Heavy MTL 2012 (J1) @ Montréal
13 aout 2012 – Plus de 40 000 amateurs de métal se sont réunis la fin de semaine du 11-12 août au Parc Jean-Drapeau à Montréal pour la quatrième édition du Heavy MTL, le festival de métal le plus débile en Amérique du Nord! Depuis 2008, cet événement organisé par Evenko a permis à la métropole montréalaise de gagner autant de notoriété dans l’univers du métal que les plus gros festivals de musique extrême annuels tels que Wacken Open Air, le Download Festival ou encore la tournée annuelle européenne du Sonisphere Festival. Lors de ce samedi ensoleillé (quoiqu’avec quelques gouttes de pluie), on a eu la chance d’accueillir Bookakee, Diemonds, Job For A Cowboy, Dark Century, Veil Of Maya, Periphery, Rose Funeral, Between The Buried And Me, Exhumed, Kataklysm, Fleshgod Apocalypse, Cannibal Corpse, Goatwhore, Killswitch Engage, Origin, Deftones, Five Finger Death Punch, The Faceless, Battlecross ainsi que System Of A Down. Ouf, ça en fait, du métal!
Bookakee
Les 5 compagnons verdâtres de Montréal (et Laval) se sont invités à la dernière seconde pour ouvrir les festivités de l’édition 2012 du Heavy MTL. Bande de chanceux. Que dire de plus sur leur show Progressive Gore Melodic Brutal Death Metal que nous avons déjà eu a chance de couvrir au moins 4 fois au cours de la dernière année ? Ça kick toujours autant des culs de façon irrévérencieuse, ça c’est certain. Mention spéciale au corpse-glue du groupe et surtout celui assez terrifiant de Phil Langelier qui avait bien du mal à dissimuler un sourire de satisfaction sous ses traits diaboliques.
Dark Century
Au beau milieu de l’après-midi, Dark Century a pris le contrôle de la Scène de l’Apocalypse pour un show de 30 minutes – et ils en ont bien profité! Avec un seul album paru en 2008, Days Of The Mosh, le band montréalais a eu l’occasion de jouer la majorité de sa librairie de death metal devant les quelques centaines de curieux rassemblés devant eux. Ce groupe au style absurde et drôlement métal nous a gavés de musique d’une complexité à couper le souffle – mais je ne peux pas en dire autant pour les paroles! Avec des tounes comme Muncherz et Viande Froide qui parlent de cannibalisme et de nécrophagie d’un ton plus qu’humoristique, il est impossible de garder un air sérieux en lisant les paroles. Somme toute, ce sont des gars avec un excellent sens de l’humour qui savent bien maîtriser la mise en scène d’un bon show de métal. Ça explique comment ils furent l’un des deux gagnants du concours En route vers le Heavy MTL!
Veil Of Maya
De l’autre côté du Parc Jean-Drapeau, le groupe américain Veil Of Maya défonçait la foule réunie devant la Scène Heavy MTL à coups de blast-beats typiques du deathcore. Avec la parution de leur quatrième album Eclipse plus tôt cette année, le quatuor de Chicago a offert un setlist dont près de la moitié des tounes étaient tirées de ce disque, dont 20/200, Divide Paths, Winter Is Coming Soon et Punisher. N’ayant eu que 30 minutes sur scène, ils ont bien optimisé leur temps afin de nous jouer une dizaine de chansons au total – et le crowd semblait bien satisfait de leur performance explosive!
Periphery
Transition vers la Scène Jägermeister. Les gars de Periphery étaient alors prêts à nous offrir 45 minutes de musique extrême avec une touche bien particulière du style progressif – un mélange musical exotique que certains appellent le djent. Alors que le chanteur variait entre des grognements gutturaux jusqu’aux cris les plus aigus en passant par une gamme plus mélodique et opératique, les musiciens assuraient la structure complexe des chansons dont les mesures étaient souvent asymétriques. Difficile pour un fan du progressif comme moi de ne pas apprécier leur musique! Aux lecteurs qui ont des goûts musicaux semblables aux miens, allez chercher leur plus récent opus paru cet été : Periphery II: This Time It’s Personal. C’est comme du bacon, mais pour vos oreilles.
Between The Buried And Me
On a poursuivi la tendance progressive avec l’arrivée de Between The Buried And Me sur la Scène Heavy MTL. Co-têtes d’affiche du Summer Slaughter Tour avec Cannibal Corpse cet année, ces colosses du métal progressif ont commencé leur set avec l’épique White Walls, une toune décoiffante de 14 minutes! En moins d’un quart d’heure, ces artistes ont démontré sans difficulté aux sceptiques parmi la foule qu’il s’agissait vraiment d’un band au talent musical absolument exceptionnel. Des sections rapides, d’autres plus lentes, une plage vocale s’étendant sur plusieurs gammes, des mesures asymétriques, des solos débiles… voilà les ingrédients qui garantissent une formation de musique progressive inoubliable. De plus, ils ont profité de leur temps sur scène pour nous jouer Telos, une chanson tirée exclusivement de leur nouvel album The Parallax II: Future Sequence qui sera disponible dès le 9 octobre. Pour ma part, ce disque se figurera sans doute parmi ma collection cet automne!
Kataklysm
De retour à la Scène Jägermeister pour souhaiter la bienvenue aux vétérans du Heavy MTL. La formation montréalaise de death metal Kataklysm fut accueillie d’un chaos particulièrement chaleureux. Avec un énorme succès lors de leur dernier passage au Parc Jean-Drapeau en 2010, voilà que les pionniers du death métal québécois étaient de retour pour annihiler la horde de metalheads affamés rassemblée devant la scène. Ayant été dans le vif du pit lors de leur set il y a deux ans, j’ai pris la sage décision d’assister au concert de loin cette année, installé confortablement sur le gazon de la colline à l’arrière du parc, avec les écrans géants et la foule bien en vue. Non, mais quelle décision stupide! Les gars ont passé une heure à nous livrer de la musique à dévisser des têtes, alors qu’un énorme pit s’était formé au centre de la mer humaine, qui elle, servait de support aux dizaines de crowdsurfers qui ont osé la traversée houleuse jusqu’à la scène. Espérons qu’ils reviendront au festival l’an prochain… Au moins je sais que je ne referai plus la même erreur!
Cannibal Corpse
Translation vers la Scène Heavy MTL. Une autre heure complète de death metal pur et dur s’annonçait avec l’arrivée anticipée des géants de Cannibal Corpse. Avec 24 ans de carrière derrière eux, nul ne peut nier qu’il s’agit d’un band qui a contribué significativement à la création et à l’évolution de la musique la plus extrême que nous connaissons aujourd’hui. Avec leur douzième album Torture paru en mars, ils ont ouvert le show avec ses trois premières tounes : Demented Aggression, Sarcophagic Frenzy et Scourge Of Iron. Malgré que les gars se soient peu déplacés le long de leur présence sur scène, on ne peut pas en dire autant pour leurs têtes! Pendant la totalité de leur concert, les deux guitaristes et le bassiste faisaient du headbanging alors que le chanteur, George « Corpsegrinder » Fisher, créait un réel moulin à vent avec ses cheveux à force de faire tourner sa tête comme un débile. Ce comportement explique bien le tronc d’arbre qu’il a au lieu d’un cou… Quoiqu’il en soit, c’était la quatrième fois que j’ai eu la chance d’assister à un de leurs concerts et ils ne m’ont jamais déçu (même sous la pluie, cette fois-ci!) – surtout en considérant qu’ils ont repassé leurs classiques, dont Covered With Sores, Born In A Casket, I Cum Blood et Stripped, Raped & Strangled… sans oublier Hammer Smashed Face, bien sûr!
Origin
Petite randonnée vers la Scène de l’Apocalypse sous les quelques gouttes restantes de pluie. À mon arrivée, les gars d’Origin ont tout de suite commencé leur set avec Expulsion Of Fury, la première toune de leur dernier album, Entity. Peu de temps après le début du show, le chanteur avait passé un commentaire sur la minorité de la foule à l’abri de la pluie grâce à des ponchos rouges flash (dont moi), gracieuseté de Musique Plus. Ayant proclamé qu’il s’agissait d’un show de métal brutal et extrême, il trouvait que l’aversion envers quelques simples gouttelettes d’eau n’avait pas sa place… Il nous a donc ordonné d’être solidaires envers nos confrères mouillés et bouetteux et de se débarrasser immédiatement de nos ponchos – ce que j’ai fait. Après l’interprétation de Purgatory, le chanteur nous avait adressé la parole à nouveau pour nous faire faire un wall of death… Mais pas n’importe quel wall of death, non! D’habitude, la foule doit attendre que le band commence la toune subséquente avant de se rentrer dedans, mais le porte-parole d’Origin a insisté qu’on fasse preuve de créativité : il a réclamé un wall of death silencieux! Autrement dit, il a refusé jouer The Wrath Of Vishnu, insistant que ce wall of death devra avoir lieu avant que le band continue! Pas de problème pour la foule montréalaise. Les membres du groupe fixaient avec contentement les centaines de fous alors qu’ils s’enfargeaient les uns dans les autres sans la moindre note de musique – et, tel que promis, le death metal s’est poursuivi. Un peu plus tard, encore entre deux tounes, le chanteur avait alors demandé un deuxième wall of death, mais, cette fois-ci… à deux étages! Il a invité les gars à monter les filles sur leurs épaules (quoique quelques gars aient même soulevé certains de leurs chums!) et de se placer à la ligne d’assaut, tel que dans le scénario d’un wall of death standard. Ainsi, une quinzaine de paires se sont formées pour produire deux fronts d’attaque, effectivement à deux étages. Le résultat fut hilarant – et sans blessure! De tous les shows que j’ai vus de ma vie, jamais je n’aurais pu penser voir une foule aussi détraquée… Inoubliable!
The Faceless
Ma soirée avait reçu une dernière injection de death metal avec l’apparition des gars de The Faceless sur la Scène de l’Apocalypse. Avec l’air menaçant de l’instrumental Shape Shifters qui résonnait à travers la foule pleine d’anticipation, le chaos fut réellement déclenché avec le rythme ultra-rapide de Coldly Calculated Design. Les centaines de fans se bousculaient à gauche et à droite, le pit ayant formé un énorme trou noir plein de boue au centre du crowd et, sans surprise, les crowdsurfers voyageaient déjà quelques-uns à la fois vers la scène. C’était ma quatrième assistance à un show de The Faceless et comme à toutes les autres fois, j’ai été déçu – mais pas d’eux! Je m’explique : c’est simplement qu’à chaque fois, le temps passe beaucoup trop vite. Étant donné qu’ils ne sont jamais passés par Montréal en tant que têtes d’affiche depuis que je les connais, on ne leur accorde que 30 ou 45 minutes sur scène. Le résultat : un setlist rarement plus long que 6 ou 7 chansons. Étant un grand fan de ce groupe, je m’impatiente depuis des mois en attendant leur nouvel album Autotheism dû le 14 août et j’ose espérer qu’ils organiseront enfin une tournée centrée sur eux pour souligner la publication cet opus! The Faceless est un groupe incroyable et unique, autant sur disque que sur scène, et c’est exactement la raison pour laquelle même trois quarts d’heure ne suffisent simplement pas.
Five Finger Death Punch
Pendant que notre revieweur s’extasiait de façon orgasmique devant les performances de Origin et The Faceless, notre photographe a pris les directions de la scène Jager histoire de ne pas manquer la performance des capitalistes américains de 5FDP. Depuis leur passage au Metropolis le 4 décembre dernier (que nous avons immortalisé), la formation n’avait pas vraiment pondu de matériel supplémentaire donc nous avons dû nous contenter d’une setlist essentiellement identique en version compressée. Ivan Moody, toujours aussi doué pour faire monter la sauce, a facilement réussi à embarquer la foule pour un 60 minutes de violence gratuite ..
Deftones & System of a Down
Malgré la bonne volonté et le soutien des organisateurs (Evenko), Thorium n’avait malheureusement pas la chance de pouvoir immortaliser les performances des headliners de la journée à savoir Deftones ainsi que System of a Down. Une nouvelle qu’on a un peu pris en travers de la gorge ici si on considère que Thorium et le seul média à avoir couvert toutes les étapes du concours “En route pour le Heavy MTL” (Etape 1, Etape 2, Etape 3, Etape 4, Etape 5 et Finale). Espérons que nous seront plus chanceux l’an prochain. Anyway, comme vous on adore ces deux groupes là et on a trippé solide sur leurs sets. Mais, sans photos kick-ass pour illustrer nos envolées lyriques, on a décidé de rien écrire sur eux :)
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Auteur : Sam Osseiran & Paul Blondé
Photographe : Paul Blondé
Pour en savoir plus : Bookakee, Diemonds, Job For A Cowboy, Dark Century, Veil Of Maya, Periphery, Rose Funeral, Between The Buried And Me, Exhumed, Kataklysm, Fleshgod Apocalypse, Cannibal Corpse, Goatwhore, Killswitch Engage, Origin, Deftones, Five Finger Death Punch, The Faceless, Battlecross, System Of A Down