Les gars de Mastodon nous offrent un cinquième album, The Hunter, qui adopte la même direction que leur précédent, Crack The Skye. Ils se sont lentement éloignés de leurs racines sludge de Remission et Leviathan pour produire une musique au son définitivement plus raffiné et à l’approche plus progressiste. On ne retrouve pas sur The Hunter de chanson aussi effrénée que, disons, March Of The Fire Ants ou Blood And Thunder, les pièces les plus déterminantes de leurs premiers albums, mais plutôt des morceaux qui portent une énergie semblable tout en étant plus discrète, moins agressive. L’influence sludge est toujours présente dans la tonalité que le groupe se donne, toutefois, le son du groupe se rapproche de plus en plus du stoner ou du prog rock.

L’album commence en douceur (relative) avec Black Tongue et Curl of The Burl, qui démontrent assez rapidement que l’influence sludge s’est réduite considérablement. On y retrouve le style de Crack The Skye, leur dernier album – Ce dernier avait reçu plusieurs critiques quant au changement drastique de son du groupe. La pièce qui suit, Blasteroid, est une des deux chansons qui se rapprochent le plus des chansons plus célèbres de Mastodon, avec un riff qui accroche facilement l’oreille et le chant qui passe du clean caractéristique de la période récente du groupe au scream qui donnait l’énergie brute des premiers albums. Suivent Stargasm, Octopus Has No Friends et All The Heavy Lifting, trois pièces qui transmettent le même genre d’énergie que celle des premiers albums, puis The Hunter, qui donne le titre à l’album, qui ralentit au rythme de Crack The Skye. Les deux pièces qui suivent donnent un agréable mélange de l’ancien et du nouveau Mastodon, puis l’album révèle son étrangeté avec Creature Lives, où l’influence sludge est carrément mise de côté et où on tombe dans un univers musical digne de Pink Floyd. C’est un interlude étrange et lent, qui nous donne l’impression de vivre dans le même marais que la créature dont l’histoire est racontée. Tout cela est bien beau et reposant, mais ne nous prépare à rien à ce que Spectrelight amène sur la table. Il s’agit de la deuxième pièce qui est comparable aux pièces de l’album Blood Mountain ou Leviathan, beaucoup plus rapides et violents. On y retrouve le rythme trépidant et les cris rauques qui ont été la signature de Mastodon à ses débuts, et malgré son contraste évident avec le reste de l’album, elle s’y greffe de façon remarquable. Les deux dernières pièces nous remplissent les oreilles de prouesses techniques et de sons enveloppants, ce qui assure une fin mémorable à l’album.

Le son de Mastodon a grandement évolué dans les dernières années, et bien qu’on soie en droit de s’ennuyer du sludge pesant et agressif de leurs premiers albums, The Hunter est un album plus que digne pour le groupe américain. Les plus nostalgiques seront un peu déçus à la suite de l’écoute de cet album, mais pour tous les autres, il est définitivement à écouter.

Cote Thorium : 8.5/10

Auteur : Phil Mandeville