Des Émotions et de la Nostalgie : Cloutier, Pelletier et Voisine au FEQ @ Place George-V (Québec)
William Cloutier, Bruno Pelletier et Roch Voisine : Succès presque complet à George-V pour une soirée 100 % québécoise
William Cloutier vivait son tout premier Festival d’été de Québec, et le soleil lui a offert sa plus belle lumière. Dès son arrivée sur scène, il connaît quelques petits ratés techniques : son micro ne fonctionne pas. Après un rapide changement de matériel, sa voix claire et juste s’élève enfin sur les Plaines, rappelant à tous qu’il est bien plus qu’un ancien candidat de télécrochet.
Fraîchement revenu de Paris après deux ans passés dans la peau de Ziggy pour Starmania, il est de retour au pays pour présenter son nouvel album L’amour, inspiré de cette aventure européenne. Sur scène, il est rayonnant. Et il n’est pas venu seul.
Moment fort : William fait entrer son fils Liam, petit bonhomme charismatique qui lance des ballons géants et des cadeaux au public. Lunettes relevées, clin d’œil complice à l’assistance… et il vole (presque) la vedette à son père. La relève est bel et bien assurée.
Un peu plus tard, Zach Chico rejoint William sur scène en invité, dans une ambiance toujours plus festive.
Puis vient S’aimer plus fort, qu’il dédie à son épouse présente en coulisses. Un seul regard échangé, et tout est dit. Sur les écrans géants, leur vidéo de mariage défile, c’est aussi le clip officiel de la chanson. William a les larmes aux yeux, et sur sa peau, les frissons sont visibles à l’écran. Le public, lui, chante en chœur.
C’est plus tard qu’il poursuit sur un medley des années 2000, clin d’œil assumé aux Backstreet Boys, qui replonge la foule dans une époque de cœurs sur MSN et de CD gravés. L’énergie est contagieuse, la nostalgie délicieuse.
Place ensuite à Bruno Pelletier, qui offre une prestation puissante. Une pancarte dans la foule attire son regard : « SOS ». Il sourit. « Elle n’était pas prévue au programme », lance-t-il. Il demande un fa# à sa violoniste, et entonne un extrait a cappella de S.O.S. d’un terrien en détresse. C’est parfaitement maîtrisé. Sa voix fend l’air, pure, puissante. Frissons.
Après Aime, il est rejoint sur scène par Tina Leon, pour un duo sur le classique Mes blues passent pu dans’ porte d’Offenbach. Le moment est magnifique. Et en rappel, il rend hommage à Serge Fiori avec une interprétation sensible de Viens danser. Un instant suspendu.
Enfin, la soirée se conclut avec Roch Voisine, qui célèbre les 35 ans de Hélène avec un concert aussi touchant qu’énergique. La nuit est tombée sur les Plaines, mais Roch brille de tous ses feux. Le spectacle s’ouvre sur un medley en trois temps (Là-bas dans l’ombre, La fille de pluie, Encore), puis enchaîne les grands classiques : Je resterai là, Dis-lui, La berceuse, Darling…
À mi-parcours, il prend le temps de remercier ses musiciens, certains présents depuis 22 albums. Un moment sincère. Il en profite aussi pour glisser une remarque pleine d’humour : « Je sais que vous préférez les chansons d’amour, mais j’écris pas que des chansons d’amour, hein. J’ai les yeux ouverts sur le monde. Ah ben oui… vous êtes obligés de l’écouter pareil. »
Il enchaîne ensuite L’homme du nord, Jean Johnny Jean, Tout me ramène à toi, et d’autres titres moins connus du grand public, mais portés par une intensité bien réelle. En guise de bouquet final, il offre Hélène dans sa version originale, suivie d’une version rock qui réveille les derniers mollets fatigués. Entre les deux, I’ll Always Be There pour rappeler, si besoin était, que Roch est toujours là.
Trois artistes, trois moments très différents… mais un même fil rouge : la générosité. William Cloutier a ému avec sincérité et fraîcheur, Bruno Pelletier a ébloui par la puissance de sa voix et la fougue de ses duos, et Roch Voisine a livré un concert fidèle à ses racines et à son public. Et alors que l’électro du FEQ bat son plein sur la scène Bell, la place George-V peut rougir de son succès : c’était presque complet, à un festivalier près.
Auteure et Photographe : Sandra Léo Esteves
