Muse embrase les Plaines d’Abraham @ FEQ (Québec)
Muse + Mother Mother + Last Train
L’attente était immense, mais Muse n’aura pas mis longtemps à rappeler pourquoi le groupe demeure une référence lorsqu’il est question de spectacles à grand déploiement.
Après une introduction instrumentale menant directement à Hysteria, les premières notes de basse résonnent sur les Plaines et déclenchent immédiatement une immense réaction dans la foule. La scène, dominée par d’imposantes structures lumineuses suspendues, prend vie au rythme de la musique. Les colonnes se déplacent, changent de couleur et donnent parfois l’impression de flotter au-dessus des musiciens.
La suite s’enchaîne sans temps mort avec Cryogen et ses jets de fumée, puis Supermassive Black Hole. Muse alterne habilement entre les incontournables de son répertoire et ses compositions plus récentes, notamment Hexagons, Unravelling et Be With You. Cette dernière est accompagnée d’une pluie de confettis et de serpentins, transformant les Plaines en une immense célébration.
Lorsque Psycho retentit, les lasers découpent la scène tandis que la foule reprend les paroles avec enthousiasme. Madnessoffre ensuite une courte respiration avant que Plug In Baby ne ramène toute la puissance des guitares. Matt Bellamy sillonne la scène et la passerelle, guitare rouge à la main, multipliant les solos sous les cris des festivaliers.
Muse poursuit avec un passage réunissant Hanging et Time Is Running Out, puis frappe encore plus fort avec Uprising. Précédée d’un extrait de discours de John F. Kennedy, la chanson est accompagnée de flammes qui surgissent à l’avant de la scène. Le public chante alors chaque mot comme un seul immense chœur.
Avec Knights of Cydonia, les jets de fumée et la pyrotechnie viennent accentuer l’un des moments les plus puissants de la soirée. Le morceau prend toute son ampleur devant cette marée humaine qui s’étend jusqu’au fond des Plaines. Quelques instants plus tard, Isolated System et Nightshift Superstar plongent le site dans une ambiance plus électronique, dominée par les lasers et les jeux de lumière.
La dernière partie du spectacle n’offre aucun répit. Algorithm se fond dans Undisclosed Desires, avant que Preludeannonce les premières notes de Starlight. Des milliers de mains se lèvent et frappent en rythme, créant l’un de ces moments de communion dont le Festival d’été de Québec a le secret.
Pour conclure, Muse choisit Take a Bow. Entre lasers, serpentins et immenses colonnes de flammes, le groupe offre une finale à la hauteur de tout ce qui l’a précédée : spectaculaire, précise et complètement démesurée.
Comme un clin d’œil parfaitement synchronisé avec la scénographie, la ville semblait elle aussi avoir adopté la couleur dominante du spectacle. Derrière les Plaines, le Complexe G brillait d’un rouge intense, donnant presque l’impression que Québec tout entière s’était mise aux couleurs de Muse.
Une soirée grandiose, à la hauteur des attentes, où chaque détail semblait avoir été pensé pour transformer le concert en véritable expérience visuelle. Muse n’est pas simplement venu jouer ses chansons : le groupe a pris possession des Plaines.
Mother Mother : une proposition plus éclatée
Après l’énergie brute de Last Train, Mother Mother fait basculer les Plaines dans un univers complètement différent.
Le groupe canadien propose une musique plus déconstruite, où les harmonies vocales occupent autant de place que les guitares. Avec Ryan Guldemond au chant, accompagné de Molly Guldemond et Jasmin Parkin, Mother Mother mise sur une formule qui lui est propre. Les trois voix s’entremêlent naturellement, alternant les parties chantées et les harmonies, donnant une profondeur particulière à des titres comme Verbatim, Burning Pile ou encore Hayloft II.
Sans chercher à rivaliser avec les effets spectaculaires de Muse, Mother Mother réussit parfaitement sa mission : maintenir les Plaines dans une ambiance électrique avant l’arrivée de la tête d’affiche.
Last Train : la révélation de la soirée
La soirée avait pourtant commencé de façon magistrale avec Last Train.
Déjà impressionnante dès l’ouverture du site, la foule découvre un groupe français qui ne laisse personne indifférent.
Lorsque le chanteur demande combien de personnes connaissent déjà Last Train, peu de mains se lèvent. À l’inverse, lorsque vient la question de savoir qui les découvre ce soir, une immense clameur s’élève des Plaines.
Le message est clair : Québec est en train de faire une découverte.
Habité par chacune de ses chansons, le chanteur livre une interprétation particulièrement intense de This Is Me Trying. Il ne se contente pas de chanter : il vit littéralement chaque parole, une intensité qui se transmet rapidement jusqu’au fond du site.
Le groupe n’en est pourtant pas à sa première visite dans la capitale. En 2019, il s’était déjà produit au festival Envol et Macadam. Les quatre amis qui ont fondé Last Train à l’âge de douze ans ouvrent la soirée de l’un des plus importants festivals en Amérique du Nord devant une foule immense.
Le contraste est fort… et probablement symbolique de leur ascension.
Au terme de leur prestation, les musiciens remercient chaleureusement les festivaliers, qui leur offrent le désormais traditionnel « Olé, olé, olé ». Les membres du groupe se prennent dans les bras avant de quitter la scène, visiblement émus par l’accueil québécois. À voir la réaction du public, il serait étonnant que cette histoire d’amour avec Québec s’arrête là. Last Train vient peut-être de signer l’une des plus belles découvertes de cette 58ᵉ édition du Festival d’été de Québec.
Auteure et Photographe : Sandra Esteves
Photographies de Muse : Sébastien Dion + Stéphane Bourgeois