Quand les années 2000 renaissent sous les étoiles du FEQ Avril Lavigne + Simple Plane + Chiara Savasta
Simple Plan met le feu, Avril Lavigne clôture en beauté
Deuxième journée au Festival d’été de Québec : le soleil brille, les rues débordent, et les Plaines d’Abraham sont déjà prises d’assaut avant 18 h. Il faut dire que le programme a de quoi attirer les foules, et que l’énergie, elle, ne fait que monter.
La première à ouvrir le bal sur la scène Bell, c’est Chiara Savasta. Ne vous laissez pas tromper par son allure douce et sa danse lascive. Dès les premières notes, elle impose une présence magnétique. Sa voix, à la fois suave et puissante, nous entraîne sans effort dans son univers. Il y a du groove, de l’élégance, une touche de sensualité bien dosée… et surtout, une capacité impressionnante à capter l’attention d’un public encore en phase d’échauffement. Chiara ne cherche pas sa place : elle la prend.
À peine le temps de respirer que Simple Plan surgit, et tout explose. Littéralement. La première chanson démarre sous une pluie de confettis, déclenchant une euphorie immédiate sur les Plaines. Dès les premières notes de I’d Do Anything, on replonge quinze ans en arrière, entre baskets usées, bracelets en silicone et chagrins d’ados jamais vraiment digérés.
Le groupe enchaîne Scoubidou, clin d’œil aux débuts, toujours aussi efficace pour réveiller les souvenirs des fans de la première heure. Puis vient le premier moment fort : un bain de foule improvisé après un échange de rôles improbable. Pierre Bouvier prend la place du batteur, pendant que ce dernier, le regard allumé et les bras levés, se jette tête première dans la foule sous les cris incrédules du public. Rock n’ roll au pied levé.
À mi-parcours, une salve de pyrotechnie et de nouveaux confettis viennent relancer la machine, juste avant I’m Just a Kid, devenue hymne générationnel… deux fois. « Elle a 23 ans cette année ! » s’amuse Pierre, arborant un t-shirt où Kid est barré au profit de an Adult. Mais sur les Plaines, personne ne semble pressé de vieillir. La foule saute, crie, vibre, sans jamais ralentir.
Le concert se termine avec Perfect, morceau culte et cathartique, toujours aussi poignant. Pas de rappel, pas besoin. Simple Plan a tout donné. Une performance généreuse, électrisante, qui rappelle que le pop-punk, loin d’être un souvenir, est plus vivant que jamais.
Photo : Stéphane Bourgeois
À 21h30, Avril Lavigne prend le relais. L’icône canadienne de 40 ans, silhouette fluette et énergie intacte, enchaîne seize titres sans le moindre temps mort. Aucun remplissage, que des tubes. Girlfriend, Complicated, My Happy Ending, Sk8er Boi… et même une reprise survitaminée de All The Small Things de Blink-182, en duo avec les gars de Simple Plan, venus créer la surprise pour un moment explosif. Ils étaient déjà montés sur scène un peu plus tôt pour Young and Dumb, déclenchant à chaque fois une clameur à réveiller les écureuils du parc des Champs-de-Bataille.
Avant My Happy Ending, des images d’archives défilent sur les écrans géants : Avril, visage juvénile, bonnet vissé sur la tête, guitare trop grande pour elle. Frissons garantis pour toute une génération qui a appris à souffrir en eyeliner noir.
Un peu avant 23 h, l’attendue Sk8er Boi retentit enfin, précédée d’un long interlude et d’un changement de tenue. La suite est plus posée, mais non moins touchante : Head Above Water, When You’re Gone et I’m With You viennent clôturer la soirée en beauté, sous les étoiles.
En guise de clin d’œil aux nouvelles fans, deux jeunes filles sont invitées à monter sur scène pour recevoir des skateboards signés par Avril. Moment doux et complice, entre adoration silencieuse et passage de flambeau assumé. Celles qui l’ont découverte sur TikTok croisent les regards de celles qui pleuraient sur Nobody’s Home en 2004.
Pas de grand discours, pas de faux-semblant. Juste un concert solide, aligné, généreux. Avril Lavigne n’est peut-être plus « just a kid », mais elle incarne toujours cet esprit rebelle et sincère qui a marqué des millions d’adolescent·e·s.
Entre la fraîcheur de Chiara Savasta, l’énergie survitaminée de Simple Plan et le retour attendu d’Avril Lavigne, cette deuxième soirée du FEQ a offert une dose massive de nostalgie, de sueur et de cris du cœur. Et s’il fallait en désigner un qui a presque volé la vedette… Simple Plan n’a pas seulement fait lever les Plaines, il les a littéralement embrasées. Une chose est sûre : le pop-punk est toujours vivant, et Québec lui a offert une scène à sa mesure.
Auteure et Photographe : Sandra Léo Esteves
Photos de Simple Plan : Stéphane Bourgeois
