Articles Tagged with: Toulouse

London Grammar + L’imperatrice @ Le Zénith (Toulouse)

London Grammar

Mardi 05 décembre – Il nous tardait de retrouver London Grammar après leur très bonne prestation au Garorock. De passage au Zénith de Toulouse ce soir, nous n’avons pas été déçus !

Mais c’est L’Imperatrice qui commencera cette soirée aux alentours de 20h. Après une introduction instrumentale annonçant une pop funk bien huilée, ils développeront une setlist finalement plus pop que funk. Erreur 404 viendra nous faire découvrir la chanteuse à la voix singulière, posant des textes assez “pop stellaire” sur une musique parfois très organique, un peu spatiale aussi. On regrette alors immédiatement l’absence totale de lightshow sur une musique qui se veut pourtant ambiant. On connaît l’importance de la prestation scénique dans des genres comme celui-ci, et les simples lampes éclairant les musiciens ne suffisent vraiment pas, amenuisant de beaucoup les capacités d’immersion pour le public. Allié à un jeu de scène calme et un décor scénique absent, le groupe n’a pas vraiment mis les chances de leurs côtés et c’est dommage – d’autant que la production excessive de pop ces dernières années entraîne une nécessité d’originalité qui passe aussi par là. Malgré un groove dansant (grâce notamment à un bon duo basse-guitare), cette première partie nous laissera donc un peu sur nos faims.

Très rares sont les personnes capables de subjuguer un public hétérogène de 4000 ou 5000 personnes rien qu’au son d’une voix a capella. Et pourtant… La belle Hannah Reid et London Grammar ont encore frappé de plein fouet le Zénith ce soir. Pourtant cela partait mal : la mauvaise jauge d’affluence a poussé le Zénith à fermer la dernière partie des gradins… laissant plus d’une centaine de personnes sans places assises. Par ailleurs, ce qui semble être un problème d’écran doublera toutes les vidéos de fond de scène durant la soirée. Malgré cela, nous aurons droit à un show certes court (environ 1 heure) mais intense où l’ensemble des tubes du groupes seront magnifiquement interprétés, de Hey Now à Big Picture en passant par la superbe reprise de Nightcall. Climax aussi sur Rooting for you où l’intro a capella provoquera une ovation toute particulière du public. Un lightshow simple mais efficace et deux musiciens talentueux (en la personne de Dominic Major aka Dot au clavier et aux percussions/batterie et de Dan Rothman à la guitare) viendront finaliser ce qui restera une superbe prestation.

Une soirée en demi teinte donc, mais qui ne manquera pas de nous laisser rêveur pour un long moment en nous donnant envie, comme au Garorock, de retrouver rapidement ce groupe si unique qu’est London Grammar.

Photos : Jérôme Jacques

Rédaction : David Vacher

Loïc Nottet + Julien Granel @ Le Bikini (Toulouse)

Loïc Nottet

Mercredi 29 Novembre : Il fait partie de la nouvelle génération pop qu’on aime découvrir sur scène : Loïc Nottet était ce soir au Bikini. L’occasion de voir ce qu’il vaut en dehors d’un plateau télé et on vous prévient d’entrée ; on a pas été déçu !


Julien Granel

 

C’est le jeune landais Julien Granel qui est chargé ce soir de la première partie. Il débarquera sur la scène du Bikini armé d’une electro-pop ultra-vitaminée et une énergie à revendre. Néanmoins, il est souvent dangereux de se présenter dans un registre déjà très (trop?) représenté sur la scène actuelle, et il semble que notre artiste de ce soir en fasse les frais. Un air de déja entendu, une musique un peu trop cadrée, “dans le moule” quand bien même l’originalité est aujourd’hui de rigueur au vu de la quantité de production qui sortent.Néanmoins, on lui reconnaît une très bonne dynamique sur scène, pour une première partie qui fera finalement son travail : chauffer la salle du Bikini avant l’arrivée de Loïc Nottet (que Julien Granel suivra sur toute sa tournée).


Loïc Nottet

Après un changement de plateau un poil long, la star de l’Eurovision, de The Voice Belgique et Danse avec les Stars France arrive enfin ; après une intro Sample/Batterie qui instaure d’emblée une belle atmosphère. Au vu de son parcours et ses multiples capacités, l’une des questions qui trottaient aux lèvres des fans de Loïc Nottet était : va-t-il oui ou non danser sur scène ? La réponse arrive dès le deuxième morceau avec une mise en scène très intéressante mettant en parallèle la star et un premier danseur, puis une seconde danseuse : le spectacle peut commencer. Pendant près d’une heure et demi, ce qu’il appelle à juste titre des “tableaux” vont s’enchaîner pour rythmer un spectacle (et non un simple concert) très hétérogène. Entre danse et chant, entre morceaux assez calmes et beaucoup plus dynamiques comme Rythm Inside ou Million Eyes. On apprécie sa voix magnifique, son charisme, sa simplicité aussi lors de nombreux échanges avec le public : en bref un régal pour les yeux quand bien même nous n’y allions pas convaincus. Il enchaînera les initiatives spontanées, comme une traversée du public – qui au vu de la tête des agents de sécu n’était pas prévue – ou encore le challenge d’éclater des ballons jetés par le public en sautant dessus, souvent en vain. Enfin, soulignons la qualité du décor scénique, entre lightshow bien maîtrisé, un écran en fond de scène et surtout un excellent jeu de miroirs portatifs semi-transparents dont il se servira pour agrémenter ses tableaux.

En clair, une soirée à double facette entre une première partie dynamique mais qui ne nous a pas entièrement convaincu, et un Loic Nottet qui a montré tout son savoir-faire pour laisser la totalité de ses fans avec des étoiles dans les yeux.

Auteur : David VACHER

Photographe : Jérôme JACQUES

Davodka + Dooz Kawa @ Le Bikini (Toulouse)

Samedi 18 Novembre – La semaine rap se termine en beauté après les prestations de Bigflo & Oli au Bikini et celle d’IAM au Zénith hier. Pourtant c’est encore une nouvelle esthétique qui se présente ce soir, avec une écriture poétique plus contemporaine.

Dooz Kawa ne parlera qu’aux plus amateurs d’entre vous et c’est normal : il fait partie de la nouvelle vague indépendante et parolière qui submerge positivement le rap français ces derniers temps. Mêlé au Kacem Wapalek et autre DemiPortion, il exemplifie une théorie en vogue : une partie du rap actuel est la relève de la chanson française. Il jouera notamment des titres de son dernier album Contes Cruels sorti en 2017, à l’instar du séduisant Temps des assassins. On contemple son univers, on apprécie sa simplicité, on déguste ses vers … le résultat est vraiment de bonne facture. Le public ne s’y trompera pas : rares ont été les premières parties ayant captivé autant de personnes ! La scène rap indé réserve de belles choses ; l’une d’entre elles étaient ce soir au Bikini pour notre plus grand plaisir.

 

La bonne découverte ne nous fait pas oublier ce pourquoi nous sommes là. V’la Davodka, le flow élastique qui débarque sur la scène du Bikini avec toute son énergie. Comme Dooz Kawa, il fait partie de ces excellents auteurs qui font vivre et briller le rap indé français. Il vient nous présenter son dernier album, Accusé de réflexion, sorti ce mois-ci. Il le traversera au travers de certains morceaux comme Flemme Olympique, véritable preuve que Davodka est encore le roi de la plume. Bien sûr, il posera aussi ses anciens morceaux comme l’inévitable Couteau dans la paix. Et nous sommes témoins : son flow impressionnant est bien au rendez-vous en concert ! Au final, son set se déclinera aussi rapidement que ses textes .. au grand damn du public qui en voulait visiblement un peu plus.

 

Une grosse soirée ce soir, sans têtes d’affiche immenses mais dont la qualité est indéniable. C’est aussi pour ça aussi que nous apprécions le rap : on peut prendre immensément de plaisir sur des groupes indépendants et discrets.

Photos et rédaction : David Vacher

Trust + David Sparte @ Le Bikini (Toulouse)

TRUST  


 

Mardi 21 Novembre – C’est un Bikini plein de vieux briscards que nous trouvons ce soir et pour cause : l’heure est au retour de Trust. Antisocial pour certains, vrai artiste marquant des générations pour d’autres, il nous tardait de voir ce qu’ils valaient sur scène.

Mais découvrons avant David Sparte, et on vous prévient d’entrée : c’est plein de surprises. D’abord du point de vue biographique, puisque le chanteur (qui a donné son nom au groupe) n’est autre que le fils du “Nono“, guitariste iconique de Trust. Or, nous découvrons que David a parcouru tous les univers musicaux avec notamment la composition de deux titres pour Sexion d’Assault sous Wati B. Ce grand écart étonnant à évidemment éveillé notre curiosité et notre envie de le voir en live. Le résultat laisse … décontenancé. Un premier morceau semble annoncer une setlist plutôt rock, avec des attitudes pseudo-punks, avant de basculer dans un milieu de live tourné vers une pop-funk aux accents soul. L’arrière-plan rock est toujours là, mais la transition entre le début et le milieu de set n’est pas évidente, d’autant qu’il retournera vers des titres rock sur les deux derniers morceaux. Un yoyo esthétique intéressant, peut être un peu trop hétérogène en revanche. En tout cas, sans s’attirer le refus du public, ce dernier ne bouge vraiment pas beaucoup et on comprend : en première partie de Trust, le choix était extrêmement audacieux.

C’est à 21h35, après une longue attente, que Nono, Bernie et leur bande arrivent sur scène. Dès les deux premiers titres, la ligne éditoriale est marquée, explicitée au travers de slogans comme “Ni Dieu ni Maître” ou “Marche ou crève“. Le tout est martelé par des zikos assez dynamiques, entourant un Bernie Bonvoisin peut être toujours punk ; certainement en forme ; à coup sûr évitant de se dévoiler, emmitouflé derrière bob , capuche, lunettes et tournant systématiquement le dos au public. Néanmoins il se bouge plutôt bien (malgré une cheville out), et a encore suffisamment de voix pour entonner en chÅ“ur avec le public certains de ses morceaux mythiques, dont Antisocial qu’ils joueront en rappel pour le plus grand bonheur du Bikini. Ce-dernier se réveillera petit à petit, mais est loin de l’engouement qu’on était en droit d’attendre de sa part. En somme une bonne prestation, super agréable, mais qui ne comblera néanmoins pas la nostalgie du temps giscardien où la puissance de Trust et de leurs hymnes/riffs résonnaient autrement.

Ce Au nom de la rage tour se montre comme un événement en France. Et bien que Trust ne soit plus l’icône générationnelle qu’ils étaient, on est ravi de voir que ça tient encore largement sur scène avec une très belle énergie. Malgré une blessure et une bronchite, Bernie demeure convaincant derrière le micro et semble avoir encore des choses à dire au bout de tant d’années : une aubaine pour les nostalgiques et les amateurs de punk !

Photos : Yannick Souyri

Auteur : David Vacher

Petit Biscuit + Fhin @ Zénith de Toulouse

Fhin

Lundi 20 Novembre – Soirée électro chill au Zénith ce soir avec le phénomène Petit Biscuit précédé d’une découverte. Fhin : voici le nom de celui qui aura l’honneur de débuter aujourd’hui.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il propose un projet très semblable à son successeur, à savoir de l’électro chill polyinstrumentale. Malheureusement pour lui, suite à un problème d’organisation assez incompréhensible, l’ouverture des portes soir sera annoncé à 20h … tandis que Fhin débutera à 19h30. Le résultat est évident puisqu’enormement de monde arrivera en retard. Cela ne l’empêchera ni d’avoir visiblement le trac, ni de faire son set très calme, trop peut-être puisqu’il ne chauffera pas vraiment la salle. Les premiers morceaux sont agréables, plutôt reposants et offrant l’opportunité au jeune artiste de laisser exprimer ses talents de musiciens : batteur, guitariste et chanteur. Néanmoins, on a un peu l’impression de tourner en rond, les morceaux ne proposant qu’assez peu de contrastes les uns les autres. C’est un piège assez répandu dans ce genre, et les performances instrumentales sont encourageantes, attestant d’un projet un peu plus poussé que celui d’un simple DJ. Une reprise de Starmania viendra s’ajouter à son set, de manière beaucoup trop audacieuse : on se demande ce qu’elle fait là. L’ensemble nous paraît donc mitigé, entre bonnes idées et jeunesse un peu trop visible du projet. À voir maintenant comment celui-ci va évoluer.

Petit Biscuit

Après un changement de scène raisonnable, comblé en partie par un clapping un peu instable, Petit Biscuit débarque sur scène. Son set se révélera mi-semblable mi-novateur face à sa précédente configuration. Même décor scénique, mêmes répliques, mêmes mouvements : on s’y retrouve clairement. Néanmoins, l’idole des jeunes a visiblement repensé son projet live tandis que son premier album vient de sortir au début du mois sous le nom de Présence. Un écran immense s’est incrusté en fond de scène, diffusant des constructions abstraites extrêmement colorées. De son côté, nous sommes surpris de le découvrir chanteur (le rapprochant encore un peu plus de la première partie) : la performance est moyenne mais encourageante puisqu’elle marque un tournant dans la jeune carrière du DJ. Enfin, le set s’est enrichi de ses dernières productions. On trouve le mélange anciens titres / nouveaux titres trop hétérogène, passant de l’un à l’autre sans que la transition soit fluide. Cela n’empêchera pas le public (à peine 2000-2500 personnes) d’être conquis, sur les morceaux ambiant comme sur les morceaux plus house. Dernier point : au risque de paraître sévère nous avons trouvé ridicule l’intervention de Bigflo & Oli en fin de set. Avant tout car les deux univers sont totalement incompatibles, mais aussi et surtout car les feats des deux rappeurs se multiplient dans le seul but commercial : à croire qu’on est obligé de les inviter sur toutes les dates toulousaines.

Une soirée en demi-teinte donc, avec des points positifs et négatifs des deux côtés. Un bon moment qui ne restera certainement pas dans les annales.

Photos et rédaction : David Vacher

Broken back + Codex @ Le Bikini (Toulouse)

Broken Back

Jeudi 2 novembre – Concert tout en douceur ce soir au Bikini avec l’électro-pop très tendance de Broken Back.

Mais d’abord, nous découvrons un groupe français au nom atypique de Codex. Se présente donc à nous un trio clavier/guitare/batterie tirant visiblement vers l’électro-pop. Made in Toulouse, on ressent vite leur côté local par le nombre de fans dans le public, notamment de la famille et des amis. Côté musical, on regrette l’absence d’une vraie basse, remplacée par des samples. Nous sommes aussi décontenancés par la voix du chanteur (Mario), frôlant parfois le cri de rage malgré une musique somme toute assez planante et douce dans l’ensemble. Une voix qui frôle le lâcher prise quand bien même la musique est au contraire délicate et retenue. Néanmoins, le mélange rend la prestation assez atypique dans un genre musical très rependu ces dernières années, sortant un peu Codex du déjà-vu si dangereux dans l’électro-pop. Une bonne découverte.

Après une longue attente, les deux percussions résonnent sur une intro plutôt sympathique. Enfin arrive la voix unique de Jérôme Fagnet, le visage iconique du groupe. Pas de doute, c’est bien Broken Back, leur electro-pop rafraîchissante qui enjaillera le public à coup de ukulele et d’accords majeurs. Musicalement c’est bien calibré, bien maîtrisé (encore heureux me direz-vous) et conforme à ce qu’on peut attendre de leur live. Il ponctuera leurs morceaux de prises de parole tout en simplicité sur un air de déconnade sympathique. On est surtout époustouflé par la qualité du lightshow, vraiment en adéquation avec leurs productions et super dynamique. Un genre de ventilateur lumineux en fond de scène vient s’y rajouter pour donner un effet vraiment efficace. En somme un bon moment, une bonne prestation, une bonne soirée comme on les aime et qui a rendu le Bikini “The happiest room of the Earth”.

Bleu Citron nous gâte encore d’une soirée forte en découverte et en qualité. Cortex qui ne demande qu’à se propager et Broken Back qui a su rester simple, pour le plus grand bonheur du Bikini ce soir.

Photos : Antony Chardon

Auteur : David Vacher

Elephanz  @ Le Metronum (Toulouse)

Elephanz

Mercredi 08 Novembre – Grosse surprise à l’arrivée au Metronum : le concert d’Elephanz sera finalement sans première partie et … dans la Music Box !
À notre grande stupéfaction, Eugénie a été déplacée, en tant que première partie, au Bikini en première partie de Lady Sir. Autre coup de théâtre : moins de 100 personnes ont fait le déplacement pour ce concert dans la petite salle du Metronum.

Concentrons nous néanmoins sur le concert. On découvre un trio ; 2 machines et une batterie pour une compo plutôt attendue. Ils feront néanmoins leur set normalement, avec Stéréo en 4ème morceau. Ils enchaîneront leurs titres ambiant  pendant 1 heure, faisant se succéder les classiques comme Blowing like a storm, Bullitt ou Time for a change. Et l’on se dit : ” Heureusement que c’est Elephanz pour encaisser le coup et limiter le désastre”. En revanche, ils ont l’air de s’embêter et on les comprend : faire un live devant 75 personnes ne doit pas être la folie.

Un concert plutôt bref qui durera une heure à peine, mais qui sera rattrapé par la qualité du live malgré un manque évident et compréhensible de motivation.

Photos : Antony Chardon

Auteur : David Vacher

Deen Burbigo + Jok’air  @ Le Bikini (Toulouse)

Dimanche 29 Octobre – Le rap francais est à l’honneur sous les projos du Bikini ce soir avec deux classiques dans le genre : Jokair et Deen Burbigo.

Le Bikini est vide ce soir pour accueillir Jok’Air en première partie. Dimanche soir, genre particulier, vacances scolaires … Le mélange n’a pas fait du bien à l’affluence, mais les présents semblent motivés pour représenter le Bikini pour la tournée de “Big Daddy“. À l’approche de la sortie de son premier album prévu pour 2018, c’était l’occasion de réentendre ses principaux titres, et notamment des morceaux de son premier EP Jokpololo. Côté live il assure, en mettant une ambiance comme sur le morceau qui a donné son nom à l’EP. La scène est épurée : son DJ ( aka Davidson) , des platines sur une table, un fond de scène … Et voilà. Il s’occupera de remplir le vide pendant une bonne heure, avec en guest Chich du projet La Dictature. On notera enfin une bonne com auprès du public ; de quoi bien chauffer la salle pour Deen Burbigo après avoir interprété son track phare : La mélodie des quartiers pauvres.

C’est à 20h30 que Deen Burbigo débarque pour une nouvelle date de son Grand Cru Tour. Le membre de l’Entourage vient ici presenter son premier projet solo, à savoir un album sorti en mars 2017 sous le nom de Grand Cru. Beaucoup le connaissent pour ses prestations durant les Rap Contenders puis ses nombreux freestyles. Et en attendant l’album, le Bikini a eu l’occasion de découvrir un MC super à l’aise sur scène. En courant de long en large non-stop, il va mettre le feu dans une salle toujours vide. Un concentré de public pour un concentré de talent : il déballera son flow proprement en parallèle de punchlines acérées. Accompagné par son DJ (aka Djédjé) ainsi que de son frère Jehkyl et du fameux Eff Gee de l’Entourage, ils vont enchaîner les tracks sur des instrus plutôt dirty. Côté scénographie, deux blocs entourant le DJ proposent des ombres chinoises : simple et efficace. Un gros show en bref, où nous retrouverons également, pêle-mêle, un feat avec JokAir, une impro sur le dernier freestyle d’Eminem (“Fuck Donald Trump“) et le déterrage d’anciens morceaux de l’Entourage et des débuts de Deen Burbigo comme On gère. Ils finiront sur l’incontournable Tu rêves, le public remplaçant à haute voix le couplet de Nekfeu.

 

Une bien belle soirée malgré le manque de monde. Les quatre MCs nous ont rappelé ce que pouvait offrir le rap français et le show qui va avec.

Photos et auteur : David Vacher

Scylla + Percepolis @ Le Rex (Toulouse)

Jeudi 26 octobre – Soirée rapesque au Rex de Toulouse ce soir, sur une belle programmation proposée par Regarts Asso. Une affiche d’autant plus intéressante qu’elle permet tout à la fois de découvrir la scène toulousaine avec Percepolis et de continuer à suivre le rap belge avec Scylla (en écho au passage de Caballero & Jeanjass au Phare le 13 octobre dernier).

Dans un premier genre, Percepolis nous propose un rap semi-instrumental plutôt rafraîchissant. Sur des paroles bien écrites et éloignées de ce que nous avons l’habitude d’entendre habituellement, Jerry Kazadi (Textes/Chant/Guitare) nous lâche un flow bien rodé qui nous rappelle sa bonne expérience dans le domaine. Le tout est posé sur des instrus travaillées made in Damien Simon et modulées pour intégrer une basse jazzy jouée avec brio par Vincent Roubaud : le trio fonctionne bien. Ils joueront quasiment une heure devant un public assez nombreux mais malheureusement plutôt passif, se réveillant néanmoins sur la fin et l’interprétation immanquable de Toulouse, l’un de leurs titres phares et qu’on attendait évidemment avec impatience. Vous l’aurez compris, Percepolis est un groupe à suivre ! Après un Bikini en septembre dernier et le Rex ce soir, Jerry nous confira qu’ils comptent revenir à Toulouse en février prochain … à suivre.

Scylla fait partie de la nouvelle vague de rap belge qui déferle en ce moment sur l’Europe … et pourtant on ne saurait le comparer aux autres Roméo Elvis ou Caballero & JeanJass. Son style unique allie la puissance des mots (et notamment des images mythologiques), la force de la poésie et l’impact des instrus produites avec goût. Sur la scène du Rex, il nous offrira un live parfait où il mêlera le sens de la performance et la sincérité d’un artiste à part, laissant tomber son Masque de chair, titre de son album sorti en 2017. Rares sont les performances comme celle de Scylla ce soir,  et la soirée aurait pu être tout aussi parfaite à un détail près : le public. Méprisable ce soir, il flottera entre irrespect et puérilité, obligeant même Scylla à arrêter momentanément une de ses chansons pour lâcher un “Calmez-vous là s’il vous plaît” plein de dépit. Au total, en quelques chiffres : 3 “explications” pour des histoires de places, 0 instrus respectées (quand bien même elles renforcent de manière incroyable l’univers du rappeur) et 100 le seuil de tolérance et de patience des musiciens face aux cris stridents et autres interventions stupides. Néanmoins, laissant cela de côté, on apprécie le set avec un point fort sur Et toi ? qui laisse quelques frissons.

Soirée mitigée donc, entre une bonne découverte, une bonne claque et un mauvais public. Mais vu que, comme vous, on aime bien la musique, on restera sur une bonne note avec deux noms que vous devriez suivre de près si vous aimez le rap !

Photos et auteur : David Vacher

Caballero & JeanJass + Seth Gueko + Jazzy Bazz + Gracy Hopkins + Lombre @ Le Phare (Toulouse)

Vendredi 13 Octobre 2017 – L’heure est au hip-hop en ce weekend d’octobre avec une grosse programmation du côté du Phare à Tournefeuille. Entre rap français et belge, ce sont donc 5 artistes/groupes qui se succéderont pour nous dévoiler une variété assez sympa.

Le premier à ouvrir le bal est un jeune rappeur émergent dont vous entendrez certainement de plus en plus parler. Anciennement “Eighty“, c’est maintenant sous son nouveau blaze que Lombre fait la tournée des scènes au son d’un rap très posé et parolier. Nous l’avions découvert au tremplin du Weekend des Curiosités au mois de mai dernier, nous le trouvons ce soir encore très convaincant et particulièrement à l’aise du haut de ses 20 ans. Il nous a habitué aux premières parties élogieuses, comme celles de Berywam, Hyppocampe Fou ou encore Seth Gueko ; c’est ce soir l’apothéose pour ce jeune ruthénois qui a donc sa place au sein d’un des événements régionaux majeurs du hip-hop. Il enchaînera sans pression son set, accompagné de REYvilo à la guitare pour une composition épurée et divisée entre la fraîcheur de la jeunesse et la profondeur un peu sombre des paroles. Une bonne mise en bouche, qui nous fait attendre son premier EP, “Eaux troubles“, qui sortira le 11 Novembre prochain.

Lui représente la partie US de cette soirée hétérogène. Lui, c’est Gracy Hopkins, parisien de naissance mais artiste multiculturel partagé entre l’Angola, le Brésil, les États-Unis et la France. Malgré cela, sa prod’ se rapproche du Drill avec un downtempo maîtrisé et des basses particulièrement marquantes. Néanmoins, le show mettra un peu de temps à prendre ce soir ; il faudra attendre environ 30/45 min (soit la moitié du set) pour véritablement comprendre ce que Gracy Hopkins a à nous offrir. On regrettera aussi les nombreuses interactions répétitives avec les spectateurs : pas vraiment spontanées et dommageables étant donné que chaque artiste n’avait qu’une heure et demie de set grand max. Pour autant, nous finirons sur une bonne note avec une interprétation plus vivante de ses morceaux, histoire de faire monter d’un cran l’ambiance.

On ne présente plus Jazzy Bazz tant il est ancré dans la rap game français. Il est loin le temps de ses débuts dans les Rap Contenders, il a évolué pour incarné aujourd’hui le rap made in Paris. Il nous tardait à ce titre de le voir en live, afin de voir, par exemple, s’il maîtrisait les nombreuses rimes multi-syllabiques qui caractérisent son écriture. Le résultat est simple : il a géré de bout en bout son set, avec une bonne énergie qui plus est. À travers des sons comme Le Roseau, il plongera Tournefeuille dans un rap français typique des années 90 au plus grand plaisir, apparemment, d’une salle qui commence à se remplir. Évitant l’étiquette de “rap conscient”, ils puisent ses inspirations dans la vie de tous les jours et dans des thèmes qui lui sont chers : le foot, Paris etc. Néanmoins, on reconnaît facilement dans son show de véritables convictions sur les propos de fond et un engagement modèle dans son interprétation. En somme, entre clashs ironiques, freestyles (on place ici un classique du rap actuel : 64 Mesures de spleen) et interprétations live, Jazzy Bazz a su se créer un parcours entre l’Entourage et sa “tournée des grandes villes”, dont Toulouse qui a visiblement été ravi de l’accueillir.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Caballero & JeanJass, la présentation sera rapide : ils font partie des meilleurs représentants du nouveau rap belge, et ils sont considérés par certains comme les rappeurs les plus cools du moment. Effectivement, à l’image de ce qu’ils ont montré dans leurs clips, on a affaire dès leur entrée à deux personnages super complémentaires et possédant leur propre style. Des mots-clés ? La décontraction, le second degré et le talent. Dos à nous en revanche, le public est véritablement hystérique et digne d’une ambiance de festival. Des verres volent, des bouteilles aspergent les premiers rangs, des fumées s’échappent d’un peu partout apportant une odeur “naturelle” bref : c’est la folie. Le duo enchaînera sur scène leurs tracks les plus cultes comme TMTC, SVP ou encore Vrai ou Faux au travers duquel ils rendront hommage à Roméo Elvis (annoncé le même jour au Bikini en Avril 2018). Évidemment, toutes les paroles sont reprises en chÅ“ur par un Phare bien rempli et qui fera résonner des lines désormais cultes : “Toi même tu sais, nos poches sont peut-être vides mais nos têtes sont pleines de rêves” ou encore “Mets du respect sur mon nom”. En tout cas, on comprend très facilement pourquoi “Bruxelles arrive”  – pour reprendre le titre de Caballero et Roméo Elvis : c’est qu’ils apportent dans le rap game quelque chose de nouveau et de totalement fou. Qui plus est, au vu du décallage entre la simplicité des personnages et le délire du public, on imagine clairement que l’ensemble des dates à venir pour Caballero & JeanJass se feront dans la même frénésie. Une énorme réussite pour un concert qui restera comme l’un des plus fous de l’année (en témoignent les trois pogos qui éclateront sur le seul track FDP).

Comme Jazzy Bazz, Seth Gueko a déjà fait sa place depuis longtemps dans le milieu du hip-hop français. Malgré un style bien marqué, sa carrière a croisé de nombreux rappeurs prouvant sa polyvalence indéniable. Ce soir, on retrouvera néanmoins le Seth Gueko que l’on connait, rempli d’une force et d’une rage à étaler sur scène. Malheureusement, il fera face à une salle à moitié vide, victime de la vague de départs qui a suivi la fin du show de Caballero & JeanJass. Mais rien ne dérangera sa volonté de d’assurer le spectacle, et l’homme aux mille tatouages assurera son set devant un public de curieux et de connaisseurs, venant clore en beauté cette première et principale soirée du Weekend du Hiphop. Nous n’avions pas vraiment eu de “loubard” ce soir, voilà qui est fait et son physique tout en force ne laisse aucune hésitation à ce sujet.

En somme, c’est une superbe initiative que de vouloir représenter, en deux soirées, toutes les possibilités que nous offre aujourd’hui le rap francophone ou français. Des paroles poétiques de Lombre à la virilité imposante de Seth Gueko, la prog’ était là pour faire monter l’ambiance crescendo. Malheureusement, on a bien senti que la majorité des gens venait surtout voir Caballero & JeanJass, laissant avant et après un vide assez triste. Un manque de curiosité qui répond défavorablement à un projet qui, justement, se voulait porteur d’une musique hétérogène et ouverte aux différences. Espérons alors que le public soit plus attentif sur la seconde soirée, qui accueillait Panama Bende et Rezinsky. En tout cas, une chose est sûre : on ne peut que saluer l’initiative portée par la belle équipe de Bajo el Mar, et qui nous a fait oublier complètement la situation géographique laborieuse et les problèmes sonores du Phare.

 

Article & Photo : David Vacher

Privacy Settings
We use cookies to enhance your experience while using our website. If you are using our Services via a browser you can restrict, block or remove cookies through your web browser settings. We also use content and scripts from third parties that may use tracking technologies. You can selectively provide your consent below to allow such third party embeds. For complete information about the cookies we use, data we collect and how we process them, please check our Privacy Policy
Youtube
Consent to display content from - Youtube
Vimeo
Consent to display content from - Vimeo
Google Maps
Consent to display content from - Google