Category: Hellfest Open Air Festival 2019

Hellfest 2019 – J3 : Tool + Slayer + Refused + Emperor + Anthrax + Yob @ Hellfest Open Air Festival 2019 (Jour 3)

Fanny : Une fois encore, les jours passent très vite et nous sommes déjà dimanche, dernier jour de festival. Le vendredi et le samedi ont été agréables : le soleil était au rendez-vous et le programme n’était pas trop dense, ce qui nous a permis de bien apprécier les différents groupes. J’ai tout de même l’impression que les gens sont beaucoup plus nombreux sous la Altar et la Temple car la circulation est bien plus compliquée que lors des éditions précédentes. Les festivaliers sont souvent étendus sur le sol et il faut traverser les tentes en prenant soin de ne pas écraser quelqu’un. Je trouve cela franchement chiant ! Cette dernière journée sera la plus chaude du week-end mais aussi la plus chargée en terme de concerts. Aujourd’hui, le thrash et le death sont à l’honneur pour mon plus grand bonheur !

Pas de problème pour se réveiller, j’arrive sur le site vers 10h15, ce qui me laisse largement le temps de m’avancer vers la Main Stage 2 où le soleil tape déjà fort. Pendant que je patiente, les australiens d’Alien Weaponry se produisent sur l’autre scène, un thrash agrémenté de metalcore avec un chant Maori. C’est pas mal, je dirais que c’est vivifiant, et les gens se chauffent tranquillement devant ces jeunes qui envoient une belle énergie.


Insanity Alert (11:05-11:35 // Main Stage 2

Fanny : Place maintenant à Insanity Alert que nous attendons de pied ferme. Les vestes à patchs sont réunies et les personnes qui portent les t-shirts du groupe sont nombreuses (moi y compris). Créée en 2011, la bande sortait un  premier album éponyme en 2014, puis Moshburger en 2016 et enfin 666-Pack cette année. Insanity Alert n’arrête pas, les Autrichiens sont sur les routes en permanence ! Ceci leur a permis de faire une ascension fulgurante et les voici de retour au Hellfest pour la seconde fois avec un passage prévu en Main Stage ce coup-ci (ils jouaient à la Warzone en 2017).

De mon côté, je les découvrais en 2014 et les vois aujourd’hui pour la septième fois. Il est 11h05, une musique de Game Boy retentit en guise d’introduction pendant que Klemens (batterie), Dave (guitare), Marc (basse) et Kevin (chant) débarquent sur la scène habillée d’un magnifique fond coloré. C’est parti pour 30 minutes de thrash, de fun et bien sûr d’insanité. Leur thrash est aussi agressif qu’imparfait mais surtout complètement galvanisant. C’est illico que les festivaliers se mettent en action dans le pit, pogos, circle pit, slams,… La bonne ambiance s’installe immédiatement. Les titres vont être débités à toute allure alors que les aficionados reprennent les refrains en chœur avec Kevin qui, comme à son habitude, fait le show. Le frontman, vêtu de sa chemise hawaïenne, court dans tous les sens, crachant ses paroles avec autant de hargne que d’entrain et ce sans aucun break. Malgré son essoufflement, il est intenable ! Il brandit ses pancartes pendant les titres tels que Metal Punx Never Die, All Mosh / No Brain, Pact with Satan avant de les jeter dans la foule. Confessions of a Crabman sera l’occasion pour Kevin de sortir ses pinces de crabe. Évidemment le public se marre en réponse à  ses pitreries et son humour à la con. Difficile en effet de ne pas rire quand tu vois sa tête de clown avec sa perruque argentée et qu’il sort des trucs comme “Why is David Guetta still alive ?“ (je vous conseille de voir le clip). Le show sera ponctué de fausses notes et de  “fuck this shit” par ci, “dans ton cul” par là,… (essayez donc de danser avec une Nintendo dans le cul). Les musiciens se donnent à fond aussi, gigotant de toute part, et ce n’est pas la blessure de Dave à la main qui allait l’arrêter. La fête bat son plein et arrive enfin leur reprise tant attendue d’Iron Maiden, la fameuse Run to the Pit dont l’efficacité n’est plus à prouver. Dernier instant de communion et de fête avant que le groupe ne doive quitter la scène. Encore un super moment en compagnie d’Insanity Alert qui met de très bonne humeur pour la suite !


Psycroptic (11:40-12:10 // Altar

Fanny : Il faut faire vite car les groupes vont s’enchaîner rapidement ce dimanche, et le set de Psycroptic a déjà commencé lorsque je rejoins la Altar. J’entends la fin de We were the Keepers, extrait de leur septième et dernier album : As The Kingdom Drowns.

J’étais vraiment impatiente de revoir les Australiens car ils étaient passés à Toulouse en 2016 et si j’avais été plus que conquise j’étais aussi restée un peu sur ma faim. D’ailleurs, à ce moment là, Jason Peppiatt était absent et avait été remplacé par l’excellent Jason Keyser (Origin). Je vais donc enfin découvrir la formation avec son chanteur (présent depuis 2005). Les deux frères fondateurs, David Haley à la batterie et Joe à la gratte, sont accompagnés de Todd Stern à la basse depuis l’an dernier.

Mais revenons à nos moutons avec la prestation du jour. Le titre éponyme du dernier opus sera joué puis la place sera faite à des anciens morceaux. La brutale Ob(servant) sera suivie de la stimulante Cold que j’adore et putain que ça tabasse en live ! Le death technique de Psycroptic me fait l’effet d’une bombe. Le tout est agressif et mélodique à la fois, les riffs élaborés sont dévastateurs, les parties lourdes contrastent à merveille avec d’autres ultra rapides. Le chant acerbe de Jason est saisissant et les musiciens nous servent un condensé de technicité et de puissance. Les metalheads qui ont du mal à émerger sont largement motivés par le frontman et l’agitation se fait grandissante sous la Altar en dépit d’une fréquentation plus basse que les premiers jours. De plus, le son est vraiment parfait, les conditions sont optimales et le set des Australiens passe comme une lettre à la poste malgré la violence et la complexité des compos. Euphorinasia, Directive…puis un final râblé avec Carriers of the Plague. Je viens de me prendre une énorme claque, c’était tout simplement monstrueux. Merci Psycroptic !


Revocation (11:40-12:10 // Altar)

Fanny : J’ai décidé d’alléger un peu mon planning et de faire l’impasse sur Municpal Waste qui repassent à Toulouse début juillet, le soleil tape bien trop fort et je préfère me réserver pour la suite.

C’est le tour d’un autre groupe cher à mon cœur, Revocation, que je viens soutenir pour la septième fois en 5 ans. Le quatuor donne toujours le meilleur en live. Il faut dire que les musiciens sont de belles personnes passionnées et travailleuses donc ça fait vraiment plaisir de les voir sur cette scène du Hellfest. Je ne suis pas la seule à penser que ces mecs sont des merveilles puisque ce n’est autre que le grand Gene Hoglan qui vient annoncer le début du concert du “meilleur groupe du monde”. La classe !

Ash s’installe derrière les fûts, aussitôt rejoint par Brett à la basse, Dan à la guitare, et bien entendu Dave au chant et à la gratte qui se place le sourire aux lèvres, à la fois fier et gêné de cette belle introduction. Revocation sortait sa septième création The Outers Ones l’an dernier, une magnifique galette très aboutie qui confère au groupe de la maturité et une certaine complétude. Le concert s’amorce donc intelligemment avec la nouvelle et très accrocheuse That Which Consumes All Things dont l’intensité vous happe dès les premières notes. Le death metal technique des Américains a la particularité d’être fortement empreint de thrash. Les riffs et les rythmiques souvent très complexes alternent avec des parties plus brutes et catchy qui donnent carrément envie de bouger. Cela fonctionne parfaitement puisque nous sommes tous en train d’headbanguer comme des fous à la barrière. L’efficacité des titres tels que Madness Opus ou Of Unworldly Origin est indiscutable. Brett est comme souvent bien allumé, faisant résonner sa basse en gesticulant dans tous les sens. Ash reste concentré, il frappe avec précision et gère parfaitement les changements de rythmes. Devant, le plus discret Dan assure les chœurs et envoie quelques solos en réponse à Dave. Quant à lui, le charismatique David Davidson, que dire tellement son talent est grand. D’un c’est un putain de guitariste : il joue divinement bien, avec une technicité admirable, et ses soli sont reçus comme une grosse gifle en pleine face. De deux, c’est un vocaliste hors pair avec un growl à la fois acéré et profond. Enfin, c’est un excellent frontman et une personne humble proche de son public.  Respect !

Revocation ne partira pas sans nous balancer Vanitas et The Outer Ones. La puissance de ces deux morceaux se répand comme une traînée de poudre, la foule est en ébullition et les festivaliers se déchaînent un bon coup jusqu’à la dernière note. Les musiciens prendront le temps de venir remercier les fans après le show. C’était trop bon ! Vivement la prochaine ! 

 


Municipal Waste (12:15-12:45 // Main Stage 2

 


Brutus (12:15-12:45 // Warzone

 


Messa (12:50-13:30 // Valley

 


Employed to Serve (13:35-14:15 // Warzone)

Hélène : Retour pour moi à la Warzone en ce dimanche à la météo assassine et seules quelques heures de sommeil dans les dents pour Employed to Serve. Avant ça j’ai assisté au concert de Gold à la Valley, groupe de Rotterdam aux confins de plusieurs styles mais dont je ne saurais parler plus car cela m’a paru simple et complexe à la fois, mais aussi intéressant et sans intérêt. Bref, je n’ai pas trouvé grand intérêt à leur musique, certainement trop intellectuelle pour mon cerveau embrumé à cette heure-là. Après ça je suis allée vers la Warzone pour le groupe belge Brutus qui m’avait bien scotchée il y a quelques années sur Bruxelles en première partie de Raketkanon. Alors soit mes goûts ont changé, soit leur style, mais cette fois-ci je n’ai pas vraiment accroché à leur musique. J’ai encore une fois été bluffée par l’habileté à la batterie de Stefannie Mannaerts qui assure cet instrument d’une main de maître, le tout en chantant à tue-tête sans jamais une fausse note (ou presque), mais je n’ai pas été plus emballée que ça par le son lui-même. Là où j’avais trouvé ça émouvant et puissant il y a 4 ans, j’ai trouvé ça assez mou et déjà vu ce jour-là.

Je ne vais donc pas m’étendre sur ces deux concerts et plutôt me concentrer sur la première claque de la journée, celle administrée par Employed to Serve. Formation anglaise qui a déjà fait ses preuves suite à trois albums parus depuis 2015 et je ne sais combien de tournées européennes, celle-ci vient nous présenter aujourd’hui les morceaux ultra percutants de son dernier bébé Eternal Forward Motion, tout juste sorti. Toujours plus lourd, le groupe continue de distiller son savant mélange de hardcore et de métal avec force et talent. En effet, difficile de rester indifférent face à des titres tels que Harsh Truth ou Force Fed, deux extraits de leur dernier méfait. La chanteuse Justine a toujours autant d’énergie et de hargne à revendre, et elle ne manque pas de nous le faire savoir via un nombre incalculable de “fuck” balancés à tout va, notamment pour nous dire “move your ass Hellfest or just fuck off“, le tout justifié par le fait qu’eux mêmes donnent tout alors qu’ils portent des coupe-vents à l’effigie du groupe. C’est vrai que ça force le respect quand on sait qu’on crame alors qu’on est à moitié à poil. Et s’ils ont démarré leur set face à une fosse peu remplie, la faute à un soleil de plomb qui fait se réfugier les métalleux dans les coins d’ombre, le concert aura fini devant un public bien moins clairsemé et dont l’envie de pogoter a été plus forte que celle du repos. Bien joué.

 


Cemican (13:35-14:15 // Temple)

 


Death Angel (13:35-14:15 // Altar)

Fanny : Vient le moment où je prends mon courage à deux mains pour affronter le cagnard. Je ne me voyais en effet pas louper Death Angel dont l’album Humanicide fraîchement sorti tourne en boucle à la maison. Là encore cela fait bien sept fois que je vais les voir; mais il y a des groupes comme ça dont tu ne te lasses pas.

J’arrive devant la Main Stage 2 et je constate que les gens sont nombreux devant les Américains déjà sur scène, s’exécutant sur Thrown to the Wolves, un titre de 2004 que tous les fans connaissent. Les musiciens sont souriants et transmettent leur énergie, et même si le soleil brûle vraiment, j’ai déjà envie de sauter partout. Le chanteur, Mark Osegueda, annonce le tube Voracious Souls, issu du cultissime Ultra-Violence. Les thrashers crient leur joie, remuant leurs crinières au rythme de la musique. Le pit se met en mouvement, la bonne ambiance règne devant la Main Stage 2 et les slammers défilent.

Les riffs accrocheurs, les refrains éloquents, les cadences carrément thrashy et le chant agressif sont les ingrédients réunis par Death Angel et qui font de ce groupe une recette qui fonctionne. Le plaisir est là et les morceaux se succèdent beaucoup trop rapidement. Les deux guitaristes Rob Cavestany et Ted Aguilar se partagent les soli et parties rythmiques, changeant régulièrement de place. Damian Sisson fait son beau gosse en bord de scène, envoyant un petit clin d’œil à ces dames de temps en temps tout en faisant vrombir sa basse. Will Carroll quant à lui assène des coups francs sur sa batterie sans jamais faiblir. Mark prend régulièrement la parole entre les morceaux pour faire l’apologie de la musique (un discours que l’on connaît à force de les voir) et se donne à fond lorsqu’il chante. Je trouve d’ailleurs que sa voix s’améliore au fil des ans. Les titres sont tous ultra efficients en live, on danse, on chante, on se casse la nuque. The Dream Calls for Blood, The Pack et Humanicide,… et c’est déjà terminé ! J’ai l’impression d’avoir assisté à un set de 15 minutes tellement c’est passé vite. J’ai pris mon pied mais une petite frustration se fait sentir car j’aurais aimé que le plaisir dure encore. Il ne reste plus qu’à attendre de les revoir, Death Angel restant une valeur sûre en live.


Yob (14:20-15:00 // Valley)

Hélène : Après Tool et Gojira, j’attendais un troisième groupe de cette édition du Hellfest, Yob. C’est dire à quel point mes attentes étaient hautes. Déjà vus plusieurs fois, dont la première au Roadburn en 2014 et dont je suis ressortie du concert en larmes tellement c’était beau, je n’ai jamais été déçue du groupe. Pourtant on pourrait craindre le manque d’énergie du charismatique leader Mike Scheidt que la vie n’a pas épargné ces dernières années avec notamment un divorce et une terrible maladie à laquelle il a miraculeusement survécu en 2017, le tout sur fond de dépression dont il essaye de se sortir en arrêtant son traitement. Du lourd donc pour ce groupe dont les sujets de prédilection sont la physique quantique, le mysticisme et la religion, tout ça entrecoupé de samples du défunt philosophe Alan Watts. Bref, on nage dans un univers aux antipodes de ceux abordés par les groupes de métal en général et on vit chacun de leurs concerts comme une véritable messe. Cette fois-ci n’a pas dérogé à la règle. Yob, trio venu du fin fond de l’Oregon aux Etats-Unis, n’avait que 40 minutes pour convaincre le public, soit plus ou moins le temps de trois morceaux (ce qui fût le cas), et ils ont fait ça d’une main de maître, et en toute simplicité. Il faut dire que c’était la pemière fois du festival qu’il nous était donné la chance d’assister à un vrai concert de doom alors dès que la déflagration a commencé, les têtes se sont baissées, les bras se sont levés, et la cérémonie nous a emporté sans nous laisser de choix. Entre Quantum Mystic paru sur The Unreal Never Lived, Unmask the Spectre sur Clearing the Path to Ascend (véritable bijoux à écouter d’urgence si ce n’est déjà fait !) et The Screen, extrait de Our Raw Heart, dernier album en date, on a voyagé dans des univers aussi divers que magnifiques, du fin fond des mers au dessus des nuages. En effet, si Yob, que beaucoup considère comme les papas de la scène doom même s’ils sont arrivée bien après Black Sabbath, sait nous emporter dans les tréfonds de la Terre avec ses parties lourdes à souhait et le chant growlé, il sait aussi créer des mélodies dont la beauté n’a d’égal que l’émotion qui s’en dégage. Du coup ce cobcert n’est que pur bonheur et délectation. Et quand Mike Scheidt nous gratifie d’un geste solennel, tels un shaman qui nous bénirait pour la suite, les frissons nous parcourent l’échine et on sort de là en se sentant bien mieux que l’on y est entré. Merci, mille fois merci pour cette branlée cosmique numéro 2.

 


Trivium (15h05-15h50 // Main Stage 2)

 


Lucifer’s Child (15h05-15h50 // Temple)

Fanny : Aux alentours de 14h, j’avais prévu de voir Devourment, groupe de brutal death tout droit venu du Texas. Malheureusement après deux bons morceaux je décide de partir tant le son est fort. Leur style déjà bien gras n’est pas des plus simples à écouter mais alors là… je ne comprends rien ! J’espère donc avoir l’occasion de les revoir car je suis assez blasée. Leur prochain album Obscene Majesty, sera disponible le 16 août prochain.

La suite se fera avec Lucifer’s Child sous la Temple, le groupe de George Emmanuel, ancien guitariste de Rotting Christ. La bande distille un black metal sombre et occulte dont les mélodies très aériennes contrastent avec les blasts lancinants. Le décor et les costumes vont de paire avec cette ambiance funeste. C’est franchement bien et le chanteur, Marios Dupont a une super voix ainsi qu’une belle présence. Toutefois je ne parviens pas à rentrer totalement dans le trip. Peut-être aurait-il été plus simple de le faire en salle, plongée dans la pénombre. Là encore je suis curieuse de voir ce que ça donne dans d’autres conditions car les bonhommes ont largement piqué ma curiosité.

 


Vomitory (15:50-16:40 // Altar)

Fanny : Place maintenant au death metal de Vomitory. Ce groupe culte né en 89 et fort de huit albums avait interrompu son activité entre 2013 et 2017. Les Suédois étaient à l’affiche du Summer Breeze l’année de leur reformation et je m’étais pris un belle claque, c’est pourquoi je suis plus que ravie qu’ils soient reprogrammés au Hellfest aujourd’hui pour fêter 30 ans d’existence (leur dernier passage datant de 2012). Le quatuor s’avance sur scène devant un parterre de métalleux aussi impatients que moi. Erik Rundqvist, le bassiste chanteur, pousse le long growl d’introduction du titre bien bourrin The Voyage. Nous retrouvons les deux frères Urban et Tobias Gustafsson, respectivement à la guitare et à la batterie, ainsi que le guitariste Peter Ostlund. C’est sans surprise que Vomitory nous flanque une raclée à base de riffs lourds et agressifs, de blasts destructeurs et d’un chant guttural sorti d’outre tombe. Le groupe, qui n’a rien pondu depuis 2011, nous sert une set-list avec des morceaux piochés dans sa toute sa discographie : simplicité, brutalité, efficacité ! Le public est assez réceptif, les métalleux bougent gentiment sous la Altar.

C’est assez marrant de voir le contraste entre Erik qui reste droit avec son air de méchant et le très souriant Peter qui s’amuse en alternant entre headbang et tirage de langue. Ce dernier sera confronté à des soucis de guitare et devra quitter la scène pendant quelques minutes. Ses confrères combleront l’attente en distribuant des cup-holder Vomitory aux festivaliers. Le guitariste revient tout sourire et prêt à reprendre du service pour les deux derniers morceaux. Le son est bien meilleur et on profite de cette ultime vague de violence au son de cet excellent death metal 100% old-school pour se briser la nuque encore un peu plus. Ça requinque je vous le dis ! 

 


Clutch (16:00-16:50 // Main Stage 1)

 


Wiegedood (16:45-17:35 // Temple)

Hélène : Deux petites heures plus tard, tout juste ce qu’il fallait pour se remettre de la claque Yob racontée ci-dessus, on plonge dans un univers tout à fait différent, celui de Wiegedood. Groupe Belge aux fortes influences black metal, il compte parmi ses rangs des membres de Oathbreaker, Amenra et Rise and Fall. On est donc en plein dans la Church of Ra, vous l’aurez compris, mais ici, contrairement à d’autres groupes du collectif, pas de chichi. Wiegedood taille dans le gras et ne plonge que dans la couleur rouge, et ce depuis quelques années déjà, et leurs trois albums sont sobrement intitulés De Dodden Hebben Het Goed, De Dodden Hebben Het Goed II et De Dodden Hebben Het Goed III. Quatre ans que le trio défonce tout sur son passage et aujourd’hui ils sont là pour démonter la Temple. Pari réussi ? Et bien non. Et la raison en est très simple : le son. En effet, alors que je me trouve dans la “fosse”, j’assiste tristement à une prestation donnée dans le plus grand brouhaha possible. Aucune mélodie ne ressort, ni même la voix, et seules les basses vrombissent plus que tout. Je me dirige donc rapidement vers le fond de la scène, près de la console afin de voir si le son est aussi mauvais là-bas. En toute logique non, mais ce n’est quand même pas fantastique. Du coup, si je ne passe pas un mauvais moment, je repars de là un peu maussade car ce concert n’aura pas du tout fait honneur à la qualité musicale du groupe. Et c’est bien dommage.


Testament (16:55-17:45 // Main Stage 2)

Fanny : On continue sur cette lancée avec LE groupe que l’on a déjà vu 20 fois mais pour lequel on se précipite sans se poser de question : TestamentLeur dernière venue au Hellfest remonte à 2016, le son sous la Altar avait été assez infecte, mais les papas du thrash avaient donné le meilleur alors qu’ils étaient en concurrence avec Rammstein ce jour-là. Il semblerait que les membres de Testament reviennent de façon cyclique. Les voici trois ans plus tard, de nouveau sur une Main Stage, comme en 2013. Bien que moins intimiste, le show ne saura pas pour autant moins bon, bien au contraire. Gene Hoglan est en place, baguettes en mains, accompagné de ses fidèles compères les deux guitaristes Alex Skolnick et Eric Peterson. N’oublions pas l’admirable bassiste Steve DiGiorgio et bien entendu le grand Chuck Billy au micro. Nous voici donc sous le soleil de Clisson, en train de savourer ce bon vieux thrash que l’on aime tant, avec par chance une petite brise qui fait du bien.

La musique glisse dans nos oreilles et franchement le son est bon à part quelques petits couacs de micro. Brotherhood of the Snake, The Pale King puis l’incontournable Practice What You Preach et l’on chante à tue-tête. Le show est bien rodé, les musiciens s’exécutent avec enthousiasme et une technique parfaite. Chuck est en grande forme, souriant et jouant ce fameux air guitar avec son micro et puis il faut le dire : qu’est-ce qu’il chante bien !  Il harangue la foule “Right here motherfuckers. Hey hey hey, thrash thrash thrash !” puis c’est reparti avec New Order et Electric Crown. Je trouve le public un peu mou, sans doute est-il assommé par la chaleur. Moi en tout cas je m’éclate. Hoglan tout sourire demande le micro afin de souhaiter un bon anniversaire à Chuck Billy et la foule ne se fait pas prier pour l’accompagner. Le set reprend avec Into The Pit, les thrashers se meuvent au rythme de ce tube galvanisant. Nous aurons droit à trois morceaux supplémentaires avant que Testament ne tire sa révérence.

Certains râlent parce que c’est tout le temps la même chose, moi je tire mon chapeau à ces messieurs qui, après 36 ans de carrière, assurent et fédèrent toujours autant. J’ai passé un super moment et il est clair que je continuerai à suivre le groupe tant qu’il est vivant. Do or die ! 

 


Acid King (17:40-18:30 // Valley)

Hélène : Acid King, voilà un autre groupe que j’attendais fortement. Découverts sur la scène du Magasin 4 à Bruxelles il y a plusieurs années déjà, je me suis surtout penchée sur le groupe il y a deux ans où j’ai redécouvert plus ou moins par hasard leur dernier album Middle of Nowhere, Center of Everywhere. Véritable pépite doom psychédélique avec de longues pistes qui nous emportent vers des cieux étoilés, j’avais pourtant été très déçue par leur concert donné au Desertfest à Anvers en octobre dernier. Je ne sais pas sur quoi j’avais remis ça, mais pas sur le compte du groupe, voulant croire en eux, et surtout en la chanteuse/guitariste Lori S. qui m’hypnotise à chaque fois. Mais non, après un troisième échec, je pense pouvoir affirmer que Acid King en concert, c’est mauvais, et quand on sait qu’ils jouent depuis 25 ans maintenant on se dit que c’est définitivement peine perdue. En effet, cette fois, tout comme les précédentes, le groupe noie une fois de plus sa musique dans une mare de basse qui ne laisse place à aucune mélodie et il me faut parfois plusieurs minutes pour reconnaître des tracks que je connais par cœur. Du coup je n’ai même pas pu me réjouir d’entendre Silent Pictures, Coming Down from Outer Space ou Infinite Skies, qui sont pourtant des morceaux que j’adore, tant ils sont massacrés en live. Bref, Acid King en concert, c’est fini pour moi, on ne m’y reprendra plus.


Immolation (17:40-18:30 // Altar )

Fanny : Les pieds commencent à chauffer mais la journée est loin d’être terminée et il faut courir sous la Altar pour l’immanquable passage d’Immolation. La formation death metal née en 88 est culte et on peut dire que les New-yorkais ont de la bouteille avec dix albums produits et des centaines de dates réalisées. Et pourtant, je ne les ai jamais vus ! Leur dernier concert dans la ville rose remonte à 2014 mais j’avais loupé le coche et je n’étais pas encore branchée violence lors des années précédentes. L’an dernier, nous apercevions le fondateur Ross Dolan au Brutal Assault, fondu au milieu des festivaliers, ce qui laissait présager une venue future avec le groupe. Bonne surprise donc de voir la chose se confirmer pour 2019 avec leur programmation au Hellfest en supplément.
Je m’avance histoire d’être bien placée. Le bassiste chanteur Dolan est posté devant son micro avec à ses côtés le guitariste et second membre originel, Robert Vigna. Steve Shalaty campe derrière la batterie et ce depuis 2003. Enfin, Alex Bouks est à la guitare depuis trois ans. Pas de chichi, Immolation va droit au but, servant son death metal bien brutal sans concession. D’ailleurs leur dernier album Atonement, paru en 2017, est une arme de destruction massive, un peu difficile à digérer à la première écoute. Je trouve bien agréable d’entendre Fostering The Divide et When The Jackal Comes en live, d’autant que le son est bien réglé. Côté ambiance, le public est instantanément emporté par la puissance qui émane de la scène et remue dans tous les sens. Les mecs de Revocation, Archspire et Psycroptic sont de la partie. Déchaînés, ils enflamment le pit.

Le charismatique Dolan en impose avec sa voix très caverneuse et sa chevelure interminable. Lui qui à l’air très sympa en dehors de la scène, là tu n’as pas envie de l’emmerder ! Robert Vigna, qui est un vrai personnage, captivant par son talent mais aussi son attitude assez insolite, nous sert de sublimes soli. Il est survolté, faisant de grands gestes saccadés et brandissant sa guitare à tout va. C’est tellement en décalage avec la véhémence de la musique que c’en est comique. Bouks se fait plus discret mais gère tout autant, envoyant des riffs rapides et efficaces sans difficulté. La cadence est maintenue par Shalaty qui frappe très fort et avec une précision remarquable. Immolation envoie du lourd, ça poutre !!! Les anciens morceaux font leur effet, l’ambiance ne retombe pas, c’est la folie. On se prend 50 minutes de pure violence dans la face, une grosse fessée qui aura mis tout le monde d’accord. Il me tarde déjà d’en reprendre une au mois d’août. 

On aurait envie de continuer ce marathon mais à un moment donné il faut quand même prendre le temps de se restaurer. J’ai tellement mal aux pieds que je choisis donc de zapper quelques concerts initialement prévus comme Anthrax et Lynyrd Skynyrd afin de pouvoir tenir jusqu’à Tool. Skald s’apprête à gravir les planches de la Temple et il est évident que le groupe est attendu vu le nombre impressionnant de festivaliers qui s’amassent. Rejoindre le VIP depuis la Altar s’avère être une tâche terriblement compliquée tellement l’espace est obstrué. Quelle grosse galère !!! Une bonne bière fraîche et un bon repas sont de rigueur (je vous conseille la prochaine fois d’aller manger le rougail saucisse ou un cari poulet chez Saveurs Zoréoles, un délice testé et approuvé par l’équipe Thorium). 


Skald (18:35-19:35 // Temple)

 


Anthrax (18:45-19:35 // Main Stage 2)

 


Lynyrd Skynyrd (19:40-20:40 // Main Stage 1)

 


Emperor (20:45-21:45 // Temple)

Fanny : Que serait un Hellfest sans Emperor ? 2007, 2014, 2017 et 2019, je suis le groupe ou bien le groupe me suit… En tout cas je n’ai manqué aucune de leur venue même si je n’ai pas assisté à celle de 2017 en entier car j’étais trop fatiguée. Le show de 2014 m’avait vraiment marquée, j’étais restée scotchée devant cette prestation assurée en Main Stage et en pleine journée, proche de la perfection. Emperor avait prouvé que le black metal n’avait pas toujours besoin d’une mise en scène pour vous envoûter. Ihsahn et sa bande, qui avaient en effet joué en toute simplicité et sans artifice aucun, m’avaient transcendée. Il faut dire que l’album In The Nightside Eclipse, qui m’a fait aimer ce groupe quand j’étais ado était à l’honneur. Depuis, j’en attends forcément beaucoup de leur part, sûrement trop car ce soir l’effet ne sera pas celui escompté et j’en viens presque à m’ennuyer. Pourtant les Norvégiens font un très bon show : c’est carré et la setlist est plutôt bonne avec des titres comme Thus Spake The Nightspirit, Ensorcelled by Khaos ou encore With Strenght I Burn. Mais la voix parfaite d’Ihsahn et la bonne exécution des compositions ne suffisent  pas, et je trouve que ça manque de peps, surtout après la vague de violence death / thrash que l’on s’est prise tout au long de la journée. Je reste néanmoins jusqu’au bout en essayant tant bien que mal de retrouver cette sensation qui m’avait laissée rêveuse. Sans succès, j’apprécie le show mais je suis un peu déçue. Dommage. 

 


Beartooth (20:45-21:45 // Warzone)

 


Refused (22:55-23:55 // Warzone)

 


Slayer (23:00-00:30 // Main Stage 2)

Fanny : Ayant eu ma dose de gras pour la journée je zappe Cannibal Corpse (vu un bon paquet de fois aussi) et commence mon ascension vers la Main Stage 2 pour assister au show d’adieu des pionniers du thrash : Slayer. Il y a du monde, il faut se faufiler, et la petite marche au frais nous permet d’apprécier quelques chansons de Slash ft. Myles Kennedy and The Conspirators. Les Américains sont dans une bonne dynamique et ce hard-rock fait du bien. Ça apaise les oreilles et ça revigore. L’ambiance est bonne, la fin du festival approche, alors profitons un maximum.

Ce soir je louperai deux excellents groupes : Carpathian Forest et Deicide. C’est l’un des points négatifs d’un si gros fest, il faut faire des choix et des concessions. Mais quand on a le thrash dans la peau, un dernier concert de Slayer, ça ne se manque pas. J’ai eu la chance de faire la date de Barcelone sur la tournée actuelle du groupe. Le show était franchement monstrueux avec son lot de tubes et ce qu’il faut de flammes. En outre, les Américains était en grande forme avec un Tom Araya aminci à la mine rafraîchie et des musiciens enjoués. C’est pourquoi je viens en reprendre une dose ce soir; ça ne sera pas de trop, surtout si c’est la dernière.

Il est 20h45, le décor de Slayer est en place. Le plateau est teinté d’un rouge sang, les croix et les pentagrammes projetées sur scène tournent, des flammes jaillissent pendant que l’intro Delusions of Saviour du dernier album démarre. Les clameurs s’élèvent, la tension est palpable, et la pression monte jusqu’au tomber du rideau. Là, les musiciens arrivent en trombe, projetant en ni une ni deux les premières notes de l’énergique Repentless. On revient aux racines avec Evil Has No Boundaries extraite du tout premier album. Slayer nous a concocté une setlist variée, piochant dans sa discographie des morceaux plus efficaces les uns que les autres. Paul Bostaph fait claquer la batterie de sa frappe sèche et râblée, la voix d’Araya résonne fortement, comme sortie tout droit des enfers. Kerry King déverse les riffs sur sa grosse B.C.Rich avec son ardeur habituelle. Le tumultueux Gary Holt lui aussi envoie du lourd, brandissant sa guitare avec fougue. Les deux nous en mettent plein les cages à miel, Kerry avec ses soli criants en alternance avec les parties plus mélodiques assurées par Gary.

Le son est PARFAIT, oui parfait, et c’est un pur bonheur. Le spectacle sera globalement le même que sur la tournée. Les décors changent en cours de route, la lumière varie en passant par le rouge, le bleu et le vert, et quelques effets pyrotechniques viennent agrémenter le tout. Le thrash de Slayer est agressif, on s’en prend plein les oreilles et plein les yeux, c’est encore une énorme baffe. Les titres les plus connus et plus percutants tels que War Ensemble, Seasons in The Abyss, South of Heaven et Raining Blood viendront nous arracher les tripes. Le public est en totale ébullition, pogo, circle pit et slams sont légion. Peu de répit, les prises de parole sont courtes, mais on sent que les musiciens sont vraiment contents de fournir ce dernier effort et de le partager avec nous. L’émotion de Tom Araya transparaît totalement. Une heure de show avec une vingtaine de titres, et il fallait bien Angel Of Death pour ce dernier instant de communion.

Slayer a offert un merveilleux show : sans en faire trop, j’ai trouvé cette ultime prestation parfaite. Un très petit feu d’artifice est tiré, histoire de marquer le coup, mais rien de trop extravagant. Les dieux du thrash tirent leur révérence en toute humilité et nous laissent là avec un magnifique souvenir et des étoiles plein les yeux. Merci.

 


Tool (00:20-02:05 // Main Stage 1)

Hélène : Après l’impossibilité de voir Skald sous la Temple à cause d’une foule bien trop présente, la “découverte” d’Emperor sur scène (et une plutôt chouette, contre toute attente), une heure d’attente pour enfin faire un tour sur la grande roue et profiter de là-haut de la prestation de Slayer sur la Main Stage 2 à gauche (et d’ainsi assister à des au revoir du groupe assez émouvants, tournée d’adieu oblige) et Refused à la Warzone sur la droite (et la chance d’enfin voir New Noise en live après toutes ces années !), il est temps de me faire une place de choix au sein du public venu en masse pour la prestation de Tool. Groupe énigmatique s’il en est avec des concerts donnés au lance pierre et dont le prochain album se fait attendre depuis 13 ans maintenant (il sortira le 30 août), c’est une sorte d’événement que de les voir sur scène. Et si on peut souvent être déçue après tant d’années d’attente, Tool a pour le coup mis à terre la barre que j’avais pourtant mis très très haute. Il faut dire que commencer le set par Aenima a immédiatement fait tomber le moindre petit bout d’appréhension que je pouvais avoir, et quand on sait que s’en est suivi des morceaux tels que Stinkfist, le duo spatial Parabol/Parabola, ou encore Schism, le jeu était gagné d’avance me concernant. On a également eu droit aux deux nouveaux morceaux qui tournent depuis quelques semaines déjà sur le net, j’ai nommé Invincible et Descending, avec la présence assez surprenante de Tricky dans la vidéo qui accompagne ce dernier. D’ailleurs, les vidéos, parlons-en. Quelle joie de voir sur écrans géants les images créées par Adam Jones ou Alex Grey, plonger dedans de plein fouet et se trouver dans un état entre extase et suffocation. En effet, les visuels, s’ils sont très souvent fascinants, dérangent également le spectateur avec ces personnages disloqués et branlants qui semblent confronter à une terrible fatalité qui les fait tourner en rond, les absorbe et finalement les tue (pour parfois mieux renaître). Du coup voir tout cela sur un si grand format nous englouti au passage et on peut encore moins s’échapper face aux lumières monstrueuses, certainement les plus belles qu’il m’ait été donné de voir, qui ne sont pas sans nous rappeler des vaisseaux spatiaux. Tool est un groupe OVNI et les extraterrestres ne sont définitivement pas loin. Et comme si ce n’était pas déjà suffisant, tout ceci est exécuté d’une main de maître avec un son plus que parfait, une voix aussi belle et limpide que sur album (et des pas de danse exquis de la part de Maynard), une batterie au poil et une guitare dont on se délecte des riffs morceau après morceau. Bref, il est un peu difficile pour moi d’aller dans le concret concernant ce concert car j’ai passé 1h40 à rêver et à me laisser transporter, sans trop rien analyser. Tout ce que je peux dire c’est que c’était assez merveilleux et tout fan de Tool devrait vivre ça au moins une fois dans sa vie. Branlée 3 et dernière du festival, je repars de là un peu bouleversée, complètement ébahie. Et ne serait-ce que pour ça, merci Hellfest de m’avoir accueillie parmi les tiens. Je reviendrai. Mais s’il te plaît, la prochaine fois, accepte moins de monde, ou agrandît ton site, et fais en sorte que les gens puissent se reposer un minimum : 4 jours sous un soleil de plomb sans jamais avoir un moment de répit, faute de place, c’est vraiment difficile à gérer… Et je t’en prie, garde le stand de pâtes à la tartiflette, mais rajoute des stands végés/vegan (ou évite de les cacher au fin fond du site, en tout cas). Autrement, dépucelage amorcé dans le plus grand bonheur. Merci merci !

Fanny : Tout comme Hélène, j’ai adoré la prestation de Tool, nonobstant des douleurs plantaires affreuses. Je suis restée jusqu’au bout, tenue par l’expérience unique offerte par ce groupe indescriptible. Je les attendais depuis des années, c’était un magnifique show avec un son excellent. J’ai dansé, j’ai eu la chair de poule waouh ! Merci Hellfest !
Ce show marque la fin de cette édition qui fut, une fois de plus, grandiose grâce à cette belle programmation qui m’aura permis de voir enfin des groupes que j’avais jusqu’alors manqués. Le soleil était au rendez-vous et j’ai trouvé l’ambiance générale assez bonne cette année. Les aménagements sont agréables et la répartition des groupes pas trop mal gérée. Les point négatifs de cette année sont à mon sens : les attroupements de gens allongés par terre, le manque d’ombre au point restauration, l’augmentation des vols (camping et festival), l’attente au merch et le manque de toilettes sur le site (surtout pour les femmes).
En conclusion : merci aux équipes du Hellfest et à l’année prochaine !

 


Hélène :

  • Mon top 3 du festival : Gojira, Yob, Tool
  • Ma déception : Acid King

Fanny : 

  • Mon top 3 du festival : Power Trip, Bloodbath, Tool/Slayer/Psycroptic (impossible de déterminer le meilleur).
  • Ma déception : Graveyard.

Antony : 

  • Mon top 3 du festival : Tool,  Architects, Brutus 
  • Ma déception : Manowar

 

Photographe : Antony Chardon

Auteures : Fanny Dudognon / Hélène

Hellfest 2019 – J2 : Architects + Cult Of Luna + Bloodbath + ZZ Top + Carach Angren + Def Leppard @ Hellfest Open Air Festival 2019 (Jour 2)

Fanny : Hop hop hop, debout 8h, j’arrive sur le site à 10h. On est en forme cette année ! Il fait beau et chaud, et forcément avec du soleil et de la bonne musique au programme de la journée, on se réveille automatiquement le sourire aux lèvres.


Dawn of Disease (10:30-11:00 // Altar

Fanny : Je retourne directement à la fraîcheur de la Altar où l’on peut constater que l’herbe n’est plus du tout verte. Il n’y a d’ailleurs plus trop de pelouse sur le sol qui s’est violemment fait piétiner la veille. Ce sont les allemands de Dawn of Disease qui ouvrent les hostilités en ce deuxième jour de festival. Créé en 2003, le groupe avait fait une pause de deux ans avant de vraiment se lancer en 2009 et d’enchaîner les albums. Leur quatrième création, Ascension Gate, sortait en 2017. J’avais déjà eu l’occasion de les voir cette année-là au Summer Breeze et j’avais trouvé ça sympa. C’est du bon death mélodique qui passe bien en live. Aujourd’hui, même constat, c’est agréable à écouter, le son n’est pas mauvais et les mecs transmettent une bonne énergie. Étant très difficile avec le style je ne suis pas non plus transcendée. Toutefois je dois dire que c’est bien fait avec des riffs entraînants et des mélodies que l’on retient. Je pense malgré tout que c’est Tomasz Wisniewski, ce grand polonais plutôt charismatique, qui tient le groupe avec son growl puissant et caverneux. Les têtes tournoient dans le pit, ce set est appréciable en ce début de journée.

 


Je prends le temps d’aller voir les français de Shaârghot sur la scène voisine pour quelques titres. L’Indus n’est pas ma came mais leur prestation n’est pas mal. Visuellement ça vaut le détour et musicalement aussi, si on aime le genre. Trois ou quatre morceaux me suffisent néanmoins.


Skindred (11:40-12:10 // Main Stage 2

 


Cypecore (11:40-12:10 // Altar

 


FM (12:15-12:45 // Main Stage 1

Fanny : Il faut bien, à un moment donné, affronter le monde et la chaleur pour voir quelques concerts qui se jouent sur les Main Stages. Grande amatrice de metal bien bourrin, j’ai des goûts étonnement très variés et j’aime autant le metal progressif, le heavy, le hardrock…  Voir un bon groupe de rock de temps en temps fait du bien, et mon running order comprenait le passage des British de FM. Une petite bière à l’ombre en attendant la fin du set des ovnis de Skindred (ça par contre je n’y arrive vraiment pas), les vétérans débarquent sur la scène tout sourires à 12h15 pétantes.

Nous allons passer 30 minutes plongés dans une atmosphère familiale et bon enfant animée par ce bon rock prog 70’s à la Deep Purple. De la guitare, du clavier et un vrai chanteur pour faire danser les petits et les grands. C’est la bière à la main que l’on prend plaisir à remuer le popotin et chanter en chœur les refrains des titres fédérateurs tels que That Girl, I Belong To The Night. Si Steve Overland n’a plus beaucoup de cheveux il n’a pas perdu sa belle voix pour autant. Je me régale comme lors de leur venue à Toulouse il y a quelques mois. Avec FM mon côté gnangnan ressurgit totalement. Je prends aussi beaucoup de plaisir à regarder les gens faire des pas de danse plus étonnants les uns que les autres : de la country d’un côté, un mec un peu éméché qui se déhanche de l’autre. C’est ça aussi le Hellfest, s’amuser, profiter et s’en foutre… Ca fait du bien.

 


Trepalium (12:50-13:30 // Altar)

 


Will Haven (12:50-13:30 // Valley)

Hélène : J’attaque la deuxième journée du festival sous un soleil de plomb et une madeleine de Proust, le tout dans une ambiance bon enfant et teintée de bière, tant l’on sent que la première soirée fût rude pour beaucoup d’entre nous. Du coup c’est avec des gros relents de nostalgie que se passe ce set de Will Haven, groupe culte de la scène métal hardcore américaine. Leurs débuts datent de 1997 avec leur album El Diablo qui a usé beaucoup de platines, puis WHVN sorti deux ans après et qui fût tout aussi remarqué. Il faut dire qu’à l’époque ils ont immédiatement été soutenu par les pontes du genre, Deftones, Limp Bizkit et Vision of Disorder en tête. Depuis le groupe a connu une carrière en dents de scie avec le départ (temporaire) du chanteur Grady Avenell notamment, mais tout ceci s’est stabilisé après 2010. Depuis, le groupe de Sacramento a sorti trois albums et n’a pas perdu de sa fougue. Ni réellement innover d’ailleurs. Et cela déteint sur le live présenté ce jour. Car si l’on passe un bon moment et qu’on est honnêtement bluffé par l’énergie déployée par le groupe dorénavant constitué de quarantenaires bien tassés, rien ne ressort vraiment non plus. Alors certes on a le sourire, on se casse un peu la nuque et on déploie des coudes avec plaisir, mais on ressort de là en se disant qu’à part un bon voyage dans le temps, surtout à la fin du set, il n’y a pas grand chose à retenir de ce concert. Dommage.

 


Mantar (14:20-15:00 // Valley)

Hélène : Découverts sur la scène du Roadburn il y a maintenant cinq ans lors de la sortie de leur premier album Death by Burning, la popularité de Mantar n’a dès lors cessée de croître. Il faut dire qu’il y a de quoi. Duo allemand venu tout droit de Hambourg, le groupe dégage une énergie que l’on ne voit que trop rarement sur scène. En effet, entre les riffs acérés ainsi que le mélange de hargne et de joie déployé par le guitariste/chanteur Hanno Klärhardt et le jeu de batterie ultra puissant de Erinç Sakarya, les deux potes d’enfance broient tout sur leur passage. Il est d’ailleurs difficile de se dire qu’ils ne sont que deux tant le rendu est puissant. Aujourd’hui Mantar (qui signifie “fungi” en turc) vient nous présenter The Modern Art of Setting Ablaze, sorti l’an dernier. Toujours un peu dans la même veine entre le hardcore ultra vénère, le black et le sludge, on prend plaisir à voir les deux compères s’amuser sur scène. Et pourtant il y a un truc qui ne prend pas. La fatigue est certes déjà bien présente et la setlist est surtout constituée des deux derniers albums que je connais moins donc je suis peut-être pas complètement objective (surtout qu’ils n’ont pas joué Astral Kannibal, grosse déception) mais je pense malgré tout que l’ensemble manquait cruellement de quelque chose. Pourtant le son était bon et on ne peut pas reprocher à Hanno d’avoir tenté par tous les moyens de motiver la foule en la haranguant de toute part mais non, en ce samedi 22 juin 2019, la sauce n’a définitivement pas pris.

Fanny : Pour moi, l’impression laissée par le concert de Mantar est assez différente. Le duo allemand que j’ai découvert sur scène pour la première fois en 2015 au Summer Breeze avait été une vraie révélation. Pas fan de sludge de manière générale, le leur est fortement teinté de black metal et les compositions de Mantar ont vraiment quelque chose de singulier et absolument saisissant. J’attendais donc avec impatience de revoir le groupe que j’aime tant pour la troisième fois, même si j’ai dû faire l’impasse sur les excellents Allegaeon.

Je vais donc faire mon ultime voyage à la Valley et je me place au plus près de la scène. Le set, qui sera agrémenté de nouveaux morceaux tirés de leur dernier album, démarre avec Age of the Absurd suivi de Taurus. Le son est extrêmement fort mais bien réglé, on s’en prend plein la gueule d’entrée de jeu. Les gens à côté de moi s’animent également, les pogos, slams et circles pit vont bon train. J’entends des mecs qui découvrent le groupe dire “ouah putain ça envoie !” et c’est peu de le dire. La voix déchirante de Hanno et les rythmiques exaltantes envoyées par Erinc m’emportent et je rentre directement dans le set. Retour sur les deux premiers albums avec Spit, Into The Golden Abyss en passant par la très punchy Cross the Cross. Le chanteur guitariste a pris en confiance au fil des ans et n’hésite plus à venir chauffer la foule en gueulant en bord de scène, lâchant même un petit “We are Manowar and we are late” pour la forme; il est survolté ! Les deux musiciens sont trempés, et comme le disait Hélène, pas d’Astral Kannibal mais tout de même Era Borealis, ultra efficace en live avec son refrain éloquent et des riffs bien lourds, idéal pour conclure ce moment. J’ai encore une fois adoré la performance, c’était court mais intense. Mon seul regret est le son trop fort à mon goût qui m’aura tout de même gêné nonobstant les bouchons, et puis la durée évidemment. Dommage ça aurait pu être parfait.

 


Archspire (16:00-16:40 // Altar)

Fanny : Formé en 2007 sous le nom de Defenestrated, Archspire est réellement né en 2009. Le groupe de tech death canadien que j’ai découvert assez récemment fait une belle ascension depuis la sortie de son troisième album Relentless Mutation il y a deux ans. Pour les avoir vus en live deux fois en fin d’année dernière, je savais à quoi m’attendre : de la technique pure et de la brutalité.

Les mecs s’amènent jovialement sur scène, deux petits coups de gratte et bim la violeeeeeeeeeence ! Oli Peters débite les paroles à toute vitesse au rythme de la double pédale véloce frappée par le technicien absolu Spencer Prewett. Tobi Morelli et Dean Lamb assurent comme des bêtes à la guitare également. Le bassiste, Jared Smith, nous fait une grosse démonstration de technicité tout en faisant le con. Ces messieurs sont carrés en terme d’exécution mais ils sont aussi plein d’humour, un humour qui ponctue d’ailleurs le show et fait bien marrer l’assemblée (surtout ceux qui découvrent le groupe). Quel frontman cet Oli ! Pour moi c’est toujours impressionnant bien qu’un poil trop technique et difficile à digérer. Il me manque l’émotion pour vraiment adorer Archspire qui dévaste néanmoins tout sur son passage. Ajoutez à cela que je connais déjà ce live qui est donc sans surprise à mes yeux et en plus le son de là où je suis est vraiment très brouillon ce qui rend la chose encore moins digeste. Toutefois, vu le bordel dans le public, il est clair que la sauce a pris. Bravo !

 


Carach Angren (16:45-17:35 // Temple)

Fanny : Cette journée très ensoleillée manquait un peu de black metal, quoi de mieux que Carach Angren pour remédier à cela ? Les néerlandais étaient de passage à Toulouse une semaine avant, le spectacle était excellent et c’était fort plaisant de pouvoir les découvrir sur scène dans ce cadre intimiste. Et oui, malgré leur 16 ans d’existence et leur nombreuses scènes, je n’avais pas eu l’occasion de les voir avant ce mois de juin. Ce Hellfest est donc l’occasion de me rattraper un peu et d’en reprendre une dose.

Le point positif : la scène est immense, ce qui permet au groupe de réaliser un show plus complet avec une scénographie légèrement différente. Bastiaan Boh et Ardek, respectivement à la guitare et au clavier, sont postés sur des plateformes qui montent et qui descendent (chapeau pour l’équilibre) et le clavier lui-même est articulé, ce qui est assez fun. Les membres sont toujours très beaux avec leur total look black metal, vêtus de jolis costumes et ces magnifiques maquillages. La set-list est un petit peu différente et bien évidemment plus courte. J’aime vraiment regarder Seregor, le chanteur, qui est captivant de par sa grâce absolue, sa façon de bouger et son chant écorché. Le son est bien réglé, les musiciens font le job et le public est dedans. Encore un bon moment passé à l’ombre de la Temple en compagnie de Carach Angren et leurs histoires de fantômes qui agrémentent leur bon black metal symphonique que je reverrai avec plaisir une prochaine fois. Je n’en dis pas trop et vous laisse le plaisir de découvrir le spectacle si ce n’est pas déjà fait.


Deadland Ritual (16:55-17:55 // Main Stage 1

 


Eagles of Death Metal (18:00-18:50 // Main Stage 2

 


Whitesnake (18:55-19:55 // Main Stage 1

 


Candlemass (19:40-20:40 // Altar)

Fanny : Le Hellfest permet de faire de belles découverte mais également de voir ou revoir des groupes cultes comme Hellhammer la veille. Ce soir ce sont les Scandinaves du doom “épique” de Candlemass, très attendus du public, qui s’apprêtent à piétiner les planches de la Altar. Né en 1984, le groupe suédois a connu de nombreux bouleversements entre les années d’inactivité et divers changements de line-up. Ce soir nous retrouvons Leif Edling, le bassiste et membre fondateur, en compagnie de son fidèle compagnon Mats “Mappe” Björkman à la guitare. Lars Johansson et Jan Lindh, respectivement à la guitare et à la batterie, avaient intégré le groupe en 87 et sont également de la partie. Enfin, c’est Johan Längqvist qui fait son grand retour au chant, lui qui avait quitté le groupe après trois ans d’activité.

Pour résumer : le son était très propre, les musiciens en forme, le public réceptif. De bonnes conditions réunies pour un bon show mais malheureusement je suis passée totalement à côté, je me suis ennuyée. Je ne sais pas vous dire si cela venait de la set-list bien plus calme que celle que le groupe avait joué en 2016 au Bang Your Head. Je me souviens que j’avais beaucoup aimé ce concert avec Mats Levén au chant. L’ambiance était chaleureuse et j’avais passé un super moment. Je n’ai pas du tout retrouvé cette sensation… Dommage. 


Def Leppard (21:05-22:20 // Main Stage 1

 


Dark Tranquility (21:50-22:50 // Altar)

Fanny : La fin de journée approche et je suis contente d’avoir fait une sieste pour pouvoir profiter des deux derniers concerts que j’ai prévus. Retour sous la Altar qui est pleine à craquer, il faut se faufiler pour y voir quelque chose. Dark Tranquility est attendu !

Le groupe de death mélodique sortait un onzième album en 2016, Atoma et a connu un changement de line-up. Andrew Iwers est à la basse depuis trois ans et ce soir ce sont Christopher Amott et Johan Reinholdz qui vont assurer aux guitares. Une fois les lumières tamisées, tout ce petit monde prend place sur scène ainsi que Anders Jivarp à la batterie et Martin Brändström au clavier. Le grand Mikael Stanne débarque, il est acclamé par la foule. Dark Tranquility se lance avec l’énergique Encircled. Je suis ravie de voir ce groupe que j’aime tant jouer en soirée avec un bon temps de jeu et non pas en plein jour sur une trentaine de minutes comme les fois précédentes au Hellfest. De plus, le son est relativement bien équilibré, ce qui permet de bien distinguer tous les instruments et apprécier les compos comme il se doit. En ce qui concerne la set-list je trouve le choix des chansons intéressant avec douze titres, piochés dans le dernier opus mais aussi Damage Done, Construct, Haven, Projector et bien entendu Fiction. Un choix qui permet de mettre en avant les qualités propres à DT : des parties agressives, d’autres plus vives, de belles mélodies, et évidemment un chant juste parfait ! Les festivaliers sont plongés dans l’ambiance, les cheveux virevoltent dans tous les sens et les aficionados chantent à tue-tête les refrains de leurs morceaux favoris (moi y compris). Comme à l’accoutumée, Mikael est enjoué et proche de son public, il prend toujours le temps d’aller faire un petit tour à la barrière. Il est en forme et sa voix grave alternée avec son growl sur-puissant me donne une fois de plus des frissons. Les musiciens maîtrisent parfaitement leurs instruments, ils se partagent bien l’espace scénique et, ce soir, les lumières sont belles.

Dark Tranquility est un groupe qui a fortement marqué mon adolescence et me met toujours dans un état particulier, un mélange d’émotions assez dense. Tout défile très vite puis vient le moment d’accalmie avec la magnifique ThereIn qui met la voix de Stanne parfaitement en valeur et qui me fera verser ma petite larme. Le final sera puissant avec les deux incontournables Lost To Apathy et Misery’s Crown sur lesquelles le chanteur et le public se déchaînent une dernière fois, ensemble… Un chouette moment de communion musicale qui fait beaucoup de bien.


ZZ Top (22:20-23:25 // Main Stage 2

 


Cult of Luna (00:00-01:00 // Valley)

Hélène : Comme vous pourrez le constater, cette journée fût ultra calme pour moi. Mis à part un aperçu de ce que donne Candlemass sur la scène de la Altar (et c’était franchement pas mal pour un groupe de soixantenaires qui a plus de 30 ans de carrière derrière lui !) et Cradle of Filth sur la Temple (et bien oui, c’est toujours aussi drôle et ridicule mais on peut pas s’empêcher de regarder), j’ai passé la journée à tenter de reprendre du poil de la bête pour la suite des hostilités. Du coup c’est l’heure du troisième et dernier vrai concert du jour pour moi avec la machine qu’est Culf of Luna. Groupe que l’on ne présente plus, ils ont bien rempli la Valley ce soir et personne ne va regretter le détour. Armés de trois guitaristes (dont un au chant), d’un bassiste, d’un mec aux claviers et de deux batteurs, les suédois nous amènent avec eux sur leur vaisseau pour un voyage d’une heure qui va nous faire passer par tous les états. Ils démarrent leur set au fin fond des enfers dans une ambiance écrasante et teintée de rouge qui accompagne leur tout nouveau single The Silent Man qui figurera sur leur album à paraître à l’automne. On en prend immédiatement plein les yeux et les oreilles, tant c’est beau et lourd à la fois. Et petit à petit, si la musique ne s’adoucit pas mais continue sa route entre post hardcore ultra massif et post rock aérien de toute beauté, on a l’impression de revenir à la vie, de prendre une bouffée d’air en pleine traversée des mers. Les lumières tournent au vert, et on se retrouve alors au sommet des montagnes avec des titres tels que Finland ou Ghost Trail qui ont déjà une dizaine d’années. Puis le voyage se termine dans les airs, au sein même de l’espace, avec In Awe Of, paru sur l’excellent Vertikal en 2013. Du coup, et ce malgré pas mal de changements de line up et une courte pause fin 2013, Cult of Luna reste définitivement une des références du genre, et ce véritable orchestre n’a plus grand chose à prouver, que ce soit au niveau de la technicité, de l’émotion ou du talent. Chapeau bas. 


Bloodbath (00:00-01:00 // Altar)

Fanny : Après un passage éclair devant Cradle Of Filth, qui ne m’a toujours pas convaincue, il a fallu faire un choix déchirant entre Bloodbath et Cult Of Luna. J’aime énormément les deux et je n’en ai encore vu aucun. J’ai finalement opté pour le premier et me rattraperai au Brutal Assault pour le second.
Les suédois sont dans la place ce soir ! Mais attention car nous allons passer à un autre niveau de violence !
Bloodbath, c’est 21 ans d’activité, cinq albums, des putains de zicos, pas moins de trois chanteurs au compteur et pas n’importe lesquels : Mikael Åkerfeldt a tout de même été la voix du groupe pendant près de 10 ans. Brièvement relayé par Peter Tätgren, il est aujourd’hui remplacé par Nick Holmes de Paradise Lost. Côté musiciens le line up est plus que solide avec mes deux chouchous de Katatonia, Jonas Renske à la basse et Anders Nyström à la guitare ainsi que Tomas Åkvik et bien évidemment Martin Axenrot à la batterie. Cette bande de fous furieux nous a récemment pondu une excellente galette du nom de The Arrow Of Satan Is Drawn. Il me tarde de voir ce que donne ces nouveautés et surtout de découvrir cette formation en live.

Les suédois ensanglantés apparaissent dans la lumière tamisée de la Altar et le set s’amorce avec la nouvelle et tonitruante Fleischmann. Très peu de blabla et beaucoup de brutalité, l’intensité va aller crescendo avec Let The Stillborn Come to Me suivie de So You Die. La violence des propos de Bloodbath nous happe et la frénésie s’empare du public, c’est le gros bordel sous la tente : pogos, slams, circle pit, headbang, cris,… Il faut s’accrocher pour ne pas se faire emporter par la vague de metalheads aliénés. Nick, dans son costume, fidèle à lui-même, totalement froid et inexpressif, nous balance son growl puissant avec pugnacité. Les solos de guitare sont impeccablement exécutés, la basse vrombit méchamment pendant que Axe frappe ses fûts sans ménagement. La scène est globalement sombre et,  teintée de vert, bleu ou rouge, l’atmosphère est parfaitement en accord avec ce bon death metal qui tâche. Les titres se succèdent à une vitesse incroyable avec entre autres Chainsaw Lullaby, Bloodicide, Cancer of The Soul,… Les gens autour de moi sont totalement transcendés. Le final se fera avec Eaten puis Cry My Name, deux tubes dont les refrains résonnent sous la Altar, le chant des festivaliers faisant écho à celui de Holmes.

Cette boucherie est terminée, les membres de Bloodbath quittent la scène chaleureusement remerciés par les festivaliers transpirants et épuisés. C’était d’une violence extrême mais ô combien excellente, et surtout une belle façon de terminer cette journée. Je n’ai plus la force pour un autre concert… Bonne nuit !


Architects (01:05-02:00 // Main Stage 2

 

Photographe : Antony Chardon

Auteures : Fanny Dudognon / Hélène

 

Hellfest 2019 – J1 : Sabaton + Gojira + Carcass + Fu Manchu + Dropkick Murphys + Possessed @ Hellfest Open Air Festival 2019 (Jour 1)

Fanny : Cela faisait un an que l’on s’était donné rendez-vous pour ce Hellfest 2019. Un an, ça passe vite et une fois arrivés sur le site nous avons toujours l’impression de ne l’avoir jamais quitté. Evidemment, quelques changements nous font remarquer que le site évolue d’année en année, à commencer par le Metal Corner qui a pas mal changé. Deux nouveaux espaces de fête ont pris forme, la Party Tent et la Fury Tent, avec des bars et des tables pour se poser. Dans pas mal de festivals étrangers on retrouve ce concept “Bal Room” où les festivaliers sont généralement totalement arrachés et dansent après les concerts jusqu’à total épuisement. N’étant pas au camping je ne peux pas vous dire ce qu’il en est. En dehors de cela pas d’énormes modifications, on retrouve ses marques très rapidement.
Le gros point noir de cette année est la mise en place, heureusement exceptionnelle, du Knotfest qui a eu pour conséquence une arrivée sur le site bien compliquée à cause de bouchons interminables aux abords de Clisson. Il fallait donc s’armer de patience pour atteindre un des parkings, et les moins courageux (comme certains d’entre-nous) se sont garés en bord de route préférant faire les 2 ou 3 kilomètres restants à pied.
N’étant pas fan de la programmation du Knotfest, j’ai préféré retrouver mes fidèles compagnons de Hellfest pour un verre ou deux et rentrer tôt afin d’attaquer le plus vaillamment possible le vendredi.


Hélène : Hellfest Hellfest Hellfest… J’entends ton nom depuis des années, je le vois sur beaucoup de tshirts et autres sweats, et tu restais un mystère pour moi. Pourtant je t’ai connu dans tes prémices, lorsque tu portais encore le nom de Furyfest et que tu te passais au Mans. Il n’y avait que 30 000 personnes en ton sein et 3 scènes pour les accueillir, si mes souvenirs sont bons. Aujourd’hui tu as bien grandi, avec 180 000 festivaliers présents et 6 chapiteaux et autres à ciel ouvert. Bref, tu as fait un sacré bout de chemin en 14 ans, et il me semble qu’il était plus que temps de voir de quoi il en retourne de ta nouvelle situation.

Après 5h pour faire 3km et une belle bataille jusqu’au camping et dans celui-ci, il était temps pour moi de faire un tour dans ce que l’on appelle le Metal Corner, soit l’espace entre le site et le camping où ceux qui n’ont pas la chance d’assister au Knotfest (ou qui s’en foutent) peuvent passer ce jeudi soir. En soi, c’est l’endroit où se trouvent les différents shops du festival, allant du magasin Doc Marten’s au stand de VR ou le shop de tattoo (!!!). Il y a également la Fury Tent et la Party Tent où différents DJs passent du son pour faire danser ces chers métalleux jusqu’au bout de la nuit, ainsi que les bars d’alcools forts tels que Ricard et Jack Daniel’s notamment (il n’y a que de la bière et du cidre sur le site du festival). C’est aussi là que l’on trouve l’Extreme Market avec ses stands de plus ou moins bon goût. Bref, c’est l’endroit où tu peux faire la fête et dépenser ton argent si tu en as de trop. Un peu comme une ville dans le festival finalement. Et en ce jeudi soir, c’est aussi l’endroit où il y a des concerts avec un chapiteau monté pour l’occasion et une programmation 100% française dont Joe La Mouk qui oui, existent toujours et qui oui, disent toujours autant de la merde. C’était drôle comme mise en jambe mais sachant que la chaleur va me tomber sur la tête dès le lendemain et qu’un programme plus que chargé m’attend pour la suite, je me retire rapidement dans mes quartiers afin de profiter de cette calme et première nuit.

 


Fanny : La circulation est plus fluide en ce vendredi matin et nous ne perdons pas de temps cette fois-ci pour se garer. Ayant récupéré les bracelets la veille, l’entrée sur le site se fait assez rapidement à l’ouverture. Nous apprenons le matin même que Manowar a décidé de quitter le festival dans la nuit et n’assurera donc pas sa prestation. J’en rigole beaucoup ; étant donné que je n’ai jamais aimé ce groupe je n’avais pas l’intention de les “war” mais je suis évidement dégoûtée pour les gens qui ont fait le déplacement spécialement pour eux. Bien sûr,  le groupe accuse les organisateurs et vice versa. Nous ne pouvons pas réellement savoir le vrai du faux mais on ne peut que penser que Joey Di Maio devrait avoir au moins un peu honte, lui qui était venu se pavaner devant les festivaliers l’an dernier en annoncer un show inoubliable… Elle est bien bonne celle-là ! Les mecs n’ont sûrement pas eu la bonne marque de monoï dans les loges et se sont vexés… (ok, je suis un peu dure). Les vrais fans ont tout de même assumé de porter leur t-shirts Manowar payés 50 balles la veille; perso, je l’aurais brûlé ! Bref, en dehors de cela, la journée s’annonce bien avec un beau soleil et une belle programmation. Ah et aussi un peu de bière quand même.


Freitot (10:30-11:00 // Altar )

Fanny : Je me dirige directement vers ma scène favorite, la Altar, où l’herbe est encore fraîche et magnifiquement verte ! Les français de Freitot sont les premiers à fouler cette scène et le public déjà dense est là pour les soutenir. Freitot est un trio death formé par le batteur Etienne Sarthou (AqME), le chanteur Arno Strobl (Carnival in Coil) et le guitariste Fabien Desgardins (Benighted). Le groupe signait son premier album éponyme en 2018 et le line-up s’est vu complété par Gauthier Mark à la basse et Julien Negro à la guitare rythmique.
Les cinq confrères débarquent donc sur scène bien déterminés à mettre l’ambiance sous la Altar. Je retrouve cette bonne sensation du premier concert de Hellfest, avec ce gros son qui te fait vibrer. Le groupe distille un death metal old-school traditionnel aux riffs acerbes efficaces, les passages lents invitant au headbanging s’alternant avec d’autres plus dansants. Le public venu en nombre est réceptif et les têtes remues de plus en plus pendant qu’Arno gueule “cassez vous la nuque !”. Quelques soli sont envoyés par ci par là sans jamais être too much et les blasts sont savamment dosés. La sauce prend sans peine et on démarre la journée sur les chapeaux de roue, avec le premier circle pit et une très bonne ambiance.


Stinky (11:05-11:35 // Warzone)

Hélène : Dès le lendemain 11h je cours vers la Warzone pour y voir la prestation de Stinky. Pas le temps de découvrir le site donc. Tant pis, j’ai vraiment envie de voir ce groupe sur scène, découvert via la prog’ du festival. Formation on ne peut plus locale car venue tout droit de Clisson, Stinky officie dans la plus pure tradition du hardcore, avec ce qu’il faut de passages mélodiques et de hargne, le tout cadencé par du 2-step en veux-tu en voilà, et surtout une chanteuse aussi sympathique qu’énervée. Arrivée en 2014, Claire donne en effet une toute autre couleur au groupe qui a déjà bien tourné en Europe, avec notamment une date déjà au même endroit en 2010. On pense à Comeback Kid parfois, à Nine Eleven aussi. En tout cas on ne s’ennuie jamais et on se réjouit de voir que le groupe semble passer un aussi chouette moment que nous. Et si je n’ai pas tout compris aux lyrics, j’ai trouvé ça cool qu’il y ait un morceau sur la trans identité et les moyens mis en place au quotidien par une personne qui sent qu’elle n’est pas née dans le corps qu’il lui fallait. Sujet assez peu commun en effet dans cette scène pour être souligné je trouve. Bref, Stinky avait la formule parfaite pour entamer les hostilités sous le soleil et c’est avec le sourire aux lèvres et une bière en main que je me dirige vers la suite.

 


Khaos-Dei (11:05-11:35 // Temple)

Fanny : On se décale sous la Temple pour accueillir nos copains de Toulouse / Bordeaux de Khaos-Dei avec Patrick au chant et à la guitare, Fabrice à la basse, Arnaud à la guitare également et Damian à la batterie. Il est difficile d’être objectif quand tu connais certains des membres, c’est vrai, mais on est tellement contents pour eux qu’ils puissent jouer sur cette belle scène !
Le style de Khaos-Dei est particulier, il s’agit de black metal avec du chant en français. Les textes, qui font référence en grande partie à la mort et à Satan, ont une grande importance mais on perçoit également très bien le côté sombre à travers la musique assez transcendante, en partie grace aux variations d’intensité. Les riffs à la fois lancinants et véloces, les coups de double pédale incisifs et la voix écorchée mélangée aux chants presque incantatoires vous plongent dans l’ambiance. Je trouve qu’il est par moment difficile de capter l’essence même de cette musique en live étant donné qu’on ne peut pas pleinement comprendre toutes les paroles. Toutefois, les lights et le son plutôt bons permettent de mettre en valeur les compos et, il faut le dire, les mecs sont charismatiques. Le public encore une fois assez nombreux se laisse hypnotiser et les clameurs retentissent à la fin de chaque chanson. Jolie prestation. 


Klone (11:05-11:35 // Mainstage 2)

 


Sublime Cadaveric Decomposition (11:40-12:10 // Altar )

Fanny : Aujourd’hui je ne vais pas aller bien loin puisque je ne vais faire qu’alterner entre Altar et Temple. Je retourne donc de l’autre côté où les français de Sublime Cadaveric Decomposition vont se produire. Un peu de death / grind avant le repas, ça me semble être une bonne idée. Les mecs débarquent devant un public toujours aussi nombreux (je suis d’ailleurs surprise de voir ces tentes aussi remplies cette année).  Dagulard s’installe à la batterie et Guillaume prend place à l’avant avec sa guitare en compagnie du chanteur Seb. Le set démarre en force et nous nous recevons une bonne dose de violence en pleine face. Ca tabasse, ça joue vite, ça joue fort mais surtout qu’est ce que ça joue bien ! Ils ne sont que trois mais chacun d’entre eux maîtrise parfaitement ses parties. On voit qu’ils sont contents d’être là, le chanteur se donne à fond et assure son rôle de frontman, chauffant la foule comme il se doit. Les festivaliers ne se font pas prier et se mettent rapidement en mouvement. L’ambiance est très bonne ce matin sous la Altar et personnellement, je me régale ! Du blast, du groove et de la brutalité ! Sublime Cadaveric Decomposition nous sert un excellent set qui passe vraiment trop vite.

 


The Rum Jacks (12:15-12:45 // Warzone )

 


Cult Leader (12:50-13:30 // Valley )

 


Sonata Arctica (13:35-14:15 // Mainstage 1 )

 


UADA (13:35-14:15 // Temple )

 


Conan (14:20-15:00 // Valley )

 


Godsmack (15:05-15:55 // Mainstage 1 )

 


Power Trip (16:00-16:40 // Altar

Fanny : Après une petite pause, je reviens et me trouve une petite place vers l’avant pour Power Trip, ce qui n’est pas facile vu que la Altar est blindée ! Mais Power Trip c’est quoi ? Il s’agit d’un groupe de thrash crossover tout droit venu des Etats-Unis, Dallas plus exactement, et formé il y a environ une dizaine d’années. Cela fait assez longtemps que je connais ce groupe et j’avais été conquise par leur prestation à la Warzone en 2016. Je me souviens encore de cette belle énergie envoyée par les musiciens bien que l’endroit était assez vide. Après un second album réalisé en 2017, les voici donc de retour au Hellfest avec, cette fois-ci, un accueil en grande pompe, très largement mérité.
L’intro de Soul Sacrifice retentit pendant que le quintet monte sur scène. Les riffs lents du début font monter la pression et voilà que le rythme s’accélère d’un coup. Le public s’anime quasi instantanément et ne s’arrêtera pas jusqu’à la dernière note de ce set ! Power Trip nous envoie du lourd avec un chanteur, Riley Gale, plus que survolté qui hurle et saute dans tous les sens. Tous les musiciens s’exécutent avec fougue et leur énergie communicative se répand comme une traînée de poudre sur les festivaliers qui sont de plus en plus déchaînés. La folie s’empare des gens, c’est le gros bordel, aussi bien sur scène que dans le pit. Slammers, headbangers, pogoters, tout le monde se prend au jeu et les mouvements de foule se multiplient. Je vois des minis circles pit un peu partout. Le groupe nous balance le dernier album dans sa quasi intégralité, les morceaux sont ultra galvanisants en live et on ne peut clairement pas rester statique. Je suis impressionnée par l’évolution du groupe qui vient de faire non pas un mais une bonne dizaine de pas en avant. Le final se fera avec le titre Manifest Decimation et un gros wall of death. Power Trip a franchi un cap et nous à offert un putain de bon concert, on en aurait bien pris une bonne demie heure de plus tellement c’est jouissif. Quelle branlée !!!!

 


My Sleeping Karma (16:00-16:40 // Valley 

 


Diamond Head (16:45-17:35 // Temple 

 


All Them Witches (17:40-18:30 // Valley)

Hélène : Pour les plus pointilleux, vous vous direz sûrement qu’il y a eu une grosse pause entre Stinky et All Them Witches. En réalité, j’ai vu entre les deux Cult Leader et Conan, mais n’ayant pas été plus convaincue que ça par l’un et par l’autre (dont je suis pourtant bien fan sur album mais là je ne sais pas, la sauce n’a pas prise), je préfère passer directement à mon coup de cœur suivant, All Them Witches donc. Découverts il y a quelques années déjà avec l’album bien psyché Dying Surfer Meets His Maker, j’ai vaguement suivi la carrière du groupe jusqu’ici. J’ai pourtant eu de bons retours de leur dernier album ATW qui sonne bien plus blues que leurs précédents efforts et j’avais bien aimé leur concert au Desertfest d’Anvers l’an dernier. C’est donc piquée d’une certaine curiosité mais sans réelle attente que je me dirige vers la Valley, mon lieu de prédilection pour le festival. Et j’en sors impressionnée. En effet, le groupe de Nashville nous avait concocté une setlist aux petits oignons avec tout ce qu’il faut de rock psyché et de blues, avec des soli qui ne sont pas de la pure branlette technique comme souvent mais bien un savant mélange de talent et d’émotion, le tout balancé sans demi-mesure et pas vraiment de pause. En plus, on sent bien que le groupe fait ça sans prétention aucune, juste pour le plaisir de faire ressortir les vieux sons de nos malles à vinyles poussiéreuses. Et c’est plus que réussi. Le trio a droit à une ovation explosive et tout le monde ressort de là avec une belle trace de main sur la joue. Et l’on tend l’autre avec grand plaisir !

 


Pestilence (17:40-18:30 // Altar

Fanny : C’est au tour des néerlandais de Pestilence de fouler la scène de la Altar. Pas évident de définir le style de Pestilence tant le groupe a évolué depuis sa création en 1986. Il est connu pour intégrer des éléments de jazz et fusion à leur metal plutôt death / thrash. Aujourd’hui, il ne reste plus que Patrick Mameli comme membre principal – il avait pris la suite du chanteur Martin Van Drunen (Asphyx). Le dernier album, Hadeon, est sorti l’an dernier, ce qui a permis au groupe de reprendre la route pour quelques dates. Je les avais vus l’an dernier au Brutal Assault et comme j’avais adoré le show, j’attendais avec impatience de les revoir au Hellfest.
La foule patiente alors que l’intro Unholy Transcript résonne et que se lance la première piste extraite du dernier opus Non Physical Existence. Le son qui sort n’est vraiment pas terrible et il faudra patienter quelques morceaux pour que cela s’améliore. Les fins connaisseurs seront ravis d’entendre les titres phares tirés des deux albums cultes que sont Consuming Impulse et Testimony of The Ancients tels que Suspended Animation, Dehydrated ou encore The Secrecies of Horror (quelle tuerie !). Malgré quelques soucis de guitare, Mameli assure. Il nous projette son chant écorché avec force tout en faisant virevolter sa longue tresse entre deux soli impeccablement exécutés. Le chanteur est toujours très sympathique et communicatif avec son public, on voit qu’il prend du plaisir à partager sa musique. Il fait le show, entouré de ses compères tous très jeunes qui font également un très bon taf sur scène. Même s’il m’aura fallu un peu de temps pour rentrer dedans, j’arrive à apprécier pleinement le live et remue la tête frénétiquement en compagnie des mes potes qui savourent eux aussi. Le set s’achève avec le combo surpuissant Out of The Body / Land of Tears, tous deux diablement efficaces. Les festivaliers se défoulent un peu plus, encore une fois l’atmosphère est bonne et Pestilence s’en va sous les acclamations d’un public conquis. 

Je suis allée voir un petit bout du show d’Impaled Nazarene pour me remémorer ce jour qui avait marqué ma jeunesse 15 ans plus tôt pour l’un de mes premiers concerts de metal à l’époque. Ce soir, j’ai passé un moment sympathique. Je ne suis pas autant rentrée dans le show que quand j’avais 16 ans mais les mecs sont toujours aussi tarés et les chansons passent bien en live. Je suis ensuite passée par la Valley pour Graveyar. Ceci m’aura valu la grosse déception de la journée alors que je voulais vraiment voir le groupe… J’ai trouvé le son horrible et je suis partie au bout de trois morceaux. Un peu de Venom Inc également, ça passe toujours très très bien et ça permet de poser un peu le cerveau avant Possessed.

 


Dream Theater (18:35-19:35 // Mainstage 1 

 


Ultra Vomit (19:40-20:40 // Mainstage 2 

 


Graveyard (19:40-20:40 // Valley 

 


Dropkick Murphys (20:45-21:55 // Mainstage 1 

 


Uncle Acid and the Deadbeats (21:50-22:50 // Valley)

Hélène : C’est après une pause dîner bien méritée ainsi qu’une visite (enfin) un peu plus approfondie du site que je reviens à mon chapiteau favori, j’ai nommé la Valley, où s’y produit un des groupes phares de la scène néo doom psyché, j’ai nommé Uncle Acid and the Deadbeats. Armés de cinq albums égrainés depuis 2010, c’est aujourd’hui Wasteland, leur dernier bébé sorti l’année dernière, que le groupe anglais vient nous présenter. Mais pour mon plus grand bonheur, c’est surtout dans leurs premier albums, Mind Control et Bloodlust, que le quatuor va taper ce soir et nous réjouir les cages à miel avec les désormais déjà cultes Mt. Abraxas, Death’s Door et surtout I’ll Cut You Down qui a enflammé le public venu en masse. En effet, voir Uncle Acid and the Deadbeats c’est un peu comme assister à une messe où le LSD et l’occulte s’entremêlent afin de nous plonger dans un univers où la luxure fait la part belle au meurtre. Ici, on peut voir en fond de scène un mélange d’images des 70’s, qu’elles soient extraites de films psychédéliques tels que The Holy Mountain du maître incontesté Alejandro Jodorowsky, de reportages sur le massacre de Sharon Tate par le crew de Charles Manson et autres images d’Hells Angels dans les plaines désertiques américaines, le tout mis en valeur par des lumières magnifiques. Du coup l’heure passée en leur compagnie paraît être dix minutes tant on se délecte de leurs mélodies à la Black Sabbath balancées sur des mini amplis Vox, le tout soutenu par la voix on ne peut plus particulière du leader Kevin K.R. Starrs aka Uncle Acid. Bref, on a fait un beau voyage dans le temps et le retour à la réalité n’est pas sans laisser de trace…

 


Possessed (21:50-22:50 // Altar )

Fanny : Possessed est l’un des groupes pionniers de death metal américain créé en 1983 en Californie. Le death est vraiment l’un de mes styles de prédilection mais, va savoir pourquoi, je suis passée totalement à côté de ce groupe pendant très longtemps et l’ai découvert bien plus tard que le reste de la scène. En 2017, je les vois pour la toute première fois en live au Summer Breeze et c’est LA grosse claque. Depuis, j’ai bien évidemment suivi de très près l’actualité du groupe et je suis plus que contente et toute excitée de pouvoir les revoir, surtout après m’être passée leur dernier album, Revelations of Oblivion, en boucle depuis sa sortie. Pendant que les techos finissent les derniers réglages, le leader du groupe Jeff Becerra s’avance avec son fauteuil pour saluer ses fans et s’en retourne derrière les rideaux avant le début du set.
La nuit commence à tomber, le moment est parfait pour que les membres de Possessed prennent possession des lieux. Emilio Marquez s’installe derrière ses fûts pendant que les clameurs s’élèvent sous la Altar. Il est rapidement rejoint par les deux guitaristes Daniel Gonzales et Claudeous Creamer, ainsi que par le bassiste Robert Cardenas. Enfin, Jeff fait son retour, chaleureusement applaudi par le public.
Possessed démarre sans introduction avec le titre endiablé No More Room In Hell, histoire de nous mettre directement dans le bain. Bien que le chanteur soit toujours très souriant, les mecs ne sont pas là pour rigoler mais bien pour nous servir du bon death percutant avec sa dose de violence. C’est sans surprise mais ça tabasse à mort (ça envoie la quiche comme diraient certains). Marquez m’impressionne comme toujours, sa frappe est précise et forte à la fois, sa technique est juste parfaite. Dommage que le son de la batterie ne le soit pas autant. Il est doublé par le jeu râblé de Cardenas qui fait vrombir sa basse avec conviction. Les guitaristes, vêtus de cuirs et de clous, se partagent les soli sur leurs grosses guitares pointues, les riffs sont véloces et les dive-bombs sont légions. Old-school baby ! Les morceaux s’enchaînent : Tribulation, The Heretic, Storm in my Mind,… La voix hargneuse de Becerra est très spéciale, on aime ou on n’aime pas. Moi j’adore et le voir s’égosiller avec autant d’engouement est un réel plaisir. Le chanteur est très proche de son public et prend le temps de parler et de motiver la foule entre les chansons. L’ambiance générale est très bonne, les cheveux virevoltent et ça pogote gentiment par ci par là. Les titres défilent rapidement et nous arrivons déjà à la fin du set. C’était une fois de plus un très bon show !

Je me suis ensuite dirigée vers la Temple pour la prestation tant attendue de Hellhammer mais malheureusement, après deux morceaux, je me rends compte que je n’arrive pas du tout à rentrer dedans. La violence de Possessed résonne encore dans ma tête et je préfère aller me poser avant Carcass. Pas de regret car j’aurais l’occasion de les revoir au Brutal Assault.


Sabaton (23:10-00:40 // Mainstage 1 

 


Carcass (00:00-01:00 // Altar

Fanny : Il est déjà 00:00, on commence à être bien fatigués, mais hors de question de louper l’un de mes groupes préférés, et pour l’occasion je vais me poster à la barrière. Carcass et moi c’est une grande histoire d’amour et je suis toujours à fond quand je les vois. Beaucoup de festivaliers voulaient voir Manowar mais avec cette annulation un bon nombre d’entre eux nous ont rejoint ; la Altar est donc pleine à craquer.
Les anglais n’ont toujours pas sorti d’album depuis l’excellent Surgical Steel en 2013, le décor est donc toujours le même avec la pochette qui habille la scène. Et c’est bien évidemment l’intro 1985 qui amorce le set. Les lumières se tamisent et nous retrouvons Daniel Wilding à la batterie, Tom Draper à la guitare depuis 2018 et les deux membres originels, Bill Steer à la guitare ainsi que le grand Jeff Walker à la basse et au chant. Les anglais attaquent avec l’excellente 316L Grade Surgical Steel et ses riffs dévastateurs ; et c’est une grosse claque en pleine face dès les premières secondes. Le public part au quart de tour, et moi aussi d’ailleurs. Le son est juste parfait et putain que ça fait du bien !  Rythmique effrénée, soli impétueux et chant agressif à souhait, impossible de rester de marbre. Quand Carcass passe, le public trépasse… C’est ensuite Buried Dream qui retentit, je gueule comme un putois et je me pète la nuque, c’est beaucoup trop bon. Je suis totalement galvanisée par l’enchaînement de morceaux plus efficaces les uns que les autres. Les musiciens assurent toujours comme des bêtes tout en faisant le show. On aime autant les écouter que les regarder. Walker est un excellent frontman, il harangue la foule et prend la parole régulièrement, balançant ses médiators à tout va (le pauvre roadie aura bien galéré pour les installer et les remettre durant tout le set), annonçant même que le prochain album avance et que la fin est proche. Malgré ce manque de nouveauté, Carcass nous sert ses meilleurs titres piochés dans sa discographie, dont les incontournables Reek of Putrefaction, Genital Grinder, Death Certificate ou encore Black Star / Keep On Rotting in the Free World qui sont d’une efficacité redoutable en live et mettent tout le monde d’accord. Qu’est-ce que c’est bon ! L’énergie dégagée sur scène est ultra communicative et d’une intensité forte et constante. Nous avons un final explosif au son de Heartwork suivi de Carneous CacoffinyQuelle branlée ! J’en reprendrai la fois prochaine, encore et encore… 


Fu Manchu (00:00-01:00 // Valley 

 


Gojira (00:45-02:05 // Main Stage 2)

Hélène : Après un petit tour par Carcass à la Altar et une prestation qui n’était pas si crade qu’il n’y paraissait, il est temps pour moi de me faufiler vers cette scène encore inexplorée jusque là, la Main Stage 2. Celle-ci peut accueillir plusieurs dizaines de milliers de personnes et il est parfois difficile d’y trouver une place de choix. Cette fois, même si je suis assez éloignée, j’ai de la chance, je vois tout d’où je suis, sans même trop avoir besoin des écrans. Pour Gojira, on n’est jamais trop en avance. Ce groupe, j’ai un peu grandi avec. Je les ai découverts en 2003 à mon arrivée à Toulouse lors de la sortie de The Link. Pendant les années qui ont suivi, je les ai vus des dizaines de fois, et ce dans des salles de la plus petite à moyenne capacité. Aujourd’hui ils ne tournent plus qu’en festivals et souvent en compagnie de groupes tels que Metallica ou Slayer. Et à chaque fois je me dis que je vais être déçue, qu’ils vont avoir changé, que ce ne sera plus pareil. Et à chaque fois ils me montrent à quel point j’ai tort. Le groupe basque a en effet, et ce malgré leur succès, toujours gardé le même état d’esprit, la même énergie, et surtout le même plaisir de jouer. Beaucoup d’émotions ont ponctué ce show plein de nostalgie où Gojira nous a régalé de vieux morceaux tels que Clone, Love et Blow Me Away You(niverse) extraits de Terra Incognita, Flying Whales et Backbone de From Mars to Sirius, ou encore Oroburus et Vacuity de The Way of All Flesh (et aussi surprenant que cela puisse paraître, aucun morceau de The Link). Et que dire de ces visuels, tous plus beaux les uns que les autres, toujours justes dans le ton, psyché sans jamais tomber dans le kitsch… On a également eu droit aux feux d’artifice (qui ont légèrement troublé The Gift of Guilt, dernier morceau de la setlist paru sur L’enfant sauvage), à des discours touchants ponctués de mille mercis, des sourires en veux-tu en voilà, des flammes aux moments opportuns,… Bref, une fois de plus ce fût une belle réussite où technique et sensibilité se sont mêlées pour un moment d’exception. Branlée 1 du festival, ça, c’est fait. Au lit maintenant.

 

Photographe : Antony Chardon

Auteures : Fanny Dudognon / Hélène

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