Hellfest 2019 – J2 : Architects + Cult Of Luna + Bloodbath + ZZ Top + Carach Angren + Def Leppard @ Hellfest Open Air Festival 2019 (Jour 2)
Fanny : Hop hop hop, debout 8h, j’arrive sur le site à 10h. On est en forme cette année ! Il fait beau et chaud, et forcément avec du soleil et de la bonne musique au programme de la journée, on se réveille automatiquement le sourire aux lèvres.
Dawn of Disease (10:30-11:00 // Altar )
Fanny : Je retourne directement à la fraîcheur de la Altar où l’on peut constater que l’herbe n’est plus du tout verte. Il n’y a d’ailleurs plus trop de pelouse sur le sol qui s’est violemment fait piétiner la veille. Ce sont les allemands de Dawn of Disease qui ouvrent les hostilités en ce deuxième jour de festival. Créé en 2003, le groupe avait fait une pause de deux ans avant de vraiment se lancer en 2009 et d’enchaîner les albums. Leur quatrième création, Ascension Gate, sortait en 2017. J’avais déjà eu l’occasion de les voir cette année-là au Summer Breeze et j’avais trouvé ça sympa. C’est du bon death mélodique qui passe bien en live. Aujourd’hui, même constat, c’est agréable à écouter, le son n’est pas mauvais et les mecs transmettent une bonne énergie. Étant très difficile avec le style je ne suis pas non plus transcendée. Toutefois je dois dire que c’est bien fait avec des riffs entraînants et des mélodies que l’on retient. Je pense malgré tout que c’est Tomasz Wisniewski, ce grand polonais plutôt charismatique, qui tient le groupe avec son growl puissant et caverneux. Les têtes tournoient dans le pit, ce set est appréciable en ce début de journée.
Je prends le temps d’aller voir les français de Shaârghot sur la scène voisine pour quelques titres. L’Indus n’est pas ma came mais leur prestation n’est pas mal. Visuellement ça vaut le détour et musicalement aussi, si on aime le genre. Trois ou quatre morceaux me suffisent néanmoins.
Skindred (11:40-12:10 // Main Stage 2)
Cypecore (11:40-12:10 // Altar)
FM (12:15-12:45 // Main Stage 1)
Fanny : Il faut bien, à un moment donné, affronter le monde et la chaleur pour voir quelques concerts qui se jouent sur les Main Stages. Grande amatrice de metal bien bourrin, j’ai des goûts étonnement très variés et j’aime autant le metal progressif, le heavy, le hardrock… Voir un bon groupe de rock de temps en temps fait du bien, et mon running order comprenait le passage des British de FM. Une petite bière à l’ombre en attendant la fin du set des ovnis de Skindred (ça par contre je n’y arrive vraiment pas), les vétérans débarquent sur la scène tout sourires à 12h15 pétantes.
Nous allons passer 30 minutes plongés dans une atmosphère familiale et bon enfant animée par ce bon rock prog 70’s à la Deep Purple. De la guitare, du clavier et un vrai chanteur pour faire danser les petits et les grands. C’est la bière à la main que l’on prend plaisir à remuer le popotin et chanter en chœur les refrains des titres fédérateurs tels que That Girl, I Belong To The Night. Si Steve Overland n’a plus beaucoup de cheveux il n’a pas perdu sa belle voix pour autant. Je me régale comme lors de leur venue à Toulouse il y a quelques mois. Avec FM mon côté gnangnan ressurgit totalement. Je prends aussi beaucoup de plaisir à regarder les gens faire des pas de danse plus étonnants les uns que les autres : de la country d’un côté, un mec un peu éméché qui se déhanche de l’autre. C’est ça aussi le Hellfest, s’amuser, profiter et s’en foutre… Ca fait du bien.
Trepalium (12:50-13:30 // Altar)
Will Haven (12:50-13:30 // Valley)
Hélène : J’attaque la deuxième journée du festival sous un soleil de plomb et une madeleine de Proust, le tout dans une ambiance bon enfant et teintée de bière, tant l’on sent que la première soirée fût rude pour beaucoup d’entre nous. Du coup c’est avec des gros relents de nostalgie que se passe ce set de Will Haven, groupe culte de la scène métal hardcore américaine. Leurs débuts datent de 1997 avec leur album El Diablo qui a usé beaucoup de platines, puis WHVN sorti deux ans après et qui fût tout aussi remarqué. Il faut dire qu’à l’époque ils ont immédiatement été soutenu par les pontes du genre, Deftones, Limp Bizkit et Vision of Disorder en tête. Depuis le groupe a connu une carrière en dents de scie avec le départ (temporaire) du chanteur Grady Avenell notamment, mais tout ceci s’est stabilisé après 2010. Depuis, le groupe de Sacramento a sorti trois albums et n’a pas perdu de sa fougue. Ni réellement innover d’ailleurs. Et cela déteint sur le live présenté ce jour. Car si l’on passe un bon moment et qu’on est honnêtement bluffé par l’énergie déployée par le groupe dorénavant constitué de quarantenaires bien tassés, rien ne ressort vraiment non plus. Alors certes on a le sourire, on se casse un peu la nuque et on déploie des coudes avec plaisir, mais on ressort de là en se disant qu’à part un bon voyage dans le temps, surtout à la fin du set, il n’y a pas grand chose à retenir de ce concert. Dommage.
Mantar (14:20-15:00 // Valley)
Hélène : Découverts sur la scène du Roadburn il y a maintenant cinq ans lors de la sortie de leur premier album Death by Burning, la popularité de Mantar n’a dès lors cessée de croître. Il faut dire qu’il y a de quoi. Duo allemand venu tout droit de Hambourg, le groupe dégage une énergie que l’on ne voit que trop rarement sur scène. En effet, entre les riffs acérés ainsi que le mélange de hargne et de joie déployé par le guitariste/chanteur Hanno Klärhardt et le jeu de batterie ultra puissant de Erinç Sakarya, les deux potes d’enfance broient tout sur leur passage. Il est d’ailleurs difficile de se dire qu’ils ne sont que deux tant le rendu est puissant. Aujourd’hui Mantar (qui signifie “fungi” en turc) vient nous présenter The Modern Art of Setting Ablaze, sorti l’an dernier. Toujours un peu dans la même veine entre le hardcore ultra vénère, le black et le sludge, on prend plaisir à voir les deux compères s’amuser sur scène. Et pourtant il y a un truc qui ne prend pas. La fatigue est certes déjà bien présente et la setlist est surtout constituée des deux derniers albums que je connais moins donc je suis peut-être pas complètement objective (surtout qu’ils n’ont pas joué Astral Kannibal, grosse déception) mais je pense malgré tout que l’ensemble manquait cruellement de quelque chose. Pourtant le son était bon et on ne peut pas reprocher à Hanno d’avoir tenté par tous les moyens de motiver la foule en la haranguant de toute part mais non, en ce samedi 22 juin 2019, la sauce n’a définitivement pas pris.
Fanny : Pour moi, l’impression laissée par le concert de Mantar est assez différente. Le duo allemand que j’ai découvert sur scène pour la première fois en 2015 au Summer Breeze avait été une vraie révélation. Pas fan de sludge de manière générale, le leur est fortement teinté de black metal et les compositions de Mantar ont vraiment quelque chose de singulier et absolument saisissant. J’attendais donc avec impatience de revoir le groupe que j’aime tant pour la troisième fois, même si j’ai dû faire l’impasse sur les excellents Allegaeon.
Je vais donc faire mon ultime voyage à la Valley et je me place au plus près de la scène. Le set, qui sera agrémenté de nouveaux morceaux tirés de leur dernier album, démarre avec Age of the Absurd suivi de Taurus. Le son est extrêmement fort mais bien réglé, on s’en prend plein la gueule d’entrée de jeu. Les gens à côté de moi s’animent également, les pogos, slams et circles pit vont bon train. J’entends des mecs qui découvrent le groupe dire “ouah putain ça envoie !” et c’est peu de le dire. La voix déchirante de Hanno et les rythmiques exaltantes envoyées par Erinc m’emportent et je rentre directement dans le set. Retour sur les deux premiers albums avec Spit, Into The Golden Abyss en passant par la très punchy Cross the Cross. Le chanteur guitariste a pris en confiance au fil des ans et n’hésite plus à venir chauffer la foule en gueulant en bord de scène, lâchant même un petit “We are Manowar and we are late” pour la forme; il est survolté ! Les deux musiciens sont trempés, et comme le disait Hélène, pas d’Astral Kannibal mais tout de même Era Borealis, ultra efficace en live avec son refrain éloquent et des riffs bien lourds, idéal pour conclure ce moment. J’ai encore une fois adoré la performance, c’était court mais intense. Mon seul regret est le son trop fort à mon goût qui m’aura tout de même gêné nonobstant les bouchons, et puis la durée évidemment. Dommage ça aurait pu être parfait.
Archspire (16:00-16:40 // Altar)
Fanny : Formé en 2007 sous le nom de Defenestrated, Archspire est réellement né en 2009. Le groupe de tech death canadien que j’ai découvert assez récemment fait une belle ascension depuis la sortie de son troisième album Relentless Mutation il y a deux ans. Pour les avoir vus en live deux fois en fin d’année dernière, je savais à quoi m’attendre : de la technique pure et de la brutalité.
Les mecs s’amènent jovialement sur scène, deux petits coups de gratte et bim la violeeeeeeeeeence ! Oli Peters débite les paroles à toute vitesse au rythme de la double pédale véloce frappée par le technicien absolu Spencer Prewett. Tobi Morelli et Dean Lamb assurent comme des bêtes à la guitare également. Le bassiste, Jared Smith, nous fait une grosse démonstration de technicité tout en faisant le con. Ces messieurs sont carrés en terme d’exécution mais ils sont aussi plein d’humour, un humour qui ponctue d’ailleurs le show et fait bien marrer l’assemblée (surtout ceux qui découvrent le groupe). Quel frontman cet Oli ! Pour moi c’est toujours impressionnant bien qu’un poil trop technique et difficile à digérer. Il me manque l’émotion pour vraiment adorer Archspire qui dévaste néanmoins tout sur son passage. Ajoutez à cela que je connais déjà ce live qui est donc sans surprise à mes yeux et en plus le son de là où je suis est vraiment très brouillon ce qui rend la chose encore moins digeste. Toutefois, vu le bordel dans le public, il est clair que la sauce a pris. Bravo !
Carach Angren (16:45-17:35 // Temple)
Fanny : Cette journée très ensoleillée manquait un peu de black metal, quoi de mieux que Carach Angren pour remédier à cela ? Les néerlandais étaient de passage à Toulouse une semaine avant, le spectacle était excellent et c’était fort plaisant de pouvoir les découvrir sur scène dans ce cadre intimiste. Et oui, malgré leur 16 ans d’existence et leur nombreuses scènes, je n’avais pas eu l’occasion de les voir avant ce mois de juin. Ce Hellfest est donc l’occasion de me rattraper un peu et d’en reprendre une dose.
Le point positif : la scène est immense, ce qui permet au groupe de réaliser un show plus complet avec une scénographie légèrement différente. Bastiaan Boh et Ardek, respectivement à la guitare et au clavier, sont postés sur des plateformes qui montent et qui descendent (chapeau pour l’équilibre) et le clavier lui-même est articulé, ce qui est assez fun. Les membres sont toujours très beaux avec leur total look black metal, vêtus de jolis costumes et ces magnifiques maquillages. La set-list est un petit peu différente et bien évidemment plus courte. J’aime vraiment regarder Seregor, le chanteur, qui est captivant de par sa grâce absolue, sa façon de bouger et son chant écorché. Le son est bien réglé, les musiciens font le job et le public est dedans. Encore un bon moment passé à l’ombre de la Temple en compagnie de Carach Angren et leurs histoires de fantômes qui agrémentent leur bon black metal symphonique que je reverrai avec plaisir une prochaine fois. Je n’en dis pas trop et vous laisse le plaisir de découvrir le spectacle si ce n’est pas déjà fait.
Deadland Ritual (16:55-17:55 // Main Stage 1)
Eagles of Death Metal (18:00-18:50 // Main Stage 2)
Whitesnake (18:55-19:55 // Main Stage 1)
Candlemass (19:40-20:40 // Altar)
Fanny : Le Hellfest permet de faire de belles découverte mais également de voir ou revoir des groupes cultes comme Hellhammer la veille. Ce soir ce sont les Scandinaves du doom “épique” de Candlemass, très attendus du public, qui s’apprêtent à piétiner les planches de la Altar. Né en 1984, le groupe suédois a connu de nombreux bouleversements entre les années d’inactivité et divers changements de line-up. Ce soir nous retrouvons Leif Edling, le bassiste et membre fondateur, en compagnie de son fidèle compagnon Mats “Mappe” Björkman à la guitare. Lars Johansson et Jan Lindh, respectivement à la guitare et à la batterie, avaient intégré le groupe en 87 et sont également de la partie. Enfin, c’est Johan Längqvist qui fait son grand retour au chant, lui qui avait quitté le groupe après trois ans d’activité.
Pour résumer : le son était très propre, les musiciens en forme, le public réceptif. De bonnes conditions réunies pour un bon show mais malheureusement je suis passée totalement à côté, je me suis ennuyée. Je ne sais pas vous dire si cela venait de la set-list bien plus calme que celle que le groupe avait joué en 2016 au Bang Your Head. Je me souviens que j’avais beaucoup aimé ce concert avec Mats Levén au chant. L’ambiance était chaleureuse et j’avais passé un super moment. Je n’ai pas du tout retrouvé cette sensation… Dommage.
Def Leppard (21:05-22:20 // Main Stage 1)
Dark Tranquility (21:50-22:50 // Altar)
Fanny : La fin de journée approche et je suis contente d’avoir fait une sieste pour pouvoir profiter des deux derniers concerts que j’ai prévus. Retour sous la Altar qui est pleine à craquer, il faut se faufiler pour y voir quelque chose. Dark Tranquility est attendu !
Le groupe de death mélodique sortait un onzième album en 2016, Atoma et a connu un changement de line-up. Andrew Iwers est à la basse depuis trois ans et ce soir ce sont Christopher Amott et Johan Reinholdz qui vont assurer aux guitares. Une fois les lumières tamisées, tout ce petit monde prend place sur scène ainsi que Anders Jivarp à la batterie et Martin Brändström au clavier. Le grand Mikael Stanne débarque, il est acclamé par la foule. Dark Tranquility se lance avec l’énergique Encircled. Je suis ravie de voir ce groupe que j’aime tant jouer en soirée avec un bon temps de jeu et non pas en plein jour sur une trentaine de minutes comme les fois précédentes au Hellfest. De plus, le son est relativement bien équilibré, ce qui permet de bien distinguer tous les instruments et apprécier les compos comme il se doit. En ce qui concerne la set-list je trouve le choix des chansons intéressant avec douze titres, piochés dans le dernier opus mais aussi Damage Done, Construct, Haven, Projector et bien entendu Fiction. Un choix qui permet de mettre en avant les qualités propres à DT : des parties agressives, d’autres plus vives, de belles mélodies, et évidemment un chant juste parfait ! Les festivaliers sont plongés dans l’ambiance, les cheveux virevoltent dans tous les sens et les aficionados chantent à tue-tête les refrains de leurs morceaux favoris (moi y compris). Comme à l’accoutumée, Mikael est enjoué et proche de son public, il prend toujours le temps d’aller faire un petit tour à la barrière. Il est en forme et sa voix grave alternée avec son growl sur-puissant me donne une fois de plus des frissons. Les musiciens maîtrisent parfaitement leurs instruments, ils se partagent bien l’espace scénique et, ce soir, les lumières sont belles.
Dark Tranquility est un groupe qui a fortement marqué mon adolescence et me met toujours dans un état particulier, un mélange d’émotions assez dense. Tout défile très vite puis vient le moment d’accalmie avec la magnifique ThereIn qui met la voix de Stanne parfaitement en valeur et qui me fera verser ma petite larme. Le final sera puissant avec les deux incontournables Lost To Apathy et Misery’s Crown sur lesquelles le chanteur et le public se déchaînent une dernière fois, ensemble… Un chouette moment de communion musicale qui fait beaucoup de bien.
ZZ Top (22:20-23:25 // Main Stage 2)
Cult of Luna (00:00-01:00 // Valley)
Hélène : Comme vous pourrez le constater, cette journée fût ultra calme pour moi. Mis à part un aperçu de ce que donne Candlemass sur la scène de la Altar (et c’était franchement pas mal pour un groupe de soixantenaires qui a plus de 30 ans de carrière derrière lui !) et Cradle of Filth sur la Temple (et bien oui, c’est toujours aussi drôle et ridicule mais on peut pas s’empêcher de regarder), j’ai passé la journée à tenter de reprendre du poil de la bête pour la suite des hostilités. Du coup c’est l’heure du troisième et dernier vrai concert du jour pour moi avec la machine qu’est Culf of Luna. Groupe que l’on ne présente plus, ils ont bien rempli la Valley ce soir et personne ne va regretter le détour. Armés de trois guitaristes (dont un au chant), d’un bassiste, d’un mec aux claviers et de deux batteurs, les suédois nous amènent avec eux sur leur vaisseau pour un voyage d’une heure qui va nous faire passer par tous les états. Ils démarrent leur set au fin fond des enfers dans une ambiance écrasante et teintée de rouge qui accompagne leur tout nouveau single The Silent Man qui figurera sur leur album à paraître à l’automne. On en prend immédiatement plein les yeux et les oreilles, tant c’est beau et lourd à la fois. Et petit à petit, si la musique ne s’adoucit pas mais continue sa route entre post hardcore ultra massif et post rock aérien de toute beauté, on a l’impression de revenir à la vie, de prendre une bouffée d’air en pleine traversée des mers. Les lumières tournent au vert, et on se retrouve alors au sommet des montagnes avec des titres tels que Finland ou Ghost Trail qui ont déjà une dizaine d’années. Puis le voyage se termine dans les airs, au sein même de l’espace, avec In Awe Of, paru sur l’excellent Vertikal en 2013. Du coup, et ce malgré pas mal de changements de line up et une courte pause fin 2013, Cult of Luna reste définitivement une des références du genre, et ce véritable orchestre n’a plus grand chose à prouver, que ce soit au niveau de la technicité, de l’émotion ou du talent. Chapeau bas.
Bloodbath (00:00-01:00 // Altar)
Fanny : Après un passage éclair devant Cradle Of Filth, qui ne m’a toujours pas convaincue, il a fallu faire un choix déchirant entre Bloodbath et Cult Of Luna. J’aime énormément les deux et je n’en ai encore vu aucun. J’ai finalement opté pour le premier et me rattraperai au Brutal Assault pour le second.
Les suédois sont dans la place ce soir ! Mais attention car nous allons passer à un autre niveau de violence ! Bloodbath, c’est 21 ans d’activité, cinq albums, des putains de zicos, pas moins de trois chanteurs au compteur et pas n’importe lesquels : Mikael Åkerfeldt a tout de même été la voix du groupe pendant près de 10 ans. Brièvement relayé par Peter Tätgren, il est aujourd’hui remplacé par Nick Holmes de Paradise Lost. Côté musiciens le line up est plus que solide avec mes deux chouchous de Katatonia, Jonas Renske à la basse et Anders Nyström à la guitare ainsi que Tomas Åkvik et bien évidemment Martin Axenrot à la batterie. Cette bande de fous furieux nous a récemment pondu une excellente galette du nom de The Arrow Of Satan Is Drawn. Il me tarde de voir ce que donne ces nouveautés et surtout de découvrir cette formation en live.
Les suédois ensanglantés apparaissent dans la lumière tamisée de la Altar et le set s’amorce avec la nouvelle et tonitruante Fleischmann. Très peu de blabla et beaucoup de brutalité, l’intensité va aller crescendo avec Let The Stillborn Come to Me suivie de So You Die. La violence des propos de Bloodbath nous happe et la frénésie s’empare du public, c’est le gros bordel sous la tente : pogos, slams, circle pit, headbang, cris,… Il faut s’accrocher pour ne pas se faire emporter par la vague de metalheads aliénés. Nick, dans son costume, fidèle à lui-même, totalement froid et inexpressif, nous balance son growl puissant avec pugnacité. Les solos de guitare sont impeccablement exécutés, la basse vrombit méchamment pendant que Axe frappe ses fûts sans ménagement. La scène est globalement sombre et, teintée de vert, bleu ou rouge, l’atmosphère est parfaitement en accord avec ce bon death metal qui tâche. Les titres se succèdent à une vitesse incroyable avec entre autres Chainsaw Lullaby, Bloodicide, Cancer of The Soul,… Les gens autour de moi sont totalement transcendés. Le final se fera avec Eaten puis Cry My Name, deux tubes dont les refrains résonnent sous la Altar, le chant des festivaliers faisant écho à celui de Holmes.
Cette boucherie est terminée, les membres de Bloodbath quittent la scène chaleureusement remerciés par les festivaliers transpirants et épuisés. C’était d’une violence extrême mais ô combien excellente, et surtout une belle façon de terminer cette journée. Je n’ai plus la force pour un autre concert… Bonne nuit !
Architects (01:05-02:00 // Main Stage 2)
Photographe : Antony Chardon
Auteures : Fanny Dudognon / Hélène