Allan Rayman : une prestation épurée et captivante @ Studio TD (Montréal)
Le 12 novembre dernier, Allan Rayman était de passage au Studio TD, à Montréal. Le chanteur, originaire de la région de Toronto, propose un son presque impossible à étiqueter. Flirtant avec l’indie rock, le folk, le R&B et la pop, l’artiste est aussi évanescent que ses chansons. Et c’est en partie ce qui fait son charme !
Allan Rayman est un artiste qui ne recherche pas l’attention médiatique : il adopte une attitude évitante devant les médias. Il n’accorde aucune entrevue et fuit le spotlight. Ce refus d’être le centre de l’attention était particulièrement bien imagé lors de sa prestation, alors qu’Allan avait pour éclairage un seul spotlight qui l’éclairait en contre-jour.
Allan entre en scène sur la piste Too Much du rappeur Torontois Drake. Vêtu d’une simple chemise blanche, d’une paire de jeans et de bottes jaunes « de construction », il bouge sur scène avec aisance, trimbalant son pied de micro partout : il le lance parfois en l’air, l’utilise pour jouer de la air guitar ou le pointe vers la foule comme s’il s’agissait d’un fusil de chasse. L’artiste est accompagné sur scène par un guitariste et un batteur, bien que ses musiciens jouent dans l’ombre de la scène durant l’entièreté du spectacle. Avec une mise en scène aussi simple, sans band complet et sans éclairage additionnel, le thème de la soirée tourne autour de la simplicité et l’authenticité.
Le chanteur ouvre avec Brother, Faust Road, et Frank. La foule se balance doucement d’un pied à l’autre et s’anime davantage après chaque chanson. Ce sera avec Hello To Me, Word of Mouth et Pretty Bug qu’on sentira la foule plus engagée. On entendra les gens chanter les paroles et on verra quelques cellulaires filmer ces trois chansons.
Allan performe également certaines pièces plus récentes telles que Head & Heart, Kalifornia, Taking It Out On Me, tirées de son plus récent album #1 Girl, ainsi que Double Cigarette, piste de son album de 2024 The Allan Hours. Entre deux pistes, Allan s’adresse à la foule et lui exprime sa reconnaissance :
« It’s not lost on me that we’ve been doing this for ten years and I still don’t get how this is still going on, but thank you. »
Il poursuit son spectacle en sortant sa feuille de route de sa poche de manière nonchalante afin d’enchaîner la piste suivante. Ce geste répété à plusieurs occasions nous fait nous interroger sur la nature du geste : est-ce une théâtralité calculée ou des oublis répétés ?
À notre grand plaisir, l’artiste joue quelques chansons de son plus vieux catalogue, telles que Madhouse, Graceland, Tennessee, avant de terminer avec la piste Gun. On avoue qu’on reste un peu sur notre faim après cette dernière piste, puisque l’artiste décide de ne pas livrer de rappel. C’est bien dommage, considérant qu’on entendait fréquemment des gens demander des chansons particulières tout au long de la soirée, notamment 13 et Lucy The Tease.
On avoue que cette « faim » a été amplifiée par le fait que l’artiste n’a joué qu’une heure 10 minutes et qu’il est entré en scène avec 30 minutes de retard. Au final, le public aura passé plus de temps à l’attendre, qu’à le voir jouer. On croit qu’Allan aurait pu bonifier sa prestation avec des chansons favorites du public, palier au manque d’éclairages ou nous offrir une formule full band pour élever notre degré d’appréciation du spectacle. Toutefois, cette prestation au caractère très intime et très cru nous a permis de saisir toute l’authenticité du chanteur, dans sa forme la plus simple et la plus sauvage.
Journaliste: Laurence Daoust
Crédit photo: Archives Thorium Mag