Le Vans Warped Tour était enfin de retour à Montréal après douze longues années d’absence. Le Warped Tour a misé pour son grand retour sur une programmation majoritairement punk, avec une forte présence de hardcore et de post-hardcore, en ne délaissant pas pour autant le metal et le metalcore. On a eu la chance de s’entretenir avec trois groupes qui baignent dans la scène hardcore, post-hardcore et metal.

Escape The Fate

Notre première entrevue s’est déroulée avec la formation Escape The Fate, originaire de Las Vegas, formée en 2004. Musicalement, le groupe se situe principalement à la croisée du post-hardcore, du metalcore et du screamo — même si son son a beaucoup évolué au fil des années. Le groupe avait fait une très solide performance sur la scène principale en début de journée. On vous invite à consulter notre article sur le premier jour du Vans Warped Tour pour en apprendre davantage sur leur performance.

Qu’est-ce que le nom de votre groupe vous évoque aujourd’hui ?

Craig Mabbitt, le chanteur : Aucun des membres du groupe n’était impliqué dans le choix de ce groupe, alors on dirait aujourd’hui qu’on mise sur ce que le band nous a appris durant notre carrière de musiciens. Je dirais que le sens peut s’interpréter comme « the fear of failing ».

Après deux décennies de carrière, en quoi la réalité d’Escape the Fate est-elle différente de ce que vous aviez imaginé lorsque vous avez commencé ?

Robert Ortiz, le batteur : Au début, tu imagines une vie de jet-set, avec des jets privés et une existence excitante. Mais tu réalises que c’est un travail acharné. Il y a des hauts et des bas, de grands moments de succès, mais aussi des échecs et la peur de devoir éventuellement te trouver un autre emploi. Puis, il y a des journées comme aujourd’hui, au Warped Tour, où tu joues devant autant de gens et tu te dis : « Wow, je n’arrive pas à croire que j’ai la chance de faire ça. » Ça a changé de « Je veux faire ça » à « J’ai la chance de faire ça! ».

Craig : Mon père m’a donné un conseil que je suis à la lettre : « Tu ne veux pas que tout te soit donné sur un plateau d’argent, parce que tu ne l’apprécieras pas à sa juste valeur. » Il y a définitivement eu des moments avec le groupe où je n’étais pas reconnaissant de ce que nous avions. Je ne pense pas que j’étais prêt pour le type de succès dont Robert parlait. Mais aujourd’hui, je vois ça comme une leçon apprise. C’est une façon pour moi de grandir, de devenir l’artiste que je suis aujourd’hui, d’être reconnaissant et d’être prêt pour tout ce que la vie me réserve.

Qu’est-ce qui a changé dans votre façon de performer ou de composer ?

Erik Jensen, bassiste et guitare rythmique : Avant, un spectacle représentait seulement 45 minutes ou une heure de notre journée. L’écriture d’une chanson occupait quelques moments ici et là. Maintenant, chaque seconde de la journée est consacrée à performer, à préparer un spectacle ou à travailler sur notre prochaine chanson. Avant, ce n’était qu’une partie de notre monde. Maintenant, ça englobe pratiquement toute notre journée.

Robert : Pour ajouter à ce qu’Erik dit, nous avons connu beaucoup de succès très tôt dans notre carrière. À l’époque, je ne savais même pas vraiment comment devenir un bon batteur. Je rentrais chez moi pour voir mes amis et relaxer. Mais aujourd’hui, on doit constamment être au sommet de notre art. Certaines de nos nouvelles chansons sont vraiment difficiles à jouer, alors il faut pratiquer. Il y a énormément de dévouement qui entre dans tout ça : travailler son instrument, préparer un spectacle, s’échauffer, etc. C’est beaucoup plus professionnel aujourd’hui que ça ne l’était auparavant.

Si vous pouviez le faire sans briser le cœur de votre public, quelle chanson aimeriez-vous ne plus jamais jouer et par quelle chanson la remplaceriez-vous ?

Matti Hoffman, guitariste principal : Toutes les chansons sont vraiment agréables à jouer. Il n’y en a pas une que je ne veux plus jouer.

Robert : Honnêtement, en spectacle, tu joues surtout ce qui va enthousiasmer la foule.

Craig : Nous sommes en quelque sorte des vampires d’énergie : nous nous nourrissons de l’énergie du public et on joue ce qu’il désire entendre. Alors, on ne brisera le cœur de personne !

Au début de votre carrière, qu’est-ce que vous pensiez qui allait arriver et qui, avec le recul, s’est révélé complètement différent ?

Craig : J’ai eu énormément d’espoirs et de rêves qui se sont réalisés. Avant même d’avoir mon premier groupe, je rêvais déjà qu’un jour, je pourrais monter sur une scène et faire ce que je fais aujourd’hui. Mais à mesure que tu accomplis tes objectifs, tes ambitions deviennent plus grandes. C’est un peu une arme à double tranchant. Tu ne veux jamais arrêter de travailler fort ni de grandir, mais parfois, quand les moments forts redescendent, tu te retrouves dans des moments plus difficiles. Il arrive  même de devenir déprimé parce que les choses ne se déroulent pas comme tu l’avais imaginé. Mais c’est correct. La vie est faite ainsi, il faut continuer d’avancer. Et pour ce qui est des accomplissements, lorsque le Vans Warped Tour a été annoncé l’année dernière, je voulais absolument participer à cette tournée. Cette année, nous jouons à Long Beach, Montréal et au Mexique. C’est vraiment génial !

Pendant votre performance aujourd’hui, vous avez mentionné que votre passage au Warped Tour de Montréal avait été votre meilleur spectacle. Alors, qu’est-ce qui a changé entre le Vans Warped Tour de l’époque et celui d’aujourd’hui ?

Craig : Rien, à part que la foule était beaucoup plus grande que la dernière fois. Mais Montréal est toujours déchaînée et prête à faire la fête. Le public est toujours incroyable ici et nous avons passé un excellent moment !

Vous avez lancé les singles Deja Vu et Idle Potential en 2026. Qu’est-ce qui mijote pour Escape the Fate dans un avenir rapproché ?

Craig : Nous sommes tous un peu paranoïaques à propos de ce qui s’en vient ! Une chanson sortira dans environ une semaine et l’album arrivera très peu de temps après. Il y aura également des vidéoclips complets. Tu sais, en tant que groupe et artistes, nous créons de l’art et nous voulons créer quelque chose que les fans pourront garder et apprécier, quelque chose de plus qu’un simple extrait de 30 secondes. Nous espérons tourner quelques vidéos avant notre tournée avec le groupe Skillet, pour la prochaine chanson et celle qui suivra !

Quels autres groupes nous conseillez-vous d’aller voir ce weekend au Vans Warped Tour ?

Craig : Robert adore Thrice. Il dit qu’il se sent plus intelligent lorsqu’il les écoute, parce qu’il y a énormément de bonnes paroles dans leur discographie. Les autres groupes à voir seraient MXPX, Ice Nine Kills et A Day to Remember : Impossible de manquer ces derniers, ils sont tellement bons !

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Scorching Tomb

Au second jour du Vans Warped Tour, on a voulu mettre de l’avant la scène québécoise et on a eu la chance de s’entretenir avec Scorching Tomb, qui nous a accordé un moment sous le soleil brûlant de midi, avant leur performance. La formation a été créée en 2018 et c’est un groupe de death metal et de hardcore, provenant de Montréal.

Le nom de votre groupe évoque quelque chose d’assez sombre et violent. Quelle est l’histoire derrière ce choix ?

Vincent Patrick Lajeunesse (VP), le chanteur : On voulait que ce soit méchant. On joue du death metal. On avait une liste de 25 noms et Scorching Tomb vient de l’inspiration de Dante’s Inferno, dans lequel les gens se font envoyer brûler pour l’éternité, et c’est ce qui a inspiré le nom de notre groupe. Ça a failli être Grave Crawler ou Bones Setter, qui fait référence au Bonhomme Sept Heures, mais on a trouvé un groupe qui porte ce nom et ils font du dad rock, ce qui nous a refroidis à l’idée.

Selon vous, qu’est-ce qui vous distingue des autres groupes de votre scène ?

Miguel Lepage, le bassiste : Le groupe s’inspire de bands de death metal à la base, mais on essaie d’avoir notre touche à nous. Le son Scorching Tomb provient des membres en tant que tels.

Philippe Leblanc, le guitariste : Au départ, je voulais un groupe qui sonne comme Gatecreeper : death metal, mid-tempo, avec une touche de mosh riff hardcore. Il y a tellement de groupes inspirants, de Dying Fetus à Obituary, à Gorguts.

Miguel surenchérit avec « le Roi Heenok », avec un air plaisantin.

Votre bio Spotify est simple : « Montreal Death Metal ». Si vous aviez à résumer votre projet musical en trois autres mots, quels seraient-ils ?

VP : Fuck shit up!

Est-ce que vous préférez jouer devant une petite salle ou devant une grosse foule ?

Miguel : Présentement, on aime jouer devant de petites foules, mais on aspire à jouer devant de grosses foules et on le fait de plus en plus souvent. On n’a pas de préférence par contre, on va donner tout ce qu’on a en spectacle. La réaction du public est toujours positive.

Émile Savard, le batteur : Tu peux avoir un gros public qui s’en fout et un petit qui adore, alors c’est assez dur à dire. Ça dépend de l’énergie de la foule, mais on n’a sincèrement jamais eu de mauvaise réception. On est souvent le band pour qui ça brasse le plus.

Vincent ajoute que : « Des fois, tu joues devant 80 personnes, comme à notre dernier show à Sherbrooke, mais ça feel comme un 300-400 personnes tellement les gens embarquent. »

De quelle manière, autre que via une collab, déterminez-vous quelle chanson sera un single ?

Émile : On prend la meilleure. On prend celle qui est la plus méchante.

VP : On choisit des chansons que ça faisait longtemps qu’on jouait live. Autrement, notre choix porte sur des chansons avec des invités vocaux. Skullcrush, on l’a jouée pendant deux ans en spectacle et c’est celle qui levait le plus à cause des mosh parts. On s’est fiés à l’engouement du public pour la sortir en single avant l’album.

Quelles sont vos ambitions à moyen et long terme pour le projet ?

Philippe : Faire des gigs intéressantes, qui nous amèneront du plaisir et qui ne nous mettront pas dans le trouble financièrement. Le but serait de faire une ou deux tournées par an, mais on a des obligations d’adultes à concilier. On désire faire les meilleurs shows au Québec et au Canada, et c’est ce qui s’en vient pour nous.

Y a-t-il une chanson que vous avez particulièrement hâte de jouer aujourd’hui ?

Émile : Feel the Blade, parce que cette chanson est un réel marathon. Avant de la commencer, on se regarde avec des petits regards désespérés et on se regarde quand elle est enfin terminée, avec beaucoup de soulagement ! C’est la plus sportive sur tous les instruments, il n’y a aucun break.

Philippe abonde dans le même sens et souligne que « Feel the Blade, dès qu’elle débute, j’ai juste hâte qu’elle finisse ! Mais sinon, j’ai vraiment hâte de jouer Skullcrush, notre premier single pour cet album. On a toujours une bonne réponse à cette chanson.

À quoi peut-on s’attendre de votre performance ? Avez-vous un scoop à nous donner ?

VP : On a des invités vocaux, dont Alex de Primal Horde pour Feel the Blade, Greg de Desecrate qui va faire Skullcrush, et ce sont tous des amis, alors c’est très le fun.

Quels autres groupes nous recommandez-vous d’attraper aujourd’hui au Vans ?

VP : Desecrate, Despised Icon, Bruiserweight, tous les gens qui seront sur la scène Paget sur laquelle on joue, dont Béton Armé, Sudden Waves et Cross Check.

Quand vous composez une nouvelle chanson, qu’est-ce qui vient en premier au niveau de la composition : un riff, un beat ou des paroles ?

Philippe : Souvent, j’ai une idée de riff, avec un semblant de tempo de batterie. Je le communique à Émile, qui le joue, et on compose ainsi au fur et à mesure.

Émile : On ne jam pas, on décolle toujours à partir d’un riff.

Phil : Feel the Blade, on l’a composée rush en deux heures, car on désirait une huitième chanson sur notre album.

Miguel : On se l’est infligée.

Phil : J’ai sorti un riff, puis un deuxième et un troisième. Au début, je n’étais pas certain de l’aimer, car on l’a vraiment rushée, mais tout le monde nous dit à quel point il l’aime et que c’est une des meilleures.

Si vous pouviez faire disparaître ou modifier une convention de la scène métal québécoise, ce serait quoi ?

Émile : Le gatekeeping, parce que la musique, c’est fait pour être apprécié, tous genres confondus. Je ne pense pas que tu as besoin de faire partie d’une gang ou de te faire mettre dans une boîte avec une étiquette, en disant que « tu n’es pas assez métal pour X genre de musique ». Je viens d’un background de black metal, et c’est un peu élitiste comme sphère.

VP : Le hardcore aussi, c’est très élitiste. C’est une affaire de crew, de gang. Même si aujourd’hui ça a un peu changé et que ça accepte un peu plus les autres genres, le métal, c’est toujours un peu plus braqué.

Émile : On souhaiterait enlever le gatekeeping de tous les genres. Moi, j’écoute du Marjo, du Gerry Boulet pis les BB, pis une bonne toune, c’est une bonne toune, point.

Quelle est votre chanson préférée de votre répertoire, et pourquoi ?

Phil : Sanctum of Bones. Je l’aime beaucoup, c’est un hymne au death metal. Ça brasse tout le long, il y a un bon build-up, un bon riff et une bonne partie pour mosher.

Miguel : Sentence to Rot, parce que c’est un headbanger du début à la fin. Les riffs sont simples, mais ça rentre dedans. Les transitions sont aux bonnes places. En live, elle fait monter l’énergie d’un cran.

Émile : Sanctum of Bones, c’est de la garoche du début à la fin. Le refrain est incroyable. C’est grâce à cette chanson qu’on a trouvé notre son et qu’on s’est alignés pour l’album et qui a fait émerger l’esthétique qu’on recherchait.

VP : Sanctum of Bones, mais j’aime aussi jouer Skullcrush. Elle est le fun et elle me donne un break, et la réaction est toujours bonne. Dès qu’elle part à la basse, dans le public, ça bardasse.

Avez-vous de la nouvelle musique qui s’en vient ?

Émile : On a commencé à composer. On ne sait pas si ce sera un EP ou un album, on va go with the flow.

VP : On ne veut rien forcer, on veut que ça soit authentique et naturel à notre son. On ne se met pas trop de pression. On aimerait viser un album, mais on va évaluer combien de chansons on détiendra une fois rendu à la fin de l’année. Il va toutefois y avoir d’importantes collaborations vocales.

Miguel : Roi Heenok !

VP : Mais on promet des featurings béton, avec des musiciens cool, et on veut amener nos chansons à un autre niveau.

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Sudden Waves

On a finalement eu la chance de s’entretenir avec Vince B. Doiron, guitariste pour le groupe Sudden Waves, qui nous a parlé de son expérience au Vans Warped Tour ainsi que de ce qui s’envient pour la formation, suite à leur importante annonce durant leur spectacle.

Quelle est l’histoire derrière le nom du groupe ?

Vince : C’est un nom dynamique, qui se dit aussi bien en français qu’en anglais. Il sonne énergique et fit avec la musique qu’on fait.

Selon vous, qu’est-ce qui vous distingue des autres groupes de votre scène ?

Vince : On amène party quand on fait de la musique sur scène. On aime quand le monde se rentre dedans, mais avec du plaisir. L’ambiance qu’on amène et la richesse de nos backgrounds de métal, de pop-punk et de punk-rock amènent une forte impressiondans notre hardcore mélodique.

Si vous aviez à résumer votre projet musical en trois autres mots, lesquels seraient-ils, autres que « Montréal melodic punk hardcore band » ?

Vince : Énergétique, good vibes et bûchage !

Quand vous composez une nouvelle chanson, qu’est-ce qui vient en premier au niveau de la composition : un riff, un beat ou des paroles ?

Vince : En général, souvent, ça part d’un riff. Je compose naturellement dans mon studio, puis on s’assoit ensemble et on passe la chanson au tordeur : on change la structure de la chanson et on ajoute des paroles.

Est-ce qu’il y a une chanson pour laquelle il y a eu un plus gros engouement et qui vous a pris par surprise ?

Vince : Until We Make It (world tour), il y a eu un bon vibe. Sinon, la réception de notre dernier single, Moonshot, je l’entends dans des vidéos sur les réseaux sociaux, dans des stories à gauche et à droite.

Est-ce que vous préférez jouer devant une petite salle ou devant une grosse foule ?

Vince : Quand tu joues devant une grosse foule, par exemple au Vans, plus t’as du monde réceptif, plus tu te donnes et plus le show aura un bon vibe. On préfère cent fois un show de 50 personnes qui sont motivées, qu’un show à 1000 personnes où personne « n’est dedans ».

Qu’est-ce que vous avez le plus apprécié de votre expérience au Vans cette année ?

Vince : Il y a sincèrement plus de monde que ce que j’avais imaginé. J’ai entendu dire qu’on avait créé du trafic et que les gens avaient de la misère à se déplacer, c’est flatteur. On avait bien préparé notre publicité. On avait une pancarte déambulante qui présentait à quelle heure on allait jouer et on avait aussi des bandanas oranges pour la foule. J’ai même amené sur scène un cône ramassé sur le bord de la route, une idée de dernière minute, et c’est con, mais le cône a fait jaser à l’os ! Et évidemment, le fait que Rej Laplanche qui nous présente a été un moment clé de notre performance.

Quelle est la chose la plus chaotique qui vous soit arrivée dans le cadre d’une prestation ?

Vince : On a déjà fait un show sur le toit d’un autobus. Mais on a manqué de courant pendant un bout de temps et nos amplis prennent du temps à s’allumer. En plus, le bus chambranlait un peu, surtout qu’on est des gars dynamiques, c’était dangereux, mais excitant !

Avec quels autres groupes avez-vous eu les meilleures interactions, au Vans ou lors de vos autres spectacles ?

Vince : On a beaucoup d’amis dans des groupes locaux. Au niveau international, on a été en tournée en Europe avec un band qui s’appelle Dog Eat Dog. On a solidifié des liens avec eux à force de les côtoyer dans l’autobus de tournée.

De quelle manière, autre que via une collaboration, déterminez-vous quelle chanson sera un single ?

Vince : D’abord, je ne pense pas que d’espacer les singles soit une stratégie qu’on va exploiter en 2027. L’espacement des chansons a tué notre momentum. L’an prochain, on veut sortir un album ou un EP. On va se baser sur la réception du public pour déterminer ce qui sera un single. Des fois, nos chansons préférées à nous, les membres du band, ne sont pas celles que le public préfère, alors on se base sur la réception des fans et l’engouement pour publiciser une chanson.

Qu’est-ce que vous voulez que les gens ressentent lorsqu’ils assistent à votre show ?

Vince : Qu’ils se sentent bien et bienvenus, qu’ils se laissent aller à 100 % !

On a eu droit à l’annonce du départ de Miguel samedi dernier. Comment ça affecte le band ?

Vince : On a des shows prévus jusqu’à la fin de l’année, ça nous occasionne une certaine logistique d’organisation, c’est certain. Mon grand frère peut parfois me remplacer à la guitare ou, parfois, il joue de la basse. Dans le cas où on n’aurait pas de musicien disponible pour la basse, on va pré-enregistrer la basse dans mon studio et la faire jouer dans les séquences. C’est sûr que c’est plate parce que Miguel, c’est un bon ami et j’aimais jouer avec lui. C’est plus ça qui nous fait mal que de s’organiser avec la logistique du remplacement.

Quelles sont vos ambitions à moyen et long terme pour le projet ?

Vince : On est en mode composition. On va essayer d’ajouter de nouvelles influences dans notre son, amener un petit quelque chose de nouveau pour continuer de se démarquer parmi le lot des bands de hardcore mélodique. Aussi, on contemple une tournée aux États-Unis.

Est-ce que vous avez un rituel avant de monter sur scène ?

Vince : Pas vraiment, mais dans le band, on est une gang de colleux. On se donne des props aussi, pis on se dit qu’on va avoir du plaisir et que ça va bien aller. De temps à autre, on se cale un shooter de Fireball, mais ce n’est pas routinier !

Vous avez dit aux fans d’aller dans les bars et d’ encourager la scène locale. Quel serait votre souhait pour la musique québécoise et la scène montréalaise punk ?

Vince : Je ne veux dénigrer personne, mais on a souvent tendance à dépenser des sommes impossibles pour des groupes internationaux, mais aussitôt qu’il est question de dépenser 20 $ pour un band local, les gens choke et ne se pointent pas. Il faut supporter nos groupes locaux avant qu’ils explosent. Un bon exemple est celui de Simple Plan, qui était connu partout ailleurs, mais pas au Québec. Angine de Poitrine aussi est un bon exemple : présentement, on les souligne parce qu’ils sont devenus viraux, mais ça fait une décennie que le groupe joue de la musique et ça aura pris tout ce temps pour qu’on en parle.

Donc, mettre un peu plus d’énergie pour les groupes locaux, pour qu’ils puissent eux aussi se développer à l’international par la suite. C’est la responsabilité des consommateurs de musique d’agir et de découvrir notre musique. On les invite à se pointer à nos shows et à ne pas avoir peur de dépenser un 20-25 $ pour voir des groupes locaux plutôt qu’un 200 $ pour un Centre Bell. Ça fait toute la différence et on va vous donner un bon show !

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C’est ce qui conclut le retour en force du Vans Warped Tour 2026. On remercie les organisateurs de cette merveilleuse édition, et un énorme merci aux trois groupes qui nous ont accordé leur précieux temps, on vous aime. Vive le rock et vive la musique québécoise !

Journaliste: Laurence Daoust

Photographe: Alex Guay