Burlesque dans une galaxie lointaine : The Empire Strips Back au National

Le 7 mars 2026, la production burlesque itinérante The Empire Strips Back faisait escale au National, transformant l’univers mythique de Star Wars en cabaret irrévérencieux. Le principe est simple mais redoutablement efficace : reprendre les personnages emblématiques, l’esthétique et l’imaginaire de la saga et les plonger dans un univers burlesque fait de danse, d’humour et de sensualité. Si quelques extraits musicaux familiers de la franchise apparaissent au fil de la soirée, la bande sonore repose en réalité beaucoup plus sur de grands succès pop, donnant à la majorité des numéros une énergie contemporaine qui contraste de manière amusante avec l’imagerie de science-fiction. Fans de la saga et simples curieux remplissaient la salle pour un spectacle qui assume pleinement le croisement entre space opera et cabaret décalé.

Le spectacle se déploie sous forme d’une succession de numéros chorégraphiés, chacun inspiré par un personnage célèbre de l’univers Star Wars. Costumes élaborés, sabres lumineux, accessoires ludiques et éléments de décor inventifs contribuent à recréer une galaxie très très lointaine tout en conservant un ton volontairement espiègle. Parmi les éléments visuels marquants, un gigantesque Jabba the Hutt gonflable trônait sur scène — une version surdimensionnée et hilarante, presque plus impressionnante que celle des films. Autre surprise agréable : la qualité de l’éclairage. La scène restait constamment très bien éclairée pour ce type de production, permettant d’apprécier pleinement autant les chorégraphies que les nombreux clins d’œil visuels disséminés dans chaque numéro. Le rythme soutenu, enchaînant rapidement les tableaux, donnait au spectacle l’allure d’une anthologie burlesque de personnages iconiques.

Ce qui fait réellement fonctionner le spectacle, c’est la façon assumée dont il transforme l’univers Star Wars en un délire sexy et volontairement excessif. Les interprètes embrassent pleinement l’absurdité du concept avec des tableaux mémorables : Han Solo nettoyant son vaisseau de manière outrageusement sensuelle, un numéro chaotique avec Chewbacca sur un remix de Nookie de Limp Bizkit transformé pour l’occasion en « Give It Up for the Wookiee », ou encore un Darth Vader étonnamment charismatique dans une version résolument suggestive du seigneur Sith. Mais le moment le plus mémorable de la soirée arrive vers la fin : un Emperor Palpatine entièrement dénudé chevauchant une boule disco en forme d’Étoile de la Mort sur Wrecking Ball — une image aussi absurde que jubilatoire, et sans doute le moment le plus réjouissant de la soirée.

Journaliste: Thomas Mazerolles

Crédit photo: The Empire Strips Back (photos de presse)