Performance Mythique sous une Pluie Torrentielle Pixies + The Glorious Son + Kurt Vile and The Violators + corridor + Princesses
Pixies + The Glorious Son + Kurt Vile and The Violators + corridor + Princesses
Le ciel est incertain, moite, chargé d’un orage potentiel que même MétéoMédia n’ose plus prédire. Et pourtant, à notre arrivée pour Princesses, la météo se montre plutôt clémente. Mais il suffit d’un regard sur les poches arrière des plus prévoyants pour deviner que la soirée risque d’être humide : les ponchos sont prêts à dégainer, à la moindre goutte.
Pas de quoi impressionner Princesses, qui signe ici son premier FEQ. Le duo ne se démonte pas et offre une performance nerveuse et affirmée, à la hauteur de la scène. Voix assumées, présence scénique bien campée, attitude juste assez effrontée pour électriser les curieux et captiver les initiés. Une entrée en matière qui montre que la scène émergente québécoise a plus d’un tour dans son ampli.
Corridor prend la relève avec une vibe plus chill, presque contemplative. C’est le moment parfait pour profiter des derniers rayons et siroter une bière fraîche sans regarder sa montre. Leurs chansons, à la fois complexes et aériennes, résonnent comme une douce montée en tension. Car ne vous détrompez pas : le set s’achève dans une montée de décibels assez musclée pour chauffer l’assemblée et tracer un véritable corridor sonore vers Kurt Vile and the Violators.
Avec ses longs cheveux, sa nonchalance assumée et sa guitare jamais bien loin d’une distorsion rêveuse, Kurt Vile débarque comme un mirage venu tout droit de Philadelphie. Le ton reste posé, les tempos lents, les transitions brumeuses. Le public se balance doucement, presque en apesanteur. Le calme avant la tempête.
Tempête qui porte un nom bien connu du rock canadien : The Glorious Sons. Fidèles à eux-mêmes, ils livrent une performance puissante et habitée. Pieds nus, comme toujours, Brett Emmons s’approprie la scène comme s’il était dans son salon. La foule, elle, est conquise dès les premières notes. Ça chante, ça lève les bras, ça vit chaque chanson.
Le groupe, lauréat de multiples prix JUNO et doublement certifié Platine au Canada, n’a plus rien à prouver. Leur quatrième album Glory, co-réalisé par Emmons lui-même, trouve ici un écho puissant. Sur Speed of Light, le public connaît les paroles par cœur. Le rock, ici, est une affaire de corps et de cœur.
Et puis, comme un clin d’œil du ciel, les Pixies s’apprêtent à monter sur scène quand la pluie décide enfin de faire sa diva. Une averse torrentielle balaie la place George-V. Mais peu importe. Les ponchos volent dans les airs, les cris redoublent. Pixies est attendu, et les festivaliers ne comptent pas céder un centimètre de terrain. Le set démarre dans un chaos humide, mais jubilatoire. Pas de doute, la soirée entre dans une autre dimension.
Une soirée placée sous le signe de la tension électrique, entre météo capricieuse et performances fiévreuses. Des Princesses intrépides à des Pixies mythiques, en passant par la chaleur viscérale de The Glorious Sons, c’est tout un spectre musical qui s’est déployé sur George-V. Même la pluie n’aura pas réussi à noyer la fête.
Auteure et Photographe : Sandra Léo Esteves
