De la pluie à l’extase : Benson Boone sublime les Plaines du FEQ Benson Boone + Remi Wolf + Julyan
Une pirouette, un piano, et tout un public conquis
Il pleuvait sur les Plaines, et c’est une armée de ponchos colorés qui s’est massée devant la scène Bell pour affronter l’humidité avec bravoure et curiosité. Une météo capricieuse, mais un line-up qui valait bien quelques cheveux mouillés.
Premier à monter sur scène, Julyan a dû se battre contre les éléments et une foule encore tiède. Le jeune artiste montréalais, pourtant armé de chansons sensibles et d’une voix éraillée à fleur de peau, a peiné à captiver le public épars. Dommage, car sa prestation était honnête, habitée, et méritait davantage d’attention. Par moments, on percevait même les prémices d’un futur grand, si tant est qu’il réussit à s’imposer face au bruit ambiant des grands soirs.
Puis Remi Wolf a surgi comme une bourrasque de couleurs et de groove. Tornade funk-pop à la voix soul et au style explosif, elle a retourné les Plaines en moins de deux morceaux. À la croisée du funk, de la soul et d’une pop débridée, la chanteuse californienne a enchaîné les tubes avec une énergie démente. Disco Man, Photo ID, Sauce… tout y est passé dans une explosion de voix rauque et d’attitude badass. Il y avait quelque chose d’une Amy Winehouse réincarnée en une folie débordante. Remi ne chante pas elle dévore le micro. Le genre de performance qu’on n’oublie pas.
Puis, la pluie s’est tue. Et Benson Boone est apparu.
Dès les premières secondes, il était là, perché sur son piano. La silhouette d’un funambule pop prêt à bondir. Et sans surprise, il offre ce qu’on attendait tous : une pirouette parfaite, digne d’une entrée légendaire. Il enchaîne aussitôt avec Sorry I’m Here For Someone Else, morceau d’ouverture qui plante le décor avec émotion et panache. Il en exécutera quatre au total dans la soirée. Showman accompli, voix renversante, charisme magnétique.
Il a poussé des notes hallucinantes sur la plupart de ses morceaux, piochés autant dans Fireworks & Rollerblades (2024) que dans son tout nouvel album American Heart, paru le 20 juin. Chaque chanson était livrée une justesse vocale qui force le respect, et ce petit supplément de fièvre qui fait toute la différence en live. Pour ceux qui pensaient qu’il n’était qu’un phénomène TikTok : il vient de prouver, une bonne fois pour toutes, qu’il est taillé pour le live.
Pour cette troisième soirée, c’est mission réussie : les Plaines étaient à nouveau prises d’assaut, comme la veille pour Avril Lavigne, et vu l’engouement autour de Def Leppard, on sait déjà qu’il faudra arriver tôt demain si on veut espérer une bonne place.
Auteure et photographe : Sandra Léo Esteves
Photos Benson Boone : Stéphane Bourgeois
