Le groupe californien Cattle Decapitation, reconnu pour ses compositions dures contre la consommation et le mauvais traitements des animaux, ont sorti le 8 mai dernier leur septième album, intitulé Monolith of Inhumanity, sur Metal Blade Records.

Le groupe surprend avec une approche particulièrement technique et rapide du death metal, qui rappelle tour à tour le côté brutal du genre tel qu’abordé par Cannibal Corpse et son aspect plus chirurgical qui fait parfois penser à une bonne pièce d’Aborted. Cattle Decapitation a beaucoup travaillé sur la profondeur du son de Monolith of Inhumanity, ce qui donne un poli remarquable à cet album, malgré le manque de basses fréquences qui se fait ressentir tout au long de l’album.

Monolith of Inhumanity s’ouvre en force avec The Carbon Stampede, qui fait ressortir rapidement les riffs lourds de Josh Elmore et le growl profond de Travis Ryan. La pièce Dead Set On Suicide suit, un morceau qui s’inspire carrément des racines du death metal et qui va puiser jusqu’au solo de basse en introduction, à la Cannibal Corpse. Elle démontre par contre très bien le talent du batteur Dave McGraw pour les blast beats et le range vocal intéressant de Ryan qui monte à un cri grinçant pour un couplet. L’album s’enchaîne avec A Living, Breathing Piece of Defecating Meat, une pièce portée par le talent à la voix plutôt que d’autre chose, mais dont le refrain est presque hantant. Forced Gender Reassignment commence à faire ressortir la guitare avec quelques riffs très propres au headbang. On commence vraiment à entrer dans le vif du sujet avec Gristle Licker, la première pièce à exploiter de façon intéressante le talent de tous les musiciens. On retourne au death metal plus classique avec Projectile Ovulation, du blast beat au breakdown ni trop long, ni trop court, et au sujet cocasse bien qu’un peu dégoûtant. La chanson suivante, Lifestalker, est la première qui offrira un répit à l’auditeur avec un bridge très lent qui donne aussi un repos du growl pour se tourner vers un chant plus harmonique, avant de retomber dans l’aggressivité typique de Cattle Decapitation. Les deux pièces suivantes, Do Not Resuscitate et Your Disposal, sont de bonnes pièces du genre, mais ne sont pas un point d’intérêt particulier. L’album se conclut avec The Monolith, un morceau d’ambiance qui accompagne un monologue de Ryan qui est un regard critique sur le mythe du jardin d’Eden, puis avec Kingdom of Tyrants, qui termine Monolith of Inhumanity avec une entrée en matière brutale et aggressive  et donne un petit alors que la voix toujours aussi grinçante et cynique accompagnera l’auditeur jusqu’à la finale avec un crescendo d’intensité.

Somme toute, Monolith of Inhumanity est un album qui démontre énormément de qualités dans la variété d’influences et de sons qui l’habitent. On passe d’un aspect grind à un côté plus technique et de retour aux sources brutales en un clin d’oeil. L’idée derrière Cattle Decapitation, c’est à dire de mettre l’être humain en face de sa propre dépravité et de le confronter aux réalités qu’il finit par imposer au monde autour de lui, est retransmise avec force dans chaque chanson et on la ressent jusque dans la fibre même de l’album et jusque sur sa couverture, caricature grotesque et apocalyptique du monolithe du film 2001, Odysée de l’Espace . Le résultat est que Monolith of Inhumanity donne l’impression de prendre la tête de l’auditeur et de la passer au robot culinaire de façon poétique, acte dont seuls les musiciens de death metal et les plus misanthropes ont le secret.

Chansons recommandées: A Living, Breathing Piece of Defecating Meat, Gristle Licker, Lifestalker, The Monolith/Kingdom of Tyrants

Cattle Decapitation “A Living, Breathing Piece of Defecating Meat” by Metal Blade Records

Cote du Diable: 8/10 (Excellent)

Auteur : Phil Mandeville