter Brut faisait escale au MTELUS dans le cadre de sa tournée, accompagné de HEALTH et Desire. La date montréalaise a rassemblé une foule dense et éclectique, mêlant amateurs de metal, adeptes d’électro et curieux, tous attirés par une affiche qui brouille de plus en plus les frontières entre les genres.
La soirée s’ouvre avec Desire, dont la synthpop minimaliste aux accents rétro installe une atmosphère brumeuse et presque cinématographique. Dès les premières minutes, Desire impose une forte signature visuelle, notamment grâce à la présence de sa chanteuse Megan Louise, vêtue d’une robe en latex sculpturale et audacieuse qui capte immédiatement l’attention et renforce l’esthétique stylisée du projet. Une entrée en matière plus douce, en contraste avec la suite. Heath prend ensuite le relais avec une performance abrasive et intense, portée par des basses saturées, un éclairage agressif et la présence scénique affirmée de Jake Duzsik. Lorsque Carpenter Brut entre en scène, la salle est déjà entièrement acquise. Accompagné d’un groupe live et d’un dispositif visuel percutant : stroboscopes synchronisés, bains de lumière néon et ruptures franches dans l’obscurité. Le groupe enchaîne un set sans relâche centré sur leur plus récent album Leather Temple mais incluant tout de même des morceaux phares comme « Turbo Killer », « Le Perv » et « Maniac » pour clore la soirée. La communication avec le public ne passe pas par les échanges traditionnels, mais par une voix grave et informatisée qui ponctue le spectacle, renforçant son atmosphère froide et mécanique.
Ce qui distingue véritablement cette soirée, c’est la capacité de Carpenter Brut à fédérer un public largement issu de la scène metal autour d’un projet électronique, sans en diluer les codes. Tout en conservant les éléments fondamentaux d’un show électro, notamment dans le travail des lumières, de la programmation et de l’atmosphère, il parvient à traduire l’énergie et la présence scénique propres au metal dans un format synthétique. Le résultat est un spectacle à la fois rigoureusement structuré et viscéralement puissant, démontrant que la musique électronique, poussée à son intensité maximale, peut rivaliser sans difficulté avec les formations les plus lourdes.
Photographe: Thomas Mazerolles