Category: Hellfest Open Air Festival 2017

Linkin Park + Prophets of Rage + Slayer + Five Finger Death Punch + … Jour 3 @ Hellfest Open Air Festival 2017

Linkin Park

18 Juin 2017 – C’est une météo sans pitié qui nous attend pour ce dernier jour, avec des températures caniculaires et un ciel d’un bleu aussi enthousiasmant que désespérant. C’est également à cause de cela qu’aura lieu le deuxième gros problème de cette édition 2017 : à cause de ces températures extrêmes, le festival subira dès le milieu de l’après midi une pénurie d’eau potable, obligeant l’organisation à fermer certains points d’eau et occasionnant une énorme attente aux points d’eau restants. Ce sont, avec la poussière, les deux problèmes sur lesquels a promis la direction du festival de plancher pour l’année prochaine. En attendant, les festivaliers se sont rabattus sur la solution la plus simple concernant la soif : la bière, battant le record de consommation du festival avec pas moins de 1.4 millions de demis vendus !


Vôdûn (11:40-12:10 // Valley)

Nous attaquons cette dernière journée plus en douceur, sous la Valley où nous allons découvrir un groupe assez peu connu nommé Vôdûn. Le trio né en 2013 et originaire de Londres intrigue par son style singulier, mélange de stoner psychédélique et sonorités ethniques. La Valley est bien remplie pour une fin de matinée, preuve que la bande a attisé la curiosité des festivaliers.

The Marassa (guitare), Ogun (batterie) et Oya (chant/percussions), apparaissent dans leurs boubous africains très colorées et grimés de maquillages de style tribal, ils prennent place et entament le set. Le son n’est pas mauvais du tout, en tout cas depuis la console c’est bien équilibré,  il faut cependant s’habituer à l’absence de basse et au style plutôt décalé de Vôdûn. Les modulations rythmiques assurées par Ogun ont un effet galvanisant, cette nana envoie du lourd, son jeu est propre et ultra groovy j’adore. Le jeu du guitariste est fluide, il alterne entre riffs très stoner et plans plus mélodiques. Oya quant à elle, nous fait une belle démonstration de chant, son timbre est à la fois puissant et chauds, rappelant par moment Beth Ditto. J’aime beaucoup ce grain chaleureux mais j’ai plus de mal lorsqu’elle monte dans les aiguës. Non pas qu’elle le fasse mal, bien au contraire, je trouve juste que c’est “too much”. La chanteuse double son chant en jouant des percussions : djembé, grelots, tambourin… une belle panoplie qui permet d’agrémenter les compositions de sonorités tribales, envoûtantes, qui vont de paire avec les refrains lancinants. Il faudra attendre la fin du concert pour entendre le titre phare Mawu, issu de leur unique album Possession (2016) et qui remporte bien évidemment tous les suffrages.

Vôdûn nous aura ensorcelés à coup de vaudouisme musical, on regrettera néanmoins le manque total de communication avec le public qui aurait été un vrai plus.

 


Welicoruss (12:15-12:45 // Temple)

 


Prong (12:50-13:30 // MainStage 2)

Il est 12h50 et le soleil tape fort, très fort: crème solaire, casquette, lunettes de soleil, nous sommes parés pour un concert devant la Mainstage 2. Prong jouait déjà en ces lieux en 2013, même scène, même créneau horaire, les voici de retour après une tournée américaine aux côtés de Testament et Sepultura. Nous avions également eu l’occasion de voir le groupe à Paris en octobre dernier en compagnie d’Exodus et Obituary, le show avait été très bon malgré le timing serré. La bande officie toujours en tant que première partie durant un court laps de temps, on ne loupe donc pas une occasion de les revoir. Le trio new-yorkais, maître du groove metal fait son entrée avec Ultimate Authority issu de leur album X (No Absolute) sorti en 2016. Le son est très propre et comme à leur habitude, Tommy Victor (chant/guitare), Mike Longworth (basse) et Arturo Cruz (batterie) balancent leur titres avec énergie. Le frontman est sans cesse en train de motiver la foule qui  semble, malheureusement, avoir bouffé des calmants: les gens sont d’une mollesse impressionnante, ce qui finira bien évidemment par agacer Tommy (et on le comprend). J’ai énormément de mal à saisir le pourquoi du comment, les titres sont punchy à souhait. Prong c’est: des rythmiques groovy ultra entraînantes, des riffs incisifs, des refrains éloquent et des zicos carrés et toujours dynamiques. En tout cas, nous sommes un petit groupe à l’arrière, on se régale, on danse, on chante, porté par les ondes positives qui se dégagent des compos.  Malgré le manque d’enthousiasme de la part du public, les gars assureront jusqu’au bout, nous livrant un peu moins de dix titres et achevant le set avec le combo dévastateur Whose Fist is the Anyway? / Snap Your Fingers, Snap Your Neck, les deux bombes de leur incontournable album Cleansing sorti en 94.
Encore une fois, c’est trop court et nous n’aurions pas craché sur quelques morceaux de Carved in Stone.

Espérons que Prong ait envie de revenir et que la sortie toute proche de leur nouvel opus Zero Days soit le déclencheur d’une nouvelle tournée européenne.)

 


The Vintage Caravan (12:50-13:30 // Valley)

Vintage Caravan

Dans tous les festivals, il y a forcément un groupe que tu ne connais pas, ou peu, qui te met une bonne grosse claque dans la face et qui marque ton festival d’une pierre rouge. Et bien pour moi ce sera The Vintage Caravan en ce dimanche midi. Le groupe venu d’Islande qui se produit dans la Valley devant une tente déjà quasiment pleine va tout déchirer sur scène avec ses compos d’un genre couvrant plusieurs styles, du stoner au rock psyché. Les festivaliers encore endormis seront rapidement réveillés par les riffs de malade du guitariste Óskar Logi Ágústsson, la basse lourde d’Alexander Örn Númason et les coups énervés de Stefán Ari Stefánsson sur sa batterie ! Comment ne pas se laisser entraîner par le riff de Midnight Meditation ou le refrain puissant de Crazy Horses ? Et comment ne pas être touché par le sublime morceau Innerverse et son excellent solo de fin ? Le groupe arrive même à masquer un problème de jack défectueux du guitariste sans que la plupart du public ne s’en aperçoive, tellement il est hypnotisé. Pour leur première participation au Hellfest, The Vintage Caravan ont vraiment assuré et seront, je l’espère, à nouveau programmés dans une future édition à un horaire moins matinal.

 


Motionless in White (13:35-14:15 // MainStage 1)

 


Regardes les Hommes Tomber (13:35-14:15 // Temple)

 


Hirax (14:20-15:00 // Altar)

Hirax

Quoi de mieux qu’un peu de thrash pour débuter l’après-midi ? Ce style était à l’honneur sous l’Altar lors de l’édition 2016, avec des groupes tels que Dust Bolt, Testament, Overkill, Sacred Reich…, cette année il y en a beaucoup moins et ce, à mon plus grand regret. Pas question alors de manquer Hirax. Séance de rattrapage pour les américains qui avaient été contraints d’annuler leur venue l’an dernier. Les thrashers se sont produits plusieurs fois dans des petites salles de notre région Toulousaine, nous sommes donc heureux de retrouver la tornade Hirax au Hellfest et voir ce que cela donne sur cette grande scène.

Quand on connaît un peu le groupe, on sait que Anne, la femme du chanteur les suit partout, faisant presque partie du groupe. Elle s’avance avec son micro et annonce le début du show à la façon d’une speakerine. Les musiciens débarquent aussitôt lançant les premiers accords de la décapante Hellion Rising issue de leur dernier album en date Immortal Legacy sorti en 2014. Très vite, la foule est emportée par l’énergie ultra communicative qui se dégage de la scène et les premiers circles pit prennent forme. Comme à son habitude, Katon W.De Pena met le feu, haranguant sans cesse les festivaliers, courant dans tous les sens et souriant à pleines dents, il semble totalement possédé (les yeux lui sortent presque de la tête délirant ! ). Que l’on aime ou pas son chant perçant, on peut dire qu’il assure, il chante impeccablement malgré son hyperactivité. Maîtrise technique et charisme, il a tout pour conquérir l’audience et ça fonctionne, le public ( que l’on aurait aimé plus dense) lui mange littéralement dans la main après quelques morceaux. Black Smoke, Lucifer’s Inferno, El Diablo Negro… Les titres véhéments aux rythmiques tantôt frénétiques tantôt groovy défilent, les riffs acerbes à souhait résonnent et la bonne ambiance règne sous l’Altar. Les musiciens se donnent à fond, que ce soit Mike Vega derrière les fûts ou les frères Harrison, Steve et Lance, respectivement à la basse et à la guitare. La belle complicité entre les quatre hommes fait plaisir à voir.

Les américains nous servent Bombs of Death en guise de final, un choix judicieux, diablement efficace!!! Hirax nous a envoyé du bon thrash old-school pendant une quarantaine de minutes et je dois dire que ça fait un bien fou !  

 


Black Star Riders (15:05-15:50 // MainStage 1)

 


Ghost Bath (15:05-15:55 // Temple)

Après la déferlante Hirax, place à la douceur obscure de Ghost BathC’est totalement par hasard qu’un jour, intriguée par une jolie pochette, je suis tombée sur l’album Moonlover (2015). J’ai fermé les yeux et je me suis laissée bercer par la musique. Une musique sombre, torturée et tellement belle à la fois…une grosse claque! L’album a d’ailleurs été très bien accueilli par la critique.

La bande s’est formée en 2012, se proclamant à l’époque, originaire de Chine créant ainsi la confusion. Véritablement basé en Dakota du nord, Ghost Bath est actuellement mené par Dennis Mikula, membre fondateur qui assure guitare, chant et clavier. Il est aujourd’hui accompagné des deux guitaristes John Olivier et Tim Church ainsi que du batteur Jason Hirt et de Josh Jaye à la basse. Ils se produisent pour la première fois au Hellfest après une tournée aux côtés de Katatonia et la sortie récente de leur troisième opus Starmourner.

Les américains montent en scène et démarrent avec Thrones, issue de leur dernière galette. Les gars n’y vont pas par quatre chemins et nous balancent d’entrée de jeu un morceau ultra intense. Jason martèle sa grosse caisse à coups de double pédale, accompagné par le son de basse opulent de Josh qui headbang comme un fou. On pourrait penser que trois guitares c’est trop…et bien non, les trois guitaristes se complètent, tant dans leur attitude que dans leur jeu. Ils enchaînent avec deux titres de Moonlover dont la sublime Happyhouse. Le chant de Dennis est tout simplement parfait, aussi maîtrisé qu’en studio, une voix black déchirante qui vient des tripes et qui prend aux tripes. Le public semble à la fois intrigué, dérangé, reposé…l’ambiance est toute particulière sous la Temple.
Une fois encore, je ferme les yeux et me laisse porter par les propos irascibles et magnétiques de Ghost Bath. Les américains nous feront voyager dans leur univers amphigourique et envoûtant pendant près d’une heure. Ils clôturent le set avec la très belle Luminescence.

Nous avons passé un super bon moment en compagnie du quintet qui nous a servi son excellent post black metal avec professionnalisme. Un beau voyage dans les méandres d’un esprit torturé, bercé par une musique atmosphérique, à la fois intense et mélancolique et où la violence et la douceur fusionnent parfaitement. C’était bon, c’était beau.
A revoir en salle et en soirée pour une immersion totale….

 


Ill Nino (15:55-16:35 // MainStage 2)

16h, il est temps d’aller bouffer de la poussière et prendre des coups de soleil sur la Mainstage : c’est Ill Niño, groupe de metal américain qui s’y produit actuellement. C’est une découverte pour moi, et pour être honnête, pas franchement une bonne. Si la musique n’est pas mauvaise, au niveau du chant c’est autre chose : les parties criées… bon c’est du cri quoi, mais dès que ça part en chant, là ça devient assez affreux. On croirait entendre mon cousin émo de 16 ans, enfin mon cousin espagnol de 16 ans, puisque le groupe étant constitué de latino-américains, ils parleront tantôt en anglais, tantôt en espagnol à coups de “Gracias” ou de “¿Dónde está el pogo?”. Après 40 minutes de cette étrange expérience, je me tourne vers la Mainstage 1, pour un concert avec des vrais émos cette fois.

 


A Day To Remember (16:40-17:30 // Mainstage 1)

Plusieurs personnes m’avaient prévenues : “ne va pas voir ça, c’est pas bien !”. Mais ayant écouté au préalable et apprécié certaines chansons, je fais fi de l’avis de ces gens médisants et m’en vais me faire mon avis par moi-même. Et bien, il se trouve que ces personnes n’avaient pas entièrement raison, ni entièrement tort. Si Ill Niño avait été un étrange mélange entre métal et mauvais pop-rock, on a cette fois un mélange étrange entre metalcore et mauvais pop-punk californien. C’est assez troublant : sur certaines chansons, comme Paranoia, ce mélange passe très bien, alors que sur d’autres non… Et de temps en temps on a une chanson de pur punk californien, qui ne passe pas du tout… pourtant je ne suis pas spécialement allergique à ce style, mais dans le cadre ça parait un peu hors contexte. A part ces points négatifs, au niveau du show, pas de problème : les musiciens sont pleins d’énergie et communiquent très bien avec le public. Que ce soit des confettis ou des rouleaux de PQ, ils aiment lancer des trucs dans la foule, et ça le festivalier il aime bien. Un concert pas si désagréable au final, mais si ce jour restera bien “a day to remember”, ce ne sera quand même pas grâce à eux.  


Beyond Creation (16:00-16:40 // Altar)

Beyond Creation

Vite, vite, je me précipite sous la tente voisine pour aller soutenir les copains de Beyond Creation qui se produisent également au Hellfest pour la première fois. Les québécois étaient venus en France fin 2016 pour une tournée en compagnie de Rivers of Nihil, Revocation et Obscura. J’avais eu la chance de faire deux dates et de les revoir en mai dernière lors du Knights of Metal à Barcelone, trois dates, trois excellentes performances et l’occasion de découvrir un peu plus cette bande de joyeux lurons talentueux.

Formé en 2005, Beyond Creation fait dans le death technique et progressif, s’inspirant des plus grand tels que Death ou encore Necrophagist. Toujours soucieux de bien faire et de progresser, le quatuor travaille aujourd’hui sur son prochain album qui succédera à Earthborn Evolution sorti en 2014.
Il est 16h, Simon Girard (chant/guitare), Kevin Chartré (guitare/choeurs), Philippe Boucher (batterie) et Hugo Doyon-Karout (basse), prennent position sur la scène de l’Altar. Ils amorcent le set en force avec la brutale Omnipresent Perception. Le son est plutôt bon, un peu trop fort cependant, ce qui dérange un peu lorsque l’on est placé sur les côtés, les enceintes vibrent beaucoup. Ceci étant, le show n’en sera pas moins bon, comme toujours, les gars envoient du lourd.
Le chant de Simon est puissant et parfaitement maîtrisé, je suis impressionnée, à chaque fois, par sa capacité à alterner entre growl et chant hurlé. Ajoutez à cela son aisance à la guitare, il nous offre de superbes plans mélodiques qu’il se partage avec Kevin qui brille également par son habileté sur sa huit cordes. À l’arrière, Philippe frappe ses fûts avec vigueur, précision tout en gardant cet air décontracté. La rythmique est doublée par la basse fretless six cordes d’Hugo. Arrivé en 2015, le bassiste n’a rien à envier à son prédécesseur (le très bon Dominic Lapointe), il assure comme un chef, nous régalant de somptueux plans bien techniques.
Le public les attendait et semble prendre énormément de plaisir, certains animent le pit pendant que d’autres restent là, bouche-bée, captivés par cette chouette démonstration technique. Les membres de Beyond Creation vont nous servir quelques uns de leurs longs et succulents morceaux comme Theatrical Delirium ou Fundamental Process. Quarante minutes de concerts, quarante minutes de prouesse technique et surtout, quarante minutes de pure plaisir !
Les québécois sont de brillants musiciens mais aussi de très belles personnes, ils sont toujours souriants, humbles et généreux et ne lésineront pas sur la communication avec les festivaliers. Encore une belle claque.

Merci !

 


Candiria (16:45-17:35 // Warzone)

 


Alter Bridge (18:25-19:25 // MainStage 1)

L’heure commence à avancer et on arrive au fur et à mesure aux plus gros groupes de ce dimanche, c’est maintenant Alter Bridge qui investit la Mainstage 1. 2 ans après son excellent concert avec Slash, sur l’exacte même scène, c’est aujourd’hui avec ses accolytes d’Alter Bridge que Myles Kennedy va déchaîner la foule. Et si la performance du groupe est largement à la hauteur de la Mainstage, c’est malheureusement le son de la Mainstage qui ne sera pas à la hauteur du groupe : est-ce que c’est à cause du vent, bien plus présent que les jours précédents, ou autre, nous ne pouvons pas savoir, mais les riffs et solos ultra précis des 2 guitaristes seront rendus de manière un peu trop approximative pour en profiter vraiment. Dommage, au vu de leur niveau et de l’excellence de leurs compositions : que ce soit sur les nouvelles chansons issues de leur dernier album The Last Hero, Show Me A Leader en tête, ou leurs meilleurs morceaux passés comme Cry Of Achilles ou Blackbird, Alter Bridge nous propose un set démentiel, malheureusement un peu gâché par la qualité du son. Un très bon moment tout de même pour tout le public de la Mainstage !

 


Equilibrium (18:35-19:35 // Temple)

 


Prophets of Rage (20:20-21:50 // Main Stage 1)

Prophets Of Rage

Il est temps de se retrouver sur la Mainstage 1 pour un des moments les plus attendus de ce festival, à savoir la venue des Prophets Of Rage, ce super-groupe composé des musiciens de Rage Against The Machine, accompagnés de Chuck D et DJ Lord de Public Enemy ainsi que de B-Real de Cypress Hill. Si qui que ce soit avait le moindre doute sur cette nouvelle machine contestataire, ce doute sera très rapidement dissipé tellement les américains vont mettre le feu. Assez fatigué par mes derniers concerts, je ne tiendrai pas assis plus de 3 chansons avant de partir rejoindre mes amis devant. Si la setlist du groupe comporte une première composition, Unfuck The World, c’est principalement des reprises de Rage Against The Machine qui vont nous permettre de nous défouler pendant ces quelques 1h30 de live. Le tout sera également entrecoupé de plusieurs reprises différentes : Fight The Power de Public Enemy, ou bien How I Could Just Kill A Man de Cypress Hill. Mais surtout, vers le milieu du concert, Tom Morello prendra le micro pour dédier une chanson à Chris Cornell, décédé quelques semaines auparavant, avec qui lui, Tim Commerford et Brad Wilk partageaient également le super-groupe Audioslave. C’est donc une reprise de ce même groupe qu’ils choisissent, Like A Stone, jouée en version raccourcie et sans chant, pour démontrer à quel point le chanteur leur manque. Un moment très émouvant : on peut lire une grande tristesse sur le visage de Tom pendant qu’il joue le morceau… Ce moment d’émotion passé, on peut repartir sur les chapeaux de roues avec Know Your Enemy et Bullet In The Head. Mais ce n’est encore rien comparé à ce qui arrive pour la fin, avec la cultissime Killing In The Name qui provoquera un moment d’hystérie générale dans le public. Malgré la fatigue provoquée par tant d’émotions, nous repartons convaincus d’avoir assisté à un des meilleurs moments de ce Hellfest 2017.

 


Five Finger Death Punch (21:55-22:55 // MainStage 2)

Qu’il est difficile de passer après les Prophets Of Rage… Mais heureusement Five Finger Death Punch ont de la ressource, et surtout un bon paquet de fans dévoués qui rempliront rapidement les rangs de la Mainstage 2. Ce n’était pourtant pas gagné : cette tournée 2017 se passait jusqu’alors très mal, les tensions entre les membres du groupe augmentant de manière exponentielle. Et c’est à peine une semaine avant le Hellfest que la goutte d’eau arriva : le chanteur Ivan Moody, au beau milieu d’un concert aux Pays-Bas, annonce qu’il quitte le groupe. Mais heureusement, sentant l’événement arriver, les autres membres avaient préparé un autre chanteur, Tommy Vext (ex – Westfield Massacre, Snot), qui les accompagnait sur la tournée. C’est donc lui qui a ce soir la lourde tâche de remplacer Ivan, tâche qu’il accomplira haut la main, et même s’il n’est pas prêt de le remplacer dans le coeur des fans, il aura au moins prouvé ce soir qu’il était à la hauteur – surtout pour un de ses premiers concerts avec le groupe. Que ce soit sur des chansons où il faut gueuler bien fort comme Wash It All Away, ou d’autres plus calmes comme la reprise acoustique de Wrong Side Of Heaven, le nouveau chanteur ne se démonte pas et assure jusqu’au bout. Il sera d’ailleurs le seul, de tous les groupes que j’ai vu, à faire une dédicace à la personne handicapée qui slamme à tous les concerts depuis le début du fest, qualifiant cela de “truc le plus métal qu’il aie jamais vu”. Parfait pour une des têtes d’affiche les plus métal de cette édition.

 


Linkin Park (23:00-00:45 // MainStage 1)

Il est 22h, et c’est maintenant la troisième tête d’affiche du weekend qui va se produire sur la Mainstage 1 : Linkin Park, pour un concert qui s’annonce polémique avant même d’avoir débuté. En effet, les évolutions électro-pop du groupe sur leur dernier album One More Light sont loin de faire l’unanimité, surtout parmi le public de métalleux nostalgiques d’Hybrid Theory du Hellfest. La question se posait alors : le groupe va-t-il proposer, dans un tel contexte, un set plus orienté métal, à base de leurs 2 premiers albums, ou des plus récents Living Things et The Hunting Party ? La réponse viendra rapidement, puisque la première chanson après l’intro sera Talking To Myself, chanson pop-rock issue du dernier album. L’effet sera immédiat, et se prolongera durant le premier tiers du concert environ : beaucoup de gens quitteront prématurément le concert, quand ils ne hueront pas simplement le groupe à chaque écart trop pop ou trop électro. Durant tout le concert, on observera ainsi une fracture nette entre fans absolus du groupe, massés devant la Mainstage et un peu éparpillés plus loin, et le reste des festivaliers qui regarderont le concert de manière bien plus critique. On pourra même observer un assez mauvais esprit de certains, allant jusqu’à se moquer du groupe en dansant la macarena, ou en lançant des pichets sur scène (l’épisode sera d’ailleurs marqué par la colère du chanteur Chester Bennington, engageant un combat de regard avec un lanceur de projectile). Une belle perte de temps sachant qu’il y avait au même moment un excellent concert d’Every Time I Die sur la Warzone, qu’ils auraient mieux fait d’aller voir au lieu de rager devant la Mainstage et qui aurait été bien plus constructif. Sinon, pour parler un peu plus de la prestation du groupe, on aura donc effectivement un set assez irrégulier, perdu entre métal, électro et pop. Si l’ensemble apparaît tout de même plus cohérent que ce que j’aurais imaginé grâce à une bonne énergie donnée par le groupe, on aurait évidemment préféré avoir des versions plus métal en live. Certains choix peu judicieux, comme la version dubstep de Castle Of Glass, ou la version piano de Crawling, clairement destinée à faire plaisir aux fans, feront malheureusement tâche au milieu des In The End et autres One Step Closer qui recevront elles un très bel accueil. On peut néanmoins mettre à leur crédit le fait de proposer une expérience assez différente en live, avec beaucoup de versions plus ou moins revisitées de leur répertoire. Malheureusement, après un ensemble en demi-teinte, le groupe enfonce le clou du côté obscur, en terminant le concert 15/20 minutes avant l’horaire prévu, sans faire le moindre rappel. Ce manque de respect est-il dû au comportement du public ? Nous ne le saurons probablement jamais, mais il est peu probable après tout ça que le groupe joue à nouveau au Hellfest dans le futur.

EDIT : Cet article avait été écrit avant l’annonce de la mort de Chester Bennington. Si l’événement ne change rien à la prestation du groupe ce jour-là, c’est quand même avec un regard tout à fait différent que nous nous souviendrons de ce concert. Si l’avenir de la formation sans lui est plus qu’incertain, nous savons tout de même aujourd’hui que c’était la dernière occasion d’assister à une prestation du groupe au complet. Que l’on ait aimé ou pas les dernières évolutions de leur musique, il est indéniable que Linkin Park aura marqué durablement toute une génération de fans de rock et de métal. Chester, tu étais un très grand chanteur et nous te regretterons. RIP.

 


Slayer (00:50-01:50 // MainStage 2)

Slayer

 


The Dillinger  Escape Plan(01:05-02:05 // Warzone)

Nous arrivons à notre dernier concert du Hellfest, et pas des moindres puisqu’il s’agit de The Dillinger Escape Plan sur la Warzone. Les américains sont là dans le cadre de leur dernière tournée avant séparation, c’était donc un concert à ne surtout pas rater pour tous leurs fans (et les autres aussi). Si la fatigue commence à se sentir de mon côté, les 3 jours de festival n’ont pas suffi à entamer la motivation de ces derniers. Et ils vont être récompensés par un show qui va tabasser : le groupe est ultra chaud et va se donner à fond malgré l’heure tardive. L’énergie déployée est vraiment folle et les chansons sont au final bien plus violentes qu’en version album. Un peu trop pour moi d’ailleurs, mais ça ne m’empêche pas d’apprécier quand même le show. Ce qui est sûr par contre c’est que le public devant la scène va lui réellement se déchaîner pour clore en beauté cette très riche édition 2017 du Hellfest. Il est alors temps de rentrer, la tête pleine de bons souvenirs et espérant que l’édition 2018 sera au moins aussi bonne que celle-ci !

 

Article : Fanny Dudognon & Sylvain Ginestet

Photos : Antony Chardon

Aerosmith + Suicidal Tendencies + Airbourne + Primus + Ultra Vomit + … Jour 2 @ Hellfest Open Air Festival 2017

17 juin 2017 – C’est parti pour une deuxième journée placée sous le signe du soleil, de la bière et de la musique ! Le programme du jour s’annonce une nouvelle fois chargé mais rentrons directement dans le vif du sujet et parlons concerts.


Los Disidentes Del Sucio Motel (10:30-11:00 // Valley)

 


The New Roses (11:05-11:35 // Main Stage 1)

 


Verbal Razors (11:05-11:35 // Warzone)

Je décide de commencer cette seconde journée dans la bonne humeur, je pars en direction de la Warzone, accompagnée d’un soleil déjà bien haut et chaud. Nous y retrouvons les tourangeaux de Verbal Razors qui semblent, eux aussi, bien chauds, prêts à nous servir leur thrash crossover décoiffant et mettre le feu aux planches. Le Hellfest est une belle opportunité pour le quatuor, né en 2008, qui sortait son second album Misleading Innocence en 2016.
11h05, les voilà, tout sourire, qui débarquent sur la scène. Le public, bien que clairsemé, leur réserve un accueil plutôt chaleureux et les moshers les plus téméraires ne se feront pas prier pour animer le pit. C’est simple mais ô combien efficace ! Les membres de Verbal Razors sont en place et nous envoient leur compos thrashy, entraînantes à souhait, avec fougue, nous communiquant leur enthousiasme. On bouge, on remue la tête, on se régale ! Killing Snow, Contradiction, No Escape… les morceaux défilent à toute vitesse. La gaieté règne au sein de la Warzone, les premiers circles pit sont lancés et la poussière envahit déjà les lieux (masques et bandanas sont indispensables)… ça promet !

La bande nous a réservé une petite surprise, invitant Kevin, le chanteur d’Insanity Alert pour une reprise décapante d’Alcohol du groupe de punk-hardcore Gang GreenUn premier concert qui nous met en jambes pour la suite, ça fait du bien de commencer la journée avec une bonne dose d’énergie et de bonnes vibrations.

 


Carcariass (11:40-12:10 // Altar)

Le démarrage est sportif, il faut courir pour aller de la Warzone à l’Altar, les cinq minutes de battement entre les concerts sont, pour le coup, trop justes si l’on veut arriver avant le début du show suivant. C’est un autre groupe français qui va maintenant arriver, il s’agit de Carcariass. Formé en 1991, ce trio culte de death metal technique et progressif franc-comtois ne se produit que rarement sur scène et n’a pas re-sorti d’album depuis E-xtinction en 2009.

Il est clair que la bande était attendue, je constate que le public s’est massivement rassemblé sous l’Altar. J’arrive alors que le set est déjà commencé, Raphaël Couturier (chant/basse), Pascal Lanquetin (Guitare) et Bertrand Simonin (Batterie) sont en train de jouer Sideral Torment issu de l’album éponyme. Les trois confrères vont s’exécuter pendant une petite trentaine de minutes (trop petite), ils enchaînent Indians Eviction et ses superbes riffs mélodieux, alalalala qu’est-ce que ça joue bien ! Le public est captivé, nous sommes absorbés par la musique mais également en admiration devant les trois complices qui nous délivrent un set impeccable, et ce, grâce à une maîtrise technique certaine et un son bien meilleur que la veille. Quel bonheur d’entendre résonner Revenger, ce titre très prog et sa rythmique entraînante. Le chant death rocailleux de Raphaël, bien old-school s’harmonise parfaitement avec les compositions du groupe. Je prends vraiment énormément de plaisir durant ce concert et, à voir la tête des gens autour de moi ainsi que les larges sourires des membres du groupe, je ne suis pas la seule !

Les plans de tapping à la basse et à la guitare sont parfaitement réalisés, nous en auront une belle démonstration avec l’excellente Watery Grave. Bertrand n’est pas en reste, alternant entre coups de double ultra rapide et passages plus jazzy, tout en finesse. Le temps passe beaucoup trop vite et le concert touche à sa fin, Carcariass nous sert la percutante Mortal Climb en guise de final. Une prestation remarquable mais un tantinet frustrante de par sa courte durée. C’était excellent et nous en aurions bien pris une demi-heure de plus, espérons que ce passage éclair au Hellfest soit l’amorce d’un retour du trio sur les routes. Un grand bravo pour cette belle leçon musicale, cette claque !

 


The Dead Daisies (12:15-12:45 // Main Stage 1)

 


Insanity Alert (12:15-12:45 // Warzone)

Ne nous arrêtons pas en si bon chemin, et si on se refaisait un petit sprint en direction de la Warzone? Il fallait faire un choix entre le très bon black metal des québécois de Monarque et mes chouchous autrichiens d’Insanity Alert. Bien que je les ai déjà vus plusieurs fois l’an dernier, je ne résiste pas à l’appel du “crossover party thrash” d’Insanity Alert. La journée a commencé sous le signe de la bonne humeur, faisons durer le plaisir!
Né en 2011, le quatuor enchaîne les dates depuis la sortie de leur seconde galette, Moshburger en 2016. Rien qu’à voir le titre de cet opus, vous vous doutez bien que le groupe ne va pas vous servir de la musique d’intello. En effet, les autrichiens aiment la déconne et marquent les esprits grâce à leurs mises en scène délirantes et leur fougue débordante.

Les moshers patientent sous un soleil de plomb alors que la musique d’intro retentit, un sample de chiptune bien kitch qui donne le ton. Les zicos prennent place. Klemens alias Don Melanzani s’installe derrière les fûts accompagné de David à la guitare et Moosi à la basse. C’est parti, on démarre avec Confessions of a Crabman, Kevin apparaît ganté de ses pinces de crabe, c’est du grand n’importe quoi mais musicalement ça dépote ! Et oui, Insanity Alert en live c’est bien plus efficace qu’un guronsan. Les morceaux sont courts mais diablement stimulants: la foule s’active instantanément créant un énorme nuage de poussière.

Nous aurons aussi droit à l’hilarante Why is David Guetta Still Alive ? (c’est vrai qu’on se le demande). Pas de répit, les mecs nous envoient leurs titres et leur énergie débordante en pleine face, on en prend plein les oreilles et on bouffe de la poussière. S’en suit LE morceau que j’adore, Glorious Thrash et ses riffs impétueux ! Puis, Kevin enfilera sa camisole et ses lunettes flashy pour interpréter Zongo Vs. Eyeball avant la fameuse Run to The Pit, en hommage à Maiden et au moshers.

Un final au top qui clôt un set également au top ! Bonne humeur, bon groupe, bonne zic’, what else?


Ultra Vomit (12:50-13:30 // Main Stage 2)

Rien de tel qu’un bon gros concert débile dans un festival, et avec Ultra Vomit, on peut difficilement faire mieux ! Le groupe jouit d’une popularité grandissante depuis la sortie de son album Panzer Surprise, attendu comme le Messie depuis de nombreuses années. Cette notoriété vaudra au festival un record de fréquentation de la Mainstage à midi, que ce soit des fans ou des curieux, on peut vraiment dire que le groupe attire la foule. Il est 12h50 et la bande arrive sur le thème de Fort Boyard… oui oui, vraiment !

Et ce n’est que le début… il y aurait trop à dire alors je vais m’en tenir à mon top 3 des moments du concert :

  • 3 : Le “wall of chiasse” sur Pipi VS Caca… rien à ajouter je crois.
  • 2 : Le featuring d’Andreas et son magnifique costume de canard sur Je Collectionne Des Canards (Vivants)
  • 1 : Ce moment improbable ou le groupe arrive à faire faire la chenille à l’intégralité (ou presque) du public de la Mainstage sur La Ch’nille (coucou Anaëlle !). Qui d’autre qu’Ultra Vomit aurait pu faire ça ?

Ma seule déception : l’absence de Jésus de la setlist, qui aurait détonné dans un festival réputé sataniste. Mais qu’à cela ne tienne, rendez-vous en fin d’année au Bikini à Toulouse pour rattraper ça !

 


Phil Campbell & The Bastard Sons (13:35-14:15 // Main Stage 1)

Phil Campbell, si vous ne le connaissez pas, n’est rien de moins que le guitariste de Motörhead, qui a monté ce groupe avec ses 3 enfants et le chanteur Neil Starr. Suite à la mort de Lemmy en 2015, et avec cela la fin du combo mythique, Phil Campbell se consacre entièrement à ce projet, et c’est avec lui que nous le retrouvons aujourd’hui. Si nous ne sommes pas surpris que Phil soit toujours aussi bon, on est soulagés de voir que sa descendance assure autant que lui. Le groupe a bien quelques compos à nous offrir mais ce sont principalement des reprises de Motörhead qui viendront agrémenter le set, avec bien sûr les classiques Killed By Death et Ace of Spades. Une bonne surprise pour tous les fans de Motörhead !

 


Igorrr (13:35-14:15 // Temple)

 


The Treatment (14:20-15:00 // Main Stage 2)

 


Nails (15:05-15:55 // Altar)

Après une petite pause, il est temps de reprendre le chemin vers L’Altar. Nous retrouvons un groupe qui a fait parler de lui: Nails. En effet, les américains avaient annoncé leur séparation l’an dernier peu après la sortie de leur troisième album You Will Never Be One Of Us annulant également la tournée prévue en suivant.
La bande s’est donc reformée et est de retour sur les planches après un long moment sans tourner. Nous savons que Nails ne fait pas dans la dentelle proposant un mélange brutal de grind, de death; de la powerviolence qu’ils disent ! Je ne suis pas pure amatrice du genre mais, puisque je suis là et eux aussi, autant en profiter.

Les amateurs de bourrin ne seront pas déçus, les américains vont nous balancer leur haine en pleine poire et sans concession. La musique, les paroles, le jeu de scène… tout est puissant et agressif, bim prends toi ça ! Les spectateurs sont totalement emportés par la violence et l’intensité déversées sur scène et ne se font pas prier pour bouger. Dans le pit c’est l’ébullition: pogos, circle pit et bien sûr, poussière !

Je regarderai finalement le show en entier, surprise par la rage et l’énergie que dégage le groupe. Comme souvent, j’arrive à apprécier ce style en live, ça passe vraiment très bien. Cela peut sembler paradoxal mais la bonne ambiance est garantie malgré la brutalité du genre. 


Ugly Kid Joe (15:05-15:55 // Main Stage 1)

Toujours sur la Mainstage, nous retrouvons les américains de Ugly Kid Joe. Milieu d’après-midi et chaleur intense obligent, je me place à l’ombre assez loin de la scène, je vois donc peu le concert mais entend parfaitement le son. Je connais assez peu le groupe, contrairement aux gens autour de moi qui reprendront à tue-tête les tubes de la bande, principalement les titres Cats In The Cradle et Everything About You. Nous aurons aussi droit, pour la deuxième fois de la journée, à une reprise de Ace Of Spades de Motörhead. C’est vraiment la journée d’hommage à Lemmy

 


Ereb Altor (15:05-15:55 // Temple)

On change de côté, les suédois d’Ereb Altor s’apprêtent à jouer sur la scène de la Temple. Ils se sont formés en 2003 et sortaient leur tout premier opus en 2008. Malgré une mise en route assez longue, la bande s’avère pro-active, réalisant des albums presque tous les ans, et en ont aujourd’hui six. Le prochain, Ulfven est prévu pour le 16 juillet. Si le groupe officiait d’abord dans un style plutôt doom, il a évolué vers un black/viking metal plus soft. J’avais découvert Ereb Altor à leurs débuts et ai toujours beaucoup aimé leurs compositions, cependant je n’avais encore jamais eu l’occasion de les voir sur scène. J’étais ravie d’apprendre que les suédois étaient programmés au Hellfest cette année.

La scène est sobre, décorée d’un backdrop et de bannières aux couleurs du nouvel album. Les festivaliers offrent un accueil plutôt chaleureux aux vikings qui apparaissent grimés d’un maquillage couleur sang, parés de  cuir et de clous. La musique résonne agréablement sous la Temple, là encore, le son est meilleur que la veille. Ereb Altor nous livre son viking black metal aux sonorités doom  très inspiré et souvent comparé au mythique Bathory. Les titres défilent, les mélodies s’infiltrent dans nos oreilles, le jeu des suédois est propre, la voix de Crister (aussi à la guitare) est un régal. Les spectateurs semblent absorbés par l’univers sombre et pénétrant des scandinaves, certains planent totalement, d’autres en profitent pour se détendre et siester à l’ombre, bercés par la douceur des propos. Je passe un bon moment en compagnie d’Ereb Altor jusqu’à ce qu’une nana vienne se poster devant moi et faire une étrange danse, complètement barrée, à tel point que je n’arrive plus autant à apprécier le show. Dommage car la prestation était vraiment bonne.

 


Pretty Maids (16:00-16:50 // Main Stage 2)

 


Frank Carter & The Rattlesnakes (16:45-17:35 // Warzone)

Changement de scène pour voir de la grosse baston avec Frank Carter sur la Warzone. J’avais découvert son groupe au Bikini de Toulouse, en première partie de Biffy Clyro, je savais donc à quoi m’attendre, et j’étais quand même loin d’imaginer la folie que ça allait être ! Dès les premières minutes de ce concert explosif, Frank va slammer dans le public pendant une chanson, avant de se lever sur ses jambes et “marcher” sur la foule, comme Jésus marchait sur l’eau en son temps ! Il fera ainsi la chanson suivante entièrement debout, porté par des gens qui ont dû transpirer à grosses gouttes… Frank Carter est vraiment venu là pour nous donner une leçon de punk, et ce n’est pas fini ! Quelques morceaux plus tard, il va alors demander au public de réaliser le plus gros circle pit du Hellfest… mais alors que celui-ci s’exécute, Frank, insatisfait, va donc demander de faire le circle pit autour de la régie en face de lui, soit un cercle de plusieurs dizaines de mètres de diamètre ! La folie, je vous dis… Le concert aura au final duré 50 minutes, mais je n’ai pas vu le temps passer tellement le groupe a mis le feu. Si vous ne les avez jamais vus et que vous aimez le punk, allez-y les yeux fermés !

 


Steel Panther (16:55-17:55 // Main Stage 1)

Je quitte rapidement la Warzone après le concert de Frank Carter, et débarque à temps pour voir les 20 dernières minutes du concert de Steel Panther sur la Mainstage 1. J’arrive donc pile à temps pour le sexy time du concert, quand le chanteur Michael Starr invite les filles du public à monter sur scène et à montrer leurs seins… une cinquantaine de jeunes filles se retrouvent donc sur les planches, dont la moitié environ se pliera à la demande du chanteur, ce qui fera un peu plus que les 17 Girls In a Row de la chanson qu’ils joueront à leurs côtés. Le frontman va alors en prendre une dizaine sur la plateforme devant la Mainstage 1 pour la chanson suivante, Gloryhole, qui danseront très sensuellement entre elles et avec lui… Il fait très chaud aujourd’hui non ? Le morceau fini, les filles repartent de cet intermède dans le public, comblées d’avoir pu passer ce moment avec les panthères du heavy metal. Et c’est sur une petite dernière, Party All Day (Fuck All Night), que les Steel Panther vont quitter la scène sous les applaudissements d’un public conquis.

 


Decapitated (17:40-18:30 // Altar)

17h40, énième stop sous l’Altar, nous passerons cette fois-ci un moment en compagnie de Decapitated. Le groupe de death metal polonais qui est actif depuis une vingtaine d’années a connu de nombreux changements de line-up et des moments très difficiles. Cela ne les a pourtant pas arrêtés, ils ont longuement parcouru les routes après la sortie de Blood Mantra en 2014. Les polonais sont de retour au Hellfest  (où ils n’avaient pas joué depuis 2010), pour notre plus grand bonheur, un petit mois avant la parution de leur nouvel album Anticult.
Eux non plus je ne les ai encore jamais vus, je peux vous dire que je me languis et me place à la barrière sans hésiter.

Il est 17h40 lorsque l’intro indus retentit, le quartet prend place devant l’immense backdrop sur lequel est écrit “Decapitated, from pain to strength”. Les mecs nous balancent d’entrée de jeu leur death metal bien brutal en pleine face avec The Blasphemous Psalm to the Dummy God Creation. Ça blaste sec, Mlody, présent depuis 2016 seulement, semble à l’aise, il envoie du lourd à la batterie! Vogg à la guitare et Hubert Wiecek à la basse headbanguent déjà comme des dingues pendant que le charismatique vocaliste Rafal Piotrowski arpente la scène hurlant dans son micro.

Le son n’est pas terrible, le jeu de light est assez minimaliste mais, même si le chanteur n’intervient que rarement pour communiquer, on sent vraiment que les musiciens sont ravis d’être là, ils se donnent à fond. Decapitated nous offre un show à son image: brut de décoffrage. Never, Day 69, Mother War… les compositions de Decapitated, à la fois techniques et déstructurées, se succèdent, du bon death brutal avec quelques plans groovy et d’autres plus indus qui apportent une touche de modernité.
Le chanteur est exalté, la foule l’est tout autant, il y a du mouvement dans la fosse et les slameurs défilent. Le frontman soulignera qu’il préfère ne pas trop parler pour pouvoir jouer un maximum, ce qui n’est pas pour nous déplaire. On se régale d’une petite dizaine de titres tous plus bourrins les uns que les autres, qui nous permettent de nous défouler et de nous déboîter la nuque. On apprécie la bonne humeur et le sourire du chanteur qui remerciera le public pour son chaleureux accueil.

Encore un très bon show en cette seconde journée de festival, nous n’aurions néanmoins pas craché sur un ou deux morceaux en exclu. Enfin, on ne va pas se plaindre quand même ! 

 


DRI (18:55-19:55 // Warzone)

Il faut encore se taper un sprint pour atteindre la Warzone (comme s’il ne faisait pas assez chaud comme ça! ) où va se produire l’un des groupes mythiques de crossover, j’ai nommé Dirty Rotten Imbeciles. Trente-cinq ans d’existence avec seulement sept albums studio, dont le dernier date de 1995, D.R.I ne se fait pas oublier pour autant, foulant des centaines de scènes. Ils font un retour plus marqué dans nos contrées depuis quelques années et un EP est sorti en 2016. Nous avions d’ailleurs eu la chance de les recevoir en terre albigeoise en 2015 à l’occasion de l’Xtreme Fest, même heure, même soleil de feu et une ambiance de fou qui donnaient alors un goût de reviens-y. C’est avec un certain plaisir que nous allons rejoindre les fans de punk-hardcore, thrash pour une bonne heure de fiesta.

En arrivant, j’aperçois les texans qui sont en train de jouer Who am I? Incontournable titre d’ouverture, les spectateurs sont déjà en action, ça tournicote dans le pit et on voit un nuage de poussière s’étendre jusqu’à la scène. Les morceaux vont défiler à vitesse grand V, les refrains éloquents tels que ceux de Violent Pacification ou encore Slumlord, sont repris en chœur par la foule exaltée. On appréciera la sympathie des musiciens, Kurt Bretch, le chanteur, ne lésine pas sur la communication. Ils ne manqueront pas de nous dire à quel point nous sommes chanceux d’avoir un festival comme le Hellfest, avant de nous balancer la parfaite et super thrashy Acid Rain ! On a qu’une envie c’est de sauter partout et de doubler la voix de Kurt en hurlant “Acid Rain !” à plein poumons. La chaleur n’empêche pas les festivaliers de bouger, c’est la folie dans le pit, ça pogotte, ça headbang et ça slam dans tous les sens. Les challengers ont du taff !

On savoure chaque titre, il y en aura encore une dizaine avant la fin du set, de quoi se régaler de ces rythmiques bien punk et riffs dévastateurs old-school à souhait. Le guitariste Spike Cassidy et le bassiste Harald Oimoen sont, comme à l’accoutumée, à fond, et nous dévoilent leurs belles mimiques. Walter Ryan quant à lui est tout détendu, frappant ses fûts avec précision tout en mâchant son chewing gum.
Le show se termine avec Abduction suivie de The Five Year Plan, deux tueries qui dépotent en live, du blast et des cris, de quoi vous exciter encore un peu plus et finir en beauté.

Les membres de D.R.I n’ont pas perdu leur fougue d’antan, ils en ont dans le ventre et nous ont servi un set ultra énergique et généreux: carrément EXCELLENT !  A voir et à revoir.


Trust (18:55-19:55 // Main Stage 1)

Retour sur la Mainstage 1 où un monument du rock français nous attend : Trust ! Le groupe emmené par Bernie Bonvoisin et son magnifique bob coloré sur la tête, s’est reformé l’an dernier après un break de quelques années. Sachant qu’ils avaient annulé leur venue au Hellfest lors de leur dernière rupture, en 2011, on peut dire qu’ils sont ce soir très attendus. Bon ok, pas vraiment par moi en fait, vu que je ne connais comme beaucoup de monde que leur tube Antisocial… Du coup je découvre ce soir, et malheureusement ça ne prend pas : je m’ennuie très rapidement… Pourtant il n’y a rien de mauvais, les musiciens sont très bons, le guitariste tape d’excellents solos, le chanteur est à fond, que ce soit dans son rôle ou dans ses discours très engagés politiquement entre les chansons… mais ça ne passe pas vraiment, à part sur la dernière chanson (Antisocial, évidemment) qui va littéralement réveiller tous les gens qui comme moi, commençaient à s’endormir. Au final, ce fut certainement un excellent concert pour les connaisseurs, mais juste un moment sympa pour les autres.

 


Soilwork (19:40-20:40 // Altar)

C’est un style radicalement différent que nous retrouvons ensuite avec Soilwork, mon seul concert sous la Altar du festival. Le premier truc qui frappe, c’est évidemment le volume bien plus élevé que les autres scènes. Ici, pas question de faire sans ses bouchons d’oreilles… Surtout que Soilwork, c’est de la bonne grosse violence ! Les mecs envoient un metalcore bien bourrin, donc mieux vaut être prévenu avant. Alors d’habitude, ce genre de musique dépasse ma limite du supportable, mais grâce à des accalmies bien senties de temps en temps, j’arrive à apprécier leur musique. Je reste cependant assez loin de la scène, mais nul doute que ça a du pogoter très sévèrement devant !

 


Chelsea Wolfe (19:40-20:40 // Valley)

J’ai énormément écouté les albums Pain is Beauty et Abyss respectivement sortis en 2013 et 2015. J’aime beaucoup ce mélange subtil de metal, rock gothique, dark folk et musique qui fait la singularité de Chelsea Wolfe. J’avais loupé son concert à Toulouse il y a deux ans et souhaitais profiter de sa venue au Hellfest pour rattraper le tir. Cependant, lorsque l’on vient de se prendre une bonne dose de DRI sous un soleil de plomb, qu’on a dansé comme des dingues avec les copains, il est difficile de sortir de cet état d’excitation extrême. J’écoute deux titres de Chelsea Wolfe et n’arrive absolument pas à rentrer dans le show, si ses compositions à la fois sombre et planantes m’envoûtent réellement lorsque j’écoute sur cd, là je reste totalement de marbre…
A revoir en salle et dans un autre état d’esprit.

 


Alcest (20:45-21:45 // Temple)

 


Airbourne (21:05-22:15 // Main Stage 1)

Place à Airbourne maintenant sur la Mainstage 1, qui aurait en fait pu s’appeler le Joel O’Keeffe Show tellement le mec fait n’importe quoi sur scène. Cela va donc être encore un grand moment pour le public, un peu moins pour les gens de la sécurité qui doivent se demander ce qui les attend… En dehors des pitreries du chanteur, Airbourne est un groupe de hard rock australien qui aime beaucoup les gros amplis, on n’est donc pas surpris de voir le classique mur d’enceintes Marshall comme décoration d’arrière-scène. Après une intro sur Ready to Rock, c’est le méga tube Too Much, Too Young, Too Fast qui retentit et déchaîne l’énergie des festivaliers. Trois chansons plus tard, alors que le groupe entonne la chanson Girls In Black, un kangourou, ou plutôt un homme dans un kangourou, débarque sur scène et court partout… alors qu’il descend de la plateforme, le chanteur le suit et monte sur son dos, d’où il va se faire tranquillement un petit solo de guitare, avant que le kangourou sus-mentionné ne lui donne une bière qu’il ouvrira évidemment en la cassant sur sa tête. Un peu plus tard, il viendra d’ailleurs carrément avec sa glacière sur le devant de la plateforme, d’où il offrira des bières au public, préalablement ouvertes par son crâne bien sûr. Ce mec est fou. Mais ce n’est pas fini : sur la dernière chanson, Runnin’ Wild, même si cela lui avait déjà été interdit (c’est une habitude chez lui…), il va grimper en haut d’un des poteaux qui soutient la Mainstage, va jouer un peu de guitare en haut puis redescendre. Je sais je l’ai déjà dit mais ce mec est vraiment fou. Mais c’est du coup juste génial à voir en live !

 


Primus (21:50-22:50 // Valley)

Groupe culte né dans les années 80, Primus est connu pour son univers totalement décalé, même carrément barré ainsi que ses compositions démentielles alliant rock expérimental, funk, metal… Que l’on aime ou pas, il faut reconnaître qu’il y a du génie dans la musique de Primus. J’avoue que je n’ai jamais réussi à accrocher en dehors de quelques titres. Néanmoins, poussée par mes potes totalement fans, je décide d’aller voir ce que ça donne en live et ne pas mourir bête, d’autant plus que leur venue est exceptionnelle.

La Valley est blindée et je me dis déjà que je ne vais pas tenir pas très longtemps au milieu de cette foule compressée. La chouette intro Clown Dream de Danny Elfman retentit, les spectateurs acclament Larry Lalonde qui s’avance avec sa guitare Tim Alexander s’installe derrière sa batterie. Les cris redoublent à l’arrivée du maître bassiste Lee Claypool. Les cordes de sa basse vibrent et résonnent, nous reconnaissons les premiers accords de Those Damned Blue-Collar Tweeker. Le public est déjà bouillant, ça tape dans les mains, ça cri fort, ça bouge beaucoup et les slammeurs se multiplient. Des slams pendant Primus ? Il faudra m’expliquer !

Bref, je vais rester un dizaine de minutes avant de devoir escalader la barrière et sortir de cet enfer. Je pense que j’aurais pu aimer le show, convaincue que les titres prennent toute leur dimension en live et portée par les rythmiques bien groovy. Impossible de supporter cette folie humaine, il n’y a plus qu’à espérer les revoir dans de meilleures conditions.

 


Apocalyptica (22:20-23:20 // Main Stage 2)

Changement radical de style sur la Mainstage 2 avec les finlandais d’Apocalyptica et leurs violoncelles. En 2017, on fête les 20 ans de leur album Metallica by four Cellos, le programme est donc très simple ce soir : reprises de Metallica uniquement. On commence donc tranquillement avec Enter Sandman et Master Of Puppets, classiques parmi les classiques, joués uniquement par les 4 violoncelles. Cette phase d’accalmie est bienvenue sur le festival, mais 2 chansons sans batterie étant largement suffisantes, ils vont heureusement faire la suite du concert avec leur batteur Mikko Sirén. Plus le concert avance, et plus on est surpris par ce qu’arrivent à faire les musiciens avec leurs violoncelles : les solos de Kirk Hammet sont parfaitement retranscrits, la rapidité et la précision de leurs doigts sont juste hallucinants ! Et les sons qu’ils arrivent à produire avec leurs instruments sont bluffants : à des moments, on croirait vraiment entendre des guitares électriques… Après des grosses chansons comme One, For Whom The Bell Tolls ou Battery, le groupe quitte finalement la scène après la douceur de Nothing Else Matters, laissant derrière lui un public calmé, mais pas pour très longtemps…

 


Aerosmith (23:25-00:55 // Main Stage 1)

Il est déjà l’heure de la deuxième tête d’affiche du festival, et c’est encore un groupe mythique que nous a réservé le Hellfest aujourd’hui : Aerosmith, qui a choisi le festival comme seule date en France pour sa tournée d’adieu ! Autant le dire tout de suite, comme Deep Purple hier ou Trust ce jour, Aerosmith a beau être un groupe culte et un monument du rock’n’roll, je les connais finalement assez peu. Et là aussi, comme pour les autres, je vais très rapidement m’ennuyer. Encore une fois, ce n’est pas vraiment de la faute du groupe, ici aussi les mecs sont bons… mais ils sont juste vieux, et en fait je crois que c’est ça le problème. Pourtant ce n’est pas toujours le cas, j’avais par exemple bien pris mon pied sur Motörhead il y a 2 ans. Mais là je sais pas, c’est fade, sans réelle énergie, bref on s’ennuie. Même sur les chansons les plus connues, comme Dream On ou Walk This Way, jouées en rappel, je n’arrive pas à me mettre dedans… Pour preuve, je passe les trois quarts du concert assis, sans qu’aucun morceau ne me donne envie de me lever. Mais je vois bien que mon avis est minoritaire : autour de moi les gens bougent, dansent, chantent, secouent la tête… Au final, la majorité du public, je pense, a apprécié ce concert… moi je me suis juste ennuyé.


Opeth (00:00-01:00 // Altar)

Opeth…a-t-on besoin de présenter les suédois ? 27 ans d’existence, 12 albums , une évolution de leur style parfois critiquée mais surtout des compositions exceptionnelles, riches musicalement et émotionnellement. J’adore Opeth, vous l’aurez compris, quelques soient les époques, le groupe de death progressif à toujours réussi à me toucher et leur dernière galette Sorceress a bien évidemment tourné en boucle dans ma platine depuis sa sortie en 2016, une autre pépite à mon goût…

00h00, l’Altar est, comme en 2014, noire de monde pour accueillir Mikael Åkerfeldt et sa bande qui montent sur les planches, amorçant le set avec le sublime titre éponyme de leur dernier opus. Il ne se passera pas grand chose visuellement parlant, les lights passeront du rouge eu bleu, les musiciens sont plutôt statiques mais, quand on connaît Opeth, on sait à quoi s’attendre. Le groupe était programmé au Summer Breeze en 2015 et je n’avais pas du tout réussi à rentrer dans le show, probablement à cause de cette “froideur” doublée d’un espace beaucoup trop grand. Abrités sous l’Altar, plongés dans le noir, nous pouvons plus facilement nous imprégner de l’atmosphère, tendre l’oreille et savourer. Il suffit de fermer les yeux et de se laisser porter par la musique pour vivre un moment musical beau, magique, unique… 

Ghost of Perdition, Cusp of Eternity, Heir Apparent… Bien que très différent, les titres s’enchaînent parfaitement, fluidement, ils s’infiltrent agréablement dans nos esgourdes. Techniquement, c’est carré, comme d’habitude. Les gars assurent, le son est plutôt bon, tous les instruments sont perceptibles. Le frontman vient ponctuer le show de son humour singulier, il plaisante de leur passage simultané avec Aerosmith sur la MainStage (on aurait d’ailleurs presque oublié qu’un si gros groupe était en train de se produire à quelques mètres de là). Les mimiques du claviériste qui semble se soucier de sa coiffure me font autant sourire que les blagues d’Åkerfeldt
Nous aurons le plaisir d’entendre la magnifique Era avant le “long” morceau de clôture : Deliverance.  Long certes, mais tellement bon, j’en ai des frissons.

Le chanteur remercie une dernière fois son public avant de s’éclipser. Une heure de show c’est bien oui mais quand on aime c’est vraiment trop court. Nous espérons forcément qu’Opeth sera bientôt de retour dans les salles pour nous servir un set de deux heures (au moins).
Leur musique évolue mais ne vieillit pas, tout comme les membres du groupe, c’est Mikael qui l’a dit !


Suicidal Tendencies (01:00-02:00 // Warzone)

Direction la Warzone maintenant où nous attend une expérience bien plus électrisante avec le punk hardcore des Suicidal Tendencies. Dès leur arrivée sur scène, les mecs annoncent la couleur : rythme ultra rapide, musiciens qui courent et sautent partout sur scène, ça déborde d’énergie et ça fait du bien ! Le public est clairement déjà acquis à leur cause et sont venus en masse les soutenir à coups de gros pogos devant la scène. Comme pour Tagada Jones la veille, il y a tellement de monde que je peine à m’approcher de la scène.

De You Can’t Bring Me Down à Subliminal, en passant par Cyco Vision, c’est un véritable best of de leur carrière que nous offre le groupe ce soir. Et c’est la chanson Pledge Your Allegiance qui sera choisie pour terminer le set avec un énorme envahissement de scène qui clôturera à merveille ce second jour de festival.

Article : Fanny Dudognon & Sylvain Ginestet

Photos : Antony Chardon

Rob Zombie + Deep Purple + Rancid + Monster Magnet + … Jour 1 @ Hellfest Open Air Festival 2017

Rob Zombie

15 juin 2017 – Ça y est, après un an d’attente, le rendez-vous des metalleux de France, et même d’Europe pour certains, arrive enfin et l’excitation est à son comble ! Nous sommes donc jeudi, veille du premier jour de festival et il est temps pour nous de poser nos valises à Clisson pour un weekend qui se promet torride : la météo annonce en effet un soleil brûlant et un ciel sans nuage pour les 3 prochains jours. Le programme est plutôt calme pour cette journée de préparation : récupération des pass, de la cashless, installation sur le camping et… apéro bien sûr ! Nous nous installons sur le Purple Camp, un des plus éloignés mais aussi des plus tranquilles, et surtout (nous ne le savions pas encore) un des plus protégés de l’élément le plus oppressif de cette édition 2017 : la poussière. Les pauvres campeurs installés sur les premiers camps comme le White Camp, eux, subiront de plein fouet ce fléau et rentreront chez eux avec des tentes marron…

Le jeudi c’est aussi l’occasion de flâner au Hellcity Square où les nombreux partenaires du Hellfest proposent diverses activités, de faire un tour sans stress à l’Extreme Market, d’assister à des shows proposés au Metal Corner et sur différents stands du Square. C’est aussi le moment de retrouver les copains, de revoir des fidèles que l’on croise à chaque édition. Nous remarquons tout de suite qu’il y a eu pas mal de changements quant à l’agencement ainsi que l’installation de nouvelles structures, comme par exemple la « Wedding Chapel ». Les organisateurs ne manquent décidément pas d’idées !

Il faut un peu de temps pour se ré-acclimater, s’habituer au bruit, à la foule et se dire que ça y est, nous y sommes et qu’il est temps de lâcher prise pour un weekend détente (plutôt sportif pour certains d’entre nous) placé sous le signe des concerts, du Metal, de la bière, de la bonne humeur, entre autres…

 


16 juin 2017 – Après une première soirée entre amis sur le camping, il est temps de se lever pour enfin accéder au site. Nous passons donc pour commencer par le nouvel espace VIP qui a été déplacé, totalement mis à neuf et agrandi cette année : pelouse synthétique, statues, fontaine et bassin pour se rafraîchir : l’endroit est vraiment superbe. Tellement que nous aimerions pouvoir nous dédoubler pour assister aux concerts et rester s’y reposer en même temps, certains passeront d’ailleurs plus de temps là-bas que devant les scènes (c’est un peu dommage) !

 


Deathcode Society (11:05-11:35 // Temple)

La journée démarre fort avec les français de Deathcode Society qui semblent attendus vu le nombre de festivaliers déjà présents sous la Temple. Le groupe originaire d’Annecy et formé en 2009, va nous présenter quelques titres de son album Eschatonizer, sorti en 2015.
Les membres du groupe encapuchonnés et masqués débarquent sur les planches et vont s’appliquer à nous servir leur black métal symphonique à la fois sombre et pénétrant. Les titres sont intéressants en live, les nappes symphoniques, délivrées par le clavier très présent sur album sont moins perceptibles en live ce qui rend le son plus brutal mais pas moins bon pour autant. Les changements de rythmes sont fréquents, parfois lents, parfois plus thrashy et le chanteur assure vraiment, tant vocalement que scéniquement. Les mélodies sont captivantes, on rentre facilement dans le show et le temps passe vite. Le public, bien qu’encore un peu endormi, est plutôt réceptif. Deathcode Society nous offre là une belle entrée en matière…

 


Sidilarsen (11:05-11:35 // Main Stage 1)

Sidilarsen

 


The Decline ! (11:05-11:35 // Warzone)

En même temps, on attaque doucement sur la Warzone avec le punk des français de The Decline !, un groupe qui ne nous vient pas de très loin puisque originaire de Nantes. La foule est encore clairsemée du fait de l’heure très matinale, mais elle n’en est pas moins motivée : le bonheur de retrouver le festival et de s’adonner aux premiers pogos et circle pits se lit sur tous les visages.

La musique plutôt calme de ce groupe (comparé à ce qui passe en général sur la Warzone) est parfaite pour débuter cette journée en douceur, les accents celtiques de certaines chansons, notamment Let’s Get Drunk, donnent clairement envie de sauter partout une bière à la main comme dans un bon vieux pub irlandais !


Myrath (11:40-12:10 // Main Stage 2)

On passe à du plus lourd, avec Myrath sur la Mainstage 2, groupe originaire de Tunisie qui joue un métal progressif teinté de sonorités orientales. On est là sur du très très bon niveau technique, le guitariste Malek Ben Arbia est excellent, et la basse appuie parfaitement une batterie hyper carrée. Le seul point négatif, c’est le son : la multiplication des instruments passés en fond additionnée aux instruments sur scène donne un résultat final assez brouillon. Dommage, car l’ensemble aurait été très bon, surtout avec la scénographie très orientale elle aussi : éléments de décors architecturaux et danseuse orientale sur les derniers morceaux, tout y est ! En bref, un concert sympathique qui apporte une touche d’originalité et de fraîcheur dans le programme de la journée.

 


Okkultokrati (11:40-12:10 // Valley)

Changement de lieu et changement de style radical avec Okkultokrati. La Valley est encore clairsemée lorsque les norvégiens montent sur scène. La formation, née en 2008 est assez active puisque quatre albums ont déjà été réalisés dont Raspberry Dawn sorti l’an dernier.
Difficile de classer le groupe dans un genre particulier, il distille un rock aux influences hyper variées. Les rythmiques sont bien rock’n’roll, on se dit que les mecs ont  probablement souvent écouté Motörhead. Le son est assez old-school avec une petite touche plus moderne apportée, entre autre, par la présence d’un clavier. Le chant est typiquement black metal mais le vocaliste nous livre par moment un chant clean et plus grave dans un style presque gothique, new wave. Ce petit melting-pot n’est pas désagréable, au contraire, mais le tout est très répétitif. Si les morceaux d’Okkultokrati ont un effet plutôt hypnotisant sur album, là, on aurait plutôt tendance à se lasser, le public s’amoindrit d’ailleurs au fil du set. J’ai tout de même été captivée par le bassiste et le guitariste qui s’agitaient dans tous les sens, on les aurait bien vus jouer dans un groupe de thrash. La bande, ravie de se produire au Hellfest, se donne mais la sauce ne prend malheureusement pas suffisamment, les spectateurs restent dans l’ensemble assez passifs. A revoir dans un lieu plus intimiste.

 


Betraying The Martyrs (12:15-12:45 // Main Stage 1)

Betraying the Martyrs

 


True Black Dawn (12:15-12:45 // Temple)

Retour sous la Temple pour une seconde dose de black métal en compagnie des finnois de True Black Dawn. Le dernier album en date du combo, Come The Colorless Dawn, a vu le jour en 2016, c’est d’ailleurs le premier album sorti au nom de True Black Dawn. Ne vous méprenez pas, nous n’avons pas à faire à des débutants puisque le groupe a été créé au début des années 90, se nommant à l’époque Black Dawn et avait sorti quelques démos et un premier opus en 2001.
Il n’est que 12h15 mais c’est déjà l’heure de se plonger dans l’univers obscur de True Black Dawn. L’heure de la messe noire a sonné, les musiciens apparaissent grimés, les lumières éclatent comme des éclairs et les premières notes de Pitbound retentissent faisant ardemment vibrer les enceintes. Le chanteur, habité et affublé de sa tenue de prêtre « satanique » nous balance un cri sorti d’outre-tombe, le set s’annonce intense. On retrouve ici l’essence même du trve black metal, sombre et brutal avec des rythmes lancinants et des riffs à la fois lourds, lents et prégnants. Le batteur nous projette des coups de double pédale dévastateurs, quelle violence !
Le set de True Black Dawn passe vraiment bien malgré le son, trop fort, qui aura tout de même un peu gâché le plaisir. Le public toutefois satisfait applaudit chaleureusement le groupe qui s’éclipse après l’enchaînement final: Weiss/Witchcraft.


Textures (12:50-13:30 // Main Stage 2)

 


Wormed (12:50-13:30 // Altar)

Le gros avantage au Hellfest c’est que, quand on aime autant le death, le thrash et le black,  il suffit de faire quelques mètres pour changer de scène et de style. Après le black malsain et féroce de True Black Dawn, place à la brutalité pure avec Wormed. Tout droit venu de Madrid et actif depuis 98, ce groupe de death métal technique et brutal vient nous présenter son troisième album Krighsu sorti en mars 2016. Les espagnols, dont la réputation n’est plus à faire, sont connus pour leur style bien singulier, inspiré de la science-fiction, de l’astronomie et de l’évolution humaine et pour leur technique imparable. S’ils font preuve d’une technicité remarquable et que les compositions sont ultra intéressantes je dois avouer que j’ai du mal à écouter un album en entier à cause de ce chant très gras typique du brutal death qui a tendance à très vite me prendre la tête.
Leur set ne faisait pas partie de mon programme mais je suis là alors autant ne pas mourir bête et voir ce que ça donne en live.
Le quatuor prend place sur la scène Altar, bim, on est parti pour 40 minutes de pure violence. Le chanteur nous projette son growl opulent en pleine face en arpentant la scène et quand il ne chante pas, il fait virevolter sa longue chevelure, ça headbangue sec ! A ses côtés, le bassiste et le guitariste s’appliquent à nous balancer du gros son avec une maîtrise technique parfaite et faisant, eux aussi, tourner leur tête. Le batteur n’est pas en reste, martelant sa grosse caisse à coup de double assassins. Les titres passent, à mon goût, bien mieux en live, on se prend une bonne claque et une belle leçon de technicité. Je ne regrette pas ce petit voyage dans l’univers fulminant et stratosphérique de Wormed.


Animal as Leaders (13:35-14:15 // Main Stage 1)

Animal As Leaders

 


Leftover Crack (13:35-14:15 // Warzone)

 


Evergrey (14:20-15:00 // Main Stage 2)

 


Exhumed (14:20-15:00 // Altar)

Groupe de deathgrind Californien emblématique né dans les années 90, Exhumed est connu pour sa musique et ses thèmes gores, cradingues à souhait, beaucoup classent d’ailleurs leur style en “gore métal”. Ils ont à leur actif de nombreux splits et démos ainsi que 6 albums studio. Le membre fondateur, guitariste et vocaliste Matt Harvey est aujourd’hui accompagné de Michael Hamilton à la batterie, Bud Burke à la guitare depuis 2012, Ross Sewage à la basse, ces deux derniers assurant également le chant.
Les américains prennent d’assaut l’Altar et nous offrent un démarrage, à leur image, tout sauf en finesse avec All Guts, No Glory suivi de As Hammer to Anvil. La foule se met instantanément en mouvement, difficile de rester statique au son de ce death ultra old-school avec ces rythmiques thrashy résolument excitantes. Le set suit son cours, les titres plus entraînants les uns que les autres s’enchaînent doublés par un show captivant avec l’incontournable boucher à la tronçonneuse qui viendra animer la scène. C’est death, c’est sanglant, c’est sale mais l’exécution reste, elle, paradoxalement très propre. On est loin des prouesses techniques du groupe précédent mais les mecs nous servent des bons riffs efficaces, des sonorités à la sauce old-school avec ces rythmes endiablés “puta puta puta puta”, ça c’est le death qu’on adore: simple et percutant. Le pit est en action, les pogos et les slams vont bon train, l’ambiance est très bonne et le show vraiment prenant. Exhumed quittera l’Altar après avoir exécuté l’excellente Open The Abscess. Et bien, ça fait du bien par où ça passe !


Avatar (15:05-15:55 // Main Stage 1)

Avatar

Bien que le style d’Avatar ne soit pas ma tasse de thé, c’est, piquée par la curiosité, elle même attisée par le succès montant du groupe que je me dirige vers la Mainstage 1.
La bande est originaire de Göteborg, en Suède,  et s’est formée en 2000. Environ six années auront été nécessaires pour stabiliser le line-up, consolider la formation et finalement sortir un premier album. La musique d’Avatar ne s’inscrit pas dans un style de métal en particulier, les morceaux sont tous très différents de par leurs influences diverses et variées. Le death mélodique se mélange au heavy, au hard rock ainsi qu’au groove metal, des chansons rythmées faites pour le live. Si Avatar est un groupe qui attire à domicile, il lui aura fallu un certain temps avant de décoller en Europe et dans le reste du Monde et ce, notamment grâce à la sortie de leur cinquième album Hail The Apocalypse qui a vu le jour en 2014.

Aujourd’hui, Avatar est programmé sur l’une des Mainstage du Hellfest pour nous présenter son sixième opus Feathers and Flesh, une bonne occasion pour le groupe de conquérir de nouveaux spectateurs. Il est 15 heures, le soleil tape fort mais n’a cependant pas empêché les festivaliers de se rassembler devant la scène.
Le chanteur Johannes Michael Gustaf Eckerström grimé de son maquillage clownesque débarque, accompagné de ses acolytes, tous vêtus de leurs beaux costumes assortis au superbe décor de scène dans les tons de rouge, jaune et noir. Ils entament le set avec la punchy Hail The Apocalypse. A peine arrivés qu’ils sont déjà en train de headbanguer comme des fous pendant que le chanteur nous fait ses grimaces en gesticulant comme une poupée désarticulée. Côté public, les premiers slammeurs se lancent, l’accueil du groupe est bon et l’atmosphère générale est festive. Les morceaux s’enchaînent dans la bonne humeur, je reste tout de même jusqu’au sixième titre promo de leur dernière galette : The Eagle Has Landed.

Je dirais qu’Avatar est un groupe pour le live, qui permet de passer un bon moment, c’est sympa, une trentaine de minutes pour moi c’est assez.

 


Tyr (15:05-15:55 // Temple)

 


Queensrÿche (16:00-16:40 // Main Stage 2)

Après une pause déjeuner un peu longue dans le HellFresh (lieu “climatisé” par des vaporisateurs d’eau, où nous sommes beaucoup trop bien par cette chaleur), nous nous dirigeons vers la Mainstage pour y voir Queensrÿche, ce bon vieux groupe de hard rock, heavy metal progressif des années 80. Si le style du groupe n’est pas forcément ma tasse de thé, il faut avouer que même s’ils ont pris quelques années, les mecs envoient encore. Le chanteur Todd La Torre, arrivé il y a quelques années dans le groupe, a tout ce qu’il faut pour assurer sur des chansons comme I Don’t Believe In Love ou In The Eyes Of A Stranger. Les musiciens gèrent bien également, et les fans du groupe sont bien présents, même si j’ai déjà vu la Mainstage plus remplie que ça.

 


Krisiun (16:00-16:40 // Altar)

Krisiun fait partie de ces groupes qui sont en activité permanente, écumant les salles et les festivals et ce, depuis leurs débuts dans les années 90. Le trio fraternel de death metal brésilien sortait son dixième album, Forged in Fury en 2015 et avait fait une longue tournée en 2016. Puisqu’ils aiment ça, les voici de retour en Europe et au Hellfest. Je les adore, et pourtant…j’ai réussi à ne jamais les voir, si si c’est possible ! Voilà donc pour moi l’un des concerts immanquables de cette première journée de festival. Les grands de  Queensrÿche se produisent en parallèle, heureusement pour moi, j’ai pu voir Mr La Torre et la bande l’an dernier. En théorie, les puristes death ne se rendent pas devant les Mainstages pour du heavy, je remarque cependant que l’Altar est bien vide en ce milieu d’après-midi. La chaleur peut-être? 
Quoiqu’il en soit, les death metalleux ici présents réservent un bel accueil aux trois colosses, Alex Camargo (basse, chant), Moyses Kolesne (guitare) et Max Kolesne (batterie).

Le son n’est vraiment pas optimal mais les gars nous servent un set à leur image: parfaitement exécuté, ultra brutal et rapide. Les festivaliers du premier rang remuent les têtes à s’en briser la nuque pendant que, derrière, les autres tournoient dans un circle-pit ininterrompu (et c’est la que l’on se rend compte que les cailloux au sol, c’est dangereux), entraînés par les incontournables titres tels que Combustion Inferno ou Vengeances Revelation. Le growl d’Alex est puissant, les riffs sont simples mais efficaces et  Max assène des coups de double pédale assassins qui mettent en exergue la violence de leurs compositions.

Beaucoup diront que Krisiun c’est toujours la même chose, les voyant pour la première fois, je suis loin d’être blasée, même si le son est brouillon et que la setlist n’est pas parfaite. L’ambiance générale est bonne, les trois frères font bien leur job et nous communiquent leur énergie, c’est suffisant pour passer un bon moment en festival. Il aurait été dommage de partir avant la fin et louper la très bonne Hatred Inherit et ses riffs impétueux.
Nous avons passé un très bon moment en compagnie des brésiliens et des spectateurs joyeusement hyperactifs, nous repartons de l’Altar les cervicales sont en feu et des bleus partout.  J’avais fait l’impasse sur leur show à la Secret Place de Montpellier craignant que le son ne soit pas optimal, comme aujourd’hui. Rendez-vous pris pour un concert de Krisiun en salle, dans une bonne salle !

 


Helmet (16:00-16:40 // Valley)

 


Devin Townsend (16:45-17:35 // Main Stage 1)

Devin Towsend

Sylvain : Il est l’heure de changer de Mainstage pour retrouver Devin Townsend, musicien multi-instrumentaliste canadien, prêt à nous en mettre plein les oreilles. Il est aujourd’hui accompagné de son groupe The Devin Townsend Project : un second guitariste, un clavier, un bassiste et un batteur, qui vont nous jouer principalement des titres de leur dernier album Transcendance, sorti en 2016. La qualité du son sur la Mainstage ne mettra malheureusement pas en valeur les chansons du groupe, surtout dans les passages où l’omniprésence du clavier aura tendance à massacrer l’ensemble. C’est dommage, car sans le clavier je pense que j’aurais bien plus apprécié le show, certaines chansons où il est moins présent étant plutôt sympathiques. Un concert moyen au final, malgré le talent indéniable du frontman.

Fanny : Ayant assisté au concert magistral de Devin Townsend à la Rockschool Barbey de Bordeaux en février dernier j’ai longuement hésité avant de me rendre devant la Mainstage. J’avais tellement pris mon pied lors de cette soirée que j’ai eu envie de remettre le couvert. Aujourd’hui mon avis est bien plus mitigé, si Devin et ses acolytes se donnent toujours autant et nous livrent des morceaux avec une technique encore une fois irréprochable, il est cependant bien plus difficile de rentrer dans le show et ce, pour diverses raisons. D’abord le fait d’arriver alors que le set est déjà entamé puis le lieu : nous sommes dehors sous un soleil de plomb sur un immense terrain. Devin Townsend est un artiste exceptionnel, humble et généreux qui se livre et partage sans se limiter, des qualités qui s’apprécient bien mieux dans un contexte plus intimiste, en salle, où l’on s’imprègne totalement de cette ambiance familiale. La chaleur n’aide pas et le son, vraiment pas terrible, non plus ! Les fans réagissent évidemment lorsque le groupe joue des classiques mais je n’ai jamais vu un public aussi mou devant l’excellente et incontournable Supercrush ! J’écoute quand même Kingdom que j’adore avant de repartir en direction de l’Altar, pas de frisson cette fois-ci…

 


Firespawn (17:40-18:30 // Altar)

Il est temps de revenir camper à l’abri du soleil, sous l’Altar afin de retrouver Firespawn. Le 18 juin 2016, nous étions ici même, exactement à la même heure pour le show d’Entombed A.D. Aujourd’hui, nous retrouvons Lars Petrov et Victor Brandt (cette fois-ci à la guitare) accompagnés par d’autres pointures du metal extrême suédois. Alex Friberg (Necrophobic) assure à la guitare ainsi que Fredrik Folkare (Unleashed), Matte Modin (Dark Funeral) lui, est à la batterie. Voilà une belle équipe formée en 2015, la bande se produit pour la première fois au Hellfest à l’occasion de la sortie d’un nouvel et second album The Reprobate, dans les bacs depuis quelques mois maintenant.

Une fois encore, il est étrange de constater que le lieu soit aussi peu rempli, on est bien loin de la foule dense de l’an dernier. Il en faudra néanmoins plus pour faire perdre à Lars sa bonhomie habituelle. Les musiciens s’installent tranquillement pendant que l’intro guillerette retentit, le frontman apparaît toujours aussi souriant, une bouteille d’eau à la main (il faut le voir pour le croire). Le set démarre avec l’impétueux Emperor, titre d’ouverture de leur premier opus. Pas de surprise quant à la qualité d’exécution, les musiciens sont en place, le chant de Petrov est toujours aussi impeccable et le son est bien meilleur que pour Krisiun. C’est hallucinant de voir à quel point le public est mou ! Le chanteur reçoit de faibles “yeah” lorsqu’il harangue, avec entrain, la foule. Ça headbangue bien plus sur scène que dans le pit, le soleil en aurait-il cramé certains ? C’est pourtant très bon, quelques nouveaux morceaux sont joués mais Shadow Realms est clairement à l’honneur. Les suédois nous servent ce bon death old-school, certes pas innovant mais diablement efficace. Riffs incisifs, rythmiques percutantes avec un duo basse/batterie infaillible, les coups frappés sur la grosse caisse sont dévastateurs. Le tout doublé du growl puissant de Lars, une recette qui fonctionne à merveille, je me régale mais c’est vraiment désolant de voir que la sauce ne prend pas aussi bien qu’à l’accoutumée. On finit d’ailleurs par ressentir la frustration chez les musiciens… normal !
Le show sera clôturé par Lucifer Has Spoken (rohhh que ce titre est bon en live), suivi de Ruination.

Une très bonne prestation avec un quatuor qui assure jusqu’au bout malgré une ambiance digne d’une maison de retraite. Et, tout comme Petrov, vous vous demandez sûrement pourquoi la bière ne coulait pas à flot sur la scène…Mystère !  

 


Red Fang (17:40-18:30 // Valley)

Changement de scène avec le stoner des américains de Red Fang sur la Valley. Le groupe était passé il y a 2 ans sur la Mainstage, mais à un horaire beaucoup plus matinal devant un public moyennement nombreux. Cette année, l’horaire est bien plus tardif et c’est une foule massive qui vient remplir la Valley, scène qui mettra bien mieux en valeur la lourdeur du son du groupe. Venu présenter son nouvel album Only Ghosts, Red Fang va nous livrer un set explosif mêlant chansons de l’album et vieux titres tels que Prehistoric Dog ou Wires, qui rendront la foule littéralement hystérique. Une bonne claque pour tous les festivaliers présents !

 


Ministry (18:35-19:35 // Main Stage 1)

Ministry

 


Corvus Corax (18:35-19:35 // Temple)

 


Tagada Jones (18:35-19:35 // Warzone)

18h30, rendez-vous à la Warzone pour le gros punk de Tagada Jones ! Les bretons sont ultra chauds en cette fin d’après midi et ce n’est pas le soleil qu’ils ont en pleine face qui les empêcheront d’envoyer du lourd et de générer d’énormes pogos et d’innombrables slams sur les devants de la fosse. La foule remplit totalement la Warzone, tellement qu’il m’est impossible de m’approcher de la fosse, c’est donc de loin que je regarderai leur prestation (heureusement que des grands écrans sont là pour retransmettre le show). L’efficacité du groupe n’est plus à prouver, que ce soit sur des chansons du nouvel album La Peste Et Le Choléra ou sur d’anciens titres, l’énergie dégagée par le groupe est immense. Mais ce n’est pas tout : les textes contestataires, anti-fascistes et anti-capitalistes du groupe réveilleront les esprits des festivaliers les plus attentifs aux paroles, en plus de réveiller leurs corps à coups de pogos !


Baroness (19:40-20:40 // Valley)

C’est maintenant Baroness que nous retrouvons dans la Valley pour un concert haut en couleurs. Si le public semble un poil moins nombreux que pour Red Fang juste avant, il n’en est pas moins très motivé et fait un excellent accueil au groupe de John Baizley. L’album Purple, sorti en 2015, sera bien sûr le plus représenté dans la setlist avec notamment Shock Me et If I Have to Wake Up (Would You Stop the Rain?), mes 2 préférées de cet opus, mais on aura également droit à des chansons de toute leur discographie, par exemple Take My Bones Away qui terminera le set. L’énergie est là, l’émotion aussi, mais il manque tout de même cette petite étincelle inexplicable pour me donner envie de sauter partout comme Red Fang a su le faire précédemment. Un très bon concert tout de même !

 


Deep Purple (20:45-22:15 // Main Stage 1)

Deep Purple

Arrive l’heure de retourner sur la Mainstage 1 pour voir la tête d’affiche de la soirée, les légendaires Deep Purple ! Il est 21h et le site commence légèrement à se rafraîchir quand les britanniques arrivent sur scène sur la chanson Time For Bedlam. Les papys du Hard Rock sont toujours en forme et vont nous le montrer tout le long de leurs 1h30 de concert, à coup de solos de guitare et de clavier mirobolants. Bon, même si le clavier c’est pas trop mon truc, il faut avouer que le bonhomme le maîtrise encore sur le bout des doigts ! Au chant par contre on ne peut pas en dire autant : Ian Gillian a bien vieilli et sa voix est plutôt fatiguée… Mais cela est-il vraiment un problème ? Et bien oui : les chansons s’enchaînent, les solos et les impros avec, et force est de constater que c’est plutôt l’ennui qui prédomine… La technique est bien là mais l’énergie manque cruellement. Ce n’est bien sûr pas la faute du chanteur uniquement, c’est une globalité, et c’est aussi dû à mon peu d’affinités avec le groupe. L’intérêt reviendra cependant un peu sur la fin grâce à l’interprétation de la mythique Smoke On The Water, mais ça ne changera rien à la conclusion : je suis content de les avoir vus, mais ça ne restera certainement pas un événement marquant de ce festival pour moi.

 


Belphegor (20:45-21:45 // Temple)

 


Obituary (21:50-22:50 // Altar)

Après avoir regardé un bout du très bon set de Belphegor, je prends de l’avance pour me placer au premier rang de l’Altar. J’ai eu la chance de voir les autrichiens dans d’excellentes conditions en mai dernier, je les reverrai en août, c’est donc sans regret que j’écourte le spectacle de ce soir.

21h50, c’est l’heure du clash de la journée, il a fallu faire un choix entre les légendaires membres d’Obituary dont je suis totalement fan et l’admirable bande britannique d’Electric Wizard. Je choisis mes chouchous et ma valeur sûre, on reste dans l’ambiance death old-school, ça sera un énième tour du côté de la Floride pour moi.
Fort de presque 30 ans d’existence, Obituary donnait naissance à son dixième album studio, album éponyme, en en mars dernier. Quatre mois que ça tourne en boucle dans la platine et, même s’il est trop court et n’égale pas, à mon sens, un Cause of Death, ça reste du très bon Obituary. Quelle joie de les REvoir sur scène !
Le backdrop aux couleurs du dernier opus, sobre, est installé et la lumière rouge inonde la scène. Les gars se positionnent calmement, les spectateurs tapent dans les mains et Donald Tardy frappe ses toms, amorçant le set avec la tuerie Infernal Bleeding, rien que ça! Les américains ne sont pas venus pour enfiler des perles, les voilà qui nous balancent Chopped in Half et Turned Inside Out. Deux morceaux tirés de ma pépite préférée, vous imaginez mon état ? A peine dix minutes de set et me voilà déjà en transe, hurlant les refrains comme une hystérique tout en me déboitant les cervicales. C’est ça l’effet Obituary ! Ajoutez à cela que le son est bon, le meilleur son de la journée (on n’en attendait pas moins d’eux) et que John Tardy est largement plus en forme qu’en octobre dernier où ils nous avait semblé un peu éteint. Trevor Peres et Kenny Andrews sont fidèles à eux-même, nous délivrant les riffs avec un large sourire. Le grand Terry Butler fait vrombir sa basse avec son flegme coutumier. La température grimpe dans le pit, c’est la folie: les festivaliers sont emportés par l’énergie communicative qui se dégage de la scène, les pogos et slams sont de mise.

Obituary va nous offrir un set parfait, de par son exécution absolument irréprochable et agrémenté par une setlist idéale. Les nouvelles pistes passent très bien en live et les anciennes sont toujours aussi convaincantes. Vision in My Head, Sentence Day’Til Death, Don’t Care… Une succession de tubes délectables plus efficaces les uns que les autres, le quintet nous régale. Malheureusement toutes les bonnes choses ont une fin, la bande s’éclipsera après la mythique et irrésistible Slowly We Rot. Quelle PUTAIN de branlée, une prestation remarquable, la meilleure de la journée.
Obituary est, pour moi, une valeur sûre en live parmi les groupes de death old-school, ils ne vous déçoivent jamais. D’excellents zicos, généreux et humbles. On remet ça au mois d’Août…

 


Electric Wizard (21:50-22:50 // Valley)

 


Rancid (22:55-23:55 // Warzone)

Rancid

Si ça manquait d’énergie chez Deep Purple, ce n’est clairement pas le cas ici ! Les punks de Rancid ne sont plus tout jeunes eux non plus, mais ils ne sont pas là pour rigoler. Dès la première chanson, Radio, l’ambiance est excellente, et le public commence à slammer à tout va. Leur dernier album, Trouble Maker, étant sorti tout récemment, le groupe nous offre de nouveaux titres tels que Ghost of Chance ou bien Telegraph Avenue, au milieu d’un florilège des meilleurs titres sortis au long de leur carrière. Salvation, au milieu du concert, fera le bonheur des fans, mais surtout les classiques Time Bomb et Ruby Soho qui clôtureront efficacement le set.


Rob Zombie (23:25-00:55 // Main Stage 1)

 


Monster Magnet (00:00-01:00 // Valley)

Suite à un fâcheux problème d’organisation, je rate à mon grand regret la première moitié du concert… J’arrive donc sur la chanson Twin Earth, agrémentée d’une vidéo en fond montrant des scènes de la guerre du Vietnam. L’ensemble est génial, le stoner de Monster Magnet colle parfaitement aux images. Je suis d’autant plus déçu d’avoir raté le début, le groupe envoyant vraiment du lourd jusqu’à la fin. Le public est moins nombreux, dû à l’heure tardive, et c’est fort dommage, car ils ont vraiment raté un des meilleurs concerts du jour. Même pour une demi-heure, cela valait le coup, et je conseille vraiment à tous ceux qui en ont l’occasion d’aller les voir.

 


In Flames (01:00-02:00 // Main Stage 2)

In Flames

In Flames… ce groupe qui fait tant parler, qui divise. Le combo originaire de Göteborg, précurseur du death mélodique made in Sweden a depuis quelques années pris une nouvelle direction musicale. Beaucoup de fans de la première heure vous diront qu’In Flames est mort à leurs yeux depuis la sortie de Soundtrack to Your Escape, pour ma part j’ai réussi à suivre et apprécier leur évolution jusqu’à Siren Charm sorti en 2014. A l’écoute de Battle, qui a vu le jour l’an dernier, j’ai été carrément déçue. Ayant adoré leur show au Hellfest en 2015, je décide tout de même d’aller les voir, pensant qu’en live je serai une nouvelle fois conquise.
Que nenni, In Flames aura été la grosse déception du jour et même du festival.

Niveau décor, c’est sobre, joli, mais le show lumineux sera bien moins captivant que la fois précédente. On appréhendait les conséquences d’un changement de line-up suite aux départs récents et successifs de Daniel Svensson (batterie) et Peter Iwers (basse). Cependant, on n’imaginait pas ce que pouvait provoquer l’ajout d’un clavier… quelle horreur ! Les gars commencent le show avec Wallflower, un morceau ultra mou, un démarrage que je trouve clairement merdique, sans peps, sans âme. Puis, le titre suivant…et bien j’ai eu beaucoup de mal à le reconnaître, c’était Leeche. Je persévère un peu, le titres se succèdent mais j’abandonne en cours de route, après Only For The Weak. Les compositions ont été arrangées avec le clavier, le son manque vraiment de puissance. J’ai beau avoir beaucoup d’estime pour Anders qui reste pour moi un très bon chanteur et Bjorn dont j’adore le jeu…les autres musiciens n’ont aucun charisme ce qui n’arrange pas la chose. Je suis déçue et frustrée, il vaut mieux arrêter là pour aujourd’hui.

 


Alestorm (01:05-02:05 // Temple)

Mon premier et dernier concert sous la Temple : Alestorm, groupe de pirate-rhum-perroquet-metal, qui malgré l’heure très tardive (1h du matin) parvient à remplir la tente sans aucun souci. Je me pose donc dehors, loin derrière, pour assister à ma deuxième expérience de piraterie musicale. En effet, ces derniers étaient déjà présents lors de l’édition 2015, concert qui m’avait valu des courbatures aux bras tellement j’avais dû porter de slammers. Ils sont, il me semble, moins nombreux cette fois : à croire qu’ils sont aussi fatigués que moi… Le groupe, par contre, a l’air en pleine forme, la maîtrise technique à la guitare et au clavier est toujours présente, et les chansons alcooliques telles que Drink ou Rum provoquent une fois de plus l’hystérie dans la salle. Une bien belle manière de terminer cette première journée avant d’aller se coucher, ou bien comme le préconise Alestorm, d’aller boire du rhum en after !


Une très belle première journée qui s’achèvent avec une déception pour moi (Fanny). Un mauvais moment que j’oublie vite en me remémorant le reste de la journée. Je pense notamment à l’énorme concert d’Obituary suivi du très bon show de Monster Magnet avec lesquels nous avons chanté dans une ambiance festive bien que le groupe ait écourté le set en partant un peu trop promptement. Vivement demain !

Article : Fanny Dudognon & Sylvain Ginestet

Photos : Antony Chardon

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