Crisix @ Sala Bikini (Barcelona)
Samedi 9 avril 2016 – Il y a des dates comme celles-ci que l’on attend avec impatience. Après avoir joué à Madrid hier, les jeunes thrashers de Crisix vont se produire à Barcelone en compagnie de Dr Living Dead! et Bellako. Au bout de quatre heures de route sous un soleil éclatant, nous arrivons dans le district Les Corts où se trouve la Sala Bikini. Il faudra se creuser la tête pour comprendre qu’une porte est dissimulée dans le mur en tôle qui se trouve en face de nous, original !
Aux alentours de 19h, les détenteurs du pass VIP pénètrent dans la salle pour partager un moment en compagnie de Crisix avant l’ouverture générale à 20h. Nous entrons et avançons dans ce looooong couloir sinueux (mieux vaut ne pas être claustrophobe) rejoignant ainsi la salle située au sous-sol. A peine le temps de poser les affaires que les lumières s’éteignent. La soirée démarre en force avec Bellako. Le quintet va nous servir une demi-heure de hardcore morderne, un savoureux mélange de brutal, speed et deathcore, bien pêchu et brut de décoffrage. La salle n’est pas encore pleine mais le groupe dégage une énergie telle que le public se chauffe quasi instantanément et les premiers pogos sont lancés. Derrière sa batterie, Carlos frappe la cadence alternant entre rythmique endiablée et gros coups de double pédale. A la guitare, Ricard fait virevolter sa chevelure tout en délivrant des riffs bien lourds mais aussi mélodiques et entraînants, épaulé par son confère Roy. C’est en chaussettes qu’El Negro se déchaîne avec sa basse 6 cordes, courant et sautant dans tous les sens, increvable ! Rober assure comme un chef la partie vocale, son chant est puissant et hargneux tout comme sa gestuelle. Les titres comme A Fallo, Al Inferno, Infected ou encore La Muerte vont défiler à vive allure emportant la foule qui s’agite de plus en plus et donne forme au premier circle pit de la soirée. C’est une réussite pour Bellako qui a su réveiller les ardeurs de la foule avec son HXC vif et couillu. Tenez-vous prêt le nouvel album sort bientôt.
Changement de plateau et de style, les Doc’ from Sweden de Dr Living Dead! vont débarquer. Le groupe nous avait régalé en mars 2015 en compagnie d’Angelus Apatrida et Suicidal Angels à Toulouse, c’est donc avec impatience que j’attends de les revoir. Avec un nouvel album en préparation, le quatuor est un peu moins présent sur scène cette année et ce fut une agréable surprise de découvrir qu’ils étaient les invités très spéciaux de Crisix pour ces deux dates (Madrid et Barcelone). La salle maintenant bondée se retrouve à nouveau plongée dans le noir, l’intro du dernier album Crush the Sublime Gods résonne et les Doc’ aux masques de squelettes apparaissent. Le public (très friand de ce groupe) ne cache pas sa joie et l’accueil est chaleureux. Leur thrash est moins violent que la musique de Bellako mais n’en n’est pas moins efficace, bien au contraire, la foule est déjà frétillante. Pas de surprise concernant le show, le bassiste Dr Rad est toujours aussi remuant et de l’autre côté le quiet Dr Toxic délivre ses riffs, agitant par moment sa caboche avec frénésie. Dr Slam quant à lui tape ses fûts tranquillement mais sûrement. Enfin, le chanteur à la voix qui rappelle forcément Mike Muir, Dr Mania assure son rôle de frontman. Le vocaliste, proche de ses fans, aime le contact et n’hésite pas à venir flirter avec le premier rang. Les membres de Dr Living Dead! vont encore une fois tout déchirer, propulsant les titres prégnants aux refrains éloquents que sont Gremlins Night, Dead end Life ou bien TeamXDeadX. Impossible de rester statique, les cadences ultra catchy sont galvanisantes! Je suis toujours aussi impressionnée par l’efficacité et la précision du jeu de Dr Toxic. Petit souci de micro, mais l’incident passe presque inaperçu, on reste dans l’ambiance ! Dr Mania annonce No Way Out, oh oui, oui oui ! J’adore ce morceau ! On saute, on chante et on s’adonne à notre activité favorite qu’est le headbanging, c’est tellement bon!! Encore quelques titres avant de nous quitter, Dr Toxic descend dans le pit réclamant son traditionnel circle pit. Les metalhead encerclent le guitariste pour un ultime moment de communion. Le quatuor nous quitte après seulement 35 minutes (et un slam du guitariste plutôt mal réceptionné, mais ça va, pas de bobo !). Un set court mais ô combien excellent! Dr Living Dead! en cd c’est très bon, en live c’est une tuerie ! A voir et à revoir, plus longuement si possible.
La salle est pleine, les spectateurs sont chauds, il ne manque plus que Crisix. Nous avons le temps de reprendre notre souffle pendant que la scène est modifiée. Je me souviens du 25 janvier 2015… Je découvrais pour la première fois Crisix en live qui ouvrait Tankard. Une soirée mémorable où le groupe avait déjà fait un carton. Puis, je les ai revus deux fois cet été, la date toulousaine fut grandiose. Les jeunes ont bossé dur ces derniers mois et donné naissance à leur troisième bébé: From Blue To Black, sorti fin mars. Lorsqu’on écoute cet excellent album on se rend compte que Crisix a mûri. On retrouve la fougue du premier opus The Menace, mais aussi quelque chose de plus agressif (avec des influences clairement HxC) et surtout de plus abouti. Autant vous dire que l’envie d’entendre les compos en live est grande! Le décor est mis en place, le backdrop du dernier album est tendu et des podiums lumineux sont placés devant nous. Extinction des lights, la scène se teinte de bleu lorsque l’introduction retentit. Les clameurs s’élèvent alors que Javi s’installe derrière ses fûts suivi par ses confrères. Bim ! Les premiers accords lourds à souhait de Conspiranoia explosent ! Les vibrations se répandent et le public réagit vivement. Deuxième morceau, deuxième rafale avec Journey Through The Fire, et ses “Shout, shout shout” que l’on reprend sans se faire prier. Comme à l’accoutumée, les jeunes musiciens sont débordants de vitalité, Busi, Albert et Dani aux guitares et à la basse courent dans tous les sens. Juli est en forme également, bien en voix, ses cris perçants sont toujours aussi incroyables. Dans le pit ça y va de bon cœur, l’ambiance est très très bonne ! Crisix va nous inonder d’énergie avec une setlist équilibrée, oscillant entre anciens tubes et nouveautés. Le quintet est ici à la maison et bien entendu tous les thrashers (et non thrashers) ici présents connaissent toutes les chansons. Je ne vous raconte pas l’euphorie durant les fameux Rise Then Rest ou Frieza Tyrant. Un concert de Crisix sans une partie de football of death ne serait pas un concert de Crisix. Néanmoins, le groupe se renouvelle aussi scéniquement avec un Juli en camisole de force et trimbalé sur un fauteuil roulant illustrant ainsi Psycho Crisix World. Ces jeunes sont des bêtes de scène mais surtout d’excellents musiciens, aussi fougueux qu’agiles. Mes interrogations concernant les nouvelles compositions se confirment: G.M.M et T-Terror Era sont deux pures merveilles taillées pour le live, dévastatrices ! Albert, Dani, Busi, Juli et Javi donnent tout, ils sont heureux d’être ici, leurs sourires ne trompent pas. Les bonnes choses doivent cependant finir à un moment donné et Crisix va clôturer le set en beauté avec Bring Em To The Pit et bien évidement Ultra Thrash. Leurs potes de Bellako viendront les rejoindre avant que les spectateurs, eux aussi, envahissent la scène. Un bon gros bordel partagé sur fond de thrash, plein d’amour et de générosité. Un succès pour Crisix qui, je l’espère, durera encore longtemps.
Nous sortons de là avec la nuque explosée mais surtout totalement ravis ! Les trois groupes ont été absolument géniaux, avec un son vraiment bon et un super show (lumière et mise en scène). Encore une soirée que nous ne sommes pas prêts d’oublier. A quand cette même affiche à Toulouse?
Merci à Bellako, Dr Living Dead!, Crisix et SobryMusic pour la soirée.
Auteure et photographe: Fanny Dudognon
Deströyer 666 @ Upload (Barcelona)
Vendredi 4 mars 2016 – Premier trajet en direction de Barcelone pour 2016, j’ai manqué Exumer en janvier alors pas question de louper Deströyer 666. Le concert va se dérouler à l’Upload que je ne connais absolument pas. Le lieu est assez surprenant puisqu’il s’agit d’un club situé en plein cœur du Poble Espanyol. Qu’est-ce dont me direz-vous? Et bien c’est un joli musée à l’air libre situé sur la montagne de Montjuïc, où l’on retrouve des reproductions grandeur nature de bâtiments et lieux connus des grandes villes espagnoles. Je dois dire que je ne peux m’empêcher de rire en voyant les regards échangés entre les touristes qui sortent du village et les chevelus arborant fièrement vestes à patchs, cuirs et clous devant l’entrée.
Nous devons attendre la désertion des touristes avant de pouvoir pénétrer dans l’Upload. La salle d’une capacité d’environ 500 personnes est plutôt classe, toute noire et blanche avec des escaliers menant jusqu’à la scène. Atypique pour un concert de metal ! Allez, il est déjà 20h15 et ce sont les espagnols d’Insulters qui ouvrent le bal. Le groupe qui avait sorti son premier full-album, We Are The Plague, en 2013 monte sur les planches pendant que les metalheads arrivent, doucement mais sûrement. Nous sommes partis pour une trentaine de minutes de black/thrash metal en compagnie du vocaliste B.Vomitor, du nouveau guitariste Skeleton Grinder ainsi que de N.Cummer et C.Sodomizer respectivement à la basse et à la batterie. Ces derniers sont également membres de Morbid Flesh et Gusi, le batteur, joue aussi dans Graveyard (que nous avions reçu à Albi en janvier 2015 et qui seront au Summer Breeze 2016). Pas mal de projets annexes pour ces musiciens qui nous servent un set un tantinet froid mais vraiment efficace. B.Vomitor nous projette son chant bien écorché, canette de bière à la main pendant que B.Devastator délivre ses riffs rapides et mélodiques. Le duo basse/batterie est thrashy et percutant, le temps passe vite et le quatuor nous quitte déjà.
Bien qu’il existe depuis 1993, le groupe de black metal espagnol Cauldron n’a aujourd’hui qu’un seul album, Aker (2001), à son actif. Cependant la bande annonçait, le mois dernier, l’enregistrement d’un nouveau projet qui portera le nom de Regnum – Phobos. Il est environ 21h lorsque les artistes grimés prennent place sur scène. La pénombre s’installe et les premières notes s’élèvent. Cauldron fait dans le pure black metal, sombre, acerbe et malsain et va nous faire découvrir quelques titres inédits en plus des anciens. La rythmique, assurée par le batteur Thanatos alterne entre passages lents et blast beats rapides caractéristiques du genre. Le guitariste Reka délivre les mélodies atmosphériques qui viennent contraster avec les parties plus rapides et agressives. La basse de Crypt vient ajouter ce qu’il faut de densité, rendant le tout encore plus pesant et prégnant. Enfin, je dois dire que je suis impressionnée par la performance vocale d’Andrés Martín alias Rex Infervs. Il maîtrise le chant black à la perfection, voix éraillée et puissante à la fois qui vous prend littéralement aux tripes. Chapeau ! (et il assure en chant death dans Nebulah). Corpse paint, cartouchière, bracelets à clous et quelques projections de fumée sont là pour consolider l’ambiance “trve black metal” (même si, de par sa gestuelle, le vocaliste prend parfois des airs de chanteur de HxC). La foule s’est amassée entre temps et s’est bien chauffée grâce à l’excellente prestation de Cauldron.
Quelques petites modifications, il est plus de 22h quand la tête d’affiche de la soirée débarque. Natif de Melbourne, Deströyer 666 s’est expatrié en europe en 2001. Le groupe n’avait pas été très actif ces dernières années et, après de multiples changements de line-up, Deströyer 666 fait son grand retour en ce début d’année 2016. Le quatuor nous a, pour l’occasion, pondu une excellente galette du nom de Wildfire. C’est d’ailleurs avec une entrée en matière brute de décoffrage sur le titre éponyme de ce cinquième album que démarre le set. Décoiffant! Les mecs n’y vont pas par quatre chemins, l’amorce est ultra énergique. Ils enchaînent avec un ancien morceau percutant, A Breed Apart, suivi de l’étourdissante Live and Burn. Dans la salle c’est l’effervescence, le dynamisme incommensurable des titres mais aussi celui des musiciens vont se répandre au sein du public, les tignasses voltigent et les points se lèvent. C’est le créateur, chanteur et guitariste K.K Warslut qui dirige les troupes, charismatique et souriant, l’australien met le feu aux poudres. A ses côtés, le british Roland.C fait virevolter les notes sur sa guitare, les mélodies jaillissent à vive allure et explosent divinement dans nos oreilles. Plus discret,le petit nouveau Felipe Plaza qui nous vient du Chili assure parfaitement à la basse, il viendra de temps en temps s’exposer aux côtés de ses deux impétueux confrères. N’oublions pas l’excellent batteur Per Karlsson, le suédois envoie du lourd, ça blast à tout va, sa frappe est robuste et précise. Les bouteilles de bières se brisent, on piétine sur les bouts de verre entre deux séances de headbanging, emportés par ces rythmes destructeurs et thrashy à souhait, on s’attrape par les épaules et on chante à tue tête… C’est la folie! La setlist est rudement bonne, équilibrée avec du vieux autant que du neuf : I am the Wargod, Traitor, Satan’s hammer, Black city black fire, Satanic Speed Metal… Que du bon ! Keith et Ro sont déchaînés et le vocaliste prend du plaisir à flirter avec le public. Le rappel sera composé d’Iron Fist, Lone Wold Winter et White Line Fever. Voilà qui clôture parfaitement ce show, passé bien trop vite ! Deströyer 666 nous aura régalé avec son black/thrash efficace, une performance techniquement irréprochable et une énergie incroyable ! Le tout dans une ambiance vraiment chaleureuse.
Je sors de ce concert comblée avec néanmoins une audition légèrement (énormément) affectée. En Espagne ça joue fort, et même avec les protections auditives ça fait mal! Mais bon… c’est trve non ?
Merci à Chroma Nation et Elias pour l’accréditation et merci à Insulters, Cauldron et Deströyer 666 pour cette superbe soirée placée sous le signe du black /thrash metal.
Auteure et photos: Fanny Dudognon
Muskelrock 2015 @ Alvesta (Suède)
Dans le cadre de ses nombreuses collaborations, Thorium Mag vous emmène en voyage aux 4 coins du monde, dans les langues de Shakespeare ou de Molière. Aujourd’hui Vanessa de 3rd Eye vous parle de son expérience dans un festival Suédois hors du commun, le Muskelrock.
Since visiting Sweden and Denmark in 2013 and 2014, I promised myself that my next trip would involve somewhere more touristy and less Scandinavian, like a tropical beach. Of course, all thoughts of a relaxing vacation are thrown out the window once festival lineups are announced. It wasn’t only that some of my favorite bands would be playing Muskelrock (May 28th-30th) this year, but rather the strange attraction I seem to have to Sweden that convinced me to go.
My first impression of Sweden was slightly on the negative side; in Stockholm I felt like a complete outsider, or worse, like a stereotypical North American tourist and in Uppsala, nary a Swede spoke to us foreigners despite being at a metal show. In spite of all that, it seems I’m always raving about Sweden. From efficient public transportation to “lagom” and most importantly, the amount of bands that this country produces, I can’t get enough.
After a grueling flight to Copenhagen, we made the two-hour journey to Alvesta by train to finally arrive Thursday afternoon. As the sun disappeared behind the clouds and we felt the first raindrops hit our heads, we realized how much we underestimated the weather and how poorly we had packed. Luckily we did remember to buy some whiskey at the Systembolaget, so we took a few shots to warm up and off we were to the Tyrolen entrance to get our bracelets.
Tyrolen grounds.
Muskelrock happens to be hosted at Tyrolen, a charming 1960s amusement park that managed to retain a quirky, vintage vibe with folky murals and carnival games. Tyrolen is located in a big field; the whole lot encircled by a wooden fence. The grounds reminded me of a county fair with battered merchant booths, hanging garden lights, and old school pinball machines. Bands played an hour apart on either of two stages; the outdoor Venedig stage or the covered Rotundan.
As Jacob Hector, one of the Muskelrock organizers, explained to me, “Tyrolen was built in 1962 and was a really popular place to go and dance and watch concerts […] Often [there were] 2000-3000 people coming to Tyrolen on a Saturday night and a lot of famous Swedish bands from that period played here. In the 70s there was a lot of fighting between different gangs and the ordinary people started to get tired and they had to close down the park in 1976. Our organization is called Tyrolens Vänner (Friends of Tyrolen) and we started to buy and save the abandoned park in 2007. Jacob Hector, who used to be the tour manager for Bullet and Hampus Klang, the guitar player in Bullet, are the two persons who had the idea to start up the festival.”
Bullet
Having attended various festivals across Europe while touring with Bullet inspired the two to create one of their own, “We wanted to start the festival of our dreams. When we bought Tyrolen we had the perfect place for the festival and we started to plan. From the beginning we mostly booked bands we knew in Sweden and the name was supposed to be Svenska Metallens Hjältar (Heroes of the Swedish Metal). When we started to book bands everything felt so good so we wanted to make it really special and wanted to bring some cool names that had never been to Sweden before. One of our old heroes, whom we’ve been listening to for many years, was Thor and we contacted him and invited him to the festival. We got Thor, the king of muscle rock, on our side and then we decided to name the festival Muskelrock and put his picture on the poster.”
Tyrolen crowds.
Since the very first year, the organizers have sought to showcase big and small Swedish bands alike, ranging from death to doom to classic rock as well as foreign bands that don’t often get the opportunity to play Swedish crowds. This year the roster included: ‘80s thrashers Ice Age (SE), classic rock brothers, Rob and Randy Davis of Ashbury (US), my personal faves Morbus Chron (SE) and Tribulation (SE), Canadian heavy metal band Anvil, Bullet (SE), Thor (CA), Dread Sovereign (IE), Antichrist (SE) and much more.
“It’s a very special place to start with, and we really work hard to do a good festival with good food, great music and a friendly atmosphere. We try to book acts that you usually can’t see in Sweden and we try to surprise the audience with funny things that you don’t expect. As organizers, we start with a meeting after the summer when we talk about good bands that we want to invite and we try to enlist a good mixture of heavy metal, doom, rock ‘n’ roll and the related genres. Then Jacob [tries] to book all the bands and we listen to a lot of demos, always looking for new bands and old bands that we want to pay tribute to.” Hector explained.
Anvil.
I got the chance to watch so many bands that week that I’ve chosen to focus on the moments that stood out most. My Thursday evening consisted of Saturn (SE), a progressive rock/metal band that left more of an impression on me live than what I had listened to back home. Then somewhere between the Natur (US) and Portrait (SE) shows, I crossed a tiny foot bridge over a watery ditch and stumbled into a circus tent outside the Tyrolen grounds. Inside the red tent, which seemingly appeared out of nowhere, heads bounced in unison to the sound of dirty, doomy, blackened riffs. It was like the whole tent was in a state of synchronicity during this secret, undisclosed show. I remember a girl telling me “Oh, this must be Occulta”. It turns out the band is indeed called Occvlta and they are from Germany. They had played a show with Natur and Antichrist the previous night in Copenhagen and were invited by Muskelrock organizers that week, possibly even that same day.
Arthur Brown.
Back inside the festival grounds, we walked passed the Venedig stage several times before the man in the red kimono and Kabuki-style makeup caught my eye. I stopped to take a better look and realized that the (other) secret show was none other than the God of Hellfire himself, Arthur Brown! We caught him halfway through his cover of “I Put a Spell on You”, dancing and grooving, having the time of his life.
Although it was passed 9:00pm, the sun’s rays continued to struggle against the rainy clouds, during Brown’s performance. For his grand finale – the seminal 1968 single, “Fire” – a woman danced across the stage in a fiery red cape and bejeweled headdress, while all together the crowd sang, “Fire, I’ll take you to burn. Fire, I’ll take you to learn. I’ll see you burn.”
Next I caught Antichrist, an old school thrash band from the nearby town of Växjö. They seemed to have garnered a loyal fan base despite having only released a full length in 2011, Forbidden World. The hitherto peaceful crowd was at its rowdiest during Antichrist, for the first time there was some mild moshing and violent head banging. I ended my first night in Sweden watching Heat, a German psych/prog/rock band whose 2014 album Labyrinth is not to miss.
Antichrist
By 1:30am I called it quits and trudged through the muddy field in search of my tent. I will spare you the details of that night, but I admit that I was completely defeated by the freezing rain, jet lag, and never-setting sun. Much to my embarrassment, at 5am that morning I called the hotel in Alvesta to book a room for the remainder of the festival. I could not fathom enduring a festival without some sleep.
The next morning we walked on the main road discovering the surrounding area, lush farmland and homey cottages. We visited the nearby church and graveyard, where the townspeople and festival organizers had set up a few tables selling coffee and baked goods.
As Hector explained, the community supports the festival despite the chaos it creates, “99% of the people think it’s funny and then there are a few who think it’s horrible. We work together with some different associations from the area and it gives a lot of extra money to them and also a lot of interesting meetings. It’s great that our visitors can go to the church and eat cookies made by the old ladies in the village and that they meet and talk to each other. I think it’s good for everyone. But some think it’s too much noise and are scared of all the strange people who [walk] around in the village. Probably there [are] always attendees like that around festivals.”
We took Friday afternoon easy, rested in the sun while getting to know our fellow campmates (we kept our tent as a home-based). We met a globetrotting Australian and some of his Swedish acquaintances, young locals sitting around a circle sharing a bottle of Explorer vodka and Elderflower Fanta. We weren’t surprised when we found out that four of them were in a death metal band called Gravestone. None of them could understand why we would travel from Canada to attend what they consider a small, local festival. Hanging out by the tent with these new friends was one of best times I had; sharing and exchanging so easily with other music fans was uplifting.
Dread Sovereign.
At 9:00pm, I was finally revived by Alan Averill’s (of Primordial fame) wails of despair, when he took the stage as his newest reinvention, doom metal trio Dread Sovereign. The crowd swayed as one through their slow and sinister set. For me, it was a perfect build-up to the next scheduled performance, Morbus Chron, a young Swedish genre-defying band with death metal origins.
I haven’t stopped listening to Morbus Chron’s Sweven since it came out in early 2014, it quickly became one of my favorite pieces of music (I’m impatiently waiting for their next release). Since they do not tour a great deal, I never expected to see them in Canada so I was completely beside myself when they appeared on stage at 10:00pm.
It felt like they played Sweven in its entirety; from “Chains” to one of my favorites, “It Stretches in the Hollow” with a few songs from their debut album Sleepers in the Rift. Morbus Chron’s hypnotic melodies and Robert Andersson’s tormented shrieks mesmerize me in a way that transports me completely, something akin to an out of body experience. Long after they had packed their gear and the crowds had dispersed, I still stood in the front of the stage not wanting to accept that this moment was over.
Morbus Chron.
Enforcer (SE) were next, but after my rather emotional experience with Morbus, I was not in the mood for the more light-hearted speed metal and over-the-top pyrotechnics.
There is a drunken blank in my memory but the next thing I remember is arguing with a cab driver on our way back to the hotel and somehow becoming friends with two of the passengers. Best friends since childhood, JB and AW traveled from Stockholm to attend their first Muskelrock. At 2:00am we wandered together around Alvesta in a desperate search for food until we found a massive white tent in the middle of town. We randomly landed on a western/rock ‘n’ roll themed BBQ dance party. Over our hamburgers, we discussed the broad and rich landscape of Swedish music. AW introduced me to another great act, 60’s prog/folk artist, Pugh Rogefeldt – the 1969 album Ja, dä ä dä comes highly recommended.
Night Viper.
It’s Saturday afternoon, we are well rested but hungover, ready for the final day of this magical festival. Much to my disappointment, we hear that Blues Pills (SE/FR/US) wouldn’t be playing after all for reasons I never found out. Horisont (SE) played instead and although AW & JB praised them as an amazing classic rock band, I missed them. We watched Night Viper (SE) and Spiders (SE), a band whose catchy 70’s, glam rock sound seemed a perfect fit for the festival. Vocalist, Ann-Sofie Hoyle was captivating and infused with energy, her performance of “Mad Dog” had an Iggy Pop-like quality, which I liked.
By 8:00pm, it seemed like every single person at Muskelrock had reunited in front of the outdoor Venedig stage to watch Ashbury. The Arizona band has seen its fan base renewed in the last couple of years, with younger generations of listeners discovering their epic 1983 album, Endless Skies. Indeed, almost every fan in the crowd could be heard singing along to every song on the album. The sun made another rare appearance during “The Warning” and for the first time in three days, I smelled the sweet aroma of marijuana. The brothers Davis barely twitched when someone in the crowd yelled, “Ashbury might just be the greatest band in the world!”
Finally, I saw Tribulation for the fourth time in the last year; needless to say they still managed to impress me. Tribulation are a unique band that are capable of reinventing themselves with every release. In my opinion, their 2015 The Children of the Night and 2013 The Formulas of Death are two groundbreaking albums of our time.
Tribulation.
We ended our list night at Muskelrock back at the Gravestone campsite, drinking ourselves into a blissful oblivion. We laughed, we hugged, and promised we’d keep in touch.
It took me two months to finish this review and one of the reasons why is that Muskelrock was such a beautiful experience that reminiscing on it too long makes me too nostalgic. Being there felt like some sort of perfect fusion of the 60’s hippy vibe, 70’s rock ‘n’ roll, heavy metal and all its subgenres. We met amazing people, enjoyed great bands and got to see the less touristy side of Sweden. All my compliments to Tyrolens Vänner and volunteers for organizing such a legendary festival while managing to keep it on a human scale without any commercial bs. If Goat (SE) and Salem’s Pot (SE) or maybe Vampire (SE) are included in the 2016 lineup, I’ll find my way back to Muskelrock next year. In the words of Jacob Hector, “Heavy metal will never die!”
Thor.
Some things I completely missed or did not cover in this article: The Heavy Metal Market which had a great selection of vinyl dealers, the screening of the “I Am Thor” documentary, the Saturday auction, the strongman, the really good Pizzagram pizza.
Special thanks to: Muskelrock organizers & Jacob Hector for the interview, Robban Kanto (photography), Queen of Spades Photography (photography), AW (photography)
Auteure: Vanessa C
Summer Breeze Open Air 2015 – Day 4 @ Dinkelsbühl (Germany)
Samedi 15 Août – Trois jours se sont écoulés, c’est fou comme le temps passe vite ici ! C’est malheureusement la dernière journée, toutes les bonnes choses ont une fin. Cela dit, il reste plus de 15 heures de concerts et j’ai bien l’intention d’en profiter et m’embarque dans une ultime traversée du camping en direction du site, en route vers la Pain-Stage.
MAJESTY
Aujourd’hui la programmation sera plus éclectique, contrairement au jeudi où le thrash était à l’honneur. C’est sur une note power/heavy que débute cette journée avec Majesty. Actifs depuis 98, les allemands s’inspirent de groupes tels que Manowar et ont sorti leur 9ème album Generation Steel dont le backdrop habille la scène. 11h50, Tarek Maghary, Robin Hadamovsky, Emanuel Knorr, Alex Voß, et Jan Raddatz, montent sur les planches et ouvrent tranquillement les hostilités avec Hawks Will Fly. Le second titre Fields of War est plus pêchu, tempo rapide et riffs ravageurs, du bon power metal épique comme on l’aime! Le public est assez calme mais les poings se lèvent lorsque le refrain de Haws Will Fly retentit. Scéniquement, ce sont les deux guitaristes, le souriant Robin et le petit nouveau Emanuel (membre permanent depuis peu) qui se démarquent par leur attitude, venant flirter avec le public et jouant avec une maîtrise certaine. Alex s’éclate, un petit coup de headbanging par-ci par-là tout en grattouillant sa basse. Jan, hyper expressif, frappe ses fûts avec fougue, il envoie ! Tarek, chante avec une justesse impeccable. Globalement, le show est bon, les refrains éloquents et les rythmes entraînants sont efficaces. Le show s’achève comme il a commencé… en douceur avec Metal Union et sa belle mélodie. Une bonne prestation, mais je pense que dans un cadre plus intimiste, où la proximité avec le public serait possible, Majesty pourrait carrément mettre le feu.
BE’LAKOR
Je rejoins la Main Stage pour un changement de style radical avec Be’lakor. Les festivaliers sont nombreux face à la scène, le groupe est clairement attendu. Les jeunes australiens, ayant aujourd’hui acquis la maturité d’une dizaine d’années d’expérience font leur entrée, acclamés par la foule. Steve Merry plaque les premiers accords d’In Parting sur son clavier. Le son des guitares s’élèvent, la batterie claque et George Kosmas pousse la voix… Nous voici plongés dans l’univers melodeath de Be’lakor. Le chanteur annonce Countless Skies, les clappements de mains des spectateurs résonnent sur le site du Summer Breeze. Le guitariste Shaun Sykes est remplacé par Matt Dodds, Jimmy Vanden Broeck est à la batterie et John Richardson à la basse. Leur musique assez progressive est pleine d’intensité avec des harmonies très techniques mêlées à des riffs véloces, plus agressifs, qui vous envoûtent. La frappe de Jimmy est franche et les coups de double pédale assassins. Les mélodies sont sublimées par le clavier. George assure vraiment, aussi bien à la guitare que vocalement, son growl est absolument divin. Le public est captivé devant ce show superbement exécuté. Je pense néanmoins qu’il aurait été judicieux de le programmer la nuit, de belles lights auraient été la cerise sur le gâteau. A revoir car je ne pourrai pas rester jusqu’à la fin, il faut filer en direction de la T-Stage pour le concert de 13h.
MILKING THE GOATMACHINE
Milking the Goatmachine, voici un groupe que je m’étais promis d’aller voir. En effet, ce n’est pas tous les jours que des chèvres originaires du Goataragua montent sur scène. Une chose est sure, c’est que ces mecs sont bourrés d’humour, mais attention, faire les cons ne veut pas dire faire de la mouscaille ! Nous rentrons direct dans le vif du sujet, le quatuor nous balance Blow Your Sneakers. Mélodies thrashy, blast beats destructeurs et chant guttural, on s’en prend plein la face d’entrée de jeu. Mais que vois-je ? C’est Goatleeb Udder, le batteur qui chante, à savoir qu’il joue également guitare et basse en studio, impressionnant ! Ils enchaînent avec In Woods of Unsuspected, si la cadence reste très thrash, le reste est carrément death avec un growl ultra puissant et des riffs aussi gras qu’incisifs. On est parti pour une bonne séance de headbanging, accompagnée d’un joli wall of death, lui-même suivi par une série de circles pit. Ambiance de folie dans le public mais aussi sur scène, Goatfreed Udder, Lazarus Hoove et Steve Shedaway aux guitares et à la basse parcourent la scène de long en large, venant même flirter avec les photographes. Milking the Goatmachine fait aussi dans le grind avec le cri du cochon qui va bien (une chèvre qui fait le porc, c’est original). On retrouve la touche humoristique dans les titres tels que Only goat can judge me, Milk me up before I gogo, Mrs. Goatfire (Nanny of the Damned) et même Goat on the water… vous reconnaissez les références ? J’ai bien ri et j’ai la nuque déboîtée, les hommes aux masques de chèvres m’ont mis la branlée ! Je vous conseille l’album Goatgrind sorti en juin dernier.
THE DUSKFALL
14h15, ce sont les suédois de The Duskfall qui prennent la suite. Formée en 1999, la bande splittait en 2008. C’est finalement en 2014 que nous apprenions la reformation de ce groupe de death metal mélodique, ainsi que la sortie d’un nouvel album, Where the tree stands dead. Le chapiteau n’est pas très rempli quand les musiciens s’approprient la scène. Les festivaliers sont majoritairement devant la Main-Stage où joue Betontod (je n’aime pas du tout, mais le public allemand raffole de sa scène locale). De notre côté, l’énergique Agoraphobic et sa rythmique endiablée retentit à pleine puissance. Le son est fort mais néanmoins toujours parfaitement réglé. Les deux guitaristes Mikael Sandorf et Ronny Edlund jouent avec une facilité presque déconcertante livrant des riffs véloces fluctuant avec de somptueuses parties mélodiques. Fredrik Andersson envoie la purée derrière sa batterie, ses coups de double pédale sont dévastateurs. A l’avant, le nouveau bassiste Anton Lindbäck est hyper souriant, ça fait plaisir à voir ! En revanche, Magnus Klavborn donne l’impression d’être l’homme le plus malheureux du monde. Certes le mec maîtrise son chant, mais sa mine dépitée n’est vraiment pas attrayante. Des problèmes techniques viendront perturber le set, mais les musiciens ne se débinent pas enchaînant, Case closed, To The pigs pour finir sur Farewell. Un show qui aurait pu être top si l’envie avait été là. C’est la deuxième fois que le groupe jouait avec ce line-up, le stress peut-être ? En espérant que le chanteur soit plus agréable la prochaine fois…
SUICIDAL ANGELS
La demi-heure qui s’écoule semble durer une éternité, je trépigne d’impatience ! Et pour cause, c’est un de mes groupes de thrash favoris qui va débarquer : Suicidal Angels. Le backdrop sur lequel est imprimée la pochette de leur dernier et excellent album Divide and Conquer est mis en place, l’heure approche… Les musiciens apparaissent et, comme toujours avec eux, c’est une entrée en matière brute de décoffrage qui se fait avec le titre éponyme du nouvel opus. Si, lors de leur passage à Toulouse en mars dernier, les grecs n’avaient pas semblé au top de leur forme (malgré un show parfaitement exécuté) là c’est tout le contraire. En effet, ils sont super souriants et Nick, le vocaliste, ne lésinera pas sur la communication avec les spectateurs. Bloodbath, Bleeding holocaust, Reborn in violence, les titres fusent et dans le public la température grimpe aussi très vite. Pogos, circles pit, wall of death, et slams, c’est l’anarchie dans le pit pendant qu’à la barrière ça headbang sec (et moi dont…) ! Il faut dire que l’on est très vite emporté par l’efficacité des compositions techniques et ultra solides. Orfeas, appliqué derrière ses fûts, nous projette du blast de compétition, c’est précis et féroce à la fois. Ses baguettes bien en main, il dévale les toms, faisant varier la cadence sans jamais flancher, bluffant comme toujours. Chris et Nick se partagent les soli de guitare, les riffs sont carrément caustiques et les mélodies 100% thrashy explosent. Aggelos s’affère à la basse, apportant ce qu’il faut de densité aux morceaux. Le chanteur est bien en voix, débitant les paroles avec une pointe d’acerbité que l’on retrouve dans son attitude, il est à fond dans son rôle. Vient Seed Of Evil et son refrain persuasif suivi de l’exaltante Control the twisted mind. C’est l’aliénation totale! Suicidal Angels m’a encore foutu une énorme claque.
DUST BOLT
Je manquerai la fin du concert car, si je suis fan de ce grand groupe de thrash, il y en a un autre dont je suis totalement gaga et qui va jouer sur la Camel Stage. Il s’agit de mes petits chouchous de Dust Bolt que je vois pour la troisième fois cette année, on dit bien jamais deux sans trois ? Les shows qu’ils avaient donnés à Toulouse et à Barcelone étaient tout simplement énormes alors autant en remettre une couche. Pas le temps de souffler, l’intro retentit pile au moment où j’arrive, la tornade Dust Bolt s’amène, soufflant Violent Abolition qui s’abat sur le public avec force. Let’s go ! Le tempo ultra rapide est propulsé par le fougueux Nico, tacatacatactac, il frappe sa caisse claire avec véhémence. Bene, lui, est déjà en train de courir dans tous les sens avec sa guitare, décidément il n’est jamais fatigué celui là ! Flo de son côté, fait vibrer les cordes de sa basse en rythme avec la batterie. Puis, Lenny, qui gère chant et guitare, gueule de toutes ses forces, c’est qu’il en a dans le ventre le bougre ! Awake the Riot, Soul Erazor… Dans le pit c’est aussi la folie, les thrashers s’agitent, les cheveux tournoient, les points se lèvent et ça chante. Et oui, ce n’est pas comme en France où les petits jeunes de Dust Bolt commencent à peine à se faire connaître, ici ce sont déjà des stars, une popularité bien méritée. Le quatuor est, comme à l’accoutumée, débordant d’énergie! Le trio qui s’affère en bord de scène alterne entre headbanging et petits sauts, tout en maîtrisant parfaitement l’exécution des morceaux. Ils finiront avec le combo foudroyant Toxic attack / Agent thrash. Les allemands jouent vite et fort, leur thrash brutal et impétueux nous emballe complètement : « Faster than you’ll ever get crushing your bones and bringing death. Agent Thrash! ». Voilà qui marque la fin de cette demi-heure, courte mais intense ! Ce fut bon.
RECTAL SMEGMA
Il est 17h30, je décide d’aller me marrer un peu en écoutant le grindcore des membres de Rectal Smegma. Quand tu vois le backdrop et que tu te sais que l’album sorti cette année s’appelle 69% of Porngrind, tu te doute que tu vas passer un doux moment à écouter des textes ultra poétiques, n’est-ce pas ? Les mecs débarquent, le chanteur, Yannic, est vêtu d’un simple short de bain et exhibe fièrement son torse où le mot « grindcore » est tatoué en gros, quant à son ami Baard à la basse, il a le froc trempé au niveau de l’entrejambe. 100% glam ! Parlons musique, qu’est-ce que ça donne ? Et bien très franchement, c’est vraiment sympa. Leur grind/gorecore est super groovy, les rythmiques punchy envoyées par Walter sont super entraînantes. Stijn, balance des riffs bien rentre-dedans, la basse apportant de la densité. Quand Yannic ne pousse pas des hurlements ou des cris de porc, il sait poser un bon chant death, il faut reconnaître qu’il gère bien les modulations vocales. Leur son bien grassouillet et pêchu donne à la foule l’impulsion pour s’activer. Le pit de la Camel Stage prend des airs de Warzone avec ses objets gonflables non identifiés qui volent au milieu des metalheads animés. Le grindcore made in Netherland, a fait son petit effet.
Il est temps de ralentir un peu la cadence, les journées sont longues mine de rien, il faut encore tenir jusque tard dans la nuit. C’est pourquoi je vais me poser un peu plus loin et boire une petite bière. Je m’assure d’avoir la Camel Stage en vue histoire de profiter un peu des concerts et notamment de Chapel Of Disease et leur bon death metal. Les allemands envoient la sauce, c’est très bon, à l’occasion il serait bien de les voir en salle. Petit tour aux stands de dédicaces où nous retrouvons Dust Bolt puis Dark Tranquility (sachant que des gens patientent dans une immense file depuis des heures et ne sont là que pour Nightwish, hallucinant!).
HATEBREED
20h20, maintenant requinquée, c’est l’heure de retourner se mêler à la foule qui s’entasse devant la Main Stage malgré la pluie qui commence à tomber. Présence justifiée par la venue des américains d’Hatebreed qui sont chaleureusement accueillis. Matt Byrne frappe ses toms, Jamey Jasta hurle : « You fucking bleed noooooow !” et bim! Ca démarre fort avec Everyone Bleeds Now et ses riffs ultra lourds. Pendant plus d’une heure le groupe va nous servir son bon hardcore puissant nous offrant une succession de tubes plus efficaces les uns que les autres : Honor never dies, Tear it down, Smash your enemies, Never let it die… Des morceaux qui ont l’effet d’une bombe et vont faire trembler le sol du Summer Breeze. On en prend plein les mirettes et instinctivement on se met en mouvement. C’est là que j’ai vu LA différence !
Petite (grosse), parenthèse. Le public est dense et éclectique : coreux, deathmetalleux, thrashers et même des fans de Nightwish ! Jeunes, vieux, allemands, et oh ! Je me retrouve à côté d’un français (pourtant si rares ici). C’est la première fois que je vois des personnes aussi soudées en festival, avec cette furieuse envie de partager un bon moment. Lors de l’arrivée massive des crowd surfers, une sorte de chaîne s’est mise en place de façon à les faire surfer en douceur (mode fourmis activé) ! J’étais là, sous la pluie, au milieu de milliers de gens, en train de sauter avec des coreux (qui contrairement à chez nous faisaient attention à ne pas vous mettre une patate dans le feu de l’action) et chacun avertissait son voisin pour rattraper les slammeurs. Cet élan de partage et d’humanité fait un bien fou !
Revenons à nos moutons, car pendant ce temps là, les membres d’Hatebreed se démènent, Jamey harangue la foule entre deux morceaux. Franck Novinec et Wayne Lozinac aux guitares ainsi que Chris Beattie à la basse ne sont pas en reste, ils nous envoient la purée ! Le temps passera très vite et le set s’achèvera avec Destroy Everything, et c’est le cas de le dire, ce fut une destruction massive. Le public scande le refrain : « Destroy everything, destroy everything, destroy everything, obliterate what makes us weak…” On jump, on danse, on chante, l’humeur est à la fête et l’ambiance est foutrement excellente ! Merci à Hatebreed pour ce bon moment.
SICK OF IT ALL
21h45, Dark Tranquility va commencer son set sur la Pain Stage mais je cours en direction de la T-Stage pour pouvoir prendre quelques photos de Sick Of It All et apprécier 2 ou 3 morceaux. Difficile de faire l’impasse sur l’un des pionniers du hardcore new-yorkais. Les joyeux lourons s’amènent et jouent les premières notes de Uprising nation. Oui tant qu’à faire, autant balancer un énorme tube d’entrée de jeu histoire de bien vous mettre dans l’ambiance. Le guitariste, Pete Koller est déjà en train de bondir dans tous les sens, nous éblouissant avec son sourire bright. De l’autre côté de la scène Craig Setari est concentré sur sa basse, toujours aussi efficace. Lou Koller, fidèle à lui-même est à fond, s’égosillant et remuant de tous les côtés. Le batteur, Armand Majidi est tout sourire et assure comme un chef, donnant la cadence de sa frappe sèche et robuste. Je reste le temps de Machete et Road less traveled avant de piquer en sprint pour retourner assister au show des suédois à l’extérieur.
DARK TRANQUILITY
J’ai loupé quelques morceaux et arrive alors que Dark Tranquility commence à jouer Trough Smudged Lenses. En voyant le décor et le jeu de lights, je reste bouche bée, moi qui les ai toujours vus en journée, c’est tout simplement sublime ! Des images sont projetées sur un écran géant placé en fond, la lumière rouge tamisée est rehaussée par des dizaines de spots de couleurs différentes, éblouissant… Je rentre directement dans l’ambiance. Il faut dire que la voix grave et surpuissante de Mikael Stanne me transporte à chaque fois, plus les années passent et plus son chant est divin. De plus, ce mec possède un charisme hors du commun, je suis encore subjuguée ! State of trust sera suivie de l’ineffable ThereIn, et cette fois la magie opère totalement. Le guitariste, Martin Henriksson délivre les premiers accords pendant qu’Anders Jivarp fait sonner son charley, puis, Stanne balance son growl déchirant et les « oh oh oh » font écho dans le public, frissons et larmichette garantis ! Après plusieurs concerts, les deux “nouveaux” Erik Jacobson et Anders Iwers respectivement à la guitare et à la basse sont maintenant bien rodés et les titres s’enchaînent avec fluidité. N’oublions pas Martin Brändstorm au clavier, souriant, il assure les parties mélodiques d’une main de maître. La setlist est plutôt bien articulée avec des compos récentes et d’autres plus vieilles. Quel bonheur de découvrir que la très belle Lethe tirée de The Gallery en fait partie. Ce n’est pas tout car Dark Tranquility nous régale, en suivant, de l’énormissime Final resistance de Damage Done. Ahhh mais que ce titre est génial en live ! Joie ! On replonge rapidement dans l’univers de Construct avec Endtime hearts, plus atmosphérique dont les riffs pesants placés avec parcimonie donnent de la consistance au morceau. Les suédois ne pouvaient pas partir sans interpréter l’une des chansons les plus efficaces de leur discographie, Misery’s Crown. C’est avec ce genre d’exercice que Mikael Stanne démontre son grand talent de vocaliste, fluctuant entre chant clair et voix death, et à chaque fois, il le fait à la perfection. Wow ! Encore un concert de malade, un show où tous les spectateurs sont en transe, transpercés par la beauté et l’intensité de cette musique que les artistes nous livrent avec générosité. Le somptueux jeu de lumières ainsi que la très bonne qualité du son auront permis de s’évader pendant plus d’une heure, transporté par Dark Tranquility.
INQUISITION
Retour sous le chapiteau, et ce, pour la toute dernière fois. Inquisition est un duo qui s’est formé en 88 en Colombie avant de s’expatrier aux Etats Unis. Incubus, à la batterie accompagné de Dagon, à la guitare et au chant apparaissent sur la T-Stage. Si tu ne sais pas que tu viens écouter du black metal, le total look cuir/rangers et corpse paint te le rappelleront sans soucis ! Pour le reste, le décor est minimaliste et nous verrons surtout des ombres baignées dans la fumée et une lumière sanguinolente. Dark quoi ! Musicalement c’est plutôt bon, les compositions sont intéressantes bien que l’on finisse par y trouver une certaine redondance. Parlons du chant, et bien ma foi c’est assez particulier puisque Dagon semble avoir avalé un didgeridoo « woa woa woa woa ». C’est déstabilisant au début mais on s’y fait et nous pouvons au moins affirmer qu’il possède un timbre rare ! J’ai apprécié le premier morceau Force of the floating tomb, fort dune intensité qui te retourne les tripes. Je retiens également Desolate Funeral Chant, les mélodies sont vraiment prenantes. Puis il y a des titres plus old-school comme Those of the Night avec de nombreuses variations, on passe d’une lenteur extrême à des accélérations folles rythmées par la double pédale et les coups de caisse claire. Dans le public c’est comme sur scène, on voit surtout des cheveux. Malgré la maîtrise technique et la richesse de certaines compos, le set d’Inquisition fini par être rasant, attention à ne pas nous endormir !
VENOM
Quoi de mieux que de terminer un festival en allant voir un groupe légendaire ? Ainsi, c’est Venom qui va investir la Pain Stage à 00h20. Là encore c’est entouré d’un magnifique décor que le groupe grimpe sur la scène avec, à sa tête, le vocaliste et bassiste Cronos. Les britanniques ouvrent les hostilités avec Rise, puis des flammes jaillissent et l’explosive Die Hard retentit. Pouah ! C’est énorme! (J’en oublie même que je suis mouillée et frigorifiée). Les riffs ravageurs délivrés par La Rage s’élèvent et résonnent sur le site du Summer Breeze. C’est ensuite l’incroyable Dante qui frappe le rythme marquant de l’intro d’Hammerhead, le public scande le refrain en chœur avec le chanteur « hammerheaaaaaaaad…headbanger ! » Venom met littéralement le feu (et je ne parle pas des effets de pyrotechnie qui subliment le show). Long Haired Punks… wow, ça décoiffe, je suis totalement scotchée c’est un truc de dingue!! Le batteur, qui n’hésite pas à vous en mettre plein la vue en brandissant et faisant tournoyer ses baguettes, fait fumer la double pédale. Le chant puissant du charismatique Cronos est sacrément bon. La Rage semble ne faire qu’un avec sa gratte, les mélodies filent à toute allure. Vous l’aurez compris, ce concert est une espèce de tuerie monumentale ! Les plus gros tubes tels que Countess Bathory ou encore Black Metal ne passeront bien évidemment pas à la trappe et la foule prendra un malin plaisir à s’égosiller dessus. La mise est scène est quasi parfaite, éclairages et pyrotechnie mettent en lumière ce trio influent. Venom viendra achever son spectacle avec In league with Satan et Witching Hour. Un set parfait, une véritable leçon de heavy metal: la baffe !
Je fais l’impasse sur Ghost Brigade, lessivée et surtout des étoiles plein les yeux grâce à ce show final magistral. C’est un peu triste mais comblée que je regagne ma tente, pour une ultime nuit au Summer Breeze.
Un festival de quatre jours, avec une programmation hors norme, une ambiance excellente, de la bonne bière et des campagnols partout. Nous avons eu la chance de pouvoir apprécier tous les concerts, peu importe les scènes, grâce à des techniciens au top qui ont géré aussi bien les réglages sonores que les lumières. Je n’ai vu aucun point négatif sur l’organisation si ce n’est le manque de point d’eau le premier jour. Les agents de sécurité ont également fait un super boulot…En bref, ce fut une très belle expérience que j’espère revivre l’année prochaine.
C’est ainsi que s’achève la 18ème édition du Summer Breeze…
Auteur et photos: Fanny Dudognon
Summer Breeze Open Air 2015 – Day 3 @ Dinkelsbühl (Germany)
Vendredi 14 Août – Nous entamons déjà le troisième jour de festival. Il fait chaud, cette année la météo est plus que clémente et, c’est coiffée de mon beau chapeau aux couleurs du Summer Breeze que je regagne le site.
HEIDEVOLK
11h50 Ce sont les membres d’Heidevolk qui vont fouler la Pain Stage pour la première fois de la journée et les festivaliers se sont rassemblés en masse. Si je n’ai jamais compris les paroles de ce groupe qui écrit tout en néerlandais j’ai toujours bien accroché à leur folk metal inspiré par la nature et la mythologie germanique. Le sextet apparait alors que résonne Winter woede, titre de leur dernier opus Velua fraîchement sorti. Ils attaquent fort avec cette chanson très punchy, le son des guitares est vif et robuste. Le bassiste parcourt la scène de long en large, pendant que le batteur s’active avec le sourire. Les voix des deux chanteurs sont complémentaires, ça passe vraiment bien. La complicité générale est évidente et les musiciens, costumés à la mode viking, sont hyper souriants. Dans le pit, l’ambiance est également très bonne. On entendra de chouettes titres dont Urth, Nehalennia ou encore Vulgaris Magristalis. Concert très plaisant pour bien démarrer la journée.
KISSIN’ DYNAMITE
Kissin’ Dynamite va se produire sur la Main Stage, là, il faut aimer le glam moderne made in Germany. Ayant déjà vu le groupe plusieurs fois, je sais à quoi m’attendre, néanmoins, je suis curieuse de voir ce que ça donne à domicile. La foule est dense et semble prête à se déhancher malgré la température extrême. Andreas Braun, Jim Müller (guitares), Andres Schnitzer (batterie), Hannes Braun (chant) et Steffen Haile (basse) arrivent chaudement acclamés. Démarrage explosif, “Hey hey hey…DNA…DNA…” c’est vrai qu’avec leur énergie débordante et leurs sourires on a quand même, un peu, envie de pousser la chansonnette avec eux. Le second titre est Running Free, plutôt cool avec ce rythme de batterie très groovy. Résumons : tu prends trois riffs, quelques beats entrainants, 2 mots marquants en guise de refrain qui te reste dans la tête pendant des heures, des costumes ultra kitchs, de l’amour bisounours, de la joie, quelques pas de danse et tu obtiens un concert de Kissin’ Dynamite. Hannes a fait d’énormes progrès et son chant est vraiment de qualité. Les gars sont sympathiques et une partie du public est enfiévrée mais je suis très vite lassée. Passons à la suite.
BLUTENGEL
13h30 Le décor est installé sur la scène voisine, l’immense backdrop de Blutengel habille le fond, sobre mais joli. Une intro retentit et les gothiques grimpent sur les planches. J’écoutais ce groupe d’électro-pop, dark wave il y’a une petite dizaine d’années et je trouve que ça n’a pas tellement bien vieilli. Si le chanteur Chris Pohl se porte comme un charme et que le temps ne semble avoir aucun effet sur lui, musicalement cela semble un peu démodé et ça manque cruellement de peps. J’imagine qu’il aurait été plus commode de juger un show tel que celui-ci by night, de jour il est plus difficile de rentrer dans leur univers dark/vampirique. Ulrike Goldmann a une jolie voix mais je la trouve beaucoup moins attrayante que les chanteuses précédentes, c’était aussi ça qui faisait le charme du groupe. Le show est agrémenté par de petites mises en scène, des danseuses viendront onduler leurs corps autour du batteur, habillées en nonnes, avant de se dévêtir et de jouer avec le feu: sexy. Je m’ennuie malheureusement trop vite.
ALESTORM
On continue le marathon en direction de la scène principale où, une fois de plus, les festivaliers se sont réunis en nombre. Aujourd’hui l’humeur est à la fête avec de nombreux groupes de folk metal. Les écossais d’Alestorm ne manquent pas à l’appel. Après la sortie de l’album Sunset on the Golden Age l’an dernier, le guitariste Dani Evans annonce son départ, aussitôt remplacé par Maté Bodor. De plus, Elliot Vernon jusqu’alors claveriste live, intègre la formation à plein temps. Nouvelle tournée, nouveau délire, les pirates se pointent dans un décor pop très coloré. On retrouve le banana-duck sur le backdrop ainsi que sur le t-shirt du vocaliste Christopher Bowes. Ce dernier porte d’ailleurs kilt et casquette: c’est un style… Après le récent Walk the plank c’est sur The Sunk’n Norwegian que les premiers éclats de voix font écho dans le public “One more drink at the sunk’n norwegian, one more drink before we have to die…” Chris, Maté, Elliot, Pete Alcorn (batterie) et Gareth Murdock (basse) vont nous faire danser, enchaînant les titres véhéments comme Shipwrecked. Les pirates nous offriront une bonne rasade de tubes dont Keelhaled, Rumpelkombo et Drink, entraînant les metalheads qui s’agrippent les épaules pour une session de balancé collectif et les crowd surfers voguent au dessus de nos têtes. C’est top, Alestorm aura, encore, mis le feu.
KADAVAR
15h10 je vais me régaler d’un peu de Kadavar. Le trio allemand est en pleine promo du nouvel opus à paraître, Berlin. Les voilà qui s’installent sur la Pain Stage, la guitare crépite, c’est l’inédit Lord of the sky qui résonne en guise de lancement. On retrouve Christoph Lindemann alias Lupus, à la guitare et au chant, Simon Bouteloup dit Dragon à la basse et le Tiger, Christoph Bartelt à la batterie. Le groupe nous sert un mix entre stoner rock et doom psychédélique, et du bon ! Caché derrière sa longue chevelure et sa barbe, Lupus, chante, s’égosille tout en délivrant des riffs bien heavy et rock’n’roll. Son grain de voix est vraiment plaisant, puissant, un peu nasillard et éraillé, j’adore! Le grand (même très grand) Tiger est simplement phénoménal, bien qu’il soit derrière son petit kit de batterie, il possède une présence scénique incroyable. Il frappe ses fûts avec fougue, il est comme possédé. Le frenchy Dragon est plus discret mais son jeu et sa technique sont excellents, ça groove! Il ya des passages énergiques qui vous procurent cette envie irrépressibles de remuer la tête comme un dingue et d’autres plus calmes, qui vous font totalement planer. Gros coup de cœur pour les titres Doomsday machine et All our thoughts : énormes ! J’ai pris mon pied et ma dose de rock’n’roll avec ce qu’il faut de wah-wah et autres effets de distorsion. Leur Abra Kadavar leur colle parfaitement à la peau.
ENSIFERUM
Après les pirates, ce sont maintentant les vikings qui vont envahir le Summer Breeze. Nous les avions vus et rencontrés à l’occasion de l’Xtreme Fest, voici le retour d’Ensiferum. Le spectacle ne sera sans conteste pas surprenant, même setlist, même décor, même jeu de scène. Les finnois ont un spectacle carré et bien rodé, néanmoins c’est de si bonne qualité que j’aurais tort de m’en priver. J’embarque donc pour une heure de voyage au coeur du folkore finlandais et du dernier opus One Man Army. Les vikings, fidèles à eux-mêmes, vont littéralement embraser la scène balançant les efficaces Axe of Judgement, Twilight Tavern, Lai Lai Hei ou encore From Afar.
Petri Lindroos et Markus Toivonen (chant/guitares) ainsi Sami Hinkka (chant et basse) me bluffent une fois de plus avec leur présence scénique, ces mecs ont un charisme extraordinaire. Le public est emporté, c’est de nouveau la bringue au pied de la Main Stage, ça jump, ça crie et ça tape dans les mains. Cette bonne humeur fait vraiment du bien. Pas de changement en ce qui concerne la claviériste Emmi Silvennoinen, à croire que son visage est dépourvu de muscle tant elle est inexpressive. Janne Parviainenn, que l’on aperçoit au loin derrière sa batterie, est égal à lui-même et incroyablement efficient. Ensiferum a pimenté le final avec deux danseuses légèrement vêtues pour une petite danse sur le rythme disco de Two of Spades. Un ajout un peu futile à mon sens mais probablement du goût de ces messieurs. Bon show, bon son, superbe ambiance ! Je dis oui.
PYOGENESIS
Par curiosité, je rejoins la scène avoisinante, où va jouer Pyogenesis que j’ai découvert il y a peu au travers de leur nouveau single Steam Paves Its Way et dont le clip, plutôt sympa, était récemment mis en ligne (merci AFM). Un des points très positifs de ce festival: découvrir des groupes qui ne passent jamais en France. La formation allemande est du genre à mélanger les styles, death, gothic ou encore rock alternatif, leur 7ème album, A Century In The Curse Of Time, vient de voir le jour. Ma première bonne impression sera concernant le décor, le super artwork du dernier opus habille la scène, quelques effets de pyrotechnie ainsi qu’un beau show lumineux viendront agrémenter le spectacle. Le charmant leader Flo V. Schwarz, chanteur et guitariste, arrive en compagnie de Gizz Butt à la guitare, Malte Brauer à la basse et du batteur Jan Räthje. Le classieux quatuor en costumes trois pièces opère un démarrage punchy avec Through the Flames, un titre très électrique avec un chant death qui vous plonge tout de suite dans l’ambiance. Je ne comprends pas tout car le frontman s’exprime en allemand mais il aime rire et s’amuser, sa première intervention nous vaudra une pluie de papier toilette. Le concert est vraiment appréciable, les musiciens sont super carrés, c’est propre et Gizz nous balance de très bon riffs avec sa belle ibanez rouge. Les variations vocales de Flo sont très intéressantes et les beats de batterie sont bien variés. Le vocaliste viendra flirter avec son public, allant jusqu’à se faire apporter un matelas gonflable pour surfer sur les bras tendus en chantant Don’t you say maybe que les fans connaissent par cœur. Un set rempli d’ondes positives qui prendra fin à 18h après Fade Away.
Motivée je décide de partir à l’opposé où doivent jouer les membres de Gloryhammer. Tout ça pour rien. En effet, la chaleur étouffante et le soleil éclatant vont laisser place à l’orage. Ironie quand on sait que la chanson que vient d’achever Pyogenesis se termine par un coup de tonnerre. Bref, la sécurité nous demande de quitter les lieux et c’est sous la pluie battante que nous partons nous réfugier dans les tentes et voitures les plus proches. Les imprévus font partie du jeu, toute la programmation est néanmoins maintenue, juste décalée. Il faudra attendre une bonne heure avant que la pluie ne cesse puis aller se sécher, se changer, manger…En chemin on fait de jolies rencontres et finalement je ne reviendrai sur le site que bien plus tard.
FINSTERFORST
La reprise se fait tranquillement, je me rends à la Camel Stage pour voir un groupe que j’écoute depuis longtemps pour la toute première fois. Les allemands de Finsterforst, vous nous faire sillonner dans les méandres de leur Forêt Noire bien aimée avec leur black metal folk. Pour ce faire, Oliver, Johannes, Tobias, Wombo, AlleyJazz, David et Simon s’arment de leurs instruments respectifs : micro, accordéon, basse, batterie, claviers et guitare. Chemises blanches et visages enduits de quelque chose qui ressemble à de la boue, backdrop aux couleurs du dernier opus Mach Dich Frei, lumière verte tamisée et fumée, le décor est posé. Le septuor se met en place lorsque la majestueuse intro de Fremd retentit. Ce morceau, tout en progression, est solide avec ses mélodies complexes où l’incisivité se mêle à la douceur. Je me retourne et prends conscience que le nombre de spectateurs s’est décuplé, c’est noir de monde ! Les musiciens sont tout azimutés, ils gigotent dans tous les sens, jouant avec emportement et stimulant la foule. Les cheveux virevoltent, et les « hey hey hey », s’élèvent pendant Zeit für Hass. Le chant d’Oliver est puissant, ses cris sont transperçants. Les compositions très techniques sont bien exécutées et l’accordéon, joué avec parcimonie, apporte vraiment quelque chose. Les clameurs reprennent de plus belle au lancement de l’ultime et excellent Mach Dich Frei. Un chouette concert de Finsterforst.
MARDUK
A présent, nous sommes parés pour prendre une petite dose de black metal en compagnie de Marduk. Les suédois étaient de passage chez nous en janvier à l’occasion de la sortie de Frontschwein. C’est d’ailleurs sur ce titre que l’on voit apparaître le vocaliste Mortuus, le guitariste Evil, Devo à la basse ainsi que Fredrik à la batterie, après une introduction sous tension. La setlist sera plus ou moins similaire, je suis toujours aussi fan de la super groovy The blond beast qui passe parfaitement en live avec un jeu de lumière presque disco. Ce rythme est carrément entrainant et les blast beats sont mortels ! De manière générale, la mise en scène se veut sobre, beaucoup de fumée et des lights éblouissantes suffisent. Comme d’habitude, le chanteur grimé rentre dans la peau de son personnage, n’hésitant pas à mettre le paquet sur la gestuelle. Le charisme et les cris déchirants de Mortuus font toujours leur effet. Evil et Devo gèrent également bien leur rôle jouant impeccablement chaque morceau. Quant à Fredrik, son coup de double pédale est aussi rapide qu’une mitrailleuse, l’homme frappe vite et fort sans jamais faillir. Sous le chapiteau beaucoup de metalheads s’adonnent à une séance de headbanging pendant que d’autres survolent la foule en surfant. Le son est fort mais cruellement bon! Womb of perishableness, Warschau et The Black se succéderont avant que Marduk ne quitte la scène. Un autre show d’une qualité irréprochable.
WALLS OF JERICHO
Il est déjà plus de 2h du matin, on commence à voir quelques festivaliers sur le déclin, luttant contre la fatigue tant bien que mal. Ils ne vont pas tarder à se faire réveiller par le punk hardcore, metalcore de Walls Of Jericho. La lumière s’éteint mais il faudra attendre un long moment avant le début du concert, quelques pas de danse au rythme de Daft Punk nous feront patienter. Une guitare bruit… gros riff puis, boum ! Candice Kucsulain arrive en trombe hurlant les paroles de All hail the dead. Les rythmiques dévastatrices sont assurées par le très bon Dustin Schoenhofer. Sur le devant de la scène, ce sont Chris Rawson et Mike Hasty qui se partagent les riffs de guitares, à la fois lourds et incisifs. A leurs côtés se tient Aaron Ruby qui fait vrombir sa basse et saute dans tous les sens, tout comme Mike. Les titres fusent pendant une heure : Feeding Fenzy, Relentless, Playing soldier again, The haunted… La boule de nerf Candice est, comme à l’accoutumé, proche de son public et propulse toute son énergie pour mettre le feu à la T-Stage. Les festivaliers sont bels et bien réveillés, ça s’agite sévèrement dans le pit, les pogos et circles pit sont lancés. Le hardcore athlétique de Walls of Jericho s’abat sur nous comme un véritable tsunami, c’est la folie ! Même si leur style musical n’est pas mon préféré, c’est impossible de ne pas s’éclater durant un de leur show tant leur énergie est communicative. Revival never goes out of style et son refrain fédérateur clôtureront ce show…décoiffant!
TEMPLE OF BAAL
Nous allons calmer le jeu avant d’aller dormir, c’est aux alentours de 3h30 du mat’ que les frenchy de Temple of Baal, montent sur les planches de la Camel Stage. La fatigue se fait sérieusement sentir mais pas question de manquer un aussi bon groupe, français qui plus est ! Temple of Baal agrémente parfaitement ses compositions black metal amenant des sonorités oldschool flirtant avec le death et même le thrash metal. Le quatuor va nous livrer un set fort d’intensité pendant plus d’une demi-heure. Les riffs mélodiques et techniquement bien foutus sont délivrés par Saroth et Amduscia. La voix caverneuse de ce dernier vous retourne les tripes. Les cymbales de Skvm sonnent en alternance avec les coups de double pédale qu’il envoie avec vélocité. La rythmique percutante est doublée par les vibrations de la basse d’Arkdaemon, qui, tout comme le guitariste, assure aussi les chœurs. Une atmosphère, particulière s’est installée au pied de la scène où les festivaliers sont absorbés par cette musique aussi sombre que poignante. Une journée qui s’achève en beauté sur ce show ultra carré et prégnant. Merci à Temple of Baal pour cette belle prestation.
Il est très tard, on sombre facilement dans les bras de Morphée après cette journée qui, malgré le petit incident pluvieux fut très bonne. Enorme coup de cœur pour Kadavar ! On se retrouve demain pour un ultime jour au Summer Breeze.
Auteur et photos: Fanny Dudognon
Summer Breeze Open Air 2015 – Day 2 @ Dinkelsbühl (Germany)
Jeudi 13 Aout – Le jour se lève sur le Summer Breeze, la musique est déjà en route chez certains campeurs, on se réveille tranquillement. Le soleil est, une fois de plus, au rendez-vous et se chargera de nous (sur)chauffer jusqu’à son coucher. 11h00, day number 2 ! Le festival commence vraiment aujourd’hui et le site s’ouvre entièrement. Je découvre donc l’intégralité du lieu avec l’immense Main Stage et plus loin, la petite Pain Stage, toutes deux en extérieur. Cette fois, des points d’eau sont accessibles, nous sommes sauvés (oui car la température était montée jusqu’à 38 la veille et ne sera pas beaucoup plus basse ce jeudi).
MEGAHERZ
Au loin, j’aperçois la foule se dandiner devant la Pain Stage, uhm…coup d’œil sur le programme, il s’agit des allemands de Megaherz. Inconnu au bataillon, je regarde un peu mais ce metal indus joué par des gus bizarrement maquillés ne m’emporte absolument pas. Ici en revanche, on soutient la scène locale et les fans sont nombreux à chanter les refrains. Une chose est sûre, la bonne ambiance et les sourires sont au rendez-vous !
THE SIRENS
Mon premier concert sur la Main Stage sera celui de The Sirens à 12h40. Les sirènes sont Anneke Van Giersbergen, Liv Kristine et Kari Rueslåtten, trois femmes connues pour leurs voix uniques et qui ont chanté dans des groupes de metal féminin. La setlist se compose donc de reprises de The Gathering, Theatre of Tragedy ,The 3rd and the Mortal et de titres des artistes en solo. Dès le premier morceau : Treat me like a lady, on voit que le trio est complice, on dirait presque des copines à un goûter d’anniversaire. Au moins le sourire est sur toutes les lèvres ! Les musiciens semblent prendre beaucoup de plaisir à jouer, on retrouve Viktorija Anselmo aux claviers, Jochem Van Rooijen à la batterie, Joost Van Haaren à la basse ainsi que Ferry Duijsens et Gijs Coolen les guitaristes d’Anneke. Il fut d’ailleurs appréciable de la voir radieuse, nous interpréter divinement Saturnine. Globalement c’est propre et très bon enfant, ils assurent devant un public pourtant clairsemé et assommé par la chaleur. Un peu trop « choubidou » pour moi.
KYLE GASS BAND
13h30 c’est au tour de Kyle Gass Band d’investir la Pain Stage. Formé par le chanteur et guitariste de Tenacious D, Kyle Gass. L’artiste californien s’est entouré de Myke Bray (guitare et voix), John Konesky (guitare et chœur), Jason Keene (basse et harmonica) et Tim Spier (batterie). Les californiens vont nous envoyer du bon rock’n’roll dans une ambiance totalement décalée. Look, attitude, musique, tout est réuni pour passer un bon moment. Bien que le groupe ne se prenne pas au sérieux, la qualité des compositions est là ! Les sonorités sont clairement rock, parfois plus heavy mais aussi souvent très bluesy. Il y a des morceaux très punchy qui vous émoustillent comme Manchild ou Gettin’ the band back together mais également de sublimes balades telles que Tremendous, Bro Ho ou Gypsy scroll au son desquelles on se laisse facilement emporter. Techniquement les mecs assurent et la voix de Kyle sonne comme du velours. Ce dernier nous fera bien rire avec son attitude nonchalante et sa flûte à bec, on pourra délirer sur leur medley de reprises avec I want your Back, Black or white et Fresh Prince of Bel Air. Un très bon moment convivial en compagnie de Kyle Gass Band.
CORVUS CORAX
Après avoir ingurgité 3 litres d’eau pour tenter de survive sous ce soleil de plomb je retourne devant la Main Stage, en retard, les allemands de Corvus Corax sont déjà en place. Visuellement c’est assez impressionnant avec 8 musiciens costumés et une énorme panoplie d’instruments: cornemuses, binious, flûtes, bombardes, tambours, batterie et autres percussions. Le groupe, chaleureusement accueilli, va nous plonger au cœur de cet univers néo-médiéval. Le son percutant des tambours allié aux mélodies envoûtantes sifflées par les cornemuses s’infiltrent dans nos oreilles et se propagent dans nos corps, hop hop hop ça remue ! Ca change du métal mais ça faisait longtemps que j’attendais de les voir et je ne suis pas déçue, c’est top !
TANKARD
Après ce petit moment de détente il est temps de passer aux choses sérieuses. Ce jeudi 13 août brille par son temps mais également par sa programmation exceptionnelle ! C’est tout simplement le Big 4 du thrash allemand qui va défiler au cours de cette journée. Ce sont les membres de Tankard qui ouvrent les hostilités. C’est en 82 que la formation voit le jour enchainant les albums et les tournées, leur 16ème album R.I.B sortait en 2014. En janvier dernier, l’incroyable vocaliste Gerre et ses compagnons avaient mis le feu à Barcelone. Le 11 août nous apprenions qu’Olaf Zissel, le batteur, était victime d’un AVC donc il se remet doucement. Gerd Lücking (Holy Moses), ingé son sur la tournée sera son remplaçant. 15h10, le quatuor démarre sur les chapeaux de roues avec Zombie Attack. La réaction du public est immédiate, les thrashers scandent le refrain, les slammers s’élancent et les cheveux virevoltent. Gerre est toujours aussi dynamique arpentant la scène de long en large, haranguant la foule. Bien sur, il n’omet pas de célébrer la bière en exhibant son gros bidou. Gerd s’en sort bien et, comme d’habitude, le bassiste Franck Thorwarth et le guitariste Andreas Gutjhar sont déchaînés. Ce qu’on aime avec Tankard, ce sont les titres énergiques aux refrains accrocheurs comme Chemical Invasion, Rules for fools ou A girl called Cerveza, ce thrash oldschool et festif. On adore également leur folie et leur grande générosité, ils donnent sans compter et avec un contentement évident. Encore une fois, le groupe nous aura fait passer un excellent moment, attention à ce que cela ne devienne pas une « Total addiction ».
DIE APOKALYPTISCHEN REITER
16h, du monde s’amasse devant la Main Stage, il fait une chaleur à crever mais cela ne semble en aucun cas perturber tous ces passionnés qui sont là, tous joyeux. Place donc à Die Apokalyptischen Reiter. En Allemagne c’est normal de passer du thrash à de l’indus ou du metal folk, ils aiment tout du moment que c’est local ! S’ils sont populaires ici, personnellement, je ne suis pas fan de ce groupe qui produit un metal mélangeant un peu de death à des sonorités electro et folk. Je me dis que c’est peut être mieux en live. La mise en scène est vraiment sympa, tous les musiciens assurent et le vocaliste, Fuchs est un très bon frontman, ça, c’est incontestable. Musicalement, les passages un peu agressifs captent mon attention, mais dès que ça se calme…hop je décroche. Avis très singulier (je ressens la même chose devant Sabaton), la foule semble conquise, ça chante, ça surf, ça sautille, c’est la fête !
DESTRUCTION
Thrash Party – round 2 ! 17h05 Nous accueillons Destruction. Ravie je suis! En effet, parmi les 4 pionniers présents ce jour, ce sont les seuls que je n’ai encore jamais vus. Ayant apprécié Schmier en action la vieille et adorant leur discographie je ne pense pas être déçue. Né en 82 également, le trio, qui a connu quelques clashs, se compose actuellement du fondateur et guitariste Mike Sifringer, de Schmier au chant et à la basse et du batteur Vaaver. Les musiciens prennent place et les premiers accords de Curse the gods retentissent. Puis c’est l’hymnique Thrash till death, qui nous explose en pleine face ! Une vraie bombe, les metalheads lèvent les poings et entonnent le refrain, en chœur avec le chanteur. Ce mec déborde de charisme, une force tranquille dont la voix puissante et acérée vous transperce. Mike impressionne par sa dextérité, les mélodies résonnent et nous emportent pendant que Vaaver frappe la cadence avec hargne. C’est dans ces moments là que l’on se rend compte que quantité n’est pas synonyme de qualité, ils ne sont que trois et pourtant, c’est une véritable Destruction ! Une immersion totale au cœur du thrash. Du thrash metal moderne avec des gros riffs bien denses et blast beats robustes que l’on entend dans des titres tels qu’Armageddonizer et Carnivore mais aussi old-school avec les excellentes, Mad butcher et Death trap où l’on retrouve cette rythmique ultra rapide et ce chant prégnant. L’ambiance est très bonne dans le pit. Ca fait du bien par où ça passe ! La bande nous offre Bestial invasion en guise de conclusion, un final impétueux. Le round 2 m’a mise K.O.
BLACK STONE CHERRY
On se relève et on se positionne au bord de la grande scène pour un show qui sera rock’n’roll en présence de Black Stone Cherry. Le jeune quatuor formé en 2001 nous vient du Kentucky. En écoutant BSC j’ai d’abord été frappée par la superbe voix (rare) de Chris Robertson, aussi à la guitare, un timbre chaleureux à la Eddie Vedder et une puissance vocale impressionnante. Musicalement, on pense forcément à Black Label Society quand on entend ces guitares crépitantes. Les riffs ultra heavy se mêlent parfaitement aux parties plus mélodieuses, les rythmes sont variés, du southern rock qui tend parfois vers le stoner. Ce fut une bonne découverte, leur petit dernier, Magic Mountain est d’ailleurs une belle perle. Et en direct live ça donne quoi ? Ben Wells (guitare et chœurs), Jon Lawhon (guitare et chœurs), John Fred Young (batterie) et Chris vont prendre d’assaut la Main Stage entamant le set avec Maybe someday suivie de la lascive White trash millionaire. Les musiciens sont hyper énergiques et déversent leur vitalité et leur musique avec enthousiasme. La foule (et moi aussi) se met à gigoter et reprendre les chansons en chœur, Black Stone Cherry, en live, ça fonctionne ! A revoir en salle.
SODOM
Nous sommes bien en jambe pour le Round 3. Cette fois-ci c’est avec Sodom que ça se passe. Leur prestation au Hellfest avait été bonne bien que le son et l’ambiance n’avaient, selon moi, pas été à la hauteur. Aujourd’hui, rien à voir ! Premier bon point, nous les verrons jouer un peu plus longtemps, devant un public plus enjoué (vous aurez beau dire qu’il ne fait jamais beau en Allemagne en tout cas les allemands résistent très bien aux 30/35°C) et avec un son au top. La set list est également différente et cette fois Sodom débarque au son de leur tube Agent Orange accompagné par une explosion de fumigènes oranges. Ils enchaînent direct avec leur reprise délirante de Surfin’ bird. Je ne sais pas si c’est le fait d’être à domicile mais Tom Angelripper (chant/basse), Bern Kost (guitare) et Markus Freiwald (batterie) arborent tous trois un sourire radieux. C’est donc dans une atmosphère blindée d’ondes positives que les titres plus efficaces les uns que les autres vont se succéder : The vice of killing, Nuclear winter, Sodomy and lust ou encore City of God. Du blast de bourrin comme le fait si bien Markus, des riffs dévastateur et un chant délivré à la perfection. C’est tellement bon de pouvoir apprécier Sodom dans des conditions pareilles, moi qui étais restée sur ma faim…là…je suis fascinée ! On a juste envie de faire des headbang sans se poser de question, de se laisser aller au rythme de ces sonorités brutes, thrashy et pleines de vigueur. Tout le monde est à fond jusqu’au dernier morceau, Ausgebombt. Putain que c’était bon ! Après la frustration vécue à Clisson, j’ai maintenant comme un goût de reviens-y… A quand la prochaine?
OPETH/CARNIFEX
20h20, sur la scène voisine c’est Opeth qui va s’installer, je choisis de revenir plus tard, et me dirige vers la T-Stage. Il faut traverser touuuuuuut le terrain pour se rendre à l’extrême opposé. Me voici prête pour redécouvrir Carnifex que j’avais vu, de loin et durant un trop court instant, à l’Xtreme Fest. C’est parti pour 45 minutes d’ultra violence et de deathcore. Les américains vont nous servir une setlist efficace, Hatred and Slaughter, Dark days, Until I feel nothing… ils vont faire vibrer les toiles de la tente et animer les esprits. La double pédale fume, les coups de batterie assénés par le très bon Shawn Cameron nous atomisent et le public s’échauffe, un circle pit se forme très rapidement. Ça va jumper, slammer et pogoter sans interruption. Fred Calderon semble possédé faisant vrombir sa basse. Cory Arford et Jordan Lockrey délivrent des riffs bien gras et denses et mélodies variées, appliqués sur leurs guitares à huit cordes. Scott Lewis est aussi à l’aise au chant, fluctuant entre voix death et scream, qu’en tant que chauffeur de salle. Il s’impose sans difficulté, ce mec est bourré de charisme et de talent. Carnifex propulse une dernière vague de brutalité, la foule se lâche lorsque les gros beats de Hell chose me retentissent, ultime circle pit. Un show violent, efficient coloré par un beau jeu de lights et valorisé par une bonne qualité sonore. J’ai le temps d’aller jeter un œil au final d’Opeth, The grand conjuration et Deliverance. Comme toujours le décor planté est beau, musicalement et scéniquement tout est très carré, on aimerait presque que Mr Arkerfeldt et sa bande se lâchent davantage.
EISREGEN
C’est à nouveau à la T-Stage que je vais découvrir Eisregen, formé en 95 et habitué du Summer Breeze. Leur dark metal et un mélange d’indus, ebm et metal, c’est assez particulier mais les allemands sont férus de ce style et répondent largement présents, la tente est pleine ! En live ce n’est pas déplaisant, le vocaliste Michael Roth est à fond dans son personnage et tous les musiciens sont carrés. Le visuel est sympathique et musicalement ça se laisse écouter. Beaucoup de morceaux, tirés du nouvel album Marschmusik sont d’ailleurs joués pour la première fois en live. Un peu trop de clavier à mon goût, je ne resterais pas très longtemps. Le principal c’est que les festivaliers s’éclatent et l’atmosphère, sous ce chapiteau, est plus que bonne. Cela laisse également le temps de faire un break et de déguster la bonne bière, et oui, il faut savoir apprécier les saveurs locales.
AGALLOCH
Maintenant, il faut faire un choix. D’un côté se joue le quatrième et ultime round de la thrash metal day avec les géants de Kreator sur la scène principale. De l’autre, encore sur la T-Stage, il y a les américains d’Agalloch. Deux univers diamétralement opposés mais deux groupes de très grande qualité. Ultra fan des dieux du thrash, je décide tout de même de faire une entorse à la règle et d’aller voir Agalloch, leur venue en France est rare, je saisis donc l’opportunité. Formé en 95 par John Haughm et Shane Breyer (qui finira par quitter le groupe) et avec 4 albums studio dont The Serpent and the Sphere sorti en 2014, le groupe s’inspire énormément des éléments de la nature pour réaliser ses compositions. Le style musical est riche d’influences diverses, black et folk metal, post-rock, metal progressif, parfois même doom. Il est 23h15 lorsque la pénombre s’installe, la scène est embrumée, les ombres des musiciens se dessinent et les premiers accords de Limbs s’élèvent. Un démarrage en douceur avec une mélodie absolument sublime, un morceau de presque 10 minutes qui gagne progressivement en intensité. Les musiciens sont clairement excellents. John, virtuose multi-instrumentaliste, assure la guitare et le chant d’une main de maître. Le vocaliste est capable de moduler chant black et chant clair, sa voix à la fois quiète et sépulcrale vous transperce. Les harmonies de guitares qu’il partage avec Don Anderson sont absolument divines, les envolées mélodieuses s’unissent et s’opposent à la perfection aux riffs super heavy. Une pesanteur accentuée par le son lourd de la basse jouée par Jason Williman Walton. Quant à la rythmique, elle est savamment travaillée, Aesop module la cadence avec précision. Le public semble captivé. Ghosts of the midwinter fires, Dark matter gods, Hallways of enchanted ebony… je ferme les yeux un instant et je décolle pour un voyage dans les contrées de cet univers atmosphérique, prégnant, doux et puissant à la fois, j’ai la chair de poule… Plateau of the ages, encore 12 minutes de catalepsie après lesquelles je reviens à la réalité. Pendant 1 heure j’ai cru rêver. Un set magnifique, exécuté à la perfection par de talentueux artistes perdus au milieu d’une scène vaporeuse joliment éclairée. Agalloch m’a totalement transporté avec un concert simplement parfait.
DEATH TO ALL
Après toutes ces émotions (entre ce show et les excellents concerts de la journée) on se dit qu’il va être difficile de faire mieux. Parfois, on peut se tromper… En 2014, au Hellfest, j’avais du faire un choix déchirant entre Slayer et Death To All, mon cœur avait flanché vers les thrashers. Ce soir j’ai le plaisir de pouvoir ENFIN découvrir DTA. Le décès de Chuck Schuldiner, membre fondateur du mythique Death, entraîne la mort du groupe. Ce soir, il va renaitre de ses cendres grâce à la réunion de membres ayant joué au sein du groupe à diverses périodes. 00h45, Gene Holgan(batterie) Steve DiGiorgio (basse), Bobby Koelble (guitare) et enfin, seul petit nouveau, Max Phelps (chant/guitare) débarquent. L’amorce se fait avec The philosopher, suivi de Leprosy, Left to die et Suicide Machine. Le ton est donné, ça va envoyer du lourd! Une première chose me frappe, la qualité sonore. S’il est vrai que depuis le début du festival le réglage du son de la T-Stage est bon, là, c’est juste parfait. Le son est très fort mais pas saturé pour un sou, c’est ultra propre et cela va contribuer à rendre le concert encore meilleur. Deuxième chose, dès les premiers morceaux, je suis bluffée par le jeune vocaliste (qui joue également dans Cynic et Exist). 27 ans et déjà fort d’une maturité musicale impressionnante, il interprète les titres de ce pionner du death metal avec une aisance qui vous laisse sans voix. Il reprend les compositions du grand Schuldiner, encore considéré comme l’un des meilleurs guitaristes de metal, et il le fait parfaitement bien. Waouh ! A ses côtés, l’imposant DiGiorgio, qui était resté assez discret lors du concert de Testament à Barcelone se révèle ce soir. Il est pimpant dans son habit de lumière à la mode 70’s, souriant et prend son rôle de frontman très à cœur. Comme toujours il s’éclate avec sa basse fretless, les cordes vibres apportant ce qu’il faut de lourdeur aux morceaux. Bobby n’est pas en reste, il vient flirter avec les photographes, grimaçant avec amusement tout en délivrant ses riffs surpuissants. Enfin, Gene bombarde derrière ses fûts, c’est sec, c’est robuste, du bon gros burinage qui défonce ! La setlist, excellente, défile à vitesse grand V, pendant que dans le pit la foule se déchaîne. Living Monstrosity, Symbolic, Spirit Crusher… On s’en prend plein les oreilles et plein la vue, le son, les lights, la mise en scène, tout est au poil. Headbang, slams, pogos, on s’en donne à coeur joie ! Puis, vient le final destructeur avec Pull the plug: “Pull the pluuuuuuuuuuug, let me pass away, pull the pluuuuug, don’t want to live this way”. Ce soir nous avons assisté à une résurrection, Death is not dead! Je me suis pris une énorme claque !
A l’heure qu’il est il est encore possible de voir d’autres groupes, cependant, je préfère aller me coucher sur cette note qui frôle la perfection. Je ne regrette absolument pas mes choix. Après une journée pleine de concerts fabuleux passée sous un soleil éclatant on ne peut que bien dormir. Good night!
Auteur et photos: Fanny Dudognon
Summer Breeze Open Air 2015 – Day 1 @ Dinkelsbühl (Germany)
12 Août 2015 – Summer Breeze ? Mais qu’est ce que c’est? Et bien, c’est l’un des plus gros festivals metal allemands après le Wacken. Je parcours environ 1200 kilomètres pour me rendre dans la petite et charmante ville de Dinkelsbühl, où se déroule la 18ème édition du festival. Au programme, plus de 120 groupes répartis sur 4 scènes, un temps magnifique, de belles rencontres et une ambiance de folie.
Il faudra tout de même s’armer de patience avant de pouvoir regarder les premiers concerts, il faut d’abord s’installer au camping et faire un petit tour d’horizon afin de prendre ses marques. Le camping est très grand, avec ses avantages : la voiture est garée à côté de la tente, et ses inconvénients : il faudra beaucoup marcher pour se rendre sur le site du festival ou prendre sa douche. Il y a de nombreux points de restauration autour des scènes et du camping, il y en a pour tous les goûts, ainsi que des supérettes. En cette première journée « bonus », le site n’est pas totalement ouvert, nous avons accès à deux scènes uniquement – la petite Camel Stage ainsi que la T-Stage, situées sous un immense chapiteau – quelques stands de nourriture et de merchandising – dont le merch officiel – et bien évidemment aux bars. Gros point négatif cependant, aucun point d’eau n’est accessible ce jour, coup dur étant donné les 38 degrés qui nous assomment.
HARK
Il est 18h lorsque j’arrive, enfin, devant la Camel Stage où se mettent en place les membres du groupe de sludge/stoner Hark. Le trio gallois nous livre un set électrique et intense avec des morceaux tels que Mythopoeia, Sclarlet extremities ou encore Palendromeda. Les compositions sont assez techniques, par moment très psychédéliques avec de nombreux changements de rythmes et des riffs bien lourds. Les musiciens sont dans leur trip, un premier concert de qualité qui donne envie de revoir le groupe plus longuement.
PANZER
Je me rends ensuite au pied de la T-Stage pour voir Panzer à 19h45. Un groupe très attendu, puisqu’il s’agit d’une nouvelle formation composée de musiciens expérimentés et connus. En effet, Marcel Schirmer alias Schmier (chanteur et bassiste de Destruction), Stefan Schwarzmann (ex batteur d’Accept), Herman Frank (ex guitariste d’Accept) ainsi que V.O Pulver (guitariste de Gurd) sont réunis. Une union qui s’annonce comme un gage de qualité, et en effet, Panzer va nous envoyer du bon gros son made in Germany. On adhère facilement à leur musique qui sonne, à peu de choses près, comme celle d’Accept, difficile de faire autrement avec deux membres qui viennent de quitter le groupe. L’enchaînement des titres Death Knell et Panzer est l’exemple même de cette ressemblance, des riffs rapides et entraînants, des rythmes secs et râblés et des refrains fédérateurs. N’oublions pas de mentionner la voix puissante du charismatique Schmier et la bonne qualité du son. Une recette qui fonctionne, très vite les poings se lèvent et les crowd surfers se réveillent. Une pluie d’ondes positives se répand sous la tente grâce à la bonne humeur communicative du quatuor et leurs morceaux efficaces. Bleed for you sins et Temple of Doom marqueront la fin de ce show. Panzer me fait rentrer dans l’excellente ambiance de ce festival, ça promet !
DESERTED FEAR
Direction la Camel Stage avec Deserted Fear. Changement de style avec ce groupe de death metal allemand. Leur second album Kingdom of Worms, dont nous pourrons entendre quelques titres tels que Forging delusions, Mortal Reign ou Wrath on your wound, sortait en 2014. C’est à 20h30 que je me prends les premières vagues de violence en pleine face. Les compositions sont bien ficelées, le growl de Manuel Glatter est très bon et la technique est au rendez-vous. Simon Mengs envoie la purée à la batterie, Manuel et Fabian Hildebrandt assurent aux guitares pendant que Lars Larsson fait résonner sa basse. Les rythmiques, les riffs vous prennent aux tripes, le public semble absorbé. Un peu de brutalité ça fait du bien aussi ! Un groupe que je reverrais plus longuement avec grand plaisir.
SONIC SYNDICATE
21h15, hop hop hop, de retour sous la tente je me rends compte que la foule s’est rassemblée en masse pour Sonic Syndicate. Ce groupe suédois s’est formé en 2002 (sous le nom de Fallen Angels). Très influencés par des pointures comme In Flames ou encore Soilwork, ils nous pondaient un 5ème album au titre éponyme, en 2014, plus calme, aux sonorités modernes alliant rock et metalcore. Un changement de style amorcé en 2010 par le label (Nuclear Blast) qui aura provoqué du remue ménage au sein du line-up. Aujourd’hui le chanteur Nathan J. Biggs débarque aux côtés du seul rescapé Robin Sjunnesson à la guitare et au grunt, du bassiste Michel Bärzén et du batteur John Bengtsson. Après une petite intro, l’explosive Day of the dead retentit avec ses riffs pesants et son refrain éloquent. Réaction immédiate dans le public qui s’agite dès les premières notes, démarrant une série de slams qui ne s’achèvera qu’à la fin du set. Sonic Syndicate nous balance une setlist punchy, Black hole halo, Revolution baby, Denied… agrémentée par un joli jeu de lumière et une belle énergie. Le quatuor prend clairement du plaisir à échanger avec la foule qui le lui rend bien. Good vibes garanties.
DEATH ANGEL
Toujours devant la T-Stage, j’attends impatiemment la venue de Death Angel. Un mois plus tôt, jour pour jour, les californiens m’avaient retourné la tête avec leur superbe concert à Barcelone. Mon unique regret avait été la mauvaise qualité sonore qui avait rendu la voix de Mark Osegueda presque imperceptible. 23h : séance de rattrapage ! Le quintet débarque une fois de plus sur le morceau décoiffant Left for dead. Verdict ? Et bien, le son est tout simplement parfait ! Le show sera globalement identique à celui que j’avais vu précédemment avec ces belles lights et une setlist surpuissante malgré un léger raccourcissement obligatoire en festival. Les thrashers sont clairement heureux d’être là et tiennent une forme remarquable, Ted Aguilar est rayonnant affichant son plus beau sourire. L’appliqué Will Caroll nous donne le rythme frappant avec précision et robustesse. Ted et Rob Cavestany, plus complices que jamais, déploient toute leur énergie envoyant les riffs dévastateurs, avec, à leurs côtés, l’excellent Damien Sisson à la basse. Le passionné Mark nous emporte, comme à son habitude, grâce à son charisme hallucinant, sa simplicité et sa puissance vocale. Dans le public, les fans de thrash sont ravis et les headbangs vont bon train. Un peu de oldschool avec la célèbre Evil priest: “Victim is falling, any died without a sound, victims crawling, bodies laying all around”. Moment opportun pour s’égosiller et se décocher la tête. Encore une fois Death Angel me fait l’effet d’une tornade, détruisant tout sur son passage, le set s’achève avec Caster of shame et Thrown to the wolves, du pur thrash metal, du pur bonheur !
DEVILMENT
Je n’ai jamais été trop fan de Dani Filth au sein de Cradle of Filth, cependant je suis très curieuse de voir Devilment. Formé en 2011, le groupe n’est stable que depuis 2014 et vient de donner vie à un premier album nommé The Great and Secret Show. Il est déjà 00h45 lorsque Dani apparait sur la T-Stage, arborant son fidèle maquillage et son plus beau costume. Si la musique est différente de Cradle of Filth, l’imagerie et la mise en scène sont elles, assez semblables. Le set est amorcé avec Even your blood group rejects me, un titre hyper groovy aux notes indus. Une entrée en matière dynamisante. Sur le devant de la scène ça bouge bien avec Colin Parks et Sam S Jr aux guitares, Nick Johnson à la basse et Dani au chant, les musiciens n’hésitent pas à venir poser en bord de scène. Coincés par leurs instruments, Lauren Francis aux claviers et le batteur Aaron Boast gèrent néanmoins très bien leur partie. Les titres Summer artieries, Mother Kali ou The stake in my heart défilent. La foule est plutôt enthousiaste, quant à moi, je ne peux m’empêcher de sourire lorsque le vocaliste pousse son fameux cri…ah ça, on ne le changera pas ! Un show fun mais un peu lassant, avec un seul album à ce jour, pas évident d’être très varié.
NERVOSA
Une note thrash me semble être une bonne idée pour finir la journée. 01h30, direction la Camel Stage pour Nervosa que je vais voir pour la 3ème fois ce mois-ci. TRIO FEMININ – BRESIL – THRASH METAL ? Il n’en faut pas plus pour rassembler une foule de curieux metalheads. Le trio a entamé une tournée européenne afin de défendre Victim of Yourself sorti l’an dernier. Fernanda Lira (basse et chant), Prika Amaral (guitare et chant) et Pitchu Ferraz (batterie) arrivent sous un éclairage rouge/rosé très girly et nous balancent Time of death pour commencer. Très vite la chaleur va monter avec des titres plus rentre-dedans comme Into moshpit, Envious ou bien Death! Les trois nanas se donnent à fond. Fernanda possède une excellente présence scénique, Prika est plus discrète mais délivre ses riffs avec une habileté déconcertante, et Pitchu…pourtant dernière venue, impressionne par sa technique et sa force. On ressent les influences de groupes comme Slayer dans leur son, les rythmiques frôlent parfois le crossover à la DRI et le chant me fait terriblement penser à Death, Fernanda pousse des cris façon Chuck Schuldiner (et actuellement Max Phelps). Leurs compositions sont solides bien que parfois un peu répétitives surtout en ce qui concerne le chant. Le public est réceptif, beaucoup semblent découvrir le groupe ce soir et agréablement surpris. On termine en force avec Masked Betrayer. Après 3 shows, j’affirme que ces nanas méritent leur place au sein de la scène thrash. Je souhaite une longue vie à Nervosa, et c’est certain, nous allons les revoir très bientôt.
Il est temps de regagner la tente (il faut encore se taper 25 minutes de marche). Bonne surprise, le camping est plutôt très calme, pas de soucis de voisinage (en dehors de quelques bruits suspects). La nuit sera courte mais sans interruption, de quoi se lever de bon pied pour entamer une seconde journée avec le sourire.
Auteur et photos: Fanny Dudognon
Gojira @ Razzmatazz 2 (Barcelone)
15 juillet 2015 – Après l’excellent concert de Death Angel le 12, je vais retrouver les amis espagnols devant la salle Razzmatazz. Cependant, je ne suis pas là pour voir un groupe local mais bel et bien l’un des groupes de metal français les plus populaires au monde, il s’agit bien entendu de Gojira. Nous sommes chanceux car les 3 dates précédentes furent annulées suite au décès de la maman de Joe et Mario Duplantier à qui nous présentons nos sincères condoléances. La première partie sera assurée par les locaux de Moonloop. Les français sont très populaires à l’étranger et les espagnols sont nombreux à avoir fait le déplacement pour ce concert qui se joue pourtant 1 jour avant le début du Resurrection Fest.
La musique démarre à 20h45 avec Moonloop et leur death metal progressif et psyché. Créé en 2001 à Barcelone, le groupe a réalisé 3 démos et un premier album studio sorti en 2012 : Deeply from the Earth. Le show commence avec un morceau qui sera sur le prochain album : Megalodon. Eric Baule, le vocaliste et guitariste alterne entre voix claire et voix death, son grain un peu nasillard contraste avec son chant guttural sorti d’outre tombe, je suis impressionnée ! Raul Payan frappe les fûts et Vic Granell s’affère à la basse, les rythmiques sont savamment modulées et les riffs assurés par Eric et Juanjo Martin sont à la fois techniques et mélodiques. Les parties lentes et lourdes s’opposent et s’unissent à la fois aux cadences plus rapides et autres envolées lyriques. Ils joueront également Zeal, Medusa et Strombus. Leur musique à la fois violente et planante, presque doom, vous plonge dans une atmosphère sombre et psychédélique. La foule est attentive et les nuques se délient malgré la chaleur déjà étouffante. Moonloop nous aura fait voyager dans cet univers étrange, presque transcendant, durant une quarantaine de minutes: une parfaite introduction à Gojira.
Il faudra un petit moment aux techniciens pour effectuer les modifications scéniques. La salle est bondée, et la clim étant coupée, la température devient difficile à supporter…ce concert promet d’être intense ! 21h50 nous sommes à nouveau plongés dans le noir, la foule commence à s’agiter et les fans au premier rang s’égosillent déjà. L’intro retentit et, baignés dans une lumière bleutée, les membres de Gojira font leur apparition, Mario ouvre la marche et prend place derrière sa batterie. L’entrée en matière se fait bien évidemment au son des guitares grinçantes d’Ocean Planet et ce, devant un océan de poings levés. Malgré sa mine fatiguée, Joe nous balance son chant avec sa justesse et sa force habituelles, lançant quelques « fuck » par-ci par-là. The Axe, The heaviest matter of the Universe, Backbone, c’est parti pour une bonne dose de violence et d’intensité. Le concert commence à peine mais, que ce soit dans le public ou sur scène, nous nous liquéfions littéralement tant la chaleur est suffocante. Cela n’empêche cependant pas les fans de s’adonner à une séance extrême de headbanging et de lancer des pogos. Comme toujours, Gojira nous emporte dans les profondeurs abyssales de son death métal progressif. Nous sommes transportés par les riffs denses ultra agressifs délivrés par Joe et Christian Andreu ainsi que les blast beats destructeurs assénés par le talentueux Mario. Jean-Michel Labadie, est toujours aussi excité, sautant dans tous les sens avec sa basse vrombissante. Ils sont totalement habités par leur musique, ils la vivent et cela se ressent, à chaque fois, aussi intensément. Après Love/Remembrance, Joe annonce en espagnol s’il vous plait El niño salvaje , oui l’Enfant Sauvage titre éponyme du dernier album sorti il y’a 3 ans déjà. Ce titre, évocateur et profond où la voix écorchée de Joe vient des tripes, ses hurlements, vous retournent le bide… Mario Duplantier nous offrira bien évidemment un excellentissime solo de batterie, doublé par les applaudissements du public, qui introduira Toxic Garbage Island. Ce soir, Gojira nous offre un joli melting-pot de sa discographie, une set list toute en force et bien équilibrée qui ravit les fans de toujours. Wisdom Comes, Orobous et la très attendue Vacuity. Brutalité, technicité, intensité…impossible d’être déçu, on en oublierait presque notre état de décomposition. Le jeu de lumières adapté au rythme de la musique est toujours aussi éblouissant, laissant entrevoir juste ce qu’il faut. Les spectateurs fiévreux se lâcheront encore, le temps de deux ultimes morceaux : World to come et The gift of guilt. Il est 23h20, les français nous ont offert un show d’exception récompensé par les chaudes clameurs et applaudissements abondants d’une foule conquise, nonobstant les horribles conditions.
C’est le cœur rempli d’émotions et le corps vidé de son eau que les fans désertent la salle. Merci à Moonloop, Gojira et On the Road Music pour cette belle soirée.
Auteur : Fanny Dudognon
Photo : Archive Thorium Magazine
Death Angel @ La Sala Boveda (Barcelone)
12 juillet 2015 – L’été c’est le paradis des festivals metal en Europe, les salles de concerts sont souvent désertées et le temps peut sembler long pour ceux qui ne peuvent partir 3 ou 4 jours en festival. La programmation barcelonaise nous réserve quelques surprises en ce mois de juillet et c’est en ce beau dimanche ensoleillé que je me rends à la Sala Boveda, pour une soirée 100% thrash metal. Doctor Metal, MON Productions et Dracko producciones nous proposent un plateau composé de No Amnesty, Exodia et du célèbre groupe californien Death Angel.
La soirée démarre aux alentours de 20h00 avec les très jeunes membres de No Amnesty. Originaire de Sant Boi De Llobregat, la bande sortait son premier EP, A New Order For Attack l’an dernier. Le groupe nous balance des titres à la fois mélodiques et agressifs avec des beats de batterie incisifs comme dans Redemption, Kill or spare one’s life. Les musiciens se donnent face aux encouragements, même timides, du public. Les riffs et les intonations du vocaliste me font penser qu’ils s’inspirent, ne serait-ce qu’un peu, de leurs aînés d’Angelus Apatrida. Ils joueront de nouvelles compositions mais c’est avec leur cover du célèbre morceau Indians d’Anthrax que le quator va réveiller la foule, on s’active un peu dans le pit. No Amnesty clôturera le set avec No Way Out et Thrasher’s Pride. Une ouverture réussie, l’envie et la passion sont bien visibles, nous leur souhaitons de continuer dans cette voie.
Changement de plateau avant d’accueillir les membres d’Exodia à 21h05. Le quintet espagnol nous vient de Valence et donnait naissance à un deuxième album appelé Hellbringer en janvier 2014. Là, clairement, l’intensité va monter d’un cran, une intro retentit et les thrashers débarquent sur scène. Les membres d’Exodia n’y vont pas par quatre chemins et nous envoient la purée dès les premiers accords. Les morceaux sont balancés avec férocité, Infected hate, Go !, Future generations, The town of no return… Le charismatique vocaliste Amando prend d’assaut la scène, invitant le public au brisage de nuque et circles pit. La foule ne se fait pas prier, les cheveux virevoltent aux rythmes des blast beats râblés frappés par Toni. Victor fait vibrer les cordes de sa basse avec force tandis que Rafa et Pablo, qui headbang ardemment, nous envoient des riffs costauds et mélodiques. Le groupe jouera aussi des titres issus du premier opus Slow Death comme Fight my cock and your palate, les cris d’Amando sont ultra puissants et sa présence scénique excellente, il fait son show ! La foule sera ravie d’accomplir le wall of death réclamé par celui-ci. L’ambiance est très bonne mais le temps passe vite et l’heure est venue pour Exodia de terminer son set, un final qui se fera avec un clin d’œil à Slayer, Raining Blood est entonné par un public déjà bien chaud.
Une ultime modification du plateau s’opère, une dizaine de minute s’offre à nous pour souffler en attendant Death Angel. Beaucoup des spectateurs présents aujourd’hui étaient de la partie lors du show monumental d’Exodus et Testament en mai dernier. Nous avions reçu une belle leçon de thrash et nous sommes prêts pour un second round dans un lieu propice à l’intimité. Il est 22h lorsque la pénombre s’installe, les clameurs s’élèvent et les californiens apparaissent à travers une brume épaisse et devant le back drop aux couleurs de leur dernier album The Dream Calls For Blood sorti en 2013. Ce sont d’ailleurs les premières notes de Left for Dead qui résonnent dans la Boveda. Petit bémol de ce concert: le son, avec un chant à peine perceptible depuis le premier rang malgré une amélioration certaine dès le second morceau. Il faudra donc choisir entre la proximité avec le groupe et la qualité sonore. Ayant déjà vu le groupe en festival, je décide de rester devant, face au grand Mark Osegueda. Ce dernier, dont le charisme est incomparable, prend rapidement la parole et s’abreuvant de quelques gorgées de Bombay Sapphire il remercie chaleureusement son public puis annonce « we’ll play thrash fucking metal ! ». Son of the morning, Claws in so deep, Fallen, Succubus… les titres les plus récents défilent, c’est chaud bouillant dans le pit ! Sur scène, le quintet est exalté avec un chanteur hyperactif, qui s’amuse à flirter avec le premier rang, n’hésitant pas à vous tenir fermement la main. Tous les musiciens se donnent à fond. Le très bon bassiste, Damien Sisson affichera un large sourire durant tout le show. A ses côtés, les talentueux Rob Cavestany et Ted Aguilar ne sont pas en reste, délivrant les riffs dévastateurs avec une technique irréprochable. Will Caroll quant à lui, frappe fervemment ses fûts et projette des blast surpuissants, alliant brutalité et groove. Les headbanging et pogos vont bon train. Death Angel nous fera également voyager au cœur du thrash old school avec l’excellente Ultra violence ou encore Seemingly endless time. Un retour aux sources qui mettra tout le monde d’accord. Séquence émotion, Mark nous parle de sa grand-mère qui lui manque évoquant ainsi ses racines catalanes et introduisant le titre éponyme du dernier opus, la larme à l’œil. C’est ça que l’on aime dans le thrash: l’authencité ! Rob qui ne fait qu’un avec sa guitare, se lâche, il ressemble à un animal : sauvage… Les thrashers s’éclipsent un instant puis ils reviennent pour un final endiablé, largement acclamés par la foule. Le frontman annonce Bored, une bonne dose de heavy et de groove avant la brutalité de Mistress of Pain, là, le vocaliste nous balance son cri strident et ravageur ! Wow. Death Angel tirera sa révérence après The ultra-violence/Thrown to the Wolves. Un show magristral d’une heure trente avec des titres plus efficaces les uns que les autres et un groupe au top de sa forme. Les thrasher de la Bay Area nous ont tout donné avec une sincérité certaine et l’improbable proximité avec le groupe n’a fait que renforcer la qualité de la prestation. Si vous ne les avez jamais vu, foncez, une leçon de thrash et d’humanité vous sera très généreusement offerte.
Encore une soirée inoubliable à Barcelone, durant laquelle nos cœurs ont cognés au rythme du thrash metal. Merci à No Amnesty, Exodia, Death Angel pour ce show, pour leur simplicité et leur disponibilité. Un immense merci à Nuri et Tony pour l’accueil.
Auteur: Fanny Dudognon
Photo : Archive Thorium Magazine